Chers lecteurs,

Comme le chapitre précédent est très court et que Nictocris est très convaincante, voici un bonus sur le pourquoi du comment du couple le plus absurde qu'il m'ait été donné de créer. Toutes les blagues ne sont pas de mon cru et rendons à César ce qui est à César, et à Nicto ce qui est à Nicto : je décline toute responsabilité en cas de blague graveleuse (vous me direz, je suis responsable de les avoir écrites, mais bon, que voulez-vous, j'essaie de me dédouaner).
Pour le coup, c'est un véritable adieu déchirant que je vous livre (enfin, adieu, tout est relatif. Adieu sur cette fic. Et déchirant, ça pourrait être pire).

Portez-vous bien, je répondrai aux reviews quand FF arrêtera de bouder,

Al


Dimanche matin.

« Tu sais, il t'en fournirait du très très bon.

- Hors de question que je gaspille la moindre noise de la fortune Malefoy pour Londubat.

- Pas pour Londubat, andouille, pour le pavot de Londubat. Nuance. »

Blaise Zabini était affalé comme une chaussette sale sur les draps propres de Drago Malefoy. Et c'était bien parce qu'ils étaient amis depuis l'incident de la choucroute maléfique en troisième année qu'il acceptait que les frusques à la propreté douteuse de Blaise s'étalent ainsi sur sa couche.

« J'ai du mal à voir Londubat dealer de l'opium. Il est tellement… Gryffondor.

- Il ne deale pas que de l'opium. Il fournit Luna en chanvre de très bonne qualité. »

Drago leva les yeux au ciel. Depuis que Blaise avait découvert que le béguin qu'il éprouvait pour Loufoca Lovegood était réciproque – et probablement dû à la trop grande présence de joncheruines en salle commune Serpentard – et que la jeune fille l'avait embrassé dans la Grande salle lors d'un mémorable petit-déjeuner, il avait rangé son Guide du sorcier voyeur dans sa bibliothèque et restait fidèle, ce que Drago n'arrivait toujours pas à comprendre.

« Ta meuf est tellement shootée qu'elle n'arrive plus à différencier Flitwick d'un elfe de maison. Je ne vois pas comment elle pourrait reconnaître son fournisseur.

- C'est justement la preuve que l'herbe de Londubat est la meilleure sur le marché. Et en plus elle est pas trop chère… »

Drago fit la moue :

« J'ai du mal à te croire…

- T'as pas remarqué que Londubat s'habillait mieux, ces derniers temps ? Il gagne de l'argent de poche, je te dis…

- J'ai pas fait attention. »

Bien sûr que si, Drago avait fait attention. Il passait son temps à regarder les tenues des autres élèves de Poudlard et à établir un classement avec Pansy des robes les plus sexy aux plus absurdes. Et, en effet, depuis quelques temps, Londubat était remonté de trois places, dépassant largement Weasley et Evans (il était vrai que Weasley n'était pas le plus mal habillé, mais le mettre en queue de classement était une question de principe auquel on ne déroge pas).

« Comment ça se fait que je n'aie jamais été confronté à Londubat ? Je suis quand même la figure incontournable du marché noir de Poudlard…

- Il se contente de rester dans les plantes, il ne s'approche pas des tables de jeux ni du détournement d'elfes. »

Un vrai petit Gryffondor, à vouloir rester dans les limites de la morale. Alors qu'il dealait…

Quelle ironie.

« S'il deale, je dois me tenir au courant. Et vérifier qu'il n'empiète pas sur mon territoire.

- Si c'est tout ce que t'as trouvé comme excuse pour aller lui parler…, lâcha Blaise, goguenard. Depuis le temps qu'il t'obsède. »

Drago lui lança un sort de chatouillis et quitta le dortoir, rageur sans savoir pourquoi. Il tomba sur Loufoca dans les escaliers.

En tant que préfet, Drago avait toujours restreint les velléités de transmission de mots de passe aux autres maisons. Il avait jeté un sort cuisant à un élève de quatrième année qui avait osé donner le fameux sésame à sa petite-amie de Serdaigle.

En revanche, laisser le mot de passe à Loufoca lui paraissait somme toute assez normal. Cette fille semblait si inoffensive et tête-en-l'air qu'il ne pensait pas qu'elle puisse un jour nuire à leur intimité serpentarde.

Bien entendu, le fait qu'elle lui fasse peur n'entrait pas du tout en ligne de compte.

« Salut. »

Elle l'attrapa par le col et le plaqua contre le mur de l'escalier. Ses pupilles n'étaient pas dilatées : elle ne devait pas être sous l'emprise d'une drogue quelconque, ce qui n'était pas forcément rassurant. Elle lui pointa sa baguette dans les yeux et prononça un Lumos.

« Euh… Il se passe quoi ? » demanda Drago, qui avait du mal à déglutir sous la poigne de Lovegood.

Elle ne répondit rien et observa ses pupilles attentivement. Drago attendit qu'elle ait fini son inspection : Lovegood était une sorcière puissante et imprévisible. Autant ne pas risquer de devenir borgne. Et devoir céder à la mode de l'œil bleu magique, comme Maugrey aka le métamorphoseur en fouine aka encore l'auteur de l'humiliation la plus sévère qu'il ait jamais essuyée !

Elle le lâcha soudain :

« Salut Drago ! Je vérifiais juste que tu n'étais pas possédé par un ronflak. Je soupçonne le professeur Rogue d'être un cas de possession violent ronflakien, et comme il est directeur de votre maison, je voulais m'assurer que le ronflak ne s'était pas encore répandu dans toute votre maison. Je vais en parler à Blaise pour qu'il renforce les sorts de protection autour de votre dortoir. Mieux vaut se méfier. On n'est jamais trop prudent. »

Elle monta l'escalier en chantonnant. Drago épousseta ses épaules et les haussa d'un mouvement qu'il savait désinvolte. Vraiment zarb, cette fille…

Il quitta la salle commune et remonta jusqu'au rez-de-chaussée du château. Un dimanche matin, il était certain de trouver Londubat dans sa serre privée.

Dumbledore avait accepté, l'année précédente, que Londubat ait sa propre serre pour que ses plantes n'empiètent pas sur le terreau de celles de Chourave. Savoir que Londubat dealait ne devait pas entrer en ligne de compte. À moins qu'il touche une commission sur les ventes de Londubat.

Drago avança dans l'allée gelée et parvint aux serres pourraves de Chourave. L'air était vivifiant, les silhouettes craquelées des arbres au loin, à la lisière de la Forêt interdite, se découpaient en dents de scie dans le ciel bleu. Un grand soleil d'hiver brillait : un temps parfait pour patiner sur le lac gelé et essayer de bronzer. Pas pour faire affaires.

Aller aux serres pendant le week-end était une hérésie.

Il parvint à la dernière serre, la nouvelle, en bien meilleur état. Il passa la porte et crut avoir changé de monde. Il faisait si chaud !

L'air était moite. Drago sentit une sueur inattendue dégouliner le long de ses oreilles. La lumière qui passait à travers le verre et les feuilles des grandes plantes grasses jetait des reflets verts et moirés sur le sol, comme s'il se trouvait dans une autre salle commune de Serpentard. Londubat aimait donc le vert luisant, plutôt bon signe, ça. L'odeur de terre mouillée était si forte qu'il était certain qu'elle imprégnait le tissu de ses nombreuses couches de vêtements et qu'une fois sorti, elle resterait avec lui.

Il chercha Londubat dans le bric-à-brac de plantes, d'arrosoirs, de râteaux et de pots vides. Une radio chantonnait du Célestina Moldubec au loin.

Et il le trouva enfin, au fond de la serre. Il était de dos, à genoux par terre, les mains dans la boue. Quand Drago se rendit compte qu'il observait les lignes de ses muscles jouer dans son dos et la trace de boue qui le parcourait, il s'aperçut que Londubat était torse nu. Et sans mauvaise foi, c'était pas si terrible que prévu.

« J'ignorais que t'étais pauvre au point de ne pas pouvoir te payer une chemise, pauvre tocard. » l'apostropha Drago, en essayant de faire traîner le plus possible sa phrase.

Il savait qu'il horripilait les Gryffondor à parler lentement. Les Gryffondor ont une légère tendance à vouloir aller vite. Et parler lentement et faire croire qu'il y a derrière chaque mot un double sens était une spécialité répandue chez les Serpentard. Leur maître à tous, Severus Rogue, les formait dès la première année à être cinglant et sibyllin.

Londubat se releva et se tourna lentement. Merlin ! De face, il était encore plus alléchant ! Il n'était pourtant pas batteur dans l'équipe de Quidditch, où donc était-il allé dénicher ces larges épaules ?

« Et j'ignorais que t'avais rien d'autre à faire que venir me faire chier. »

Londubat ne paraissait pas gêné plus que ça par le fait d'avoir un de ses plus vieux ennemis devant lui. Il posa son sécateur et saisit son arrosoir.

Drago le détailla de haut en bas, s'attardant sur la goutte de sueur qui descendait sur les abdominaux du Gryffondor et allait se perdre… plus bas. Pendant une seconde, Drago imagina être la goutte de sueur. Et c'était plutôt tentant.

« Faire chier un Gryffondor est un sport serpentard olympique, lâcha-t-il en s'avançant. C'est la meilleure occupation au monde.

- Rabats-toi plutôt sur Harry, il a plus l'habitude. Moi, je t'ai rien fait. Fous-moi la paix, j'ai du travail. »

Londubat paraissait lassé d'avance. Drago ricana : il faisait souvent cet effet-là.

« Potter n'est pas capable de me fournir en opium. Apparemment, tu as de quoi me satisfaire en stock. »

Et Drago insista pour mettre le maximum de sous-entendus dans sa dernière phrase.

Malheureusement, Londubat semblait irrémédiablement niais. Il se mit à arroser un parterre de tomates-cœur de dragon sans réagir à la remarque de Drago. Des tomates-cœur de dragon en plein hiver ? C'est donc chez Londubat que se fournissaient les elfes de cuisine !

Mais il fournissait tout le monde, ce sagouin !

« Que veux-tu ?, demanda-t-il à la fin de sa rangée.

- Du pavot. Et de la belladone. Et être certain que tu ne t'approcheras pas de mon fonds de commerce. »

Londubat posa son arrosoir et alla à un établis un peu plus loin. Drago en profita pour remarquer ses fesses bien bombées.

« J'ignorais que tu avais un tel cul, nota Drago – et enfin, Londubat rougit !

- Il te faut quelle quantité ?, répondit-il, le nez dans un carnet.

- Trente grammes de pavot. Je vais tester la marchandise avant de m'investir dans ton affaire. »

Londubat leva les yeux vers lui :

« J'ai déjà des investisseurs, merci.

- Pas la peine de monter sur tes grands hippogriffes. C'était une simple proposition. »

Et il pourrait lui proposer bien pire. Ou bien mieux, au choix.

« T'es vraiment plus chic qu'avant, nota Drago pendant que Londubat lui pesait ce qu'il avait demandé. Comme quoi, l'argent peut tout acheter, même la classe.

- Je gagne bien ma vie, lâcha Londubat du bout des lèvres.

- Si tu gagnes si bien ton argent de poche, tu pourrais acheter une babiole ou un bijou de seconde main correct à Weasley. Ou au moins une paire de chaussettes neuves. Vu ses exigences, l'écart de prix doit pas être énorme.

- C'est vrai que je m'entends très bien avec Ginny, un bracelet lui ferait sûrement plaisir. Mais je ne suis pas sûr qu'on ait ce genre de relation qui me permette de lui offrir ça. On discute souvent ensemble et on a les mêmes goûts en matière de mecs, mais c'est juste ma meilleure pote. »

Drago n'en crut pas ses oreilles, pourtant grand-ouvertes. Il régla Londubat et empocha les deux sachets qu'il lui tendit.

Drago quitta la serre avec trois certitudes : Londubat était un vrai parrain de la drogue, s'il prenait en compte le fait qu'Abelforth Dumbledore lui-même revendait sa came ; il n'y a rien de plus sexy qu'un Gryffondor qui manipule de l'opium de Smyrne ; et enfin, le Gryffondor en question ne serait pas contre tenter une expérience avec son serpent.

OoO

Lundi matin.

« Hé, Londubat, tu fais concurrence à Potter au niveau de la coupe ? Je ne savais pas que froissé était un adjectif qu'on pouvait appliquer et à des vêtements et à des cheveux, merci de me faire découvrir les subtilités de la langue anglaise. Si tu veux apprendre d'autres subtilités de langue, je peux te montrer tout ce que je connais.

- Dis donc Malefoy, il est encore tôt dans la matinée pour que tu nous remarques, cingla Weasley fille. Il t'a tapé dans l'œil ou quoi ? »

Londubat éclata de rire et s'éloigna avec sa copine bras dessus bras dessous vers la salle de métamorphose, laissant Drago perplexe.

OoO

Lundi midi.

« Londubat, t'es un porc ! T'as abusé de crème anglaise au dessert, non ? T'en as encore au coin de la bouche… »

Londubat tourna la tête vers lui et lécha la commissure de ses lèvres :

« C'est mieux comme ça, Malefoy ? »

Et il quitta la Grande salle, laissant Malefoy toujours aussi perplexe.

OoO

Lundi soir.

« Salut Londubat. »

Londubat sursauta et faillit lâcher la mandragore en pot qu'il tenait à la main.

« Malefoy, qu'est-ce que tu fous ici ?

- Attends, je t'ai dragué toute la journée et ça te surprend que je débarque le soir dans ta serre ?

- T'appelles ça draguer ? Même moi, j'aurais pu faire mieux. »

Drago le fusilla du regard. Londubat avait revêtu des gants de jardinier en cuir de dragon de bonne qualité (de l'intérêt de gagner de l'argent de poche) et même le cache-oreille qui reposait sur son cou ne gâchait pas l'ensemble. Il se sentit tout émoustillé.

« Tu ne t'es toujours pas initié aux subtilités de langage dont je t'ai parlé ? Si ça te tente, je peux te donner un cours gratuit.

- Parce que toi, tu proposes des choses gratuitement ? » répliqua Londubat en posant son pot par terre.

Il ôta ses gants et sa blouse de travail. Il commença à déboutonner sa chemise.

« Tu te désapes déjà ? T'es rapide, toi…

- Je dors ici, répondit Londubat sans ciller. Les mandragores font leur crise d'ado, je dois rester les surveiller pour éviter qu'elles fuguent ou qu'elles se rassemblent pour fumer mon chanvre. Ça te pose un problème ? »

Comme Londubat en était au dernier bouton, ça ne posait aucun problème à Drago.

« Tes nuits doivent être bien tristes si tu passes ton temps à faire du mandragore-sitting. Tu pourrais t'éclater autrement.

- Tu proposes quoi ? »

Avoir Londubat en face de lui en caleçon et lui faisant une proposition à peine déguisée était un peu déstabilisant, même pour un Malefoy. Et très tentant. Soit Londubat était innocent au possible et ne se rendait pas compte de ce qu'il disait, soit Drago s'apprêtait à passer un très bon moment en sa compagnie.

Londubat déplia le lit de camp qu'il avait tiré de derrière son établis, s'assit dessus et demanda à Drago, toujours sonné :

« Bon, tu viens ? Tu vas pas passer toute la nuit debout, si ? »

Toute la nuit ?

Bon, l'innocence à outrance n'était plus une option.

Drago se rapprocha et s'assit à côté de Londubat. Il sentait la terre mouillée, une odeur qu'il adorait, à moins que ce soit la partie la moins rationnelle de son cerveau qui s'amuse à faire des associations ridiculement niaises.

« On peut commencer dans ton lit, mais j'ai peur qu'il ne soit pas assez solide pour ce que j'ai en tête.

- Faisons le test. »

Flou. Fondu au noir.

OoO

Mardi matin.

Drago se réveilla avec des courbatures à des endroits qui allaient le gêner pour son entraînement de Quidditch du jour-même. Il n'avait pas beaucoup dormi, entre Londubat et les mandragores, mais il se sentait reposé. Il se leva, enfila ses vêtements après les avoir retrouvés dans le fouillis ambiant, abandonnant l'idée de retrouver sa deuxième chaussette, qui devait sûrement avoir été bouffée par une des plantes adolescentes qui peuplaient la serre.

Il jeta un dernier regard à Londubat, toujours endormi dans le lit qui avait dû recevoir deux Reparo dans la nuit. Il quitta la serre, abominablement content de lui.

Il déchanta un peu plus tard, pendant le cours de potions :

« Vous n'êtes pas sans savoir, bande d'abrutis, que le virus qui sévit en Angleterre est parvenu jusqu'à nous, leur lança Rogue durant le cours commun des sixième année. Le confinement a été déclaré. Vous n'avez plus le droit de quitter vos dortoirs jusqu'à nouvel ordre. Vous n'aurez le droit de sortir de vos salles communes que pour aller à l'infirmerie ou à mon cours. »

Dommage. Drago aurait bien profité d'une nuit supplémentaire pour tester ce que Londubat lui avait suggéré avec du Mimbulus Mimbletonia et un râteau.

« Les Gryffondor, le professeur McGonagall vous attend dans son bureau. »

Drago retourna à sa préparation avec une dernière pensée pour le derrière de Londubat.

QOoO

Deux semaines de confinement, déjà. C'était long. Drago n'avait pas pu résister : il passait une nuit sur deux dans la serre avec Londubat. Blaise et Pansy avaient remarqué qu'il sortait en douce mais n'avaient rien dit. Comme le Quidditch avait été interdit quelques jours plus tôt, les Serpentard ne pouvaient plus sortir du tout. Et le plus insupportable était Drago, qui craignait que son business soit récupéré par quelqu'un d'autre. Il était d'humeur suffisamment exécrable pour que ses amis ne le charrient pas quand il allait se promener du côté des serres de Chourave.

« Qu'est-ce qu'on s'ennuie…, râla Pansy en attaquant sa deuxième couche de vernis à ongle sur les orteils. On n'a plus rien à se mettre sous la dent, comme ragot, c'est rageant.

- Et Luna me manque… Un parchemin enchanté ne remplace pas la personne pour de vrai, se plaignit Blaise, énonçant par là une des grandes évidences dont il avait le secret.

- J'ai raté le moment où t'es devenu un fan de Goodbye Kitty, c'est pas possible autrement, ricana Drago. Je ne te savais pas si niais. »

Ils se trouvaient tous les trois dans le canapé qui trônait devant la cheminée. Par souci d'espace, les Serpentard avaient décidé de se partager le temps en salle commune pour éviter qu'ils soient toujours serrés comme des balais dans une usine de production. Bien entendu, Pansy et Drago, préfets, s'étaient débrouillés pour que les sixième année aient les meilleurs créneaux d'accès à la salle commune.

« Au moins, j'assume mon couple, répondit Blaise. Pas comme d'autres…

- Je ne suis pas en couple, répliqua vertement Drago. J'ai juste trouvé un partenaire particulier.

- Drago, tes partenaires ne t'ont jamais empêché de passer du bon temps avec Vincent ou Gregory. Ça ne te gênait pas de partager, d'ailleurs… »

L'idée de partager Londubat lui fit monter un haut-le-cœur. Et puis quoi encore ?

« Je ne suis pas en couple, répéta Drago, sachant pertinemment que c'était peine perdue.

- Et qui est l'heureux élu avec qui tu n'es pas en couple ? »

Mentir à Pansy était aussi inutile que d'essayer d'échapper à son père. Il avoua :

« Un Gryffondor.

- Quoi ? »

L'exclamation de Blaise lui perça le tympan.

« S'il vous plaît, on réagit comme des adultes, que ça dégénère pas au point d'avoir Rogue dans les pattes ! » supplia Drago.

Peine perdue.

OoO

Dix-septième jour de confinement. Très franchement, ça devenait très long. Heureusement que Rogue les forçait à se pointer physiquement à ses cours, parce que Drago commençait à en avoir marre de sa salle commune. Et encore, il enviait les élèves des autres maisons qui avaient plus de distance à parcourir pour venir jusqu'aux cachots. Et il enviait particulièrement Londubat qui avait une attestation à durée indéterminée puisque, vous comprenez, les plantes nécessitent des soins constants, on ne peut pas se permettre qu'elles meurent des derniers gels ou qu'elles s'évadent à la suite des mandragores.

Drago jeta un regard à Londubat, qui vaquait à côté de Miss Mon-sang-n'est-pas-très-propre Granger. Il le vit ajouter une pincée de pinces de crabes de Tanzanie en poudre et ressentit une appréhension furtive.

Le chaudron de Londubat explosa.

« Merlin, qui m'a fichu un incompétent pareil dans les pattes ? » râla immédiatement Rogue.

Drago le soupçonnait d'être sur le qui-vive concernant Londubat et d'être prêt à intervenir à n'importe quel moment pour l'humilier. Londubat aurait dû arrêter de venir en potions, mais McGo et Dumby avaient insisté pour qu'il poursuive sa formation en pharmacopée. Londubat était peut-être bon en plantes, mais il était et resterait un abonné aux Trolls en potions.

« Cinquante points en moins pour Gryffondor, lâcha Rogue de son ton froid et hautain dont Drago était secrètement admiratif. Je pensais qu'au bout de six ans, vous auriez appris les propriétés éruptives de la pince de crabe, mais ce n'est toujours pas le cas. C'est à se demander si vous ne seriez pas plus à votre place avec les première année.

- Professeur, coupa Granger – et Drago ne put s'empêcher de ressentir un élan de sympathie pour elle – je pense que la soustraction de cinquante points suffit. Vous n'avez pas besoin d'humilier encore Neville.

- De quoi je me mêle ? Cinq points en moins pour Gryffondor, puisque je n'ai plus le droit de vous coller en retenue à cause du confinement. Votre insolence le mérite pourtant. »

Drago essaya d'ignorer la colère qui l'avait saisi à la remarque méchante de son professeur préféré à l'encontre de son… plan G (comme l'avait si bien dit Pansy, qui trouvait que plan Q était trop connoté pour définir au plus près la relation que Drago entretenait avec son mystérieux Gryffondor). Il passa le reste de l'heure à subir les coups de coude absolument pas discrets de Blaise.

OoO

« Qu'est-ce que tu fais là, Londubat ? Avec un chaudron plein de potion, en plus de ça ?

- C'est du philtre d'euphorie, ça sert d'engrais pour les plantes. Et ça shoote un peu les mandragores, elles seront plus calmes ce soir. J'ai la flemme de leur courir après.

- Attends, tu dors dans ta serre cette nuit ? T'avais dit que tu dormais avec moi, chez les Serpentard ! »

Londubat plissa le nez :

« Désolé, mes mandragores me demandent du temps.

- Mais je suis prioritaire sur tes plantes, non ? »

Drago ne se rendait même plus compte qu'il haussait le ton. Ce soir, il allait y avoir de l'orage, et il ne pouvait pas rester seul. Et il n'avait plus l'âge d'aller dormir chez Rogue, merci bien !

« Écoute, tu ne m'as jamais donné aucun signe que tu désirais supplanter mes plantes, donc…

- Mais t'as pas le droit ! »

Bon, là, il criait dans le couloir du directeur. Il fallait se calmer, surtout qu'il avait vu Rogue entrer dans le bureau de Dumbledore. Mais en face de lui, Londubat s'échauffait. Et Londubat énervé était presque aussi déroutant que Londubat torse nu.

Il se vengerait, tiens. Il arriverait à mettre Londubat dans son lit. Il lui ferait même un croche-pattes si besoin.

OoO

« Ben dis-donc, Londubat, tu m'as bien eu avec ton engrais pour les plantes…

- Ah mais attends, c'est totalement vrai ! Les mandragores adorent être euphoriques ! »

Ils se trouvaient tous deux dans la serre. Londubat avait demandé à Miss Animal-de-compagnie-de-Mrs-Pince Granger de transformer le lit une place en lit deux places, et c'était pour une fois une intervention profitable. Maugrey était reparti, et Drago se sentait beaucoup mieux depuis que l'Auror était parti.

« C'est quand même fou, l'influence qu'avait Rogue sur Poudlard… Plus personne ne respecte le confinement depuis qu'il est mort !, remarqua Londubat.

- Rogue était quelqu'un de bien, qui avait à cœur notre santé, répliqua Drago, en ignorant le gloussement de son… plan G.

- Tu sais qu'il est mort, il pourra pas te rajouter de point pour ce compliment, nota Londubat. Pas la peine d'en faire des caisses.

- J'en fais pas des caisses ! Je trouve juste qu'il a toujours considéré comme le méchant de l'histoire, alors qu'il n'a jamais rien fait !

- J'en reviens pas ! »

La dispute dégénéra rapidement. Drago était secrètement réjoui : Rogue restait un très bon sujet de dispute avec Londubat. Et la réconciliation en serait encore plus meilleure !

« Abruti, ça se dit pas, encore plus meilleure…

- Je croyais que c'était moi qui donnais des cours de langue… »