Chapitre 21_Correspondances

Fred,

Toi et George vous êtes vraiment les deux plus grands idiots qu'ait portés cette famille, vous auriez pu au moins nous laisser de quoi tenir encore un mois avec Ombrage, ma boîte à flemme est presque vide ! Je suppose que les délais de livraison vont être incroyablement longs et qu'en tant que frère je n'aurais même pas de réduction...

Maman va bien ? Elle doit être furieuse, je crois que je vous plains finalement ! J'ai déjà tout raconté à Charlie, ça l'a beaucoup fait rire. Le marécage est toujours là d'ailleurs, aucun des professeurs ne veut l'enlever, c'était vraiment un coup de génie !

Bon je vais arrêter de tourner autour du pot, sinon je vais finir aussi crétin que toi. Hermione est à l'infirmerie depuis deux jours, elle ne mange plus, ne parle plus... Je n'avais pas vraiment envie d'en parler mais je crois que je n'ai plus vraiment le choix. Je ne vais pas dire que ça ne me faisait rien de te voir avec Hermione, mais disons que de la savoir heureuse était réconfortant. Harry et moi, on était inquiets au début de l'année, les choses se sont pourtant bien mieux passées que nous le pensions et je suppose que tu y es pour quelques choses. Pour ça je voudrais te dire merci mais s'il te plait, fais ou dis quelque chose ! Ça fait deux jours, elle ne nous parle toujours pas, elle est faible et, même si je n'y tiens pas, tu en es responsable. Un mot ou deux au moins... Si tu l'aimes vraiment, fais le s'il te plait.

J'espère vous trouvez tous les deux en vie cette été, Ginny vous embrasse même si elle vous en veut de l'avoir laissée derrière.

Ron

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George,

J'ai intercepté la lettre de Ron pour Fred et c'est lui l'idiot, je ne vous embrasse absolument pas, je vous en veux à mort. A mort. Et ça n'avait rien de si génial que ça, maintenant pour traverser le couloir il faut monter sur une barque avec Rusard !

Ceci dit, notre nigaud de frère avait raison pour une chose, Fred doit parler à Herm. Vite.

J'attends mes nougats Néansang pour mardi, sinon maman risquerait d'apprendre ce qui est arrivé à la théière de Tante Ivonah.

Ginny

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Chère Ginny, cher Ronnie,

Le colis de notre petite sœur chérie est avec cette lettre, pas la peine d'être aussi hostile ! Quant à toi Ron, nous te remercions du compliment, sache que ta commande devrait être prête d'ici le 15 juillet, avec les remerciements de la maison !

Notre douce mère fait preuve d'un calme olympien et vous invite à marcher dans nos pas. Nous lui avons parlé du projet de Ron de se lancer dans la spéculation financière avec Harry et de quitter à son tour Poudlard, une beuglante devrait arriver demain matin. Et en ce qui concerne le marécage, nous nous contenterons des commentaires de Ron.

Dormez sur vos deux oreilles, Fred a déjà écrit à Hermione, c'est elle qui ne répond pas. Essayez de creuser de votre côté, je dois me coltiner une loque à longueur de journée tout en préparant un déménagement !

Je dois faire passer des entretiens d'embauche aujourd'hui, tenez-moi au courant, la situation de Préfète parfaite est inquiétante, celle de Fred, affligeante. Et s'il vous plait, envoyez Hedwige la prochaine fois, Coquerigrue m'a encore mordu !

George le Sublime

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- On est en retard, annonça George d'une voix posée en finissant d'ajuster le nœud de sa cravate en se regardant dans le miroir au-dessus de la commode.

Pour un garçon de dix-huit ans, il avait l'air assez adulte vêtu ainsi, du moins assez sérieux pour passer pour un patron. Merlin un patron ! Il n'avait aucune idée de comment il devrait se comporter en tant que patron ! Lui qui était habituellement si...lui ! Dans tous les cas, il se savait plus avancé sur ce point que l'autre crétin de rouquin vautré sur son lit actuellement. Ses yeux dévièrent dans la glace vers le dit rouquin et il soupira. Ces derniers temps, suivre Fred était plus difficile. George n'était pas stupide, il savait très bien ce que traversait son frère, l'incertitude d'une rupture imminente, un froid monumental entre lui et sa belle, etc, il n'avait pas besoin d'un dessin. Pourtant, il n'avait pu que contempler toutes les décisions de plus en plus catastrophiques qu'avait prit son double sans que ce dernier ne semble s'en rendre compte et honnêtement, il commençait à se demander où était passé son frère.

- Si je reviens avec des excuses signées et que j'accepte le fouet, tu penses qu'ils me reprendraient ? gémit une voix étouffé depuis le dessous de la couette.

Pitoyable, hagard, maladroit... Fred n'était plus lui-même. Il s'était muré le silence environ une heure après avoir quitté le château alors qu'ils récupéraient les clefs de leur boutique flambant neuve sur le Chemin de traverse et le soir, en rentrant au terrier, dès qu'il avait aperçu les deux malles que le château leur avait renvoyées, il s'était jeté dans les bras de leur mère. George aurait parié qu'il avait pleuré mais jamais il n'oserait se moquer de lui à ce propos, la chose était tellement rare qu'elle ne pouvait être que de mauvaise augure. Même petit, Fred n'avait jamais été du genre à pleurnicher, ou sinon il pleurait de rire. Cet état avait au moins eu le mérite de couper le siffler à leur mère. Molly était restée tellement interloquée qu'elle en avait oublié la raison de leur présence à la maison familiale et Arthur ne semblait pas en mener plus large, jamais ils n'avaient vu leur fils dans cet état. La discussion qui suivit fut néanmoins houleuse.

Exposer leur projet n'était pas évident et il fallut montrer tous les livres de recettes et les locaux leur boutique la nuit même pour obtenir l'accord de leurs parents. Certes ils étaient punis—oui, même majeure, et même patron de son entreprise, jamais on n'échappait aux représailles de Molly Weasley—mais au moins, c'était la fierté qui perlait aux yeux de leur mère quand ils la croisaient et qu'elle les regardait. Tout aurait été vraiment parfait si Fred n'était pas aussi déprimé. Ah ! Comme il était en colère ! Et comme il aurait voulut l'aidé ! Mais il n'y avait personne à blâmer si ce n'était justement son frère. C'était lui qui avait enchaîné les mauvaises décisions, il lui avait bien dit d'être plus franc avec Hermione, dès le début, quant à leur projet, surtout durant le dernier mois passé à Poudlard. Evidemment qu'elle était en colère. Evidemment qu'elle refusait de lui parler. On ne donnait pas de rendez vous à sa copine alors qu'on devait fuir à toutes jambes le château une heure avant à moins d'être un crétin ! Pas sous prétexte que ce départ lui était sortit de la tête ! Pas quand sa copine était aussi fragile que l'était Hermione depuis la mort de ses parents !

Un crétin.

Et une larve.

Oui, ça représentait bien Fred en ce moment.

Mais c'était son crétin de jumeau à lui et il ne voulait que son bien, peu importe qu'il ait fait bourdes sur bourdes avec Hermione, il voulait l'aider. Il se retourna en jetant sur la masse informe des vêtement propres.

- Tu sais que c'est impossible, répondit-il en se baissant pour mettre ses chaussures. On partira quand tu auras prit une douche, reprit-il en gardant son sérieux alors que Fred se lamentait encore. Et si tu continues à faire la tête d'un gorille boudeur pendant l'entretien, tu vas faire fuir tous les candidats !

En grognant, la tête de Fred émergea totalement de sous la couverture dans laquelle il s'était enfoui. Il regarda dans le vague un instant en réfléchissant puis il ouvrit la bouche.

- Si tu me dis que tu devrais envoyer une autre lettre, je te jure de te faire manger Errol demain matin pour le petit déjeuné, anticipa George sous l'air scandalisé de son frère.

Celui-ci inspira profondément, cherchant à retrouver un élan de dignité. Chose impossible dans l'état où il se trouvait, c'est à dire dans son lit, les pieds dépassant d'une couverture qui lui arrivait jusqu'au menton.

- J'allais te proposer d'inverser nos corvées !

- Tu mens très mal lorsque tu es malheureux, contra-t-il facilement avec un petit sourire.

Fred l'observa sans comprendre un instant puis baissa les yeux. George leva un peu les siens au ciel devant l'air buté de son frère. Il ne voulait pas de son aide, il l'avait plusieurs fois répété, mais il continuait à se lamenter auprès de lui. Dans le fond George savait que Fred était perdu, désorienté, il voulait qu'on lui montre la voie, qu'on lui donne des conseils, un peu comme quand ils allait voir Bill petit pour qu'il les aides à réparer leurs bêtises avant que Percy ne les dénonce. Il était plus que temps que son frère se remue.

- Ecoute-moi, commença-t-il en se plaçant juste en face de lui, espérant que Fred le prenne assez au sérieux. Tu es parti en jurant à Hermione que tu allais monter l'entreprise dont tu rêves depuis toujours. Tu penses que tu as perdu sa confiance car tu ne lui as même pas dit au revoir. Tu lui as écrit, elle te répondra quand elle se sentira prête. Tu as fait tout ce que tu as pu de ce côté-là alors maintenant, si tu veux récupérer sa confiance, montre lui que tu tiens parole. Aide moi à monter cette entreprise et arrête de te morfondre. Hermione ne t'en voudra vraiment que si tu es rentré pour passer le temps dans ton lit, crois moi.

Son monologue ne fut accueilli que par le silence et George eut peur que son frère ne se recouche, vexé, étant presque en tout point identique, il le savait aussi buté que lui pouvait l'être par moment. Mais il faillit laisser échapper un cri de victoire quand il vit son frère quitter la chambre d'un pas conquérant pour se diriger vers la salle de bain. Il restait une loque mais tout espoir n'était pas encore perdu finalement.

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Hermione,

Si tu savais comment je me

Hermi-jolie,

Tu dois savoir que ça été pour moi la chose la plus

Chère Hermione,

Alors, qu'as-tu pensé de notre petit numéro ? Plutôt pas mal non ?

Her-mignonne,

Je suis amoureux de toi et j'aimerais que tu viennes me rejoindre au plus vite dans ma nouvelle vie, tu pourrais passer en externe tes B.U.S. E.s et A.S.P.I.C.s et étudier en vivant chez moi, non ?

Hermi,

Penses-tu un jour me pardon...

Her-mignonne, Hermi-jolie, Hermi chérie, Herm, Mionette, Mione

Hermione,

Je suis incurablement stupide. Tu dois m'en vouloir à mort et tu as raison. Je ne le mérite pas mais accepterais-tu de me retrouver aux Trois Balais, le week-end après les examens ? Je t'y attendrai dès la première heure, tu as le droit de connaitre les détails de ce que nous avons prévu, George et moi, puisque je veux que tu fasses partie de mon avenir. Rien ne t'y oblige et je comprendrais que tu ne souhaites plus d'entendre parler de moi avant un bon moment... J'attendrais ton feu vert pour t'écrire (aussi souvent que possible !) mais tu n'es pas obligée de me répondre tout de suite.

J'espère que tu me pardonnes un jour d'être le sorcier le plus débile de la planète,

Fred

P.S. : Je t'aime, même si je suis loin de toi, je t'aime.

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George,

J'aurai dû me douter que Fred t'aurait montré la lettre ! Ne t'en fais pas pour ma commande, Ginny a visiblement été la seule à hériter de la générosité des Weasley, elle me laisse me servir dans son stock ! Échec ! Et tu t'es trompé, la beuglante est arrivée ce matin aussi, juste avant ta lettre. Vous allez me le payer, ça aussi !

Hermione est sortie ce soir de l'infirmerie, elle a dit qu'elle avait simplement fait un malaise après avoir fait une crise d'angoisse, c'est Rogue qui l'a trouvée. Elle a agit avec ce qu'elle appellerait « une parfaite indifférence », elle a parlé, elle a rit, s'est intéressée à tout le monde mais elle n'a rien dit à propos de Fred. Ginny est avec elle dans son dortoir, elle espère lui tirer les vers du nez pendant que j'écris la lettre. Fred aussi va si mal que ça ?

Bonne chance pour les travaux de la boutique, n'oubliez pas que si vous avez besoin d'un vendeur, je veux bien travailler cet été.

Ron

P.S. : Hedwidge est partie depuis plusieurs jours déjà, Harry essaye de contacter Lunard. Tu vas devoir te contenter de Coquecigrue encore un moment.

—•—

Il était parti dès la tombée de la nuit, la journée avait apporté une attente abominable, la veille aussi. Si ça n'avait tenu qu'à lui, il serait partit à l'instant même où il avait déposé Gran...Cassiopeia à l'infirmerie mais pour cela, il aurait dû révéler à Dumbledore ce qu'il venait de découvrir. Ce qu'il n'était pas sûr de vouloir. Rosier n'avait pas fait que retrouver sa petite-fille, il était également revenu auprès du Lord et Delohov, son gendre était évadé d'Askaban. Aucun doute qu'ils tenteraient d'user des dons, de sa position, pour leur cause, ils l'avaient déjà annoncé même. Pas la peine que Dumbledore la change en agent double à son tour, c'était à lui de la protéger, c'était son rôle. Et pour ça il allait devoir se confronter à sa famille, dès que le mage noir en aurait fini avec lui.

Severus n'avait jamais été réputé pour sa patience. Enfant, il s'était de nombreuse fois attiré les coups de son père pour son trop grand « enthousiasme » lors de ses corvées et autres activités, la mort de sa mère l'avait certes assagi mais pas au point de réprimer l'impatience qui l'habitait. Il avait apprit à contrôler ses gestes et les calmer avec les potions et s'était appliqué à être aussi méthodique avec tout les autres aspects de sa vie, d'autant plus lorsqu'il s'était enchaîné comme l'espion de Dumbledore. Le rapport qu'il fit au maître fut d'un ennui mortel, le Lord n'ajouta rien de plus et enfin, il put transplaner vers le manoir Rosier. Les lieux n'avaient pas changé comme si le temps ne s'était pas écoulé, il vit la longue et haute battisse en pierre grise, dans la pénombre on distinguait à peine la limite entre le ciel et le toit. Aucune lumière ne filtrait, on aurait presque pu pensé au premier coup d'œil à un lieu abandonné, inhabité depuis plusieurs années mais Severus n'était pas dupe. Rosier ce grand paranoïaque se terrait dans un impeccable taudis : l'herbe du parc était fraîchement coupée chaque jour, la pierre nettoyée, les arbustes taillés... Le luxe ne supportait pas la crasse qu'amenait une fuite ou une vraie planque. Le maître des potion se mit en marche sans réprimer son rictus de dégoût et pénétra dans la demeure sans politesse, faisant claquer les lourdes portes d'entrée.

Dolohov qui se trouvait dans l'escalier, lui sauta directement dessus, baguette levée. Evidemment, il était là, à la place qu'avait Evan autre fois. Rosier débarqua l'instant d'après dans le hall, laissant derrière lui dans le salon une forme indistincte recroquevillé que Severus savait être un elfe. L'instant qui allait suivre allait être décisif, il ne devait pas griller sa couverture mais hors de question de repartir d'ici sans enfin connaitre la vérité sur la mort d'Elinor et celle des Granger.

- Je suis toujours le bienvenu à ce que je vois,les boucliers n'ont pas changés, commença-t-il en ignorant la baguette qui le suivait alors qu'il s'approchait du maître des lieux.

- Tu fais encore parti de la famille, Severus, même si la petite n'est pas encore ici, répondit Dolohov, son accent masquait certainement la tristesse qui l'habitait à cette idée, presque quinze ans qu'il ne l'avait pas vu et toujours pas la moindre petite émotion...

Rosier, lui, ne cachait plus son ennui se retourna pour partir vers le salon, Severus le suivit, comme le russe, tout en sachant que sa présence l'irritait au plus haut point. Tout en marchant, le professeur continua :

- Il y a pourtant une rumeur qui court dans les dortoirs, celle d'une jeune fille disparut qui serait à Poudlard, à Gryffondor... Étrange coïncidence, non ?

Il posa tour à tour ses iris foncés sur les deux hommes tout en se retenant de les fusiller. Il devait jouer le jeu, mentir était devenue une seconde nature chez lui, même avec des meurtriers. Rosier leva les yeux au ciel, las, l'ignorant avec superbe, il le haïssait. Dolohov éclata d'un rire rauque et sonore, ses années de captivité lui avaient creusé le visage, comme Black. Il semblait encore plus fou qu'avant. Néanmoins, le russe rangea sa baguette.

- Comment est-elle ? demanda-t-il, avide, il était son père après tout.

- L'une des élèves la plus brillante que j'ai eu, je dois bien l'avouer, mais un peu trop bavarde, concéda-t-il.

Si un jour il avait pensé dire tout haut ce qu'il pensait de Granger...enfin, de la fille de Dolohov.

- Un peu de discipline devrait tout arranger, répondit le russe, enthousiaste.

- Tais-toi, fils, on ne peut pas se fier à l'espion ! lança alors Rosier, une veine battante lui barrait la tempe droite.

- Bien-sûr que si ! C'est lui qui a révélé la prophétie au Maître et puis, il est de la famille. Il doit bien veiller sur elle à Poudlard, non ? répliqua Dolohov en l'interrogeant du regard.

S'il savait... Le nombre de fois où il avait dû sauver la mise à Potter et tout son petit groupe, il ne le compter plus.

- Qu'importe, rien ne nous dit qu'il ne va pas nous trahir ! Il l'a fait la dernière fois ! trancha l'aristocrate dont la figure commençait à se fissurer sous la colère.

- Il est venu nous voir nous et non le maître en connaissant son identité, voilà la preuve qu'il nous est loyal ! explosa Dolohov avec fureur et Severus cru qu'il allait lancer un sort contre l'elfe encore à terre, visiblement inconscient, pour passer ses nerfs, mais finalement il eut un autre rire rauque, dément. Ou bien, on pourrait s'assurer de son allégeance... Un moyen très efficace de prouver sa...bienveillance pour la famille...

Autant dire sa liberté.

Les yeux du vieux Rosier brillèrent d'un intérêt nouveau, sa figure se transforma dans une grimace étrange qui étira sa longue balafre. Il se leva et sortit de sa poche sa baguette en bois noir. Severus présentait que ce qui allait se passer ne lui faciliterait pas les choses, mais il devait à tous prix obtenir la confiance des deux hommes s'il voulait aider la jeune fille et s'assurer de la vérité quant à la mort de sa mère.

- Joignez vos mains ! ordonna le maître des lieux sous le rire fou qui avait reprit le russe, ce dernier attrapa violemment le poignée de Severus et agrippa sa main avec force.

Le vieux avisa leurs mains puis les regarda tour à tour, ainsi Rosier semblait plus dangereux que jamais. Et heureux, heureux du pouvoir qu'il détenait.

- Jures-tu, toi Severus Rogue, de protéger la fille d'Antonin Dolohov, même s'il fallait risquer ta vie pour cela ? De toujours agir dans son intérêt même si cela venait à te mettre en danger ?

- Je le jure, lança le professeur d'une voix forte qui ne tremblait d'aucune peur en fixant les yeux de l'homme qui lui faisait face. Sa figure était trop dure, ses cheveux étaient certes aussi bouclés que les siens mais sinon, ils n'avaient aucuns points communs.

- T'engages-tu à l'aider à accomplir ses plans, quels qu'ils soient ?

- Je m'y engage.

Les yeux noirs de Dolohov ne laissaient entrevoir aucun sentiment si ce n'était une folie pure. Il jubilait de le voir ainsi, enchaîné à lui, de le voir devenir son obligé, jusqu'à la mort de l'un d'eux. La nausée le prit.

- Et promets-tu de ne te révéler à elle qu'après son retour dans la famille, pour ne pas entraver nos plans ?

Un coup bas qu'il n'avait pas prévu ! Il faillit laisser un de ses sourcils se lever, sous la surprises. Rosier était plus malin qu'il n'y paraissait, il se méfiait de ce qu'il aurait pu dire à son élève et à raison, car sinon il l'aurait préparé. Sans lui, Cassiopeia allait devoir faire preuve d'une force de caractère prodigieuse. Elle ne savait pas encore dans quoi elle allait tomber, même pas qui elle était, résister aux manipulations habituelles du vieux ne serait pas aisé. Mais il n'avait pas le choix. C'était le seul moyen de veiller sur elle, le seul moyen de connaître la vérité. Il y arriverait.

- Je le promets.

—•—

C'était le deuxième jour des entretiens, le dernier pour être plus précis et George commençait sérieusement à en avoir assez. Il avait signé pour être patron mais à deux, certainement pas pour se coltiner tout le travail tout seul. Fred s'était montré attentif et sérieux durant les deux petites heures qui avaient suivi son intervention la veille, puis il était redevenu agité, silencieux, absent. Et c'était à lui d'animer les rencontres avec les candidats, qui était toutes des candidates d'ailleurs, et surtout incroyablement niaises ! Il se souvenait vaguement toutes les avoir vu à Poudlard l'année passée ou l'année d'avant et elles ne cessaient de roucouler à chacun de ses jeux de mots sans aucun naturel. George savait bien que lui et son frère avait créé un certain engouement à Poudlard avec leurs farces, rien ne restait bien longtemps entre les murs du château et leur départ rocambolesque n'avait fait qu'accroître leur réputation. A vrai dire, la plupart semblaient être venue pour cette raison, ce qui le rebutait au plus haut point ! Bien plus que Fred et son air de Boursouf battu. L'idée d'embaucher Ron pour l'été n'était finalement pas si bête que ça, il allait devoir y réfléchir sérieusement même si demander de l'aide à son cadet le rebutait.

Il se pencha sur le dossier de la nouvelle arrivante, une petite sorcière blonde aux cheveux coupés court. Ses mèches en batailles arborées des pointes d'un vert vif et George se dit qu'enfin il allait peut-être avoir en face de lui quelqu'un avec un brin d'excentricité et qui savait blaguer. Sa tête ne lui rappeler personne ce qui dans ce cas était sûrement un avantage et dix minute plus tard, il connaissait son nom, Verity, son expérience, ce qui la motivait à travailler avec eux et bien qu'il la trouvait assez charmante, il l'a trouvée un peu trop réservée pour le poste. En vain il espéra capter le regard de son frère, pour savoir ce que lui en pensait, sans succès, ses yeux était perdu dans le vague, en direction de la vitre. Il n'avait rien suivit, une fois de plus... Mal-à-l'aise, George se résolut à terminer l'entretien pour avoir une petite conversation avec son frère. Il tendait la main vers Verity quand son double se mit à crier et sauta sur ses pied, les faisant tous deux sursauter.

Ils contemplèrent un Fred se ruer vers la fenêtre et attraper un minuscule missive du bec d'un hiboux qu'il lut en mois d'une seconde. L'instant d'après, il criait de joie alors qu'il entamait une petite danse digne d'une fillette. C'était spectacle auquel George n'avait pensé assisté aujourd'hui mais il était soulagé, Hermione lui avait répondu finalement. Il allait retrouver son frère ! Il se leva pour le rejoindre et lire à son tour la lettre. Un autre cri vint percer le silence. Coquecigrue semblait avoir prit en affection la chevelure électrique de Verity et cherchait visiblement à s'y poser malgré les protestations de la sorcière. Dans un geste désespéré, elle leva son poings en envoya le petit monstre de plume dans un tas de carton dans lequel il resta après s'être remit sur ses pâtes, soudainement silencieux.

- Mille gargouilles, souffla la sorcière stupéfaite en pestant.

Elle tourna la tête vers les jumeaux et tous trois éclatèrent simultanément d'un rire sonore sous l'air mécontent du hiboux de Ron. Avec un aplomb pareil, George était certain d'avoir trouvé l'employée parfaite.

—•—

Fred,

Oui tu es stupide. Je t'aime aussi.

Hermione