Chapitre 24_Infirmerie pour cœur brisé

Hermione ne dormait pas. On le lui avait pourtant conseillée, on lui avait même proposé une potion de sommeil. Elle avait refusé poliment. On avait insisté, elle avait de nouveau décliné. On lui avait aussi proposé une autre potion, pour la douleur, un remède sorcier pour la guérir. Là aussi elle avait dit non.

Ses yeux étaient grands ouverts, elle ne fixait aucun point en particulier, elle laissait juste son regard se perdre ici et là dans l'infirmerie. Ils l'avaient tous prit pour une folle à vouloir guérir comme une moldu mais elle s'en moquait. C'était de ça dont elle avait besoin quelque part. Une bonne dose de douleur. Pour s'en rappeler. Le professeur Rogue s'était époumoné sur son apparente bêtise, Pomefresh aussi. Elle savait que la médicomage tentait de lui administrer calamants et potions dès qu'elle dormait un peu, sans succès. Elle ne dormait pas. Elle ne le voulait pas. Plutôt pratique puisqu'elle ne voulait pas fermer les yeux, même pour une petite seconde.

Elle ne voulait pas revoir, elle ne voulait pas imaginer.

Il avait beau l'avoir traité de « stupide gamine inconsciente et affligeante », Rogue avait tout de suite compris, c'était lui qui l'avait soigné en montrant les gestes à la sorcière en charge de l'infirmerie. En y réfléchissant, elle s'était dit que c'était peut-être le seul à pouvoir comprendre quelque part. Elle ne savait pas vraiment pourquoi, c'était une impression, cette sensation étrange, presque de sécurité lorsqu'elle était avec lui. Peut-être était-ce parce que justement il était le seul à avoir vu, à avoir tout écouté sans un mot. Il n'avait jamais cherché à la réconforter, pas plus qu'il lui avait affirmé des banalités ou des excuses déplacées sur la soit disante force qu'elle aurait ou sur le sentiment de peine qu'il ressentait pour elle. Il avait lu dans sa tête, vécu ses souvenirs, ses crises. Sans un mot il l'avait compris et savoir que quelqu'un en était capable était suffisant pour Hermione. C'était tellement plus simple que de devoir toujours mettre un mot sur chacune de ses émotions, chacun de ses sentiments, la moindre de ses pensées. Elle étouffait, il lui fallait de l'air, de la distance. S'éloigner pour se réparer. Rogue n'était pas entré dans sa vie, il s'était contenté de l'observer et finalement, lui qui était l'une des personnes qu'elle avait le plus détesté du château, en savait plus sur elle que celui qu'elle avait le plus aimé ici. C'en était insensé. Mais terriblement réel.

Fred. Pauvre Fred. Fred qu'elle aimait tellement. Tellement qu'elle en avait mal. Comment allait-il comprendre ? Elle inspira profondément et repoussa plus loin cette pensée. A la place elle se concentra sur la douleur qui la lacérait tout entière.

C'était peut-être ça qui avait choqué le plus ses professeurs quand elle était rentrée ici avec l'Ordre. Elle était blessée, comme tous les autres, là-dessus il n'y avait pas la moindre surprise à avoir. Mais pas seulement. Pomefresh avait été claire sur ses mots, elle pensait peut-être que la jeune fille tomberait inconsciente et qu'elle ne l'entendrait pas. On ne l'avait pas seulement blessée comme lors de toute bataille, pour l'emporter. Non, on l'avait mutilée, torturée, par pure intention de la faire souffrir. Volontairement. Les coups avaient été précis, d'une précision déconcertante. Deux côtes cassées, un poigné fêler, deux ou trois ongles d'arrachés, une légère commotion, une peau légèrement brulée... Rogue lui s'était contenté d'écouter la médicomage s'offusquer de tels agissements. Il n'avait rien dit, n'avait pas arrêté sa collègue quand il avait aperçu que son élève les fixait. Là aussi, il avait compris. Elle avait le droit à la vérité. Aussi laide soit-elle.

Peu importait de la préserver ou qu'elle soit horrible à entendre. La vérité. C'était tout ce qu'elle désirait maintenant.

Elle se fichait de la douleur à chaque fois qu'elle respirait. Elle se fichait de devoir rester immobile dans ce lit à contempler les aller et venus des uns et des autres. Tout ce qui comptait c'était ce mal qu'elle sentait dans tout son être. Ce mal qui lui rappelait qu'elle était en vie, belle et bien vivante, là. Qu'elle existait. Qu'importent tous ses problèmes, qu'importe la difficulté. Elle était en vie, la souffrance, le déchirement dans sa poitrine le lui rappelait à chaque minute. Elle avait survécu à ses parents sans trop savoir comment, cette nuit elle avait survécu à Sirius… La moindre chose qu'elle pouvait faire était bien de souffrir un peu pour eux, eux qui ne souffriraient plus maintenant. Se gaver de potions et quitter l'infirmerie aurait été insultant. Elle avait la chance d'être encore en vie, eux ne l'était plus, souffrir un peu était un bien maigre sacrifice en comparaison.

Aucune larme n'avait perlé au coin de ses yeux, ses prunelles brunes ne s'étaient pas embuées. Elle ne voulait pas se représenter la scène, sinon elle savait qu'elle craquerait. Et elle ne voulait pas pleurer la mort de Sirius, à travers cette maudite arcade. Au moins lui avait percé le mystère de ce voile, pensa-t-elle amèrement. Elle devait souffrir pour lui et devenir plus forte. Le pleurer comme elle avait pleuré ses parents ne le ramènerait pas, sa mort n'en resterait qu'inchangé et plus douloureuse encore. Devenir plus forte. Voilà ce qu'elle aurait dû faire dès le début. Fred avait raison. C'était à elle de découvrir ce qui était véritablement arrivé à ses parents. Pour ça aussi elle devait s'endurcir, elle n'avait fait que perdre son temps depuis un an. Voilà ce qu'elle avait compris. Elle aurait dû se battre. Maintenant c'est ce qu'elle ferait. Elle se laisserait aller une dernière fois à la faiblesse puis elle verrouillerait son pauvre cœur définitivement. Elle deviendrait forte. Elle aller se battre. Gagner cette maudite guerre et venger ses morts.

Mais pour ça il fallait faire des sacrifices. C'était renoncer à la douceur, renoncer très certainement à l'une des choses qu'elle aimait plus que tout. Elle sentait son cœur se déchirer un peu plus et les larmes qui malgré elle, s'apprêtaient à dégringoler le long de ses joues. Hermione s'y refusait. En réprimant tout sentiment, elle se concentra sur l'élancement dans son bras et laissa tomber son regard sur sa main, ses doigts nus. Sa rage n'en fut que plus forte.

Elle devait le faire. Elle devait le sacrifier. Elle devait y renoncer. C'était mieux ainsi, mieux pour lui.

—•—

Fred était nerveux. Il campait depuis presque trois jours déjà dans le salon du terrier où il était rentré en urgence, panniqué, lorsqu'il avait appris ce qui s'était passé. Il venait de passer la nuit dans la forêt interdite à chercher en vain la brune et ses deux meilleurs amis. Il savait bien que Hermione, Harry et Ron avaient le don de se retrouver dans des situations plus perilleuses les unes que les autres mais ils s'en sortaient toujours… Il n'avait eu de nouvel qu'au petit matin en retournant au château, épuisé, il se demandait bien de qui il avait tiré la chance insolente de n'avoir croisé aucune créature magique hostile lorsqu'il vit un attroupement de professeur en tous genres dans le large hall du château. Peut être que s'il n'y avait eu qu'eux, il se serait détourné, aurait repris son chemin vers la tour gryffondor sans chercher à attirer l'attention pour une fois. Mais il avait fallu qu'il tourne la tête.

Et il avait fallu qu'il la voit. Elle était inconsciente encore, un sortilège jeté par Rogue la faisait léviter, Tonks le suivait, visiblement inquiète.

Il avait fallu qu'il voit les membres de l'ordre. Une fois de plus, ils s'étaient bel bien battu et si l'ordre était là, cela ne voulait dire qu'une chose : ils avaient rencontré l'ennemi. Comment avait-il fait pour ne pas les apercevoir s'ils étaient dans la forêt ? Merlin qu'il s'en voulait ! La tension qu'il ressentait dans sa poitrine ne fit que s'intensifier lorsqu'il apercut son frère et sa sœur, tous deux blessés. D'instinct il s'était mis à courir dans leur direction, dans sa direction. Son père l'avait tout de suite stoppé sec. S'il avait pu, Fred était presque sûr qu'il les aurait fait même transplanner sur le champ pour éviter tout effusion supperflue. Visiblement, la nuit n'avait été de tout repos pour personne.

Et depuis plus rien. Le vide encore, l'absence et le silence de Hermione. A nouveau, plus de nouvelles. Comme si son existence entière s'était retrouvée rayée de sa vie, à plusieurs centaines de lieux ou même d'années de là où elle était. Un retour en arrière cuisant, où il n'était plus rien pour elle, un étranger, un inconnu, à la rigueur un simple visage faisant figuration. Lointaine et inaccessible sans qu'il ne comprenne réellement pourquoi. Elle refusait de le voir, de croiser ou de parler à quiconque. Il attendait, enrageant comme un fou, envoyait une multitude de hiboux et regardait les nouvelles arriver au compte goute par telle ou telle personne. Mais pas lui. Inéluctablement, il voyait Hermione se retirer, s'éloigner de plus en plus loin dans un monde où il n'existait pas, où il n'était plus là. Comme les étoiles qui disparaissaient, matin après matin. Ou plutôt les souvenirs qui lentement se dissipent. Et la peur de n'être plus qu'un souvenir bientôt lui vrillait dangereusement le ventre. Il réfléchissait à toute vitesse, conjecturait plan douteux sur plan douteux, tournait en rond encore et encore. Et le temps continuait sa course, chaque minute semblant plus longue que la précédente. Plus rien d'autre ne comptait, il laissait les évènements couler sur lui sans y prêter la moindre attention. Il devenait fou, il le savait très bien et il savait aussi qu'il allait craquer.

Une heure de plus s'était écoulé, presque quatre jours, il avait encore gratté le papier frénétiquement, Errol n'était même pas encore revenu…

Il soupira encore une fois. Il allait le regretter. Il allait faire le mauvais choix. Il ne devait pas le faire pourtant. Il risquait une fois de plus de tout précipiter. Un grognement de frustration s'échappa de ses lèvres.

- Et merde ! s'écria-t-il en se levant brutalement.

Il venait de renverser un peu de café brulant sur sa jambe droite en voulant boire une gorgée. Il avisa la pièce autour de lui. Déserte. Personne ne le saurait. Il prit sa veste et transplana.

Il avait craqué.

—•—

Hermione n'avait toujours pas ouvert la bouche. Harry était passé, s'était une nouvelle fois excusé et avait pleuré rageusement en la voyant dans son lit stoïque. Est-ce qu'il avait pleuré pour elle, car il n'avait pu qu'assister sans pouvoir agir à la scène d'horreur qu'elle avait vécue ? Ou bien c'était pour Sirius, lui aussi il n'avait pas pu le sauver. Elle l'avait regardé en esquissant un léger sourire, ses petits yeux plissés par la fatigue se voulaient apaisants. Elle lui avait attrapé la main et ils étaient restés comme ça un moment, alors que ses larmes continuaient à couler lentement et que elle, l'écoutait, le réconfortait de sa simple présence. A l'heure du déjeuné, le garçon à la cicatrice était reparti, lui promettant de revenir la voir plus tard avec Ron. Elle était maintenant seule dans la grande infirmerie et les murs de pierre ne lui avaient jamais semblé aussi froids. Elle se laissa aller à fermer les yeux, tentant de remettre de l'ordre dans ses pensées. Si elle avait plus au moins dressé ses plans pour les semaines à venir, elle savait qu'elle allait devoir ajouter Harry à l'équation. L'état dans lequel se trouvait le jeune homme l'inquiétait et le laisser seul pendant deux mois chez les Dursley dans la situations actuelle ne lui semblait pas vraiment raissonable. Avec cynisme, elle constata qu'il était une fois encore pareil, sauf que cette fois-ci, alors qu'elle retrouvait une parente–sa grand-mère et elle ayant entamé une correspondance régulière–, lui en perdait un. Le sort ne laisserait donc jamais en paix.

Elle souleva subitement ses paupières en sentant un poids s'écraser sur le matelas à sa gauche pour faire face à quelque chose dont elle voulait absolument repousser la confrontation. Enfin quelqu'un.

Le rouquin avait les traits tirés mal rasés, des cernes épais lui creusaient le regard dans une expression de peur presque démente. Ses yeux jetaient presque des éclaires alors qu'ils semblaient submergés par une émotion féroce. Il n'avait pourtant pas beaucoup plus d'une année d'écart mais en le voyant ainsi, ravagé par la tristesse et l'inquiétude, cette minuscule année qui les séparait lui semblait en valoir dix. Lui qui pourtant avait l'air toujours si joyeux et serein… La sensation de se prendre un nouveau coup à l'abdomen, pire que celui que son assaillant lui avait assené quelques jours avant, lui coupa le souffle. C'était elle. Elle la responsable du massacre dans la vie de Fred Weasley. Pas le caractère insouciant qu'il affichait en règle générale, ni son refus pour les règles établies et pour les études. Elle n'était qu'un parasite qui s'accrochait désespérément à sa vie, à son bonheur, à sa pureté. Elle était un monstre vorace et affamé qui voulait garder ce garçon qui lui procurait tant de biens, tant de chaleur dans son pauvre cœur gelé, qu'elle était presque prête à le briser pour cela. Presque. Car elle l'aimait trop pour arriver à de telle extrémité. Elle était toxique et il en redemandait encore. Elle était égoïste et pourtant il voulait plus d'elle. Elle le condamnait au silence mais il était là tout de même, attendant son heure dans l'ombre, qu'elle pose sur lui son regard. Et encore pire que tout ça, elle allait lui briser le cœur. C'était inévitable.

- Tu es réveillée…, souffla-t-il, soulagé.

Elle se contenta d'acquiescer, cherchant ses mots avec précaution. Peut-être que Fred s'en doutait puisqu'elle le vit les muscles de son cou se tendre alors qu'il l'observait.

Elle était un monstre. Un bourreau qui menait le garçon le plus pur du monde à l'abattoir. Elle pouvait essayer de retourner le problème dans tous les sens, peu importe combien elle voulait Fred auprès d'elle, elle se refusait à le voir se détruire pour elle jour après jour.

- Pardon, coassa-t-elle d'une voix roque, voyant que le garçon avait parlé et attendait visiblement une réponse.

Sa gorge la brulait déjà. Merlin comment allait-elle réussir à lui expliquer ?

- Laisse tomber, murmura-t-il, doucement. Le plus important, c'est que tu ailles bien, termina-t-il avec un sourire.

Un autre coup lui transperça la poitrine lorsqu'elle le vit prendre sa main pour la porter à ses lèvres doucement. Ses yeux se glacèrent alors que Fred se rapprochait doucement de son visage. Elle devait résister… Ou bien se laisser aller, oui une toute dernière fois gouter à ses baisés, à sa chaleur. Le sentir contre elle une dernière fois… Une toute et douce dernière fois…

Elle tourna la tête au dernier moment, retenant de justesse ses larmes. Elle ferma les yeux et inspira bruyamment, ravivant immédiatement la douleur de ses côtes cassées. Fred se figea une seconde et laissa sa tête tomber dans son cou.

Heureusement. Heureusement que la douleur était là. A cet instant c'était elle qui la gardait en vie, sans elle, elle aurait faibli, elle se serait laisser aller et une fois encore, l'aurait empoisonné du désastre qu'elle était. Mais elle était là pour lui rappeler. Ils étaient en guerre, elle était brisée et ne se réparerait jamais, se plonger dans un bonheur illusoire avec lui ne la réparerait pas. Et puis le département des mystères lui avait au moins appris une chose, l'attaque qu'elle avait subie elle et sa famille n'avait rien à voir avec le Lord des Ténèbres. On l'avait visé elle directement, pour lui faire mal, pour la blesser. Harry avait été témoin de la violence avec laquelle l'homme l'avait attaquée, le doute ne pouvait pas subsister. Maintenant il lui restait à découvrir pourquoi il voulait s'en prendre à elle et comment il avait fait alors qu'il était encore à Askaban. Elle voyait encore son sourire, carnassier, dément… Antonin Dolohov… Un frison de peur la secoua et à son tour, Fred tressaillit contre elle. Il savait. Du moins, il croyait savoir.

Elle entendait sa respiration qui s'accélérait, laborieuse.

- Pourquoi ? demanda-t-il d'une voix tremblante, chargée d'une frustration contenue.

Elle ne bougeait pas, retenait sa respiration en cherchant désespérément une explication logique, c'était son domaine à elle après tout. Sauf que cette fois, il n'y en avait pas. Du moins aucune que Fred aurait tolérée. Elle n'avait pas les mots. Et il les voulait, il allait lui arracher si nécessaire. A cet instant, rien n'était plus violent que ce silence acide, que ce contact chaud contre elle, délicieusement néfaste.

- Dis-moi seulement pourquoi ! grogna-t-il les poings crispés sur les draps.

Il bougeait, il voulait la voir. Elle, elle n'avait pas la force d'affronter son regard, sa peine. Elle n'avait déjà pas la force d'être elle-même.

- Je suis désolée… balbutia-t-elle lamentablement.

Elle aurait aimé afficher une assurance à toute épreuve, paraître certaine de sa décision. Elle lui devait au moins ça, un semblant de dignité, d'explications. Des gouttelettes brulantes s'échouaient lentement sur la peau glacée de son cou.

- Non, dit-il d'une voix morne qui ne présageait rien de bon. Je ne veux pas, reprit-il plus fort.

Sa respiration devenait plus saccadée encore sous l'effet de la colère.

- Tu peux pas faire ça, grogna-t-il encore.

Elle ne répondit pas.

- Tu peux pas me faire ça, ajouta-t-il, brisé.

Elle le condamnait. Elle le savait. Elle sentit la main du garçon se posait sur sa gorge, menaçante. Elle le condamnait à la folie. Elle l'avait brisé. Elle sentit la pression de la main de Fred se relâcher immédiatement, honteuse, elle n'avait pas peur de lui, il n'était pas violent, il ne l'avait jamais été. Mais elle avait peur pour lui, de ce qu'il deviendrait s'il devait rester avec elle.

- Ca peut pas se finir comme ça, murmura-t-il encore.

Il se releva précipitamment et capta son regard fuyant. Merlin, ses yeux. Qu'est-ce qu'elle aimait ses yeux. Elle n'allait pas lui résister. Elle commençait à paniquer.

- On peut trouver une solution ! lança-t-il avec un accent de désespoir. Il y a toujours une solution ! On n'a qu'à se laisser du temps ! On n'est pas obligé de prendre une décision tout de suite ! Dans quelques semaines tout ira mieux !

Il avait tort. Ce n'était que le début. Elle ne voulait pas le faire souffrir si longtemps, elle devait abréger ses souffrances. Mais ses yeux. Ses yeux…

- S'il te plait… implora-t-il encore.

Elle avait perdu. Elle ne pouvait plus lutter. Pas face à ce regard électrisant, pas face à son timbre envoutant. Elle hocha la tête doucement et finit par répondre à la pression qu'il exerçait sur sa main, elle ne s'était même pas aperçu qu'il l'avait attrapée. Elle ne retardait que l'échéance. Peut-être que c'était mieux ainsi. Peut-être qu'avec la distance il comprendrait mieux et s'apercevrait de lui-même pourquoi ils ne pouvaient pas être ensemble. Le laisser y croire encore un peu, le temps qu'il s'habitue à son absence n'était pas si cruel que ça après tout. Et c'était sûrement le seul moyen même si cela revenait étrangement à prendre la fuite.

- Je ne promets rien, dit-elle amèrement.

Il laissa à nouveau son visage tomber dans sa nuque, un ultime contact aussi doux que douloureux.

- Je sais.

Le silence les enveloppait. Sans lui Hermione deviendrait folle.

- Tu m'écriras ? demanda-t-il encore même si ce n'était pas vraiment formulé comme une question. Promets-moi !

Elle ne dit rien. Hermione se contenta de fixait douloureusement ses prunelles alors qu'il se relevait, espérant qu'il comprenait, qu'il savait combien elle l'aimait même si ce n'était pas bon, même si ce n'était pas possible. Il aurait voulu la serrer encore contre lui, ajouter quelque chose, elle le savait. Mais à la place il partit, sans se retourner, sans attendre sa réponse. Et ce n'est qu'une fois l'infirmerie totalement vide qu'elle décida de se laisser aller à la faiblesse une dernière fois, laissant l'eau salée dégringoler le long de ses joues rosies.

—•—

Et voilà pour ce chapitre… Nous approchons à grand pas de la fin de la première partie, le prochain chapitre sera d'ailleurs très certainement le dernier, je publierai la suite ici tout de même, ça me semble plus simple. Trève de blabla, dites moi plutôt ce que vous avez pensé de ce chapitre et vos suppositions pour la suite ! J'aime toujours autant lire vos avis !

Je vous dis à très bientôt,

Lily