Et voilà. Vous souhaitant une bonne citronnade !
Chapitre 27 - Nox
Il se leva et elle le suivit des yeux, alors qu'il repoussait le guéridon vers la bibliothèque et venait poser ses genoux au sol, entre ses jambes. Elle les avait écartées sans même y prendre garde. Se redressant contre lui, elle fit glisser sa chemise le long de ses bras et, dans un geste d'une rapidité surprenante, passa sa propre robe par-dessus ses épaules.
- Exstinguo, lança-t-elle vers la torche, dont la flamme cessa immédiatement de danser.
Sa baguette tomba au sol dans un choc mat. Et elle retrouva ses lèvres, dans une fougue partagée, que l'un comme l'autre s'étaient jusqu'ici efforcés de contenir. Leurs souffles, leurs langues, leurs dents, tous se rencontrèrent avec plus ou moins de précision, d'organisation, cédant aux pulsions du désir. Soudain, il eut un mouvement de recul, s'arrachant à la chaleur de sa bouche. Elle eut un grognement de protestation.
- Je n'ai jamais été un bon amant, Hermione… Je manque d'audace, de confiance, de poigne...
Elle eut envie de rire, de rire à gorge déployée. Il l'aurait sûrement mal pris : elle se retint. Se pouvait-il vraiment qu'il doute ?
- Rassure-toi, pouffa-t-elle. Je n'ai aucun élément de comparaison.
Rogue dissimula dans la nuit son étonnement affolé et, sur ces mots, elle les replongea dans ce délire commun, fait de gémissements, de souffles erratiques, composant une mélodie sans solfège du clapotis de leurs baisers. Souvent, il marquait une pause, l'espace d'un instant, pour revenir prendre ses lèvres avec un peu plus de tempérance. La seconde exacte où il abandonna sa bouche pour en venir à son sein gauche marqua la fin de toute tentative de contrôle pour Hermione. Elle se laissa glisser à son rythme dans un ballet de gémissements déjà satisfaits mais non pas rassasiés qui parut durer une éternité. Et soudain, ses mains le repoussèrent presque brutalement après un dernier baiser arraché à sa bouche et elle se débarrassa de son ultime sous-vêtement. Elle était nue et, nue dans la nuit, elle posa chacune de ses jambes sur les accoudoirs du fauteuil dans une position qui lui aurait parue, de l'extérieur et à la lumière crue du jour, d'une obscénité insoutenable. Il eut un soupir rauque et parcourut lentement son buste du plat des mains comme s'il avait pu la détailler de ses paumes pour en venir, inévitablement, au point de non retour vers lequel elle l'avait guidé. Il restait presque flegmatique, embrassant ces lèvres-là comme sa bouche, conservant la délicatesse qu'elle avait perdue. Elle susurra son prénom, puis, quand ses doigts rejoignirent sa langue et progressèrent plus en avant, elle le nomma si fort qu'on aurait pu croire qu'elle le pensait... au moins à Pré-au-Lard. Ce fut l'instant qu'il choisit pour remonter prendre ses lèvres dans les siennes : elle eut un soupir ouvertement déçu.
- Ne t'arrête pas, le rabroua-t-elle.
Il eut un sourire contre sa bouche.
- Je ne m'arrête pas.
En effet, sa main n'avait ni quitté sa place, ni cessé les mouvements qui provoquaient en elle des tremblements sans précédents. Ce fut elle qui lança son majeur à la relève de sa langue et, dans un tonnerre haletant, elle laissa son plaisir exploser contre son épaule. Il l'embrassa du bout des lèvres et eut la décence de ne pas dire un mot. Elle reprit ses esprits en le serrant étroitement contre elle, trempée de la pluie battante de la jouissance. Mais Rogue ne cessa pas. Manifestement, il était plutôt d'humeur constante. Ses baisers, doux, reprirent, et elle les accueillit avec délice. A l'étonnement enchanté d'Hermione, ses lèvres reprirent le chemin des abysses et elle n'eut plus l'esprit à compter les tendres morts qu'il lui infligea, inébranlable, comme borné à la lessiver de plaisir.
- Stop, finit-elle par plaider en riant, ne trouvant même plus assez d'énergie pour s'asseoir.
Sans bien s'en rendre compte, elle se retrouva portée dans des draps frais et recouverte d'un plaid, puis sombra dans un sommeil sans rêve.
ᚖ
Hermione eut un mal infini à se souvenir de la soirée qu'elle avait passée et de l'endroit où elle était allongée, nue, quand elle s'éveilla au cœur de la nuit. Entrouvrant un œil, elle discerna Severus Rogue, appuyé contre la tête d'un lit qu'elle ne connaissait pas, sa baguette glissée sous son aisselle, le torse nu, parcourant lentement des yeux un gros volume relié, l'air studieux. Elle maintint longtemps ses paupières closes pour retrouver un semblant de contenance ou se rendormir, alors que tout lui revenait. Elle se sentait à la fois terriblement gênée, atrocement peu sûre d'elle, et... il y avait bien autre chose. Une sensation qui prenait le pas sur toutes les autres : son bas ventre crépitait, son cœur s'emballait, en proie à un appétit tout à fait caractéristique. Sans vraiment se donner la peine de réfléchir - ce qui, de toutes façons, lui était impossible à ce moment exact -, elle se redressa et se saisit de sa baguette.
- Nox, murmura-t-elle.
Dans l'obscurité la plus épaisse, un choc étouffé lui indiqua que le grimoire avait glissé au sol. Déjà, elle avait pris la place du livre, sur ses cuisses et entre ses mains, déjà, sa bouche s'était emparée de la sienne, les seins écrasés contre ce torse qu'ils connaissaient si peu.
- Qu'est-ce que tu fais ? questionna-t-il, hagard.
- Comme tous les soirs : je tricote des vêtements pour les elfes de maison de Poudlard.
Satisfaite de ce trait d'esprit inattendu, elle laissa son bassin onduler légèrement, d'instinct, sans forcer ce mouvement déconnecté de sa volonté. Elle espérait, malgré tout, que la sensation provoquée lui donnerait un indice sur "ce qu'elle voulait". Car effectivement, c'était d'une limpidité absolue, à présent : elle le voulait, lui, en elle. Elle faufila deux doigts le long de ce creux vulnérable, juste entre l'os de la hanche et les premiers abdominaux, sous l'élastique de ce qu'elle imagina être un pantalon de nuit en toile.
- Enlève ça, tu veux ? s'entendit-elle ordonner.
Il s'exécuta, silencieux, étouffant sur ses lèvres ce qui aurait pu devenir un gémissement plaintif, quand elle reprit place sur lui.
- Hermione, est-ce que tu... Tu es sûre que tu... Je sais que...
Elle ne le laissa formuler aucune de ses questions, par ailleurs loin d'être capitales, déposant par à-coups sur ses lèvres ses lèvres brûlantes. Tendant une main hésitante vers l'objet de son désir, dont le toucher tiède et palpitant lui indiqua qu'il n'avait rien d'un objet, elle l'inclina pour en appuyer le sommet contre ces lèvres-là qui n'était pas occupées à embrasser les siennes. L'espace d'un instant où ses yeux roulèrent sous ses paupières, elle oublia toutes les mises en garde, la supposée et nécessaire douleur : elle aurait voulu s'effondrer sur lui, le laisser s'élever en elle, tant elle se sentait prête, tant elle se sentait gouffre.
- Hermione la... La souffrance n'est pas une option possible, prévint-il.
Ah, les belles paroles d'un ancien Mangemort...
- J'ai confiance.
Sa voix résonna, sourde, vibrante. Il porta sa main contre sa joue et elle y appuya son visage, concentrée, ralentie seulement par un reliquat d'appréhension qui demeurait bien présent. On n'efface pas d'un revers d'audace des siècles de déflorations violentes. Son pouce, qui avait longtemps reposé contre le coin de son œil, glissa vers sa bouche qui s'entrouvrit et y trouvèrent l'humidité recherchée. Lentement, ce même pouce fut guidé plus bas, vers cette fournaise qu'il avait déjà apprivoisée en début de soirée. Hermione ne chercha même pas à réprimer le feulement bestial qui s'arracha de sa gorge. Ce bouton, ce bouton-là était bien celui qu'il fallait presser pour allumer la machine. Elle eut un sourire alors qu'inexorablement, inconsciemment, elle s'affaissait, le laissant trouver son chemin en elle, écartant sur son passage ses chairs gonflées pour l'y laisser trouver la place qui serait la sienne, priant pour qu'il ne cesse jamais de combler cet espace vide en elle. Quand elle explosa, pour ce qui lui semblait être la centième fois de la soirée, il était niché là, entier. Elle en aurait pleuré d'allégresse : la plénitude. C'était donc cela.
- Comment...
- Je vais bien, coupa-t-elle, dans un souffle. Je veux que... Viens sur moi.
Il obéissait. Il obéissait sans rechigner, il la précédait même dans ses désirs. Elle le laissa la quitter avec un grognement de dépit, en s'allongeant sur le dos, suivi d'un immédiat soupir de soulagement, quand il retrouva sa place : douce schizophrénie. Là, sur elle, en elle, il entama un rythme lancinant. Lent, si lent, qu'elle pensa avoir trouvé la juste définition de la démence. Parfois, leurs lèvres s'interceptaient, parfois, elles laissaient sourdre des plaintes qui n'avaient rien de sordide malgré leur ton qui aurait pu faire croire à de la douleur. La lenteur se mua peu à peu en mouvements décidés, puis en fougue franchement incontrôlée, alors qu'elle l'encourageait, les ongles agrippés à la peau fine de ses épaules, jamais rassasiée, des étoiles derrière les yeux. L'explosion se fit dans une rumeur étouffée, puisqu'il avait plongé, par pudeur ou par envie, son visage dans son cou. Chacun, longtemps, scanda le nom de l'autre : la jouissance l'exigeait, à la fois comme pour rappeler l'autre à soi et pour se souvenir que l'on n'est pas lui.
Une fois son souffle retrouvé, Hermione eut un petit ricanement nerveux qui se mua peu à peu en un fou-rire franc.
- Quoi ? s'étonna-t-il.
Elle l'imagina arquer un sourcil.
- Rien, pouffa-t-elle. Tu es Severus Rogue, je suis Hermione Granger, nous venons de copuler comme des animaux, tout va bien.
- Comme des animaux ? s'étouffa-t-il, scandalisé.
- Tu ne m'avais pas assuré être un mauvais amant ?
Il eut un rire étouffé.
- Eh bien... Au vu de ton raffut... il semble probable que... j'aie menti, ironisa-t-il.
La seule évocation dans son esprit du rictus amusé qu'il affichait assurément sur ses lèvres à ce moment précis manqua de la faire chavirer de nouveau. Alors qu'après un dernier baiser, il s'asseyait au bord du lit comme pour se lever, elle le retint par le poignet.
- Non, attends.
Elle se sentait soudain effrayée : s'il partait ? S'il fuyait par regrets ?
- Je ne te laisserai pas m'échapper à nouveau.
- A nouveau ? Parce que tu estimes que je t'ai déjà échappé au moins une fois, par le passé ?
- Cela fait bien un an que tu te dérobes.
- Si cela fait un an que tu as pour projet secret de me mettre dans ton lit, avoue que tu cachais bien ton jeu ! D'ailleurs... Nous aurions enfreint la moitié des alinéas du règlement intérieur de Poudlard, je félicite notre tempérance d'avoir su patienter jusqu'à la fin de l'année. Si tu as tant envie de me suivre, libre à toi... Je vais seulement prendre une douche, conclut-il, d'un ton malicieux.
Soulagée, elle retrouva un peu de réassurance.
- Je ferais mieux de monter au dortoir. Trois heures du matin, c'est encore une heure correcte pour se coucher, après une cérémonie d'ASPICs. Même si... même si justement, personne ne m'a vue au cours de cette soirée de cérémonie.
Tâtonnant pour retrouver sa baguette qui avait roulé sur le tapis, Rogue ralluma les torches de la chambre, qui flambèrent faiblement. Quand Hermione eut terminé de soigneusement frotter ses yeux à la manière d'un Pattenrond repu et reposé, après avoir bâillé et s'être étirée, elle constata qu'il l'observait. Le regard presque vide. La mâchoire presque pendante, les bras presque ballants, entièrement nu. Balayant ses réflexions sur le fait, justement, qu'elle ne l'avait jamais vraiment vu nu, arrachant ses yeux de sa peau diaphane et de ce corps autrefois presque décharné qui avait fort heureusement su profiter de la cuisine de Kreattur, elle s'étonna, à son tour :
- Quoi ?
Sûrement soudain conscient de l'expression ébaubie qui s'était insidieusement étalée sur ses traits, il referma la bouche et se redressa.
- Tu es... tu es magnifique.
Hermione sentit les commissures de ses lèvres tressaillir : personne ne lui avait jamais dit qu'elle était magnifique. Elle ne l'avait d'ailleurs pas pensé elle-même. Elle s'aimait bien, certes, mais trouvait son cou peut-être un peu trop fin par rapport à des épaules qu'elle avait légèrement larges, comme sa mère. Et ses cheveux… non, sincèrement, ses cheveux ne pouvaient certainement pas participer à la rendre « magnifique ».
- Tu es sérieux ?
Ses yeux jais roulèrent dans ses orbites, dans un mouvement qu'elle avait déjà eu le loisir effrayé d'observer chez lui. Il précédait en général, en classe, une insulte d'une ironie si cynique et fine qu'on la recevait comme une gifle en pleine face, et qui cuirait encore plusieurs heures plus tard.
- Tu sais bien que je n'ai pas le sens de l'humour.
Debout, il lui tendit la main : elle répondit à la proposition par un léger recul.
- Viens-donc prendre une douche. Les traces olfactives de nos - comment est-ce que tu as défini cela, déjà… ébats "animaux" ? - ne laisseraient pas dupe même la plus ingénue des élèves de Gryffondor.
- Et si je n'ai pas envie ? rétorqua-t-elle, avec une moue mutine.
Il haussa les sourcils.
- Si j'ai justement envie de conserver dans mes bagages...
Elle humecta ses lèvres de sa langue et prit une longue inspiration, pour à la fois se donner du courage et dompter l'excitation lancinante qui s'emparait une nouvelle fois d'elle. Cette odeur-là, cette odeur qu'elle n'avait en fait jamais sentie, promettait une addiction sans précédent.
-... l'odeur de ta sueur, de la mienne, de ta bouche sur la mienne et sur... Non d'un Botruc, s'exaspéra-t-elle, posant ses narines sur son épaule, humant à plein poumons.
Avec un sourire taquin, il reprit place près d'elle, au milieu des draps froissés en origami, et embrassa le creux de son cou, puis y murmura :
- Ne t'inquiète pas, ma chérie, je suis prêt à te faire don de tout ça autant de fois par jour que tu le voudras, mais par pitié, fais en sorte que nous puissions passer inaperçus tant que nous ne sommes pas du même côté de la table des professeurs. Ensuite... ensuite, ma foi, libre à toi de te promener dans les couloirs de l'école en traînant derrière toi ce parfum de... lionne en rut ?
- Les lionnes, même en rut, n'aiment pas l'eau, monsieur le Directeur, mais je veux bien consentir à ménager votre confort jusqu'à demain matin.
ᚖ
Le Poudlard Express devait quitter Pré-au-Lard à neuf heures précises. Hermione, les yeux gonflés, s'empressa de retrouver Harry sur le quai de la gare, traînant sa valise, peinant un peu, échevelée mais l'air joyeux. Elle n'avait pas même pris le temps d'un petit déjeuner dans la Grande Salle : après s'être extirpée de la douche - elle savait qu'il s'agissait d'un piège - et des bras de son nouvel amant - elle eut un frisson en y repensant -, elle avait dû ruser pour rejoindre la tour Gryffondor sans être surprise. Elle était finalement parvenue entre ses draps rouge et or seulement à l'aube.
- Hermione ! Mais où étais-tu hier soir ? Je t'ai vue puis... je ne t'ai plus vue du tout. Est-ce que tu discutais avec Rogue ? Qu'est-ce qu'il te voulait ?
Ils montèrent à bord, cherchant un compartiment vide, ce qui ne fut pas compliqué : le train était uniquement affrété pour les septième années et les professeurs qui souhaitaient quitter Poudlard pour l'été.
- Je me suis beaucoup promenée dans le parc puis... puis je me suis endormie, répondit-elle en éludant la seconde partie de la question.
Harry lui jeta un regard moqueur par-dessus les verres de ses lunettes. Il ne la croyait pas.
- Près du... Saule Cogneur, s'enfonça-t-elle.
Haussement de sourcils.
- Mouais. Heureusement que Ron n'est pas là, il ne te lâcherait pas : il serait persuadé que tu étais avec un garçon. Ou avec une fille, enfin, peu importe.
Hermione éclata de rire.
- Oui, c'est possible... Je suis heureuse que tu ne sois pas Ron. Tiens, entrons-là.
Ils glissèrent leurs bagages dans les filets et s'effondrèrent sur les sièges rembourrés. Bientôt, le charriot de confiserie passerait et ce serait peut-être la dernière fois que Harry en profiterait. Hermione, elle, comptait bien continuer d'emprunter la voie des rails pour se rendre à Poudlard. Mais... Peut-être un professeur avait tout intérêt a simuler le sérieux et ne surtout, surtout pas céder à l'appel des Chocogrenouilles ?
- Je reviens, lança Harry, quittant la pièce.
Ôtant ses chaussures, étirant ses orteils, Hermione hissa ses jambes sur la banquette avec un long bâillement. Elle ouvrait largement le Code de la Justice Magique, version révisée, quand Rogue apparut dans le couloir.
- Bonjour, Miss Granger. Est-ce que vous êtes... seule ?
- Oh, désolée, professeur, je pense justement être... plus ou moins... engagée, en ce moment, répondit-elle, sans lever les yeux de son livre.
Il eut un soupir de dédain.
- Harry devrait revenir d'une minute à l'autre, mais, faites-nous donc le plaisir - elle prit le temps d'exagérer le mouvement de langue induit par le terme - de vous joindre à nous.
- Vous êtes trop aimable.
- Je ne sais pas si je le suis trop...
Après avoir fermé la porte et glissé sa mallette au-dessus de leurs têtes, il s'assit à la minuscule place qu'elle laissait libre, dans le prolongement de ses pieds. D'instinct, elle poussa ses orteils jusque sous le coté de sa cuisse.
- Hermione... tonna-t-il de sa voix la plus grave, égalant bien le grognement de l'énorme Bouvier Bernois de ses grands-parents qui avait terrorisé son enfance.
- Oh, désolée, professeur, vraiment, minauda-t-elle, repliant ses jambes.
- Tu es vraiment de la pire races de fripouilles. Tu ne perds rien pour attendre.
Il y eut un long et épais silence.
- Est-ce que tu... voudrais venir avec moi ? J'ai quelques achats à faire à Londres et je dois ensuite aller à Carbone pour... pour enfin débarrasser et vendre l'impasse du Tisseur.
Elle s'apprêtait à répondre un très honnête "oui, avec plaisir !" ou quelque chose de ce cru quand Harry réintégra le compartiment, claquant la porte.
- Ce Zabini, qu'il aille se faire cuire le... tempêta-t-il, sans prendre garde à Rogue.
- Bonjour, Mr Potter.
- Ah, bonjour professeur, hésita Harry, ravalant à temps son insulte et lançant vers Hermione un regard incrédule, laquelle n'eut aucune réaction, se replongeant dans ses lignes.
Il s'installa alors à l'emplacement diagonalement opposé à celui de son ancien professeur et se plongea dans un magasine de Quidditch, sans oser poser de question, mais levant régulièrement les yeux pour observer ces deux-là, à la dérobée. Peu à peu, au rythme des cahots du train, Rogue abaissa les paupières, appuyant l'arrière du crâne contre le dossier. Hermione s'assoupit à son tour. Harry les observa alors plus franchement par-dessus son journal. Peu à peu, les pieds de son amie glissèrent, glissèrent lentement vers Rogue, pour s'échouer finalement sur ses cuisses, lequel déposa sa main sur ses tibias, dans un demi-sommeil et en oubliant certainement sa présence.
Ce fut comme si ce geste avait répondu à toutes les questions de Harry : abasourdi mais ses interrogations satisfaites, il pointa sa baguette vers la verrière d'entrée du wagon.
- Clausa.
Les rideaux bleus se déroulèrent.
- Collaporta.
Enfin, il ferma lui aussi les paupières, après avoir longtemps gardé les yeux, avec incrédulité, sur le sourire bienheureux qu'arborait Hermione.
