Un nouveau petit défi pour s'occuper pendant le confinement sur les Hauts des Galgals.
Bonne lecture à tous !
À quelques pas de là, le soleil d'automne chauffait doucement les environs, en les entourant d'une belle couleur ocre. Les oiseaux sifflaient gaiement dans les buissons sans qu'on ne puisse les apercevoir.
Et puis le brouillard tombait. Soudainement. Froid. Mouillé. Glacial même. Et tellement épais qu'on n'y voyait plus guère que le bout de son nez. Seulement s'il n'était pas trop long. Le soleil n'était qu'un très vague cercle dans le nuage. Les oiseaux se taisaient.
Nul n'y mettait jamais les pieds. Ou ceux qui l'osaient ne revenaient pas pour le dire. Les histoires que les adolescents aimaient se raconter n'étaient que des vantardises. Car la réalité était plus effrayante encore. Car les mots ne rendaient pas honneur à cet endroit où le jour n'éclairait jamais vraiment. Et où la nuit, on n'y avait plus vu la lune ou les étoiles depuis des Âges.
La végétation ne s'y trompait pas. Seule la mousse semblait se complaire dans les conditions du lieu. Elle poussait avec abondance sur les pierres ruisselantes, mais sa couleur grisâtre n'était pas engageante et son odeur de moisissure repoussait même les rats.. Et par quelque mystère, elle ne poussait qu'à droite.
Au sol, il n'y avait rien. Que de la terre malade qui collait tant aux bottes que leur porteur se sentait comme agrippé par des mains invisibles voulant l'entraîner contre son gré.
Quelques arbres avaient tenté l'aventure des siècles plus tôt. Ils étaient à présent tous morts et décharnés. Leurs troncs maigres et pourris se fendaient. Leurs branches nues et noires grinçaient dans le vent. De rares corbeaux venaient s'y poser mais même eux ne s'y attardaient pas.
Lorsque l'on avançait dans la brume, un galgal surgissait soudain, sombre et désolé. Et la silhouette des autres apparaissait au coin de l'œil pour disparaître si vous tentiez de regarder de plus près.
Les esprits des lieux jouaient avec les peurs des rares aventuriers et le brouillard trompait les sens. Celui qui pensait être allé droit devant lui n'avait fait que tourner en rond. Et celui qui avait même laissé des petits cailloux pour savoir d'où il venait revenait sur ses pas, en vain. Mais tout menait à la bouche béante d'un tertre où l'attendait son occupant, tapi dans l'ombre comme une araignée guettant sa proie.
À quelques pas de là, la douce lumière de l'automne caressait doucement les environs. Et les criquets chantaient.
