Titre : Je ne connais pas la tendresse
Rating : M, slash
Paring : Harry Potter X Drago Malefoy, Drarry, HPDM
Résumé : Harry n'est pas quelqu'un de bien. Il ne connaît pas la tendresse, ni l'amour. Il a grandi sans famille, dans un foyer pour jeunes garçons qui n'ont rien dans la vie à part un sombre passé. Un jour, un jeune garçon aux cheveux presque blancs rejoint son dortoir. Lui n'a connu que l'amour dans sa vie. Et Harry a envie de lui faire payer cette injustice.
Disclaimer : Fanfiction inspirée de l'univers Harry Potter et des personnages de J. K. Rowling. Il s'agit d'un univers alternatif (UA) et sans magie.
Chapitre 1 : Je ne suis pas quelqu'un de bien
Il était 23h45 et comme souvent la nuit, Harry se baladait dans les couloirs sombres de Poudlard. Il n'avait jamais eu besoin de beaucoup d'heures de sommeil, 4 ou 5h par nuit lui suffisaient amplement pour être en forme. Cette particularité était très pratique et lui avait permis d'être parmi les meilleurs de sa classe. Il avait plus de temps que les autres pour étudier, faire ses devoirs et même vaquer à ses loisirs étant donné le peu de sommeil qui occupait ses nuits.
Cette nuit-là, Harry avait eu besoin de se dégourdir les jambes. Il avait la tête pleine de souvenirs. Il repensait à sa tante et à son oncle. Il se demandait ce qu'ils étaient devenus, s'il leur manquait ne serait-ce qu'un tout petit peu. Avec un rire amer, Harry se dit que si effectivement, il manquait à ces gens ce n'était que parce qu'il effectuait la plupart des tâches ménagères du foyer.
Il se força à les effacer de son esprit. Penser à eux ne faisait que lui rappeler à quel point il avait pu se sentir minable dans son enfance. À la place, il se rendit dans le parc de l'orphelinat, au bord du lac qui représentait, de son point de vue, la qualité principale (pour ne pas dire la seule) de l'institut. L'endroit était paisible, surtout au milieu de la nuit. Il aurait pu sembler effrayant pour n'importe qui d'autre mais Harry s'était toujours senti à l'aise dans l'obscurité.
Il prit place au pied d'un arbre, s'adossant contre son tronc. Nous étions fin octobre et le vent était frais. Heureusement, il ne pleuvait pas. Mais Harry pouvait sentir à travers son jeans que le sol était encore humide sous ses fesses.
Son regard se perdit vers l'étendue du lac. Comme souvent, il tenta d'imaginer ce qu'il ferait en sortant de l'orphelinat. Son professeur préféré, Monsieur Lupin, essayait de l'encourager à entamer des études universitaires. Il lui assurait qu'avec ses capacités intellectuelles, il n'aurait aucun mal à obtenir un diplôme qui lui assurerait un avenir brillant.
Evidemment, Harry était tenté par cet avenir brillant. Mais il n'était pas sûr d'avoir la patience de continuer l'école après l'obtention de son diplôme. Il avait envie de commencer sa vie active. Avec les épreuves, il avait acquis une certaine maturité et il ne se voyait tout simplement pas passer encore plusieurs années entourées d'étudiants immatures. Il n'était pas assez patient pour supporter cela. Mais d'un autre côté, la perspective d'un beau diplôme et d'un travail prestigieux était alléchante. Pour ce soir, il décida qu'il devait se renseigner sur toutes les options qui s'offraient à lui avant de décider quoi que ce soit.
Un soupire s'échappa d'entre ses lèvres fines. Il aurait aimé avoir quelqu'un avec qui en parler. Un père pour le conseiller, une mère pour l'écouter. Et du haut de ses 17 ans, il se surprenait de plus en plus souvent à désirer un être cher pour partager sa vie.
Il n'avait jamais eu de petite amie, tout simplement car il n'en avait jamais eu l'occasion il n'y avait pas de filles à Poudlard. Et les sorties étaient rares. En plus de cela, l'envie ne s'était jamais fait sentir. Il n'avait jamais éprouvé le moindre désir pour aucune demoiselle, même celles à la télévision.
Mais dans des moments comme celui-ci, il aurait aimé avoir quelqu'un sur qui se reposer. Une petite amie pour le suivre dans sa vie future, qui saurait l'aider à choisir son avenir. Mais comme depuis toujours, Harry était seul.
Décidant que ses pensées devenaient beaucoup trop moroses, Harry sauta sur ses pieds et partit rejoindre son lit. Il était bientôt 1h à présent et le sommeil ne tarderait pas à se montrer.
Lorsqu'Harry se réveilla, ses camarades de chambre étaient encore endormis. Il décida de prendre sa douche et de se préparer dans le silence, appréciant ces minutes de calme avant d'entamer la journée. Dès qu'il fut prêt, il quitta sa chambre pour se diriger vers les cuisines. Il n'aimait pas prendre le petit déjeuné dans le réfectoire, il avait donc pris l'habitude d'aller chercher un pain au chocolat directement à la source tous les matins. Il avait sympathisé avec le cuisinier de l'école. Ce dernier s'appelait Dobby. Bien sûr ce n'était pas son vrai prénom mais il n'avait jamais voulu avouer à Harry comment il s'appelait en réalité. Tout le monde à Poudlard savait que Dobby avait fait de la prison, mais personne ne savait vraiment pourquoi. La plupart des histoires avaient néanmoins un point commun il aurait commis un meurtre.
Cependant, Harry avait décidé de ne pas s'en préoccuper. Chacun son passé, et seul le moment présent lui importait. Surtout que dans ce présent en question, Dobby lui donnait régulièrement accès à de la nourriture en rab.
- Salut Dobby ! lança-t-il en entrant dans les cuisines, faisant sursauter ledit Dobby.
- Harry, tu m'as fait peur. Sale gosse.
Le cuisto n'avait pas la langue dans son sac et n'hésitait pas à lancer des remarques piquantes à quiconque lui adressait la parole. Pour cette raison, beaucoup évitait de croiser son chemin. Harry, lui, préférait se dire que c'était une marque d'affection et qu'au fond, Dobby l'appréciait. Avec lui, c'était « qui aime bien châtie bien ».
- Je peux te voler un pain en chocolat ?
- Pourquoi tu demandes encore ? Serre-toi, tu peux même en prendre plusieurs. Ils sont encore chauds.
Harry mis un pain dans une serviette qu'il plaça dans son sac de cours. Il sera sans doute content de pouvoir grignoter pendant les cours. Il prit une deuxième viennoiserie en main et quitta les cuisines, non sans remercier chaleureusement le cuisinier.
Tout en grignotant, il marcha vers le lac. Il était encore tôt, il avait encore au moins 1h avant son premier cours. Dans les couloirs, il croisa le professeur McGonagall. Il s'agissait d'une dame d'un âge avancé, plus proche de la retraite que du début de sa carrière d'enseignante. Elle avait un air sévère et savait se faire respecter. Mais au fond, Harry avait appris à découvrir qu'elle tenait sincèrement à ses élèves.
- Bonjour professeur, salua-t-il poliment.
- Bonjour Harry, tu tombes bien je te cherchais.
Harry s'arrêta, interloqué. Ça faisait au moins une semaine qu'il ne s'était pas battu. Il n'avait pas non plus souvenir d'avoir fait une quelconque bêtise.
- Je vous écoute, répondit-il prudemment.
- Un nouvel élève arrive ce soir. Il rejoindra votre dortoir et je compte sur vous tous pour bien l'accueillir.
Un sourire espiègle naquit sur son visage. Un nouveau dans la chambre, les autres allaient être ravis. Cela faisait longtemps qu'il n'y avait pas eu un petit bizutage.
- Evidemment professeur, nous l'accueillerons comme il se doit.
Harry offrit un large sourire à McGonagall. La vieille dame n'était pas dupe, elle connaissait les mauvaises habitudes des garçons. Mais elle n'y pouvait rien. Tant que les choses ne dégénéraient pas, elle ne s'en mêlait pas.
- Je compte sur vous pour prévenir vos camarades de chambre, et je vous attends dans mon bureau à 17h.
- Très bien.
- Maintenant, circulez ! ajouta-t-elle en agitant se main dans l'air.
Harry changea ses plans et prit la direction du réfectoire où se trouvaient sûrement Ron et les autres. Une excitation mal contenue lui fit accélérer le pas. Harry prenait un plaisir malsain à torturer les nouveaux arrivants.
En le voyant arriver, Ron sut qu'il se passait quelque chose. Harry ne venait jamais au réfectoire le matin. Il jugea l'expression de son ami. Il n'avait pas l'air de s'être battu. Au contraire, il avait un sourire en coin à peine dissimulé.
- Harry ? Qu'est-ce que tu fais là ? lança-t-il lorsque le brun arriva à côté de lui.
- Ron ! Tu ne devineras jamais.
- Alors dis-le moi, tout simplement, soupira le roux. Il n'avait jamais été doué pour les jeux d'esprit.
- On va avoir un nouveau dans la chambre.
Le roux ne put retenir un large sourire, son regard pétillant déjà de malice.
- Tu as des détails ?
- Pas encore, à part que je dois me rendre à 17h dans le bureau de McGo pour l'accueillir.
- On lui prépare un truc pour ce soir ?
- Ne sois pas si impatient. Laissons-lui un jour avant de commencer l'offensive, il n'en sera que plus surpris.
Voyant arriver Blaise, Théo et Dean, les garçons s'occupèrent d'avertir leurs cadets. Théo fut ravi de pouvoir participer à un bizutage sans en être la victime, pour la première fois depuis qu'il était arrivé. Il était le dernier à avoir rejoint le dortoir. Ils commencèrent tous les 5 à élaborer toutes sortes d'épreuves à faire endurer au nouveau venu. Les idées fusèrent, si bien qu'ils arrivèrent tous en retard en cours ce matin-là.
La journée sembla passer au ralenti. Harry ne pouvait s'empêcher de vérifier l'heure toutes les 5 minutes. L'impatience l'empêchait de se concentrer sur ses cours ou n'importe quoi d'autre. Il était tellement distrait qu'il percuta un autre élève de plein fouet entre deux de ses cours. Et évidemment, il avait fallu que cela tombe sur Gregory Goyle. Une brute épaisse qui partageait la moitié d'un cerveau avec Vincent Crabbe. À eux deux, ils étaient moins intelligents que n'importe quel gosse de 7 ans.
- T'as un problème Potter ? lança Goyle avec sa hargne habituelle.
- Ah, Goyle. Je ne t'avais pas vu.
- Excuse-toi.
- Non merci.
Le visage du garçon rougit sous l'énervement. La patience n'était pas son point fort.
- Tu m'as bousculé.
- Et alors ?
Harry se moquait de lui ouvertement. S'il avait été un peu moins distrait, il aurait sans doute pu éviter le poing que l'autre élève dirigea vers lui. Mais son esprit étant toujours aux abonnés absents, il ne put que le recevoir directement sur le visage. La force du coup le fit chanceler légèrement. Il revint rapidement sur terre. Il ne comptait pas se laisser faire.
Il renvoya un coup de point directement dans le nez de Goyle, suivi d'un coup de genoux en traître dans ses parties intimes. Ce n'était pas très noble mais Harry n'était pas du genre à se battre noblement. Tous les coups étaient permis. Du coin de l'œil, il vit Crabbe se diriger vers eux en courant. Il envoya donc un coup de poing dans le ventre qui acheva Goyle et partit en courant. Il ne se sentait pas d'attaque à affronter les deux d'un coup. La fuite restait la meilleure option.
Il arriva à son cours de chimie en retard, essoufflé et avec un œil au beurre noir. Son professeur le détestait depuis son arrivée à Poudlard. Lorsqu'il le vit arriver, Rogue en profita pour lui adresser une de ses remarques acerbes.
- Je vois que quelqu'un s'est enfin occupé de votre cas, Potter. Apparemment, je ne suis pas le seul à avoir du mal à vous supporter. Asseyez-vous en silence si vous ne voulez pas une retenue à ajouter à vos déboires du jour.
Harry s'exécuta en silence. Il ne voulait pas manquer son rendez-vous dans le bureau de McGonagall à cause d'une retenue avec Rogue. Ron lui lança un regard interrogateur en montrant son œil du doigt. Il lui fit signe qu'il lui expliquerait plus tard. Il passa le reste du cours en silence. Il sentait son œil pulser. Il aurait aimé mettre un peu de glace dessus pour atténuer les dégâts. Il décida de se rendre dans les cuisines et de sécher son dernier cours de la journée. En le voyant, Dobby lui tendit un sac de petits pois congelés sans lui poser aucune question. Il avait l'habitude de voir Harry avec l'une ou l'autre blessure après ses bagarres.
Harry resta dans les cuisines pendants deux bonnes heures. Il fit ses devoirs d'une main, l'autre appuyant le surgelé posé sur son coquart. Lorsqu'il fut presque 17h, il rangea rapidement ses affaires dans son sac et partit rejoindre le professeur McGonagall. Il arriva avec presque 10 minutes de retard, la porte du bureau était fermée. Il hésita une demi-seconde à faire demi-tour en prétextant l'oubli mais l'impatience de rencontrer sa future victime le poussa à toquer à la porte.
Il vit la désapprobation dans le regard de son enseignante lorsque cette dernière vint lui ouvrir la porte d'un geste sec. McGonagall n'appréciait pas le retard. Et la découverte de son œil cerné de noir n'arrangea pas son humeur.
- Désolé professeur, j'ai été retenu.
- Harry ! D'où sort cet œil au beurre noir ?
- Si je vous dis que je me suis pris une porte vous me croirez ?
Elle sembla hésiter une seconde, puis laissa échapper un soupir.
- Nous allons faire comme si c'était le cas, répliqua-t-elle sèchement. Pour l'heure, nous avons d'autres chats à fouetter. Je vous présente Drago Malefoy, le nouvel élève dont je vous ai parlé ce matin. Il s'installera dans votre dortoir.
Minerva McGonagall se décala légèrement vers la droite, laissant enfin la vue libre à Harry. Ses yeux rencontrèrent alors ceux dudit Drago Malefoy. Sur le coup, Harry en resta muet plusieurs secondes. Le garçon était beaucoup plus jeune que ce qu'il ne s'était imaginé. Il était très pâle de peau et de cheveux. Ses yeux aussi était clairs, d'une nuance entre le gris et le bleu. Il était petit, très fin et presque efféminé. Il paraissait très noble, se tenait bien droit et tout dans sa posture semblait vouloir dire « j'ai plus d'argent que tu n'en auras jamais ».
Harry le détesta immédiatement. Premièrement parce qu'il ne put s'empêcher de remarquer à quel point il était beau. Deuxièmement, il pouvait deviner rien qu'à son allure et à ses vêtements neufs et chers que ce garçon avait eu une vie de privilégié. C'était injuste, lui qui n'avait jamais rien possédé. Il se revit enfant, habillé des vieux vêtements de son cousin dix fois trop grands pour lui.
Un léger toussotement de la part de McGonagall le fit sortir de sa rêverie. Harry tendit alors la main vers le jeune garçon.
- Salut, je m'appelle Harry Potter. Je vais te montrer notre dortoir.
- Drago Malefoy, fut la seule réponse que lui donna le garçon en lui serrant la main.
Le contact fut bref mais Harry se fit la réflexion que le jeune homme avait les mains douces, mais surtout très froides. Le blond ne semblait pas très loquace. Harry jeta un regard surpris à McGonagall. Elle haussa les épaules. Les nouveaux élèves qui arrivaient à Poudlard étaient forcément orphelins. Certains venaient d'un autre orphelinat, mais d'autres venaient tout juste de perdre leurs parents. Et en voyant l'attitude de Drago, Harry devina que ce dernier appartenait à la deuxième catégorie. Il avait le regard vide, un masque sur le visage qui ne laissait passer aucune expression. Il paraissait tellement froid qu'un frisson parcouru Harry le long du dos.
- Bien, les garçons vous pouvez y aller. Drago, tu as ton horaire pour les cours et Harry t'expliquera le reste concernant le fonctionnement de Poudlard. Si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas à venir me voir. Harry, je compte sur toi pour l'accueillir convenablement. Je ne laisserai passer aucun débordement.
Harry comprit l'avertissement. Il ne fallait pas dépasser les limites s'il ne voulait pas qu'elle s'en mêle. Du coin de l'œil, il vit Drago tiquer à la dernière phrase de McGonagall. Il était intelligent, il semblait avoir compris ce qui l'attendait. Ils se mirent tous les deux en route vers les dortoirs, le blond suivant le brun.
- Alors, quel âge as-tu ? demanda Harry sans pouvoir se retenir.
- Je viens d'avoir 15 ans.
Il ne put s'empêcher d'être surpris. Il le pensait bien plus jeune. Harry ne répondit pas et le silence s'installa entre les deux garçons. Le chemin jusqu'à leur chambre parut beaucoup trop court à Harry. Il aurait aimé pouvoir observer un peu plus longtemps le nouvel arrivant. Il avait du mal à le cerner. De prime abord, il lui avait rappelé un enfant innocent et trop gâté. Mais son regard était celui d'un jeune homme qui avait déjà traversé trop d'épreuves pour en sortir indemne. Un mélange de force et de fragilité émanait de lui. En arrivant près des dortoirs, Harry secoua la tête comme pour en décrocher ses pensées. Depuis quand réfléchissait-il autant pour quelqu'un qu'il connaissait depuis 5 minutes à peine ? Il ouvrit la porte de la chambre et laissa passer Drago.
- Voilà c'est ici. Ton lit est là, juste à côté du mien et de la salle de bain. C'est le moins bon, tu nous entendras aller pisser pendant la nuit. Mais c'est le dernier de libre.
Tout en partageant ses informations, Harry avançait dans la pièce. Les autres garçons les attendaient chacun sur leur lit respectif. Harry les présenta un à un en les désignant d'un geste négligé de la main. Il termina par Drago.
- Et les gars, lui c'est Drago Malefoy. Il n'a que 15 ans et c'est notre nouveau voisin de lit.
Il avait fait exprès d'insister sur son âge, il voulait mettre Drago mal à l'aise et lui faire comprendre qu'ici, il était le plus petit. Il devrait s'adapter et apprendre à ne pas les faire chier.
- Quelque chose à ajouter Malefoy ? demanda-t-il finalement en se tournant vers lui.
- Non, tout est dit je pense.
La réponse était froide, distante. Le garçon était méfiant. Harry sourit en se disant qu'il avait raison de l'être. Son sourire, bien que séduisant, était loin d'être rassurant aux yeux de Drago. Le jeune orphelin entreprit alors d'installer ses affaires dans l'armoire qui lui avait été attribuée. Il fit rapidement son lit et se réfugia ensuite dans la salle de bain. Il y resta près d'1h.
- Et bien, il commence fort la princesse ! fit remarquer Ron. Ça fait plus d'1h qu'il est là dedans. Il se maquille ou quoi ?
Les autres garçons rirent de bon cœur à la remarque de Ron. Même Harry laissa échapper un léger rire, plus proche du ricanement cependant que d'un rire franc.
- Quand est-ce que l'on commence les offensives ? demanda Theo avec empressement.
Il était impatient, cela se voyait. Les quatre colocataires se tournèrent vers Harry, semblant attendre un signal. Le brun était un peu le chef de leur petite bande. Position qu'il avait acquise en gagnant chaque bataille qu'il y avait eu entre eux.
- Demain soir, directement après les cours. Prévoyez de quoi manger, on n'ira pas souper dans le réfectoire. En attendant, ignorez-le.
Les autres marquèrent leur accord avec un hochement de tête. Ensuite, chacun retourna vaquer à ses occupations. Dans peu de temps, les choses sérieuses allaient commencer.
Quelques minutes à peine avant l'heure limite du souper, alors que les autres étaient déjà partis depuis 20 bonnes minutes, le jeune homme blond sortit enfin de la salle de bain. Il avait les yeux rouges et le visage bouffi. Harry devina tout de suite qu'il avait pleuré. Drago se figea en voyant le brun l'observer. Apparemment, il pensait que la chambre serait vide. Il continua cependant son chemin en ignorant Harry et sortit lui aussi de la chambre. Harry le suivit des yeux sans même essayer de faire semblant de ne pas l'observer. Il aimait mettre l'autre mal à l'aise. Dès que Drago fut sorti, il se précipita vers son armoire et fouilla ses affaires. Il ne voulait rien lui voler, mais il voulait en apprendre plus sur lui. Il espérait trouver un journal intime mais le garçon n'était clairement pas du genre à en tenir un. Il trouva deux bagues accrochées à un longue chaîne en or. On aurait dit une bague de fiançailles et une chevalière, sûrement les armoiries familiales se dit Harry. Il mit les bijoux dans sa poche. Ce n'était pas du vol, il comptait les lui rendre un jour ou l'autre. C'était juste pour l'embêter. Il se demanda si le jeune garçon allait oser se plaindre des objets disparus.
Il continua ses fouilles. Il supposa que le blond était un littéraire, compte tenu de l'importante quantité de livres qu'il découvrit dans ses affaires. Des vêtements tous très élégants, dans des matières témoignant d'une bonne qualité et tous neufs ou presque. Il trouva également une grande quantité de produits et soins de beauté. Ron n'avait peut-être pas tort lorsqu'il l'avait traité de princesse. Malefoy devait accorder beaucoup d'importance à son apparence. Harry se demanda qui il comptait bien draguer à Poudlard, à part la vieille McGonagall, les filles étaient inexistantes ici. Mais avec du recule, le jeune Malefoy n'était peut-être pas spécialement attiré par les filles si cela se trouvait. Harry ne put retenir un sourire mauvais de s'installer sur son visage. Il avait une idée pour le bizutage prévu le lendemain. Si Drago aimait prendre soin de sa personne et plaire aux autres, il n'allait pas être déçu.
Harry remit en ordre les affaires du blond, et continua ses fouilles en passant à sa table de nuit. Comme il l'avait deviné, il ne trouva pas de journal intime. Du coin de l'œil, il vit quelque chose dépasser de sous l'oreiller. Sans hésiter, il attrapa ce qui avait retenu son regard. Une photo. Dessus, on pouvait y voir Drago avec un sourire rayonnant s'étirant sur la moitié de son visage. Harry ne put s'empêcher de penser que le jeune homme avait vraiment un sourire magnifique lorsqu'il était sincère. À sa droite, un homme souriait sobrement en fixant l'objectif. Il se tenait droit, de la même manière que Drago dans le bureau de McGonagall. Il semblait distingué mais tellement froid. La ressemblance était flagrante, il s'agissait sûrement de son père. À gauche de Drago se tenait une femme magnifique, elle semblait faite de porcelaine. Elle avait posé son bras sur les épaules de son fils, dans un geste dont la tendresse était évidente même sur une simple photo. L'amour et la fierté étaient omniprésents dans le regard qu'elle avait dirigé vers son fils au moment où le cliché avait été pris. Cela ressemblait à une famille heureuse. Harry se demanda comment les parents étaient morts, parce qu'il lui sembla évident qu'ils n'avaient pas pu abandonner leur fils dans un orphelinat s'ils avaient été encore en vie. Et contrairement aux Weasley, l'argent n'était clairement pas un problème pour la famille Malefoy.
La photo devait être très importante pour Drago, après tout il l'avait cachée sous son oreiller. Sans doute pour pouvoir l'observer discrètement quand l'envie lui prendrait. Harry plaça la photo dans la même poche où il avait mis les bijoux. Il imaginait déjà le désarroi du blond quand il se rendrait compte qu'on lui avait dérobé les précieux trésors qu'il cachait dans ses affaires. La culpabilité traversa l'esprit d'Harry. Le jeune homme venait de perdre ses parents et il lui volait les derniers biens qui le rattachaient à eux. Cependant, il chassa très vite ce sentiment. Il savait qu'il finirait par rendre ces objets à l'autre garçon. Ce n'était qu'un emprunt à plus ou moins long terme.
Lorsque ses investigations furent finies, il descendit directement aux cuisines. Il était trop tard maintenant pour espérer trouver encore de la nourriture à table. Et il n'avait pas envie de croiser Drago Malefoy. Après s'être remplie copieusement l'estomac en compagnie de Dobby, il fit sa balade nocturne habituelle. Il se perdit dans ses pensées en observant le lac. Aujourd'hui, elles étaient presqu'entièrement tournées vers un certain regard gris. Ce garçon était une énigme, et il pensait décidément beaucoup trop à lui pour que cela soit sain. Vers 2h, il se décida enfin à rejoindre son lit. Quitte à se torturer l'esprit, autant le faire au chaud entre ses couvertures. Il entra dans la chambre sans faire de bruit. Il ne put empêcher son regard de flotter vers le lit à côté du sien. Le blond était tourné vers lui, il semblait dormir profondément. Harry remarqua que son oreiller était humide. Il avait sûrement dû pleurer en remarquant la disparition de la photo. Et là, en plein milieu de la nuit, en regardant le visage enfin serein de Drago Malefoy, Harry s'en voulut. Il s'en voulut de faire du mal à ce garçon qui, comme lui, avait déjà bien assez souffert dans la vie. Mais après tout, ils étaient tous passés par là non ? Il fallait que Drago aussi se fasse sa place. Et le bizutage n'était pas si terrible. Quelques blagues le temps d'une soirée, et puis c'était tout. Certes le blond venait probablement de perdre sa famille, mais mis à part ce malheur, il n'avait que des souvenirs heureux. Harry s'imagina une enfance remplie d'amour, de jouets à Noël, d'amis à l'école. Et aussi vite qu'elle était apparue, la culpabilité s'envola. Remplacée par l'amertume et la jalousie. Le blond était loin d'avoir souffert comme lui avait pu souffrir. Il se força à aller se coucher et s'empêcha d'observer le jeune homme, se tournant vers le côté opposé pour être sûr de ne céder à la tentation. Il ferma les yeux et attendit le sommeil qui mit du temps à venir cette nuit-là.
