Titre : Je ne connais pas la tendresse

Rating : M, slash

Paring : Harry Potter X Drago Malefoy, Drarry, HPDM

Résumé : Harry n'est pas quelqu'un de bien. Il ne connaît pas la tendresse, ni l'amour. Il a grandi sans famille, dans un foyer pour jeunes garçons qui n'ont rien dans la vie à part un sombre passé. Un jour, un jeune garçon aux cheveux presque blancs rejoint son dortoir. Lui n'a connu que l'amour dans sa vie. Et Harry a envie de lui faire payer cette injustice.

Disclaimer : Fanfiction inspirée de l'univers Harry Potter et des personnages de J. K. Rowling. Il s'agit d'un univers alternatif (UA) et sans magie.


Chapitre 2 : Je le hais déjà

La famille Malefoy était riche et puissante. Lucius, le père et chef de famille, était à la tête de l'entreprise familiale dont il gérait les finances. Homme d'affaires sans scrupule, il savait comment faire tourner la société familiale où il avait succédé son père. La fortune qu'il avait également héritée aurait pu largement suffire à lui assurer une vie luxueuse, ainsi qu'à ses enfants et petits enfants. Mais il était un homme fier et estimait qu'il était de son devoir d'agrandir la fortune familiale.

Cependant, malgré son apparence froide et sévère, sa première richesse restait sa famille. Il la chérissait plus que tout au monde. Sa femme, Narcissa, et son fils, Drago, étaient les êtres les plus importants à ses yeux. Narcissa était une femme forte et indépendante, active dans l'entreprise Malefoy depuis ses fiançailles avec Lucius. Elle avait toujours refusé de faire office d'épouse plante verte, comme elle les appelait. Elle respectait le choix des femmes souhaitant rester chez elles, mais elle n'avait aucune envie d'en faire partie.

Elle aimait travailler, se sentir utile et surtout, partager la vie professionnelle de son mari. Le fait qu'ils travaillent tous les deux ne les avait jamais empêché d'être des parents aimants et présents pour leur fils unique. Drago avait grandi en voyant ses parents tous les jours, et entouré d'amour.

L'enfance heureuse de Drago avait pris fin de façon brutale le jour où ses parents étaient morts. Le jeune garçon de 15 ans s'était retrouvé orphelin et contraint d'attendre sa majorité pour pouvoir accéder à la fortune familiale. On lui avait alors annoncé qu'il serait placé dans un orphelinat réservé aux garçons de plus de 12 ans où il resterait un peu moins de 3 ans, jusqu'à ses 18 ans. Âge auquel il pourrait jouir de sa fortune et commencer sa vie active.

Le monde de Drago s'était alors complètement écroulé. Le jeune homme s'était complètement refermé sur lui-même. Il avait envisagé la possibilité de rejoindre ses parents dans la mort, il était tellement seul à présent. Cependant, la réaction de sa mère et la déception de son père face à tant de lâcheté l'avait empêché de tenter quoi que ce soit. Drago n'avait pas trouvé la force de se battre lorsque les services sociaux lui avaient trouvé une place à Poudlard, l'orphelinat n'était pas réputé pour son cadre chaleureux mais il n'en avait plus rien à faire. Il aurait pu dormir sous un pont que cela aurait été pareil. Il ne se souciait pas de son confort, il n'arrivait pas à s'inquiéter de son avenir. Il s'était cloisonné dans ses souvenirs, n'avait même pas la force de se rebeller face à l'injustice d'un destin si tragique. Il n'avait jamais rien fait de mal dans sa vie. Pourquoi un tel malheur lui arrivait-il ? Il était beaucoup trop jeune pour perdre ses parents, les seules personnes proches de lui dans sa vie.

Il avait plusieurs amis dans son ancienne école. Il était même très populaire. Mais étrangement, aucun de ses amis n'avaient insisté pour garder contact avec lui après son transfert à Poudlard. À la mort de ses parents, il avait reçu quelques messages de soutien. Mais il n'y avait jamais répondu. Aucune autre personne n'était aussi importante que ses parents pour lui.

Lorsque l'assistante sociale qui l'avait aidé à organiser les funérailles de ses parents le déposa devant Poudlard, elle lui proposa de l'accompagner à l'intérieur. Drago déclina la proposition, il n'avait pas besoin d'elle. Il n'avait même pas réussi à retenir son nom. Il la remercia donc poliment avant de s'engouffrer dans l'institut sombre et peu accueillant qui serait sa maison pour les trois prochaines années.

Il se dirigea alors vers l'accueil où un homme à l'apparence délabrée caressait un chat tout aussi miteux que lui. Drago leur lança un regard de dégout, et il ne put s'empêcher de ressentir une certaine pitié.

- Bonjour, je viens d'intégrer Poudlard, pourriez-vous m'indiquer la personne chargée de m'accueillir ? demanda-t-il poliment mais son ton restait froid et distant.

Le concierge releva les yeux vers lui, et le jaugea de haut en bas. Il ne lui sourit pas, et ne le salua pas.

- Suivez-moi.

Drago ne se formalisa pas du manque de politesse. Qu'en avait-il à faire que le concierge ne l'apprécie pas ? Il nota que l'homme boitait légèrement, ce qui ne l'empêchait pas de marcher rapidement. Il ne prononça aucun mot et Drago le suivait en silence à travers les couloirs, tentant de mémoriser le chemin. Il lui faudrait du temps pour se retrouver dans l'établissement. Il ne semblait pas immense, mais les couloirs étaient sombres et se ressemblaient tous. Ils arrivèrent devant une porte haute à double battant. Le concierge lui montra la porte du doigt avant de disparaître et de le laisser seul dans ce couloir lugubre. Drago soupira, la réputation de l'école n'était pas infondée, l'accueil était loin d'être chaleureux. Il se tourna vers la porte et y donna trois petits coups. Une voix féminine s'éleva et l'invita à entrer.

Assise à son bureau, le professeur McGonagall regarda le nouvel élève entrer dans la pièce. Il était petit et fin, même si elle se souvenait avoir lu dans son dossier qu'il avait 15 ans, elle ne put s'empêcher de le trouver très jeune.

- Bonjour, vous devez être Drago Malefoy, c'est bien cela ?

- Oui, bonjour.

- Je suis le professeur McGonagall. Bienvenue à Poudlard Drago, et toutes mes condoléances pour vos parents.

Drago observa l'expression sur le visage de la vieille enseignante, il n'y trouva que de la sincérité et de la compassion.

- Merci, répondit-il simplement.

- J'ai demandé à un élève de votre dortoir de venir vous accueillir, mais comme vous le voyez, il est en retard. Il vous expliquera le fonctionnement de l'école. Je vous ai imprimé votre horaire de cours. Vous pourrez commencer dès demain. Voici également les horaires de la cafétéria et des accès aux espaces sportifs de l'école. Vous ne pouvez vous y rendre en dehors de ces heures, sauf si vous souhaitez rejoindre un club de sport en particulier. Il y a un couvre feu à respecter également, aucune sortie du dortoir n'est autorisée après 23h. Je vous encourage également à lire le règlement de l'institut, si vous ne voulez pas avoir d'ennui durant votre séjour à Poudlard. Si vous avez la moindre question, n'hésitez pas à vous adresser à vos compagnons de dortoir ou à moi-même. Vous pouvez également vous adressez au directeur pour des problèmes plus importants, mais j'espère que cela ne sera pas nécessaire. Vous avez des questions ?

- Non.

- Bien, lisez bien tous ces documents. Et j'espère que vous saurez vous intégrer correctement. Je compte sur vous pour ne pas faire d'histoires.

L'enseignante était apparemment stricte, et n'appréciait pas les débordements ou écarts de comportement. Drago marqua son accord d'un bref hochement de tête. Il ne comptait pas faire de vague de toutes façons. Il entendit quelqu'un frapper à la porte et McGonagall se dirigea vers la porte pour accueillir l'élève en charge de le guider pour ses débuts à Poudlard. Dès qu'il l'aperçut, Drago le trouva beau. Ses cheveux sombres semblaient partir dans tous les sens et ses yeux étaient aussi verts que des émeraudes. Il était grand et respirait la confiance en soi. Il lui trouva un visage sympathique, bien que fermé.

Cependant, Drago avait vite déchanté. Il se rendit rapidement compte que la première impression qu'il avait eue de Potter n'était pas la bonne. Il avait deviné que les autres orphelins lui avaient réservé un accueil loin d'être chaleureux. Il avait passé sa première soirée à pleurer dans la salle de bain en voyant la chambre qu'il devrait partager avec 5 autres garçons. Lui qui était enfant unique, il n'avait pas l'habitude de manquer d'intimité à ce point. Il avait eu besoin de relâcher la pression et l'amertume. En voyant son lit, Drago avait réalisé qu'il devrait passer trois ans dans cet endroit, à dormir à moins de 2 mètres d'un autre garçon qui ne serait nul autre que Potter. Et ses parents lui manquèrent terriblement. Il mit plus d'une heure à sécher ses larmes. Et puis, il attendit de ne plus entendre aucun bruit dans la chambre avant d'oser sortir de la salle de bain. La faim commençait à se faire sentir et l'heure du souper devait déjà être bien entamée.

En ouvrant la porte, il fut surpris de constater que Harry était toujours là. Il le regardait sans aucune gêne. Et Drago fut mal à l'aise, Potter avait dû deviner qu'il avait pleuré en voyant son visage. Il se précipita hors de la chambre et entreprit de trouver le réfectoire seul. Apparemment, l'autre garçon ne prenait pas son rôle de guide d'accueil très à cœur.

En revenant du réfectoire ce soir là, il se coucha rapidement sans parler à qui que ce soit. Non pas que les autres avaient essayé de lui adresser la parole de toutes façons. Ils faisaient tout simplement comme si le blond n'existait pas. Très bien, si c'était tout ce qu'il aurait à endurer, cela l'arrangeait parfaitement. Qu'ils le laissent en paix, c'était tout ce qu'il demandait. Il fit semblant de dormir en attendant que tout le monde soit couché et que le dortoir devienne silencieux. Quand il fut sûr que tout le monde dormait, il rouvrit les yeux. Il fut étonné de trouver le lit de Potter vide. Le couvre feu n'était-il pas à 23h ? Cependant, il ne s'en préoccupa pas plus que cela. Ça n'était pas ses histoires. Il glissa sa main sous son oreiller pour sortir la photo de ses parents qu'il y avait cachée. Mais il ne la trouva pas. La panique lui contracta l'estomac et il se redressa rapidement sur son lit. Il jeta son oreiller au sol et fouilla tout son lit. Elle n'était plus là. Il se leva alors et se dirigea vers son armoire, son collier avec la bague de sa mère et la chevalière de son père avait disparu aussi. Il serra les dents de rage. Quelqu'un lui avait volé, et il était persuadé qu'il s'agissait de Potter. Il ne l'avait pas vu au souper ce soir.

Que pouvait-il faire ? Ces souvenirs étaient les seuls qu'il avait gardé de ses parents. Il y tenait plus qu'à n'importe quoi d'autre. Il aurait tout donné pour pouvoir les récupérer. Mais il ne pouvait pas aller se plaindre au professeur McGonagall dès le premier soir. Il avait un minimum de dignité. Et ce n'était pas comme ça qu'il arriverait à s'intégrer. Il décida de confronter Potter le lendemain, d'aller lui réclamer ses affaires. Il n'avait pas peur de se battre, même s'il ne faisait aucun doute que le plus grand l'écrabouillerait s'il se lançait dans une bagarre contre lui. Lui-même avait le gabarit d'une crevette. Il ramassa rageusement son oreiller et se recoucha. Des larmes de rage coulaient sur ses joues. Et dire qu'il n'y a pas longtemps, il dormait paisiblement dans son manoir, entouré de ses parents et d'amour. Sa principale préoccupation était que son père accepte de lui acheter un chat. C'était stupide, il était allergique et il n'en avait donc jamais eu. Mais c'était la seule chose pour laquelle ses parents lui avaient toujours dit non. Alors évidemment, c'était devenu le sujet de dispute le plus fréquent avec eux. Drago n'était même pas sûre de vouloir vraiment un animal de compagnie, mais il voulait réussir à convaincre ses parents. Il soupira en se disant qu'il n'y arriverait jamais, à présent qu'ils étaient morts. Et les larmes redoublèrent d'intensité. Il se sentait tellement seul. Il aurait tout donné pour pouvoir les revoir, raconter à sa mère sa première journée dans ce terrible endroit. Il enroula ses bras autour de sa poitrine et attendit le sommeil comme une libération.


Lorsqu'il se réveilla le lendemain matin, le soleil n'était pas encore levé. La chambre était sombre et silencieuse, les autres devaient sûrement encore dormir. Il se leva en silence, attrapa ses vêtements et parti dans la salle de bain pour prendre sa douche. Il referma la porte derrière lui avec le plus de délicatesse dont il était capable. Il ne tenait pas à croiser ses compagnons de chambre ce matin, surtout un certain brun. Il n'était pas encore prêt à l'affronter. Il enleva son pyjama et une fois nu, il prit le temps de s'observer dans le miroir. Il se savait attirant, tout le monde lui répétait souvent qu'il était sublime. Et Drago n'aimait pas la fausse modestie, il avouait sans hésiter qu'il était beau. D'une apparence délicate et fragile, son corps était fin mais néanmoins sculpté. Il n'était pas grand, 1m73 tout au plus mais cela ajoutait à son style androgyne. Son visage était dénué du moindre défaut, ses traits étaient tout simplement parfaits. Cependant, il ne trouvait pas cela important. Il aurait pu être laid comme un pou, il n'en avait rien à faire. Il échangerait mille fois sa beauté pour une minute de plus en compagnie de ses parents.

Il se demanda si sa vie n'avait pas été trop parfaite, et que l'équilibre des choses s'était senti obligé de rétablir les chances. Il était beau, riche, heureux, en bonne santé. Il fallait donc lui mettre un malheur sur son chemin. Mais Drago ne croyait pas au destin, ni au karma ou à toutes ces superstitions. Il estima avoir perdu trop de temps à s'observer dans le miroir en réfléchissant à des choses stupides. Il partit donc s'enfermer dans la première des trois cabines de douche. À peine avait-il allumé l'eau qu'il entendit la porte de la salle de bain s'ouvrir. Qui pouvait bien se lever si tôt ? Ne pouvait-il pas être un peu tranquille ? Il tendit l'oreille pour essayer de deviner l'identité du perturbateur. Avec un peu de chance, il viendrait juste soulager sa vessie et se recoucherait pour le reste de la matinée. Mais avec horreur, Drago vit la porte de sa cabine s'ouvrir. Dans un geste de pur réflexe, il plaça ses deux mains devant son entre-jambe.

- Qu'est-ce que tu fais là à une heure pareille ? Il n'est même pas 6h, tu es au courant que les cours ne commencent pas avant 9h ?

Drago ne sut que répondre tant la situation lui parut surnaturelle. Harry Potter, l'élève en charge de l'accueillir mais qui semblait préférer le torturer était en train de lui parler tout naturellement, comme si rien n'était bizarre dans cette situation. Il était à poil merde ! Et son intimité dans tout ça ?

- Va-t'en ! Tu ne vois pas que je suis nu ?

- Oh si je l'ai remarqué, d'ailleurs ça n'est pas la peine de te cacher, il n'y a rien par là dont tu pourrais avoir honte, très bel engin, répondit le brun avec un air moqueur.

- Mais tu te moques de moi là ? dit-il en rougissant furieusement.

- Oui, un peu. En fait, c'est ma douche préférée. Je n'arrive jamais à régler la température sur les autres alors je voudrais que tu me la laisses. Je me lève le premier tous les matins, et je n'aime pas qu'on perturbe mes habitudes.

- Va te faire foutre, prends une autre douche ou bien attends ton tour.

Drago ne comptait pas se laisser faire ! Certes ce garçon avait 2 ans en plus que lui, au moins 20 cm de plus, des muscles qu'il était loin de posséder. Mais il ne fallait surtout pas montrer sa peur dès le premier jour. Lui tenir tête était la seule solution pour espérer se faire respecter un jour, quitte à se prendre une bonne droite sous la douche. Drago serra donc les poings toujours positionnés devant son intimité, et se prépara mentalement à encaisser les coups. Il pria secrètement pour que son nez soit épargné. Mais à sa grande surprise, aucun coup n'arriva. À la place, il vit avec effarement Potter enlever le caleçon large qu'il portait comme pyjama. Il ne put empêcher ses yeux de dériver vers le service trois pièces du garçon et remarqua que pour ça aussi, Potter le battait. Il n'avait jamais eu honte de la taille de son propre engin, mais celui qu'il avait en face de lui en ce moment était bien plus imposant. Drago déglutit et se retourna sur lui-même, faisant dos à Harry. Il était gêné et sentait ses joues se tinter de rouge, hors de question que Potter voit ça.

- C'est une proposition ? demanda Potter en passant une main sur les fesses de Drago ainsi exposées.

Drago ne put se retenir d'avantage, il se retourna et envoya son poing dans la tête de Potter. Il visa l'hématome que le brun portait déjà sur le visage, espérant que la douleur en serait décuplée. Il ne laissa pas le temps au brun de répliquer et profita de l'effet de surprise pour prendre la fuite. C'était lâche, mais il savait qu'il n'était pas de taille face à lui et s'il pouvait éviter de se faire fracasser, ça l'arrangeait.

Harry regarda le blond partir précipitamment de la salle de bain, il n'essaya pas de le retenir. Il ricana. Décidemment, le blond était surprenant. Il l'avait pris pour une chochotte, l'ayant surpris à deux reprises en train de pleurer en l'espace d'une soirée. Mais il venait de lui prouver qu'il en avait dans le pantalon. Le bizutage qu'il prévoyait pour ce soir-là n'en serait que plus intéressant.

La première journée de Drago ne fut pas si terrible que ce qu'il avait imaginé. Après l'épisode de la douche, il n'avait plus osé regardé Potter en face. Il essaya de se faire le plus discret possible et d'observer les habitudes des autres élèves. Il fit la connaissance d'un garçon de sa classe qui s'appelait Neville Londubat. Il était un peu étrange mais c'était le seul à avoir adressé la parole à Drago. Il lui avait exposé les différents groupes qui composaient Poudlard. Il y avait bien évidemment les sportifs, mais ils étaient peu nombreux étant donné les misérables infrastructures que proposait l'orphelinat. Drago n'aimait pas le sport de toutes façons. Il lui parla d'un duo à éviter pour ne pas avoir d'ennuis Crabbe et Goyle. Il nota mentalement les noms, mieux valait ne pas se frotter aux brutes épaisses.

- Et que peux-tu me dire sur Harry Potter ? ne put-il s'empêcher de demander.

- Harry ? Je ne le connais pas très bien, mais il n'a pas très bonne réputation. Il se bat souvent, mais c'est toujours pour prendre la défense de quelqu'un j'ai l'impression. Il ne parle pas beaucoup aux gens à part aux types de son dortoir. Ils se défendent les uns les autres ces cinq-là, ils forment un peu une sorte de gang.

Comme c'était merveilleux, Drago était tombé dans la chambre du gang de Poudlard. La chance avait bel et bien tourné pour lui, il enchainait malheurs sur malheurs. Neville continua son discours sans s'apercevoir du désarroi du blond.

- Il paraît qu'il y a plusieurs épreuves à passer pour pouvoir intégrer leur groupe, mais je pense que ce ne sont que des rumeurs. À part les membres du dortoir, personne n'a jamais intégré le gang. Peut-être que tu pourrais les rejoindre, vu que tu es leur nouveau colocataire.

- Je n'ai pas l'impression qu'ils me portent dans leur cœur, répondit Drago avec une grimace.

- Pourquoi tu dis ça ?

- Ils ne m'adressent pas la parole.

- Aucun ?

- Le seul qui me parle, c'est Potter. Et c'est toujours pour me chercher des noises.

- C'est un peu le chef de la bande. Si ça se trouve, ils attendent de voir s'ils peuvent t'intégrer.

- Mouais, je pense que je préférerais qu'ils me laissent tranquille.

Neville et lui continuèrent de discuter. Enfin, c'était surtout Neville qui parlait, expliquant au nouvel élève tout ce qu'il y avait à savoir. Drago enregistra un maximum d'informations. Il fut ravi d'apprendre qu'il y avait un grand parc appartenant à l'orphelinat où il pourrait se rendre librement. Il y avait même un lac. Drago se promit d'aller y jeter un œil, cela lui rappellerait sûrement le grand jardin de son manoir et ses étangs. Il décida de s'y rendre dès sa journée de cours achevée. À la fin de son dernier cours, il prit la direction de son dortoir pour passer prendre un livre. Il adorait lire au bord du lac, même si cela sonnait ultra cliché.

Il ouvrit prudemment la porte de son dortoir, il espérait ne pas avoir à croiser les autres. Malheureusement pour lui, tout le monde semblait présent. Il était trop tard pour reculer à présent, alors il pénétra rapidement dans la pièce. Il se précipita vers son armoire, attrapa le premier livre qui lui tombait sous la main et fit demi-tour. Cependant, Potter s'interposa entre lui et la porte, l'empêchant de passer.

- Où vas-tu comme ça Malefoy ?

- Cela ne te regarde pas, Potter. Laisse-moi passer !

Drago tenta d'y mettre le plus d'autorité et de conviction dont il était capable. Mais apparemment, ça ne fonctionna pas sur Harry. Il ne bougea pas d'un pouce et les quatre autres garçons s'approchèrent d'eux. Le signal était lancé, Harry avait lancé l'offensive.

- Je pense qu'il y a un truc que tu n'as pas très bien compris. Ici, c'est moi qui décide. Et tes airs de princesse effarouchée, tu peux te les garder. C'est clair ?

- Très clair, maintenant laisse moi passer.

Harry lui fit un sourire sadique et Drago devina que le brun n'avait aucunement l'intention de le laisser passer.

- En fait, on aimerait que tu fasses deux-trois trucs pour nous.

- Pourquoi je ferais ça ?

- Oh mais tu feras tout ce qu'on te dira, si tu veux récupérer ça.

Tout en disant ça, Harry avait sorti la chaîne en or de sa poche en faisant tinter les bagues. Drago réagit instantanément, il se jeta sur le brun. Mais avant d'atteindre sa cible, il se sentit attraper et tier vers l'arrière. Il tourna la tête pour apercevoir Ron et Dean l'empoigner fermement et l'immobilisant.

- Tss-tss Malefoy, essayons de rester calmes. C'est très simple, si tu veux récupérer ceci, tu vas effectuer tout ce qu'on te dit de faire sans poser de question. Si tu acceptes, je te promets que tu récupéreras tes précieux bijoux de famille dès ce soir.

Le ton de Potter était calme, il semblait sérieux. Malefoy n'avait rien pour marchander, il ne pouvait qu'espérer que le brun soit sincère et qu'il respecte sa part du marché s'il acceptait de faire tout ce qu'il disait. Voyant le doute dans les yeux du blond, Harry tenta de le convaincre de son honnêteté.

- Je n'ai qu'une parole.

- Permets-moi de douter de l'honnêteté d'un voleur, répondit le blond avec mépris.

- Très bien, dans ce cas tu ne reverras plus jamais ces précieux objets que tu cachais dans ton armoire.

Joignant le geste à la parole, il replaça les bagues dans sa poche. Le cœur de Drago se serra, il ferait n'importe quoi pour récupérer ces objets. Il était résolu à tenter le tout pour le tout.

- C'est d'accord, juste pour ce soir je ferai tout ce que tu voudras Potter.

- Tout ce que nous voudrons en fait, je suis le porte parole mais nous partageons tous ce dortoir.

Drago jeta un regard rempli de haine aux cinq garçons. Il serra les dents et attendit la première épreuve de ses bourreaux. Contrairement à ce qu'il pensait, cela ne vint pas de Harry mais de Theo.

- Pour commencer, j'aimerais beaucoup que tu ramènes Miss Teigne ici, lui dit-il avec beaucoup trop d'entrain au goût de Drago.

- Je ne sais pas ce que c'est.

- C'est la précieuse chatte de Rusard, le concierge. Il déteste les élèves, mais adore sa Miss Teigne adorée. Il ne s'en sépare quasi jamais.

- Oh, et tu as intérêt à te dépêcher. On veut que tu sois revenu rapidement. On te laisse 30 minutes, ajouta Dean.

Drago sentit la prise sur ses bras se relâcher, il était à nouveau libre de ses mouvements. Sans un mot, il passa la porte et partit à la recherche de ce maudit chat. Pendant ce temps, les garçons du dortoir se tournèrent vers Theo.

- Et bien mon petit Theo, tu commences fort, il va se faire tuer par Rusard quand il l'apprendra, commenta Ron.

- J'espère qu'il n'arrivera pas à la trouver, ce chat pue la mort et a un véritable caractère de cochon. Elle va saccager la chambre s'il la ramène ici, ajouta Blaise.

- Bon, en attendant préparons la suite. Il est beaucoup trop hautain, je pense qu'il faut le remettre à sa place. Il faut l'humilier un bon coup, peut-être que ça le calmera. Vous proposez quoi ? lança Harry.

- Et si on le faisait courir nu autour du lac ? proposa Dean.

- Il ne faut pas qu'on se fasse prendre, il vaut mieux rester dans le dortoir. Si McGonagall s'en mêle, on s'en mordra les doigts, commenta Ron.

- Ron a raison, mais l'idée de Dean n'est pas mal. J'ai déjà remarqué qu'il était du genre pudique, il ne va sûrement pas aimer qu'on lui demande de se mettre à poil, ajouta Harry.

- On lui demande un strip-tease alors ? suggéra Blaise.

- Ouais, ça sera le clou du spectacle. Avant ça, ça serait pas mal de lui faire manger un ou deux trucs dégueux. Je vais aller voir Dobby pour trouver quelque chose, et au passage je nous ramène de quoi manger.

À son tour, Harry quitta la pièce. Il se dirigea vers les cuisines où il fut accueilli par un Dobby souriant. Il profita de la bonne humeur du cuisinier pour pousser le bouchon jusqu'à lui demander une bouteille de whisky de sa réserve personnelle. À son grand étonnement, Dobby lui donna tout ce dont il avait besoin. Il mit tout dans son sac à dos et retourna vers le dortoir. En route, il croisa le blond qui tenait Miss Teigne du bout des bras. Il éternuait toutes les 30 secondes environ et ses mains étaient couvertes de griffures.

- Ah, tu as réussi alors. Tu es allergique ou quoi ?

- Oui, je ne supporte pas les poils de chat.

- Décidément, tu as vraiment des airs de princesse. C'est bon, tu peux la lâcher.

- Mais Theo…

- Il ne voulait pas vraiment que tu la ramènes mais juste voir si tu en étais capable, le coupa-t-il.

Sans insister, Drago lâcha l'animal enragé qu'il avait mis 20 bonnes minutes à trouver et capturer. Il suivit ensuite Potter jusqu'à leur chambre, dans un silence seulement brisé par ses éternuements à répétition. Une fois arrivés, Harry posa son sac sur son lit.

- Retire ton pull, ordonna-t-il ensuite à Drago.

La panique traversa le regard du blond. Il accepterait sans opposition d'autres épreuves comme aller chercher un chat, mais il refusait de se déshabiller. Il jeta un regard noir au jeune homme.

- Pour les poils de chats, ton pull en est rempli et j'en peux plus de t'entendre éternuer, précisa le brun.

Cependant, il échangea un regard et un sourire mauvais avec les autres garçons. Définitivement, ils avaient trouvé l'épreuve finale de leur bizutage. Le blond semblait farouchement opposé à l'idée de se déshabiller. Harry ne comprenait pas cette aversion. Lui n'était vraiment pas pudique. Sans doute parce qu'il avait grandi dans un dortoir commun où il devait partager sa salle de bain depuis ses 12 ans. Pour lui un corps d'homme était un corps d'homme, même s'il devait avouer que celui du blond était particulièrement bien fait. Malefoy n'avait sûrement jamais dû partager sa salle de bain ou se déshabiller devant des camarades avant l'orphelinat. Le blond retira son pull, lui aussi en avait assez d'éternuer.

- Et où est Miss Teigne ? Je ne vois que ses poils étalés sur ton pull là… commenta Theo.

- Je lui ai dit de la lâcher, il l'avait attrapée mais ce chat pue vraiment la mort.

Les garçons partagèrent un rire. Drago ne sut comment il devait réagir. Il était plutôt d'accord, l'odeur de l'animal encombrait encore ses narines. Cependant, il s'abstint de tout commentaire et préféra rester en retrait.

- Bon j'ai faim, dit soudainement Ron. Il se tourna ensuite vers Drago. Pas toi ?

- Hum… non, pas vraiment, répondit le blond. Il sentait le piège arriver.

- Lorsque l'on est bien élevé, on mange le plat que nous prépare notre hôte même si on n'a pas faim, fit remarquer Blaise.

- Alors tu mangeras ce que Dobby t'a préparé. Dobby est le cuisinier en chef de Poudlard, fit remarquer Ron.

Alors la seconde étape débuta et Drago crut vomir au moins quatre fois. Son estomac le faisait souffrir après avoir ingurgité des mélanges répugnants où il ne parvenait pas à identifier tous les ingrédients. Il avait toujours eu des papilles délicates et était habitué à la bonne cuisine, dégustant régulièrement les mets des meilleurs cuisiniers du pays en compagnie de ses parents. Lorsqu'il eut enfin goûté à toutes les préparations que lui avait concocté Dobby, Harry décida qu'il fallait fêter ça. Il sortit la bouteille de Whisky et ils burent tous les cinq dans la bouteille, directement au goulot. Harry passa ensuite la bouteille à Drago.

- Bois, ordonna-t-il.

Drago n'aimait pas boire, il ne tenait pas du tout l'alcool. Une simple coupe de champagne suffisait à lui faire tourner la tête, et il n'avait jamais gouté d'alcool fort avant aujourd'hui. Le liquide lui brula l'œsophage et il toussa bruyamment, faisant rire ses camarades.

- Encore, je veux que tu finisses la bouteille.

Drago regarda la bouteille encore presque pleine avec désespoir. Il allait mal finir, c'était certain. Mais il avait déjà été bien trop loin pour renoncer maintenant. Alors il porta le goulot à sa bouche et avala trois grosses gorgées d'affilées. Il faillit s'étouffer tant le breuvage lui brulait la gorge. Il toussa à nouveau et reporta la bouteille à sa bouche.

- C'est bon, tu peux arrêter, t'as déjà l'air d'avoir eu ta dose.

Drago fut soulagé, sa tête lui tournait déjà alors qu'il n'avait même pas vidé le tiers de la bouteille. Il n'aurait jamais survécu à la bouteille complète. Il sentit les effets de l'alcool lui embrumer l'esprit. Il vit les autres garçons boire à nouveau en se passant le whisky. La suite des épreuves fut plus facile grâce à l'alcool, il était désinhibé. Il n'eut donc aucun mal à mettre sa retenue et sa fierté de côté pour nettoyer les toilettes avec sa propre bosse à dents, faire un message aux pieds répugnant de Weasley ou encore imiter McGonagall en plein acte sexuel. Cette dernière épreuve l'avait mis particulièrement mal à l'aise, lui qui n'avait aucune expérience en matière de sexe. Mais il avait vu assez de films pornos pour pouvoir s'inspirer. L'alcool rendait l'imitation hilarante, rappelant plus une bagarre de chèvres qu'une partie de jambe en l'air. Le fou-rire avait été unanime, et même Drago avait eu envie de rire. Heureusement, il était parvenu à se retenir.

- Bon, ce n'est pas tout ça mais je suis crevé, et si on passait au grand final ? dit Harry après s'être calmé.

Les autres garçons calmèrent également leurs rires et regardèrent Harry, puis Drago dans un mouvement parfaitement synchronisé.

- La soirée touche à sa fin Malefoy, et si tu veux récupérer ceci, dit-il en ressortant la chaîne en or, tu vas te mettre à poil maintenant, devant nous.

- Fais-nous un strip-tease, résuma Blaise.

Drago regarda Harry droit dans les yeux, il ne voulait pas faire ça. Tout mais pas ça. C'était humiliant et rabaissant. Le brun soutint son regard, se disant qu'il avait vu juste en supposant que la pudeur était le point faible du blond. Le blond supplia ses camarades du regard, à tour de rôle il plongea ses yeux dans ceux de ses bourreaux. Tous détournèrent les yeux. Il finit par se replonger dans les émeraudes de Potter qui lui rendit son regard. Il put y lire de la détermination, le brun ne le laisserait pas se défiler, mais également une pointe d'encouragement. Comme si ce dernier se voulait rassurant. Mais Drago était déterminé a gardé le minimum de fierté qui lui restait.