Bonjour, bonsoir !

Me revoici avec le chapitre 1, j'aime beaucoup trop cet AU, j'y pense tout le temps et je me devais de vite le continuer ! Encore un immense merci à Molly sans qui je n'aurais pas eu le courage de publier, et une bonne lecture à vous !


Chapitre 1

Hawks était un génie. En tout qu'il s'agisse de matières scolaires, de sport, de relations humaines, ou de quoi que ce soit d'autre, ce type avait l'agaçant don d'exceller en tout. C'était indéniable.

Mais dernièrement, depuis ce jour où il s'était allègrement tapé l'incruste chez lui pour un cours particulier, Touya lui avait découvert un don supplémentaire. Et celui-ci n'était pas des moindres il s'agissait d'apparaître à tout moment pour venir le faire chier.

Et si, il était vrai, ce n'était jamais dans de mauvaises intentions – le blond ne venait pas pour le rabaisser ou quoi que ce soit comme il aurait pu le faire – et qu'au contraire, il était toujours avenant, souriant et même amical avec lui, le fait était que dès que le brun soupirait de soulagement, se trouvait enfin au calme, songeant à s'allumer une cigarette dont il pourrait profiter en paix, dans un silence relaxant, voilà qu'il sortait soudainement de nulle part.

Son don était peut-être finalement de simplement toujours débarquer au mauvais moment, du coup. Mais du point de vue du plus âgé, ça revenait au même.

Et si au début, il était fréquent qu'il vienne simplement lui parler pendant des intercours – alors qu'il était enfermé dans sa bulle de tranquillité signalée par la présence de ses écouteurs dans ses oreilles –, il arrivait désormais qu'il s'incruste dans le plus grand des calmes sur le toit pendant sa pause cigarette – en se plaignant même de la fumée quand elle venait vers lui – ou même qu'il vienne lui proposer de rentrer ensemble quand il allait chez lui pour ses fameux cours particuliers.

Parfois, il venait simplement lui raconter sa vie (lui parlant des filles lui envoyant des lettres d'amour, de la grand-mère qu'il avait aidé, de la pluie, du beau temps il avait toujours quelque chose à dire) et d'autres fois pour lui parler des cours et de son père. Il n'avait visiblement pas encore pigé qu'il était la dernière personne sur cette fichue Terre à qui il fallait raconter que « M'sieur Todoroki est vraiment gentil et généreux de me laisser étudier chez vous, comme je ne peux pas me permettre des cours du soir ! » ou « Qu'il a la classe » voire « qu'il a bon fond ».

Mais voilà, le problème principal, depuis la semaine dernière, le « nulle part » de « débarquer de nulle part » avait commencé à désigner des pièces de chez lui. Car si sa présence récurrente dans la bibliothèque familiale (un jour sur deux, sur le temps où Shouto était au cours du soir) ne le dérangeait pas vraiment – bien qu'elle lui laissait un amer goût en bouche –, le réel problème dans tout ça, c'était que ce type semblait bien parti pour coloniser progressivement l'entièreté de sa maison !

La première fois qu'il avait débarqué sans prévenir comme ça, c'était un jour d'averse, même pas deux semaines auparavant.

Touya venait alors de passer dix minutes à courir sous la pluie battante pour rentrer chez lui, le mauvais temps ayant coupé court à son projet de se balader aléatoirement en ville en usant de la carte bancaire de son cher père, qu'il avait subtilisée à Fuyumi qui s'en servait pour les courses. Maintenant rentré, coulant l'eau par toutes les extrémités de son uniforme, il s'était dirigé d'un pas traînant vers la salle de bain, comptant prendre un bon bain chaud et se changer.

Et sérieusement, il avait frôlé la crise cardiaque quand, sur le point d'ouvrir la porte, celle-ci s'était déverrouillée et ouverte sur cet abruti.

Monsieur sortait visiblement de la douche, les cheveux encore humides, une serviette sur les épaules. Il avait fallu quelques secondes supplémentaires à Touya pour réaliser qu'il portait, en plus de cela, des vêtements à lui. Car clairement, ce tee-shirt noir légèrement trop grand avec écrit en blanc « Zéro Fuck Given » entouré de flammes bleues, c'était le sien. Il imaginait mal Monsieur Parfait porter ça sous son uniforme au lycée.

Celui-ci avait écarquillé les yeux avant de lui sortir son plus beau sourire de beau gosse et de le saluer de sa voix chantante et insouciante. Comme s'ils s'étaient rencontrés au détour d'un couloir du bahut et pas du tout dans l'encadrement de la porte de sa salle de bain. Et quand Touya lui avait demandé ce qu'il fichait là, il lui avait répondu, un grand sourire détendu aux lèvres :

« Ton père a dit que je pouvais prendre une douche, histoire de pas attraper froid comme les examens de mi-trimestre approchent ! Il m'a dit de me servir dans la panière à linge propre pour mettre des vêtements secs ! Je crois qu'ils sont à toi, j'espère que ça te dérange pas ? »

En plus d'héberger des cours particuliers, leur maison faisait maintenant bain public et lingerie. Magnifique.

Au moins, Enji Todoroki faisait attention à la santé de son nouveau petit protégé. Plus qu'il ne faisait attention à celle de ses fils, vu que lui-même s'était surmené au point de travailler même avec 39 de fièvre pour essayer de le satisfaire en primaire et au collège.

Touya n'avait cependant fait aucun commentaire là-dessus, se contentant d'assurer au blond que le fait qu'il porte ses vêtements ne le dérangeait pas du tout avant d'aller à son tour prendre sa douche. Et sérieusement, il aurait même bien voulu voir la tête de son enfoiré de père quand Hawks avait débarqué avec un tee-shirt pareil sur le dos pour son cours particulier du jour.

Mais aujourd'hui, un nouveau pas venait d'être franchi.

Car cette fois, en rentrant tranquillement après une balade en ville, au moment de se déchausser par réflexe en entrant chez lui et de déposer ses chaussures dans le placard prévu à cet effet comme d'habitude, une paire avait attiré son attention. Car ce n'était clairement ni celles de Fuyumi (qui était en général déjà à la maison à cette heure-ci pourtant), ni celles d'un de ses frères, et encore moins celles du vieux.

C'était une paire de Converse bleu marine avec des flammes. Et Touya ne connaissait qu'une seule personne qui portait ce genre de trucs.

D'ailleurs, ladite personne fit bientôt irruption dans le couloir, sortant de la cuisine – située un peu plus loin dans le couloir d'entrée – avec un grand sourire et une tasse de café à la main :

« Bon retour, Todoroki Fils ! Tu veux un café ? Je viens de m'en faire un !

Cette salutation arracha un soupir au brun. Il y avait trop de choses à relever dans ces trois simples phrases, de sa façon de l'appeler à celle de prendre cet endroit pour un café et un hôtel :

- Hawks, l'interpela-t-il, une main montant par réflexe sur son visage, déjà, j'ai un prénom, alors arrête de m'appeler comme ça. Et ensuite… Qu'est-ce que tu fiches tout seul chez moi ?

L'air toujours aussi détendu, son foutu sourire ne quittant pas ses lèvres le blond leva la main ne tenant pas sa tasse avant de lui répondre :

- D'accord, d'accord ! Désolé ! Ton père a une réunion au lycée, il rentrera plus tard. Mais il m'a dit de venir me poser ici pour l'attendre plutôt que de poireauter à la bibliothèque pour étudier ! Et Fuyumi était là, mais elle est partie faire quelques courses. D'ailleurs, si t'as besoin de quelque chose envoie-lui un SMS pour lui dire ! Sinon de ton côté, quoi de beau ? Tu veux un café du coup ou pas ?

D'accord, donc Monsieur pouvait venir boire un café en attendant son prof, il avait papoté avec sa sœur et était plus au courant que lui de ce qu'il se passait dans sa propre maison. C'était quoi la prochaine étape ? Ils allaient le prendre comme concierge ? Le pire c'est que ça ne l'étonnerait même plus… Des fois, il avait l'impression d'être le seul être lucide de cette famille à se rappeler que non, Hawks ne vivait pas avec eux et n'avait rien à faire dans la cuisine, la salle de bain ou même tout simplement la maison quand il n'y avait personne.

Ne sachant même pas vraiment quoi répliquer devant ce squatteur, le plus âgé finit par se contenter de hocher la tête :

- Je veux bien ouais…

Et c'est ainsi qu'il avait fini dans la situation absurde actuelle où il était assis, en train de regarder un de ses camarades de classe lui préparer joyeusement une tasse de café en chantonnant. Dans sa propre maison. Dans laquelle Hawks avait bizarrement l'air d'être plus chez lui que Touya depuis quelques temps.

Et là, sans savoir pourquoi, Touya repensa soudainement à sa mère. À cette habitude qu'elle avait de leur préparer un goûter quand lui et ses frères et sœurs rentraient de l'école. En général, Fuyumi et Natsuo goûtaient joyeusement dans la cuisine, là où il était assis actuellement, pendant que lui-même se contentait d'une petite assiette et d'une tasse posées sur un plateau que Rei lui apportait dans la bibliothèque, restant un peu avec lui pour l'encourager.

Ce genre de moments avaient été ceux l'ayant persuadé de tenir en fin de primaire et en début de collège. Depuis deux ans, c'était Fuyumi qui avait doucement repris cette habitude.

Depuis, du haut de ses douze ans à peine, à ce moment-là, elle avait pris l'habitude de rentrer dès la fin des cours pour préparer un goûter pour Natsuo qui n'en avait que 9, un plateau pour Shouto et leur père qu'elle disposait à la bibliothèque. Et pour lui, elle l'accueillait toujours avec le sourire peu importe l'heure où il rentrait et lui proposait un café ou des restes du repas du soir qu'elle lui avait mis de côté, le sachant sorti.

Elle n'avait jamais laissé entrevoir que cette habitude ait pu être pour elle une corvée. Touya admirait en partie sa cadette pour ça. Il savait que le départ de leur mère, obligée par leur père de repartir vivre chez ses parents à quelques heures de routes de là, avait été tout aussi dur à vivre pour elle. Mais elle avait toujours gardé le sourire et s'était efforcée de combler son absence comme elle le pouvait, en faisant de son mieux.

Alors même si c'était ridicule, même si ce n'était qu'un détail, en voyant Hawks s'affairer ainsi dans la cuisine, il eut un étrange pressentiment. Celui qu'il voulait vraiment entrer dans sa vie, ou plutôt dans sa famille. Ou alors, que quelqu'un le voulait, et le laissait faire, lui faisant petit à petit une place dans leur quotidien de famille éclatée depuis bien longtemps.

Et à cette pensée, lui revinrent en pleine tête des rumeurs circulant au lycée qu'il avait entendues à de nombreuses reprises celles sur le fait que Hawks avait potentiellement des sentiments pour Enji Todoroki, certaines parlant même d'une potentielle relation entre eux.

Et si Touya n'avait jamais accordé plus d'attention que cela à ces histoires, s'en foutant allégrement et se disant qu'il faudrait réellement être le type avec les goûts les plus nuls et horribles du monde pour s'intéresser à un type pareil – il avait déjà du mal à comprendre que sa propre mère ait pu être attirée par lui dans leurs jeunes années, alors qu'un gars de l'âge de sa petite sœur s'intéresse à ce vieux croûton ! –, là d'un coup, ça lui parut crédible.

Non pas seulement parce que les goûts d'Hawks lui paraissaient discutables (car entre ses chaussures à flammes, sa coiffure de serpillère, sa musique pop à deux balles et son idée de devenir pote avec le rejeté du bahut, on ne pouvait pas non plus appeler ça « avoir bon goût »), mais aussi et surtout à cause du traitement de faveur dont faisait preuve son père envers lui.

Car Enji Todoroki ne traitait indéniablement pas Hawks comme ses autres élèves qu'il avait même pour habitude de rabaisser à longueur de journées, de couvrir de devoirs et avec lesquels il était désagréable au possible – au point qu'on l'appelle même « le tyran » au bahut. Et bien qu'il semblait l'avoir pris sous son aile scolairement parlant, il ne le traitait pas non plus comme ses enfants, comme Touya qu'il avait poussé au surmenage ou Shouto qui grandissait en ne connaissant que peu de choses en dehors de la privation pour privilégier ses études au reste.

Car dans une situation similaire où il était occupé avec une réunion et devrait rentrer plus tard, il aurait donné à ses propres fils des listes d'exercices à faire en avance. Dans le cas de Touya, il l'aurait même menacé en l'informant clairement de la quantité de travail qu'il jugeait qu'il devrait avoir accompli d'ici son retour, et aux conséquences si ce n'était pas le cas. Mais Hawks pouvait venir prendre le café pour l'attendre. Et il aurait très bien pu s'installer dans la bibliothèque pour lire un livre en toute sérénité ou encore se caler devant la télé pour regarder Dieu savait quoi.

Pour lui donner autant d'intérêt, le professeur réputé qu'il était avait dû sentir en lui un potentiel encore supérieur à celui de Shouto dont il s'occupait déjà avec acharnement. Mais en même temps, il lui laissait une énorme liberté, le laissant s'épanouir par lui-même en se contentant de le guider.

Plus il y réfléchissait, plus il se rendait compte que… Enji Todoroki traitait son nouveau petit prodige avec respect, comme si… Comme s'il était son égal.

Et pour que ce soit le cas, actuellement, Touya ne voyait aucune explication que l'existence entre eux de quelque chose de particulier, de fort, de plus fort encore qu'une relation de prof à élève, mais aussi de plus fort. Et mauvais père et mauvais mari qu'il était, il le pensait totalement capable de tromper leur mère, bien qu'ils soient toujours mariés – et d'ailleurs, il souhaitait intérieurement que celle-ci puisse refaire sa vie librement loin de cet enfoiré.

Tout concordait avec ces rumeurs. Et le sentiment de Touya lui disant que Hawks essayait d'installer son nid chez lui, de se frayer une place dans sa famille.

- Désolé pour l'attente !

Sorti de ses pensées par la voix du principal concerné qui revenait vers lui, le brun releva la tête. Et là, il croisa son regard, alors qu'il déposait devant lui, en souriant toujours, une tasse de café fumante.

Et, franchement, il avait trop besoin de savoir. D'avoir une réponse une bonne fois pour toute. Car, en plus d'éclaircir la situation, cela lui permettrait de trouver une justification à l'intérêt que lui portait le blond, à pourquoi il trainait parfois avec lui, pourquoi il était si agréable, gentil, souriant à son contact. Contrairement à tout le reste du monde.

Car à ses yeux, ça ne pouvait pas être de la simple gentillesse. C'était impossible.

Alors la question était sortie toute seule :

- Hawks, est-ce que tu te tapes mon père ? Ou est-ce que c'est en projet, genre t'as envie de te le faire parce que t'as un manque affectif à combler, une connerie du genre ? Et du coup tu prends des « cours particuliers », tu squattes ici et t'essaies de bien t'entendre avec moi ?

Et là, un silence s'était installé. Et un silence des plus gênés, qui plus est.

Hawks s'était tout simplement figé dans son geste, son regard plongé dans le sien. Il semblait perplexe, restant silencieux en clignant à deux reprises des yeux silencieusement. Il l'avait écouté sans un mot, ses yeux s'écarquillant au fil de ses yeux.

Aux yeux du brun, un tel regard avait presque la valeur d'un aveu.

Et bizarrement, même s'il ne le reconnaîtrait jamais, il sentit un pincement au cœur à l'idée que ce type n'était bel et bien sympa avec lui que par intérêt, pour être bien vu. Alors qu'il était le premier depuis des années à lui accorder de l'attention.

Mais il ne fallut que quelques secondes supplémentaires pour que le rire franc de Hawks ne remplisse la pièce et vienne balayer cette sensation désagréable. Le petit génie auparavant debout en tomba assis sur sa chaise – ayant même failli la rater de peu et finir plié en deux sur le sol.

Il fallut plusieurs instants pour qu'il parvienne enfin à calmer un tant soit peu son rire, essuyant de l'index les larmes de rire qui avaient coulé de ses yeux :

- Mec ! T'as vraiment cru que je fayotte juste pour me taper ton père en venant ici et en traînant avec toi ?! C'est-…

Il ne put même pas commencer sa nouvelle phrase qu'il repartit en fou-rire de plus belle. Franchement, il savait qu'il y avait des rumeurs à ce sujet dans son bahut (comme souvent dès qu'un élève apprécie un peu un prof) mais de là à ce que Touya lui-même y croit et l'y confronte, c'était à en mourir de rire !

Et qu'est-ce que le susnommé se sentait gêné, mais surtout con en face de lui. Alors pour tenter un minimum de garder la face, il se justifia :

- Bien sûr que j'y ai cru ! T'as vu les rumeurs qui trainent sur toi et le temps que tu passes ici ?! Tu squattes et des fois t'as la façon de parler d'une belle-mère de sitcom américaine clichée ! Avec tes « T'as passé une bonne journée ? » et tout !

En répétant la phrase de Hawks, il avait pris une voix mielleuse et agaçante, faisant redoubler le rire de son interlocuteur, mais il parvint néanmoins à parler :

- Pour ça, ne t'en fais pas ! Je suis pas près de devenir ton beau-père ou je ne sais pas quoi, si c'est ce que tu t'imaginais !

Et alors que l'idiot devant lui tentait comme il le pouvait de maîtriser son fou-rire - avec très peu de succès -, Touya, blessé dans sa fierté d'être ainsi passé pour un con, ne put que se renfrogner, croisant les bras et reculant son dos contre le dossier de sa chaise. Alors, faisant claquer sa langue contre son palais, il l'encouragea avec sarcasme :

-Ouais c'est ça vas-y rigole, rigole bien.

Il fallut quelques instants supplémentaires pour qu'il n'arrête enfin de rire plus de quelques secondes avant de pouffer à nouveau, et qu'il puisse donc enfin lui poser la question qui le taraudait :

-Mais comment t'en es arrivé à croire ça, sérieux ? Je te pensais pas du genre à te fier à ce genre de rumeurs en plus !

La question resta un instant en suspens. Car l'aîné des Todoroki garda d'abord le silence, hésitant un court moment avant de finalement décider dans un soupir que, au point où il en était, face à cette question, il pouvait bien être honnête :

-En voyant un gars comme toi qui essaie de traîner et de faire ami-ami avec un type comme moi, c'est normal de commencer à croire en des trucs aussi loufoques, commença-t-il, sa main montant se perdre dans ses cheveux. Surtout vu le traitement de faveur que le vieux t'accorde, ça paraissait soudain logique. Car s'il te laisse ici, c'est bien qu'il y a un truc.

Ce n'est qu'une fois sa réponse terminée qu'il releva la tête. Et alors, il eut la surprise de voir qu'il lui adressait un sourire amusé, inclinant légèrement sa tête sur le côté d'un air interrogatif :

-C'est plus facile de croire que je te fréquente pour sortir avec ton père – qui est accessoirement mon prof principal et particulier – plutôt que le simple fait que je t'aime bien et que je te trouve cool ? En plus, en traînant avec toi et en parlant de toi, j'ai plus l'impression de l'agacer et l'énerver qu'autre chose ce serait complètement contre-productif si j'avais ce but-là !

Il ponctua sa phrase d'un ricanement, puis se saisit de sa propre tasse – qu'il avait délaissée pour préparer le café de son vis-à-vis – et la porta à sa bouche pour en prendre une gorgée avant de grimacer parce que celui-ci était désormais froid. Mais en reportant son attention sur le brun, il vit qu'il arborait une expression de surprise, comme s'il l'avait sonné avec sa réponse en étant simplement sincère.

D'ailleurs, c'était le cas. Pour lui, le fait que Hawks traîne avec lui était déjà incompréhensible, alors le fait que ce soit sans intérêt et même contraire à ses intérêts, d'apprendre qu'il le faisait contre l'avis de son cher professeur préféré (il aurait dû s'en douter d'ailleurs, au fond), c'était inimaginable. Et pourtant, il le croyait. Car son visage et sa voix respiraient la sincérité, et qu'il n'avait aucune raison de lui mentir à l'instant présent.

Un léger sourire prit alors place sur ses lèvres, puis il laissa sortir un petit rire :

- Décidément, t'es vraiment un mec bizarre. »

Il avait eu beau toujours penser qu'Hawks était un imbécile heureux bien trop facile à cerner, en ce moment-même, il lui apparaissait désormais sans qu'il ne sache trop pourquoi comme quelqu'un d'insaisissable, qu'il ne comprendrait jamais totalement.

Après cela, la conversation fut coupée par le retour de Fuyumi avec les sacs de course, et alors que les deux adolescents l'aidaient à ranger – Touya ayant été réquisitionné et Hawks ayant insisté pour l'aider –, le père de famille ne tarda pas à revenir, allant s'installer dans la bibliothèque avec Hawks pour son cours particulier.

Progressivement, la routine s'installa, Touya s'étant habitué à rentrer avec Hawks régulièrement, à le voir chez lui – dans un peu n'importe quelle pièce par moment.

Alors quand un beau soir, après s'être réveillé en sueur au milieu de la nuit à cause d'un cauchemar – où cet idiot débarquait les cheveux teints en rouge pour lui annoncer qu'il avait fait une demande pour changer de nom de famille et s'appeler Todoroki –, lorsqu'il descendit pour se servir un verre d'eau et il eut la merveilleuse surprise de tomber sur Hawks, la tête dans le frigo, une brochette de yakitori à la bouche et une autre à la main, certes il frôla la crise cardiaque. Et il l'engueula, lui demandant ce qu'il foutait là avant de le traiter de plus gros squatteur que la Terre n'ait jamais porté, avant de finalement finir par manger avec lui, une fois la frayeur passée. Et là, en mangeant des brochettes de poulet à presque quatre heures du matin dans sa cuisine, il s'était dit que c'était définitivement mort pour se débarrasser de lui, maintenant qu'il avait même fini par dormir ici – et pas dans la chambre de son père comme il aurait pensé que ça arriverait en plus –, mais d'un autre côté…

Au fond, cette idée ne lui déplaisait peut-être plus tant que ça.


Voilà, c'est tout pour aujourd'hui ! En espérant que ça vous a plu, n'hésitez pas à donner votre avis ! À très vite j'espère !