Bonjour, bonsoir, livraison express de chapitre !
Non sérieusement, je crois que j'ai jamais écrit un chapitre aussi vite xD ! Je promets pas de tenir les mêmes délais pour la suite haha ! Mais j'espère que ce chapitre vous plaira et vous permettra de mieux cerner nos deux poussins et de rire un bon coup !
Bonne lecture !
Chapitre 2
« Pardon ? Tu as fait quoi ?
Touya n'en croyait pas ses oreilles. Pourtant, depuis que Hawks s'était immiscé dans son quotidien et sa famille, il commençait à avoir l'habitude des situations incongrues. Il était aussi bien placé pour savoir que ce dernier était le plus gros sans-gêne de la Terre couplé d'un imbécile heureux vivant dans un univers parallèle où tout était beau et pailleté (et où son père était un homme merveilleux, c'est vous dire à quel point son monde était loin du sien et de la réalité). Mais il n'aurait jamais pensé qu'il irait jusque-là…
- Je disais que j'ai emmené ton père faire du shopping hier ! Non parce que vraiment, ses chemises toutes de la même couleur, c'était plus possible il fallait que je lui dise que c'était ringard ! T'en as pensé quoi toi du col roulé bleu marine que je lui ai débusqué ? C'est quand même vachement mieux, hein ?
Le premier réflexe du brun fut de laisser sa main droite s'écraser mollement sur son visage en signe d'atterrement. Il savait qu'il devait s'attendre à tout avec lui, mais là…
Il avait trainé son prof faire du shopping et du lèche-vitrine ? Il avait réussi à le faire essayer et acheter quelque chose ?! Ok, il ne voulait même pas imaginer à quel point il avait dû être insupportable et faire du chantage pour réaliser un tel exploit. Enji Todoroki n'allait même pas faire les magasins avec sa propre fille, même quand ça concernait l'achat d'une nouvelle chemise, mais Hawks l'avait persuadé de rénover sa garde-robe ? Ce type était un sorcier, ce n'était pas possible autrement…
- C'est quoi cette réaction ? Lui demanda Hawks, pinçant les lèvres en une moue de fashionista battu. T'aimes pas ce que j'ai choisi ?
La réponse désabusée de son interlocuteur ne se fit pas attendre :
- C'est pas ça. Déjà si tu crois que je fais gaffe à comment le vieux s'habille tu te trompes. Mais c'est surtout qu'il faut pas t'étonner des rumeurs et des photos qui circulent sur ton compte après ce genre de trucs !
Hawks, en train de grignoter une bouchée de son sandwich – ils étaient tous les deux venus manger sur le toit pour leur pause du midi –, inclina légèrement la tête sur le côté :
- Des photos ? Répéta-t-il. Quelles photos ? On m'en a pas parlé.
- Normal, c'est à moi qu'on est venus en parler ! Sur les photos vous êtes au Starbucks en train de manger tranquillement. J'aimerais vraiment éviter qu'on vienne me demander si mon vieux est ton Sugar Daddy !
Sérieusement, il avait déjà été assez surpris que deux filles de sa classe courent vers lui en ayant quelque chose à lui demander (car il n'y a que dans les mangas et les séries que les bruns ténébreux ont la côte, lui il se fait juste ignorer en continu), mais alors quand elles lui avaient montré ladite photo avant de lui poser une question pareille… Il avait réellement hésité entre éclater de rire ou partir vomir.
La veille, il avait bien remarqué l'absence du petit génie (c'était dire à quel point sa présence était devenue habituelle), mais jamais il n'aurait pensé qu'il avait trainé son père dans les magasins, en lui disant ouvertement que ses habits étaient ringards par-dessus le marché (ce qui était totalement vrai). Ce n'était même plus de l'insouciance là, c'était du culot.
La tête que le vieux avait dû tirer, qu'est-ce qu'il aurait voulu voir ça.
Mais si les réponses de Hawks étaient toujours imprévisibles, il ne s'était pas attendu à celle qui allait suivre…
- « Sugar Daddy » ? C'est quoi ?
Touya resta bête quelques secondes. Pendant un instant, il se dit qu'il ne devait pas être sérieux, qu'il devait feindre l'ignorance. Puis il se rappela que, bien qu'ils soient tous les deux dans la même classe, lui n'avait quatorze ans. Soit l'âge de sa petite sœur Fuyumi.
Il n'allait quand même pas devoir lui expliquer ce qu'était un sugar daddy… Oh non, dans quoi il s'était foutu encore…
- Rien du tout, oublie, lui répondit-il, accompagnant sa phrase d'un geste de la main pour tenter de balayer cette discussion. T'es trop jeune.
Devant ce refus de lui expliquer, Hawks prit une moue boudeuse :
- Pourquoi ça ? Des filles l'ont déjà employé devant moi ce mot et elles ont pas voulu m'expliquer non plus ! Je suis pas non plus un enfant, tu peux me le dire !
- Hors de question, lui répondit-il avant de se remettre à manger, souhaitant bien lui faire comprendre que le sujet était clos, ajoutant en parlant la bouche pleine, tu ne me feras pas changer d'avis. Si tu veux vraiment savoir, retourne demander à ces filles.
Cependant, Hawks n'était pas prêt de laisser tomber c'était bien mal le connaître que de penser qu'il se laisserait démonter si facilement :
- Très bien ! Alors je vais aller demander directement au principal concerné ! M'sieur Todoroki doit bien savoir de quoi tu parles.
Le brun eut un rictus amusé devant cette menace, à laquelle il répondit rapidement en roulant des yeux :
- T'oseras jamais.
Il n'était quand même pas assez bête, assez culotté pour aller voir son professeur de but en blanc et lui dire « Les gens pensent que vous êtes mon Sugar Daddy, qu'est-ce que ça veut dire ? ». D'ailleurs, vu comme son père était largué, il était capable de ne même pas savoir lui répondre.
- Bien sûr que si, rétorqua-t-il, sortant son téléphone de sa poche et commençant à fouiller son répertoire, il a dit que je peux lui demander n'importe quoi dès que je ne comprends pas quelque chose. Et vu que ça a clairement l'air grossier ou sexuel, je dirai que c'est toi qui me l'as appris !
C'était quoi ce chantage ressemblant à un « Sinon je le dis à Papa ! » digne d'un petit frère de 10 ans ?! Non parce que pour le coup, il avait vraiment l'impression d'avoir affaire à Natsuo et d'avoir un troisième petit frère ! Il ne manquait plus qu'il ne lui tire la langue en disant « Nananère » tiens…
Et s'il crut un instant supplémentaire qu'il bluffait, il put rapidement distinguer tout son sérieux dans ses prunelles mordorées. Et en voyant son doigt s'approcher lentement du bouton « Appel » situé sur la fiche contact où était inscrit le numéro de son père, il vit la leçon morale qu'il se prendrait dans les dents s'il faisait bel et bien ça, les mois et même années de reproches qui s'ensuivraient.
Et il comprit que ce crétin allait vraiment le faire.
- Ok ! Céda-t-il. C'est bon, je vais te le dire ! Range ce foutu téléphone, j'en entendrais parler tous les jours jusqu'à l'an prochain s'il croyait que je parle de sexe à son petit protégé !
Hawks parut alors satisfait et verrouilla son téléphone avant de le remettre dans sa poche, puis d'appuyer ses deux mains sur le sol, entre ses jambes croisées en tailleur, un grand sourire prenant place sur ses lèvres :
- J'en étais sûr ! Alors, explique-moi ! Je suis tout ouïe !
Touya soupira, cherchant ses mots pour lui expliquer :
- Un Sugar Daddy, commença-t-il, c'est… Un homme bien plus âgé qui t'entretient, te fait des cadeaux, en échange de…
Il bloqua un instant. Il lui sembla l'espace de quelques secondes qu'Hawks était un petit enfant, innocent de ce genre de choses. Peut-être parce qu'il s'était imaginé parler à Fuyumi à la place, étant donné qu'ils avaient le même âge. Et que jamais il ne se verrait expliquer ce genre de choses à sa petite sœur. Mais il fut pressé par le regard insistant de cet idiot ayant hâte de connaître le fin mot de l'histoire. Il roula alors des yeux avant de poursuivre :
- Contre des services en nature, genre tu vois comment on fait les bébés ou pas ?
Devant cette question, le blond afficha un air outré :
- Hé ! Ok, je suis plus jeune que toi, mais on n'a que deux ans d'écart j'ai quatorze ans, pas quatre ! Évidemment que je sais comment ça marche ! Tu peux me dire « des rapports sexuels » tout simplement.
L'aîné des Todoroki se retint alors de faire une réflexion sur son âge mental très proche de quatre ans justement (vu le chantage qu'il lui avait fait juste avant), et se contenta de rétorquer avec une pointe de sarcasme :
- On ne sait jamais, Monsieur le petit génie aurait très bien pu sauter les cours d'éducation sexuelle en sautant une classe et penser encore aujourd'hui que les petits garçons naissent dans les choux.
Il ne s'était pas attendu à ce qu'il ait une répartie aussi mordante que la sienne et lui balance, un sourire aussi taquin qu'insolent aux lèvres :
- Toi tu les connais bien, c'est sûr, tu les as eus en double après tout. Mais si on pousse un peu et qu'on part sur de la génétique, je pense que j'en connaîtrai tout de même plus que toi.
Là, il marquait un point. Et il l'avait soufflé d'ailleurs. Il ne s'était clairement pas attendu à un revers pareil.
- C'est comme ça que tu me remercies de t'avoir répondu ? Lui fit-il remarquer avant de boire quelques gorgées de sa cannette de Coca, Sympa.
Le plus jeune haussa alors les épaules, fier de son coup et repartant sur le sujet principal :
- C'est juste une bête relation donnant-donnant au final, il n'y avait pas de quoi en faire tout un plat. Les gens pensent vraiment que je couche avec ton père du coup ?
Touya manqua de s'étouffer avec sa boisson et eut une violente quinte de toux :
- Si tu pouvais éviter de me mettre cette image horrible pendant que je bois, ce serait cool !
Cette remarque eut pour simple effet de faire rire son camarade de classe, qui s'empressa néanmoins d'ajouter :
- Pourtant, tu y croyais fermement toi-même ! Ton… « Hawks, est-ce que tu te tapes mon père ? », je crois que je m'en souviendrai toute ma vie ! C'était magique !
En citant ses paroles, le blond avait pris une voix plus grave et froncé les sourcils, soit sa manière à lui d'imiter son ami, mais il ne put pas garder son sérieux plus de quelques secondes et, à peine son imitation finie, il était parti en fou-rire. L'autre, par contre, grommela :
- Oui bah c'est bon, tout le monde peut se tromper ! Et puis moi je te vois tous les jours te taper l'incruste dans ma maison, j'étais en droit de me poser des questions !
S'arrêtant doucement de rire et de se moquer, Hawks lui concéda :
- On va dire que ça se tient ! Mais justement, je me demande pourquoi tout le monde part si loin, on est juste allé boire un café, c'est pas comme si on était allé dans un hôtel ou parti danser sous la pluie comme dans les films !
Il ponctua sa phrase d'un ricanement alors que Touya tentait de persuader son cerveau de ne pas visualiser une scène aussi horrifiante :
- Mais encore heureux ! Tu sous-estimes les lycéens mec, le moindre compliment sur un prof les gens t'imaginent avec, alors toi qui va chez lui, qui prend un café avec, a son numéro de portable et prend des « cours particuliers », laisse tomber. Et pour ton information, le shopping et le café en tête-à-tête, ça fait carrément cliché romantique.
- À ce point-là ? Demanda-t-il en inclinant légèrement la tête. Bon… Bah la prochaine fois, viens avec nous ! Comme ça, on ne sera pas en tête-à-tête, et plus de rumeurs ! D'ailleurs Fuyumi m'a demandé d'aller faire les boutiques avec elle aussi un de ces jours pour que je la conseille… On pourrait faire une sortie à plusieurs, en mode « en famille » !
Le brun ne put s'empêcher de lui jeter un regard désabusé :
- Tu te rappelles que tu n'es pas de la famille justement ?
Il vit une petite moue boudeuse prendre place sur le visage du jeune squatteur. Il avait sérieusement oublié ce détail ou pensé qu'il ne le relèverait pas ? C'était bien mal le connaître. Néanmoins, voyant qu'il avait au fond l'air un peu peiné, il se gratta l'arrière du crâne et continua :
- Si tu veux faire une journée shopping du genre, c'est mon père ou moi. Il est hors de question que je me trimballe en ville avec ce vieux et que je le supporte plus de cinq minutes.
Il ne s'attendait pas à ce que Hawks lui réponde avec un grand sourire :
- Donc tu serais d'accord pour qu'on fasse les boutiques tous les trois ? Je veux dire, Fuyumi, toi et moi ! C'est trop cool, je lui envoie un message pour lui annoncer que tu es d'accord !
Il avait comme l'impression d'être tombé tête la première dans un piège. Il était persuadé qu'en lui demandant de choisir entre son père et lui, il choisirait son père, pas qu'il l'embarquerait d'office Dieu sait où ! Mais surtout…
- Attends, tu as le numéro de ma sœur aussi ?
Le garçon bien parti pour tenter de devenir son frère adoptif le regarda alors comme si c'était une évidence :
- Bah oui ? Elle m'a dit que comme ça je pourrai prévenir quand je veux venir manger ou quoi. Et puis pour papoter aussi, on s'entend bien !
Bah bien sûr, quelle évidence. S'il avait toutes les clés pour s'inviter, pas étonnant qu'il continue de bâtir son nid chez eux et qu'il s'y installe de plus en plus. La prochaine étape, ce serait de lui donner un double des clés puis d'agrandir la maison pour lui rajouter une chambre tiens.
Et il était sûr que ça finirait par arriver à force.
- Excuse-moi d'être surpris que tu aies le numéro de mon père et ma sœur alors que t'as même pas le mien, dit-il en roulant des yeux.
Et en soulignant ça de façon innocente, il avait fait une immense connerie.
- Tu m'as dit non quand je te l'ai demandé ! Et tu m'avais même fait croire que t'avais pas de téléphone au début.
Ha oui. C'est vrai. Mince. Des fois, il ferait mieux de tout simplement la fermer…
Il n'en fallut pas plus pour que le blond n'attrape le téléphone du brun dépassant de son sac posé entre eux deux, ce qui n'inquiéta pas spécialement son propriétaire qui se contenta de soupirer en le regardant pianoter vainement dessus :
- Ça sert à rien, l'avertit-il, tu te doutes bien qu'il y a un mot de passe.
- C'est bon ! S'exclama le plus jeune après une dizaine de secondes. Tu as mon numéro et je me suis envoyé un message pour avoir le tien ! Voyant le regard choqué de Touya, il ajouta : Franchement mec, « FuckYouDad » en mot de passe, c'est pas très imaginatif et même très prévisible.
Il avait deviné son mot de passe… C'était si évident que ça ? Il faudrait vraiment qu'il pense à le changer avant de retrouver il ne savait quoi dedans… D'ailleurs, il n'y avait plus qu'à espérer qu'il pourrait le bloquer, sinon il sentait déjà l'avalanche quotidienne de messages.
Mais il eut à peine le temps de grogner que Hawks continua :
- Du coup, j'ai proposé à Fuyumi de sortir tous les trois faire du lèche-vitrine demain après les cours ! J'attends sa réponse, tu voudrais aller quelque part en particulier toi ?
Il sembla au plus grand qu'il n'y avait même pas lieu de discuter et que, qu'il le veuille ou non, il serait trainé de gré ou de force avec eux. Si ce gars était assez insistant pour avoir fini par dormir chez lui, le traîner faire les magasins ne serait qu'une partie de plaisir pour lui.
- Je suppose que j'ai pas le choix… Capitula-t-il. De toute façon je devais bientôt retourner en ville acheter de la teinture noire, mes racines vont pas tarder à se voir, alors bon.
Ce détail sembla attirer l'attention de son camarade :
- Pourquoi tu continues de les teindre, d'ailleurs ? C'est dommage, ils sont rouges au naturel, non ? Je trouve que ça t'irait mieux, ça ferait ressortir tes yeux. En plus, sourit-il, le rouge c'est ma couleur préférée !
- La couleur de cheveux de mon père hein, comme par hasard, souligna le brun. Tu veux que je lui ressemble ? Ou… Non ne me dis pas que c'est parce que c'est sa couleur fétiche que c'est devenu ta couleur préférée ?
Cette remarque fit simplement rire le jeune garçon :
- Je pense que tu ne lui ressemblerais pas tant que ça, tu as les traits beaucoup plus fins ! Et puis, arrête de tout ramener à ton père, on croirait entendre parler une fangirl !
S'il ponctua sa phrase d'un rire, il marqua une pause avant de poursuivre d'une voix bien plus calme, posée, que Touya ne lui connaissait pas. Levant la tête, ses yeux partirent se perdre dans l'immensité du ciel qui les surplombait, eux deux et toute l'école.
Une rafale de vent, légèrement fraiche pour un mois de juillet, souffla avant qu'il ne continue :
- C'est ma couleur préférée depuis que je suis tout petit. Je ne sais pas pourquoi, j'ai toujours rêvé d'avoir une paire de grandes ailes rouges qui me permettrait de m'envoler loin de chez moi, loin de ma mère et du quartier où j'ai grandi. Plus j'y pensais, plus j'aimais cette couleur, elle me donnait l'impression de m'approcher de ce rêve… Tu vois le genre ?
Touya avait écouté cette confession en silence, les yeux légèrement écarquillés. Il ne s'était, en toute honnêteté, pas attendu à un aveu de ce genre avec tant de spontanéité. Surtout de la part de Hawks. Quand celui-ci reporta son attention sur lui du coin du regard, le brun se contenta d'hocher doucement la tête, avant de répondre sincèrement :
- Ouais, je vois complètement ce que tu veux dire.
Cette envie d'évasion, de tout laisser en plan pour partir, elle était apparue chez lui dès le milieu de l'école primaire. C'était à cette période que son père l'avait surchargé de travail plus que de raison, le faisant étudier du matin au soir, contre l'avis et les supplications de sa mère qui lui demandait de l'indulgence, mais il n'avait jamais rien voulu savoir.
Malgré son immense soif d'apprentissage à cet âge-là, Touya avait fini noyé, ne pouvant plus retenir un seul kanji, une seule date ou formule supplémentaire. Poussé par l'envie de réussir pour que son père soit fier de lui, il avait travaillé sans relâche. Quitte à se relever la nuit une fois qu'il était censé être couché pour relire ses cours à la lampe torche, ou aller emprunter un livre dans la bibliothèque et prendre de l'avance sur sa leçon particulière du lendemain, allant jusqu'à sauter des repas pour passer plus de temps à étudier. Quelle connerie quand il y repensait…
Passant de l'enfant prodige de la famille à l'élève en difficulté devant passer des heures sur le moindre détail d'une notion, sa confiance en lui s'était ébranlée alors que les attentes de son père s'étaient décuplées, le forçant à sombrer dans les abysses du burnout.
Est-ce que Hawks avait vécu la même chose ? Il en doutait. Mais est-ce qu'il avait vécu quelque chose de semblable ? Sûrement. Touya le sentait, il en était persuadé. Alors que ses paroles, son besoin de fuir sa mère et son foyer résonnaient encore dans sa tête, le brun eut l'impression qu'au fond, même s'ils étaient des opposés, peut-être bien qu'ils n'étaient pas si différents au final.
Aussi, bien qu'il n'ait pas prévu de se confier au blond, avant qu'il ne s'en rende compte, les mots sortirent tout seuls :
- Plus que des ailes, moi je voulais des flammes, continua-t-il, des flammes bleues, plus chaudes et puissantes encore que les autres. Je ne voulais pas simplement partir ou m'enfuir, je voulais juste tout détruire, que tout disparaisse, quitte à brûler avec.
Quand il croisa le regard de Hawks après cet aveu, son regard était encore une fois compréhensif.
- C'est une autre façon de voir les choses. J'ai eu la chance d'avoir quelqu'un qui m'a fait réaliser que… J'avais déjà des ailes, que c'était mon intelligence. Et que si je m'en servais correctement, je pourrais m'envoler où je veux, aussi loin que possible. C'est une personne qui a énormément été là pour moi.
Pendant plusieurs secondes, il resta silencieux, son regard toujours perdu vers le ciel, comme si une partie de lui était ailleurs. Et à ce moment-là, en lisant une pointe de mélancolie dans ses yeux dorés, Touya eut l'impression qu'il était plus insaisissable que jamais. Qu'il ne le comprendrait jamais vraiment. C'est alors qu'il ajouta, un sourire léger aux lèvres :
- Je te parlerai de lui, un jour. »
Touya pensa alors que, si Hawks ignorait beaucoup de choses sur lui-même, au fond, il en ignorait tout autant, si ce n'était pas plus sur le blond.
Mais il finit par se dire, alors que la cloche leur rappelait qu'il était temps de redescendre en classe, que ce n'était pas quelque chose d'irrémédiable.
