Heeeey ! Oui. Ça ne devait être qu'un Os. Mais il tant qu'il y a des choses à dire sur ce confinement, il y aura de l'inspiration comme on dit !

"Nous sommes en guerre : + 1 semaine" ou "Nous sommes en guerre 2" pour ceux qui préfèrent les intitulés de films.

Désolée s'il reste des grosses fautes ou des tournures de phrases étranges, j'ai tellement passé de temps à m'exploser les yeux pour corriger ce chapitre que je vois des sons.

Merci à Denisevncnt , Wado21, Eustass AkU, Suu-kuni, PerigrinTouque, powerpuffgirl543, Conteuse, Heavenly0 , Laludofan et Stella pour vos rewiews ! Je ne pensais pas qu'il y allait avoir un tel accueil pour cet OS... Qui se transforme donc en journal de bord hebdomadaire. Peut-être. Ça se discute. En tout cas, vous m'avez motivé à faire une suite !

Toujours le même Warning : Restez-chez vous. Prenez soin de vous et de vos proches.

Bonne lecture et des bisous de loin !


Review Guest :

Suu-kuni : Hey ! Merci pour ta review ! Contente que ce concept t'ai plu ! Merci pour tous ces compliments, au passage ;) Les personnages sont incontrôlables, et encore plus en cette période... Donc, j'espère que cette humble suite te fera tout autant rire que le premier volet, si tu repasses par là ! A la prochaine, et merci encore !

Stella : Hey ! Merci pour ta review ! J'ai essayé de faire un four-tout de ce qui se passe, contente que ça ait fonctionné ! Prends soin de toi et de ta famille aussi, j'espère que tout va bien. A la prochaine !

powerpuffgirl543 : Hey ! Merci pour ta review ^^ Je ne peux pas te répondre par MP, donc j'en profite ici. Merci à toi d'avoir pris le temps de laisser une review, et oui le lavage de main, je crois qu'on est tous dans la même situation ! Je suis contente si cette histoire t'a arraché un sourire, c'est le but ^^ A la prochaine !


~ NOUS SOMMES EN GUERRE - UNE SEMAINE DE CONFINEMENT ~


Voilà une semaine que le pays entier est sous confinement. Tout le pays ? Non, certains ont l'air de prendre ces semaines de claustration comme des petites vacances payées par l'Etat. Mais parmi toutes ces personnes, certaines suivent à la lettre les règles instaurées. Bon gré, mal gré, certes, mais elles savent que c'est pour le bien commun.

Heureusement, la plupart de ces personnes sont bien entourées pour parer cet enfermement, qui devient plus compliqué de jour en jour….


~.~


Chez les frères (A)SL

— Prêt, Luffy ?
— Ouais !

Sabo inspire profondément, avant de poser sa main sur l'ouverture de la porte-vitrée du salon. Chopper, leur gros chien demi-poney baveux, se prépare également, prostré à côté de Luffy.

L'aîné sort son portable, met le minuteur en route, puis ouvre en grand l'accès au jardin pour laisser sortir les monstres.

— Go !

Luffy s'élance en hurlant de bonheur, suivi du toutou, qui va certainement en profiter pour faire ses besoins dans un coin. Heureusement qu'ils ont ce carré de terre pour pouvoir se défouler un peu.

Sabo laisse la porte-fenêtre entrouverte, puis va s'installer sur le canapé en soupirant. Sa petite demi-heure de calme de la journée…. Il n'a trouvé que cette idée pour canaliser les pulsions de Luffy, sans pour autant lui laisser trop de libertés.

Parce que tout le monde sait que si on laisse trop de libertés au petit brun, il en fait n'importe quoi.

Son portable vibre dans sa main et il remarque un nouveau message de son frère. Enfin, son autre frère. Le déserteur. Autant, il est parti comme un lâche, autant, il prend soin de leur envoyer un message tous les jours pour savoir comment ils vont. Que c'est aimable…

De Ace :
Tout va bien à la maison ?

De Sabo :
Ça va… Luffy fait sa demi-heure dehors quotidienne avec Chopper.

De Ace :
Ah ouais… J'ai toujours pas compris ton délire d'ailleurs avec ce système.

De Sabo :
Si je le laisse sortir quand il veut, il va vouloir sortir n'importe où. En le laissant uniquement une demi-heure par jour dans le jardin se défouler, il prend ça comme une récompense pour s'être bien tenu le reste du temps. Donc, il se tient bien le reste du temps pour pouvoir continuer à profiter du jardin. CQFD.

De Ace :
Et comment tu lui as fait accepter ça, au juste ?

De Sabo :
… Je lui ai dit que les aliens le surveillent et que s'il reste trop longtemps à l'extérieur de la maison, ils viendront le chercher.

De Ace :
Eh, pas con le blondinet !

De Sabo :
Et toi, ça va avec Marco ? Il te supporte ?

De Ace :
Haha, très drôle. Figure-toi que oui, il me supporte très bien et mon idée d'auto-confinement à poil dans le lit fonctionne très bien. Pas besoin de voir du paysage et du monde quand on passe son temps à baiser !

De Sabo :
Y a des moments où je te hais, frangin…

De Ace :
Moi aussi je t'aime ! Allez, j'y retourne, fais gaffe à notre idiot de petit frère.

De Sabo :
Fais gaffe à ton cul, qu'il finisse pas en gelée, sale con.

Il ne reçoit aucune réponse, mais ce n'est pas plus mal. Il n'a pas envie qu'Ace devienne plus explicite sur le petit paradis qu'il s'est créé avec son mec, alors que lui galère tout seul avec Luffy. Il doit vérifier les denrées régulièrement, histoire de ne pas avoir à faire des courses tous les jours, surveiller les agissements de Luffy, lui trouver de quoi s'occuper… Les journées sont longues…

Il se relève pour aller se servir une tasse de café et regarde du coin de l'oeil ce qui se passe dans le jardin. Luffy se roule dans l'herbe avec Chopper, en rigolant tout seul. Parfois, il se dit qu'il ne doit pas être tout seul dans sa tête. Ce qui expliquerait d'ailleurs pourquoi il est à ce point infatigable.

Son portable vibre de nouveau dans sa poche, annonçant la fin de la sortie journalière. Il appelle son frère qui revient au pas de course à l'intérieur, en vérifiant le ciel, la mine méfiante. Chopper le suit, tout content d'avoir pu se défouler un peu et retourne dans son pouf sans faire d'histoires. Le petit brun referme de lui-même la porte-vitrée, rapidement, en observant l'extérieur.

— … C'est bon, Sabo, y a pas de soucoupes volantes !
— … Cool.

Il va devoir tenir combien de temps comme ça, déjà ? Il a l'impression que ça fait déjà une demi-éternité…

Luffy va s'installer sur le canapé, en prenant son portable avec lui. Sabo l'observe quelques secondes en penchant la tête. L'expression de son petit frère a drastiquement changé, ce qui le pousse à venir s'installer à côté de lui.

— Qu'est-ce qui se passe ?

Luffy se mord légèrement la lèvre, semblant perplexe. Ce qui est assez rare pour le souligner.

_ J'hésite à envoyer un message à Torao…
_ Torao ?
_ … Law. Tu sais, il est médecin…

Sabo prend le temps de toiser chaque expression de son benjamin, qui arbore un air plus sombre qu'à l'accoutumée. Cette tension qui semble le crisper lui fait se poser beaucoup de questions : … Est-ce que cet homme est important pour Luffy ? Est-ce qu'il comprend la situation dans laquelle ils sont, du moins, plus qu'il ne le laisse penser ?

Il passe une main dans les cheveux bruns désordonnés en soupirant.

— Tu peux lui envoyer un message…. Te connaissant, tu arriveras peut-être à lui redonner un peu le sourire. Et il en a sûrement besoin…

Luffy lui sourit en réponse, puis allume l'écran de son portable. Sabo penche la tête, encore une question en tête qui le turlupine.

— Tu l'aimes bien ? N'est-ce pas ?
— … Bien sûr ! J'aime tout le monde, moi !
— Ouais… Mais plus que tes autres potes? Je me trompe ?

Luffy ne répond rien pendant quelques secondes, laissant ses doigts planer sur l'écran de son téléphone. Ses joues rougissent légèrement, donnant la réponse implicitement à son frère.

— … Si je dis oui, tu vas la jouer grand-frère qui ne veut pas que j'ai un amoureux ?

Sabo sourit à sa façon de parler. C'est enfantin, mais ses sentiments sont sincères et semblent matures. Ce constat lui met un petit coup dans la tronche, lui rappelant que Luffy n'est plus un enfant.

— Non… Je ne pense pas que la situation est propice à ça. Quand on sortira du confinement par contre, je le dirai à Ace.

Luffy rigole à cette réplique. Ouais, avec Ace, ça risque d'être différent… Sabo se lève du canapé pour le laisser écrire son message tranquillement. Il se dirige vers la cuisine pour se servir une autre boisson.

Toutefois, il se retourne une dernière fois, déconcentrant un peu Luffy dans son message.

— Luffy ?... Le coup des extra-terrestres…. Tu y crois ?
— Ah ? Oui et non. Elle est cool ton idée, mais j'ai bien compris que le virus n'est pas un alien. Mais ça à l'air de te faire plaisir.

Sabo hoche la tête, désabusé. Il va devoir trouver autre chose pour l'occuper...


Chez Kidd

S'il y a bien une chose que Killer accepte de concéder à Kidd durant ces durs jours de confinement, c'est l'accès au balcon. Lorsque son ami décide d'aller fumer une clope de trois heures, il ne dit rien… Ça lui fait une pause, et surtout, cet imbécile colérique reste tout de même confiné dans un petit coin, où il ne peut rien faire à la population.

Rien faire à la population ? Vraiment ? C'est peut être mal connaître l'animal…

Kidd, ayant cette permission digne d'un enfant en bas âge, s'est installé son petit QG vengeur dans cet espace qu'il s'est approprié. Cigarettes, bières et surtout… Des armes. Non-mortelles, évidemment, Killer a caché tout ce qui pouvait potentiellement donner une folie meurtrière à sa progéniture non-officielle. La mamie du troisième va bien, rassurez-vous…

La vérité, c'est que Kidd est jaloux. Assis sur son siège de camping, il voit des gens dehors. Et ça ne lui plaît pas. Parce que lui, il n'a pas le droit.

Un joggeur sur le trottoir de son immeuble ? Il prend un paquet de farine d'un kilo, l'ouvre avec son opinel, puis le vide sur le pauvre homme qui avait certainement préparé sa jolie attestation pour pouvoir sortir. Mais non, Kidd n'est pas d'accord.

— RENTRE CHEZ TA MÈRE, CONNARD !

La prochaine fois qu'il utilise un paquet de farine, il ne l'ouvre pas. Foi de Eustass Kidd.

Il repose ses affaires et son cul dans sa chaise, attendant de nouvelles victimes. Sa bière en main, il ne tarde pas à la vider d'une traite pour passer le temps.

Oh, tiens, c'est quoi au loin ? Une bande de jeunes qui vagabondent sans honte ? Le punk tourne la tête vers sa table spéciale vengeance. De la bière ? Oh non, il ne va pas gâcher sa précieuse bibine… Surtout que ces jeunes cons seraient capables de se lécher mutuellement pour se torcher la gueule. Il ne leur fera pas ce plaisir.

Des oeufs. C'est bien des oeufs. Il n'en a pas besoin pour vivre.

Une cigarette au coin des lèvres, il ouvre dédaigneusement la boîte, renifle sèchement, puis attend que la bande de petits cons s'approche. Il prend un premier oeuf, vise et le lance, rapidement suivit des autres.

— UN MÈTRE D'ÉCART BANDE DE SHLAGS ! C'EST PAS LES VACANCES !

Sous les hurlements des passants, il se rassoit dans son siège, fier de sa contribution au respect du civisme.

Est-ce que Killer est au courant de ses petites activités réactionnistes ? Oui. Est-ce qu'il le laisse faire avec plaisir ? Totalement.

Il ne peut pas sauver tout le monde et galère déjà à faire entrer les règles dans la tête étriquée de Kidd. Au moins, comme ça, il les retient.

Il espère juste que les flics ne se pointeront pas dans le quartier pour engueuler Kiddou, qui pense bien faire. Ça lui briserait le coeur.


Chez Zoro

Il médite depuis environ quatorze heures maintenant. Un entraînement extrême, comme il aime. Sa semaine s'est résumée à quelques repas, beaucoup d'objets de son appartement cassés, de la méditation, de longues siestes avant d'aller dormir et quelques coups de fil à ses amis.

Enfin, ils l'appellent, plus précisément. Comme si ça pouvait venir de lui.
Luffy le contacte en visio au moins une fois par jour et c'est le seul auquel il décroche systématiquement. Il le laisse parler, lui répond par monosyllabes et raccroche pour repartir dans un long moment de méditation pour avoir du calme.

Il répond aussi aux messages de Robin et Brook, qui le connaissent assez bien pour savoir qu'il vaut mieux ça que de l'appeler.

Le Cook aussi lui envoie des messages et essaye de le joindre. Mais il ne lui répond jamais. Il lit ses SMS par contre, où il lui demande s'il se sustente et si "sa tête de cactus a encore les idées claires". Foutu sourcil-en-vrille.

Ussop et Franky envoient régulièrement des photos de leurs inventions sur leur conversation de groupe, mais comme il n'y comprend rien, ça attire son attention seulement quelques secondes. Au moins, il sait qu'ils arrivent à s'occuper.

Nami tente parfois de le contacter aussi, pour lui demander s'il a besoin d'alcool, de pâtes ou de papier toilette. Il ne répond pas non plus quand c'est ce genre de message. Il connaît les supercheries de la sorcière et il est hors de question qu'il lui verse un centime.

Donc, jusque-là, il vit plutôt bien le confinement en fait. Il ne sort pas, respecte les règles sans le vouloir, à assez d'alcool pour tenir au moins le mois à venir….

Il faut juste qu'il prenne son mal en patience.


Chez Shanks

— JE TE SURVIVRAI ! D'UN AMOUR VIVANT ! JE TE SURVIVRAI ! JE TE SURVIVRAIIIIIIIIIII !

Dansant en pleurs dans son salon, une bouteille de rhum dans la main et la musique à fond, Shanks commence à perdre les pédales.

Commence. Ça veut dire que ça pourrait être pire.

Pour le moment, il reste dans un état de fièvre de samedi soir sous dépression.

Il a tenté d'aller voir son copain Mimi, mais ce dernier ne lui a pas ouvert sa porte. Il a beau eut l'appeler pendant des heures, son copain n'a pas voulu de lui pour passer le confinement dans de bonnes conditions.

Du coup, le pauvre Shanks se retrouve tout seul. Et son état mental se dégrade un peu plus chaque jour.

Il faut qu'il trouve une occupation, des copains, quelque chose. Parce qu'il ne va pas tenir. Il y a déjà des rumeurs, comme quoi, ça va durer plusieurs mois.

Plusieurs mois.

Tout seul.

C'est un non.

Et ce n'est comme s'il était du genre à aller faire un footing pour tromper l'ennui. De toute façon, il n'a pas d'imprimante pour leur foutue attestation et il n'aime pas écrire. Ne parlons même pas des cent trente-cinq euros d'amende, c'est bien trop de bibines de gaspillées pour une petite sortie.

Il va falloir qu'il trouve comment fonctionne son ordinateur, qu'il n'a pratiquement jamais allumé. Et qu'il se fasse des copains.

Ça urge.


Chez Mihawk

— Mihawk ?
— Oui ?
— Ça fait une semaine qu'on est confiné, c'est ça ?
— … Oui.
— Mais ça ne nous change pas de d'habitude. On fait exactement la même chose que hors confinement : On ne sort pas, on ne fait rien de productif…
— Il est vrai.
— …. Alors pourquoi je m'ennuie autant ?

Mihawk soupire des jérémiades de sa colocataire forcée. Heureusement qu'il a réussi à refouler Shanks à l'entrée, parce que déjà, le peu de conversations qu'il a avec la jeune fille l'ennuient. Cette dernière inspire profondément de dépit puis continue.

— Il fait beau. D'habitude, je déteste ça, et pourtant, j'ai envie d'aller dehors.
— Va dans le jardin.
— Il est déprimant ton jardin… Y a rien de plus à faire.
— Va t'occuper des plantes.
— … Non, pas envie. Je veux faire quelque chose de nouveau…
— Plante des graines.
— On en n'a pas !
— Mange un fruit, plante la graine et observe jusqu'à ce que ça pousse.

La jeune femme hausse les sourcils, circonspecte. Est-ce qu'il se fout de sa tronche ?

— Mais ça va prendre des jours, voire des mois !
— Oui.

Elle soupire longuement, en se rallongeant dans le canapé avec son portable. Perona pourrait utiliser ce temps à bon escient, pour apprendre de nouvelles choses, lire, faire du sport, demander à Mihawk de lui apprendre à manier un sabre… Non, ça en fait, c'est une mauvaise idée. Elle n'a pas envie que Mimi la tue par "accident", parce qu'il en a marre d'elle.

Elle observe quelques secondes son hôte, qui a repris la lecture de son journal. Ce n'est pas la troisième fois qu'il lit le même aujourd'hui ? Et il est seulement onze heures…
Visiblement, le confinement toucher aussi le plus asocial et mystérieux des hommes. Est-ce qu'ils sont en train de perdre la boule ? Certainement… Enfin, pas complètement, heureusement.

Ça ne fait qu'une semaine et le gouvernement prévoit de rester plusieurs mois dans cette situation ?

Non, à ce stade-là, ils ne sont pas en guerre. Ce n'est pas le mot que Perona utiliserait pour décrire la situation. Une guerre, ça implique de se battre contre d'autres individus. Elle préfère dire qu'ils sont en crise.

Néanmoins, ils risquent de devenir hostiles au fil des semaines à venir, s'ils restent dans cet état d'esprit. La déprime n'est pas loin.

Elle souffle, se lève et prend le chemin de la cuisine en faisant part de ses plans.

— Bon bah, je vais faire des gâteaux.
— Il n'y a plus d'oeufs.

La jeune femme se tourne vers le brun, en écarquillant les yeux.

Qui a dit que les oeufs n'étaient pas utiles à la survie ?


Chez Marco

Ace repose son portable, après avoir eu sa discussion quotidienne avec son frère. Celui qui arrive à tenir une conversation sans partir dans tous les sens. Il est ingrat de les avoir lâchés, mais pas au point de ne pas s'inquiéter pour eux. Enfin, quelques minutes par jour, parce que le reste du temps, il est occupé à autre chose.

Allongé sur le ventre dans le lit de son amoureux, il sourit en sentant ses baisers remonter dans son dos.

— Tout va bien chez toi ?
— Mh… Ouais… Sabo n'a pas encore perdu la boule et Luffy croit que tout ça, c'est la faute des aliens. Du coup, Sabo joue là-dessus…

Marco lâche un petit rire contre son cou, avant de l'embrasser légèrement et de se lever du lit. Contrairement à lui, son piou-piou a des choses à faire.

Marco est prof de fac et même s'il aimerait rester simplement au lit avec son amant, il doit tout de même publier ses cours pour ses élèves, répondre à ses mails, aux questions des étudiants, corriger des devoirs maison qu'il leur donne, faire ses propres recherches…

Ça, Ace n'y a pas pensé en venant chez lui. Néanmoins, il est assez lucide pour le laisser travailler et s'occuper tout seul quand Marco a besoin de se concentrer.

Il le regarde s'habiller, ne se gêne pas pour mater son boule affolant, puis lui demande, la tête dans l'oreiller.

— Tu as des nouvelles des gars, toi ?

Marco se tourne légèrement vers lui et ne loupe son regard sur son corps, le faisant sourire.

— Oui, de temps en temps… Ils vont bien, ils restent chez eux le plus possible, même si certains doivent sortir pour le boulot parfois, yoi… Jusque-là, tout va bien.
— Tant mieux… Et Oyaji ?
— Il est confiné avec ses infirmières et il ne s'en plaint pas tant que ça…

Ace lâche un rire, rassuré. Les amis de Marco sont un peu comme une deuxième famille pour lui, ça l'apaise de savoir que tout ce petit monde va bien. Ils ont tous tendances à être vus comme des voyous, des adultes qui n'ont jamais quitté l'adolescence, même Oyaji…

Il imagine très bien Thatch préparer un million de plats qui pourraient sauver la faim dans le monde, juste pour passer le temps, Haruta écouter des musiques trashs, allongé sur le sol de son salon pour sentir toutes les vibrations et faire chier ses voisins… Izou doit sûrement faire des tutos maquillage, pendant que Rakuyou fait possiblement de la métallurgie sur son balcon, quitte à faire brûler son immeuble…. Ouais, tout est possible avec ces fous.

Ace relève la tête en voyant Marco sortir de la chambre pour certainement aller sur son ordi ou corriger des copies sur le canapé. Ce n'était que quelques heures par jour, mais pendant ce temps-là, le corps de son ananas lui manquait. Il doit faire avec…

Il prend l'oreiller où dort son homme et le serre contre lui pour garder son odeur.

Le blond va se servir un café, pour ensuite mettre ses lunettes sur son nez et continuer la correction des dissertations de ses deuxièmes années. Le monde doit continuer de tourner, d'une façon ou d'une autre…

Toutefois, plongé dans une copie, il entend très bien le cri d'Ace toujours dans la chambre.

— Piou piou ? N'empêche que la coloc se passe bien entre nous ! Si on ne s'entre-tue pas avant la fin du confinement, je pourrais rester ici toute ma vie ?

… Ça, Marco ne s'y serait jamais attendu.

Du coup, il ne répond rien, faisant semblant de ne pas avoir entendu.


Chez Law

De Luffy :
"Coucou Torao ! J'espère que tu vas bien et que le méchant virus alien ne t'a pas touché. Ça me rendrait triste. Faut que tu soignes des gens, alors tu dois pas tomber malade. Et t'es le meilleur, alors ça devrait aller ! Ca fait une semaine que je suis chez moi avec Sabo, mon grand-frère. Et Chopper ! Mon gros chien poilu ! J'aime pas être enfermé, mais je le fais quand même, parce que sinon, je risque de te donner plus de travail. Et je veux pas. Mange bien, fais attention ! Et bois de l'eau ! Bisous Torao ! De loin !"

Obligé par ses collègues à prendre une pause, après des jours à puiser dans des forces qu'il n'a plus, Law s'est réfugié dans les vestiaires pour tenter de reprendre ses esprits. Malheureusement, ils n'ont pas qu'une crise à gérer, des gens ont encore besoin de l'hôpital pour des soins autres que ce virus, et ils doivent tous s'organiser pour que personne ne reste sur la touche. C'est ce dont il a le plus peur pour l'avenir… Devoir faire des choix par manque de place, de matériel… Sacrifier des vies pour en sauver d'autres. Il n'a jamais été partisan du courant utilitariste : il est médecin, pas juge. Il n'est pas à même de choisir qui doit vivre ou mourir. Et les spécialistes qui affirment que le pic n'est pas encore arrivé… Toutes ses informations ne l'aident pas à garder sa raison intacte.

Ils sont tous épuisés. Ses collègues craquent petit à petit, certains ont été forcés de s'arrêter pour leur propre santé physique ou psychologique. Voire, les deux. Ils se retrouvent avec des étudiants en médecine pour les soutenir dans les soins, mais ils ne sont pas entièrement formés et sûrement pas prêts à faire face à tout ça. Aucun d'eux ne l'était. Il n'arrive plus à fermer l'oeil plus de deux heures, il voit sans cesse le visage des personnes emmenées à la morgue. Les brancards prennent de plus en plus ce chemin, sans qu'ils ne puissent rien faire. Ils sont impuissants et cette sensation serre la gorge de Law à chaque nouvelle perte.

Il a des nouvelles de Corazon, parfois. Son père lui donne du courage, il lui transmet l'espoir de voir un jour une fin à ce cauchemar sans nom, même s'il sait qu'il lui ment. Corazon ne lui dit pas qu'il passe ses journées à verbaliser des personnes qui sortent de chez elles comme si de rien n'était. Mais il le sait, il y a toujours la télé à l'hôpital, il voit les images… Et même au-delà de ça, il voit les gens dehors quand il rentre chez lui, pour prendre des affaires et tenter de se reposer quelques heures. À chaque fois, il a envie de sortir de sa voiture pour frapper ces joggeurs qui sortent pour prendre l'air et faire un peu de sport. Il sait qu'il n'est plus très rationnel, qu'un coureur qui ne croise personne et ne touche à rien ne met personne en danger et ne se met pas en danger non plus. Mais c'est plus fort que lui, il trouve ça injuste d'une certaine façon. Quand on passe sa journée à voir des gens intubés, voir quelqu'un courir pour "son bien-être", c'est compliqué à gérer émotionnellement.

Il entend aussi les applaudissements chaque soir à vingt heures… Pour les soutenir, qu'ils disent. Il sait que ça fait du bien à certains de ses collègues, ça les rattache au monde extérieur et ça le rebooste… Lui, il déteste ça. Ça fera certainement beau dans les livres d'Histoire, mais ça ne change rien à son impuissance.

Des héros, hein ?... Non. Ils ne sont que des êtres humains et ils sont en train de mourir à petit feu, enterrés sous les applaudissements et leurs propres peurs.

Il devient peut-être trop négatif, le monde essaye de lui apporter des gestes symboliques dans son calvaire, mais il ne parvient plus à sortir la tête de l'eau. Sa vie est rythmée par celui de l'hôpital et rien d'autre.

Alors, à sa lecture du message de Luffy, il se surprend lui-même à sourire tristement. Il comprend que des gens s'inquiètent pour lui, en tant que personne et pas uniquement en tant que médecin. C'est bête à dire, mais quelqu'un l'attend dehors. Quelqu'un d'autre que Corazon. Non pas qu'il n'aime pas son père, mais ce n'est pas le même sentiment.

Ses doigts glissent sur son écran, avant de taper une réponse simple à ce petit brun qui le surprendra toujours.

De Law :
Prends soin de toi, Mugiwara-ya. Ne prends pas inutilement des risques. On se verra quand tout ça sera terminé.

Il inspire, envoie son message et pose son portable près de lui. Il maintient ses coudes sur ses genoux, passant ses mains dans ses cheveux pour se masser le crâne et tenter de se détendre. Il faut qu'il reprenne des forces, qu'il se secoue un peu.

Des gens l'attendent.

Il tourne la tête en entendant son portable vibrer sur le banc et le reprend entre ses doigts tatoués.

De Luffy :
Promis ?

Un léger sourire s'affiche sur son visage fatigué, alors qu'il tape sa réponse. Il se dessine un nouvel objectif en tête, légèrement illusoire. Que tout se termine vite.

De Law :
Promis.


Chez Nami

— C'est quoi encore ces conneries ?...

Nami relève sa tête de son ordinateur, pour regarder sa soeur, coincée avec ses activités en télé-travail.

— Qu'est-ce qui se passe ?
— Je viens d'avoir un mail de ma comptable… En gros, elle est train de me dire que même si j'ai été mise en télétravail, mon patron nous a tous inscrit en chômage partiel en zéro heure de boulot. En gros, j'ai beau marquer mes heures, il pourra me dire d'aller me faire voir et qu'il ne m'y a pas obligé.

Nojiko se redresse pour s'affaler sur le dossier de son siège. Nojiko continue, en mettant sa tête entre ses bras, dépitée.

— En résumé, je suis en train de me faire baiser.
— Quoi ?! Mais, attends, il est en fraude là ?!
— Non, il l'a inscrit en zéro heure, je pourrais tout prouver, je suis en tort.

La jeune rousse cligne des yeux en se rendant compte qu'il y a plus bâtard qu'elle pour faire du profit.

— … Arrête de travailler alors. T'es pas là pour faire du bénévolat.
— Et si je le fais pas ce boulot, qui va le faire ?
— … Mais on s'en fout, No' ! Tout travail mérite salaire. Te fais pas niquer par le système.

Nami se lève de sa chaise, remontée comme jamais.

— Pourquoi tu t'énerves comme ça ?
— Parce que ça devient n'importe quoi ! Entre le code du travail qui change, les entreprises qui se font passer "de première nécessité" juste pour continuer à raquer, mettant en danger tout le monde… Leur connerie de chômage partiel à zéro heure… Tu sais que normalement, dans ces conditions, les employés ne doivent pas travailler ? Zéro heure, c'est Zéro heure ! Donc, non, tu arrêtes de travailler, tu ne seras pas en tort, Nojiko ! Et si ton patron te dit le moindre truc, il va voir quel procès je vais lui coller au cul…

L'aîné regarde sa cadette faire les cent pas dans le salon, les poings et la mâchoire serrés. Elle jurerait même voir une veine se dessiner sur le front de sa petite soeur. La paume sous son menton, accoudée à la table, elle sourit.

— Mais pourquoi d'un coup, t'es du côté du peuple toi ?..

Nami tourne le regard vers elle et dit comme une évidence.

—… Si je veux arriver en haut de l'échelle, il me faut des sous-fifres. Or, s'ils meurent tous en bossant avec le virus ou que tout le monde fini dégoûté du boulot, j'en aurais pas !
— Ah oui, je me disais aussi…

Il y a des choses qui ne changeront jamais...


Chez Rayleigh

— Qu'est-ce que je te serre ?
— ...Mmmmmmmh…. Une bière ma bibiche ! Merci !

Shakky se détourne pour prendre une bière sur un meuble revisité en comptoir de bar, puis serre le houblon dans un verre adapté, avant de le tendre à Rayleigh, bien installé à table.

Pendant cette semaine, elle a vu l'homme qui partage sa vie sombrer dans un déclin qu'elle n'aurait jamais soupçonné. Elle sait que le bar et les jeux d'argent font partis des passions de sa vie, mais elle ne se doutait pas que c'était plus que ça.

Du coup, pour lui faire plaisir, elle a réaménagé leur salon pour en fait un bar DIY, donnant l'illusion à son cher mari que s'il ne peut pas aller au bar, le bar viendra à lui. Dans un coin, elle a installé une table de poker et d'autres jeux de cartes avec des jetons, afin de lui donner le sentiment d'être chez lui.

Et ça semble fonctionner, puisque papy Ray a retrouvé le sourire et reprend des mauvaises habitudes de vie. Mais d'après Shakky, il vaut mieux lui donner cette illusion et jouer à la dînette géante version adulte, plutôt que de le voir dépérir.

Elle ne sait pas comment se débrouillent les autres lors de ce confinement, mais vu l'état de Rayleigh en début de semaine, elle a un peu peur de retrouver ses plus fidèles clients à la fin de cette crise. La réelle guerre risque de commencer à ce moment-là.

Le vieil homme prend une gorgée de son verre, le repose sur la table, la mine un peu triste. Shakky tire une bouffée de cigarette en l'observant et prend la parole pour connaître le fond de sa pensée.

— Qu'est-ce qui se passe, Rayleigh ?
— … Il manque quelque chose, bibiche.
— Ah oui ? Quoi ?
— Des gens… Des clients… Des partenaires de jeux… Je suis tout seul et même si je suis bien content d'avoir plein d'alcool rien que pour moi et ma barmaid préférée pour moi tout seul… C'est moins drôle…

Shakky ne relève pas qu'elle passe sensiblement après l'alcool, mais comprend ce que son vieux gribou de mari veut dire. Toutefois, elle ne sait pas ce qu'elle peut faire pour lui. Elle ne va quand même pas lui créer des poupées grandeur-nature pour qu'il puisse jouer avec ? C'est un coup à le rendre sénile avant l'heure…

Soudain, la barmaid a une idée. Elle quitte sa place derrière le "bar" et va chercher quelque chose dans son bureau. Elle revient quelques minutes plus tard avec son ordinateur portable, puis sort son téléphone de sa poche pour envoyer un message groupé.

Rayleigh ne comprend pas ce qu'elle fait, mais patiente, en descendant sa bière à grande gorgée sans la quitter des yeux.

Il n'y a plus qu'à attendre une réponse des concernés… Elle a déjà ramené le bar à Rayleigh par la force de système D, il ne reste plus qu'à lui trouver des copains de beuverie à distance, pour le faire se sentir moins seul.

Tout n'est qu'une question d'illusion pour le garder sain d'esprit.


Chez Dragon

— Patron, vous semblez bien pensif.
— … J'ai de plus en plus l'impression que tout ça, c'est un complot.
— … Un complot ?
— Oui… Ce virus…

Tous les hommes se rapprochent pour écouter ce qui se dit. Comprenez-les, ce ne sont pas des commères de base, mais ce sont les premiers mots qu'ils entendent depuis une semaine. Ils n'ont pas signé à la base pour un voeu de silence.

L'un d'entre sursaute même de sa sieste en entendant la douce voix enrouée de leur boss.

L'homme qui a initié la conversation fronce légèrement les sourcils, dubitatif.

— … Patron, le virus est réel vous savez ? Ça tue des centaines de personnes…
— Oui, je ne dis pas le contraire. Je ne me questionne pas sur la véracité du virus ou des pertes, mais plutôt l'intérêt que gagnent les hauts placés avec tout ça.

Les hommes autour de lui semblent attentifs. Leur boss a-t-il trouvé des choses compromettantes ? Ca serait étrange tout de même, vu qu'il bouge à peine de sa chaise et refuse d'aller sur un ordinateur ces derniers temps. Même lui trouve ça trop déprimant. Donc, comment aurait-il pu déjouer un plan du gouvernement sans faire aucune recherche, juste en regardant les informations sordides à la télévision ?

Il est intelligent, mastermind même, tout le monde le sait… Mais il ne faut pas abuser.

Dragon fronce légèrement les sourcils.

— Pourquoi ça serait la faute des Pangolins ? N'est-ce pas plutôt la faute de l'être humain ? Je me demande vraiment quelle pourriture génétique on peut se refiler depuis la nuit des temps pour que certains d'entre nous soient des raclures de trottoirs…
— Des raclures… de trottoirs ?

Dragon hoche la tête, avant de préciser.

— Des petites putes sans aucun sens moral.
— Vous parlez des chefs d'état, c'est ça ? Pas des prostitués ?
— Evidemment.

Un nouveau silence se fait, tandis que tous les hommes attendent la suite. Le discours de leur boss n'est très clair et ils commencent à avoir un peu peur que la folie fasse son chemin dans l'esprit de Dragon.

— Et du coup… Le complot serait … ?
— Que Gaïa nous met la misère dans un énorme retour de karma pour nous punir et que les abrutis en costard nous la mettent encore à l'envers. Ils donnaient déjà l'impression de vouloir anéantir les pauvres au lieu de la pauvreté, mais maintenant, ils ne s'en cachent même plus.

Dès qu'il est question de problèmes sociaux, ils ont tous un sens moral légèrement extrême, c'est ce qui fait la force même de leur révolution. Alors, entendre leur patron pointer quelque chose d'important du doigt leur donne l'espoir de bouger de leur planque pour agir.

— Et donc, on fait quoi ?
— … On attend.

Une vague de grognements se fait entendre dans l'assemblée. Ils pensaient afin qu'il y allait avoir de l'action ! Mais non… Toujours pas.

La patience est de mise...


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