Hey ! Bonjour, bonsoir à tous !
Le chapitre trois... Deuxième semaine de confinement... Ouais, je sais, je suis en retard. Je m'excuse d'ailleurs par avance s'il reste beaucoup de fautes ou des phrases bizarres dans ce texte, ça fait des jours que je m'éclate les yeux dessus avec un encéphalogramme plat, je me suis dit que ça ne servait à rien d'insister x) Du coup, j'y retoucherai avec plus de minutie, si vous me dites que c'est DÉGUEULASSE. Je ne sais plus ce que je lis, tous les mots forment des ququququuekekekkekeurururkkl.
Je vais bien, ne vous en faites pas.
Merci à Wedel (nouveau nom, tiens !), PerigrinTouque, Wado21, Lijovanchan, Stella, Conteuse et Amanda A Fox pour vos reviews.
Du coup, j'y retourne, je vais m'atteler à la troisième semaine de confinement et à d'autres trucs qui méritent de sortir de mon cerveau dérangé, et tout ça, en écoutant Miguel Angel Munoz.
Bonne Lecture !
Review Guest :
Stella : Hey ! Merci pour ta review ! ^^ Oui, Luffy choupicon est adorable quand il s'agit de Law... Ah non, il ne faut pas demander à Kidd de cuisiner ! Quelle horreur, il pourrait faire cramer l'immeuble exprès, pour s'occuper ! On a perdu Shanks depuis un moment, c'est sûr... Zoro et Nami, toujours fidèles au poste ! Dragon ne va pas sortir indemne de cette histoire non plus, crois moi ! Law, c'est souvent la partie moins drôle de la fiction, c'est sûr... Courage à toi, en tant qu'aide soignante et merci pour ton travail. Porte-toi bien ! A la prochaine !
~ NOUS SOMMES EN GUERRE ~
Deux semaines. Soit quinze jours, trois cents soixante heures, plus de vingt et un mille six cent minutes… Oui, étant en confinement, le peuple à grandement le temps de calculer ce genre de détails afin de se raccrocher à quelque chose.
Une même donnée pour tous, et pourtant, tout le monde ne vit pas ce temps passé de la même façon…
Le courage et la patience sont toujours de mises...
~.~
Chez les frères (A)SL
— Méchant CORANAAAAAAAAAAAAAAA…. Pas gentil, gentil… CORANAAAAAAAAAA…. On va te battre méchant CORONAAAAAAAAAAAAA….. T'es qu'un idiot méchant virus… CORONAAAAAAAAAAA….
Sabo écoute d'une oreille distraite Luffy chanter depuis une heure des paroles qu'il invente au gré de ses envies. En boucle, puisque quand il en trouve des nouvelles, il reprend tout depuis le début.
Il doit en être à cinq ou six phrases maintenant.
Quand Sabo a compris que Luffy ne croyait pas vraiment au virus alien, il a dû réfléchir à l'occuper autrement. Et surtout, il a fallu lui laisser plus de libertés au niveau du jardin. Ca a été de longues heures de marchandages, mais ils sont parvenus à convenir de plusieurs accords, notamment un temps limité et un périmètre de sécurité que Luffy ne doit pas dépasser.
Du coup, ça laisse plus de temps libre à Sabo. D'une certaine façon, il est gagnant.
— Méchant CORANAAAAAAAAAAAAAAA…. Pas gentil, gentil… CORANAAAAAAAAAA…. On va te battre méchant CORONAAAAAAAAAAAAA….. T'es qu'un idiot méchant virus… CORONAAAAAAAAAAA…. T'as le nom d'une bière et d'un groupe que Shanks écoute en secret… CORANAAAAAAAAAAAAA ….
Ces derniers jours, il a convaincu Luffy de faire un grand nettoyage dans la maison, en lui disant qu'ils allaient peut-être trouver des trésors.
A chaque fois que son petit-frère lui ramenait un objet étrange, il lui racontait une histoire dessus, l'occupant pendant au moins cinq minutes supplémentaires. Ce qui n'était pas négociable en cette époque compliquée.
Et au moment de faire un brin de propre dans la chambre normalement inatteignable d'Ace, Luffy s'y est donné à coeur joie pour fouiller. Sabo n'a rien fait pour l'en empêcher, le départ de son frère restait une sorte de trahison dans son coeur, alors ils pouvaient bien mettre un peu le souk dans ses affaires, et peut-être y trouver des secrets.
Malheureusement, rien d'intéressant. Rien d'amusant ou de honteux, juste des preuves de ce que Ace leur raconte déjà. Et vu qu'il dévoile absolument toute son intimité sans pudeur, ils ont de quoi faire niveau dossiers.
… Tout ça pour dire… Lorsque Luffy lui a gentiment demandé s'il pouvait "emprunter" la guitare d'Ace, il n'a pu qu'approuver cette idée.
— Méchant CORANAAAAAAAAAAAAAAA…. Pas gentil, gentil… CORANAAAAAAAAAA…. On va te battre méchant CORONAAAAAAAAAAAAA….. T'es qu'un idiot méchant virus… CORONAAAAAAAAAAA…. T'as le nom d'une bière et d'un groupe que Shanks écoute en secret… CORANAAAAAAAAAAAAA …. Y a des gens qui t'appellent Covid je sais pas quoi, mais tu restes le même sac à pute… CORONAAAAAAAAA…
Actuellement, il regrette un peu. Il est mitigé. Au moins, Luffy s'occupe tout seul et il fait chier les voisins autant que lui.
Oui, c'est pour ça qu'il l'a envoyé dans le jardin. Pour qu'il partage son art avec tout le voisinage. Il ne voit pas pourquoi il devrait être le seul à souffrir ! Et puis l'avantage avec le confinement, c'est que personne ne viendra frapper à la porte pour se plaindre. Il faut voir les bons côtés des choses.
Et pour en rajouter une couche, Chopper s'éclate à chanter avec lui, en hurlant aux loups et en jappant de plaisir. Au moins un qui apprécie le talent de Luffy.
Quelques minutes plus tard, le calme revient sur le quartier. Sabo relève la tête et c'est sans surprise qu'il remarque son petit frère arriver en courant dans le salon.
— J'ai terminé ma chanson ! Je vais l'enregistrer, comme ça, je pourrai l'envoyer à tout le monde ! Et à Torao aussi !
— …. C'est une bonne idée.
Luffy lui fait un grand sourire, prend son portable et retourne dans le jardin avec son gros chien.
Les points positifs, c'est qu'il n'a pas encore cassé de corde, et qu'il ne sait pas faire de message de groupe, donc ça va l'occuper un moment d'envoyer un à un l'enregistrement de sa chanson.
Le point négatif, c'est que ses oreilles n'ont pas fini de souffrir….
Chez Kidd
Il commence à être en rade de munitions… Du coup, il doit faire attention à ce qu'il fait. Chaque denrée devient précieuse pour pouvoir les garder comme des armes. Déjà que Killer lui a volé ses derniers oeufs pour en faire une omelette. Soi-disant : "On ne peut pas se nourrir que de houblon, Kidd…"
Il est sûr que c'est faux et que la bière lui apporte tout ce qu'il faut pour vivre, c'est juste que Killer n'est pas au courant.
Il voit de moins en moins de gens dans les rues, quand même. C'est que ses petites leçons tiennent la route et sont utiles, peut-être même plus que les amendes des flics !
Toutefois… Il reste tout de même des tocards pour sortir sans son autorisation.
Comme ce jeune homme, qui se balade seul, en regardant autour de lui… Encore un qui n'a pas son attestation. En plus. Kidd soupire… Il va encore devoir sauver le monde de la dépravation.
Prenant une bouteille d'eau pleine, il ne se gêne pas pour la vider au-dessus de son balcon, dans un geste naturel, alors qu'il est accoudé à la balustrade.
Il entend un cri en bas, qui le fait sourire sadiquement. Puis des insultes.
Il retourne s'asseoir sur sa chaise de camping, jetant la bouteille un peu plus loin. Mais en fait, il y pense… Elles sont totalement réutilisables. Il pourrait pisser dedans pour arrêter de gaspiller de l'eau. Killer n'aime pas qu'il jette des choses de premières nécessités… Avec ça, il ne pourra plus lui dire qu'il n'est pas écolo. Puis ça fait très chevalier du Moyen-Âge, il aime bien.
— MONSIEUR ! VEUILLEZ DESCENDRE TOUT DE SUITE S'IL VOUS PLAÎT.
Oh bah mince, il est pris en flagrant de délit de civisme… Kidd regarde par-dessus la rambarde et soupire. Il ne manquait plus qu'eux, tiens.
Il se lève pour s'accouder de nouveau au garde-corps, puis gueule aux policiers en bas.
— Je peux pas descendre.
— Et pourquoi donc ?
— UN MÈTRE D'ÉCART !
Les deux policiers se concertent, armés de leurs masques et gants. Encore un qui ne va pas être facile à convaincre...
— Vous êtes en infraction, on a besoin de vos papiers d'identité.
Kidd s'offusque déjà. Il n'a même pas besoin de jouer la comédie, c'est un réel sentiment qui le prend aux tripes. On pourrait même dire qu'il est vexé qu'on l'agresse comme ça, alors qu'il n'a rien demandé.
— Pardon ?! Je vous aide, moi ! Faites pas genre, je reste chez moi, déjà ! J'incite les autres à faire pareil !
— Vous jetez de la nourriture sur des personnes depuis plusieurs jours.
— … Fallait pas être dehors. -Dit-il, en plissant la bouche, penaud.
— Veuillez descendre, s'il vous plaît.
— Nan. Confinement. Je reste chez moi.
Ça l'arrange bien ce genre d'excuses, finalement. Kidd relève les yeux en voyant une voiture s'arrêter dans sa rue, et un autre policier en sortir. Il n'écoute même plus ce que les deux autres disent, s'allumant une cigarette.
— Monsieur, on vous demande de…
— Laissez, je m'en occupe.
Le nouvel arrivant regarde Kidd et baisse un peu son masque, en souriant.
— Bonjour Kidd…
— Tiens, salut Cora ! Content de voir que t'es pas mort. Comment il va l'autre baltringue ?
— Si tu parles de Loulou… Il s'en sort. Et toi ? Pourquoi tu t'amuses à jeter des aliments sur les passants ?
— Bah tu lui diras qu'à la fin de tout ça, je lui paye une bière s'il survit…
Et pour lui, partager une bière, c'est un geste précieux qu'il faut aimer à sa juste valeur.
— … Et j'aide la société. Pour une fois. Et on va venir me le reprocher en plus…
Corazon sourit légèrement, amusé par le comportement de cet grand révolté, qu'il connaît depuis un bon bout de temps. C'est un ami de son fils, après tout, et il les a couvert dans leur adolescence pour des conneries bien plus grosses que ça.
— Je lui transmettrai. Et c'est gentil de nous aider Kidd, mais on n'en a pas besoin.
Kidd prend quelques secondes pour guetter toute la rue, en reniflant dédaigneusement.
— Bah pourtant, j'vous vois jamais dans le coin, et y a des gens qui baladent un peu trop ici, si tu veux mon avis.
— La situation n'est simple pour personne, sois un peu plus clément et appelle moi avant de faire ta vendetta, hm ? Killer est au courant de ce que tu fais ?
— Ouais… Il me laisse faire. J'ai le droit.
— Moi, je te dis que non…
— Killer a dit que si. Et je suis pas un gamin, pour une fois que je suis avec vous et pas contre vous, on va me le reprocher ?!
Cora se pince les lèvres, essayant de trouver une solution. Mais les sourcils inexistants et froncés de Kidd lui indiquent déjà qu'il va céder, comme beaucoup trop de fois auparavant.
— Tu ne peux pas juste rester chez toi, tranquillement ?
— Nan.
— Et si c'est moi qui te le demande ?
— Nan.
Corazon hausse les épaules, remet son masque sur sa bouche et se tourne vers ses collègues.
— Bon… Il ne veut pas.
— Et ? On ne va pas le laisser faire quand même ?
— Oh, tu sais… Il vaut mieux le laisser faire, que l'en empêcher. Ce n'est pas si dangereux comparé à ce qu'il pourrait faire. Au moins il reste chez lui.
Kidd fait un grand sourire peu rassurant avec un coucou, sa cigarette au bout de ses doigts. Les deux autres policiers soupirent et demandent à Corazon.
— Qu'est-ce qu'on fait pour les voisins ?
— … Ils ne sont pas censés sortir, après tout, Kidd n'a pas tort.
— Et pour ceux qui veulent juste aller faire des courses ?
— Oh, il doit faire la différence, ne vous en faites pas pour ça… Ce n'est pas un mauvais garçon, au fond.
Les deux soupirent, puis abandonnent, retournant à leur fourgon pour aller dans un autre quartier. Une fois qu'ils sont partis, Corazon se tourne de nouveau vers le punk au quatrième étage.
— Tu ne jettes pas d'objets contondants ou dangereux quand même ?
— Nan. Killer les a tous pris. J'voulais jeter un paquet de farine une fois. Mais finalement, je l'ai ouvert avant, c'était plus marrant.
— … Et bah, continue comme ça. C'est bien.
Kidd et son ego, c'est toute une histoire. Rien qu'à voir l'air fier qui s'affiche sur le visage du roux pour le comprendre. Visiblement, Corazon a visé juste dans ses mots pour que le punk préféré du quartier se sente indispensable à la vie en communauté.
— Tu vois, tous les flics devraient être comme toi, Cora ! À comprendre qui sont les vrais héros !
— … Oui…. Bien sûr. Je dois y aller, fais attention à toi Kidd, et ne fais pas n'importe quoi non plus, je ne pourrais pas toujours te trouver des excuses !
— Ouais, ouais...Fais attention à toi aussi. Tu veux que je te passe ma pioche ?
— Non, ça va aller, merci !
Sur un dernier signe de main et une dernière levée de bière en guise de salutation, Corazon retourne à sa voiture pour continuer son travail.
Au fond, s'il a défendu Kidd, ce n'est pas uniquement parce qu'il l'apprécie et que c'est un ami de son fils. C'est aussi parce qu'il en a marre de voir des gens dehors, et à situations extrêmes, solutions extrêmes. Puis, sans mentir, ça doit occuper les gens du coin.
Kidd observe le blond partir, puis retourne s'installer sur sa chaise, avec une fierté mal placée. Il avait l'aval des flics maintenant, en plus de celui de Killer…
Il le savait. Il est un modèle pour tous.
Chez Zoro
Le jeune homme contemple l'état de son appartement, la mine stoïque. Il vient de penser à quelque chose : Il va payer cher pour ses conneries.
Il aimerait bien s'asseoir sur son canapé, mais il n'en a plus. Il l'a complètement détruit. Comme tout le reste. Du coup, il n'a plus aucun meuble, à part son lit. Il ne se rend compte que maintenant que c'est un peu embêtant.
Pour être honnête, il commence à s'ennuyer. Il y a bien les conneries de Luffy qui continuent de le divertir, ses échanges avec le cuistot au rabais, puisqu'ils n'ont plus que ça pour se foutre sur la gueule… Sinon, il n'a plus rien à faire. La solitude ne le dérange toujours pas, c'est même le point positif du confinement, mais faire des siestes avant de dormir, ça devient lassant.
Même le goût du saké lui semble de moins en moins accru, et ne parlons même pas des bières…
Heureusement qu'il a encore du rhum et d'autres alcools pour changer un peu et réaffirmer son palais.
Il faudrait quand même qu'il regarde un peu ce qui se passe dehors. Qu'il se renseigne au moins une fois les infos pour savoir où ils en sont. Non, parce que… Si ça se trouve, ils ne sont plus en confinement et il est le seul à ne pas le savoir.
Ça serait bête quand même.
Chez Shanks
Bonne nouvelle pour les badauds, Shanks a trouvé comment fonctionne son ordinateur. Sauf que finalement, il n'en a pas eu l'utilité, car grâce à Shakky, il n'a plus besoin de trouver des copains. Il a retrouvé les siens ! Ses potes de beuveries, plus exactement. Ils sont tous là, réunis à travers des écrans, tous ensemble, chacun chez soi.
Shanks a même re-décoré son appartement pour avoir l'impression d'être encore moins seul. Il s'est donc servi de toutes ses boites de conserves vides, il les a nettoyées, et leur a fait des visages. Un peu comme le Robinson Crusoé du pauvre. Il les a déposées partout dans son appartement, se sentant beaucoup moins seul physiquement et émotionnellement.
Et là, avec ses copains en plus, c'est le pied du confinement !
En outre, ils ont presque tous reçu l'enregistrement du petit Luffy. Du coup, ils ont quitté leur playlist de chansons désuètes, pour chanter en coeur la musique du petit brun solaire.
— Méchant CORANAAAAAAAAAAAAAAA…. Pas gentil, gentil… CORANAAAAAAAAAA…. On va te battre méchant CORONAAAAAAAAAAAAA….. T'es qu'un idiot méchant virus… CORONAAAAAAAAAAA…. T'as le nom d'une bière et d'un groupe que Shanks écoute en secret… CORANAAAAAAAAAAAAA …. Y a des gens qui t'appellent Covid je sais pas quoi, mais tu restes le même sac à pute… CORONAAAAAAAAA…
La vie est vachement plus belle ainsi, à danser avec son portable et sa bouteille sur une chanson nulle, avec ses vieux potes qui font la même chose. Enfin, quand il dit vieux potes, c'est dans tous les sens du terme. Il y a les vieux vieux…
Et surtout il y a….
— Allez Mimi, chante avec nous !
Chez Mihawk
— Non…
Accepter l'appel visio de groupe qu'il a reçu de Shakky lui a paru être une bonne idée sur le coup. En fait, non. Ça fait maintenant une heure qu'il est obligé de regarder Shanks et Rayleigh dandiner du derche sur une musique qu'il ne connaît pas et qu'il n'a pas envie de connaître.
Il pourrait raccrocher. Il pourrait.
Mais déjà, prendre cet appel lui permet d'avoir une excuse pour boire. Il doit bien trouver une façon pour supporter ce qu'il voit, et surtout, oublier sur du long terme.
Ensuite, ça lui donne une autre distraction que les jérémiades de sa colocataire qui cherche des poules sur Le BonCoin, à défaut d'avoir des oeufs, ou que de lire son journal plusieurs fois par jour. Normalement, une fois suffit, même lui en a bien conscience.
Puis ça lui fait un bruit de fond. Agréable, non, mais humain. Ce qui important en cette période.
Alors, non, il ne va pas participer. Néanmoins, il refuse de s'en plaindre à outrance. Il n'est certainement pas le plus malchanceux dans cette histoire.
Chez Marco
— Nous allons pouvoir passer à la suite du cours, sur les enjeux des changements environnementaux, avec la mise en place de nouvelles dynamiques, notamment à la suite des "conférences environnementales" et aux possibilités qui s'ouvrent pour l'aménagement d'un territoire. Cette thématique se fera en plusieurs parties, qu'on abordera pendant au moins trois cours. On va commencer par définir les termes importants à retenir, qui tombent le plus souvent aux examens, donc prenez des notes…
Ça y'est, sa plus grande angoisse a été mise en place : Devoir faire cours en visio. Ça fait maintenant quelques jours que l'université où il travaille a installé ce système. Sincèrement, il n'y croyait plus, il pensait qu'ils avaient laissé tomber. Mais non, et il se retrouve à devoir être présentable pour les visio-conférences qu'il fait avec ses élèves, en plus des copies et du reste.
Ce qui lui donne beaucoup moins de temps avec Ace, pour sûr. Pour l'instant, le jeune homme ne s'en plaint pas et en général, il reste enfermé avec de la nourriture dans la chambre avec son ordinateur, pendant qu'il bosse. Ce qui l'arrange bien, en vérité…
Parce qu'on peut donner toutes les qualités du monde à Ace, mais le sérieux ne fait pas partie de ses compétences comportementales. Ce qui semble être partagé avec certains de ses étudiants, qu'il voit à travers son écran en pyjama, sur leur portable ou avec un bol de céréales dans les mains. Il ne peut pas leur en vouloir, il n'a pas envie d'être là non plus, dans ces conditions.
Il tourne une fiche, retenant un soupir et continue de donner des définitions claires et précises, en tentant de paraître le plus concerné possible. Ce qui n'est pas évident.
Encore moins quand il entend la porte de la chambre s'ouvrir.
En fait, sa plus grande angoisse, ce n'est pas de faire cours à ses élèves de son canapé, leur donnant accès à une partie de chez lui, ni de ne pas réussir à les captiver avec ce qu'il dit...
Non, ce qui lui fait le plus peur, c'est de ne plus pouvoir canaliser les conneries d'Ace. Les premiers jours, ils passaient tellement d'heures à s'envoyer en l'air que son amant s'endormait au bout d'un moment et restait calme le temps qu'il travaille.
Sauf que là, il a moins de temps. Ce qui laisse beaucoup plus de possibilités à Ace pour faire le con.
Il n'arrête pas de parler, mais note bien le regard de ses étudiants suivre quelque chose derrière lui. Il sent plus qu'il ne voit Ace poser ses bras sur le haut du canapé, à côté de ses épaules.
Il arrête son monologue, tourne la tête et avise son homme, en calbut, une main sous son menton, l'air très concentré sur ce qu'il raconte.
— … Je peux savoir ce que tu fais, yoi ?
— … Je trouve plus mes fringues. Tu les aurais pas vus ?
— Je fais cours, là, si tu n'as pas remarqué.
— Bah si ! Je t'écoutais ! J'aime bien entendre ta voix !
Marco comprend qu'Ace n'a pas conscience de lui foutre la honte. Devant sa classe. Bien… Ça ne change pas de d'habitude…
— Va t'habiller.
— Mais je trouve plus mes fringues je te dis ! Ça fait des jours que je suis à poil, je sais plus où je les ai mise !
Marco se frotte l'arête du nez, déjà fatigué.
— Prends dans mon armoire. Et laisse-moi faire cours, s'il te plait.
— Ok, ok, fais pas la tronche Piou-piou !
Ace s'en va de derrière le canapé, laissant à tous les spectateurs le loisir de voir son amant à demi-nu se balader en sifflotant.
Sans surprise, ses élèves se retiennent plus ou moins de se marrer. Ça va être très compliqué ces prochains jours pour faire cours… Il ne va plus du tout être pris au sérieux. Il plaignait ses collègues parents qui devaient gérer leurs progénitures en travaillant, en se disant que là-dessus, il était tranquille… Finalement, non.
Il attend un peu que ses étudiants reprennent leur sérieux, puis soupire lourdement.
— Où j'en étais déjà … ?
Il n'a pas l'occasion d'entendre une réponse, interpellé par la voix son homme qui cri de la chambre.
— A la conférence de 2012, sur l'environnement ! … T'as vu, je t'écoute ! Si t'avais été mon prof toute ma vie, j'aurais fait de longues études !
Marco ignore complètement Ace, et continue là où il s'était arrêté, tentant de faire abstraction de rire et des regards amusés de sa classe.
Le calme revient lentement, mais sûrement, jusqu'à ce qu'Ace réapparaisse, simplement vêtu d'une de ses chemises. Il part vers la cuisine et lui hurle.
— Piou-piou ? Tu veux un café ?
Marco ferme les yeux. C'est normalement difficile de lui faire quitter son visage stoïque, mais Ace est très doué pour ça. Il ne lui répond rien, continue comme si de rien n'était.
Il espère sans réelle conviction qu'Ace va comprendre de lui-même qu'il ne doit pas le déranger. Mais que nenni !
Le jeune homme revient avec deux tasses, une pour lui et l'autre qu'il pose sur la table basse pour son homme. Il s'installe à côté de lui, le dos contre l'accoudoir du canapé, et l'observe.
Marco détaille son amant, puis inspire profondément pour rester calme.
— … Ace… Tu n'as pas compris le principe de "t'habiller", visiblement.
— Oh, ça va Marco ! Tes élèves sont tous en pyjama….
Point pour lui. Même s'il y a une différence entre ses étudiants et l'apparence sérieuse qu'il se doit garder, qu'Ace détruit en moins de deux minutes.
— … Certes. Et qu'est-ce que tu fais là ?
— Je m'ennuie ! Donc je viens avec toi !
— Tu vas me laisser faire cours ?
— Bah oui ! Je t'écoute ! On est tout ouïe !
Ace s'installe confortablement, puis le toise en buvant sa tasse. Marco s'excuse auprès de sa classe pour ça, mais reprend, comme si tout était normal.
Ce qui est faux. Il sait que sa crédibilité va en pâtir, et tout ça, à cause de son amant.
Marco parle, sans plus être interrompu. Du moins, pendant un bon quart d'heure. Puis Ace se met à le fixer plus chaudement, de façon presque gênante, en glissant son pied dans son dos.
— Ace ?...
Le jeune homme retire son pied, comme si de rien n'était.
— Ah ouais, pardon. T'es juste sexy avec tes lunettes et tes airs de prof, ça me donne des idées.
Marco le fixe d'un air de dire "Vraiment. Ta gueule." Ce qui fait sourire Ace comme une canaille.
Franchement, les cours en visio… Une très mauvaise idée.
Cependant, il sait d'avance que "J'ai un amant un peu trop collant" ne sera pas un motif recevable pour arrêter de faire son job, selon la direction.
Du coup, il va devoir gérer les deux.
Pendant plusieurs semaines.
Il va peut être devenir fou.
Ace finit par entendre la sonnerie de son portable et se lève, en déposant un baiser sur la joue de Marco. Il chuchote peu discrètement.
— Je te laisse, c'est Luffy.
Il quitte le canapé avec sa tasse de café, s'enfermant de nouveau dans la chambre. Il a eu la décence de ne pas être au téléphone pendant son cours, c'est déjà ça… Marco retire ses lunettes et se frotte légèrement les paupières, déjà fatigué de sa journée.
Il inspire, profondément, jusqu'à ce qu'il entende la voix d'un jeune homme dans ce brouhaha.
— "Monsieur, il a l'air cool votre mec ! Il pourra revenir ?"
Des exclamations d'acquiescement se font entendre, dont des voix de jeunes filles, qui ont des étoiles dans les yeux. Super. Ace va avoir un fan-club.
Il sait de base qu'à chaque fois que son amant passe quelque part, un cataclysme se créer. Il en a encore la preuve.
— On reprend le cours, s'il vous plaît…
Pendant ce temps, dans la chambre, Ace écoute la note vocale que lui a laissé Luffy. Tout guilleret son petit frère dit qu'il a écrit une chanson. Comme d'habitude, il chante faux, mais Ace est à deux doigts de pleurer de rire de la connerie, surtout en imaginant la tête que doit faire Sabo, obligé de supporter ça…
Néanmoins, son rire s'éteint quand il fait attention à un détail. Le bruit de la guitare. SA guitare.
— PUTAIN L'ENFOIRÉ !
Chez Law
De Corazon :
"Coucou Loulou ! J'espère que ça va à la maison… Tu ne devinera jamais ce qui vient de se passer. J'étais sur le chemin pour aller à une adresse où il y avait des plaintes de voisinage, mais deux collègues étaient déjà là. Le motif de la plainte, c'était : "Jette des condiments sur les personnes dehors." Devine qui c'était ?"
De Corazon :
"Ton ami Kidd ! Apparemment, à chaque fois que quelqu'un passe sous son balcon, il jette de la farine, de l'eau, des oeufs… Pour forcer les gens à rentrer chez eux. Il dit que c'est son devoir civique. Du coup, j'ai décidé de le laisser faire. Ah, et il te garde une bière pour après le confinement. Bisous Loulou, à ce soir !"
Law ricane en lisant ces messages. Ça, c'est du grand Kidd. Même si contrairement à ce que dit son père, ils ne se considèrent pas comme des amis. Disons plutôt qu'ils ont une relation où ils se détestent cordialement. Si y'en a un qui a besoin de boire jusqu'à plus soif pour oublier ses problèmes, ils appellent l'autre.
Ce n'est pas pour ça qu'ils sont potes, c'est juste Cora qui voit les choses de manières très positives. Corazon qui n'a d'ailleurs pas attendu qu'il réponde pour donner la solution à sa propre devinette.
Il repose son portable près de lui sur le canapé, où pour la première fois depuis bien longtemps, il ne fait rien. Il a eu d'autres jours de pause depuis le début de la pandémie, mais… C'est la première fois qu'il arrive à se détacher complètement de tout ça, simplement accompagné de son chien contre lui, qu'il caresse distraitement.
Il est passé par beaucoup de phases et d'émotions ces derniers temps… L'incompréhension, l'impuissance, la colère, les nerfs à fleur de peau… Puis il s'est fait à l'idée. D'abord, qu'il n'est pas un surhomme, que l'élever au rang de héros est un mensonge, puis, qu'il ne pourra pas faire plus que ce qu'il fait déjà. Et surtout, qu'il a le droit de prendre une pause. L'univers ne tourne pas qu'autour de ses compétences et de sa fonction. Il doit se préserver aussi.
Il doit lâcher du lest. Ne plus avoir l'impression de voir des fils s'enrouler et se casser autour de ses doigts au gré des patients qui arrivent à l'hôpital, et qui n'en ressortiront peut-être jamais.
Il est toujours en colère au fond de lui, mais seulement envers ceux qui ne lui ont pas permis de faire son travail dans de bonnes conditions.
Maintenant, il est juste désabusé devant l'incivilité, l'égoïsme et l'individualisme de certains. Chacun les combat comme il peut, Kidd a trouvé sa façon de faire, lui, il n'a pas la force de faire plus que ce qu'il fait déjà. Rien que de savoir que certains lavent leurs fruits et leurs animaux de compagnie à la Javel, ça le fatigue. Il se demande vraiment comment un cerveau humain normalement constitué peut imaginer ça… Jamais il ne pourrait faire ça à son Bepo… De toute façon, il est déjà plus blanc que blanc ce toutou...
Alors, depuis qu'il s'est levé, il est dans une sorte de déni de ce qui se passe à l'extérieur. Il sait que son esprit cherche à le protéger, et ce n'est pas plus mal. C'est toujours mieux que le dépit dans lequel il s'enfonçait de plus en plus jusque-là.
Son portable vibre de nouveau, lui faisant ouvrir les yeux. Il sourit légèrement en voyant un message vocal de Luffy.
"— Coucou Torao ! J'espère que tu vas bien, que t'es en forme et que tu te reposes bien ! J'ai écrit une chanson, je voulais la partager avec tout le monde. Je pense que ça va te faire plaisir et te parler particulièrement… Je commence !"
Law entend un son étrange de guitare mal accordée, donc baisse un peu le son. Il est prévoyant.
"— Méchant CORANAAAAAAAAAAAAAAA…. Pas gentil, gentil… CORANAAAAAAAAAA…. On va te battre méchant CORONAAAAAAAAAAAAA….. T'es qu'un idiot méchant virus… CORONAAAAAAAAAAA…. T'as le nom d'une bière et d'un-... Ah mince j'ai raté. Je recommence…"
Le tatoué se frotte légèrement la tempe, en se pinçant les lèvres. Les fausses notes de Luffy, c'est quelque chose...
"—Méchant CORANAAAAAAAAAAAAAAA…. Pas gentil, gentil… CORANAAAAAAAAAA…. On va te battre méchant CORONAAAAAAAAAAAAA….. T'es qu'un idiot méchant virus… CORONAAAAAAAAAAA…. T'as le nom d'une bière et d'un groupe que Shanks écoute en secret… CORANAAAAAAAAAAAAA …. Y a des gens qui t'appellent Covid je sais pas quoi, mais tu restes le même sac à pute… CORONAAAAAAAAA… Ah…. ah ! Non ! J'ai cassé une corde ! SABO ! C'EST CASSÉ ! Ace va me gronder ! Bon au moins, j'ai pu terminer de te chanter ma chanson Torao ! Tu aimes ? Tu me dis, hein ! Bisous Torao !"
Qu'est-ce qu'il vient d'entendre ?... Un pouffement lui échappe, vite suivi d'un rire incontrôlable, presque nerveux. Il ne sait pas ce qui lui prend en appuyant de nouveau sur le message pour le réécouter.
Même à le deuxième écoute, c'est toujours aussi mauvais. Néanmoins, ça a le mérite de le divertir.
De Law :
C'est pas mal.
Aussi étrange que cela puisse paraître, Luffy l'aide énormément à tenir le cap depuis le début, avec ses conneries et ses messages de soutien. Lorsqu'il travaille, il sait qu'il aura cette forme de récompense, une pensée de Luffy pour lui. Et quand il est en congé comme aujourd'hui, ça lui permet de vraiment mettre le reste au second plan.
Il tire surtout une chose positive de son moment de pause, qui l'aide également à rester calme et à prendre du recul : Ils ont maintenant plus de tests à l'hôpital pour pouvoir diagnostiquer le virus. Et en partant pour son jour de congé, ses collègues ont insisté pour le dépister.
Négatif. Aucun symptôme, pas de trace, juste de la fatigue accumulée.
Il ne pensait pas être un jour aussi soulagé qu'on ne lui diagnostique rien. Toutefois, il a la conscience tranquille sur le sujet et est sûr de ne pas contaminer Corazon en rentrant chez lui.
Et au moins, il pourra rassurer ses voisins paranoïaques qui sont prêts à l'asperger de gel hydroalcoolique à chaque fois qu'il gare sa voiture dans la rue. Il sait que certains de ses collègues sont à la limite de se faire virer de chez eux par leur voisinage parce qu'ils ont peur des gens en première ligne… Ça devient n'importe quoi. Il n'en est pas encore là dans son quartier et encore heureux. Il ne sait pas s'il pourrait rester calme, dans le cas contraire.
Son portable vibre à nouveau, et pour une fois,il ne soupire pas en le prenant.
De Luffy :
Cool ! Je suis content que ça te plaise ! J'ai demandé à Sabo de réparer la guitare, pour que je puisse continuer de jouer. Comme ça, je pourrai t'écrire pleins d'autres chansons. Non, mieux, un album ! Ça te ferait plaisir ?
Plaisir ? A ses pensées chaotiques, sûrement, à ses tympans, moins. Mais entre les deux, il sait qui privilégier.
De Law :
Pourquoi pas, si ça peut t'occuper.
De Luffy :
Ouais ! Trop bien ! Et bah je fais ça alors, et tu seras le premier à pouvoir écouter mes autres oeuvres !
Des oeuvres, carrément ? Et bien, soit. Il accepte d'être le cobaye de ses expériences musicales.
Il ne parvient toujours pas à mettre un mot sur ce qu'il ressent pour le jeune homme qui a décidé du jour au lendemain qu'ils étaient amis, sans vraiment lui demander son avis. Il sait juste que si Luffy continue d'affirmer à tout le monde qu'ils sont amis, ça l'embêterait toujours, mais plus pour les mêmes raisons.
Ce n'est pas vraiment la période propice pour se poser ce genre de questions. Quand tout ça sera terminé… Là, il pourra y réfléchir réellement.
De Law :
Merci Luffy...
Dommage qu'il ne puisse pas voir le sourire et les joues rougies du petit homme à la réception de son message...
Chez Nami
— J'en ai marre !
Nojiko relève la tête vers sa petite soeur, qui semble avoir les nerfs qui lâchent pour la vingtième fois depuis le début du confinement. En quinze jours, ça fait beaucoup, surtout quand on vit avec elle.
— Qu'est-ce qui se passe ?
Un manque de shopping ? La bourse qui se casse la gueule ? Une autre mauvaise nouvelle dans les lois du marché ou du travail ? Les sites de vente en ligne qui ne livrent plus ?
— Mon école fait encore de la merde, tout simplement.
Ah, non, visiblement, cette fois-ci, c'est un problème direct et qui n'est ni superficiel, ni en lien avec l'argent.
— C'est-à-dire ?
— Par rapport aux examens… Ils ne savent pas se décider ! Un coup, on va avoir des devoirs maisons, un coup on va avoir un dossier, un coup on va avoir le semestre validé à dix pour un cas de force majeure… Parfois ils disent que seuls les cours vu avant le confinement vont être pris en compte, d'autres fois que tous les documents mis en ligne et les cours en visio seront aussi dans les examens, mais avec des notations différentes…. On ne sait pas, on ne sait rien et on ne sait même plus ce qu'on doit travailler !
Nami éclate ses deux mains sur la table du salon où elle installée, avant de souffler de colère. Oui, Nojiko avait oublié de lister ça : Le manque d'organisation qui énerve au plus au point sa petite soeur. Ce qui est compréhensible, surtout pour un diplôme pour lequel elle a énormément travaillé et pour lequel elle est très proche du but.
— Va falloir patienter, Nami, on ne sait même pas jusqu'à quand va durer le confinement…
— Raison de plus pour prendre une décision rapidement et s'y tenir ! Confinement ou pas, faut bien qu'on sache sur quoi on doit bosser !
Nami s'affale sur sa chaise, les bras croisés sur sa poitrine, dégoûtée.
— Et tu as peur de ne pas avoir ton diplôme à cause de ça ?
— Quoi ? Bien sûr que non ! Je vais l'avoir sans problème.
— Alors, pourquoi tu t'inquiètes si tu es aussi sûre de toi ?
La jeune rousse tourne la tête vers son aîné, les sourcils froncés.
— Je n'aime pas trouver plus roublard que moi, et coincée ici, je ne peux pas les exterminer et leur dire en face ce que je pense. Et ça, ça m'énerve…
Nojiko hoche la tête légèrement. Donc, c'est juste de la profonde frustration qu'elle n'arrive plus à canaliser. En même temps, enfermée entre quatre mur, elle n'a plus la possibilité de dominer son monde comme elle à l'habitude de le faire. La plus âgée ne peut s'empêcher de se dire que certains de ses amis doivent vivre cette absence de pouvoir comme des vacances… Elle aime sa petite soeur, mais son côté tyrannique peut être parfois considéré comme un défaut...
— Tu as toujours des problèmes bien à toi, mh….
Chez Rayleigh
Shakky a réussi ! Le vieux gribou a retrouvé le sourire et ses copains.
Barbe Blanche, entouré de ses infirmières, Shanks et sa bouteille, Crocus qui ne comprend définitivement rien et gueule dans le micro de son portable, le discret Mihawk et ses manières de divas...
Ils ont même réussi à convaincre Garp de se joindre à eux, si ce n'est pas formidable ! Il à l'air de préparer une montagne de tupperwar pour s'occuper, pendant que les autres se bourrent tranquillement la tronche en chantant des chansons plus diverses les unes que les autres.
Rayleigh est heureux. Shakky est parvenue à maintenir cette illusion, et elle espère vraiment que ça continuera comme ça…
— Bibiche ! Je peux avoir une bière ?!
En plus, Rayleigh commence à lui demander l'autorisation pour avoir à boire, si le confinement ne fait pas des miracles… Elle ne sait pas comment appeler ça.
Chez Dragon
C'est l'ennui le plus total. Ils ne sont pas au chômage, mais c'est tout comme. Ils en sont rendus à un stade où ils se battent pour aller faire les courses, alors que c'était une tâche ingrate dont personne ne voulait s'occuper auparavant. Maintenant, ils font des roulements et découpent la liste en plusieurs points pour que différentes personnes aillent dans différents magasins… Bref, ça leur permet de sortir et de s'aérer l'esprit.
Parce que Dragon a été très clair : Personne ne sort autrement que pour faire des courses.
Donc, même aller s'entraîner dehors pour se défouler, c'est non. Soi-disant parce que ça les rendrait plus repérables. Ils ne peuvent pas dire le contraire, mais ils commencent à étouffer ici, à devoir rester les uns sur les autres.
Du coup, Dragon a autorisé certaines activités manuelles pour les distraire. S'il y a quelques mois, on leur avait dit qu'ils seraient coincés dans un QG à faire de la pâte à sel et des maquettes pour faire passer le temps, ils auraient bien ris.
Mais non, c'est devenu la réalité de leur quotidien. L'un d'entre eux est même en train reconstruire leur QG en miniature avec des Legos roses. Si ce n'est pas la preuve qu'ils deviennent un peu plus fous chaque jour…
Certains ont tenté la couture, d'autres de colorier des Mandalas imprimer sur Internet… D'autres se sont contentés de tutos DIY et des coloriages pour enfant…
Ça ne va plus chez les anarchistes. Même leur boss semble de moins en moins apte à diriger quoi que ce soit. Il reste assis sur sa chaise toute la journée, à répéter de temps en temps dans le vide : "On attend…" . C'est bien, mais attendre quoi ? Ils ne savent pas ! Personne ne sait !
Pâques arrive, peut-être que Dragon attend les cloches, sait-on jamais…
Tiens, c'est une idée ça… Organiser une chasse d'oeufs en chocolat dans le QG la semaine prochaine… Il faut qu'ils pensent à soumettre l'idée à leur chef déglingué.
Il leur arrive tout de même de se renseigner sur la situation actuelle, sur ce qui se passe politiquement et économiquement… Rien n'est beau à voir, évidemment, et ils prennent des notes. Mais vu que pour le moment, ils attendent, ils ne peuvent rien faire.
… Ils espèrent vraiment que leur patron va reprendre du poil de la bête et leur trouver un plan du tonnerre… Parce que s'ils attendent pour rien… Même s'ils développent leurs compétences manuelles et artistiques de façon drastique... Ils ne vont pas être contents.
Ça va péter.
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