Hey ! Bonjour, Bonsoir !

Je suis... En retard. Je sais. Mais vous avez devant vous le résumé de la troisième semaine de confinement pour nos loustics !
Donc, durant cette semaine, pas d'annonce du gouvernement pour un déconfinement, ça sera pour la prochaine fois !

J'espère ne pas mettre trop de temps à l'écrire x)

Merci à Suu-kun, Cyrielle13, PerigrinTouque, Wado21, R.N. Zuzu, Amanda A Fox, Conteuse, Stella, Eldelwynne et Ptihuta11 pour vos reviews !

Merci à tous de suivre les aventures du confinement !

Bonne Lecture, à la prochaine et portez-vous bien !


Reviews Guest :

Suu-kun : Hey ! Merci pour ta review ! Contente que les personnages te plaisent x) Et merci également pour les compliments ! Je crois que si on avait très peu de sens moral, on serait beaucoup à faire comme Kidd ! Sabo souffre énormément, on ne peut pas lui retirer sa douleur malheureusement, condamné à rester avec Luffy :') D'un côté on plaind Marco, et d'un autre, on aimerait quand même que nos cours soient de la même envergure que les siens, avec Ace en arrière plan XD Zoro est perdu, il n'y plus de commentaires à faire pour lui ! Tu te doutes bien qu'ils ne vont pas ressortir indemne, aucun ! Dragon est très mal parti, effectivement :') Merci ! A la prochaine !

Stella : Hey ! Merci pour ta review ! Et de rien pour les encouragements, c'est normal ^^ Je distrais peut être avec mes histoires, mais je reste le cul collé sur une chaise, tu as plus d'honneur que moi ! On peut plaindre les oreilles de ceux qui ont écouté la chanson de Luffy, effectivement ! Shanks... Bah c'est Shanks, il ne faut pas trop chercher x) Nami va reprendre du poil de la bête, t'inquiète pas pour elle ! L'appartement a survécu pour Zoro oui... Il a quand même compris que ça ne serait pas dans son intérêt de détruire l'immeuble ! xD Porte toi bien également et à la prochaine !


~ NOUS SOMMES EN GUERRE - TROIS SEMAINES PLUS TARD ~


Jamais deux sans trois, comme le dit le célèbre dicton, même si le prolongement supposé du confinement indique que nous allons encore avoir le temps d'observer chaque grain qui se différencie sur les murs de notre lieu d'enfermement.

Cloîtrés au sein de nos foyers, nous allons tous devoir garder la tête froide et continuer à gérer la situation.

… Gérer, la situation, hein….


~.~


Chez les frères (A)SL

Sabo n'a jamais rafistolé la guitare. Il a lâchement fait croire à Luffy qu'il ne savait pas réparer une corde. Sabo est cruel. Ça signifie que le petit brun ne pourra pas faire son album pour Torao.

Il a aussi confisqué la peinture de Luffy, qui s'amuse un peu trop à dépasser sciemment de ses feuilles pour repeindre le sol et les vitres. Le pire, c'est qu'ils n'arrivent pas à nettoyer correctement les fenêtres et se retrouvent maintenant avec une magnifique tête de mort défigurée, disposant d'un chapeau de paille en couvre-chef, bien visible dans le salon. Si la signature n'est pas assez claire pour savoir qui a fait ça… Luffy a quand même tenté de se dédouaner en accusant Chopper.

Chopper. Leur chien. Avec ses grosses pattes poilues...

Sabo a également retiré toutes les clés des portes, pour éviter que le plus jeune ne s'enferme quelque part avec l'idée de faire une piscine d'intérieur.

Il ne sait pas d'où Luffy tire toute cette créativité pour faire des conneries, mais ça le fait bien chier. Lui qui pensait encore au début du confinement, avec espoir, qu'il pourrait avancer sur ses projets artistiques avec tout ce temps libre. La blague.

Vraiment, ceux qui disent que le confinement, c'est un peu comme des vacances d'été avant l'heure, il a envie de leur faire bouffer leur crème solaire. Ça se voit qu'ils ne vivent pas avec Luffy. Ce petit soleil complètement con.

Mais il leur accorde un point, les températures en hausse rappellent un doux début d'été, incitant à aller se prélasser dans le jardin pour faire bronzette. En avril.

Le monde ne tourne plus rond, on le sait depuis un moment, mais là…

Néanmoins, qui dit chaleur, dit Luffy et Chopper dans un état léthargique, comme des poissons hors de l'eau. Le petit brun supporte très mal les journées chaudes depuis le début de la semaine… Il ne peut plus courir dans tous les sens, ça le fatigue trop vite. Donc, ça le frustre. Donc, il veut manger plus. Mais Sabo l'en empêche… Dilemme...

Alors, ils doivent trouver des activités adéquates à la situation.

C'est pour ça que Sabo s'est installé sur une chaise, un livre dans une main et le tuyau d'arrosage dans l'autre, laissant Luffy jouer avec leur chien sous l'eau.

Pas écologique pour un sou, mais c'est la seule solution qu'il a trouvé. Puis, ça économise des douches.

Après avoir couru comme un dératé sous le jet, l'hyperactif est désormais allongé à même le sol, sur le ventre et la tête dans l'herbe, accueillant l'eau bienfaitrice sur sa peau. Il ne parle pas, ne bouge plus… Ce qui doit secrètement inquiéter les voisins, de ne plus l'entendre geindre et hurler à tout bout de champ. Sabo en est convaincu.

Mais lui, ça lui fait des vacances. Auditives, olfactives et visuelles.

Il a le temps de lire au moins trois chapitres avant que Luffy ne se décide à bouger, pour tourner la tête vers lui.

— Sabooooooooo…
— Oui ?
— Je m'ennuiiiiie…

Le frère aîné relève ses yeux de ses lignes, et regarde son benjamin.

— … Tu prends l'air, t'as de l'eau pour te rafraîchir sans te noyer, je ne vois pas ce que tu veux de plus.
— Mon cerveau s'ennuie….

Sabo referme son livre d'une main et il le pose sur une table de jardin. Il renifle dédaigneusement, en le jaugeant avec un sourire en coin.

— Ton quoi ?

Luffy entrouvre la bouche, s'apprête à parler, mais se ravise. Il est sûr que son frère vient de l'insulter. À peu près à trente pour cent sûr.

Il se relève, de nouveau plein d'énergie et se jette sur le blondinet, trempé.

— T'es méchant Sabo ! Pas beau le blond !

Le dit blond ne se gêne pas pour diriger le jet d'eau dans le visage de son frère, cherchant à le faire reculer et le faire arrêter de crier. Luffy se débat comme un beau diable et tente malgré tout de s'exprimer à travers la marée aqueuse qui l'attaque.

Il se recule, s'éloigne le plus possible de la chose qui veut le tuer, et se met à courir en rond pour fuir. Enfin, il fonce vers la maison, sous les hurlements de Sabo.

— BORDEL LUFFY ! T'ES TREMPÉ ! REVIENS ICI !
— Naaaaaaaaaaaaan !

Sabo coupe le tuyau, avant de suivre son benjamin à l'intérieur, en évitant soigneusement les gorgées d'eau laissées sur le passage du plus jeune. Ils se fixent en chiens de faïence, alors que Luffy est devant le canapé, avec un regard noir et déterminé.

— N'y compte même pas, Luffy….

Sabo le pointe du doigt, sachant pertinemment qu'il s'apprête à faire une connerie. Luffy fait un pas de plus vers le canapé.

— Non… Luffy….

Il continue de fixer son grand frère, et se laisse tomber sur le divan, se frottant dessus pour le gorger d'humidité et le ruiner, vite suivi par le gros poilu trempé qui se joint à son petit maître dans ce nouveau jeu.

Sabo se cache le yeux pour ne pas voir le massacre et garder son calme. Tuer quelqu'un avec pour motif : "Il a nuit à la survie du canapé." n'est certainement pas un prétexte recevable. Du moins, aux yeux de la Justice, parce que selon lui...

Coupé dans ses pensées, il n'a même pas le temps de réagir pour le punir de la meilleure des façons, à base de violence fraternelle, qu'il voit Luffy prendre son portable et monter à l'étage. Alors, là… Ça ne va pas se passer comme ça.

Il arrive devant la chambre de plus jeune, mais se fait plus discret en l'entendant parler tout seul.

— Allô ? Torao ? Tu réponds pas, tu bosses peut-être… Mais faut me sauver ! Sabo a dit que j'avais pas de cerveau, alors j'ai sauté sur le canapé en étant tout mouillé ! Maintenant, il veut me castagne ! Je me suis enfermé dans ma chambre…

Tiens, tiens… En voilà une bonne façon de se venger… Il note dans un coin de sa tête que le premier réflexe de Luffy a été d'appeler ce fameux Law… Pas Ace, pas Shanks, pas Garp…

Ouais, en même temps, personne n'a envie d'appeler Garp dans ce genre de situation… Ni, dans n'importe quelle situation, d'ailleurs…

— Allô ?... Ah mince ça a coupé… Je le rappelle….

Un sourire sadique se dessine sur les lèvres de Sabo, restant encore patient…

— Ah ! Ça a coupé Torao ! Je disais… FAUT ME SAUVER ! Il veut me...

Sabo frappe soudainement à la porte, assez violemment pour faire sursauter son petit frère, et parle très fort pour être sûr d'être entendu dans le téléphone.

— Ça ne sert à rien de te cacher derrière ton mec, Luffy !

Un petit silence se fait de l'autre côté, jusqu'à ce que le petit brun ne se mette à hurler.

— C'EST PAS MON MEC ! ARRÊTE DE ME FOUTRE LA HONTE, T'AS PROMIS DE RIEN DIRE !
— C'était avant que tu ruines le canapé… Et les fenêtres… Et la salle de bains…. Et le sol…
— Ecoute pas Torao ! Il est juste pas gentil ! Bisous, travaille bien !
— Il est amoureuuuuux…
— Arrête ! Méchant Sabo ! J'ai raccroché de toute façon !

Sabo imagine très bien le visage tout rouge de Luffy, en train de s'allonger sur le sol pour chouiner de la honte qu'il vient de lui faire.

Hypothèse confirmée en entendant le léger boum de sa tête vide sur le parquet, suivi par des marmonnements inaudibles, qui le maudissent sûrement.

Il sourit, fier de sa vengeance et se dit qu'il va sûrement devoir utiliser cette technique un peu plus souvent pour canaliser le plus jeune.

D'habitude, il fait le gentil flic et Ace le méchant. Mais comme leur frère est aux abonnés absents, il va devoir remplir les deux rôles. Il a tout donné pour tolérer les conneries du petit dernier… Mais là, il détient une arme entre ses mains.

Malheureusement, il ne pense pas à la grossière erreur qu'il est en train de faire. Parce que plus on ennuie Luffy… Plus il est chiant…. Plus il fait des conneries…

Ils risquent de tomber dans un cercle vicieux, très rapidement….


Chez Kidd

— Killer ?
— Mh ?
— On peut aller dehors maintenant ?
— Non.
— …. Alors tu m'expliques pourquoi il y a des gens dehors ?

Killer soupire et se lève pour rejoindre son enfant de substitution sur le balcon. Ah… Effectivement, Eustass ne commence pas à avoir des hallucinations dérangeantes. Non… Y a bien des personnes qui se baladent tranquillement. Il inspire profondément… Il va devoir faire en sorte que Kidd garde son calme.

— … Il fait beau.
— Et alors ? C'est pas parce que le soleil agit comme une neurohormone bienfaitrice qu'il rend les gens débiles.

Killer tourne la tête vers son ami, en le fixant étrangement. Vient-il de prononcer le mot "neurohormone" ?

Une cigarette au coin des lèvres, Kidd sent un regard pesant sur lui et dégaine son portable encore ouvert sur une page internet, avec en mots clés : "Pourquoi le soleil rend les cons encore plus teubés ?". Il la montre au blond.

— C'est Doctissimo qui l'a dit.
— Ah…

Il range de nouveau son téléphone dans sa poche et les deux hommes se mettent à observer la rue, en "profitant" des dring-dring des vélos et du rire des enfants.

Kidd soupire lourdement, puis commence à dégrafer son pantalon, tandis que Killer tourne la tête en le sentant bouger.

— Kidd, qu'est-ce que tu fais ?
— J'vais leur pisser dessus.
— Non.
— Ça tombe bien, j'ai bu énormément de bières.

… Après deux secondes de réflexion, Killer se dit qu'il ne peut pas le laisser faire. Il se tourne pour attraper Kidd sous les bras et le tirer fortement vers l'intérieur de l'appartement, alors que le grand punk se retient à la porte-fenêtre.

— Bordel, Killer, laisse-moi leur faire la peau !
— Non, Kidd… Y a des choses que je ne peux pas tolérer.
— Pisser sur des gens EST tolérable ! Ils vont croire qu'il pleut et rentrer chez eux ! CES CONS !
— Non !

L'un s'accroche à la porte vitrée comme à sa propre vie, l'autre met tout son poids pour tirer son ami du bon côté… Pendant plusieurs minutes, les deux hommes ne lâchent rien pour faire valoir leurs opinions.

— Tu vas rentrer un peu, faire une sieste et réfléchir à ce que tu fais !
— T'es pas ma mère, alors VA CHIER KILLER !

Kidd tire fortement sur ses bras pour qu'il le relâche, mais Killer, bien plus malin que ça, se met à lui chatouiller les côtes, faisant exploser de rire son pote. Il profite de son état pour le tirer de force dans l'appartement, fermant l'accès au balcon pour un temps et éloignant Kidd des bières… Pour un temps également. Il faut qu'il s'oxygène l'esprit avec autre chose que du houblon.

Le plus jeune, les yeux écarquillés, regarde son coloc d'un air très mauvais.

— T'as pas le droit de faire ça.
— Si, j'ai le droit.
— … QUI VA SURVEILLER MON BALCON ?! HEIN ! ET QUI VA SAUVER L'HUMANITÉ SI JE NE SUIS PAS LÀ POUR SÉVIR ?!

Killer soupire et se passe un doigt sur la tempe. Ça lui avait presque manqué de ne pas entendre Kidd aboyer comme ça, à gorge déployée, montrant ses plus grands talents de crieur public. Il aurait fait un très bon poissonnier, aucun doute.

— Coucher, Kidd… Fais gaffe, je vais finir par te mettre au coin.
— … MAIS TU TE FOUS DE MA GUEULE EN PLUS ?!

Le grand roux se détourne, ouvre un placard, puis prend sa sacro-sainte pioche, tapant un peu le manche dans sa main libre, lui donnant un air de caïd des années quatre-vingt.

— Qu'est-ce que tu fais ?...
— … Je sors un moment….

Avant qu'il ne puisse ouvrir la porte, Killer se jette sur son dos pour le plaquer au sol, et éloigner la pioche de son possesseur…

Sous les cris de Kidd, qui hurle qu'il promet de faire une attestation et que les flics ont dit oui, et les arguments de Killer affirmant qu'il n'est pas autorisé à tuer des gens, les voisins commencent à se demander ce qui se passe…

Ah non, c'est vrai, ils ont l'habitude.

Néanmoins, la petite vieille du troisième se penche au-dessus de sa rambarde, pour voir si le petit jeune d'en dessous est là. Elle est presque triste de voir que non…

Elle a des choses à lui donner pour faire chier le quartier. Ses enfants lui ont apporté des yaourts, mais elle ne peut pas les manger avec son diabète… Ce serait bête de les perdre….


Chez Zoro & Mihawk

— Allez. Je t'assure que j'en ai besoin, là.
— Et moi, je t'assure que ça sera bizarre, Roronoa…

Zoro est en manque. Et ça commence à se faire ressentir dans son petit quotidien tranquille. Du coup, il a pris le temps de réfléchir et il a pensé à cette fabuleuse idée.
S'il ne peut pas avoir un vrai combat, il peut au moins l'imaginer pour calmer ses pulsions de destruction. Puisqu'il n'y a plus rien à casser chez lui, il peut toujours se donner l'illusion mentale de se battre, pour accorder à son esprit des blessures qu'il ne peut pas avoir physiquement.

Il a donc tout naturellement appelé Mihawk, cet homme qui l'a entraîné pendant deux ans et qu'il souhaite par-dessus tout vaincre.

— C'est pas compliqué pourtant. Y a rien de bizarre à décrire un combat potentiel entre nous en disant à chaque fois les gestes qu'on fait. Comme dans les Role Play d'Ussop.
— Je ne suis toujours pas convaincu.

En le contactant, il espère pouvoir faire un combat à distance, tout simplement. Il faut savoir s'adapter à la situation…. Mais Mihawk n'a pas l'air chaud du tout. Zoro continue d'user de plusieurs arguments, jusqu'à ce que son interlocuteur soupire et se résigne.

— Commence.
— Ok…

Il inspire, ferme les yeux pour bien visualiser la scène dans sa tête, gardant son téléphone contre son oreille.

— Je suis devant un grand terrain de terre, face à toi. On se défie du regard.

— … C'est à toi.
—... J'attends.

Mihawk ne fait aucun effort, mais Zoro va devoir s'en contenter. Il aurait dû y penser avant de lui téléphoner, ils ne sont pas des grands bavards de base. Il continue s'en se préoccuper du manque d'entrain de son comparse.

— Je commence à sortir mes deux premières lames, me mettant en position de combat. Les manches bien ancrés dans mes paumes, je sors mon troisième sabre, et je le mets dans ma bouche…

Bien installé dans son fauteuil, Mihawk commence à se frotter les yeux et répond, après quelques secondes de silence.

— Non, ça devient bizarre. Vraiment.
— … Je vois pas en quoi. C'est ma technique de combat.

Peut-être…. Mais il n'a pas signé pour faire une séance de téléphone rose avec le jeune homme. Parce que, qu'importe ce que dit Zoro, ça y ressemble.

— C'est à toi, Mihawk.

Qu'est-ce qu'il va bien pouvoir dire ?... Il soupire une nouvelle fois, puis se lance, pour tenter de faire plaisir à son ancien disciple.

— Je te laisse te préparer.

Nope. Son cerveau lui envoie un signal d'alerte. Titre, gros titre, il ne peut pas dire ça…. Il faut qu'il rattrape le coup.

— Je te laisse approcher pour la première attaque.

Ok, là, ça devient intéressant. Zoro sent un sourire narquois se dessiner sur ses lèvres. Son corps trépigne légèrement, assis à même le sol, imaginant déjà le futur combat épique spirituel qui va se dérouler.

— Je m'approche rapidement de toi et j'utilise mon style à trois lames pour t'attaquer de front.
— Je contre. Je te tue.

Le plus jeune sent ses épaules se relâcher de dépit. Son assaillant imaginaire vient de tout gâcher.

— Non, mais mets y un peu du tiens… Comment tu me tues ?!
— Je te pénètre de ma lame.
— Ok…. Tu me pénètres comment ?

Mihawk ne répond plus rien. Est-ce qu'il est vraiment le seul à se rendre compte qu'il y a quelque chose qui ne va pas ? Zoro attend sa réponse, qui ne vient pas. Il ouvre légèrement les yeux, et tique enfin sur ce qu'il vient de dire.

— ….

—…. Ok, c'est bizarre.
— Merci, enfin. Je vais raccrocher.
— Non ! Attends ! Je te jure que j'ai pas fait exprès. On reprend, mais on banni les mots tendancieux.
— Non. Je raccroche.
— Mihawk, att-...end.

Trop tard, il vient de stopper l'appel. Le brun à la moustache soyeuse soupire, avant de se lever pour reprendre un verre de vin et tenter d'oublier ce qui vient de se passer.

Zoro, lui, met un temps pour comprendre que son interlocuteur l'a zappé et risque de ne plus vouloir lui parler pendant un moment. Lui, à la base, il voulait juste un combat… Pourquoi toujours voir du cul, là où y'en a pas, hein ?!

Du coup, il jette son téléphone par terre, ayant oublié pendant une seconde qu'il n'a plus de canapé.

… Et il est toujours frustré et en manque.


Chez Shanks

Shanks a décidé de vivre une vie meilleure. Il doit prendre ses responsabilités et un nouveau départ, donc le confinement est le meilleur moment pour ça.

Enfin c'est surtout que ses amis de beuveries ne sont pas disponibles tout le temps et qu'il doit bien trouver comment s'occuper tout seul.

Et une dame à la télé a dit qu'elle pouvait l'aider à avoir un meilleur rythme de vie pour vivre au moins vingt ans de plus ! On ne peut pas dire non à vingt en de plus de picole !

Alors, il a noté attentivement, de son écriture bancale, tous les conseils que la madame donnait :

- Boire au moins un litre cinq par jour : Ok, ça, il est bon, il est même sûrement à plus. Même plus que sûrement, il est persuadé. Du coup, il peut dire que la première étape pour avoir une bonne hygiène de vie est terriblement facile.

- Faire un peu d'exercice : Ça fait trois semaines qu'il danse seul dans son salon tous les jours, ça aussi, c'est directement coché dans la liste.

- Dormir bien et à des heures fixes : Alors… À des heures fixes, non, mais il dort bien ! Il fait même des siestes entre deux séances de décuvages. Dis donc, il ne serait pas un exemple de la bonne hygiène de vie sans le savoir ?!

- Avoir une bonne hygiène corporelle pour éviter les bactéries : … Bof. D'accord, là-dessus, il n'est pas le plus propre des hommes. Mais ! Comme il ingurgite des quantités astronomiques d'alcool, il est forcément immunisé contre les virus. Ils doivent mourir bourrés à l'intérieur de lui… Donc son corps contient déjà un antibactérien surpuissant, pas besoin d'en faire trop, ça serait mainstream.

- Avoir une vie sociale : … C'est le moment de rire ? Il ne peut pas actuellement, en fait ! Confinement ! … Néanmoins, les heures passées en visio avec ses copains doivent compter comme des moments de partage entre êtres humains, donc… Ça compte. Il peut aussi cocher.

- S'oxygéner : … Bon, bah, il va ouvrir sa fenêtre. Hop, on coche.

- Prendre du temps pour soi et pratiquer la relaxation : Il ne fait que ça ! Bordel, mais c'est un génie incompris… Tout le monde lui dit qu'il n'est qu'un soûlard inconscient, finalement non ! Il est dans le bon depuis le début ! Ah, quand il dira ça à Mimi…

- Éviter le tabac et l'alcool : … Comment ça ? Et le un litre cinq par jour alors ? La madame se contredit… Il ne fume pas, c'est déjà bien. On raye, il n'aime pas cette règle, elle est contradictoire avec le reste.

- Manger équilibré : C'est là que ça se corse. Shanks et la cuisine… Disons qu'ils ne sont pas vraiment amis. Il essaye pourtant, mais déjà que faire cuire une boite de conserve, ce n'est pas simple…. Il y croit tout de même. Il peut le faire. Il est si proche d'une vie saine, il ne peut pas s'arrêter en si bon chemin.

Après un dernier coup d'oeil sur sa feuille, il l'accroche au mur, et toise sa gazinière avec un air de défi.

Ce soir… Il va se faire des pâtes au gruyère. Sans brûler la cuisine. Promis.

Il va devenir un sage, plus personne ne pourra lui faire de commentaires sur son style de vie… Il va devenir le meilleur de lui-même.


Chez Marco

Une semaine que tous ses étudiants sont au courant qu'il vit avec un homme. Enfin… Même si techniquement, Ace s'est incrusté chez lui.

Une semaine qu'il faut gérer la situation entre ses cours et le besoin obsessionnel d'attention de son amant.

Une semaine que ses collègues lui demandent sa technique pour captiver autant ses classes et pour avoir un taux de présentiel aussi élevé. Marco dirait même plus que ça, puisqu'il est persuadé que certains ne sont pas dans son cursus mais s'invitent quand même.

Une semaine que ses étudiants participent avec un entrain et un amusement non-dissimulé à ses "cours".

…. Tout ça parce qu'il a proposé à Ace de devenir sa secrétaire.

…. Comprenez bien qu'il n'a pas vraiment eu le choix.

Puis, si ce n'était pas suffisant, Ace s'est trouvé une nouvelle vocation en tant qu'influenceur, se faisant de la pub à la fin de chaque visio. Et lui, il se retrouve à devoir supporter le téléphone de son homme, H24. Son brun ne trouve rien de mieux à faire que de le prendre en photo quand il boit son café, quand il prépare à manger, quand il travaille ses cours ou corrige ses copies.

Ça serait mentir de dire qu'il ne souhaite pas profondément faire prendre l'air à ses neurones. Parce que voir Ace avec sa perche à selfie se filmer quand il lui demande s'il l'aime, alors qu'il est concentré sur son boulot, ça met à mal ses nerfs. Le pire, c'est que le jeune homme se croit discret…

Et ses étudiants le suivent dans ses délires, en plus ! Son insta a doublé de follower en peu de temps ! … Il ne manquerait plus qu'Ace se décide à faire des story-time quand il dort ou qu'il va prendre sa douche… Ça serait le pompon. Lui qui angoissait au manque d'intimité vis-à-vis des visio-conférence, il partage désormais toute sa vie grâce à son homme, qui se sent comme une diva des temps modernes.

Le fun à son paroxysme. Aucun doute qu'Ace vit sa meilleure vie.

Lui non.

Actuellement, il est en train de préparer son prochain cours, en allumant son ordinateur. Ace a délaissé son portable pour mettre en place le super paper-bord qui a connu des jours meilleurs. Au moins, son brun se sent utile et arrête de se balader à moitié nu. Il a des responsabilités, vous voyez.

Est-ce qu'il faut vraiment préciser qu'Ace est nul comme secrétaire ? La dernière fois, il a dessiné la France pour mettre en visuel ce que disait Marco, sauf qu'il a esquissé un truc innommable et le coupait toutes les deux minutes pour savoir où placer telle ville ou tel truc dont il parlait.

Marco a tenté de lui faire comprendre qu'il devait se taire. Gentiment. Mais Ace affirme que ses conneries aident ses étudiants à retenir ses cours. Certes… Néanmoins, s'il en vient à devoir rendre des comptes au rectorat ou au secrétariat de l'université, il ne sait pas ce qu'il va pouvoir donner comme excuses.

C'est l'heure. Après un dernier débat pour savoir si son amant pouvait lui prendre ses lunettes pour lui donner un air plus secrétaire, qui s'est soldé par un non catégorique, Marco lance l'appel visio, la plupart de ses élèves déjà présents pour le show du jour.

Il salue ses élèves et résume le précédent cours pour leur remettre en mémoire, avec Ace qui écrit des trucs au paper-board sans qu'il ne se préoccupe, puis il commence son cours.

Tout va bien… Jusque-là, tout va bien… Enfin… Jusqu'à ce que le portable d'Ace sonne, coupant Marco dans sa phrase. Le jeune homme décroche.

— … Ouais, Haruta ?... Ça va ? ….. Ouais, ouais, ça va…. Ah nan, Marco peut pas te parler, là, il fait cours… Naaaaan, c'est pas vrai ? Ouais, je lui raconterai, t'inquiète… Eh, dis voir ! Tant que t'es là, comment t'écris "péninsule" ? …. P-E-N-N-A-I-N-C-U-L….. Tu te fous pas un peu de ma gueule, Haruta ?

Le professeur retire calmement ses lunettes, se frottant les yeux avec son pouce et son index. Sa classe ne cache évidemment pas son amusement, quant au "pennaincul" écrit en gros sur le tableau, et à l'agacement plus que visible de Marco. Ce dernier finit par tourner la tête pour dévisager Ace et tenter de lui faire comprendre qu'il gêne.

Ce que le brun à la décence de capter, visiblement…

— Eeeuuuuh… Vu que je risque de me prendre une grosse fessée, je vais raccrocher Haru, on se rappelle… Eh, ta gueule, je ne suis pas maso non plus ! …. Ouais, c'est ça, ouais… Bon, allez, tschuss.

Ace raccroche hargneusement et lance son portable sur le canapé devant lui, puis souffle, comme s'il était le plus gêné.

— C'est bon, on peut reprendre piou piou !

Il se met à fixer très sérieusement son tableau, en tentant de chercher comment on écrit ce fameux mot de l'enfer. Il soupire et décide de rayer les différentes propositions d'écriture. Il arrache finalement la page, la roule en boule, et boude.

— Vous vous démerdez, je sais pas comment ça s'écrit.
— … P-É-N-I-N-S-U-L-E.

Ace se retourne vers la feuille, sans se départir de ses joues gonflées et écrit comme il faut le mot, sous le regard désespéré de Marco. Le jeune homme se remet ensuite face à l'écran et ne loupe pas les iris de son chéri sur lui.

— Merci piou piou…. Eh mais attends, tu me juges là, ou je rêve ?
— J'ai rien dit…
— Je le vois. Eh, oh ! Piou piou ! Je suis pompier à la base, chacun sa spécialité !
— … Je peux continuer ou tu veux faire cours à ma place ?

Ace écarquille les yeux et pointe du doigt son petit-ami, le crayon fermement ancré dans sa paume.

— Ah non ! Marco ! Pas toi ! Tous mes profs me disaient ça quand j'étais encore en cours ! Tu peux pas faire partie du même cercle que les profs chiants ! T'es trop sexy, brise pas tous mes fantasmes.

Marco garde le silence et lui jette une dernière oeillade d'avertissement, pour ensuite reprendre son cours, en montrant à ses élèves qu'il n'était plus d'humeur, perceptible même à travers son calme légendaire.

Vraiment… Vivement les vacances universitaires.

Ace ne parle plus jusqu'à la fin, se contentant de prendre en note de ce que dit Marco pour aider les étudiants, sans tenter d'autres affronts.

L'heure de cours se termine rapidement, Marco leur donne des directives pour approfondir leur apprentissage, des éléments de recherche sur lesquels travailler en dehors des cours, pour leurs dossiers… Il leur dit ensuite au revoir, laissant quelques secondes à ses élèves pour lui répondre.

Trop de secondes, semble-t-il. Parce que Ace est persuadé qu'il a coupé la caméra, et décide de se jeter sur son homme, les faisant tous les deux tomber du canapé dans un gros "boum".

— Faut pas me bouder piou piou ! Je suis gentil, tu sais que je ne fais pas exprès !

Marco tend la main pour fermer l'écran de son ordinateur portable et couper l'appel visio définitivement.

Ace dépose des baisers dans son cou, en marmonnant des choses niaises contre sa peau, en tentant encore une fois de l'amadouer avec sa mine toute mignonne.

Et ça marche.

Son amant arrête soudainement ses attentions, avant de tortiller du cul sur lui, puis relève la tête pour attirer son attention.

— Marco… Ma bite t'appelle… Regarde…

Il commence à se déshabiller, dans le plus grand des calmes, à califourchon sur son bassin. Bordel, heureusement qu'il a fermé l'écran… HEUREUSEMENT.

Parce qu'il y a des choses que des enfants ne doivent pas voir…

Il sait d'avance qu'il va céder, comme d'habitude. Autant Ace parle trop, agit comme un gamin mal-aimé, mais il a un corps à faire damner un saint et il sait l'utiliser pour arriver à ses fins. Marco le sait un peu trop bien. Néanmoins, ça ne va pas l'empêcher de tenter de le bâillonner avec son chibre. Ace a dépassé ses limites depuis trop longtemps...


Chez Law

Il n'a pas pu rester indéfiniment sur son canapé, même si une partie de lui le voulait profondément.

Les inepties continuent à l'hôpital, avec maintenant des étudiants infirmiers payés une misère par semaine pour travailler dans les unités Covid, des promesses de masques et sous-blouses toujours en attente et les propositions de plus en plus improbables pour palier à ces problèmes. Sans oublier toujours les mêmes remerciements par les hauts-gradés, qui leur sous-entendent une future légion d'honneur potentielle et de primes, mais qui signent des accords pour supprimer des postes dans les grands hôpitaux.

… Cette histoire risque de finir en pugilat. Law en est persuadé. Malgré ça, il travaille, parce qu'encore une fois, il n'a pas le choix. Et seul, il rit jaune des informations dans les journaux télévisés, qui annoncent jour après jour de moins en moins de morts du virus… La blague… Moins de morts ne signifie pas moins d'entrées dans le service, c'est même plutôt le contraire. Leur travail à eux ne baisse pas, contrairement à leur moral.

Et puis… Il ne faut pas oublier les nombreuses fausses informations qui tournent encore… À la limite, l'idée qu'il fallait boire de l'eau chaude pour contrer le virus, ça le fait rire aujourd'hui, mais divulguer des idées contradictoires, comme quoi celui qui attrape le Covid en est ensuite immunisé… Ça, non, ça devrait être sérieusement puni par la loi. Ça pourrait laisser penser à certains qu'il vaut mieux l'attraper pour être tranquille ensuite, ou laisser imaginer aux anciens contaminés qu'ils peuvent faire ce qu'ils veulent, se balader en toute impunité, parce qu'ils ne risquent plus rien. C'est dangereux, et Law ne comprend pas pourquoi les journaleux ne peuvent pas la fermer un peu, pour leur faire des vacances.

Ça lui fait penser à la vidéo d'un collègue d'une autre ville, qui a tourné sur les réseaux sociaux. Une vidéo d'une minute qui résume tout : "À nos ministres, taisez-vous, ça devient indécent de vous entendre." Ce qui est si vrai… Tout comme la promesse du corps hospitalier d'être là, jusqu'au bout.

Ils sont là, ils sont tous là. Debout et à devoir travailler avec du matériel soi-disant capable de les protéger. La seule chose qui les protège encore, c'est la solidarité entre hospitaliers et les petits gestes de personnes qui cousent, créent, inventent et leur proposent des solutions auxquelles ils n'ont pas le temps de réfléchir.

L'espoir que ça finisse ? Ça le fait doucement rire. Oui, le déconfinement aura lieu, dans quelques semaines sûrement. Les gens reprendront leur vie, avec l'illusion que c'est terminé. La réalité sera tout autre, et c'est eux qui vont la vivre.

Il faut qu'il arrête d'y penser. S'il y réfléchit trop, il n'aura plus le courage de se lever le matin pour travailler des heures durant pour ce qui semblait être jusque-là, sa vocation.

Le téléphone contre l'oreille, il prend le temps comme chaque jour d'écouter son répondeur, souvent saturé par un certain petit brun.

"Ah ! Ça a coupé Torao ! Je disais… FAUT ME SAUVER ! Il veut me.."
"Ça sert à rien de te cacher derrière ton mec, Luffy !"
"C'EST PAS MON MEC ! ARRÊTE DE ME FOUTRE LA HONTE, T'AS PROMIS DE RIEN DIRE !"
"C'était…. ruines... canapé… fenêtres… Et... de bains…. Et..."
"Écoute pas Torao ! Il est juste pas gentil ! Bisous, travaille bien !"

Law sourit à l'entente de ce message… Heureusement qu'il y a encore des choses qui lui font espérer à un après….

Mais ça non plus, ce n'est pas encore le moment d'y réfléchir...


Chez Nami

— Qu'est-ce que tu fais, Nojiko ?

Nami fixe sa soeur, qui a semble-t-il, ressorti une vieille machine à coudre et des vieux vêtements, perturbant le silence habituel de la maison.

— Des masques.
— Comment ça, des masques ?

Nojiko arrête sa machine à coudre, puis coupe tranquillement un fil qui dépasse, pour ensuite déposer sa nouvelle pièce sur un tas déjà fait.

— Oui, des masques. Il en manque, les gens en cherchent, alors j'en fais.
— ….Pourquoi ?
— Parce que si l'Etat n'est pas à même d'en créer pour les badauds, autant les faire moi-même. Je peux les vendre au prix que je veux, y aura toujours des feignants paumés pour les acheter et ils ne seront pas taxés par le gouvernement. Donc, l'argent reste entièrement dans mes poches. Tout simplement.

Nami écarquille les yeux, écoutant attentivement l'argumentaire soigné de sa soeur. Son coeur s'accélère, tandis que ses doigts sont déjà en train de mimer le signe de l'argent discrètement, dans un non-verbal qui en dit long.

Nojiko lui en tend quelques-uns sur la table, avant de rajouter.

— Tu pourras en envoyer à tes potes pour rallonger leurs dettes, sans qu'ils ne puissent s'y opposer.

Nami la dévisage avec des étoiles dans les yeux. Elle vient s'installer sur une chaise, tout près d'elle.

— Je peux t'aider ?
— Si tu veux, tu peux découper les tissus avec le patron, là.

Nami hoche la tête, et commence à travailler, s'imaginant déjà la montagne de thune qu'elles vont pouvoir se faire. Entre deux découpes, elle pose une nouvelle fois son regard sur son aîné, admirative.

— Nojiko… Tu es mon modèle de roublardise. Vraiment….

Ladite Nojiko sourit en coin, tout en continuant de faire passer son fil sur un morceau de tissu.

— Je sais….


Chez Rayleigh

— Non ! Shakky ! Bibiche ! Laisse-moi !
— Rayleigh, il faut faire quelque chose, là…
— Noooooon !

Ca fait à présent dix minutes que le vieux gribou tente de fuir sa femme, qui tient une paire de ciseaux entre ses doigts. Non pas pour le tuer, malgré ce que la situation prétend, mais bien pour lui couper un peu les cheveux et la barbe.

Rayleigh se transforme en grizzli. L'excuse de "Je ne vois personne, on s'en fiche" ne fonctionne pas, selon la barmaid. Elle vit avec lui, et doit le supporter aussi bien mentalement que physiquement, alors il faut que ce soit visuellement possible.

Le vieil homme a encore de la fougue, au grand damne de sa femme, qui doit le regarder sauter par-dessus les meubles et se cacher derrière le bar, au risque qu'il se fasse mal. Il reste vieux, il ne faut pas l'oublier.

Elle soupire de dépit et décide de s'allumer une cigarette, le temps que son cher mari se décide à sortir de sa cachette évidente. Ce qui ne devrait pas tarder, surtout si elle ne parle plus. Ça lui fait peur…

— Bibiche ? Tu as abandonné ?
— Non.
— Mais…
— Mais c'est moi qui partage ton lit, qui fait le ménage, et j'en ai assez de retrouver tes cheveux partout. Je vais finir par te faire dormir sur le canapé.

Rayleigh sort sa tête de derrière le bar, les yeux écarquillés.

— Tu n'oserais pas faire ça ?! Bibiche ? J'ai besoin de chaleur humaine !
— Et moi, j'ai besoin de voir un être humain, pas un tas de poil informe.

Les deux se fixent, obstinés, jusqu'à ce que Shakky décide de sortir les arguments ultimes.

— Si tu refuses, je ferme le bar et te prive des appels visio.
— Nooooooon ! T'as pas le droit ! Bibiche !

La mine déterminée, qui lui laisse comprendre qu'il a encore la possibilité de changer d'avis, elle tire une bouffée de sa cigarette, sans cesser de le toiser.

Rayleigh réfléchi à toute vitesse… Le bar… Les cheveux… Le bar… La barbe… Bibiche… Le lit… Arrrggh..

— Bon, d'accord !
— Sage décision, honey….

Tout boudeur, Rayleigh sort complètement de sa cachette et va s'installer sur la chaise que lui présente sa femme, en croisant les bras.

Shakky passe ses ongles dans ses mèches pour les démêler, et Rayleigh se retourne pour lui montrer une longueur avec ses doigts.

— Pas plus que ça !
— Mh, mh….

Elle n'est pas coiffeuse, donc il aura ce qu'il aura.


Chez Dragon

— Non ! Vous ne pouvez pas faire ça ! Faut pas sortir ! On attend ! ON ATTEND !
— C'est pour votre bien, boss, vraiment…

Ils n'ont plus le choix. Ça devient beaucoup trop pesant. Entre les Legos roses d'Ivankov, ceux qui tentent de se mettre à la musique, et leur patron qui reste les yeux dans le vide chaque jour, à croire qu'il ne dort pas, ils n'en peuvent plus.

Du coup, ils ont décidé d'ouvrir les portes de leur hangar désaffecté, leur base secrète perdue au milieu de nulle part, allant à l'encontre des règles imposées par Dragon.

— ON VA NOUS VOIR !
— Mais non, chef, vous en faites pas…

Ils ont installé une vieille piscine gonflable dans la cour, certains ont ressorti les armes d'entraînement pour se dégourdir les jambes, et des transats ont été disposés tout le long du bâtiment, pour prendre un peu de vitamine D.

Les deux hommes forcent Dragon à s'installer sur l'une des chaises de jardin confortable, tandis qu'un autre arrive avec un cocktail et le met de force entre les doigts serrés de leur boss.

Le chef plisse les yeux devant autant de luminosité, plus vraiment habitué à voir la lumière du jour.

— Je n'aime pas le soleil !
— Vous n'êtes pas un vampire, tout va bien se passer Patron !

Se tapant dans la main, les trois hommes s'éloignent pour aller eux-mêmes profiter de cette belle journée, tandis que "Tic Tic Tac" de Carrapicho tourne en boucle dans les enceintes, pour donner encore plus l'illusion de vacances. Certains se sont même mis à reproduire la légendaire chorégraphie dans un coin.

Dragon ne sait plus où regarder, quoi penser… Le monde tombe en ruine, et c'est pas de leur faute… Et il doit supporter tout ça, maintenant ? C'est de la torture !

Serrant sa poigne sur son verre, au bord de la crise de nerf, sa bouche se plisse et tremblote légèrement.

— …. J'avais dit : "on attend"...


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