Hey ! J'accumule le retard avec cette fiction !
Un chapitre plutôt de transition, avant de parler de la nouvelle allocution du premier ministre, sur la mise en place du déconfinement pour la semaine six !

Merci à Cyrielle13, WhiteMerry, Wado21, Suu-kuni, Stella, Wedel, Conteuse, R.N Zuzu et Tisran pour vos reviews !
Merci d'être aussi réactif sur cette fanfiction qui tire en longueur (héhé... comme le confinement, quoi), c'est vraiment un plaisir d'avoir vos retours !

Courage à vous, portez-vous bien !

Bonne Lecture et à la prochaine !


Reviews Guest :

Suu-kuni : Hey, merci pour ta review ! C'est clair qu'avec un Kidd dans les parages, ça doit être compliqué de s'ennuyer x) Je t'avoue que l'une des seules raisons pour laquelle j'ai écouté le discours, c'est pour cette fiction :') Je ne sais pas si ce chapitre est du lourd, je le vois plus comme un chapitre de transition ! Tu me diras ;) Ace est peut-être canon, mais il est beauuuf ! Merci d'être toujours là à chaque chapitre ! (Ps: T'inquiète pas les amoureux, j'espère juste que tu partages xD) A la prochaine !

Stella : Hey ! Merci pour ta review ! Et t'inquiète pas pour la mauvaise manip ^^ Tu n'imagines même pas comme ton aveu m'a fait rougir ! C'est un plaisir si cette fiction peut aider un minima à faire sourire ceux qui la lisent ! Encore une fois, courage à toi pour ton boulot, j'espère que ça va, et t'en fais pas pour l'histoire du pompier, je ne me suis pas sentie blessée pour un sou ! Porte toi bien, à bientôt !


~ NOUS SOMMES EN GUERRE - SEMAINE 5 ~


Nous avons dépassé un mois de confinement… Sans grands dommages pour nos loustics, bien heureusement…

Des dégâts sont à déplorer sur certains meubles et certaines santés mentales, certes, mais tout vas bien.

C'est juste que le cerveau apprend à fonctionner différemment, et certaines pulsions de survie reviennent à la charge… Pour le meilleur et pour le pire.


~.~


Chez les frères (A)SL

— Je n'en peux plus de toi, Luffy !

Tout penaud, le jeune homme se tient devant son frère, la lèvre inférieure retroussée.

— Je voulais faire une expérience….
— On ne touche pas à l'éosine ! Surtout si c'est pour s'en coller partout et pour l'avaler !

Luffy gonfle un peu plus les joues, en penchant la tête. Selon lui, Sabo s'agite un peu trop à chacun de ses faits et gestes… Il tente des nouvelles choses, comme un scientifique, il ne tue pas des gens !

— Ça ressemblait à de la grenadine…
— Mais ça n'en n'est pas ! … Sérieusement, Lu', je n'ai même pas la foi de t'engueuler plus que ça, rien que ta tronche devrait te faire comprendre qu'il y a un problème…

Le plus jeune cligne des yeux avant de se tourner vers le miroir du salon. Effectivement… Des taches roses sont restées sur sa peau, un peu partout sur son visage, son cou, ses mains, ses bras… Heureusement qu'il n'était pas nu en faisant sa connerie, sinon, bonjour les ravages.

Sabo, les bras croisés, regarde son petit frère analyser la situation.

— Franchement, tu devrais envoyer une photo à ton mec. Peut-être qu'il changera d'avis sur toi, pendant qu'il en est encore temps…

Il l'a dit, il n'a plus aucune honte à jouer la carte du "n'amoureux" pour canaliser son frère. Ça ne fonctionne pas. Mais c'est toujours à tenter.

D'un mouvement brusque, Luffy se tourne vers son frère, totalement offusqué par ce qu'il vient de dire.

— C'est pas gentil ! Puis c'est pas mon mec ! Et c'est bon, je vais me laver et ça va partir…

Un sourire sadique se dessine sur les lèvres de l'aîné, en ayant le sentiment d'avoir un coup d'avance sur Luffy.

— Je crois que tu n'as pas compris… Ça ne part pas en se lavant. Même en frottant… Tu vas garder ça pendant des jours sur la gueule…

Luffy écarquille les yeux, puis observe de nouveau son reflet, la mine dépitée. Il chouine légèrement, et il n'en faut pas plus à Sabo pour enfoncer le clou une dernière fois.

— J'espère que tu n'as prévu de visio avec ton mec…

Le petit brun tacheté de rose baisse la tête, se mord la lèvre, semblant réfléchir à ce qu'il devait faire pour effacer ce carnage… Surtout s'il doit se montrer devant Law comme ça ! Non, c'est hors de question… Il n'avait pas prévu de faire un cosplay bas-de-gamme de la Panthère Rose, à la base !

Puis il sourit, après avoir pris conscience d'un fait.

— Nan, on fait jamais de visio. D'ailleurs, en y pensant, je ne sais même plus à quoi il ressemble, Law…

Il hausse les épaules, pas plus concerné que ça. C'est au tour de Sabo d'être sur le cul, devant cette information digne de son petit-frère. Du Luffy tout craché, ça...

— Attends… Tu parles à un mec depuis des semaines… Tu ne sais même pas qui c'est, ni à quoi il ressemble ? Tu l'as déjà rencontré, au moins ?
— Ah oui ! Dans un bar ! J'étais avec les copains, lui avec les siens et on s'est échangé nos numéros. J'crois que j'ai beaucoup insisté et qu'il a cédé. Mais je ne me souviens plus de sa tête...

Sabo le fixe, pas si étonné que ça par la situation. Après tout, c'est Luffy, s'il décide qu'il veut être pote avec quelqu'un, la personne en question n'a pas vraiment son mot à dire. Luffy lui-même n'a pas dû prévoir qu'il développerait des sentiments plus forts pour ce fameux médecin. Néanmoins… Un nouveau sourire factice se fait voir sur le visage du blond, une idée en tête.

— Ça serait peut-être une bonne idée de lui proposer un appel vidéo, pour te souvenir de son physique...

Luffy se pince les lippes toujours devant le miroir.

— … Moui… T'as raison, ça pourrait être-... Eh non ! T'essayes de m'avoir, mais non ! Je n'appellerais pas Law tant que j'ai ça sur la tronche… D'ailleurs, t'as dit que ça ne partait pas sur la peau, mais ça part sur la baignoire ?

Sabo met du temps à traiter l'information. Ses bras se croisent, ses sourcils se froncent alors que sa respiration s'emballe légèrement.

— Cours, Luffy. Cours vite.

Ni une, ni deux, le benjamin prend ses jambes à son cou en hurlant à la mort, rapidement suivi par son grand frère, qui résiste à mettre ses mains sur ses oreilles pour pouvoir supporter ses cris. C'est qu'il a de la force dans les poumons, ce petit con.

Luffy parvient tout de même à s'enfermer dans la salle de bains, claquant la porte au nez de son frère, sans aucun scrupule. Sabo tape un peu sur le battant, lui promettant mille et une menaces de mort, avant de partir en grognant entre ses dents serrées.

Ils ne savent pas encore qui aura la peau de l'autre en premier, mais les paris sont ouverts.

Luffy soupire de soulagement en entendant les pas de son aîné s'éloigner, puis sort son portable de sa poche, mordillant ses lèvres. Il hésite à envoyer un message à Law. C'est vrai qu'il ne sait plus à quoi il ressemble, mais ce qu'il sait, c'est qu'il aime vraiment beaucoup sa voix. Et là tout de suite, il a une drôle d'envie, en voulant vraiment lui parler…

Lentement, il écrit quelques mots, espérant avoir une réponse dans la journée.

"Coucou Torao… Dis, si tu as un peu de temps aujourd'hui, tu peux m'envoyer un message pour que je t'appelle ? Je crois que Sabo veut me tuer…Encore..."

Hésitant encore quelques secondes, il se rend compte que ce n'est pas dans ses habitudes de s'inquiéter pour rien, donc il appuie sur le bouton d'envoi, laissant ensuite son téléphone de côté.

Il se relève du sol, puis va vers la baignoire pour la remplir d'eau, en espérant nettoyer un peu ses dégâts, sans même penser à laver les taches sur l'acier émaillé qui risquent de teinter l'eau d'un doux rose…

Mais Luffy n'y pense pas.

Et Luffy va certainement finir couleur crevette, empirant son cas sans s'en rendre compte...


Chez Kidd

Killer sort de la salle de bain, frottant ses longs cheveux avec une serviette. Il se dirige vers le salon, puis jette un coup d'oeil vers le balcon, pour voir où en est son pote dans ses actes héroïques.

… Et sur quelle vision tombe-t-il ?… C'est à se demander pendant une seconde si Kidd a prévu de se suicider.

Il avance lentement vers la porte-fenêtre, tendant l'oreille pour tenter de capter ce qui se dit. Ce qui n'est pas très compliqué avec la voix rocailleuse de son pote, qui pourrait réveiller le quartier entier juste en en saluant quelqu'un.

Debout sur la balustrade, se tenant au balcon de la mamie du troisième, Kidd est littéralement au-dessus de six mètres de vide. Ça n'a pas l'air de le déranger pour un sou, tapant tranquillement la causette à sa nouvelle amie du troisième âge.

Killer est vraiment en train de se poser des questions sur la relation que le punk entretient avec la mémé. Est-ce Kidd cherche à se la taper, tellement en manque après ces semaines de confinement ? Ca ne serait pas impossible, il ne faut pas oublier qu'il est capable de tout et n'a aucun scrupule. Kidd est totalement le genre de personne à expliquer son choix avec le fameux dicton : "C'est dans les meilleurs pots qu'on fait les meilleures soupes".

… Killer préfère ne pas s'imaginer des choses, en fait. Mais si un jour, il ne trouve pas son pote sur son balcon… Ouais, non, vraiment, il ne veut pas aller plus loin dans le fil de ses pensées.

— …. Kidd ?

En entendant son nom, le grand roux se maintient d'un bras aux barreaux du balcon du dessus et s'accroupit sur la rambarde. Il apparaît avec une cigarette au coin des lèvres.

— Quoi ?
— … Je peux savoir ce que tu fais ?

Un sourcil inexistant se lève, tandis qu'il recrache une bouffée de fumée.

— Bah, j'discute. Pourquoi ?
— … C'est un truc que tu ne sais pas faire, habituellement, Kidd.
— … Bâtard. Je sais aligner deux mots pour parler à quelqu'un quand même, t'abuse !

Au tour de Killer de montrer une mine sceptique, en croisant les bras sur son torse. Il parle un peu plus bas.

— … Tu cherches quand même pas à lui rentrer dedans ?
— Mais non, j'vais pas la tuer, t'as cru. On sauve le quartier ensemble.

Killer le fixe, tentant de lui faire passer un message et lui faire comprendre le vrai sens de sa question. Une taffe plus tard, Kidd blêmit à vue d'oeil, malgré son teint déjà blanc comme la cuvette des toilettes.

— … T'es dégueulasse, Killer. La vieille me parle de ses gosses ingrats, pas de ma teub. Faut que t'arrêtes les pornos avec des MILF… Tss…

Jugeur, Kidd adresse un dernier regard à son ami, avant de se remettre debout et de parler à son acolyte du troisième âge.

— Eh, la vieille, t'en as pas après mon chibre ?
— … Ton quoi, jeune homme ?
— Ouais, c'est bien ce que je me disais. Killer est vraiment en train de virer dingue.

Il baisse juste la tête pour observer le blond, toujours planté à sa place.

— … C'toi qui a envie de baiser. T'es en manque, j'vais peut-être te payer une pute. Paraît qu'elles sont en galère, ça sera un nouvel acte de bonté de ma part. Une bière, tu tires ton coup.
— … On dit : "Une pierre, deux coups", Kidd.
— Je réinvente des expressions. C'est une métaphore. Tu comprends rien, Killer...

Ledit Killer secoue la tête, dépité, tandis que la petite vieille rigole, une main devant la bouche, devant cette querelle. Elle croit avoir compris les suppositions de l'autre jeune d'en dessous. Elle n'est pas folle, la vieille, même si elle ne dirait pas non à une petite partie de jambes en l'air, elle ne le fera pas avec le punk du quartier. Elle n'est pas sûre d'en sortir vivante. Mais tout de même, il n'y a pas à dire…

… Kidd est généreux.


Chez Zoro & Mihawk

Zoro est sorti visiter le monde.
Enfin, il est parti faire ses courses. Ce qui équivaut pour lui à une visite complète de la ville, le temps de trouver son chemin.

Il commence à être en rade de bières, et peut-être d'autres aliments, mais il a déjà oublié le reste. Il n'est pas du genre à s'encombrer d'une liste de courses. Ses mains servent uniquement à porter des packs d'alcool, des poids ou des sabres. Pas un vulgaire bout de papier. Il a déjà son attestation de déplacement, qu'il a vaguement recopié sur une feuille, c'est déjà pas mal.

Déambulant dans les différents rayons, à la recherche des caisses qui n'arrêtent pas de changer de place, Zoro finit par s'arrêter en voyant l'objet de sa convoitise.

Non, pas les bières, ça, il a déjà pris son énorme pack avec lui. Peut-être que "convoitise" n'est pas le bon mot à utiliser dans ce genre de cas. Mais son intérêt se porte tout d'un coup vers l'unique personne de ses fantasmes de combat. Fantasme est le bon mot, parce que, définitivement, le RP ne fonctionne pas.

Mihawk. Lui aussi en train de faire ses commissions. Même avec son masque et ses gants, il le reconnaît. L'homme à la moustache soyeuse, cachée sous son bout de tissu, ne semble pas l'avoir remarqué. Zoro le voit laisser son chariot au bout d'un rayon, avant de pénétrer dans l'un d'eux.

Ni une, ni deux, un instinct de survie primal s'empare du jeune homme, qui s'approche du caddie, repousse un peu les aliments qui s'y trouvent… Il passe une jambe au-dessus de la ferraille, puis l'autre, et s'assoit au fond du chariot, son pack de bières contre lui.

Il ne bouge plus, attend. Peut-être que Mihawk ne le remarquera pas…

Mais que nenni ! Qu'elle n'est pas la surprise, pour notre Sugar Daddy, de voir un Marimo tout frais dans son caddie ?

— … Je peux savoir ce que tu fais, Roronoa ?
— … Je rentre avec toi. Je veux pas retourner chez moi.

Mihawk se retient de passer ses doigts sur ses yeux, les gestes barrières priment, mais son désappointement se lit clairement sur son visage.

— Et pourquoi venir dans mon chariot, au lieu de m'aborder normalement ?
— Tu ne peux pas me virer comme ça, t'es obligé de m'emmener avec toi.
— … Mais je ne suis pas sûr que tu passes à la caisse, jeune homme.

Zoro hausse les épaules, déterminé dans son plan de génie.

— Je m'en fous. On pourra passer chez moi pour récupérer mes sabres ?
— Ce qui est dans mon caddie n'est pas censé parler et encore moins m'imposer des choses.

Zoro se tait, sûrement un peu boudeur, mais il retient tout de même une chose : Mihawk n'a pas dit non. Mettant ce qu'il a entre les mains dans son caddie, chapardé par l'envahisseur, le brun tire ensuite son chariot dans le magasin, avec le jeune homme dedans. Se rendant compte de la situation, cinq minutes plus tard, Zoro finit par s'imposer.

— Finalement, je vais descendre et marcher.
— Oh non. Tu y es, maintenant, tu ne bouges plus.

Humiliant ? Si peu.

Zoro n'est pas mécontent de son plan, dans les grandes lignes. Il va peut-être pouvoir survivre à cette épidémie, et en gardant toute sa tête. Il va peut-être même pouvoir manger des bons petits plats, vu ce qu'il voit dans la liste de Mihawk.

Et il a son pack de bières sacré.

Il va juste falloir qu'il trouve un moyen de regagner sa crédibilité et de convaincre le plus vieux d'aller chercher des affaires chez lui, sans qu'il ne l'abandonne à son sort dans le hall de son immeuble.

… Décidément, ce n'est pas encore gagné.


Chez Shanks

— One beer, please !

Un petit son lui indique que sa prononciation n'est pas si mal et l'encourage à continuer.
Parce que oui, Shanks s'est trouvé une nouvelle vocation lors de ce confinement et surtout, dans sa quête d'une meilleure vie. Du coup, il s'est inscrit sur un site gratuit -radin quand même- pour apprendre des langues.

— Ein Bier, bitte !

Le bruit de la réussite se fait de nouveau entendre. Shanks aime beaucoup ce nouveau jeu.

— Una cerveza, por favor !

Même lui s'impressionne ! Il ne pensait pas être aussi facilement polyglotte !

— Beeru ippon, kudasai ! …. Aaah, beaucoup trop facile.

Son but, avec ce nouvel apprentissage ? Mais voyager, pardi ! Visiter le monde, une fois que le confinement sera levé ! Rester enfermé dans son appartement pendant toutes ces semaines lui a bien appris une chose : Il a besoin de voir du pays.

— 'Ekahi pia, ho'olu ! …. Oh oui, celui-là, il faut que je le retienne ! Pour voyager au soleil !

Du coup, il apprend ! Certes, pour le moment, ce n'est qu'une phrase, mais ne serait-ce pas la plus importante ?!

— Ehn irl, tahk !

Il soupire lourdement, faisant une pause dans ses "cours". C'est que ça demande de l'énergie pour faire fonctionner son cerveau et sa mémoire, tout ça. Il prend une nouvelle gorgée de sa précieuse boisson au houblon, et une idée soudaine lui vient.

— Il faut absolument que je montre mes progrès à Ben !

Parce que oui, Shanks a eu la confirmation que son ami allait bien. Du coup, maintenant, il le harcèle. Les premières semaines ont été difficiles pour tout le monde, mais depuis qu'il a entamé sa nouvelle vie, visant uniquement son bien-être et sa santé, il sent qu'il a beaucoup plus de temps pour ses proches.

Prenant son portable, Shanks tape le nom de son vieux camarade dans son répertoire et place son téléphone à son oreille. Quelques sonneries plus tard, une voix grave lui répond, le faisant sourire.

Oui ?
— Una birra, per favore !
… C'est quoi, ta nouvelle lubie ?
— J'apprends des langues ! Pour pouvoir voyager ! Tu en penses quoi de mon accent italien ? … Attends, attends, ne dis rien, on va plutôt parler de mon accent anglais? Ecoute ça : One beer, please !

Un long silence se fait entendre de l'autre côté du combiné, mais le roux ne se dépêtre pas de son sourire et insiste.

— Alors ?
… T'es en train d'apprendre des langues, ou seulement une phrase dans plusieurs langues ?
— … Bah, je commence par apprendre une phrase dans plusieurs langues. "Une bière, s'il vous plaît." C'est le principal !
Mhmh… Et qu'est-ce que tu sais dire d'autres ? Tu sais te présenter ou demander ta route ?
— …. Non. Mais ce n'est pas le plus important, Ben !
Pour pouvoir trouver un bar dans un pays que tu ne connais pas, tu dois pouvoir demander la direction dudit bar, Shanks…

… Il n'a pas tort. C'est vrai que pour pouvoir demander une bière, il faut être au bon endroit. Toutefois, Shanks est persuadé qu'avec son odorat sur-développé et ses instincts primaires, il trouvera où s'abreuver sans soucis.

— Tu ne m'aides pas, Benn ! Encourage-moi et félicite moi !
Je te féliciterai quand tu sauras dire autre chose…. Je te laisse, bon apprentissage.

Et il raccroche. Shanks boude un peu, parce que son pote n'est vraiment pas gentil.
Mais il a raison. Il ne peut pas apprendre que ça… Petit un, parce qu'il est vrai que ce n'est pas très impressionnant. Petit deux… Il ne va pas boire que des bières à l'étranger, il en aura vite marre.

Shanks tape donc une nouvelle phrase dans son traducteur magique, puis recommence son apprentissage, qui donnera peut-être plus de sens à sa vie…

— One glass of rum, please !

… Ou pas.


Chez Marco

— Et donc, pour la deuxième question, on part sur une vingtaine de lignes ?
— Ça me semble pas mal, oui. Marco, tu en penses quoi ?

Le blond cligne des yeux, en entendant son nom. Il a du mal à rester concentré sur la réunion. Ses collègues ont l'air de le remarquer, l'un d'eux reprend la parole.

— T'es sûr que ça va, Marco ? Tu as l'air épuisé.

Épuisé ? C'est un euphémisme. Ace est en train de le tuer à petit feu… Entre l'attention qu'il doit porter à ses élèves pour la dernière ligne droit, les réunions pour finaliser les examens et son amant chaud du cul qui trouvent des nouvelles conneries à faire tous les jours… C'est un peu trop pour lui.

— Oui, ne vous en faites pas, j'étais juste ailleurs… Vingt lignes, ça fait peut-être beaucoup pour la question deux. Une dizaine lignes sera suffisant pour ressortir les définitions, yoi…

La discussion argumentée reprend entre ses collègues, qui finissent par abdiquer sur ce qu'il vient de dire et passent à la suite du questionnaire. Marco ne peut s'empêcher de jeter un oeil sur Ace, devant lui, qui a décidé de faire une séance de sport en boxer devant la fenêtre pour prendre un peu le soleil. Et faire baver la voisine d'en face, certainement, même si ça n'a pas été explicitement annoncé par le brun.

Il ne préfère pas commenter la tenue d'Ace, finalement. Il doit plutôt faire attention à l'angle de sa caméra et ne pas trop bouger. Parce que son homme a décidé d'une nouvelle règle dans son appartement, sans trop lui demander son avis. Apparemment, lui et sa libido sont tombés d'accord, et ce simple fait est une raison suffisante, selon lui, pour cacher tous ses pantalons. Et c'est presque s'il ne doit pas s'estimer heureux qu'Ace n'ait pas volé ses sous-vêtements en plus.

Soupirant discrètement, il tente de se concentrer sur la réunion, profitant du calme et de la discrétion de son petit-ami. Pour une fois.

Enfin, ça, c'est jusqu'au moment où il tente de faire un étirement en posant son pied sur le rebord de la fenêtre et perd l'équilibre, tombant dans un grand fracas.

Marco n'a même plus la force de réagir.

La conversation s'arrête de l'autre côté de son écran, cherchant d'où provient ce bruit.

— Euh… Marco ?
— C'est rien. C'est mon chat.

Ace relève la tête, en souriant, les cheveux dans la tronche. Marco a encore l'espoir que son amant comprenne qu'il doit se taire.

Ah ah ah…

— Euh… Miaou ?

L'animal semble se sentir plus à l'aise à force d'entendre la voix de ses collègues, finalement. Marco espère juste qu'il ne va pas se sentir TROP à l'aise… Qu'il ne fasse pas comme avec ses étudiants…

Ace, fier de son bruitage eco+, s'avance vers le canapé à quatre pattes, et vient poser sa tête sur la cuisse de son piou piou, frottant sa joue contre sa peau nue.

Marco garde son calme, il ne dit rien. Pas besoin, Ace sera toujours là pour en rajouter une couche et le ridiculiser encore plus.

— Miaou, miaou, miaou…

Il ne supporte pas la maltraitance sur les animaux… Mais là…

— Ah… Ouais j'ai entendu ça par des bruits de couloir. Le fameux "chat".

Des petits rires se font entendre dans l'ordinateur, ne rassurant pas du tout Marco. Il a naïvement pensé que ça resterait entre lui et ses élèves. C'était trop beau pour être vrai.

Et le regard de son amant nymphomane qui se prend pour un félin domestique ne l'aide pas du tout à rester serein. C'est limite si Ace n'est pas à deux doigts de lui demander de le nourrir avec son lait…

Ça va trop loin.

— Je réfléchis de plus en plus à la mettre à la fourrière.

Il sent le visage d'Ace se crisper contre sa cuisse, puis le jeune brun semble comprendre qu'il parle de lui. Il se redresse vivement, faisant voir à tout le monde son visage.

— Eh ! C'est pas gentil ça, Piou piou !

Marco le fixe, d'un regard lourd de sens, qu'Ace ne comprend pas. Évidemment. Il ne comprend que ce qu'il veut. Son homme fait une petite moue, passant ses doigts sur le col de sa chemise, avant de soupirer, défaitiste.

— C'est tout nul que tu travailles...

— J'ai compris… Je retourne faire mon sport.
— Mh. Fais donc ça…

Il lâche une dernière plainte audible, fait coucou aux collèges de son blond, se lève, sans résister à l'envie de montrer un bout de fesses à la webcam. Enfin, il retourne à sa fenêtre pour reprendre ses squats.

Des mines amusées lui répondent à travers l'écran, jusqu'à ce que l'un de ses collègues se racle la gorge.

— Donc… Pour la question 4 ? On fait quoi ?

Marco reprend sa fiche, soupirant lourdement, tandis que les discussions reprennent. Il doit rester professionnel. Ce qu'Ace ne l'aide pas du tout à faire, en se baissant éhontément en face de lui, le fessier bien contracté et la tête tournée vers lui, en lui lançant des oeillades ardentes

Maintenant, il est sûr. Il ne va pas survivre jusqu'au 11 mai.


Chez Law (mais pas que)

Une nouvelle journée terminée et une soirée de pause en perspective. Assis sur le banc du vestiaire commun, Law prend le temps de retracer une dernière fois ces heures coincé à l'hôpital, afin de laisser toutes les émotions négatives de son boulot ici, et retourner chez lui plus serein. Une fois un minimum calme et prêt à reprendre une vie de civil, il sort son téléphone de son casier et voit, comme à son habitude, de nombreux messages de Luffy. Ça ne lui paraît plus aussi incongru qu'au début, et il mentirait s'il disait qu'il n'attend pas ses messages plus ou moins chaotiques.

Se réinstallant sur le banc, dos à la porte, Law prend le temps de décrypter les sms du petit brun, qui sont parfois à la limite de l'énigme. Un petit sourire prend inconsciemment place sur ses lèvres. Voyant son dernier message en date, il lui répond de manière succincte, pour lui dire qu'il a terminé et qu'il peut l'appeler quand il veut.

Néanmoins, il oublie une chose… Si lui a fini sa journée… C'est également le cas de son équipe.

Sentant un souffle contre son oreille, le médecin sursaute légèrement. Il entend une voix camouflée par un masque lui murmurer quelques mots amusés, lui donnant un frisson peu rassurant.

—… C'est qui Luffy ?

Il sent directement un autre souffle de l'autre côté de sa tête, ne lui indiquant rien de bon.

— … T'es beaucoup sur ton portable Law… C'est louche…

Law éteint son écran, puis se redresse, en posant son portable sur le banc.

— Ça ne vous regarde pas.

Il ouvre son casier, sortant ses affaires pour prendre une douche et se changer avec ses vêtements personnels. Mais c'est sans compter sur ses deux infirmiers, qui ont bien décidé de jouer les curieux.

— … Luffy…. Luffy… Ça ne me dit rien. Et toi, Penguin ?
— Nope. Non plus… Mais je pense que c'est une piste à creuser, tu ne crois pas ?
— Oh, si je crois bien…
— … Est-ce qu'il n'y aurait pas de l'amour dans l'air ?
— Oh ! Mais c'est ça, cette odeur ? Je croyais que c'était la bétadine, mais non ! C'est l'amour !

Law soupire lourdement, tentant tant bien que mal de leur montrer qu'il les emmerde, mais rien n'à faire, ils sont décidés.

— … Law… À un amoureux…
— … Qu'il ne peut pas voir à cause du confinement…
— Ce n'est pas mon "amoureux"... -Tente de se faire entendre -sans succès- Law.
— Quelle histoire d'amour Shakespearienne ! Il faut faire quelque chose pour l'aider !
— Mais oui ! Au pire Law, tu coches la case "Autre" dans les motifs sur l'attestation et tu notes : "A une histoire d'amour sur le feu, qu'il faut consommer !"

Shachi tapote son menton avec ses doigts, dans une position de penseur, et lève son index pour exposer un nouveau plan.

— Ou alors ! Non, j'ai mieux ! On t'y emmène, on coche la case : "Assistance en personne dans le besoin". Le besoin, c'est ta vie amoureuse, parce que faut vraiment faire quelque chose avec ton néant sentimental, c'est urgent….
— Non merci.
— Tu ne fais vraiment pas d'efforts, Law ! On te trouve des solutions toutes faites, là !

Claquant la porte de son casier, espérant clore la conversation de ce geste, Law commence à enlever sa blouse et ses vêtements de travail, pour les mettre à laver. Aucun habit médical ne sort plus d'ici, mêmes les chaussures sont soumises à une décontamination, c'est pour dire…

Les deux autres sont toujours en train de discuter de sa vie amoureuse inexistante, sans son accord, tandis qu'il se retrouve rapidement torse-nu, exposant ses tatouages sans pudeur.

… Jusqu'à ce que son téléphone sonne sur le banc. Tout le monde s'arrête de bouger, Law se retourne bien trop lentement, alors que Shachi a déjà pris l'appareil en main et a appuyé sur la touche verte d'appel.

— Bonjour, petit nouveau amoureux de Law ! Ici le standard du téléphone du Docteur Trafalgar. Comment ça va ? On a des plans à te proposer pour te permettre de déguster du chibre trafalgarien, ça te tente ?

Law, choqué, observe la scène qui se passe devant lui, ahuri. Il ne vient pas de dire ça, non ? Non… Il n'a pas pu dire ça…

De l'autre côté du téléphone, Luffy est encore plus rouge que l'éosine qu'il s'est collé sur la tronche. Complètement buggé par les mots "amoureux de Law"... Il n'arrive pas à s'en remettre. Prononçant juste quelques sons indistincts dans le combiné, il entend néanmoins la voix de deux hommes, qui tentent de communiquer avec lui.

Passant dans le salon, Sabo voit l'état de son frère, qui a une expression similaire à si on lui avait annoncé qu'il y avait une pénurie de viande. Il tente de bouger sa main devant ses yeux pour le faire réagir, mais rien à faire. Déjà qu'il a l'air stupide avec sa peau toute rose dû au produit dans le bain, si en plus il rougit pour rien, ça ne va pas l'aider.

Il prend délicatement le téléphone entre ses doigts, faisant attention au petit brun complètement amorphe qui marmonne, puis porte l'appareil à son oreille.

— Oui ?
— Petit amoureux de Law ?

Sabo lâche un rire, posant ses fesses sur le dossier du canapé, dans une position très détendue.

— Perdu, le grand frère. Luffy a complètement vrillé, il n'est plus en état là.
— Ah ! Et bah ça tombe bien, parce que Law se tape la tête contre son casier, donc il n'est plus en état de discuter non plus. Mais, on a quand même des plans pour les marier, et qu'ils fassent des bébés.
— Ah. Alors, ok pour le mariage, non pour les bébés. C'est direct… Par contre, s'il veut le prendre avec lui pour le reste du confinement, je ne suis pas contre.

Penguin et Shachi se regardent, avant d'observer leur chirurgien, au bout de sa vie.

— Law ? Je crois que son frère cherche à s'en débarrasser, t'es sûr que c'est un bon parti ?
— Vos gueules….

Il trouve la force de se décoller de son casier, s'approche de ses "amis" à toute vitesse, et parvient après un combat acharné de deux secondes à reprendre son téléphone et à raccrocher sous les plaintes surjouées des deux infirmiers.

Law soupire, en se passant une main dans les cheveux. Plus jamais ça….

— Occupez-vous de choses plus importantes.
— Mmh… Les problèmes actuels qui tournent en boucle et qui ne vont pas en s'améliorant ou les potins de ta vie amoureuse…. Penny ?
— Potins.
— C'est bien ce que je me disais…
— Vous me faites royalement chier.

Shachi renifle, en boudant faussement. Law range précieusement son portable et reprend son déshabillage pour aller à la douche, vite interrompu par quelques mots qui lui donnent froid dans le dos.

— Et Cora, il est au courant de ce futur mariage ?

De l'autre côté de la ville, Sabo est surpris par ce brusque son de fin d'appel, mais hausse les épaules. Luffy bug toujours, la bouche entrouverte, jusqu'à finalement se laisser tomber sur le canapé, ses deux mains sur son visage.

Sabo examine le portable de Luffy, son petit frère et refait ce manège plusieurs fois, jusqu'à aller dans son répertoire et prendre son propre portable. Il note soigneusement le numéro de ce fameux Law dans son téléphone, sans que son benjamin ne remarque quoi que ce soit.

Ça pourra toujours lui être utile...


Chez Nami

Nami laisse un soupir lasse franchir la barrière de ses lèvres. Elle repousse son matériel, avant de s'affaler sans grâce sur sa chaise.

— J'en ai marre, Nojiko. J'arrête.

Nojiko relève un oeil sur sa soeur, sans arrêter sa couture.

— Tu ne veux plus faire de masques ?
— Ça fait plus de deux semaines qu'on ne fait que ça, No' ! J'ai les doigts abîmés, ma manucure est foutue et on ne va pas se mentir, on ne se fait pas tant de fric que ça !
— Tes potes n'ont pas réglé leurs factures ?

Le jeune femme fait la moue, regarde l'état de ses mains, comme pour se convaincre encore une fois d'arrêter les frais.

— Sanji si…. Les autres, non. Zoro ne répond même plus au téléphone. Et Luffy n'a pas compris à quoi ça servait, il m'a envoyé une photo de lui avec un des masques sur les yeux, alors bon…

Nojiko a un petit rire en écoutant les aventures de ses arnaques. Comme quoi, une fois que sa soeur n'est plus dans les parages, les autres ne font plus aucun effort.

— Bien…De toute façon, tu vas avoir tes examens, non ?
— Sous forme de devoir-maison... On a un mois pour les faire…
— Mh… Dans ces cas-là, il va falloir que tu trouves une nouvelle occupation…

La rousse soupire encore lourdement, les iris rivées sur le plafond.

— … Je crois que je vais commencer par faire un spa maison. J'en profiterais pour réfléchir à un nouveau plan de roublarde.
— Mh, mh… Fais donc ça. Histoire d'être présentable d'ici le 11 mai…

Nami tourne la tête pour observer sa soeur, l'air méfiant, alors que cette dernière lui sourit, faussement innocente.

— … Je vais faire comme si je n'avais rien entendu.

Vexée par la sous-entendu, elle claque ses mains sur la table et va s'enfermer dans la salle de bain. Elle croise son reflet et se détaille dans le miroir, dubitative.

… Bon, c'est vrai qu'il est peut-être temps de faire quelque chose pour rendre grâce à sa beauté naturelle. Parce que là… Elle la cherche.


Chez Rayleigh

— Et donc… À ce moment-là… On pourra se retrouver au bar, ni vu, ni connu…
Mh. Et ta femme est au courant ?
— CHUUUUUUT !

Rayleigh se retourne et laisse son regard glisser sur tous les coins de la pièce, pour vérifier que Shakky n'est pas cachée quelque part, prête à le surprendre dans sa conversation téléphonique privée et secrète.

Le vieux gribou n'a pas abandonné son plan de faire une contre-soirée au bar, en révolte contre le confinement pour les vieux qui veulent juste profiter de leur vie. À défaut du Covid, Ray est persuadé qu'ils vont mourir de vieillesse avant la fin de cette crise… Ce n'est pas juste ! Il est sûr qu'aller dans un bar avec d'autres vieux (dans un regroupement de moins de dix personnes), cachés aux yeux du monde, ça ne fera de mal à personne !

Sauf à lui, si Shakky est l'apprend et décide de lui mettre des coups de tatanes.

Il se reconcentre sur l'appel, avec son vieil ami Newgate et continue de chuchoter.

— Évidemment que non, elle n'est pas au courant ! Je prends la clé, et on se rejoint dans deux jours, au bar !
— Mais vieux fou, tu sais que Shakky va vite se rendre compte que tu n'es plus là ? De même pour mes infirmières… Et si c'est Marco qui vient me chercher, je ne suis pas sûr qu'il sera très patient…

Les deux hommes rigolent de leurs conneries, comme des adolescents sur le point de nier l'autorité parentale pour faire des bêtises. Puis ils reprennent leur sérieux, parce que, hé, ce sont des adultes.

— Je m'occupe de ma femme, t'inquiète pas ! Trouve plutôt une solution pour tes infirmières, elles sont dangereuses et nombreuses ! Faut aussi que je prévienne les autres… Fais passer le message Ed ! Les vieux partent en révolte !
… Ce sont des grands mots pour dire qu'on va picoler, Rayleigh.
— Oui. Mais à l'extérieur… J'ai jamais été aussi impatient de ma vie, je-...
— Impatient de quoi, honey ?

Rayleigh se fige, les yeux écarquillés, avant de se retourner lentement vers sa femme, qui le fixe contre l'embrasure de la porte, un petit sourire en coin.

Oh… Quelqu'un a des ennuis…
— Chut ! Je te rappelle !

Il raccroche le téléphone en deux-deux et se lève de sa cachette en souriant à sa femme.

— Mais rien, bibiche ! Tu me connais !
— Mhmh… Oui, je te connais. Et tu ne sors pas. De toute façon, les clés du bar sont cachées, tu ne les trouveras pas, et tout est scellé à l'intérieur pour ne pas qu'il y ait de vol. Bonne chance pour faire sans…

Lui souriant une dernière fois, sa femme se détourne pour le laisser seul avec ses pensées.
Mince…Ça ne joue pas en sa faveur, ça… Il soupire, tout triste et en faisant la moue, même si Shakky n'est plus dans son visu.

… C'est une démone. Il n'y a pas d'autres mots…

Reprenant son téléphone, il recompose le numéro d'Edward Newgate, qui décroche.

Oui, Ray ? Tu t'es fait gronder ?
— … Pas encore. Mais il faut qu'on change de plan...


Chez Dragon

"Le Parti…", Parti avec un grand P, "recherche le pouvoir pour le pouvoir-". Virgule….

Dragon a repris ses esprits. Adieu les chemises hawaïennes douteuses et les cocktails. Un simple constat de son reflet lui a remis en tête l'image de son père, et la machination de ses subordonnés a pris fin.

— ... "-exclusivement pour le pouvoir." Point. Marthy, tu arrêtes de triche.

Ledit Marthy baisse sa tête sur sa copie, tandis que son voisin fronce les sourcils et remet le classeur entre eux un peu mieux, pour lui cacher sa feuille.

"Le bien des autres ne l'intéresse pas." Point.

Du coup, Dragon a poussé sa gueulante de sa voix froide et posée, avant de forcer ces abrutis à ranger leurs conneries et à rentrer à l'intérieur. Il a troqué ses habits de vacances pour sa fameuse cape noire, tout en réfléchissant à une punition adaptée.

"Il ne recherche ni la richesse" virgule, "ni le luxe", virgule", "ni une longue vie", virgule, "ni le bonheur". Point.
— Boss ! Vous allez trop vite !
— Vous pouvez répéter ?
— Chuuuuut ! Y'en a qui sont concentrés !
— Tss… Lèche-cul, va.

Dragon darde son regard le plus noir sur ses hommes, les faisant taire. Il répète sa phrase, calmement, en continuant de marcher à travers les tables pour vérifier que tout le monde note ce qu'il dit.

Parce que, oui. C'est la punition.

Une dictée.

Des plaintes arrivent à gauche, à droite de temps en temps, vite calmées par un coup de règle d'un camarade ou d'un coup de pied dans une chaise.

Ça fait maintenant une heure que Dragon récite les mots de , de 1984, soigneusement choisis pour leur rappeler pourquoi il a créé ce QG et ce mouvement.

— "Il ne recherche que le pouvoir" Point. "Le pur pouvoir" Point.

Et s'ils pensent être au bout de leurs souffrances, c'est mal connaître leur chef. Dragon a passé une commande anonyme pour recevoir dans un lieu préétabli -pas directement dans leur QG, ça serait débile- une collection des livres de cet auteur, qu'ils devront lire pour en faire des dissertations.

Les vacances sont terminées, et il est temps qu'ils réfléchissent tous à des plans pour renverser ce gouvernement qui continue de prononcer des inepties à la minute.

Alain Damasio a dit : "Pour le déconfinement, je rêve d'une chose simple : un vrai carnaval des fous, comme au Moyen-Âge, qui renverse nos rois de pacotille. Un carnaval immense, dès le 12 mai. Avec des masques fabriqués, artisanaux, inventifs, et ce mot de désordre : « Stop ! On ne reprend pas les choses comme avant ! On ne reprend pas ce monde tel qu'il est. Gardez-le, ce monde du burn-out, de l'exploitation de tous par tous, du pillage généralisé du vivant ! Halte-là ! On ne reprend aucun de vos produits : ils sont périmés ! »".

Et s'il doit prendre le rôle du roi des fous pour arriver à ses fins, il le fera.

Mais avant ça…

La dictée.


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