Me revoilà ! Désolée pour le petit temps de latence mais ce chapitre m'a donné du fil à retordre.

Bonne lecture !


CHAPITRE 4

Rencontres

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« Avez-vous une famille, M. Stark ? »

« Non. »

« Alors vous qui avez tout, en réalité, n'avez rien ? »

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Cœur battant, souffle court, en sueur et sur les nerfs. Ses réveils depuis son retour étaient tous les mêmes. La seule nuit à peu près correcte qu'il avait passé avait été une perte de connaissance de trois heures dans son armure en mode veille. Les idées de génie se noient dans son stress post-traumatique et les récents événements ne le poussent pas dans la bonne voie. Il le sait, il le sent, mais il s'en fou. Son temps est limité, l'empoisonnement au palladium gagne du terrain.

Quand Yinsen lui avait posé cette question la réponse était évidente. Ni Rhodes, ni Pepper ne lui étaient apparus. Pas même Stane qui avait veillé sur lui depuis la perte de ses parents, jusqu'à ce qu'il le trahisse pour du papier vert et un pseudo pouvoir qui n'avait même pas de système de dégivrage.

Une fois toute l'aventure terminée, il avait fait ce rêve à nouveau, revoyant l'homme lui poser la question. A chacun de ses réveils, la réponse demeurait la même : non. Il tentait de comprendre, de s'attacher à Rhodes mais militaire oblige. Surtout que depuis qu'il déconne son « ami » et le meilleur avait tenté de faire main basse sur Iron Man avec l'armée et le gouvernement à l'appui. Heureusement qu'il avait tout conservé. Mais la tentative avait été faite, la trahison était commise. Peut-être qu'en effet il dramatisait, qu'il devait voir un de ces liseurs de comportement qu'ils appellent psychologue et entamer une thérapie. C'était une foutrement bonne idée… mais il ne voulait pas. Il ne se sentait pas à l'aise ni en confiance.

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« Ils me disent d'aller voir un… un psy ! »

« Qu'en pensez-vous ? »

« Je… je ne suis pas fou. »

« Non, certainement pas. Mais vous avez certainement besoin d'aide, d'une oreille et de conseils. »

« Je n'ai pas envie. J'ai ce… ce blocage. Et puis à quoi bon ? Je suis condamné. »

« Alors n'y aller pas. »

« Sérieux ? »

« Oui. Mon parrain m'a dit une fois, qu'une thérapeute lui a affirmé qu'il n'avait rien à faire dans son bureau puisqu'il y était forcé. Le début du travail c'est d'accepter que l'on est besoin d'aide. Le pas suivant, c'est de la trouver par soi-même. Si cela vient d'autrui, le résultat est biaisé dès le début de l'expérience. Vous connaissez ce genre de chose, non ? Les psys demeurent des scientifiques de sciences humaines. Eux aussi répondent à des méthodes expérimentales avec des approches scientifiques. Ce qui ne fonctionne pas pour une machine, ne fonctionne pas pour le vivant. Forcer quelqu'un ne donne pas un aussi bon résultat que s'il l'avait fait par lui-même. Un jour vous serez prêt à vous soigner, physiquement et psychiquement. Ce jour-là, appelez-moi. »

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Pepper n'était pas la solution non plus. Il essayait, il s'acharnait pour réussir mais… des fraises ! Il s'était souvenu d'un rapport entre les fraises et Miss Potts mais elle n'avait vu que son allergie ignorée par Tony. Elle voyait les réunions manquées et l'entreprise. Peut-être n'était-elle pas la solution ? Mais il avait besoin d'elle. Cette femme forte, fidèle, une battante à qui il avait laissé les secrets de sa vie. Et puis elle lui avait offert sa survie avec son cadeau « Preuve que Tony Stark a un cœur ». Bon il l'avait détruit, mais pas sans se sauver la vie grâce à cette attitude nostalgique qu'il ne comprend pas.

L'alcool faisait de moins en moins d'effet. Sentant le bout de ses doigts répondre, Tony se traîna jusqu'à une bouteille encore à moitié pleine à quelques mètres. Son effort fut interrompu par deux escarpins aux talons vertigineux blanc neige, chaussés par deux longues et belles jambes.

« … courrez. » Baragouina-t-il la bouche pâteuse en l'imaginant faire un jogging entre deux réunions.

« J'aimerais bien mais j'ai une entreprise à faire tourner. » La réplique acerbe, typique ces derniers jours lui fit ni chaud ni froid, en revanche le soupire qui suivit l'inquiéta. « Tony j'ai bien réfléchis et je vous propose un accord. »

« Lequel ? Je refuse votre démission. »

« Je sais j'ai donc écarté cette option. » Aïe. Cette fois il était vraiment mal si elle anticipait autant c'est qu'elle allait faire carton plein. Il réunit les quelques neurones les moins imbibés d'alcool qu'il lui restait et essaya de se concentrer. « Je ne peux pas faire votre travail et le mien en plus de celui de Stane depuis son… accident d'avion. Et avec votre comportement actuel je n'ai même plus envie de m'occuper de vous. Il me faut de l'aide et… »

« Accordé. » Bon il l'avait coupé et au regard noir elle n'avait pas apprécié. Tant pis. Pour une fois qu'il lui disait amen, il avait cru à bien pire.

« Je m'en doutais également et j'ai fait une première sélection. Il reste trois personnes à recevoir en entretien. Choisissez celle ou celui qui conviendra. » Alors ça c'était super mauvais s'il elle complotait dans son dos comme ça. Il avait vraiment bien merdé. D'un autre côté, après une énième soirée arrosé qu'elle avait écarté, il l'avait vu dîner avec Happy. Pas qu'il est quoi que ce soit contre son chauffeur, au contraire c'est un chic type, mais ça la fou mal quand même. Il avait eu l'illusion, l'espoir un petit moment… plusieurs petits moments à dire vrai mais tant pis. Ce n'était pas plus mal finalement. « Tony ! » Oups. Reconnexion au monde réel.

« Non. » Hors de question que les choses se passent ainsi.

« Tony c'est… »

« Oui pour l'idée, non pour les CV. J'ai la personne idéale. Je dois simplement l'appeler. »

« Appeler pour un entretien Tony. Je vais recevoir cette personne et… »

« Ensemble. Je serais là. L'entretien se fait aujourd'hui dès qu'il est disponible. Chut j'appelle. »

Pepper ne savait pas comment prendre les choses. Son patron semblait avoir soudainement dégrisé et elle cacha sa surprise quand il mit le haut-parleur pour rassembler les cadavres de bouteilles dans un sac.

« Allô ? » Fit une voix masculine de l'autre côté de la ligne.

« C'est Tony. »

« … »

« Tu m'entends ? » Surprit, Tony s'approcha plus près du téléphone.

« Vous êtes un ivrogne Monsieur Stark. » La voix polaire glaça Pepper qui regarda l'appareil téléphonique avec surprise.

« J'ai du boulot pour toi. »

« Laissez-moi deviner, votre baby-sitter en a marre de ramasser votre vomi et vos tentatives d'excuses à coup de fraises ont à nouveau échouées ? »

« Tu es dur là. » Tony grimaça parce que bordel ce type lui renvoyait toujours tout dans la gueule quand il était de mauvaise humeur. « Pourquoi t'es dans une humeur pareil ? »

« Peut-être parce que toi et ta foutue assistante personnelle n'avez pas pensé à regarder l'heure avant d'appeler ? »

« Ah. Bon puisque tu es réveillé, un entretien ça te va ? Pour son poste. »

« Je te préviens immédiatement Stark ! Je ne suis pas là pour le ménage et dire oui à toutes tes conneries. Tes soirées tu les oublies et j'ordonne tu obéis ! »

Pepper frissonnait au ton glacial et tranchant de la voix. Elle était surprise de voir que quelqu'un parlait ainsi à son patron. Elle et Rhodes se permettaient quelques familiarités, de même que Happy au fur et à mesure mais pas de cette ampleur. Elle allait parler quand la voix s'éleva pour signaler sa présence à la Tour Stark à huit heures du matin fuseau horaire de New York puis raccrocha. A la fin de l'appel, JARVIS signala qu'un départ de la villa de Malibu immédiat était la seule solution pour arriver dans les temps.

Tony se précipita à son garage tout en hélant la rouquine pour qu'elle se dépêche. Le comportement était étrange mais elle suivit les directives sans broncher. Pepper ferma les yeux sur l'excès de vitesse exorbitant tout comme le fait que le conducteur ait plus d'alcool que de sang dans les veines.

Il ne tenait pas en place. Il allait le revoir ! Il ne l'avait pas recontacté parce qu'il s'était douté que le numéro n'était pas à utiliser à la légère. Il se sentait fébrile et impatient pour un gars rencontré dans un café il y a quelques mois. Le jeune arrivait, il ne savait comment, à le faire marcher au pas, à écouter et s'ouvrir autant qu'un Stark peut s'ouvrir donc quasiment pas. Mais il était détendu et avait confiance en cet inconnu. Diable ! Il le laissait même l'appeler « Monsieur Stark » alors qu'il en avait de l'urticaire en temps normal.

Le trajet fut d'une lenteur excessive à son plus grand regret. Quand il arriva dans la Tour, il se précipita en courant dans le premier ascenseur disponible, tirant Pepper par le bras pour qu'elle se hâte. Un enfant. Il était un enfant qui courait dans le salon pour Noël. Les employés entassés dans la boîte de métal avec eux n'en croyaient pas leurs yeux. Arrivés à l'étage du bureau officiel de Tony, ce dernier repartit en courant avant de faire un dérapage absolument pas contrôlé qui manqua de lui coûter une mauvaise chute.

« Vous avez dix-sept minutes trente-deux de retard, Monsieur Stark. » La voix claqua froidement alors que la personne se levait de son siège en toisant les deux nouveaux venus. « Cependant au vu de votre arrivée quelque peu cavalière, je doute me tromper en disant que vous avez fait au mieux. Je tâcherai de minimiser l'impact de cette attente lorsque je prendrais ma décision. »

« Très généreux. » Ne put s'empêcher de rétorquer Tony.

« Je trouve également. Puisque j'ignore l'absence d'hygiène de votre part, sans compter la tenue et le standing de la paire que vous êtes. Je vous fais les reproches, cependant je n'en fait aucun pour le moment à votre remplaçante temporaire le temps que vous ne vous repreniez en main. Vous me vouliez Monsieur Stark, assumez donc votre appel. »

Pepper était figé de stupeur. Devant elle se tenait un homme qui transpirait l'argent mais pas de la même façon que Tony ou leurs collaborateurs. C'était très différent. Il était très… noble.

« Je suis enchanté de faire votre connaissance Miss Potts. Lord Draconis Malfoy, pour vous soulager de l'enfant Stark ici présent. »

« Lord ? Tu ne m'avais pas dit que tu étais Lord ! »

« Je ne vous ai rien dit Stark hormis un numéro pour me joindre en cas de nécessité. S'en est un à ce que je vois. Avez-vous un logement ? »

« Penthouse en haut de la tour pourquoi cette… ? »

« Parfait. Il est grand temps de vous laver, raser, habiller et de vous soigner. Allons-y. Ah ! Et buvez ça. »

« Il y a quoi dans cette fiole ? Ça sent mauvais, on dirait de la boue et… pouah ! C'est immonde ! Que… » Babillait Tony sans s'arrêter tout en suivant le blond.

« Concoction contre l'ivresse. Dépêchons, j'ai beaucoup de travail qui m'attend. Soyons d'accord : je vous aide contre salaire, mais à côté j'ai mon réel emploi et je tiens à ne pas perdre ma clientèle alors ne m'obligez pas à sacrifier de mon temps pour ce service que je vous rends ou vous n'aimeriez pas ce qu'il vous arrivera. »

Pepper n'entendit pas la suite, les portes d'ascenseur s'étant refermées. Comment et où Tony avait dégoté un Lord était un mystère. Au moins son côté « nouveau jouet » tenait Tony pour le moment. Elle verrait pour un remplaçant d'ici une semaine ou deux.

Ce que Virginia Pepper Potts n'avait pas envisagé c'était la façon dont le nouveau venu conservait le mystère sur sa personne. Son identité même semblait être fausse puisque JARVIS n'avait rien trouvé. Pourtant quand elle avait voulu intervenir, il lui a simplement montré un document de la reine d'Angleterre signé par elle-même attestant son identité et sa relation proche avec la Couronne britannique. L'élément supplémentaire n'avait fait que d'exciter encore plus le génie.

Voilà un mois que le blond était présent et le monde entier parlait du nouveau Tony Stark et en accordait tous les mérites à Pepper qui ne faisait pourtant que regarder la tornade qu'était le duo. Peut-être que le blond n'était pas si bon que ça pour son supérieur ? Après tout il ne cessait de le pousser toujours plus loin dans les perfectionnements. Même si c'était positif pour l'entreprise, ce n'était pas toujours le cas pour le génie qui ne touchait pas terre.

En effet du jour au lendemain, littéralement, Tony se mit à être propre, à l'heure et présent à toutes les réunions. Il était pourtant de plus en plus malade, son teint devenait cireux et sa santé se dégradait à vue d'œil. Frustrée par son impuissance et certaine de faire le bon choix après ses observations sur deux mois, la rouquine décida de profiter d'un voyage d'affaire de trois jours de Tony pour appeler le blond et lui signaler la fin de son contrat.


Quelques temps plus tard...


Trois tours dans le sens des aiguilles d'une montre, saupoudrer le mélange de poudre d'Asphodèle puis tourner une fois dans le sens contraire avec un ustensile en argent pur avant d'attendre que tout mouvement cesse dans le mélange. Lancer le sort de finition et enfin tout mettre en bouteille.

Chaudron suivant…

Depuis un moment, Draco brassait sans relâche. A dire vrai, il travaillait tellement qu'il avait un grand stock de toutes les potions ordinairement commandées en masse, le mettant en position précaire. Il finissait toujours ses commandes sur le fil mais désormais il avait deux à trois commandes d'avance, ce qui lui permettait d'étendre sa clientèle pour continuer de travailler.

Travailler auprès de Stark avait été étonnamment rafraîchissant et agréable. Bien que l'homme était un véritable gamin hyperactif intenable. Il n'avait rien dit quand son assistante l'avait remercié mais n'en avait pas pensé moins. Tony ne l'avait pas rappelé mais l'homme était retombé dans ses anciens vices, désespérant ses amis. La rousse l'avait rappelé et face à son absence de réponse elle était même venue frapper à sa porte. A peine la porte ouverte il l'avait toisé avec plus de dégoût et de dédain qu'il avait pu regarder Granger et Weasley à l'école.

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« Je ne suis pas votre chien à courir à vos pieds lorsque vous me sifflez. Vous avez voulu mon départ : assumez. Tout comme Stark a assumé après m'avoir contacté. Démerdez-vous avec lui. »

« Il ne m'écoute pas et… »

« C'est étonnant de sa part, après tout vous m'avez remercié en son absence. Pourquoi ne vous écouterait-il pas comme je l'ai fait ? Apprenez votre place Miss Potts ! Ne me forcez pas à vous l'enseigner vous n'aimeriez pas. Maintenant veuillez quitter les lieux, j'ai beaucoup à faire. Inutile de revenir ou appeler, je vais changer d'adresse et j'ai détruit mon téléphone. »

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Il lui avait claqué la porte au nez avec un grand plaisir. S'il ne lui avait pas dit avoir laissé un nouveau numéro à Stark à son départ ce n'était pas son problème. Tout le monde peut oublier quelques choses à un moment de sa vie, y compris les Sangs-Purs.

Dans quelques jours il allait retourner dans son petit appartement presque miteux dans un quartier sorcier pauvre. Le confort du milliardaire allait lui manquer, de même que celui de son logement de fonction qu'il ne pouvait plus payer. Il avait payé le loyer jusque-là mais il ne voulait pas voir ses économies fondre pour trente jours de plus ici pour finalement finir à la rue sans même assez d'argent pour pouvoir brasser une fiole de pimentine.

Dans l'entrée, des lettres s'entassaient sans être ouvertes. Ses parents espéraient encore son retour après le coup qu'ils lui ont fait. Sa fiancée lui écrivait également sans relâche. Il les détestait, tous. Il ne voulait rien d'autre qu'une vie simple mais ses parents n'étaient rien de tout cela. Lui non plus mais son parrain, l'homme pour qui il vouait presque un culte y était parvenu. Ses débuts avaient été catastrophiques mais il avait réussi à se rattraper de justesse. Désormais il vivait une vie plus humble que les Weasley.

C'était ironique mais n'en gardait aucune rancœur ou jalousie. C'était une façon d'expier pour lui. Il avait longtemps profité du standing et des richesses de sa famille mais tout cela n'avait plus qu'un goût amer. Son parrain était bien moins riche, de Sang-mêlé, mais il était un génie en potion et un virtuose en magie de l'esprit ainsi qu'en DCFM et duel. Un sorcier redoutable et redouté mais droit aux convictions profondes et à la loyauté profonde. Cet homme était son modèle alors il avait choisis les potions.

Quand il avait rencontré Stark il s'était vu dans un miroir. Pas pour tous les aspects mais ils étaient semblables sur de nombreux points. L'enfance de gosse de riche qui ne se rend pas compte de sa chance. Ego surdimensionné chose qu'eux deux avaient encore dans bon nombre de circonstances. Les blessures de la guerre, le trauma d'une captivité douloureuse et longue. Ils connaissaient la mort, même s'il avait un lien plus profond avec ces derniers aspects par rapport au milliardaire ce n'en était pas moins grave. Et ils avaient également cette fragilité, cette envie de bien faire et de corriger leurs erreurs, d'être hanté par les erreurs commises et rongé par la culpabilité, le tout profondément dissimulé derrière des masques plus épais les uns que les autres. Personne ne devait voir les épaves agonisantes qu'ils étaient.

Draco était inquiet pour Stark. Il avait réussi à désintoxiquer le moldu en partie. Il lui avait fait oublier la bouteille, la luxure à outrance pour le gaver de potions luttant contre le palladium qui continuait de vouloir le tuer. Il lui offrait des bouteilles de potions pour maintenir les choses le plus loin possible mais il savait que l'homme n'y prêtait plus aucune attention.

Il n'avait plus aucune nouvelle du milliardaire qui s'enfonçait dans son autodestruction. Il avait à nouveau échoué. Un nouvel échec auquel il était incapable de faire face. Un nouvel échec devant lequel il fuyait. La culpabilité enflait, le dégoût de soi avait largement dépassé le stade de dangereux pour soi-même, et toujours la même vision lui venait en tête.

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Potter. Toujours Potter. Il le surprenait dans les toilettes du deuxième étage alors qu'il craquait. Puis le héros le regardait avec colère et dégoût pour lui infliger la sentence.

« Je sais ce que tu as fait. »

Puis ensuite la baguette du brun montait vers lui qui ne bougeait pas, trop prit dans les voix imaginaires de son père qui lui rabâchait qu'il n'était pas assez fort, assez doué, assez intelligent, qu'il était décevant.

Potter. Encore Potter. Le brun prononçait d'une voix dure et implacable le sortilège de lacération que son parrain avait inventé. Le choc le faisait à nouveau voler en tournant sur lui-même avec violence. Son corps heurtait le sol tout aussi brutalement. Peu à peu le sang coulait et il se sentait faiblir, mourir.

Puis Potter. Eternellement Potter. Il le regardait avec stupeur et effroi. Sa main tremblait mais il n'y avait plus de haine ni de colère. Le héros avait peur, était inquiet… parce qu'il est un héros alors il ne veut pas faire de mal, il ne veut pas tuer mais sauver.

Son parrain arrive enfin et murmure la longue litanie salvatrice sous le regard désespéré et coupable de Potter. Parce que Potter est un héros. Parce que Potter est gentil.

Parce que Potter est Potter il demeurera l'inaccessible.

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POV ? :

Je ne suis plus si loin mais ne l'entends déjà plus. Tout n'est que silence. Un silence apaisant et étrangement bienfaiteur. L'air se raréfie mais cela ne me pose pas de problème. C'est la fin, une fin belle, douce et plongée dans le silence. Enfin la douleur va cesser, enfin les doutes se taisent, enfin les chaînes m'ont libérées.

Dans cette obscurité quasi-totale, les lumières et les couleurs ressortent pour illuminer ma chute. C'est beau et je me sens heureux, aimé, à ma place. Des filins translucides se dessinent pour disparaître avant de revenir puis s'effacer sans cesse. Au bout d'un moment, que je suppose long, un arbre se dessine sous mes yeux. Pour la première fois depuis ma tendre enfance je souris.

Mes paupières se fond lourdes, mon corps se fige peu à peu quand je sens une traction. Je lutte contre le sommeil paisible qui m'est offert pour voir un filin enroulé autour de moi et me projeter à toute allure à l'opposé de mon point de départ. J'essaie de garder mon esprit éveiller mais je peine à y parvenir. Mon corps et mon esprit peines à suivre la vitesse du déplacement. La peur me serre le ventre mais un murmure doux et rassurant se glisse dans mon esprit, chuchotant que j'irai mieux.

L'atterrissage fut aussi doux que violent. Je sens simplement le sol contre mon dos, mais ce fut si soudain et inattendu que la peur se diffuse dans tout mon corps. Une peur qui devint panique quand mon corps ne répond pas plus que mon esprit qui se limite à me donner des informations courtes.

Soudain des yeux magnifiques entrent dans mon champ de vision. Le regard est doux, inquiet. Les orbes disparaissent et je ne vois que de la pierre. Des pierres avec des runes gravées dessus. Des runes inconnues. La panique me reprend, mon corps cette fois se met à trembler. Aussitôt les yeux reviennent et cette fois une voix se fait entendre. Un murmure apaisant que j'apprécie écouter.

« Tout va bien. Vous êtes en sécurité. Le rituel a fonctionné mais vous n'étiez pas dans une zone 'normale' donc le voyage a été compliqué pour vous comme pour moi bien que j'ai plus de chance que vous. Je vais prendre soin de vous. Reposez-vous, je m'occupe de vous. »

S'occuper de lui ? C'est bien ça. Ce n'est pas souvent. Et la main qui caresse ses cheveux est douce et gentille. Ça fait longtemps que ça n'est pas arrivé. Sans pouvoir me contenir, des larmes coulent sur mes joues, bien vite suivis par de lourds sanglots. Rapidement je sens que l'on soulève mon corps inerte pour être enveloppé dans une étreinte aimante. Un mouvement léger me berce, puis un chantonnement bas se fait entendre alors que mon oreille écoute le cœur de l'inconnu battre.

Peut-être puis-je me permettre une pause ? Peut-être puis-je m'autoriser un moment comme celui-là ? Cela fait tellement longtemps… si longtemps que je m'endors en milieu inconnu avec un ou plusieurs inconnus. Peut-être que tout me sera hostile à l'avenir ? Peut-être…

Mais maintenant je profite et m'endors, en paix.


Voilà pour aujourd'hui !

Je vous remercie pour les commentaires précédents, c'était vraiment super de votre part !

Merci aussi aux TRÈS nombreux followers et favoris, surtout aussi rapidement c'est juste incroyable !

Pour la suite on retrouvera notre très cher Harry qui a eut le temps de finir de potasser...

Des reviews svp ! Les auteurs n'en n'ont jamais assez croyez-moi ;)

A très vite !