Hey !

Oui... Je suis un peu en retard. Un peu.
Pour le déconfinement ET le reconfinement...

J'avais dit que je reprendrai cette fic en cas de reconfinement... Je vois l'avenir. LOL.

On m'a bien poussé à écrire et publier cette suite, donc je vous la livre aujourd'hui avec grand plaisir !

Merci à Wado21, PerigrinTouque, Eldar-Melda, Wedel, Stella, Suu-kuni, Poulpelotte, R.N Zuzu, Mycetina, Barukku Iris, Emmanueenmodefanfic et Guest pour les reviews !

Faites attention à vous, prenez soin des gens qui vous entourent, et buvez des boissons chaudes, les températures baissent !

Bonne lecture et à la prochaine !


Réponse Guest :

Stella : Hey ! Merci pour ta review ! Je suis désolée d'avoir mis autant de temps à vous délivrer la suite... La flemme était trop forte, puis le dépit, mais avec les nouveautés... Me revoilà ! Pour Law et Luffy... T'inquiète, ils vont bientôt se voir en vrai ! Shanks fait toujorus ce qui l'arrange... Un peu comme Ace d'ailleurs x) Killer ne sera jamais tranquille avec un pote comme Kidd, il ne faut pas rêver :') Nami ouvrira peut-être les yeux un jour... un jour. Dragon reste un Monkey D, tel père tel fils comme on dit, je ne pense pas qu'il laissera tomber ses gamineries tout de suite XD
J'avais prévu de m'arrêter après le déconfinement... Je n'ai jamais écrit le déconfinement, chose que je change tout de suite ! Et puis... Here we go again... Prends soin de toi, des bisous !

Suu-kuni : Hey ! Ça faisait longtemps ! J'espère que tout va bien de ton côté. Franchement, j'y avais pensé à la bulle pour le déconfinement et pour que Luffy aille voir Law... Mais j'ai fait plus simple finalement XD Je suis d'accord, Kidd est notre héros à tous ! Il va mal vivre le déconfinement, lui... Je pense qu'il vaut mieux laisser Shanks dans son délire, c'est vrai ! Il est perdu pour toujours ! Ah c'est clair que Mihawk n'attend qu'une chose, il est comme Sabo, il veut larguer ses parasites xD Vive Shakky ! Elle gagne toujours ! :D Pour Dragon... ouais, moi aussi j'abandonne, je ne cherche même plus à lui rendre un peu de crédibilité, ça ne sert à rien x) Et voici la suite après... des mois... Je ne cherche même plus à me trouver des excuses ! :') Porte toi bien, merci pour ta review et à la prochaine !

Guest : Hey ! Merci pour ta review ! Je suis contente que cette fic ait pu te faire du bien au moral, on en a bien besoin en ce moment il est vrai. Law et Corazon n'ont pas fini d'être fatigués malheureusement... Merci à toi d'être passé(e) et d'avoir laissé une trace ! Fais attention à toi, à la prochaine !


~ NOUS SOMMES EN GUERRE - DÉLIVRANCE ~


Le déconfinement… Une nouvelle liberté attend nos chers compatriotes. Des retrouvailles, de nouvelles rencontres aussi peut-être.

Le monde d'après est en marche. Si certains y voient la possibilité de reprendre leur vie là où elle s'est arrêtée au mois de mars, avec quelques petits changements certes, d'autres imaginent déjà la possibilité de prendre un nouveau départ.

Mais déconfinement rime avec désenchantement…


~.~


11 Mai 2020 - Déconfinement

Chez les frères (A)SL
Et Law (coeur coeur)

Installés dans la voiture du plus vieux, Luffy et son frère patientent devant un grand bâtiment. C'est le premier jour où ils peuvent sortir… La libération ! Surtout pour Sabo ! Enfin, il va pouvoir se débarrasser de son frangin chiant !

Sabo n'en veut plus à Garp de les avoir laissés pour profiter de sa retraite. Il le comprend.

Tous les deux affublés d'un masque, avec des petites bouteilles de gel hydroalcoolique dans les poches, ils font bien les choses pour aller à la rencontre du monde extérieur.

Tout paraît assez étrange… Entre ceux qui se sont découvert une passion pour l'hermitage et ceux qui pensent que fêter le déconfinement est une bonne idée, il y a un fossé de circonstance.

Néanmoins, les deux frères ne sont dans aucune de ces catégories. Ils patientent. Luffy a demandé à Law ses horaires pour pouvoir lui faire une surprise et le rencontrer à la sortie de son travail. Il ne tient plus en place, gesticulant dans le siège passager… Il veut voir son bibou. Ça fait des jours qu'il prépare ça…

Sabo lui, est bien plus dépité. La tête contre la vitre, il attend… Lui aussi a préparé son propre plan de son côté. Son benjamin va devoir changer de baby-sitter, parce que lui, il n'en peut plus…

Il ne sait plus comment lui expliquer la vie, surtout depuis qu'il a tenté de gober les glaçons du congèle, avec la volonté théorique : "Pour voir." Plus jamais.

Les mains accrochées à son portable, Luffy scrute chaque personne qui entre et sort de l'hôpital face à lui, attendant de voir son prétendant. Même si pour lui, c'est acté depuis un moment, Law est maintenant son petit-ami. Même sa famille et ses amis l'appellent comme ça désormais, c'est pour dire à quel point c'est vrai. C'est juste que le principal concerné n'est pas au courant de son changement de statut.

Soudain, une masse de mèches sombres désordonnées sort des doubles portes automatiques, suivie de quelques autres personnes de son service qui ont terminé leur journée.

Law salue ses collègues toujours aussi envahissants, malgré la distanciation sociale normalement obligatoire, puis il se dirige vers sa voiture pour rentrer tranquillement chez lui.

Luffy ne réagit pas.

Sabo réagit à sa place.

— Luffy… Ton mec vient de passer.
— Ah ? Ah non, je ne l'ai pas vu, ça ne devait pas être lui, Sabo.
— Tu t' fous de moi ? Tatoué comme ça, ça ne peut qu'être lui.

Luffy fronce les sourcils et regarde vers l'homme qui sort ses clés de sa poche. Il a un masque, c'est difficile de le différencier des autres. Toutefois, ses iris se posent sur ses mains et il reconnaît les écritures étranges sur les doigts de son soupirant. Il ouvre soudainement sa portière, la claque derrière lui et se met à courir.

— Laaaaaaw ! Eh Law ! Pars pas !

Le médecin se retourne, surpris d'entendre quelqu'un l'appeler avec autant d'entrain. Il semble reconnaître Luffy qui court vers lui, avec un étrange objet dans sa paume.

Le petit brun s'arrête à une distance raisonnable et défait son mètre en tirant sur la languette pour calculer un mètre cinquante, comme Sabo lui a dit de le faire. Une fois sûr de son calcul, il sourit derrière son masque en rangeant son matériel.

— Je suis trop content de te voir, Law !

Le médecin hausse un sourcil. Son pouce toujours prêt à appuyer sur le bouton pour ouvrir sa voiture, il finit par se reprendre et demande simplement au petit homme devant lui :

— Qu'est-ce que tu fais ici ?
— Mon frère m'a emmené ! Je ne pouvais plus attendre pour te voir !
— Ton frère ?
— Oui, il est garé là-bas !

En disant ces mots, Luffy pointe du doigt un endroit derrière lui… Vide. Il se retourne en voyant le regard dubitatif de Law et peut seulement apercevoir la voiture de son frère quitter le parking de l'hôpital… Sans lui.

Il se retourne vers son amoureux attitré, cligne des yeux avec un regard de poisson mort.

—… Il est parti.
— J'ai vu…

Luffy se mordille les lèvres, à deux doigts de grignoter son masque au passage, puis danse d'un pied à l'autre de gêne. Law le toise, essayant de remettre en place les éléments du puzzle. Il soupire, un peu attendri.

— Monte, je vais te ramener chez toi.

Luffy ne se fait pas prier, il court pour contourner la voiture et monter du côté passager, histoire que Law ne l'oublie pas. Pas comme Sabo.

Même si la réalité dirait plutôt que Sabo ne l'a pas oublié, il l'a abandonné. La nuance est importante.

Law grimpe dans son véhicule et aperçoit Luffy se tortiller les doigts.

— Oui ?
— T'as dit que tu allais me ramener chez moi, mais… On ne peut pas plutôt rester un peu tous les deux ? Comme… Je sais pas moi, aller manger un bout ? Si tu n'es pas fatigué, si tu as du temps et que tu veux bien me voir !
— Il est 15h, Luffy.
— Et alors ? Y a pas d'heure pour manger !

Law sourit légèrement en démarrant la voiture. Le bruit du moteur à l'air de faire réagir le petit brun, qui ressort son mètre et commence à mesurer la distance qui les sépare.

— Torao ! On n'est pas à un mètre cinquante !

Le médecin roule des yeux, avant d'attraper le régleur et de le jeter par-dessus son épaule, sur les sièges arrière.

— Ne t'occupe pas trop de ça… Mes derniers tests sont négatifs. Puis dans une voiture, c'est compliqué de tenir toutes les distanciations.
— Ouais, mais…
— Ne t'en fais pas. Je gère ça pour nous deux, ok ?

D'une certaine façon, il sait que ce n'est pas totalement raisonnable. Mais il a besoin d'être un peu égoïste. Ça fait des semaines, voire des mois qu'il se saigne pour tenir le coup, pour faire attention à tout… Il a besoin d'une pause. C'est ce que lui offre Luffy à cet instant et il se sent incapable de refuser. Retrouver une vie partiellement normale… Il s'apprête à retirer le frein à main, mais se fait couper par deux bras qui l'enlacent soudainement et un corps qui se laisse tomber sur lui. Luffy, les jambes toujours de son côté, pose sa tête sur son torse, en le serrant fort.
Sa conscience devrait lui dire de le faire lâcher, mais même pas… Il pose simplement sa main sur le dos du petit brun et le caresse doucement, cherchant à le détendre. La pile électrique semble être une bombe prête à exploser et ça n'a rien de rassurant.

Ils passent quelques minutes ainsi, sans parler, juste à profiter de la présence de l'autre. L'ambiance n'est pas pesante, au contraire, ils en ont tous les deux sacrément besoin d'un peu de calme.

Finalement, Luffy pousse un gémissement de bien-être, avant de se remettre à parler.

— Ça veut dire qu'on est vraiment ensemble maintenant.

Ah ? Ah bah d'accord, c'est rapide. Law ne sait même pas quoi répondre à ça, visiblement la décision est déjà prise.

A ce train-là, dans deux mois ils seront mariés et auront trois enfants. Est-ce que cette pensée le dérange tant que ça ? Non… C'est une preuve que le confinement a vraiment joué sur ses nerfs et ses habitudes.

Law se met simplement à caresser sa nuque, faisant ronronner Luffy doucement qui ne lâche plus son petit-ami désormais officiel.


Chez Kidd

La porte claque derrière le Capt'ain. Killer relève la tête pour le fixer, sentant d'ici toute la colère qui émane du punk. Kidd retire son masque avec une certaine violence, déchirant les élastiques. Sa bouche est plissée de dégoût et Kiki s'attend déjà à tout concernant les futurs commentaires de son ami.

— C'est de la merde en faite dehors, Killer. J'y retourne pas.
— ...Tu sais quand même qu'il va falloir retourner bosser à un moment ?
— Nan.

Haussant un sourcil derrière sa frange, l'aîné observe son cadet traverser le salon, ouvrir la porte vitrée et s'installer sur sa chaise de camping, en décapsulant une bière.

— … Tu sais que tu n'as plus le droit de lancer des choses sur les gens ?
— JE SAIS !

Et ça à l'air de l'embêter… Même si ce n'était pas vraiment autorisé avant non plus. Les libertés que Kidd s'était octroyées sont maintenant caduques…

Pauvre de lui. Personne ne sait ce qu'il va advenir du Cap'tain Kidd maintenant qu'il a perdu son hobby préféré...


Chez Mihawk & l'envahisseur & l'envahisseur encore plus envahissant

Mihawk ouvre la porte et fait un signe de main ses vers deux squatteurs, leur informant de cette façon que la voie est libre. Zoro et Perona, les bras croisés dans le hall, n'ont vraiment pas l'air décidé de partir.

— Fin du confinement. Vous rentrez chez vous.
— Et pourquoi ? On était bien ici, d'abord ! Et puis j'ai ma poule ! Je ne peux pas m'en aller.
— Tu peux partir avec.
— Mihawk, autant que je reste, au moins je n'aurais pas à faire le chemin pour venir m'entraîner.
— Sûrement pas. Vous faites vos affaires et vous partez. Tous les deux.

Les deux jeunes se mettent à bouder un peu plus, même si c'est plus visible sur le visage de Perona que sur celui de Zoro. Après tout, le jeune sabreur a encore un peu d'honneur. Un peu.

Aucun des deux ne bouge. Soupirant lourdement, Mihawk s'apprête à aller chercher Kokuto Yoru pour être sûr de les faire bouger… Quoi que… Est-ce vraiment une bonne idée? Ça pourrait exciter Zoro.

Donc, c'est définitivement une mauvaise idée. Mihawk en a assez bavé ces dernières semaines avec les pulsions de combat du jeune homme, qui les ont parfois amenés dans des situations étranges. Trop étranges.

Réfléchissant rapidement à un plan, il ne lâche pas du regard les deux intrus pour les menacer un peu plus par la pensée. Mais ça n'a pas l'air d'avoir beaucoup d'effet.

Et vous savez quelle a été la plus grosse erreur de Mimi à cet instant ?

Il a laissé la porte ouverte.

— Mimiiiiiiiiiiii ! Coucou mon Mimi ! Ça fait si longtemps ! Regarde, j'ai emmené des bières pour fêter le déconfinement !

Fermant les yeux, l'aîné inspire profondément pour ne pas faire un triple meurtre dans la seconde. Il a assez de place dans son jardin pour les enterrer, ce n'est pas le problème…

Son esprit tente de l'emmener vers cette solution, puisque visiblement, personne n'a cherché ces trois êtres humains pendant le confinement. Personne ne verra rien.

Mais le temps qu'il réfléchisse, Shanks a eu le temps de passer la porte, avec son masque cachant une partie de son visage.

Quand il disait qu'il ne voulait pas voir le roux, ce n'était pas dans ce sens-là. Il aurait aimé ne pas le voir tout entier. Rien. Nada. Très loin d'ici.

— Ah, les jeunots sont toujours là ?! Et bah c'est bien, on va pouvoir fêter ça tous ensemble ! En plus, on est que quatre, c'est parfait ! On est dans la légalité. Tu sais que j'ai changé pendant ce confinement, Mimi ? Je suis un homme respectable, maintenant.

Zoro fixe le pack de bières avec amour. Perona sourit à l'idée de pouvoir rester et s'incruster plus longtemps.

Mihawk se demande encore une fois s'il va rester très longtemps dans la légalité. Surtout en voyant les trois indésirables prendre leurs aises chez lui.

Lui qui voulait s'auto-confiner seul pour pouvoir retrouver ses esprits, c'est foutu.


Chez Marco et Ace

— T'es sûr que je peux rentrer un peu chez moi, mon piou-piou ? Je ne vais pas trop te manquer ?
— Non, ne t'inquiète pas, yoi. Va voir si tes frères vont bien, ça fait des semaines que tu ne les as pas vu. Et il serait peut-être temps de voir par toi-même si Sabo a enterré Luffy dans le jardin ou non, yoi.

Ace rigole légèrement, venant se coller à son amant pour déposer des baisers sur sa mâchoire.

— C'est pas faux. Je reviendrai, ne t'inquiète pas surtout, hein ?
— Je ne m'inquiète pas…

Oh ça non, il ne s'inquiète pas. Loin de là.

Quand le gouvernement a annoncé le déconfinement, Marco a senti un profond sentiment d'apaisement l'étreindre. Même si les examens et les réunions entre professeurs continuent à distance, il est soulagé de voir toute cette atmosphère pesante se terminer.

Enfin, concernant le confinement. Pas le reste. Marco n'est pas défaitiste, mais un minimum réaliste, il se doute que le virus n'est pas parti en vacances. Pour le moment, il se dit juste qu'il va pouvoir reprendre ses marques dans son appartement, vu qu'Ace a finalement abandonné l'idée d'emménager pour toujours.

Ne lui faites pas dire ce qu'il n'a pas dit, il l'aime. Mais parfois, l'éloignement a du bon. Un peu de vraie distanciation sociale, même dans son couple, ne pourra que lui faire du bien.

Ace a préparé ses affaires, il ne lui reste plus qu'à franchir la porte. Il fait un dernier long câlin à son amoureux, puis il prend son sac en jetant un coup d'oeil en arrière, avec un sourire. C'est pour faire comme dans les films. Cependant, Marco le rattrape par le col et soupire.

— Ton masque, yoi.
— Ah… Ah ouais… Bon, t'as un peu gâché ma sortie, mais je te pardonne mon piou-piou !

Le professeur roule des yeux derrière ses lunettes et scrute son amant qui galére à enfiler son bout de tissu, avec ses mèches qui se coincent dedans. Toujours la même chose… Ace finit par parvenir à ses fins, quand même. Heureusement, il a plus de capacités motrices pour enfiler un masque qu'un tee-shirt.

— C'est la fin de notre vie à deux à poil, piou piou ! C'était cool quand même ! Bon, j'y vais vraiment, à plus tard !

Ace ouvre la porte, recommençant son jeu de regard, puis il s'arrête avec la main sur la poignée.

— Je t'aime Marco.
— Moi aussi…

Marco voit ses pommettes se relever légèrement derrière son masque, signe qu'il sourit. Inspirant pour se donner du courage, comme s'il partait en guerre, Ace ouvre un peu plus le battant et jette un dernier coup d'oeil à son homme. Visiblement, il a du mal à le quitter, mais il finit par fermer la porte derrière lui.

Marco assiste à tout ça, sans bouger, comme une preuve d'habitude. Il se passe une main dans les cheveux et sursaute en entendant soudainement quelqu'un crier derrière le bois .

— TU ME MANQUES DÉJÀ PIOU-PIOU !

Des bruits de courses résonnent ensuite dans le couloir de l'immeuble, alors qu'Ace s'enfuit en courant, certainement pour se retenir de faire demi-tour.

Et soudainement, le calme. Marco n'a plus connu ça depuis… Des semaines. Des mois. C'est aussi étrange que salvateur. Le blond inspire profondément en savourant ce silence.

Une minute.

Deux minutes.

Puis après un temps, il trouve ce silence presque angoissant. Il sent un vide se former au creux de son ventre, le mettant mal à l'aise.

Qu'est-ce que Ace lui a fait ?

Marco s'installe sur son canapé, observant tous les recoins de son appartement… Et un constat l'embête un peu, puisqu'il ne pensait pas devoir y faire face.

Ace lui manque déjà. Jamais il ne doit l'apprendre.

Le jeune homme, de son côté, trottine gaiement vers ce qui est normalement sa maison. En arrivant devant l'allée, Ace découvre un vide. La voiture de Sabo n'est pas là. Il hausse les épaules et entend tout de même Chopper aboyer comme un bienheureux dans le jardin. Luffy est sûrement là, lui !

Mais en ouvrant la porte, il découvre… Bah rien. Personne.

— Ah bah sympa, c'est comme ça que je me fais accueillir ?

Il pose son sac et va ouvrir la baie vitrée pour faire entrer le gros poilu, qui lui fait sa fête après des mois sans le voir. Au moins un qui est content de sa présence.

Il se redresse ensuite, fait le tour de la maison en appelant ses frères, mais comme il s'en doutait en entrant, aucune réponse.

Et bah, il aurait dû rester avec Marco, si c'est pour se faire traiter comme un pouilleux.

En allant poser son sac dans sa chambre, il se demande tout de même où peuvent se trouver ses frangins.

Ah… S'il savait. Notamment pour Luffy. Il ne s'en remettrait jamais.


Chez Nami

— Tu me trouves comment ?

Nami relève sa mine morne vers sa soeur. Nojiko tique devant le manque d'entrain de sa cadette, visiblement peu enchantée par le déconfinement.

— Qu'est-ce qu'il y a encore ? Il fait beau, on est libre, pourquoi tu tires une tronche de dix pieds de long ?
— … Certes, on est déconfiné, mais ça change quoi ?

Nojiko cligne des yeux, trouvant cette question un peu absurde.

— … Tu peux voir tes potes ?
— Oh joie…
— Reprendre tes cours normalement ?
— C'est la fin de l'année, on passe nos examens en distanciel.
— … Avoir des rendez-vous et une vie sociale ?
— J'ai bien compris que tu allais voir le voisin, ta tentative de me faire passer un message est nulle.

Nojiko soupire une nouvelle fois. Elle se frotte doucement les paupières, en prenant un masque et en se préparant à partir. Néanmoins, une idée lui vient, la faisant sourire légèrement.

— Les magasins de fringues ré-ouvrent aussi, tu sais ?

Nami détourne son attention de son ordinateur et se lève en claquant ses deux mains sur la table en bois.

— OÙ EST MA CARTE BLEUE ?! Oh, bordel, j'avais oublié ça, il faut que j'appelle mon porteur de sacs !

La jeune femme court dans l'escalier pour s'apprêter, laissant sa soeur dépitée.

Bon au moins, elle a retrouvé l'envie de bouger.


Chez Dragon

A notre grande surprise, malgré le déconfinement, malgré les mesures levées… Les révolutionnaires attendent. Quoi ? Même eux ne le savent plus.

Le chef a dit ça, alors ils font, tout simplement. Certains pensent encore que Dragon a un plan incroyable en perspective, quelque chose qui ne les décevra pas et qui sera à la hauteur de son génie.

D'autres prient pour que Sabo reviennent. Et heureusement pour eux, le miracle fut.

Les portes s'ouvrent soudainement sur la silhouette aux cheveux d'un blond angélique, plusieurs personnes croient voir la solution à tous leurs problèmes. D'autant plus en voyant toute la bande qui le suit. Koala, les commandants, Hack….

Ils sont enfin au complet, pour le meilleur et pour le pire.

Sabo s'avance dans les allées, saluant ses camarades sans comprendre les raisons qui les poussent à l'accueillir comme un messie. Il fait son chemin jusqu'à Dragon, toujours installé sur sa chaise de bureau, dans une semi-obscurité beaucoup trop scénaristique.

— On est là. C'est quoi le plan ?
— Pour le moment, nous sommes encore en train de définir les résultats de ce déconfinement.
— … C'est-à-dire ?
— Les répercussions et les nouvelles règles qui vont être mises en place dans les prochaines semaines.

Sabo hausse un sourcil, en croisant les bras. Ok, il commence à voir pourquoi les autres sont au bord de la déprime.

— Le plan, ce n'était pas d'utiliser le confinement pour monter une action et la faire éclater au premier jour de liberté ?
— Les plans ont changé, Sabo.

Le jeune homme se tourne vers les hommes présents, et pointe leur chef du doigt.

— C'est comme ça depuis le début ?
— Ouiiiiiiiiii….

Cette plainte commune répond au second des révolutionnaires. Sabo inspire profondément.

— Mais concrètement, qu'est-ce qu'on va faire ?
— On attend.

Sabo se frotte l'arête du nez, en se disant qu'il n'avait pas largué le fils pour se taper le père.

Oulah, très mauvaise tournure de phrase. Il se reprend, et la reformule pour lui-même. Il a supporté Luffy pendant des semaines, ses conneries, ses crises existentielles… Pour finalement retrouver la même chose au QG ?

No way.

Ça fait des années que toute la bande attend pour ça ?!

— Arrête de réfléchir, Sabo. J'ai dit : On attend.
— … Bordel, mais je vais finir par tout plaquer, moi…

Si quelqu'un demande à Sabo le but de l'organisation aujourd'hui, il y a de grandes chances pour qu'il ne sache plus vous répondre. Quelle déception.


~.~


02 Juin 2020 -Ouverture des bars

Chez Rayleigh

Papy Ray trépigne devant la porte. Jusque-là, l'effet du déconfinement ne l'avait pas particulièrement touché, mais là… Les bars sont autorisés à rouvrir !

Sa femme va lui donner enfin l'accès au bar ! Un vrai ! Pas le faux qu'elle lui avait fait ! UN VRAI !

Shakky soupire de voir son mari aussi impatient, néanmoins, il vaut mieux le voir comme ça, qu'à se transformer en ours déprimé sur le canapé.

Les finances de Shakky lui permettent de ré-ouvrir son bar. Mais elle sait que nombreux de ses collègues ne sont pas dans son cas.
Déjà, parce que la plupart n'ont pas de potes alcooliques qui squattent depuis des années leur établissement.
Mais aussi parce qu'ils n'ont eu aucune aide. Se relever de cette crise risque d'être difficile pour beaucoup.

Prenant son sac et toutes ses affaires, Shakky s'approche de son mari, qui sautille sur place.

— Tu as la clé bibiche ?!

Shakky hoche la tête, mais devant le regard insistant de son homme, elle décide de sortir la fameuse clé de son soutien-gorge. Une lueur de compréhension apparaît dans les yeux du vieil homme, qui tape son poing dans sa paume.

— Ah ! Mais c'est là qu'elle était ?! J'aurais pu le deviner finalement…

Shakky hausse un sourcil, pas sûre de ça. Quel mari peu attentionné…

Elle le pousse dans le dos pour le faire sortir de chez eux, puis elle le voit dévaler les marches, comme s'il avait trente ans de moins.

Elle le suit, un peu plus doucement, mais évidemment, ça ne convient pas à monsieur.

— Plus vite Shakky ! On va louper l'ouverture !

— C'est moi qui fais l'ouverture, honey…

Le déconfinement ne le rend pas plus intelligent. Masque sur la tronche et affaires dans les poches, Rayleigh se met à trottiner en appelant sa femme toutes les deux secondes pour qu'elle aille plus vite. C'était presque mignon à voir, tant son impatience était palpable.

Ils ont surmonté cette crise, fait tous les efforts nécessaires, Shakky a l'impression d'être un peu récompensée. Même si elle va devoir faire de sacrés ajustements dans le bar, au point de changer toutes les dispositions, elle est certaine d'une chose...

— Bibiiiiiiche ! Plus vite ! Sinon, on ne sera pas les premiers, je t'assure !

… Ça fait du bien de rentrer à la maison.


~.~


La vie peut reprendre son cours, tranquillement. Les établissements ouvrent de nouveau un à un, avec des restrictions certes, mais ils peuvent de nouveau tourner.

Les relations se tissent, l'été arrive à grands pas, après les dernières semaines d'examens pour les étudiants assez chaotiques. Mais le soleil est là et il apporte du bonheur aux terrasses et dans les rues de nouveau arpentées par les gens.

Les applaudissements ne se font plus entendre, contrairement aux cris de joie sur les plages qui eux, sont revenus. Les vagues ne se trouvent plus qu'à la mer dans l'esprit des populations.

L'angoisse est toujours présente, néanmoins, une forme de déni l'a remplacée. Il faut vivre maintenant, ce confinement, ces histoires de malades, d'hôpitaux saturés, tout ça est terminé.

N'est-ce pas ?

… Ils ne sont pas prêts pour la suite des événements.


A suivre...