Chapitre IV

Kairi

Papa… Le cœur de Mythrim fit un bond dans sa poitrine. Douze ans… douze foutues années pour entendre ce mot. Il avait beau ne rien montrer… Quelque chose en lui venait de s'effondrer. Pendant si longtemps il avait oublié ce que cela faisait d'être le père de ce garçon. Le sentiment de l'avoir perdu avait failli le consumer mais avait-il été un jour été prêt à subir celui de le retrouver. Il était ravagé intérieurement par les flammes, surtout compte tenue des circonstances de ces retrouvailles.

Sora, son Sora, son fils…

- Ca va, fit subitement le jeune homme en souriant à pleine dent, les yeux fermés. Ca va. Je suis prêt à t'écouter.

Mythrim le contempla, partageant son sourire contagieux. Comment ne pas ressentir de la joie devant une telle expression ? Sora était tellement brillant… plus que le soleil lui-même. Il y avait dans son cœur cette lumière éternelle, une capacité infinie à aimer les autres. Quelque chose qui manquait à tellement de gens.

- Merci.

Sa main s'approcha instinctivement de celle de Sora. Il faillit la retirer parce qu'il le devait à son fils. Même maintenant, il ne pouvait lui infliger une nouvelle blessure en trahissant ses sentiments à son égard. Pas avec ce qu'il allait dire. Mais ce fut ce fils qu'il avait été contraint de regarder grandir à distance qui l'empêcha de se retirer. Il referma ses doigts sur ceux de son fils avant de commencer son histoire :

- Tu dois te demander beaucoup de choses Sora, notamment pourquoi je suis parti il y a treize ans, pourquoi j'ai scellé ta mémoire et pourquoi je suis le Supérieur de l'Organisation que tu es contraint d'affronter aujourd'hui. Je vais essayer de tout t'expliquer du mieux que je peux. Sur toi, tes origines et sur ce que l'avenir nous réserve. Ne m'interrompt pas je t'en prie. Le temps nous manque.

Sora voulut intervenir mais il se ravisa devant l'air sévère de son père. Un air sévère qui n'était pas sans évoquer chez lui quelques… il n'était pas certain que le mot « souvenirs » convienne. Il avait la sensation de se souvenir mais ce n'était que ça. La sensation d'un souvenir passé, d'une chose qui avait existé et qu'il ne parvenait pas à saisir. Mais il le savait, son père avait toujours été comme ça, un peu dur avec lui-même comme avec les autres mais aimant et chaleureux dans le fond. Un instant, le jeune homme se demanda si tous ces moments passés, qu'il ne parvenait à se remémorer qu'à peine, seraient un jour à nouveau clair dans sa tête.

- Te souviens-tu d'Elis, de ses vertes plaines s'étendant à l'infinie, son soleil brillant toute l'année, ses lacs d'une clarté incroyable Sora ? Elis est ma planète d'origine, la planète de ma famille, de mon clan, les Mirandia. Je suis l'héritier de quatre mille trois cents ans d'histoire, moi le quarante-quatrième maître de notre clan.

Sora tiqua au mot « clan », qu'entendait-il par là ? Un coup d'œil à son père lui fit comprendre que ce dernier avait saisi son questionnement.

- Dans l'univers, il existe de puissantes familles fédérées en clan, chacune d'elle bénéficiant d'un pouvoir spécifique. Nous, les Mirandia, et les quatre autres, formons les « Cinq Clans », nous sommes les gardiens du Kingdom Hearts. Notre lignée est celle des plus puissants mages de Lumière. Quant à l'appellation Clan… elle vient de ceci…

Les iris de Mythrim s'enflammèrent d'un coup, le bleu fondant pour laisser place à de l'or. Mais cette fois, il ne fut pas aussi terrifiant qu'il avait pu l'être sur l'Archipel, trois ans auparavant. En réalité, il y avait une grande douceur dans son regard.

Le châtain hocha la tête, il… il connaissait cet état. Pas uniquement parce qu'il l'avait redécouvert quelques heures plus tôt, d'une façon assez violente et traumatisante. Il se remémorait ses pensées, la douleur, la perdition, la colère. La colère. Il avait été si furieux, si hors de lui. Il ne savait même pas exactement pourquoi. C'était juste comme si tout avait explosé en lui. Mais le souvenir était lié à quelque chose de plus vieux. Il pouvait affirmer qu'il avait un jour eu un contrôle plus certain sur cet état, dans son enfance. Ça avait un nom… c'était quoi déjà ?

- Tu ne te souviens plus de son nom hein ? La Lueur… c'est notre pupille, notre talent de sang, ce qui nous différencie des autres. Lorsqu'on l'utilise, nos pouvoirs sont augmentés de façon incroyable mais ce n'est pas tout... Elle nous donne accès à nos pouvoirs en tant que Clan, en tant que mage de Lumières. Avec elle, il nous est possible d'utiliser les « Arts Sacrés », les Arcanes des Mirandia.

Sora hocha la tête, cherchant à graver ça dans sa tête. Il avait dans l'idée que ça allait le servir et plus vite qu'on ne pourrait le croire. La Lueur, les Arts Sacrés. D'accord.

- Tout a commencé il y a bien longtemps, j'imagine. Bien avant ta naissance. Bien avant que je n'accède à la tête du clan. En tant qu'héritier de l'une des branches principales du Clan, j'effectuais des missions diplomatiques, parcourant l'univers afin d'y faire régner la paix. Les missions étaient dangereuses mais c'était notre devoir sacré que de défendre les innocents à tout prix. J'avais dix neuf ans quand j'ai atterri en urgence sur une petite planète en bordure de la C.I. Une planète du nom de l'Archipel de la Destinée. J'étais blessé, rentrant d'une mission terrible. J'aurais pu mourir si je n'étais pas tombé sur cette jeune femme. Elle ne posa aucune question, ne me demanda rien en échange mais se contenta de m'emmener chez elle pour me soigner. J'ai toujours trouvé une certaine ironie dans le fait que ce fut une orpheline qui se contentait de peu qui fut la première à me porter secours. Comme tu le devines sans doute, ce fut ma première rencontre avec ta mère. Elle vivait une existence bien loin de la mienne, seule, elle subsistait comme elle le pouvait, en général en se tuant au travail. Je suppose que ce sont nos différences qui nous ont rapprochés au début, aussi étrange que cela puisse paraître. Nous nous sommes liés rapidement d'amitié mais je dus repartir. Mes obligations me poussaient à rentrer, à contrecœur, sur Elis.

Il se perdit dans ses souvenirs, l'espace d'une seconde. Revivant sans aucun doute ce moment où il avait rencontré sa mère pour la première fois. Sora n'avait jamais entendu cette histoire. Celle de leur rencontre. Sa mère avait toujours éludé. Bien sûr, il savait que sa mère n'avait que très peu connu ses parents. Ils avaient trouvés tous les deux la mort en mer, pendant l'exercice de leur profession de pécheur. Elle avait donc dû subsister tant bien que mal, déplacée de foyer en foyer jusqu'à atteindre un âge suffisant pour s'occuper d'elle-même. Son mariage avait changé la donne sur bien des plans et Sora n'avait jamais vécu dans le manque, très loin de là. Cependant, c'est à cause de sa jeunesse que sa mère les avait poussés, Riku et lui, à poursuivre leurs études, à ne pas lâcher l'école. Il prit une note mentale d'être plus sérieux que ça en rentrant. Ces dernières années avaient rendu compliqué le fait d'avoir une vie normale. Ça n'était pas une raison pour lâcher l'affaire.

- Malgré tout, je revins la voir de très nombreuses fois. Je voulais la remercier mais il y avait également autre chose. J'étais sans doute déjà sous le charme, à l'époque. Elle était tellement… différente des femmes de notre clan. Et puis… Elle ne me voyait pas comme le futur Maître du Clan, comme celui qui allait apporter la gloire à sa branche familiale. Elle ne me prenait que pour l'homme que j'étais. Ca me plaisait, m'attirait. Terriblement. Je ne lui étais pas indiffèrent également, sans doute parce que je tentais de lui rendre ses attentions du mieux que je pouvais. Au fil des années notre amitié s'est peu à peu changée en amour. En dépit des difficultés, nous prîmes la décision d'entamer une relation. Nous nous accommodâmes peu à peu de la distance. Je ne pouvais pas l'emmener sur Elis. La Loi du Clan le prohibait, ma seule possibilité pour vivre avec elle était de prendre la tête du clan et de le changer en profondeur. Ce que j'ai fait, ou ce que j'ai tenté de faire. Devenir le Maître du Clan ne fut pas sans adversités mais je pus finalement y parvenir. Cette même année, à vingt-deux ans, je finis par demander sa main à ta mère. Elle refusa à tout prix de partir, de quitter cet endroit qu'elle appelait chez elle. Nous nous mariâmes et vécurent durant sept années sur l'Archipel. Je tâchais de m'occuper d'Elis et de notre petite famille, faisant coexister des obligations parfois contraires. Je ne me plains pas, je sais que nous avons été vraiment heureux à cette période... Au cours de cette septième année…

Il sourit sincèrement, revivant encore un souvenir. Un souvenir qui évoqua quelque chose à Sora sans qu'il n'arrive à mettre le mot dessus. Qu'est-ce qui aurait pu illuminer la vie de ses parents quatre ans avant sa naissance… ? Ça avait un nom mais…

- Ta mère m'annonça qu'elle était enceinte. J'étais fou de joie. Ton frère…

- Glen… Oh mon dieu. Glen est mon frère, réalisa avec horreur le châtain.

Il sentit ses boyaux se tordre en réalisant que celui qui avait brisé sa Keyblade, qui avait voulu sa mort était en réalité son frère aîné. Son frère de sang… Il avait un grand frère. Il l'avait oublié mais maintenant…

Comment est ce qu'il pouvait être aussi stupide ? Sur le moment, il s'était dit que les yeux de son adversaire ressemblaient à ceux de sa mère. C'était la même nuance vert forêt, une couleur d'une profondeur bien peu commune, évoquant le calme et l'infinité. En plus, il lui avait pris sa Keyblade pour la détruire. Il lui apparut soudainement encore plus détestable. Est-ce que son père l'engueulerait s'il allait lui coller son poing dans le visage avant de revenir écouter la suite ?

- Ne le déteste pas Sora, il s'est contenté de suivre mes ordres. Il ne voulait même pas te faire du mal ou toucher à ta Keyblade. C'est moi que tu dois blâmer.

Mouais. Ça, il y croyait difficilement. Glen l'avait clairement menacé. Il n'avait pas retenu ses coups contre lui… et puis en plus il l'avait battu. En le laissant pour mort… Encore que le jeune homme avait bien conscience que vu l'écart de force, ça aurait pu être bien pire. Il avait utilisé sa Lueur en dernier recours. S'il avait vraiment voulu le tuer, il aurait pu se contenter de le faire dès le début. Ça il devait le lui accorder. Ce qui l'ennuya encore plus que cette histoire, c'est le lien entre sa mère et Glen. Il aurait dû… pouvoir le faire plus tôt. Comprendre avant… que ce crétin était son frère aîné. Il n'allait pas s'en remettre.

- C'est durant cette période que j'ai presque arrêté de voyager entre Elis et l'Archipel pour m'occuper de ma petite famille. Puis trois ans plus tard, tu naquis.

Il marqua une pause, cherchant ses mots.

- Tu sais… Je ne pense pas avoir été un jour plus complet qu'à ta naissance Sora. Je m'en souviens encore. Tu… étais tellement beau avec tes grands yeux bleus ouverts sur l'avenir. En dépit de notre ressemblance, tu n'étais rien de ce que j'avais pu être. Tu semblais être la preuve par A + B des erreurs de notre clan, la preuve qu'il nous était possible de devenir bien meilleur en s'adaptant à notre monde, en faisant ce que nous avions refusé jusque-là… s'ouvrir vers les autres, s'ouvrir vers la galaxie que nous prétendions protéger. Je me rappelle de tes premiers rires, tes premiers pas. Tu étais curieux de tout, découvrais le monde et moi je le redécouvrais à travers toi. Je voyais ce que j'avais été incapable de voir jusque là, la beauté dans la simplicité d'une existence sans combat. Je…

Il s'arrêta de parler, la gorge serrée par l'émotion. Sora essuya une larme dans le coin de ses yeux. Il avait entendu beaucoup de choses mais… jamais « ça ». Ils avaient été séparés pendant douze ans mais son père ne l'avait pas oublié. Il porta son autre main à son visage, sachant pertinemment qu'il était à deux doigts de s'effondrer encore une fois. Pourquoi est ce qu'il avait dû partir ? Pourquoi est ce qu'aujourd'hui, il était là, en face de lui, si proche, si loin, portant les couleurs de ses ennemis ? Il sentit la main de Mythrim dans ses cheveux, un geste paternel plein de tendresse.

- Tu sais, tu as éveillé ta Lueur bien plus tôt que la très grande majorité des membres de notre clan. Dès tes trois ans, tu étais capable de l'utiliser librement. Tu t'en servais pour jouer des tours à ta mère et à Glen. Comme je te l'ai dit, tu représentais l'avenir de notre clan, ce qu'il pouvait devenir et ce qu'il y avait de meilleur en lui… Mais eux te craignaient. Et pas uniquement eux.

- Qu… Quoi ? Mais pourquoi ?

- A cause de la convergence des causes à ta naissance. Tu fus le Maître de la Keyblade dès l'instant où tu as su marcher. Il n'y avait aucun doute là-dessus car le nouveau Maître est toujours annoncé par la comète Sybille. Et elle passa dans le ciel le jour de ton premier anniversaire.

- Euh… Ce qui aurait pu désigner un milliard d'autres personnes à travers l'univers ?

Sa remarque eut le don de faire sourire son père.

- Le nom de celui qui lui succède est donné au Maître de la Keyblade au moment de la passation de pouvoir. Afin qu'il puisse le former et en faire à son tour un vrai Maître de la Keyblade. Et je connaissais ce Maître de la Keyblade, Sora. Mais il n'y avait pas que cela. Platina t'avait choisi. L'arme de notre clan, créée il y a des milliers d'années pour pourfendre les ténèbres, qui avait gardé le silence pendant des décennies avait accepté de t'appartenir. Tu ne sais pas ce que ça représente. Comment le pourrais-tu ? C'était comme si le destin lui-même te désignait pour être le nouveau maître de notre clan. Quant à Platina… C'aurait dû être mon rôle de t'apprendre à dévoiler tout son potentiel. J'aurais dû pouvoir t'apprendre à utiliser notre Keyblade.

Un regret perça le ton de sa voix.

- Quand tu as eu trois ans, nous sommes allés sur Elis, juste toi et moi. C'est là qu'on a rencontré la première fois Riku.

- Pardon ? Demanda-t-il une énième fois, ne parvenant pas à se rappeler que c'était ainsi qu'il avait rencontré Riku.

- Je connaissais sa mère. L'une de mes lointaines cousines qui venait de mourir d'une… maladie extrêmement rare. Son père était inconnu. Il était seul et… je ne pus le laisser ainsi. Tu sais… Riku était également né avec un pouvoir très rare. Je ne pouvais le laisser au clan, pas alors que je connaissais parfaitement les guerres de pouvoir sous-jacentes. Je l'ai ramené avec nous. Je n'avais aucune idée de comment j'allais pouvoir expliquer cela à ta mère. Elle… aurait pu largement croire qu'il était le fils que j'avais eu avec une autre femme et divorcer pour cela. Mais… elle ne l'a pas fait. Elle fut en réalité très heureuse d'avoir un autre petit bout de chou à cajoler.

Cette histoire sonna faux à l'oreille de Sora mais il n'en dit rien. Déjà parce qu'il ne parvenait pas à expliquer pourquoi l'histoire sonnait fausse mais surtout parce qu'il supposait que son père avait une bonne raison de lui avoir dit ça. Il laissa filer quand il entendit le rire de son père ponctuer l'anecdote. Un rire que Sora n'avait plus entendu depuis trop longtemps, qui lui fit chaud au cœur.

- Elle l'avait déjà adopté quand elle le prit dans ses bras pour la première fois. Elle qui n'avait pas eu le droit à une vraie famille, elle aimait la sienne plus que tout. Il s'est acclimaté sans mal et vous êtes vite devenus les meilleurs amis du monde.

- C'est… encore le cas, commenta Sora en baissant les yeux. Ça le serait s'il ne cherchait pas à…

- Je comprends, répondit Mythrim en serrant la main de son fils. Il a ses raisons lui aussi… Les années passèrent, plus vite que je ne l'aurai cru, nous allions quelque fois sur Elis toi et moi, tu aimais tellement cette planète.

- Je…je…Papa, qui est Lena ? Mes souvenirs sont flous, intervint Sora, perdu.

Ce prénom, il s'en souvenait. Il appartenait à une jeune fille, blonde. C'était les deux seuls éléments dont il disposait. Pourtant, il avait conscience qu'elle avait dû jouer un certain rôle dans sa vie.

- J'avais un frère cadet, Luca. Lena est sa fille, elle passait son temps à s'occuper de toi quand tu étais sur Elis.

- Oh… Pourquoi je ne me souviens que d'elle ?

- Elle t'emmenait absolument partout avec elle. Je suppose que ça t'a marqué. Mais ne force pas Sora, ta mémoire va revenir, petit à petit.

Il ferma les yeux avant de dire :

- Luca, il est la cause de tout ça… Il y a douze ans, une chaude nuit d'été, Elis a été plongé en plein cauchemar. Une créature des ténèbres, un monstre terrifiant nommé Necros a attaqué notre monde. On le surnommait le Seigneur des Ténèbres. Il manipulait le cœur des gens pour dresser les frères contre les frères. Une guerre civile à éclaté cette nuit là, presqu'aucun membre de notre clan ne s'en est sorti vivant. D'un coté il y avait ceux qui étaient corrompus par les Ténèbres, aidé par des sans cœurs d'un genre totalement nouveau, et de l'autre, les rares ayant pu échapper au contrôle de Necros. Je suis arrivé trop tard… Tout était déjà ravagé à mon arrivé. Le seul qui avait pu gagner du temps était déjà sous le contrôle du Seigneur des Ténèbres. Xehanort s'est perdu à ce moment…

- Xehanort ?

Sora était définitivement étonné.

- Oh, tu le connais depuis que tu es tout petit tu sais, il était toujours avec la petite Lena. Ils avaient fini par se fiancer… avant la catastrophe… C'était lui le Maître de la Keyblade.

Sora acheva d'être complètement abasourdi. Alors lui, il connaissait bien Xehanort ? Et ce dernier était son prédécesseur en plus ? Whoua ! Il ne se souvenait plus du tout de ça ! Mais ça expliquait l'attitude de la dernière fois… Et probablement pourquoi les êtres totalement dénaturés qu'étaient Ansem et Xemnas l'avaient détesté de toute leur âme déchue : le sens du devoir du Maître de la Keyblade était devenu un désir distordu par les ténèbres.

Nous étions amis. Je l'avais rencontré à l'occasion de l'une de mes missions. Un garçon vrai… vraiment bien, haleta Mythrim, subitement pris d'une sueur froide. Mais il avait des failles et la mort de ses amis ne l'a pas aidé. Necros a utilisé ses failles contre lui, il en a fait son serviteur… J'ai dû les affronter tous les deux… Xehanort touché par cet affrontement au point qu'il en a perdu la mémoire, quant à Necros, il a été détruit… Et puis celui qui était derrière tout ça s'est révélé, Luca, mon propre frère. Il me tenait responsable de la mort de sa femme quelques années plus tôt. Nous nous sommes affrontés et j'ai dû le tuer… Je suis finalement retourné sur l'Archipel de la Destinée, mais tout avait tellement changé… Ta mère y compris.

Mythrim tremblait légèrement, Sora le sentait clairement. Sans douceur, il se releva, les yeux toujours fermés. Il y avait de la lenteur dans ses gestes, comme s'il faisait spécialement attention à ne pas se montrer trop brusque. Le châtain cligna des yeux en le regardant s'éloigner. Qu'est qui était en train de se passer sous ses yeux… ? Il y avait quelque chose d'étrange dans l'atmosphère, soudainement. Quelque chose de… froid venant de son père. Quelque chose qui un instant n'avait pas été là mais dont la présence se faisait plus précise à chaque second passant.

- J'ai dû me contraindre à partir avec Glen. Beaucoup de gens voulaient nous tuer et je…

Le jeune maître de la Keyblade prit le parti de se lever précautionneusement également. Quelque chose en lui, et il était quasiment certain que c'était son talent de sang, lui hurlait de s'éloigner. De ne surtout pas le laisser approcher. La sensation ressemblait à peu de choses près à celle qu'il avait eue lorsqu'ils s'étaient rencontrés, trois ans auparavant. Sauf qu'elle était bien plus brute. Insidieusement, sournoisement, quelque chose changeait peu à peu chez son père. Il passait de la Lumière la plus éclatante aux Ténèbres les plus noires. Le châtain se mit sur ses gardes, très discrètement, quoi qu'il arrive, il était prêt.

- Sora.

Son père se retourna, le visage serein. Pourtant, le maître de la Keyblade n'arrivait pas à lui faire confiance, il la sentait, cette chose… C'était là. Autour de son père, comme une deuxième peau. Il ne pouvait la voir… mais elle était là. Et elle l'observait.

- Le but de Riku… il veut ressusciter le Seigneur des Ténèbres et s'emparer de son pouvoir, il est dangereux, depuis sa naissance il…

- Qui êtes-vous ? le coupa soudainement le châtain, bien conscient qu'il ne parlait de toute façon plus à Mythrim.

Le jeune Mirandia toisa le brun, lui indiquant clairement de rester à distance. Ce dernier resta silencieux, décontenancé par la question.

- Je suis ton père Sora, l'homme qui a épousé ta mère, celui qui a vaincu Necros, tout ça pour te protéger. Joins-toi à moi Sora, tu dois détruire Riku parce que c'est lui qui représente une menace maintenant.

- Mensonge, persifla la voix de Sora.

Le jeune homme pouvait sentir son propre pouvoir s'agiter en lui. Plus brusque, plus brillant qu'habituellement. Quelque chose chez lui semblait réagir à ce qu'il y avait au fond du cœur de son père. Il était en danger et il devait partir. C'était tout ce dont il était certain désormais. Le reste de ses questions… il devait y répondre plus tard.

- Tu vas me combattre ? Demanda Mythrim feignant d'être étonné.

- Si je dois en passer par là… Ça sera sans aucun remords.

Sora ferma les yeux. Lorsqu'il les rouvrit, il dévisagea son vis-à-vis très sérieux.

- Pour moi les vies de Riku et Kairi valent tout l'or du monde. Et mon père le sait.

L'air autour de lui sembla se densifier, prenant la couleur de la Lumière. Son œil droit vira au doré et l'atmosphère claqua.

- Ceux qui leur feront du mal auront à en répondre devant moi.

L'air crépita derrière le châtain. Il se tourna à moitié, tendant sa main vers le vide. Et comme une réponse, en une implosion noire, il donna naissance à un couloir des ténèbres. C'était… simple ainsi. Si simple quand il laissait la Lueur le contrôler. Avant de s'en aller sous le regard inquisiteur de Mythrim, Sora ajouta :

- Papa, j'ai bien compris le message, je ferai ce qui est nécessaire.

Il allait partir quant il entendit :

- Tu regretteras ce choix ! Tu verras Sora, ton ami finira par te trahir, il trahit tout le monde et lorsqu'il voudra détruire l'univers, tu n'oublieras pas que tu as eu le choix et que tu as fait le mauvais !

Le châtain s'engouffra, faisant fi de ces paroles.

Une seule personne pourrait le renseigner sur ceci, une seule… Il sentit tout de même son cœur se serrer, il croyait avoir compris la véritable nature de son ennemi. Et s'il avait raison… il savait désormais ce qu'il aurait à faire… Une larme coula le long de sa joue

- Papa… chuchota-t-il.

Mythrim regardait l'air furieux, il lança violemment une boule d'énergie où s'était tenu le jeune homme plus tôt, pulvérisant littéralement le mur. Il se retourna, faisant voler son manteau noir

- Tu me le payeras, hurla-t-il plus pour lui-même que pour un quelconque interlocuteur, il se retourna vers le bureau, il avait du travail.


- Aïe, s'exclama Sora alors qu'il faisait une chute de plusieurs mètres.

Il atterrit sur le sable blanc, ce qui était en soi une bonne nouvelle puisque ça signifiait qu'il arrivait à se déplacer grâce aux couloirs des Ténèbres. Il fallait juste qu'il travaille un peu l'arrivée… et qu'il puisse le faire sans sa Lueur. Sa pupille lui facilitait la vie et lui offrait une véritable protection contre les ténèbres dans les entremondes… mais il en payait chèrement le prix. Il parvenait à peine à garder le contrôle. C'était comme si… tous ses sentiments étaient exacerbés et surtout les plus mauvais. Il se sentait tellement en colère. Alors il comprenait que c'était un atout de taille à ne pas négliger mais… il ne devait pas se reposer sur un pouvoir qui était, semble-t-il, susceptible de lui faire péter les plombs.

Il ferma ses yeux et prit une grande inspiration. Direction la plage secrète de la grande île. Sora passa par des petits chemins. Il subissait de plein fouet le contre coup de sa Lueur et se sentait furieux. Croiser des gens dans son état… Il valait mieux que non. Il traversa en courant l'ile baignée de la lumière du soleil. Courir, ça c'était bien. Il avait envie de courir… Extérioriser ces dernières heures. Son père était vivant, son père était son ennemi et dans son sillage se trouvait son frère et le Treizième Ordre. Xehanort, Necros, son père. Elis. Il accéléra, l'air commença à lui brûler les poumons mais il continua tout de même.

Il réunit les informations de ces trois dernières années. Il fallait qu'il réfléchisse à tout ça, qu'il fasse tout pour arrêter père, qu'il… Non ! La seule chose qu'il devait faire actuellement, c'est se sortir tout ça de la tête, un jour de plus ou de moins à cogiter ne servirait à rien ! Par contre, s'il prenait le temps de se vider la tête, de respirer, ça serait profitable. Il commençait à recoller les pots cassés alors autant continuer comme ça.

Il arriva finalement à une colline qui surplombait leur plage secrète. Seuls Kairi, Riku et lui-même connaissaient son emplacement. Il sauta de la colline atterrissant dans le sable. Sora retira chacun de ses bandages, ses blessures déjà guéries par l'effet de la magie de lumière. Il accéléra, traversant le ponton de bois en quelque seconde. D'un geste extrêmement vif, il s'élança vers l'eau. Il désirait se rafraîchir les idées, se laver de toutes ces années où il avait broyé du noir et stagné, il voulait redevenir Sora, littéralement !

Il sentit qu'il s'enfonçait dans l'eau chaude de son monde natal. Il ne lutta pas, se laissant couler de plus en plus profondément, reprenant peu à peu ses forces. Il se régénérait, petit à petit, maintenant qu'il sentait l'air, qu'il foulait la terre, qu'il était dans l'eau de cet endroit tant chéri. Il resta un moment ici, les mouvements de l'eau sur sa peau le grisaient. Sa poitrine battait en spasmes de plus en plus violents, mais il voulait sentir cette fureur qui, paradoxalement, calmait son cœur. Il était chez lui. En sécurité et chez lui.

Sora ouvrit les yeux sous l'eau, totalement apaisé. Il tapa le fond du pied et remonta, laissant l'air brûler ses poumons. Le jeune homme fut prit d'une quinte de toux qu'il arriva à ne pas trouver désagréable. Après un temps, il finit par nager jusqu'à avoir l'eau à sa taille. Ses vêtements étaient trempés mais… il pouvait vivre avec ça. Il se retourna, observant l'horizon bleuté, un léger sourire aux lèvres. Son âme était désormais calmée, sa tourmente finie.

Il ferait ce qui est nécessaire. Pas parce qu'il avait été choisi, pas parce qu'il le fallait. Mais parce qu'il le voulait. Il avait accepté ce destin au moins autant que ce dernier l'avait choisi. A présent, il le voyait, le comprenait clairement. Il était le Maître de la Keyblade, le dépositaire de l'autorité des mondes, celui pouvant choisir de se battre pour eux ou de se battre contre eux. Et une énième fois, il se lèverait et ferait face au danger. Et s'il devait pour cela arpenter des chemins qu'il avait refusé de voir jusqu'ici, alors il le ferait. Il les sauverait tous, ces âmes perdues. Comme il l'avait toujours fait.

- Sora ? Fit une voix dans son dos.

C'était une voix de femme au ton aigu, pas déplaisante, douce et lente. Ses bras retombèrent dans l'eau. Ca aussi, ça lui avait certainement beaucoup trop manqué pour son propre bien. Il ferma les yeux, tentant de distinguer le léger changement dans le vent, ce qui lui vint presque immédiatement à travers le sel de la mer, c'était une odeur sucrée, un peu fruitée, très féminine également. Il se retourna, après le plaisir de l'ouïe et de l'odorat, celui visuel. Il regarda la jeune femme sur la plage, à quelques mètres de lui. Elle était pieds nus, ses longues jambes fines recouvertes par un pantalon de lin blanc. Ses hanches parfaitement dessinées, sa taille menue, sa poitrine bien formée, vêtue d'un léger T-shirt allant de paire avec son pantalon. Son visage s'était affiné, ses lèvres devenue un peu charnues, son nez bien droit, très fin, ses yeux bleus magnifiques surmontés de sourcils longs et fins, surlignant son regard. Une mèche de ses cheveux écarlates traversait son visage, ses mêmes cheveux qui étaient désormais vraiment très longs.

Le Maître de la Keyblade s'avança, jusqu'à n'avoir l'eau qu'à ses chevilles. Il sourit, penchant sa tête sur le coté. Il murmura juste ce prénom qui lui brûlait les lèvres.

- Kairi…

Elle trembla un peu, sa voix avait prit des tons bien plus graves. Il avait à peine changé, son visage prenant juste des traits plus matures mais il était toujours le même, elle voyait dans ses yeux…. Son regard dériva sur les cicatrices plutôt récentes barrant son torse, et d'autres bien plus anciennes, dont une se trouvait au niveau du cœur. Il était devenu tellement beau… Elle courut vers lui, se précipitant dans ses bras. Sora la réceptionna, la serrant contre lui comme il ne l'avait jamais fait.

Après quelques minutes, ils se séparèrent, gardant leurs mains jointes.

- Kairi, je suis heureux de te revoir et je suis…

Il n'eut pas le loisir de terminer sa phrase car elle s'était déjà jetée de nouveau sur lui, les faisant ainsi tomber tous les deux sur le sable.

- …désolé de t'avoir laissé seule il y a trois ans, termina-t-il sans bafouiller, ce qui était un exploit.

Elle pencha sa tête prés de son oreille et lui murmura :

- Il va falloir te montrer plus convaincant que ça, Sora.

- Je… crois que j'ai une excellente idée.

Il avait répondu avec toute l'insolence dont il pouvait faire preuve. Il ferma les yeux, et donnant un brusque coup de rein, inversant leur position. Il releva du bout des doigts le visage de la jeune fille et l'admira. Elle était belle, plus que n'importe quelle fille qu'il avait pu rencontrer. Et lui il était un foutu chanceux de ne pas se faire jeter en bonne et due forme. Comment avait-il pu la laisser derrière lui ? Pourquoi avait-il eu… si peur de ce qu'aurait pu devenir leur relation ? Il caressa sa joue du revers de la main alors qu'il ne pouvait plus détacher son regard d'elle. Il ne sut si ce fut elle qui se releva ou lui qui se pencha sur elle mais leurs lèvres finirent par se trouver. Timidement dans un premier temps puis avec plus de passion quand ils arrivèrent à passer le premier stress.

Cette fois, ce n'était pas un baiser d'adieu.


[En même temps, autre part]

- Lève-toi, gronda une jeune femme blonde au visage d'ange, à peine plus jeune qu'une certaine rousse.

Elle devait être âgé de dix huit ans, quelque chose comme ça. Elle parlait à une masse emmitouflée dans trois tonnes de couvertures d'où quelques mèches blondes sortaient ici et la. La jeune femme prit les couvertures à deux mains et les tira de toutes ses forces. Une bonne partie se retrouva à l'autre bout de la pièce mais il parvint à en garder deux.

- Gnngnngnn, répondit son interlocuteur dans un langage que l'auteur venait d'inventer ne sachant quelle réplique caser ici.

- Allez debout ! Il est dix heures, tu es exaspérant tu sais ?

- 'Veux pas… 'Suis fatigué…va-t-en…'m'embête plus, marmonna le jeune homme avant de bailler. Dodo.

Elle soupira longuement, c'était comme ça alors ? Bien, très bien. Elle avait juré qu'elle allait le sortir de là et elle n'était pas femme à revenir sur sa parole, il devait le savoir. La jeune femme sauta sur lui, glissant ses doigts entre les couvertures pour le chatouiller. Il explosa de rire, se débattant, la conjurant d'arrêter. Ce qu'elle ne fit aucunement. Il devait apprendre à la craindre et payer le prix de son comportement. Au bout de quelques longues minutes, elle ne sut comment, mais elle se retrouva allongée sous lui, ses mains prisonnières de la poigne d'acier de son compagnon qui entreprit de la chatouiller à son tour. Prise à son propre piège, elle se contenta de subir, hilare malgré elle. Ce ne fut que lorsqu'elle le supplia d'arrêter qu'il stoppa, se glissant contre elle avant de refermer les yeux, vraisemblablement bien mieux installé qu'avant d'avoir été dérangé.

- Tu es tellement confortable comme matelas Naminé. On devrait vraiment dormir comme ça plus souvent, dit-il, toujours lové contre elle.

Elle essaya de le pousser un peu, en lui affirmant qu'il fallait qu'il se lève, il était plus que l'heure. Il n'en fit rien, se contentant de l'enlacer et de se reposer au creux de ses bras. Avait-on simplement idée d'être aussi douce ? Il était tellement bien installé que pour rien au monde, il ne s'en irait. Au diable les obligations, il allait rester contre elle toute la journée. Ils se feraient apporter le repas, regarderaient le truc débile à la télé avec les chocobos et les pelles à tarte, il adorait le petit bleu avec l'air témérair. Et le reste… le reste ne regardait personne. Non mais.

- Ne t'en prends qu'à toi-même, c'est toi qui est confortable. Moi je ne suis que la victime innocente qui finit par céder à trop de tentations d'un coup, ronronna le garçon en rabattant une couverture sur eux.

Il referma les yeux se concentrant sur l'odeur de fleur d'oranger qui parfumait la peau de la jeune femme. Y avait-il quoi que ce soit chez elle qui ne soit pas enivrant ? Par sécurité, il décida que sa Naminé était bien trop parfaite pour qu'elle ne ressorte de cette chambre sans qu'il n'ait pris une ou deux mesures drastiques, à commencer par lui tatouer son nom et son adresse sur son petit ventre douillet. Comme ça, tout le monde saurait à qui l'adresser si jamais il venait à la perdre.

+ Roxas… L'entendit-il gronder à son oreille.

Même quand elle voulait l'engueuler, elle était douce. Pourtant, elle n'avait pas tort. Il était impossible à vivre mais, hé, il était aussi très mignon ce qui, selon lui, lui donnait tout à fait le droit d'être capricieux. Puis, elle ne semblait pas être en position de le contredire s'il en jugeait par ses caresses dans ses cheveux. Elle avait refermé son étreinte sur lui malgré ses dires et comme il l'avait dit plus tôt, celui qui le ferait bouger n'était pas de ce monde. Il releva quand même la tête, lui embrassant la gorge et la mâchoire.

- Roxas !

Il ouvrit les yeux en écoutant sa nouvelle plainte. Elle était donc décidée à ne pas le laisser profiter de sa matinée, n'est-ce-pas ? Bien. Elle allait en subir les conséquences. Des conséquences autrement plus fâcheuses que quelques chatouilles. Il se releva, basculant au dessus d'elle d'un geste. Il ne lui laissa pas le temps de réagir quand il lança son attaque. Ses lèvres s'écrasèrent sur celle de la blonde, coupant court à toute tentative de protestation ou de fuite. Il fallu quelques secondes supplémentaires à la dessinatrice pour qu'elle reprenne ses esprits mais elle finit par passer ses bras autour de sa nuque, prolongeant leur petit échange.

Qui ne s'arrêta que lorsqu'on toqua à la porte pour entrer sans attendre. Quel intérêt de frapper alors… Roxas releva la tête à regret, jetant un regard hébété à la personne qui venait d'entrer. L'intrus avait pris une très jolie couloir pivoine. Aussi rouge que ses cheveux. En même temps, pensa le blond, il était torse nu, Naminé sous lui, la couverture sur eux. Avec un esprit tordu, on pouvait très clairement confondre ce petit bisou matinal avec autre chose. [2]

- Euh, je ne vous dérange pas j'espère ?

Le blond hocha vigoureusement la tête pour signifier que, oui, il dérangeait en effet. Ce que Naminé réfuta immédiatement, les joues aussi rouges que l'autre. C'était sans doute la mode. Et comme d'habitude, personne n'avait jugé bon de le mettre au courant.

- Qu'est ce que tu veux si tôt le matin ? Demanda Roxas quittant, enfin, son lit en quête d'un T-shirt.

- Si tôt ? Il est dix heures et demi… Tout le monde t'attend tu sais ? J'ai dû trouver une excuse complètement bidon, tu vas te faire tuer et moi aussi parce que j'ai couvert tes actes. Tu peux pas penser un peu à moi foutu égoïste ? Expliqua l'autre qui avait vraisemblablement repris toute sa contenance.

- Si tu meurs, je suis sûr que Naminé ne sera pas pourchassé par un mec comme toi. C'est déjà ça de pris, commenta-t-il laconiquement.

Après le T-shirt, un pantalon. Il était certain d'en avoir quelque part.

- Non mais… Rah et puis dépêches-toi, je me demande comment je peux être pote avec toi, même pas foutu de me prêter ta copine…

- Hé ! Je suis pas un jouet je te signale, intervint la dite copine en quittant elle-même le lit.

- Exactement, enfin… c'est mon jouet à moi quoi, ajouta le second maître de la Keyblade avec un clin d'œil.

Ce à quoi elle répliqua en lui envoyant une peluche sur la tête. Ce qui le fit rire. Il attrapa l'objet : un chocobo blanc. Il lui avait offert pour son anniversaire, l'année passée, elle l'avait appelé Boko. Etait-ce une façon de traiter Boko ? Non. Boko méritait les honneurs alors il le replaça sur le lit, à l'abri. Pantalon, ok. Le haut… il contempla le manteau noir dans sa penderie… Il valait sans doute mieux qu'il ne se pointe pas sans. Il prit au passage sa paire de botte. Sur son omoplate encore nu, il put sentir le regard des autres. Sur le tatouage où trônait le chiffre XIII.

- Tu gardes encore ce truc ? J'aurais juré que tu l'avais viré depuis longtemps, demanda avec curiosité l'autre homme.

- Je me permets de faire remarquer que Monsieur a toujours le sien, sans vouloir être trop désobligeant. Mais enfin bon, s'il n'y a que ça qui te trouble…

Le blond posa sa main sur son omoplate, concentrant son pouvoir. Il n'en fallut pas plus pour que le XIII se change en 0.

- Ah mais c'est pour moi que tu fais ça ? Fallait pas te déranger tu sais. Allez, va t'habiller et ramène ta fraise, Mythrim nous attend. On va finir SDF si t'y mets pas du tien, tu sais ?

- Je crois qu'il a dans l'idée qu'il peut squatter indéfiniment ici sans rien faire. Il est trop gâté, commenta Naminé en échangeant un regard complice avec leur interlocuteur.

- Ah ça pour être gâté…

- Humpf. Je vois qu'on ne m'apprécie pas à ma juste valeur. J'ai toujours su que j'aurais dû devenir marin plutôt que de traîner avec vous deux.

Il se dirigea vers la salle de bain, menton pointé vers le soleil, l'air tout à fait indigné et termina de s'habiller bien gentiment en s'observant dans le miroir. Il avait pris des centimètres avec les années et quelques tours de bras aussi. Rien de bien extravaguant mais suffisamment pour être qualifié de svelte. Ses traits s'étaient acérés, son regard se faisant très perçant. Il n'avait aucun mal à mettre n'importe qui mal à l'aise, paraissait-il. Il s'ébouriffa les cheveux, ça, ça n'avait pas changé en revanche. Après avoir terminé sa toilette, il ressortit de la salle de bain, plus sérieux. Il glissa un baiser à Naminé avant de se diriger vers la sortie pour rejoindre son compagnon qui l'attendait patiemment, posé sur un mur de pierre grise.

- Tu sais elle porte sur quoi cette réunion, Axel?

- C'est une vraie question ? Lui demanda le roux en le regardant de la tête aux pieds. D'après Glen, il veut parler du petit coup d'éclat de Sora ce matin et de ce qu'il va se passer par la suite.

- Bien… Alors allons-y.

Le blond suivit l'autre simili, se plongeant dans ses pensées. Sora qui était venu jusqu'ici, ça avait été un choc en soi… Sora qui avait utilisé la Lueur… Il savait que c'était là le début d'un tout nouveau chapitre. Et pour la première fois, il n'était pas certain de vouloir en connaître le contenu.

[A Suivre…]


Et voilà, fin du chapitre 4. J'espère que vous avez apprécié ce chapitre. Pour la petite histoire, les origines de Sora devaient être dévoilées bien plus tard mais dans les premières versions, un lecteur (cc Shaka) m'avait pointé du doigt que Mythrim était sans doute le père de Sora. Changement de plan du coup, j'ai préféré faire la révélation rapidement plutôt que conserver un suspense qui n'en était pas un... ça ouvre beaucoup de pistes à explorer, du coup.

Les deux minutes des personnages :

Roxas : L'espace d'une seconde, j'ai cru qu'on allait pas parler de moi tu sais ? Je commence à m'habituer d'être la guest-star de cette fanfic

Naminé : J'ai embrassé Roxas… devant Axel *tombe dans les pommes*

Axel : Je crois que je préférais Demyx, tu ne veux pas le ressusciter à la place de Naminé ? En plus on était bien entre mec, moi, le nain et l'abruti

Ryu : Et après tu te demandes pourquoi il ne pense pas qu'il te manquera ?

Axel : Qui aime bien châtie bien, comme on dit.

Ryu : Ce n'est plus de l'amour à ce compte là, c'est de la rage.

Naminé : Si j'en crois les fans… ca serait même de l'amour très physique…

Ryu : Parce que tu consultes les yaoï toi ?

Naminé : Curiosité artistique. *sourit innocemment*

Ryu : Ouais, ouais… *chuchote* je suis certaine qu'elle y participe activement…

Naminé : Plaît-il ? *s'avance vers Ryu, trop doucement pour que ce soit tout à fait honnête*

Ryu : Nan… rien. Reste loin de moi s'il te plaît.

Naminé : Allons, allons, ne me dit pas que tu as peur de m… *se fait bousculer* Hé !

Sora : Vous continuerez votre scène de meurtre juste après, j'ai une question super importante pour ma propre compréhension. Pourquoi je me barre énervé en fait ? Une fois j'suis super heureux et après je me casse comme un salaud.

Ryu : Le cœur a ses raisons que la raison n'a pas

Roxas : Phrase bateau…

Ryu : C'est toi le bateau…

Roxas : Et toi la baleine. Et fait gaffe, c'est bientôt la période de chasse. Et je me sens une âme de marin si j'en crois les dernières lignes.

Ryu : … sale gosse.

Xemnas *passant par la* : « Mon coeuuuur, je veux mon coeuuuur »… Je fais bien celui qui veut son cœur j'espère ?_ ? *Voit que les autres l'ignorent, s'en va triste*

Xehanort *arrivant les mains dans les poches* : 'Xcusez moi…

Ryu : Oui ?

Xehanort : Euh… Je sais qu'on est à un stade vachement avancé de l'histoire mais… Je peux pas avoir un autre simili ? Un genre plus… moins… Tu vois le genre ?

Ryu : Euh… Non ?

Xehanort *soupirant* : C'est toujours moi qui me tape les tarés, pourquoi ? TT Bon… Allez, j'annonce le chapitre V « Deadlights » il ne parlera pas de Sora, mais de Roxas et Riku. A la prochaine les gens… Moi je vais essayer de me trouver un autre simili… *zieute beaucoup du côté de Saïx*