Note d'auteur.
La nuit dernière c'était le fof, alors j'en ai profité pour mettre mon premier pied dans ce fandom avec de petits textes sans prise de tête. Voici donc le premier OS ! Franchement je suis assez contente d'avoir réussi à écrire des trucs aussi long (fin 1,6k c'est pas ouf non plus mais:) en juste une heure de temps, c'était pas facile. Mais au final ce premier OS c'est du fluff pur, pas vraiment de plot juste des gars amoureux comme j'aime les faire.
J'espère qu'il vous plaira, ce premier thème (ronronner) était bien sympa !
Je vous embrasse !
Pattes en rond
Sans se vanter, Daisuke pensait vraiment connaître pas mal de choses sur Haru.
Il n'était pas son meilleur ami, loin de là, mais depuis le temps ils avaient tout de même réussi à mettre en place une entente cordiale et même un peu plus que ça : une relation de confiance, et certains les appelaient presque des amis.
Daisuke ne pensait pas grand-chose de ça. Haru Katou était comme il était, et cela fonctionnait très bien comme ça. Les mots n'étaient nécessaires que pour des choses bien précises, comme « passe-moi le sel » ou « tes chaussures sont immondes ». Mais pas pour des questions de sentiments, de relations, ou n'importe quelle autre appellation.
Mais, pour en revenir au sujet, Daisuke pensait vraiment être devenu la personne de confiance, celle à appeler en cas d'urgence, celle qu'en tout cas Haru appelait lorsqu'un mec débarquait chez lui par la fenêtre pour le cambrioler. Enfin, il ne l'appelait pas pour lui demander de l'aider, mais plutôt pour lui se renseigner sur la peine encourue pour un coup un peu trop fort derrière la tête.
Et pour remplacer son tapis salopé de sang, en ayant de bons conseils.
Ce que Daisuke savait faire. Vraiment, il était de très bon conseil.
Mais là encore, ce n'était pas le sujet.
Le sujet était :
— Tu as un chat et tu ne me l'as jamais dit ?
C'était en rentrant un soir du boulot, alors que Haru était parti un peu plus tôt dans la journée pour aller soit disant chercher sa sœur à l'aéroport (et Daisuke avait vérifié : il avait bien une sœur) qu'il avait eu envie de faire un petit détour.
Parfois, ça le prenait : quand ils ne parcouraient pas le monde pour démanteler quelques chaînes d'organisations douteuses, ils bossaient comme des gens normaux dans les mêmes bureaux qu'autrefois. Et de temps à autre, Daisuke allait chez Haru, et Haru allait chez lui. Encore une fois ce n'était pas des mots dont ils avaient besoin pour décrire ça.
Allongé dans le lit simple de son studio, Haru leva les yeux vers lui. Daisuke posa le dîner qu'il avait acheté en venant (chez un traiteur de très bonne réputation) et haussa un sourcil. La bête sur le corps d'Haru sembla presque retourna pour le regarder également, l'air mécontent que sa voix ait osé interrompre les caresses de son maître.
— Je... pensais l'avoir fait.
— Quand ?
— J'en sais rien. Peut-être pas, finalement.
Cela n'eut pas l'air de le chagriner plus que ça. Il recommença à grattouiller le pelage presque noir de l'énorme chat qui se roula un peu sur le côté pour l'encourager.
— Je viens chez toi au moins une fois par semaine...
— … en ce moment je dirais plus trois ou quatre mais si tu insistes...
— … et je n'ai jamais vu une telle bête dans ton salon.
Son salon, qui faisait également chambre et salle à manger, d'ailleurs. Comme tout bon studio qui se respecte.
— Cette bête s'appelle Kito. Elle est mignonne, hein ?
— Elle est grosse.
— Et toi t'es grossier, là. Fais gaffe elle t'entend et elle est rancunière.
Ce qui ne résolvait pas du tout leur problème.
— Tu as un chat, répéta Daisuke.
— Oui.
— Et je ne le savais pas.
— Euh...
Haru fronça les sourcils. Le milliardaire s'avança dans la pièce, et s'installa autour de la table basse, à bonne distance de la créature qui l'observait avec ses yeux presque noirs. Elle avait une tache marron sur la moitié de la tête, et le museau blanc.
— Hoshino le savait ?
— Euh, répéta Haru sans pour autant se redresser (il était obligé de se tordre le cou pour bien voir Daisuke). Je pense ? Elle était encore là quand...
Quand ils sortaient ensemble. Ça, au moins, Daisuke le savait, et pas uniquement car Shizue avait retourné tout son dossier de long en large, autant sur sa vie privée que sur sa carrière au boulot. Haru le lui avait dit, au détour d'une conversation, alors qu'ils regardaient la TV.
Daisuke n'avait rien dit : il s'était contenté de bouder en arrêtant de parler, et d'attendre que sa mauvaise humeur passe.
— Je vois. Et elle était où, tout ce temps ?
— Ma sœur l'a kidnappé. Elle est partie à l'étranger pour ses études, y'a deux ans. Et pour pas se sentir seule, elle a réussi à me faire assez pitié pour que j'accepte qu'elle emmène Kito.
Le chat ronronna soudain très fort, et lança à Daisuke une sorte de regard satisfait. Ce qui était impossible, n'est-ce pas ? Il ne pouvait pas se sentir en compétition avec un chat.
— Et elle est revenue, comprit-il.
— En fait, pas vraiment. Elle est retournée voir notre mère pour les vacances. Et comme elle va s'installer en Europe, elle m'a ramené Kito. Et elle a bien insisté sur le fait que ça n'avait rien à voir avec le fait que son nouveau mec soit allergique aux chats.
Soudain, ses yeux s'arrondirent et il se redressa un peu. La grosse bête ne bougea pas.
— T'es pas allergique aux chats j'espère ?
Cela suffit pour que Daisuke se sente un peu mieux. Parce que Haru espérait, et que cela lui prouvait que ça aurait été un problème.
— Non.
— Tant mieux.
Puis, comme si de rien n'était, il caressa une dernière fois la boite à ronron qui faisait un boucan monstre sur son ventre, et la déplaça pour qu'elle s'allonge sur sa couette. Haru loucha sur le sac plastique que Daisuke avait ramené.
— Y'a un bon film ce soir. Tu nous as pris quoi ?
Le milliardaire décida que pour ce soir, cela serait suffisant.
Mais au beau milieu de la nuit, allongé sur le matelas dépliable hors de prix qu'il avait un jour acheté à Haru pour son propre confort (quand il venait dormir, pas question de rester le sol comme un étudiant bourré en fin de soirée), Daisuke changea d'avis.
Ce n'était pas suffisant.
— Tu dors ? demanda-t-il au silence.
Ils avaient éteint la TV vingt minutes plus tôt, alors que Daisuke revenait de la douche, les cheveux humides. Il avait déplié son lit comme un grand, et le gros chat avait pris soin de traverser ses draps de part en part avec un pas lent et presque arrogant avant de poser ses fesses à côté de l'oreiller d'Haru.
— Nan, je pense que j'ai le ventre trop plein.
Daisuke l'entendit se tourner dans son lit, et fit de même : il était un peu plus bas mais Haru se rapprocha jusqu'au bord. La tête fourrée dans son oreiller, il bâilla.
— Et toi ?
— Le repas était bon.
— J'ai pas dit le contraire.
Il aimait bien quand Haru parlait le soir. Ça l'endormait, le détendait. Quand ils s'engueulaient aussi, sur le terrain, il aimait ça : mais le soir, c'était différent. Il était censé être la personne la plus proche d'Haru, et avec tout le temps qu'ils avaient passé ensemble dans des hôtels, des voitures, ou toute autre planque improvisée, il lui était à présent difficile de dormir sans entendre sa respiration.
Cela ne disait sans doute rien, mais pour lui ça disait tout : fils unique, qui aimait sa tranquillité plus que tout, et qui avait toujours cru que rien ne pourrait ne forcer à partager une chambre. Grande maison, chambres à part, chien et petite famille s'il le fallait, mais son confort passait avant tout.
Il n'avait plus envie de petite famille. Il avait envie de squatter l'appartement miniature de Katou Haru encore plus souvent.
— Tu ne m'as pas dit pour ton chat, dit soudain Daisuke.
Haru soupira.
— J'en étais sûr, ça te trotte encore. Je suis désolé.
— Pourquoi tu me l'as pas dit ?
— Je me disais que tu t'en fichais.
Avant, il n'en aurait très certainement rien eu à faire. Mais ils se connaissaient depuis plus de trois ans : ce n'était pas rien. Suffisent pour changer d'avis. Suffisant pour apprécier quelqu'un, et un peu plus que cela, même.
— Je m'en fiche pas.
— Je vois ça.
— T'es content de le retrouver ?
— Qui ne serait pas content de retrouver son chat ? J'avais cru qu'il m'avait oublié, depuis le temps.
La pièce était chaude : lorsqu'il venait, Daisuke augmentait toujours le chauffage en affirmant qu'il lui paierait les factures plus tard. Ce qu'il faisait, même si Haru refusait toujours avec véhémence (un coup de fil à sa conseillère client, et c'était réglé).
— Je peux dormir avec toi ?
Il demandait toujours la permission : Shizue lui avait dit que c'était de la bienséance, c'était être un gentleman respectueux. Et même si parfois Haru avait un caractère de cochon, il méritait quand même qu'on soit un gentleman avec lui.
— Kito ne va pas être contente. Tu vas lui prendre toute sa place.
— S'il faut la demander en duel pour récupérer ce qui me revient, alors soit.
Dans un petit ricanement, Haru se décala. Daisuke écarta la couverture de son lit pour monter sur le sien, mais emporta tout de même sa couette car il disait toujours que celle de Haru était trop fine. Il se colla contre lui.
La chatte miaula, et se leva pour aller s'allonger un peu plus loin.
Daisuke laissa un souffle un peu plus lourd que les autres passer ses lèvres. Il sourit, attrapa son oreiller pour le ramener contre lui, et Haru lui donna un petit coup de genou pour pouvoir respirer.
Il murmura :
— Bonne nuit.
Et Daisuke répondit :
— Bonne nuit.
Ils n'avaient pas besoin de mots. Il le pensait souvent, ne le disait que très rarement, et savait profiter des instants qui comptaient.
Il s'endormit en quelques minutes à peine.
Quand il se réveilla, les fesses de ce chat énorme se trouvaient entre son visage et celui d'Haru.
Des bisous !
