Bonjour à tous !

Voici un nouveau chapitre de Faire partie de ton futur !

Merci beaucoup pour vos reviews (notamment les guests que je ne peux pas remercier directement, drou, Mionette Siri et Ilovefanfic).

J'ai oublié de vous préciser que les chapitres seront soit selon le point de vue de Sirius, soit celui d'Hermione car selon moi, vous manqueriez certaines informations sinon (je pense que vous l'aviez remarqué avec le chapitre précédent, du POV de Sirius ^^).

Très bonne lecture !

MinnieMey


Chapitre 4 - Pensive

Hermione sortit de la chambre de Sirius rapidement sans jeter un regard derrière elle. Revoir l'ancien Maraudeur éveillé l'avait particulièrement perturbée. Elle savait que cela arriverait, pourtant, elle ne pensait pas que cela la mettrait dans un tel état. Son cœur était ébranlé.

Sirius n'avait rien dit mais l'avait intensément regardée, comme s'il savait... Pourtant, ce n'était pas possible. Dumbledore avait bien veillé à effacer tous ses souvenirs... Mais si finalement, il se souvenait de ce qu'ils avaient vécu ? Non, c'était impossible...

Elle marcha silencieusement dans le couloir, laissant Ron, Ginny et Harry discuter avec animation du réveil du brun. Son mari et ses deux amis étaient surexcités et réfléchissaient déjà aux gens qu'ils devraient prévenir.

« Je dois envoyer un hibou à mes parents ! lança Ron.

— Et moi à Kingsley ! continua Harry.

— Nous devrions organiser une fête dès qu'il sortira de l'hôpital avec tous les membres restants de l'Ordre du Phénix ! répliqua Ginny, survoltée.

— Tu crois que Sirius ne nous en voudra pas d'avoir investi sa maison ? hésita son mari.

— Ne t'inquiète pas ! Il te l'avait léguée, c'est normal que tu y vives aujourd'hui !

— Mais où va-t-il aller quand il sortira de l'hôpital ?

— Chez nous, pardi ! On ne peut pas le laisser sans toit ! Et c'est sa maison aussi !

— C'est James qui a sa chambre...

— Et il y a d'autres chambres dans la maison !

— Oui, mais elles ne sont pas vraiment aménagées...

— Il peut venir dormir chez nous le temps que vous lui prépariez sa chambre ? suggéra Ron. Qu'en penses-tu, Hermy ? Hé, Hermione ? »

Celle-ci releva finalement la tête. Elle était perdue dans ses pensées. Elle regarda son mari d'un air interrogateur.

« Oui ?

— On pourrait héberger Sirius, le temps que Gin' et Harry aménagent une chambre pour lui, qu'en dis-tu ? réitéra Ron.

— Quoi ? » s'exclama-t-elle en sursautant.

Son cœur rata un battement. Quoi ? Sirius ? Dormir chez elle ? Il n'en était pas question. Pas tant qu'elle n'aurait pas mis de l'ordre dans ses pensées et ses sentiments.

« Euh... je ne sais pas... tu sais que c'est bientôt les vacances de Pâques et Rose va revenir... sa chambre ne sera pas dispo... dit-elle, trouvant une excuse.

— On va réussir à aménager la chambre du dernier étage, réfléchit Ginny sentant le malaise de son amie. Il faudra juste acheter deux-trois meubles mais ce sera jouable. De plus, Sirius pourra jouir d'une certaine intimité à cet étage, il sera seul... Tout bien considéré, c'est mieux qu'il vienne dormir chez nous ! »

Hermione souffla intérieurement. Elle l'avait échappé belle. Tous les événements s'enchaînaient bien trop vite selon elle.

Déjà, le Ministère de la Magie avait dû faire face à de vives critiques dès le lendemain de l'annonce officielle du retour de Sirius. La Gazette du Sorcier et tous les autres journaux n'avaient pas été tendres et avaient pointé du doigt une nouvelle fois le manque de transparence du Ministère sur le Département des Mystères. Hermione savait que les critiques remettaient en cause certaines lois passées et pas forcément son mandat en tant que Ministre vu qu'elle n'était en poste que depuis quelques mois. Néanmoins, elle ne pouvait s'empêcher de se sentir responsable. Tôt ou tard, cette histoire lui retomberait dessus d'une manière ou d'une autre.

Et la nouvelle d'un Sirius éveillé ne passerait pas longtemps inaperçu. La femme brune décida d'aller discuter avec le chef du service où était installé l'ancien Maraudeur dès que possible. Mais elle devait faire une première chose avant.

« Ginny ? s'écria-t-elle à l'attention de son amie.

— Oui ?

— Pourrais-tu garder pour toi le fait que Sirius se soit réveillé, s'il te plaît ? »

La brune avait dit ces mots d'un air prudent et regarda la rousse avec appréhension. Depuis qu'elle avait arrêté sa carrière de joueuse de Quidditch, Ginny était devenue reporter à la Gazette du Sorcier et menait à mal le Ministère de la Magie avec ses articles polémiques. La politicienne et la journaliste pouvaient facilement se disputer, n'étant pas tout le temps d'accord sur certains sujets houleux. La rousse comprit à quoi Hermione faisait allusion. Elle plissa les yeux.

« Hum... je comprends ton point de vue... Tu souhaites préserver Sirius de toutes questions indélicates mais les sorciers doivent savoir qu'il s'est réveillé !

— Et pourquoi ? Cela ne les concerne pas. Sirius a besoin de repos !

— Ah bon ? Tu sais ce dont Sirius a besoin, maintenant ? lui lança Ginny d'un air dubitatif. Tu n'as même pas discuté avec un guérisseur !

— Mais c'est évident ! répliqua Hermione. Il est mort mais est revenu plus de vingt ans plus tard. Le monde sorcier a complètement changé. Quand il est parti, nous nous battions contre Voldemort mais nous sommes en paix depuis longtemps. C'est forcément perturbant !

— Ce n'est pas à toi de décider ! »

Ginny croisa les bras. Harry et Ron regardèrent les deux femmes, n'osant intervenir. Cette scène était plutôt habituelle ces derniers temps et cela se passait toujours mieux quand ils les laissaient se prendre le chignon. Néanmoins, au bout de quelques secondes, le Survivant soupira et leva son bras pour le poser sur l'épaule de sa femme.

« Ginny, lui dit-il d'une voix calme, Hermione a raison. Laissons un peu de temps à Sirius pour tout assimiler. C'est beaucoup pour lui. Je pense que le monde sorcier n'a pas besoin de savoir immédiatement qu'il est réveillé. Les gens risquent de le harceler et ce n'est pas le moment. Je ne veux pas dire qu'il faut cacher son réveil mais attends quelques jours, s'il te plait. Laisse-moi lui parler pour le briefer. Je ne veux pas qu'il soit harcelé par des étrangers... »

La rousse soupira. Sa conscience professionnelle avait souvent tendance à prendre le dessus mais elle affaissa finalement les épaules. S'il y avait une personne qui pouvait lui faire entendre raison, c'était bien Harry. Et puis, n'était-il pas le filleul de Sirius ? Il était celui qui le connaissait le mieux.

« Bon, d'accord, je ne dirai rien pour l'instant. Pour le préserver, capitula-t-elle. Mais il faudra bien avertir les sorciers un jour ou l'autre... Son retour est un événement sans précédent. Mon chef n'arrête pas de me harceler. Il sait qu'en tant que ta femme, je serai la première personne à être au courant...

— Mens-lui encore un peu, d'accord ?

— D'accord, souffla-t-elle en lui faisant un petit sourire.

— Merci, Ginny, » dit Hermione l'air soulagé.

Elle laissa ensuite le groupe pour aller voir le guérisseur en chef afin de lui donner ses recommandations en tant que Ministre de la Magie. Celui-ci n'aimât pas son intervention mais elle n'avait pas tort. Depuis que Sirius Black était arrivé dans son service, de nombreux curieux étaient venus à l'hôpital pour tenter d'apercevoir l'homme qui était revenu du voile. L'établissement avait dû faire appel à une équipe d'Aurors pour éloigner les curieux qui dérangeaient les malades ainsi que le corps médical.

Hermione partit avec Ron dans leur maison qui se situait à une centaine de kilomètres de Londres, dans le Surrey. Les distances n'avaient pas vraiment d'importance chez les sorciers puisqu'ils pouvaient transplaner ou aller d'un endroit à un autre par voie de cheminée si elles étaient connectées.

Pendant que son mari envoyait un certain nombre de courriers pour avertir leurs amis du réveil de Sirius - en toute discrétion -, Hermione s'enferma dans son bureau pour tenter de lire tout un tas de dossiers que Demelza lui avait remis pour le week-end. Et oui, en tant que Ministre de la Magie, elle n'avait pas de jours de repos. Elle eut un peu de mal à se concentrer au début, toujours hantée par le regard que lui avait lancé l'ancien Maraudeur. Mais elle se ressaisit. Il n'était pas temps de rêvasser, elle avait pris beaucoup de retard avec toute cette histoire.

Au bout de deux heures, néanmoins, la jeune femme s'octroya une pause lorsque son fils Hugo vint la déranger. Ce dernier voulait qu'elle l'assiste dans ses devoirs. Son père aurait pu l'aider mais le garçon aimait passer un peu de temps avec sa mère et puis, elle était plus patiente quand elle lui expliquait des choses qu'il ne comprenait pas.

Ils passèrent ensuite à table. Hermione pouvait s'estimer heureuse. Elle avait un mari aimant qui s'occupait de la plupart des tâches ménagères, repas, ménage, enfants. Ron savait que son travail lui prenait tout son temps et il faisait bien plus pour sa famille que ce qu'elle ne faisait, tout ceci sans jamais se plaindre. Elle avait beaucoup de chance et s'en rendait compte, encore plus ces derniers temps, depuis qu'elle avait pris le poste de Ministre de la Magie.

Elle observa Ron et Hugo commenter les derniers exploits des Canons de Chudley, leur équipe de Quidditch préférée. Ron avait réussi à convertir son fils et l'emmenait voir des matchs régulièrement.

Hermione soupira et regarda son assiette sans appétit. Depuis quelques jours, elle n'avait plus très faim.

Une heure plus tard, elle alla coucher Hugo et retrouva Ron dans le salon. Ce dernier lisait un magazine sur le canapé. Elle s'installa à ses côtés en prenant un livre. Au bout de cinq minutes, toutefois, le roux interrompit sa lecture.

« Tu vas bien ? » lui demanda-t-il.

Elle releva la tête, surprise par cette question.

« Oui, ça va. »

Il plissa les yeux.

« Je sais qu'en ce moment, c'est un peu la folie au Ministère mais je te sens ailleurs ces derniers temps, » dit-il en la regardant dans les yeux.

Hermione se sentit subitement mal à l'aise. Ils se connaissaient bien, Ron et elle. Cela faisait longtemps qu'ils étaient ensemble. Elle savait quasiment tout de son mari, de ses peurs évidentes comme celle des araignées, à celles qu'il cachait sous un masque de rires. Il doutait beaucoup pour son travail, craignait de décevoir et manquait de confiance en lui. Ron aussi avait appris à lire entre les lignes quand elle allait mal ou quand elle était en colère. Il n'était pas très perspicace d'une manière générale mais il l'avait beaucoup observée et commençait à bien la connaître après toutes ces années de vie commune.

« Oh, tu sais que je suis surchargée de travail en ce moment, dit la brune évasivement.

— J'ai l'impression que c'est autre chose... tu es souvent dans tes pensées, ce qui n'est vraiment pas dans tes habitudes. Qu'y a-t-il ? Tu sais que tu peux tout me dire ! »

Hermione lui lança un regard en coin. Bien sûr qu'elle ne pouvait pas tout lui dire... Elle ne lui avait jamais avoué qu'elle était retournée dans le passé, qu'elle y avait retrouvé les Maraudeurs et surtout qu'elle était tombée amoureuse de Sirius... Pourquoi l'aurait-elle fait d'ailleurs ? C'était du passé tout ça... Et jamais n'avait-elle pensé que le passé reviendrait la hanter...

« Je dors assez mal en ce moment mais rien de grave, ne t'inquiète pas ! »

Elle lui lança un petit sourire et retourna à son livre afin de clore leur conversation. Ron se rapprocha d'elle et retira l'ouvrage de ses mains, puis l'enlaça. Hermione soupira. Son mari était très tactile d'une manière générale. Et quand il voyait que les mots ne suffisaient pas, il avait tendance à utiliser son corps pour la réconforter - en tout bien tout honneur, enfin... parfois... -. Il ne dit rien et finalement, elle se laissa aller à son étreinte en posant sa tête contre son épaule.

Elle tenta de se détendre mais c'était peine perdue. Depuis quelques jours, elle vivait une tempête intérieure. Dès que son esprit n'était pas focalisé sur son travail, il voguait vers Sirius. La jeune femme savait que leur relation était impossible : elle était mariée et avait des enfants. Et sa relation avec le Maraudeur remontait à plus de vingt ans, c'était une autre époque. Elle avait vieilli depuis.

Alors, avait-elle encore des sentiments pour lui ? Elle ne le savait pas vraiment. Certes, elle pensait toujours un peu à lui, rêvait même encore de lui mais voilà... quel amour pouvait-il durer aussi longtemps ? Cela n'avait pas de sens... Mais tout n'avait aucun sens...

Elle inspira profondément et se colla un peu plus contre Ron, ayant besoin d'être réconfortée et ce dernier était le seul à pouvoir le lui donner à cet instant et ce, même si elle ne pouvait rien lui dire. Elle n'avait pas envie de parler, ni raconter ce qui s'était passé. Pourtant, elle savait que tôt ou tard, elle le devrait car elle en avait plus qu'assez de toute cette mascarade. Finalement, ce passé était bien trop lourd à supporter seule. Mais maintenant n'était juste pas le moment.

Le roux resserra son étreinte et lui embrassa le haut de sa tête. Hermione ferma les yeux et tenta de ne plus penser à rien.