Réunion d'anciens élèves.

Chapitre 6 : Mensonge ou vérité ? La suite.

- Bon alors, qu'est-ce que je devrais savoir ? S'exclama Alice avec méfiance.

Elle scruta un à un les membres de la pièce. Même Roy, sait-on jamais qu'il soit au courant de la combine, même si elle ne voyait pas trop pourquoi il en serait plus sur Riza qu'elle.

- Mais rien ! S'exclama Riza un peu paniquée tentant de changer de sujet. Jonathan dit n'importe quoi, ajouta-t-elle en foudroyant du regard ce dernier qui déglutit difficilement.

- Ouais, ouais... Répliqua la jeune femme peu convaincue. T'es sûre que tu n'es pas en train de m'embobiner ? Renchérit-elle en plissant les yeux.

- Oui bon, et alors, même si c'était vrai... Tu tiens vraiment à ce que je dévoile ta vérité !? Renchérit une Riza qui se révéla tout à coup menaçante.

Riza menaçante ? Tout le monde déglutit, même Roy. Cette Riza là, il la connaissait très bien... C'était celle qui lui faisait du chantage s'il ne rendait pas ses dossiers à temps et il savait par expérience qu'il fallait mieux ne pas se la mettre à dos.

- Tu oserais faire ça !? S'exclama Alice outrée. Bordel, pour en arriver à ce genre de menace, c'est que ce que John sait doit vraiment être énorme ! Ajouta-t-elle avec des yeux rond comme des soucoupes.

Alice était vraiment tiraillée entre le fait de vouloir connaître le secret de Riza et prendre le risque que cette dernière ne dévoile à John les sentiments qu'elle éprouvait pour lui. Crotte, que faire ? Sa curiosité lui jouait vraiment des tours... C'était à Riza qu'elle voulait en faire voir de toutes les couleurs alors pourquoi c'était elle qui se retrouvait dans cette position embarrassante ?

- Grrrr, poursuivit-elle, totalement prise au dépourvu.

- Puis que les choses sont claires, rétorqua Riza. Peut-être pourrions-nous poursuivre ?

- Okay, se reprit Alice en se tournant vers Riza. C'est à ton tour si je ne me trompe !

- Ou pas, John a suggéré que je prenne ta place, donc je passerais la dernière ! C'est donc au tour de notre invité surprise, reprit Riza en désignant Roy qui se trouvait assis juste à côté d'elle.

Elle ne pouvait pas se faire à l'idée d'appeler son supérieur par son prénom, ça donnerait trop de familiarité à leur relation et déjà que la situation était très gênante, il ne fallait pas pousser le bouchon. Être assise aussi prêt de lui était déjà très difficile à supporter quand on était dans tous ses états... Non parce que vous n'imaginez pas à quel point c'est dur de ne pas sursauter lorsqu'en bougeant innocemment sa jambe, Roy venait frôler la sienne... Elle ne savait pas si c'était fait exprès ou pas, mais à chaque fois elle devait retenir son souffle pour ne pas défaillir et surtout, elle devait rester discrète pour ne pas se faire pincer.

Et le pire, c'est que Roy ne faisait pas vraiment attention à ce qu'il faisait, être assis à côté de Riza le troublait beaucoup également car justement, lui, aimerait tellement se rapprocher d'elle mais en même temps, il avait peur de sa réaction. Il savait que Jonathan ne l'empêcherait pas d'arriver à ses fins, au contraire, il serait capable de lui prendre la main pour le guider s'il mettait trop de temps à le faire... Mais tout de même, il en était encore à se poser le pour et le contre. Il avait envie de profiter de l'instant présent sans se préoccuper des conséquences, le problème, c'est que les conséquences lui retomberaient dessus malgré tout et qu'il devait donc les prendre en considération avant d'aller trop loin... Qu'il mette sa carrière en jeu, d'accord, mais il ne pouvait pas se permettre de mettre celle de Riza en jeu à cause des sentiments qu'il éprouvait pour elle.

- Bon bon, à Roy alors, soupira Alice vaincue. Mais ce n'est que partie remise, ton tour viendra ma chérie !

Riza fit semblant de ne pas se sentir visée et regarda droit devant elle. Elle ne voulait surtout pas croiser le regard de son supérieur et redoutait même les révélations qu'il allait faire ! Et regarder Jonathan ? Encore moins, le connaissant, il allait lui lancer un sourire idiot qui lui ferait perdre contenance. Il fallait mieux garder son esprit sur un objet neutre, comme la table basse de son ami, où leurs verres de vin étaient posés. Verre de vin auquel elle n'avait elle-même pas encore touché. Était-ce raisonnable de boire de l'alcool sachant pertinemment qu'elle ne le tenait pas ? Leur marche pour venir jusqu'ici l'avait déjà bien aidé à dessaouler, mais était-ce raisonnable de relancer le massacre ?

La sniper soupira avant d'attraper son verre et d'en boire une gorgée, peut-être qu'au contraire, le vin l'aiderait à survivre à cette soirée ? Un brin éméchée, peut-être que les remarques de ses amis lui passeront au dessus et qu'il ne la déstabiliseront plus ? Enfin bref, advienne que pourra.

- Alors, que pourrais-je vous apprendre, commença Roy en réfléchissant...

- Pas trop difficile hein, on a pas l'habitude de côtoyer un militaire tous les jours nous ! S'exclama Alice tandis que Roy réfléchissait.

Ce dernier laissa d'ailleurs échapper un sourire. Avec cette remarque, il était sûr à présent qu'Alice ne savait strictement rien. Parce qu'elle côtoyait une militaire en particulier, c'est juste qu'elle ignorait ce détail. D'ailleurs, en pensant à Riza, il venait d'avoir une idée. Il savait qu'avec ce genre de supposition, il allait éveiller la curiosité de tout le monde.

- Je ne sors jamais deux fois avec la même fille, Je n'ai pas toujours était honnête avec mon assistante, j'appréciais vraiment Clary.

Riza blêmit à cette annonce... Comment ça je n'ai pas toujours était très honnête avec mon assistante ? Qu'est-ce que ça voulait dire !? Était-ce sa vérité ou un simple mensonge ? Si c'est un mensonge, pourquoi avoir dit cela ? Avait-il un message à lui faire comprendre ? Non mais qu'est-ce qui lui avait prit de sortir un truc pareille !?

N'y tenant plus, Riza lança un regard de biais vers Roy, un sourcil interrogateur levé. Ce dernier se contenta de répondre à sa question silencieuse avec un sourire niais qui disait "c'est le jeu". Bref, elle était encore plus perdue.

- Quoi ! S'écria Alice. Mais c'est quoi ces révélations !

Elle regardait l'alchimiste avec des yeux ronds, ne sachant pas du tout par ou commencer.

- J'avoue, ça envoi du lourd, renchérit Jonathan.

Et pour lui, le mot lourd était chargé de sens. Était-ce un piège de sa part de faire une révélation sur son assistante sachant que Riza et lui-même savait très bien de qui il s'agissait ? Ca pouvait très bien être sa vérité, mais peut-être qu'il essayait de les induire en erreur ? Mince... Que devait-il voir à travers cette phrase ?

- Non mais déjà, la révélation sur Clary, c'est franchement du pipeau, à part Clary elle-même, personne ne peut la supporter, poursuivit Alice sur sa lancée, bien décider à trouver la bonne réponse.

- Oui, pourquoi pas, ça tiens la route, commença Jonathan d'une voix songeuse. T'en penses quoi Riza, ajouta-t-il avec un sourire niais pour la sniper qui le foudroya du regard.

Non mais il jouait à quoi celui-là !? C'était quoi ce sourire... Qu'essayait-il de lui faire avouer ? Il avait perdu la tête ? Et pourquoi son supérieur semblait profiter du spectacle ?

- Pourquoi tu réponds pas ? Demanda une Alice à la ramasse qui ne voyait pas du tout la gène qu'avait créé Jonathan avec sa remarque.

- Je ne préfère pas donner mon avis sur la question, le fait que je n'apprécie pas Clary n'engage que moi ! Répliqua Riza en grinçant des dents.

C'était quoi cette excuse à deux balles même pas crédible !? Bon il est vrai qu'elle n'appréciait pas, mais alors pas du tout le fait que son supérieur est prononcé le prénom de cette blondasse... Mais elle n'avait certainement pas l'intention de laisser quiconque se rendre compte de ça. Mais bon, ça manière si sèche de répondre n'était-il pas en train de la faire couler ?

- Waouh Riza, pourquoi t'es autant sur la défensive ? Renchérit Alice de plus en plus perdu. J'ai raté un truc ?

- Non, rien du tout, reprit Riza toujours aussi froidement, faisant retomber la pression sur les deux mâles de la pièce.

Alice regarda Jonathan, puis Riza, puis de nouveau Jonathan et encore une fois Riza... Elle ne comprenait absolument rien. Elle dévia donc son regard vers le colonel, lui demandant silencieusement s'il savait ce qu'il se passait. Ce dernier ce contenta de hausser les épaules semblant de rien.

En réalité, il savait très bien ce qu'il se passait. Jonathan essayait de faire dire à Riza qu'elle n'avait pas apprécié de voir Roy au bras de Clary. Ça il l'avait très bien compris, mais Jonathan semblait vouloir que sa subordonnée avoue les choses à voix haute. Pourquoi ? Telle était la question. Du moins, il espérait qu'elle ne pense pas que cela puisse être sa vérité. S'il avait apprécié Clary lors de leur première soirée ensemble, il s'était très vite rendu compte de son erreur de jugement lorsqu'il avait découvert la Clary qu'il avait eu sous les yeux ce soir. Il ne l'apprécia plus dès lors qu'elle avait osé dire du mal de sa subordonnée.

- Bon, bah puisqu'il n'y a "rien du tout", poursuivit Alice avec sarcasme, voyant que personne ne voulait lui répondre. Dis-nous ce que tu penses êtres la vérité sur le compte du beau mâle qui est sur ta gauche Riza.

Riza blêmit encore plus devant la réplique de son amie. Non mais ils s'étaient donnés le mot ou quoi !? Qu'est-ce qu'ils avaient tous à lui faire des allusions sur son supérieur !? La sniper soupira, elle aurait besoin de beaucoup plus qu'un simple verre de vin pour survivre à cette soirée.

En parlant de vin, elle attrapa son verre qu'elle siffla d'un coup.

- Waouh, sacrée descente, fais gaffe, demain tu vas avoir mal au crane, conseilla Jonathan avant de se faire rembarrer.

- C'est vous qui me donnez mal à la tête en ce moment, grinça Riza en se resservant un autre verre.

- Mais c'est toi qui refuse de donner ton avis, s'exclama Alice. Tu risques rien pourtant, ce n'est qu'un jeu, et puis même si tu devais croiser de nouveau le Colonel dans la rue un jour, je suis sûre qu'il ne se souviendra même pas de toi.

Ca c'est ce que tu crois, pensa Riza pour elle-même. Au contraire, à trop se "lâcher", elle pouvait risquer très gros... Etait-elle prête à aller jusque là ? Pas sûr qu'à son retour au bureau lundi que le colonel l'ait "oublié"...

- J'avoue que j'aimerais bien connaître l'avis de Riza sur la question ! S'exclama Roy qui était resté jusque là en dehors de la conversation.

Il s'amusait beaucoup de la situation parce qu'il n'y avait aucune chance qu'il oublie un jour la jolie blonde assise à sa droite.

Non mais il jouait à quoi lui !? Pensa de nouveau Riza. Une Riza qui avait gardé jusque là son regard plongé vers son verre de vin et qui leva brusquement la tête vers son supérieur. Cet imbécile la regardait tranquillement avec un sourire niais sur les lèvres. En vrai, il se payait royalement sa tête. A présent elle était certaine qu'il avait donné ses trois révélations juste pour la perturber et la faire se révéler un peu plus.

Pourquoi voulait-il qu'elle se dévoile !? Elle n'était pas stupide, avec tous les sous-entendus de Jonathan et de Jane, il devait forcément avoir compris qu'elle leur avait parlé de lui et qu'il ne la laissait pas indifférente ! Alors pourquoi continuait-il ce petit jeu ? Voulait-il lui faire avouer pour se moquer d'elle ? Serait-il assez cruel pour lui faire cela ? Elle ne savait vraiment plus quoi penser.

Comprenant enfin la stratégie de son supérieur, Riza décida de reprendre contenance. Ah moins que ce ne soit l'alcool qui l'aidait à reprendre contenance ? Bref, Riza décida de se reprendre en main. Depuis quand laissait-elle ses émotions dicter sa manière d'être ? Depuis quand perdait-elle pied dans une situation !? Ce n'était pas digne du bras droit qu'elle était ! Elle avait montré à son supérieur qu'elle valait mieux que ça et qu'il pouvait toujours courir pour qu'elle se rabaisse à se ridiculiser pour son plaisir personnel.

- Bon, puisque vous voulez vraiment mon avis, je dirais que la vérité se trouve dans la première révélation "je ne sors jamais deux fois avec la même fille".

- Ah bon ? Qu'est-ce qui te fait dire ça ? Questionna Alice avec curiosité.

- Je ne sais pas, ça se voit à sa tête qu'il collectionne les conquêtes, renchérit Riza en scrutant son supérieur avec dédain.

Outch, elle savait taper là ou ça faisait mal. Mais bon, pouvait-il vraiment lui en vouloir ? Combien de fois l'avait-il abandonné à finir ses dossiers pendant qu'il allait batifoler avec l'une de ses conquêtes !?

- J'avoue, c'est pas bête. Et puis la révélation sur son assistante, je vois pas trop en quoi ça devrait nous intéresser, on ne la connait même pas, poursuivit Alice avec entrain, comme si c'était désormais évident qu'ils avaient la bonne réponse entre les mains.

Jonathan laissa échapper un rire qu'il tenta de masquer sous une quinte de toux face à la remarque d'Alice. Roy aussi ne put s'empêcher de laisser échapper un sourire. Riza quand à elle, elle se sentit gênée, mais comme elle avait décidé de ne plus se laisser influencer par ses émotions et de ne plus se sentir concerné dans les révélations des autres, alors elle se contenta donc de reprendre une gorgée de vin comme ci de rien n'était.

- Du coup vous votez à l'unanimité pour ce choix là ? Intervint Roy histoire de mettre un terme au débat bizarroïde que ses "révélations" avaient causé dans le salon de Jonathan.

- Ouais, je vais dire comme les filles, sinon je sens que ça va encore partir en vrille, répondit John avec un clin d'œil en donnant sa réponse.

- Et bien c'est faux ! Bien que ce soit l'un de mes principes fondamentaux, ça ne veut pas dire qu'il ne peut pas y avoir d'exceptions. La preuve, ce soir, il s'agissait de mon second rendez-vous avec Clary.

Riza soupira de voir avec quelle fierté il avait dit cela... Il n'y avait aucune fierté à avoir de se vanter d'avoir eu DEUX rendez-vous avec Clary. S'en rendait-il au moins compte ?

- Oh non... J'étais persuadée qu'on allait enfin trouver une bonne réponse, s'exclama Alice en boudant. Mais bon, puisque je ne peux pas admettre le fait qu'autour de cette table quelqu'un puisse "apprécier" Clary, moi je suis sûre que la bonne réponse c'est que Roy n'a pas toujours était honnête avec son assistante ! La pauvre, vous devriez avoir honte ! Renchérit-elle en fixant le colonel.

- J'avoue, tu dirais quoi toi Riza, si t'apprenais que ton patron n'était pas honnête envers toi ? S'exclama Jonathan faussement outrée.

Ce dernier se délectait de la situation car pour avoir parlé avec le colonel sur le trajet jusqu'ici, il comprenait que le manque d'honnêteté qu'il a eu envers Riza concernait les sentiments qu'il éprouvait pour elle. Et comme il connaissait également les sentiments que Riza nourrissait pour son supérieur. Il s'amusait comme un petit fou de la situation. Et Alice qui rajoutait de l'huile sur le feu sans même s'en rendre compte. Un véritable rêve pour ses yeux et ses oreilles.

- Je lui demanderais des explications, répliqua Riza en fixant son supérieur d'un regard froid.

Elle n'était pas très sûre de vouloir entendre ce qu'il avait à dire, à coup sûr qu'il avait du lui mentir sur certaines de ses "absences" au boulot... Elle soupira avant de reboire une gorgée de vin avec laquelle elle faillit s'étouffer Lorsque Alice prit la parole.

- Si ça se trouve le Colonel Mustang est secrètement amoureux de son assistante, piaffa Alice en s'imaginant la scène un sourire niais sur les lèvres. Ca va Riza ? Tu as bu de travers ?

Alors que Riza s'étouffait avec son vin, Jonathan éclata de rire devant la subtilité dont faisait preuve Alice sans s'en rendre compte et le colonel en question ne savait plus trop où se mettre de s'être fait si vite découvert. En réalité il était un peu déçu que se soit Alice qui comprenne le sous-entendu et non la principale concernée.

La principale concernée qui, depuis qu'elle avait repris ses esprits et avalé correctement sa gorgée de vin, n'osait plus lancer le moindre regard vers sa gauche. Dans sa tête, c'était le grand bazar, son cerveau était en train d'assimiler ce que venait d'annoncer Alice. Mais non, ce n'était pas possible ? Elle devait faire fausse route ! Le colonel ne pouvait pas avoir des sentiments pour elle !? Elle avait tellement l'impression d'être sa mère au quotidien... Elle devait sans cesse repasser derrière lui, s'assurer d'avoir un parapluie quand il sortait et qu'il menaçait de pleuvoir, elle avait toujours une paire de ses gants en secours sur elle, même quand elle ne travaillait pas, en cas d'appel d'urgence. Même ce soir elle en avait une paire dans son sac à main ! Non... c'était impossible... Elle avait toujours eu l'impression d'être transparente à ses yeux en tant que femme... Il n'avait aucun scrupule à l'abandonner le soir au QG pour aller à ses rendez-vous galant, la faisant partir à pas d'heure parce qu'elle devait finir son travail à elle, mais aussi le sien à lui. Elle s'était toujours voilée la face à ce sujet... L'alcool lui embrouillait le cerveau et elle ne savait plus trop quoi penser... Son mal de tête ne faisait qu'empirer et elle n'aspirait plus qu'à une chose, retrouver son lit et s'endormir et lorsqu'elle se réveillerait demain matin, elle se rendrait compte que tout cela n'avait été qu'un mauvais rêve, oui un affreux mauvais rêve !

- Bon, je crois que c'est au tour de Riza de jouer s'exclama Jonathan, pour changer de sujet, voyant qu'une gêne était en train de naître au sein du groupe.

Riza sursauta à l'entente de son prénom. Mince, elle devait encore donner ses révélations... elle ne pourra jamais se défiler, Alice ne lui en laisserait jamais l'occasion... Elle n'avait même pas réfléchit à la question... Que pouvait-elle dire !? Que devait-elle dire !? Elle avait l'impression que si elle donnait des révélations sans intérêt, Alice et Jonathan lui tomberaient dessus... Même son propre supérieur s'était prêté au jeu. Mais jusqu'à où était-elle prête à faire des révélations ?

- Riza ? Insista Jonathan.

- Minute, je réfléchis, pesta-t-elle en se pinçant l'arête du nez.

Décidemment l'alcool lui montait déjà au cerveau et elle n'arrivait plus à réfléchir posément. Elle comprenait pourquoi elle ne buvait jamais. Elle n'aimait pas ne plus se sentir maître d'elle-même. Non mais attendez... Et si elle se servait des délires d'Alice ? Mais oui, ça passerait inaperçu non ? En fait, elle était tellement éméchée qu'elle ne savait pas trop si c'était une bonne idée ou non, mais sur l'instant, ça lui semblait la meilleure idée qu'elle n'avait jamais vu. Tant pis, ça passe ou ça casse comme on dit !

- Bon bah, puisqu'il faut y aller, dit-elle en prenant une inspiration. Alice à raison j'ai envie de coucher avec mon supérieur, je ne l'ai jamais avoué mais j'ai peur du noir, il s'est peut-être effectivement passé quelque chose d'ordre intime avec Monsieur Esseiker au lycée.

Riza avait sorti ses trois révélations d'une traite sans même reprendre son souffle et elle avait réussi son coup, elle avait cloué le bec aux trois autres membres de la pièce. Ils essayaient tous d'assimiler les informations qu'ils venaient d'avoir. Ce fut Alice qui réagit la première.

- "Il s'est peut-être passé quelque chose d'ordre intime avec Monsieur Esseiker", répéta-t-elle plus lentement, en réfléchissant. Bordel, mais c'est quoi la tournure de cette phrase ! Me dit pas que t'as couché avec le prof d'histoire Riza ! S'exclama Alice complètement choquée.

- Alice, ressaisit toi bon sang, tu voix pas que Riza a dit ça pour te déstabiliser !? Bien sûr qu'il ne sait rien passé entre Riza et le prof d'histoire, intervint Jonathan.

- Comment peux-tu en être aussi sûr John !?

- Parce que je te le dis.

Et aussi parce qu'il connaissait les sentiments de Riza pour son supérieur et qu'il était donc sûr à cent pour cent que la vérité était dans sa première affirmation. D'ailleurs, dans sa tactique, Riza avait sorti celle-ci en première et celle sur le prof d'histoire en dernier justement pour induire Alice en erreur. Elle était douée. Par contre, il ne comprenait pas pourquoi Riza avait pris un tel risque en balançant une telle information. Soit elle avait déjà largement dépassé son quota d'alcool pour la soirée, soit elle avait envie de prendre une nouvelle tournure dans sa vie, quoi qu'il en soit, il se délectait de la situation et il était presque sûr que les deux militaires repartiraient ensemble. La seule ombre à son tableau était Alice. Il allait falloir qu'il s'occupe d'elle s'il voulait laisser ces deux tourtereaux en tête-à-tête. Mais pour ça aussi il avait sa petite idée.

- Jonathan ne m'embrouille pas ! Relança Alice dans ses explications. Je refuse d'admettre l'idée que Riza puisse réellement avoir envie de coucher avec son supérieur ! Ce serait du total gachis qu'une fille aussi belle qu'elle puisse baver sur des vieux Schnock, j'en ai des frissons rien que d'y penser, ajouta-t-elle en montrant la chair de poule qui parcourait son bras. Et Riza qui a peur du noir ? Laisse-moi rire, c'est même pas crédible ! Je peux savoir ce qu'il y a de drôle ? Renchérit-elle devant l'hilarité que son ami ne pouvait pu contenir.

- Ah-ah-ah, je crois ah-ah, que ah-ah, c'est parti ah-ah, beaucoup ah-ah, beaucoup trop loin ah-ah-ah, s'étrangla Jonathan entre deux fou rire. Pfiouu il fait chaud ici, reprit-il avant de partir dans un nouveau fou rire.

- Jonathan, t'as péter un câble ma parole, s'exclama Alice totalement prise au dépourvue.

Il fallu bien deux minutes entièrement pour permettre à Jonathan de récupérer son souffle. Pendant ce temps là, Alice le fixa se demandant quel genre de folie s'était emparé de lui. Riza à ses côtés, était vraiment très très mal à l'aise. Roy lui, était un peu perdu et il attendait que Jonathan se calme pour qu'il l'éclaire dans ses investigations personnelles. Investigations personnelles qui le poussaient à croire que Riza voulait coucher avec lui. Il avait vraiment du mal à croire à cette théorie, mais il y avait une chose à laquelle il était sûr, c'est qu'effectivement, Riza n'avait pas peur du noir... Et lui, contrairement à Alice, l'idée qu'il n'acceptait pas, c'est que sa subordonnée est pu coucher avec l'un de ses profs du lycée.

- Riza je suis désolé, mais faut que je dise la vérité à Alice, sinon mes nerf ne vont jamais survivre à cette soirée ! S'exclama Jonathan après avoir retrouvé un semblant de sérieux.

Riza ouvrit de grands yeux ronds et le foudroya du regard, lui intimant de garder le silence.

- Il faudra plus qu'un regard noir pour m'en dissuader, renchérit-il avec un sourire en coin.

Alice passa sa tête de Riza à Jonathan puis de Jonathan à Riza.

- C'est quoi l'embrouille ? Demanda-t-elle. Vous allez enfin me dire vos petites messes basses !?

- En réalité... Commença John.

- John tais-toi ! Le coupa Riza en s'emportant.

- Chut, tais-toi Riza, s'exclama Alice en mettant sa main devant sa bouche pour la faire taire.

Riza fut tellement surprise par le geste d'Alice qu'elle se figea l'espace d'un instant. Un instant suffisant pour que John révéle son secret.

- En fait Riza n'est pas l'assistante d'un vieux huissier de justice. Elle vous a fait croire ça parce qu'elle ne voulait pas que vous lui posiez des questions sur son travail et aussi parce qu'elle ne voulait pas que Clary saches ce qu'elle fait réellement dans la vie.

- Qu'est-ce qu'elle fait dans la vie ? s'exclama Alice totalement intriguée.

- Elle est lieutenant dans l'armée... Et plus précisément, assistante du Flamme alchimiste.

- Qu... Quoi !? s'écria Alice en se retournant pour observer tour à tour Riza puis Roy. Mais non ! Renchérit-elle en ouvrant des yeux rond comme des soucoupes. J'y crois pas !

Riza se décomposa. A cet instant, elle avait vraiment envie de disparaître... L'alcool avait eu raison d'elle, elle se sentait nauséeuse, et la présence de son supérieur à côté d'elle n'arrangeait pas les choses.

Ce dernier au contraire sentit son cœur battre à tout rompre dans sa poitrine. Bordel, il réalisait que Riza venait d'avouer qu'elle voulait coucher avec lui. D'un coup, il avait extrêmement chaud et ne savait plus comment se comporter. Il fallait qu'il garde contenance. Il ne pouvait pas se laisser aller à ses pulsions devant Jonathan et Alice... Il fallait qu'il inspire et qu'il expire.

Un silence s'abattit dans le salon de Jonathan.

- Si je comprends bien, reprit Alice à l'intention de Jonathan après avoir avalé les différentes informations. Roy n'a pas été très honnête avec son assistante, autrement dit avec Riza. Et Riza veut coucher avec son supérieur autrement dit avec Roy ici présent.

- C'est exactement ça, mais tu n'es pas obligée de parler comme s'ils étaient pas là, ils t'entendent tu sais, répliqua Jonathan en riant de plus bel.

En fait, il était celui qui se délectait le plus de la situation, même s'il commençait à percevoir que cette révélation avait complètement cassé l'ambiance de la soirée. Mais bon, avec un peu de chance Riza et Roy allaient peut-être repartir ensemble et à eux de savoir ce qu'ils voulaient faire par la suite.

- Je me sens vraiment stupide d'avoir rien grillé de la soirée, reprit Alice en se frappant le haut du crane avec la paume de sa main. Mais alors vous deux, renchérit-elle en se tournant vers Riza et son supérieur. Vous êtes vraiment deux grosses andouilles ! Toute la soirée Jonathan s'est joué de vous alors qu'il savait depuis le début ce que vous ressentiez l'un pour l'autre !

- Hey ! S'exclama Jonathan qui n'avait pas envie de finir griller comme un steak ou troué par une balle perdue. J'y peux rien s'ils sont les seuls à ne pas voir ce qui semblent évident aux yeux des autres ! Si tu avais su la vérité dès le début, pour toi aussi ça aurait été flagrant !

- C'est pas faux, admit-elle après un temps de réflexion. Bon bah du coup je suppose que la soirée est morte et que ces deux-là vont avoir des choses à se dirent !

- Jonathan je te jure que tu es un homme mort ! S'exclama Riza en se levant du canapé.

- Oh s'est bon Riza, il aurait bien fini par l'apprendre un jour.

- N'empêche que ça ne te laissait pas le droit de révéler mon secret.

- Et si vous alliez discuter de tout cela à deux !? Parce que Roy n'a pas l'air si choqué que ça par cette annonce, renchérit-il en désignant l'alchimiste d'un signe de tête.

En fait, Roy avait choisit de ne plus s'insinuer dans la conversation. Il sentait qu'un courant électrique planait dans l'air et que Riza était au bord de la crise de nerf. À vrai dire, les piaffements incessant d'Alice n'aidaient certainement pas Riza à se détendre. Mais effectivement, il lui devenait urgent pour lui de quitter cet appartement et d'avoir une discussion avec Riza.

- Okay, bah puisqu'on en est au confidence, s'exclama Riza, Alice en pince pour toi !

Puis elle s'empara de son manteau et quitta l'appartement avec un "bonne fin de soirée" lancé en claquant la porte.

- La garce ! S'exclama Alice en perdant toute sa contenance. C'est un coup en traitre ça.

Roy ne put s'empêcher de sourire devant la mine qu'affichait le propriétaire des lieux et l'amie de Riza.

- Bon bah apparemment, ici aussi il va y avoir droit à une discussion, je vais vous laisser, s'exclama-t-il avant de quitter les lieux et de courir après Riza dans les rues de East City.

Et beh, quelle soirée !

To be contiued...


Et voila la fin du sixième chapitre !

Bon, je ne vous cache pas que le fait que la soirée soit terminée annonce la fin de cette histoire ! Et oui, comme je l'ai dit dès le début, je ne poursuivrais pas l'histoire plus loin que le courant de la soirée ! Il n'y aura pas de lendemain ! Mais bon rassurez-vous, j'ai encore des petits détails à peaufiner mais je ne dis rien pour ne pas vous spoiler héhé. Du coup, je ne pense pas que le prochain sera le dernier !

En tout cas merci à vous pour vos commentaires, comme toujours je les adores et ils me motivent à écrire toujours plus hihi. Et mention spécial pour Sow'mama qui elle, m'envoit carrément des Snapvidéo comme commentaires au fur et à mesure de sa lecture, et j'étais mais alors morte de rire à chaque fois. Je veux la même chose à chaque fois lol.

A très vite !

Sei.