Bonjour à tous !
Désolée pour mon retard sur ce chapitre mais j'ai été prise ce week-end, j'espère que vous me pardonnez !
Enfin le chapitre 8 et la fameuse discussion entre Hermione et Sirius. Quels sont vos pronostics ?
Je vous remercie encore pour vos reviews ! Je suis contente d'avoir de si fidèles lectrices ^^
A très vite !
Chapitre 8 - La discussion
Sirius grimpait les marches quatre à quatre du 12 Square Grimmaurd sans tenir compte des gens qui le saluaient ou qui tentaient de l'arrêter pour discuter avec lui. Il n'avait qu'un seul objectif : avoir une conversation avec Hermione.
Il l'avait remarquée dès qu'elle était entrée dans le salon par la cheminée et ne l'avait pas quittée des yeux. Il était bien sûr ravi de revoir ses anciens amis, de parler avec sa cousine Andromeda, de rencontrer Ted, le fils de Remus et Tonks... mais il n'avait qu'un seul objectif, revoir la femme qu'il avait tant aimé, à l'aube de la première guerre, et surtout lui demander des explications.
Il avait immédiatement senti qu'elle l'évitait, cela se voyait gros comme un veracrasse. Elle n'était pas venue le voir pour le saluer, avait échappé à son regard à chaque fois qu'il avait posé les yeux sur elle et s'était éloigné de lui autant que possible. Cela ne signifiait qu'une chose ! Mais il avait besoin d'en avoir le cœur net !
Il avait longtemps cherché une excuse pour pouvoir lui parler en privé. Rechercher un poste au Ministère de la Magie lui semblait bien trouvé. Qui mieux que la Ministre de la Magie en personne pour discuter de ce sujet hautement sérieux ?
« Où va-t-on, Sirius ? lui demanda la jeune femme derrière lui, légèrement irritée.
— Dans ma chambre, on sera plus tranquille !
— Oh... mais je pense que cette pièce-là sera mieux. »
Hermione tenta d'aller dans un bureau au premier étage mais quand elle ouvrit la porte, elle y trouva sa fille, Albus et Hugo, jouant à la Bataille Explosive. Elle eut l'air dépité. Sirius la reprit par le bras pour l'emmener à l'étage supérieure.
« Il y a beaucoup trop de monde ici, » lança-t-il.
Il la regarda et lui chuchota :
« Et on a des choses sérieuses à se dire, n'est-ce pas ? »
La jeune femme écarquilla les yeux.
Oh oui, elle sait très bien de quoi je veux lui parler ! se dit-il, sarcastique.
Il l'entraîna au troisième étage, celui du grenier, celui qu'il avait investi depuis plus d'une semaine. Il savait qu'ici, ils seraient tranquilles, personne ne viendrait les déranger. Par prudence, dès qu'il referma la porte sur elle, il lança un sort de silence ainsi qu'un sortilège d'éloignement afin d'éviter les oreilles indiscrètes. Il se retourna et détailla de haut en bas la femme brune qui se trouvait face à lui. Elle portait une robe violine qui ne la flattait pas vraiment mais avait laissé ses cheveux détachés. Avec les années, elle avait réussi à maîtriser ses boucles rebelles. Sirius eut la brusque envie de plonger sa main dans sa chevelure.
Hermione s'était détournée de lui pour observer la pièce, comme si c'était la première fois qu'elle y venait. Ceci dit, c'était peut-être le cas.
Il s'approcha d'elle à pas prudents. Elle posa instantanément les yeux sur lui. Il y lut de l'indécision mais aussi de l'inquiétude. Il s'arrêta brusquement.
« Hermione, dit-il finalement, brisant le silence qui s'était installé. Euh... je ne sais pas comment en parler... »
La jeune femme ne dit rien mais il savait qu'elle était suspendue à ses lèvres. Il se passa une main dans les cheveux, se sentant soudain gêné. Pourtant, il n'y avait pas 36.000 façons de lui dire les choses. De toute façon, il n'était pas du genre à tourner autour du chaudron.
« Je me souviens, » s'écria-t-il simplement.
Il attendit sa réaction en observant chacun de ses gestes. Il ne fut pas déçu.
Hermione se raidit immédiatement à l'annonce de cette phrase. Son visage se décomposa, elle se mordit la lèvre inférieure et sa respiration se fit plus hachée.
Et il comprit.
Elle ne l'avait pas oublié.
Il s'approcha alors d'elle doucement. Elle ne recula pas mais redressa son dos. Son regard semblait complètement perdu. Il savait bien pourquoi... Il comprenait son désarroi... mais il savait aussi ce qu'elle ressentait pour le ressentir lui-même.
Quand il lui toucha délicatement la joue, elle frémit sous ses doigts mais ne se déroba pas. Il se rapprocha pour n'être plus qu'à une dizaine de centimètres de son visage.
« Hermione... » souffla-t-il doucement.
Elle releva des yeux désemparés sur lui, au bord des larmes. Elle inspira plus profondément afin de faire partir l'émotion qui était en train de monter en elle. Il s'en rendait bien compte. A cet instant, il avait l'impression de lire totalement en elle.
Et sans même lui demander son avis, il l'embrassa. Ses lèvres étaient douces et chaudes. Il s'en souvenait parfaitement. Comment avait-il pu l'oublier toutes ses années ? Il commença à trembler car il se rendit compte qu'elle lui avait manqué. Il la prit dans ses bras sans rompre leur baiser. Il sentait qu'elle réagissait elle aussi à son contact. Elle avait entouré son cou de ses bras et s'était collée à lui.
Leur étreinte dura un certain temps, chacun ne voulant pas interrompre ce moment. Ils savaient parfaitement que ce baiser n'était pas anodin, qu'il signifiait énormément pour tous les deux et qu'il était malheureusement lourd de conséquences.
Brusquement, Hermione se dégagea de lui. Sirius eut l'impression qu'on lui amputait d'un bras. Il fut abasourdi quelques instants par ce geste violent. Il la regarda l'air ahuri.
« Non, Sirius ! » dit-elle d'une voix rauque.
Ses yeux étaient toujours humides.
« Pourquoi ? demanda-t-il, même s'il connaissait déjà sa réponse. Mais il devait l'entendre de sa bouche.
— Nous ne pouvons pas nous embrasser...
— Car... ?
— Je... »
Elle le regarda l'air encore plus perdu. Il savait qu'elle vivait une bataille intérieure. Il était attristé mais en même temps, une flamme commença à brûler en lui, un espoir fou... L'aimait-elle encore ? Après tout ce temps ? Il déglutit et tenta de chasser ce sentiment, de peur d'être blessé.
Hermione soupira.
« Je suis mariée, tu sais bien... avec Ron... j'ai une famille... C'est pourquoi nous ne pouvons pas nous embrasser...
— Je sais, répondit-il simplement, la peine lui broyant les entrailles. Mais... tu te souviens, n'est-ce pas ?
— Comme toi, tu te souviens ?
— Oui.
— Comment est-ce possible ?
— Je ne sais pas. Je n'avais aucun souvenir de toi jusqu'à ce que je meurs et tombe dans le voile. Dumbledore avait bien fait son travail, n'est-ce pas... mais il le fallait ? »
Il avait dit ces derniers mots d'un ton amer.
« Oui, il le devait car nous étions voués à nous rencontrer dans le futur... Tu ne pouvais pas savoir qui j'étais... Je comprends maintenant mais t'avoir oubliée toutes ces années...
— Alors, c'est à ton retour que tu t'es souvenu de tout ? l'interrogea-t-elle.
— Oui... à l'hôpital, j'ai récupéré tous mes souvenirs même ceux que l'on m'avait effacé.
— Et quand tu m'as revue à l'hôpital ?
— Je me souvenais déjà... »
Hermione resta pensive quelques instants, puis releva la tête vers lui et le regarda avec des yeux tristes. Son cœur se serra.
« Pourquoi tu ne m'as rien dit ? lui demanda-t-il soudain.
— Comment ça ?
— Pour James et Lily ? Pour Peter ?... Pour moi ? »
Sirius sentit son cœur s'enflammer à mesure qu'il débitait ses paroles. Il ne pensait pas ressentir de la colère, pourtant, il gardait une petite rancune au fond de lui. S'il avait su, les choses se seraient certainement passées autrement.
« Je ne le pouvais pas, Sirius ! répondit-elle d'une voix qui se voulait ferme.
— Non, tu avais le choix ! Tu aurais tout à fait pu choisir de nous dire la vérité. Même si Dumbledore voulait effacer notre mémoire... »
Elle s'assombrit.
« Je sais... j'aurais pu... Peut-être qu'il n'y aurait pas eu tous ces morts... Mais... cela aurait pu être pire. Jouer avec le futur est dangereux. Clarence Wilford* me l'a dit. Il a tenté de changer le futur pour sauver sa femme et sa fille, malheureusement, il les a faits mourir plus rapidement. Si je vous l'avais dit, que ce serait-il passé ?
— Déjà, Peter n'aurait pas été le gardien du secret de Lily et James, répliqua Sirius d'un air furieux.
— En effet... mais cela aurait-il réellement changé quelque chose ?
— Bien sûr que oui ! »
Hermione se mordit la lèvre inférieure.
« Ne crois-tu pas que je regrette ? s'exclama-t-elle, les yeux en larmes. Ne crois-tu pas que je me sois posée ces questions pendant des années ? Tout aurait pu être différent ! Cela me torture autant que toi, tu sais ! Malheureusement, il fallait que je reparte, je n'appartenais pas à cette époque.
— Et moi ? Tu as pensé à moi ? »
Sirius s'était rapproché à nouveau d'elle.
« Tu te rappelles tes dernières paroles quand nous nous sommes quittés ? » lui demanda-t-il.
Elle ouvrit grand les yeux.
« Ne fais pas ça, Sirius ! lui lança-t-elle, d'une voix éperdue.
— Hermione, je m'en souviens bien !
— Moi aussi ! Mais c'était il y a presque vingt ans !
— Oui et je te comprends, tu ne pouvais pas m'attendre tout ce temps, tu ne savais même pas que j'allais revenir. Je ne t'en veux pas, c'est normal ! J'aurais fait la même chose ! »
Il commença à faire les cent pas devant elle, troublé.
« Donc, tu comprends ma situation ! enchaîna Hermione.
— Oui... et non !
— Comment ?
— Tu m'as dit que tu ne m'oublierais jamais !
— Et c'est le cas mais ça ne veut rien dire !
— Tu m'as dit que tu m'aimais !
— Oui, je t'aimais...
— M'aimes-tu encore ? »
La brune déglutit.
« C'est impossible entre nous, Sirius !
— Pourquoi ? s'écria-t-il d'un air véhément. Si tu m'aimes, pourquoi ce serait impossible ?
— Car je suis avec Ron ! J'ai une famille ! Des responsabilités ! Des gens qui comptent sur moi ! »
Elle avait haussé légèrement la voix en disant ces mots.
« Et donc ? Est-ce si impossible ? Si nous nous aimons ? » l'interrogea Sirius.
Il tenta de se rapprocher d'elle mais elle recula. Elle le regarda d'un air sceptique.
« Comme si c'était aussi simple ! Toi, tu as disparu pendant plus de 20 ans. Tout le monde te croyait mort, même moi ! Et tu oses me dire ça comme ça ? Ce que tu dis est insensé ! Tu t'en rends bien compte ? Pour toi, c'est facile, tu reviens et tu n'as rien à perdre ! Et tu voudrais que je tombe dans tes bras ? Mais ce n'est pas comme ça que ça marche, Sirius ! Tu ne peux pas revenir comme ça... comme si de rien n'était ! Comme si 20 ans ne s'étaient pas passés ! Je ne peux pas être avec toi ! Et tu sais très bien pourquoi ! »
Ses paroles lui faisaient mal. Pourtant, il retenta... encore...
« Pourtant, c'est simple si tu m'aimes...
— Mais j'aime aussi Ron ! Tu comprends ? »
Sirius fut sonné par ces paroles. Il comprenait en effet... Mais il n'avait pas envie de laisser tomber... pas maintenant... Il la voulait... Il voulait être avec Hermione... Il ne voulait pas la laisser... Et ce, même s'il gardait une certaine rancune envers elle, même si elle était dure avec lui. Il se rapprocha d'un pas mais elle recula tout autant.
« Non, Sirius ! »
Cette fois, elle avait dit ces mots avec véhémence.
« Ne t'approche plus de moi ! Je... nous ne devons plus... jamais ! Non !
— Mais Hermione... »
Le Maraudeur était désemparé, il ne savait plus quoi lui dire pour la convaincre. Il y avait réfléchi pendant des jours... il savait que c'était peine perdue, qu'elle ne reviendrait pas comme ça dans ses bras... Pourtant, il avait espéré. Ce baiser qu'ils venaient d'échanger voulait tout dire ! Il était certain qu'elle avait encore des sentiments pour lui. Mais il savait aussi qu'elle ne pouvait pas laisser tout tomber pour lui. Elle avait construit sa vie... sans lui. Il ne lui en voulait pas ! Elle en avait eu le droit ! Il comprenait. Mais cela le renvoyait à sa solitude. Lui, il n'avait rien... personne... il était seul. Finalement, il n'avait qu'elle et les sentiments qu'il lui portait.
Il lui lança un dernier regard. Mais la décision de la brune avait déjà été prise, depuis longtemps... Elle l'avait embrassé, certes car elle ressentait encore des choses pour lui... Mais elle savait pertinemment que ce n'était pas possible entre eux. Elle inspira profondément et le regarda dans les yeux. Ils étaient encore emplis de larmes mais il sentit une certaine fermeté dans son regard.
« Sirius, tu sais très bien que nous ne pouvons pas être ensemble. Je suis vraiment désolée. C'était une erreur de t'embrasser. Je n'aurais pas dû. Notre histoire n'est que du passé. Nous n'avons été ensemble que quelques semaines. Nous n'avons rien vécu, nous ne nous connaissons à peine. Tu as changé, j'ai changé également... Je sais aussi que j'aurais pu choisir une autre voie pour nous tous. Mais nous n'y pouvons rien désormais. Je ne peux pas changer le passé, toi non plus... Pardonne-moi ! »
Elle lui fit un faible sourire, puis, sortit de la chambre.
Sirius eut le cœur dévasté, il savait mais il avait espéré. Il s'allongea sur son lit et tenta de ne plus penser à rien. En vain... Hermione tournoyait dans sa tête. Il n'y avait qu'elle.
Pourquoi s'était-il autant attaché à elle ? Elle avait raison, il n'avait été ensemble qu'un bref moment. Alors pourquoi n'y avait-il qu'elle dans son esprit ? Pourquoi ?
Il déglutit, la gorge serrée. Malheureusement, il fallait qu'il aille de l'avant. Il ne pouvait pas être avec Hermione... Alors quoi ? La vie s'arrêtait-elle là ? L'ancien Maraudeur soupira longuement. Pendant plus de deux semaines, il n'avait pensé qu'à la revoir, espérant quelque chose qui n'arriverait jamais. Mais il devait se rendre à l'évident : il avait été bien stupide. Il avait couru derrière un rêve, une chimère.
Son cœur s'assombrit. Pourtant, une nouvelle résolution grandit en lui. Il devait désormais penser à lui, à ce qu'il voulait réellement. Il ne pouvait pas construire sa vie autour d'une personne. Finalement, il ne s'était pas reconnu ces derniers temps : il s'était laissé mener par toutes ces personnes, il les avait laissés prendre des décisions pour lui et de façon désespérée, il avait pensé qu'il pourrait être avec Hermione comme si elle allait le guider dans ce nouveau monde. Mais il avait eu tort...
Sirius Black était revenu dans le monde sorcier, vivant et en pleine forme. Ses meilleurs amis étaient morts. Il avait été emprisonné pendant des années, il avait été un fuyard et était même décédé une fois. Et il venait d'être rejeté par la seule femme qui avait vraiment compté pour lui. Cependant, la vie lui donnait une nouvelle chance. Il se devait de la saisir. Il était temps qu'il pense réellement à lui et à son avenir.
Néanmoins, il attendit encore un peu avant de redescendre à la fête. Son cœur était en mille morceaux.
*Pour rappel, Clarence Wilford est l'inventeur des retourneurs de temps dans mon histoire (cf le tome 1)
