Bonjour à tous !

Et voici la suite des aventures de Hermione et de Sirius. J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira !

Merci encore pour vos commentaires !

A bientôt !

MinnieMey


Chapitre 16 - La visite diplomatique

Hermione, trois de ses conseillers et les quatre Aurors mandatés pour l'accompagner, arrivèrent à 10 heures 05 précises au Ministère de la Magie français. Malgré tous les documents qu'ils avaient dû signer, les sorciers britanniques n'avaient pas perdu de temps.

La Ministre avait jeté un regard irrité vers Amanda qui faisait partie de l'équipe d'Aurors que Harry lui avait affecté. Elle savait que son ami manquait de personnel. La plupart de ses employés avaient été envoyés au Tournoi Mondial de Duels pour éviter tout débordement, sans compter toutes les autres missions annexes. Finalement, seules ces quatre personnes étaient disponibles.

Elle soupira et chassa très vite son animosité pour lancer un grand sourire à François Duval, le Ministre de la Magie français. L'homme, d'un certain âge avec ses cheveux poivre et sel, avait plutôt belle allure avec sa haute taille, ses épaules carrés et son air charmant. Cependant, Hermione ne s'y trompa pas. Il était loin d'être un enfant de cœur.

Le Ministre lui tendit la main pour la serrer. Dès que la brune sentit sa poigne ferme, elle entendit des cliquetis autour d'elle. Une équipe de journalistes se trouvait au Ministère français et immortalisait leur rencontre. Tous deux se tournèrent vers les appareils photos, en gardant leurs mains serrées, et souriaient devant leur public.

Le mise en scène passée, elle suivit le français dans un petit salon où ils eurent une discussion privée pendant une heure. Hermione tenta, entre autres, de faire valoir les droits des créatures magiques, dont la situation lui tenait vraiment à cœur. En tant qu'ancienne avocate et Chef du département de la Justice Magique, elle avait passé toute sa carrière professionnelle à protéger ces êtres souvent opprimés par les sorciers. Cependant, François Duval balaya très vite ce sujet, indiquant que ce n'était pas le problème de la Ministre britannique, tout ceci, d'une manière diplomatique, avec un grand sourire sur son visage.

La jeune femme en fut vexée mais ne le montra pas et n'essaya pas de reparler de ce dossier épineux car elle avait bien compris que l'homme refuserait d'en discuter. Elle savait qu'il était intransigeant et pouvait se froisser rapidement. Il ne fallait donc pas le braquer, surtout en ce début de visite diplomatique. Peut-être pourrait-elle à nouveau lui en toucher deux mots à la fin de son séjour quand elle le connaîtrait mieux et qu'il serait plus à même de l'écouter ? Mais pas maintenant.

Alors, la Ministre décida de discuter d'autres sujets moins polémiques, tels que l'exportation et l'importation de balais, la situation tendue pour les sorciers en Inde ou encore le droit des femmes sorcières en Extrême-Orient.

Au fil de leurs discussions, Hermione se rendit compte qu'elle n'appréciait pas François Duval. Elle trouva ses pensées parfois rétrogrades sur la société sorcière mais garda la plupart de ses remarques pour elle. Elle n'avait pas à aimer l'homme. Il fallait juste que ce dernier l'apprécie un peu pour qu'il entende ce qu'elle avait à lui dire.

Ensuite, comme convenu dans leur programme, ils firent le tour du Ministère de la Magie français. A cette occasion, elle retrouva ses conseillers ainsi que les Aurors qui avaient attendu patiemment à l'extérieur du salon. Sirius lui fit un grand sourire. La jeune femme chassa rapidement la chaleur qui avait envahi le creux de son ventre et suivit le Ministre, l'air de rien.

Elle découvrit les nouveaux aménagements du bâtiment et fut présenté à un certain nombre de personnes. Pendant toute la visite, elle fut accompagnée par une horde de journalistes et de photographes. Elle souriait à chaque poignée de main, demandait des nouvelles, félicitait des sorciers... Bref, Hermione accomplissait son travail de première femme du monde sorcier britannique avec professionnalisme. François Duval avait revêtu un masque d'amabilité et de gentillesse. Mais elle n'était pas dupe. Tout ceci n'était qu'une mascarade pour le public français.

La visite terminée, elle déjeuna avec le conseil des ministres de la France. Le moment fut plus ou moins agréable. Elle n'aima pas cependant deux-trois petites piques que lui lança le français sur sa façon de gouverner. L'homme osa même parler du retour de Sirius Black, qui ne se trouvait qu'à quelques mètres, debout en train de surveiller les environs, et de sa mauvaise gestion dans cette affaire. Non, très clairement, elle ne l'aimait pas.

Mais malgré ses attaques directes, Hermione ne se laissa pas démonter, ne voulant pas entrer dans son jeu et ne répondit pas, en restant la plus neutre possible ou en déviant habilement la conversation. Il était hors de question de s'énerver et d'enclencher un incident diplomatique en perdant son sang-froid.

L'après-midi, ils transplanèrent à la réserve d'Aiguefeuille. La Ministre en profita pour discuter avec le directeur du lieu ainsi que les soignants. François Duval la suivait toujours. Toutefois, de temps en temps, ses conseillers venaient chuchoter à son oreille. Hermione ne savait pas de quoi ils pouvaient bien discuter mais en voyant le visage sombre de son homologue, elle eut un mauvais pressentiment et se rapprocha alors de l'un des membres de son cabinet.

« John, pourrais-tu te renseigner sur ce qu'ils se disent, s'il te plait ? lui demanda-t-elle. Je n'aime pas trop le regard de Duval.

— Entendu ! » lui chuchota un grand blond d'une vingtaine d'années.

Il disparut de sa vue.

Hermione se tourna vers l'un des soignants avec un grand sourire sur le visage, comme si de rien n'était. Les quatre Aurors qui l'accompagnaient s'étaient postés à quelques mètres d'elle et la suivaient de loin, prenant leur travail de garde du corps très au sérieux, scrutant les environs, observant les gestes des sorciers qui s'approchaient d'elle... La Ministre continua sa visite en chassant son malaise.

Il était 17 heures quand elle et sa délégation transplanèrent dans leur hôtel situé en plein cœur de Montmartre, dans l'un des quartiers sorciers de la ville. Ils devaient tous se changer pour le gala du soir mais Hermione devait absolument connaître les raisons de la tension qu'elle avait ressenti de la part du Ministre français pendant toute l'après-midi.

John la retrouva dans sa suite et lui fit un rapide compte-rendu. Un incident s'était déroulé dans le quartier sorcier de la Butte-aux-cailles. Une boutique de potions avait été attaquée en plein milieu de journée mais les Aurors français étaient arrivés trop tard et n'avaient pu attraper qui que ce soit. Malgré l'attaque, aucune victime n'avait été déplorée. La ministre fit les cent pas devant son conseiller assis sur un fauteuil devant la cheminée de son salon.

« Et cette boutique ? Qui était le propriétaire ? demanda-t-elle.

— Un certain Pascal Demoine. Il n'était pas dans sa boutique aujourd'hui car il s'était déplacé pour aller se réapprovisionner. »

Hermione réfléchit encore quelques instants.

« Que savons-nous de ses opinions politiques ? l'interrogea-t-elle après un temps de réflexion.

— A ce qu'il parait, il fait partie d'un groupe qui serait favorable à l'émancipation des créatures magiques. Il avait deux elfes de maison et les a libérés il y a deux ans. »

Elle plissa les yeux.

« J'en étais certaine... la situation en France devient vraiment compliquée. Qu'en pensez-vous, Nick ? »

La Ministre avait demandé à Nick Walters de participer à cette réunion. Ils étaient cinq dans la pièce : la Ministre, ses trois conseillers, ainsi que l'Auror expérimenté qui avait été mandaté par Harry pour être le chef de sa sécurité. L'homme prit un peu de temps avant de répondre. Il se gratta le menton.

« Cela est fâcheux, en effet. Il va falloir qu'on redouble de vigilance. Pascal Demoine est connu pour son amour pour les créatures magiques et très apprécié par la communauté. A mon avis, celles-ci ne vont pas rester sans rien faire. Je ne sais pas si elles vont agir dans les prochains jours mais nous nous devons d'être prudents. Je vais discuter avec le responsable des Aurors français et leur demander de mettre plus de monde pour votre sécurité.

— Vous pensez vraiment que quelque chose se déroulera pendant ma visite ?

— Peut-être, on ne sait jamais !

— Pourtant, les créatures magiques connaissent mon rôle, elles ne s'en prendraient jamais à moi directement.

— Nous ne le savons pas ! Nous devons rester prudents, Madame la Ministre. Si vous le permettez, je vais de ce pas aller voir le chef des Aurors. »

Et ce dernier sortit de la chambre.

Hermione soupira. Elle savait que cette visite diplomatique serait compliquée vu les tensions actuelles. Certaines personnes de son cabinet avaient même émis l'idée de reporter son voyage mais elle avait refusé. Le gouvernement français aurait très mal pris cette décision. Elle avait été obligée de venir.

Elle donna congés à ses conseillers et se prépara pour la soirée qui s'annonçait. Elle détestait les mondanités, les bals ou les soirées politiques. Dans sa jeunesse, elle avait aimé participer au bal des Trois Sorciers. Quand elle était revenue dans le passé, elle avait adoré aller au bal organisé par Lily, même si celui-ci s'était assez mal terminé. Mais depuis que ces festivités étaient synonymes de poignée de main, de négociations, de sourires feints et de fourberies, elle n'aimait plus tellement ce genre d'événements. Pour elle, désormais, cela ne signifiait que du travail et elle détestait cela.

Pourtant, elle prit le temps d'enfiler la robe qu'elle s'était choisie pour ce voyage et se maquilla. Normalement, Ron l'accompagnait toujours pour ce genre de déplacement. Il était plus politiquement correct de venir avec son conjoint mais son mari était trop occupé par la gestion de la boutique. La haute saison allait arriver avec les vacances d'été qui débuteraient dans une semaine et les Weasley devaient absolument faire l'inventaire ainsi que réapprovisionner leur stock. Ils devaient redoubler d'efforts. Hugo passait même cette semaine chez ses grands-parents paternels car Ron ne pouvait pas s'occuper seul de son fils pendant cette période chargée. La jeune femme soupira. C'était toujours plus simple pour elle d'être avec son compagnon lors de ce genre de soirées. Ce dernier avait toujours la capacité de détendre l'atmosphère.

Quelqu'un vint toquer à sa porte.

« Entrez ! » lança-t-elle d'une voix forte.

La porte s'ouvrit sur Sirius qui avait revêtu une tenue de soirée pour sorcier en satin noir. Hermione le regarda de haut en bas d'un air appréciateur, le vêtement lui allait à merveille. Elle fut néanmoins surprise de le voir ainsi habillé et releva un sourcil. Celui-ci remarqua son regard insistant et se sentit gêné.

« Harry nous a demandé de nous habiller pour cet événement, se justifia-t-il. Même si nous sommes là pour te protéger, nous devons faire bonne figure.

— Honnêtement, c'est vraiment trop tout ça, » soupira-t-elle.

Sirius plissa les yeux et s'approcha d'elle.

« Tu n'as pas l'air ravi par cette soirée, dit-il d'une voix prudente.

— Non, pas vraiment... Ce n'est pas trop ma tasse de thé. Je déteste les faux-semblants et malheureusement, je risque d'être entourée de personnes serviles qui ne vont pas arrêter de me flatter. Cela m'énerve au plus haut point !

— Oui, je comprends ! J'ai cette sensation depuis que je suis revenu. »

Hermione releva brusquement la tête. Deux mois auparavant, elle s'était dit qu'elle discuterait avec Sirius de son ressenti sur ce qu'elle vivait mais finalement, elle n'avait jamais trouvé le moment... Était-ce la vérité en fin de compte ? N'avait-elle pas plutôt tenté de le fuir pour éviter de discuter de leurs passés ? La dernière fois qu'ils avaient réellement conversé tous les deux ne s'étaient pas très bien terminée.

Elle se ressaisit et se rapprocha de lui mais garda néanmoins une distance de deux mètres.

« Je suis désolée, Sirius.

— Pourquoi t'excuses-tu ? lui demanda-t-il en fronçant les sourcils.

— Pour avoir manqué un peu de tact. Je me plains d'une simple mondanité politique mais j'oublie vite que tu vis cette situation tous les jours. Cela ne doit pas être facile. »

Elle lui fit un faible sourire. Malheureusement, elle sentit son cœur palpiter dans sa poitrine. Parler avec Sirius, penser à ce qu'il pouvait ressentir, d'une certaine manière, s'occuper de lui et de ses sentiments, faisait naître des émotions confuses. Pendant des mois, elle avait tenté de faire disparaître ces sensations. D'un point de vue extérieur, les gens auraient pu penser qu'elle était froide et sans cœur mais ce n'était pas le cas. Bien au contraire. C'était pour éviter de ressentir ces sentiments qu'elle tentait de ne pas y réfléchir car elle savait au fond d'elle que cela la touchait plus que de raison.

« Oh, tu sais, ça va, répondit-il simplement. On s'habitue à tout !

— Si tu le dis ! »

La jeune femme se détourna de lui pour reprendre ses esprits. Elle avait réussi à le chasser de ses esprits pendant des mois, ce n'était pas maintenant qu'il allait la troubler.

« A quelle heure doit-on y aller ?

— Dans trente minutes !

— Tu étais venu pour me prévenir ?

— Oui.

— Merci. »

Un silence gêné les parcourut. Malheureusement, cela leur prendrait un peu de temps avant d'avoir des relations normales. Elle faillit dire quelque chose lorsque subitement, la fenêtre de sa chambre fut fracassée. Sirius et Hermione eurent à peine le temps de se retourner et de sortir leur baguette qu'une opaque fumée noire les entoura. La jeune femme tenta de lancer un sort de protection le plus rapidement possible mais rien n'y fit. Sa vue était totalement obstruée comme si elle avait perdu le sens de la vision et le sort ne put être lancé.

« Sirius ! » tenta-t-elle de crier mais aucun son ne sortit de sa bouche. Elle se toucha sa gorge, surprise et une vague de panique commença à l'envahir. Elle avança vers le brun, le sachant sur sa droite mais elle ne pouvait plus bouger. Elle sentit un courant d'air la parcourir comme si quelqu'un ou quelque chose passait autour d'elle. Toutefois, elle ne voyait rien.

Soudain, Hermione reçut un sort en pleine poitrine et s'évanouit sur le champ.