Bonjour à tous !
Voici la suite de cette histoire ^^ J'espère que vous apprécierez ce nouveau chapitre !
Merci encore d'être arrivés jusque là !
Très bonne lecture !
MinnieMey
Chapitre 17 - Captifs
Hermione mit du temps à se réveiller. Sa tête était lourde et son corps fatigué. Elle avait du mal à ouvrir les yeux comme s'ils étaient collés. Finalement, elle réussit à les entrouvrir. La lumière de la pièce où elle se trouvait était faible. Elle gémit faiblement, la tête commençait à lui tourner. La première chose qu'elle vit fut le plafond en bois rempli de toiles d'araignées. Elle cligna des yeux et tenta de bouger mais était encore engourdie. Brusquement, un visage connu obstrua sa vue.
« Hermione, tu vas bien ? lui demanda Sirius, penché sur elle.
— Hum... Sirius ? » s'écria-t-elle, hésitante.
Il se rapprocha et lui toucha l'épaule.
« Tu vas bien ? Tu as mal quelque part ? »
Elle tenta de se relever mais n'y arriva pas.
« Ne tente pas de te redresser ! Pas maintenant, lui intima-t-il en lui touchant l'épaule pour qu'elle arrête de s'agiter. Reste allongée, la sensation va passer dans quelques minutes. »
En effet, à mesure que le temps passait, la fatigue qu'elle avait ressentie se dissipa. Son esprit était de moins en moins embrouillé et sa tête devint plus claire. Elle se souvint finalement de ce qui s'était passé.
La jeune femme était dans sa chambre d'hôtel avec Sirius et brusquement, quelqu'un ou quelque chose, elle ne pouvait pas le déterminer, avait fait irruption par la fenêtre et avait lancé un sort ou un objet qui leur avait totalement obstrué leurs sens. Puis, elle s'était évanoui et réveillée dans cette pièce.
Elle se releva peu à peu, ayant retrouvé pleinement l'usage de son corps et regarda autour d'elle.
Ils étaient dans une pièce sombre mais légèrement illuminée par une faible lampe sur une table de chevet. Elle était allongée sur un grand lit. La pièce ne possédait que le strict minimum : en plus du lit et de la table de chevet, une table et deux chaises étaient positionnées contre un mur. Il y avait une grande fenêtre et deux portes.
« Où sommes-nous ? » demanda-t-elle.
Mais elle savait déjà que le brun ne pourrait pas répondre à sa question. Il la regarda d'un air indécis.
« J'ai essayé d'ouvrir les portes mais l'une est bloquée et l'autre mène vers une salle d'eau, dit-il simplement. Idem pour la fenêtre, impossible de l'ouvrir. J'imagine qu'elles ont été fermées magiquement. »
Hermione remarqua qu'elle était toujours en robe de soirée, tout comme Sirius était en costume et fouilla sur elle. Evidemment, elle n'avait plus sa baguette. L'ancien Maraudeur lui lança un mince sourire de dépit.
« Je n'ai plus ma baguette non plus !
— Quelqu'un est-il venu ?
— Non, personne pour l'instant. Je me suis réveillé il y a peu. »
Sirius soupira. Un vent de panique submergea la jeune femme. Qui avait bien pu les kidnapper ? Elle avait bien un doute mais cela semblait invraisemblable. Elle savait que les créatures magiques étaient contre le gouvernement français en place mais pourquoi l'auraient-elles enlevée ? Cela n'avait pas de sens. Ce kidnapping allait à l'encontre de ce qu'elles proclamaient. Mais qui alors ? Son cœur commença à battre fort et son ventre se noua. Elle se sentit stupide d'avoir été capturée si facilement. Le brun semblait penser la même chose car son visage était sombre. Malgré sa nonchalance habituelle, ses épaules étaient raides et ses traits crispés.
Hermione se mit debout et tenta d'ouvrir la porte et la fenêtre même si elle savait que sa tentative était veine. Mais elle avait besoin de faire quelque chose. Elle sentit les yeux du brun posés sur elle. Hermione avait envie de donner un coup de poing sur la vitre mais se maîtrisa pour ne pas montrer sa frustration et sa colère. Ce n'était pas dans ses habitudes d'être ainsi énervée, elle gardait toujours son sang-froid habituellement. Mais à cet instant, la situation la rendait folle car elle ne trouvait aucune explication tangible.
Finalement, elle alla s'enfermer dans la salle de bain, fuyant le regard insistant de l'ancien Maraudeur. La pièce n'était munie que de simples toilettes, d'une douche, d'un lavabo et de deux serviettes. Au moins, ils ne mourraient pas de soif et sentiraient bon. A cette pensée, elle faillit éclater de rire, de nervosité. Cela n'avait aucun sens. Elle s'assit sur les toilettes et se prit la tête entre les mains. Elle avait besoin de temps pour se remettre de ses émotions.
Au bout de dix minutes, Hermione ressortit de la pièce et retrouva Sirius assis sur le lit, le dos adossé contre le mur. Il avait trouvé un livre, certainement dans la table de chevet, et semblait lire tranquillement.
« Que lis-tu ? » demanda-t-elle, à la limite de l'irritation.
Le voir ainsi calme l'exaspérait alors qu'elle bouillonnait de colère. Elle ne savait pas pourquoi. Comment pouvait-il agir ainsi ? Normalement, le Sirius qu'elle connaissait aurait fait les cent pas, aurait peut-être cassé une chaise ou deux ou aurait crié à plein poumons, évacuant sa frustration. Elle le connaissait bien plus impulsif qu'elle. Mais ici, il semblait être le plus apaisé des deux. Elle se rapprocha de lui et lui lança un regard noir.
« Un livre que j'ai trouvé, » répondit-il tout simplement en le posant sur la petite table.
Il la regarda mais dès qu'il vit son air furibond, il se raidit subitement.
« Ça ne va pas ? » l'interrogea-t-il.
Hermione qui avait contenu sa fureur pendant une demi-heure explosa soudain.
"Bien sûr que ça ne va pas ! s'exclama-t-elle furieuse. Tu n'es pas en colère ? Frustré ? Énervé ? Nous ne savons pas où nous nous trouvons, nous sommes enfermés, sans baguette, sans moyen de communiquer avec qui que ce soit. Nous ne savons même pas pourquoi nous sommes ici ! Tu te rends bien compte que si nos kidnappeurs m'ont enlevée, c'est qu'ils ont de très bonnes raisons et personnellement, je ne crois pas qu'elles soient bienveillantes ! S'ils osent s'attaquer à la Ministre de la magie britannique, jusqu'où pourraient-ils aller ?"
Pendant qu'elle parlait, elle faisait les cent pas. Elle savait au fond d'elle qu'elle n'avait pas à s'énerver ainsi, surtout envers Sirius qui n'avait rien fait. Mais son attitude nonchalante l'exaspérait au plus haut point. Ce n'était pas à elle d'être dans tous ses états. Elle était celle qui était toujours calme, qui parlait d'une voix neutre, qui avait la maîtrise d'elle-même.
Sirius se leva et s'approcha d'elle.
« Hermione ! » lui lança-t-il.
Il leva un bras pour tenter de la toucher mais elle lui frappa la main.
« Ça ne t'énerve pas ? s'écria-t-elle. Tu devrais être hors de toi ! Tu ne ressens pas de colère ? Tu n'as pas envie de tout casser ?
— Si tu as envie de casser quelque chose, ne te gêne pas, » répondit-il simplement.
Cette phrase redoubla sa fureur. Soudain, elle avait envie de le frapper. En voyant son regard noir, Sirius rajouta :
« Si tu veux me frapper, vas-y ! J'accepte d'être ton punching-ball ! »
Il écarta les bras. Hermione resta sans voix. Devant son air sérieux, sa colère dégonfla subitement. Elle eut honte de son attitude et détourna les yeux.
« Je suis désolée, Sirius ! Je ne voulais pas m'énerver ! » dit-elle dans un souffle.
Il fit un nouveau pas vers elle, ne se trouvant plus qu'à quelques centimètres et lui toucha l'épaule.
« Viens t'asseoir et discutons. »
Elle le regarda s'avancer sur le lit et soupira. Finalement, elle le suivit.
« Je sais que la situation est particulièrement perturbante et stressante, déclara-t-il. Mais cela ne sert à rien de s'énerver ainsi. Bien sûr que je suis extrêmement frustré. Je n'ai pas réussi à te protéger et nous nous retrouvons ici, enfermés, sans moyen de sortir. Qui sait ce qui va nous arriver ? Nous ne connaissons rien de nos kidnappeurs, à première vue. Mais nous devons désormais réfléchir. Cela ne sert à rien de nous emporter ainsi. Nous sommes ici pour une raison et nous devons absolument comprendre pourquoi. Je suis certain que nos agresseurs ne seront pas assez fous pour nous torturer, ni nous tuer. Mais avant tout, dis-moi ce qui ne va pas. Ce n'est pas dans tes habitudes de perdre ton sang-froid aussi rapidement. »
Il lui fit un grand sourire encourageant. Hermione inspira une grande bouffée d'air.
« En effet... je me suis emportée un peu vite... Mais je suis encore plus étonnée de te voir aussi calme ! Ce n'est pas un comportement habituel ! »
La jeune femme lui sourit également. Il éclata de rire.
« Oui, c'est vrai, répondit-il d'un air avenant ! Le Sirius que tu connais aurait tenté d'ouvrir cette porte par tous les moyens. Je sais comment j'ai été et je ne dis pas que ce Sirius-là n'existe plus mais c'est vrai que depuis que je suis revenu du voile, on va dire que je me suis apaisé... peu à peu. Plus que de la colère, j'ai surtout de l'incompréhension. Je ne comprends toujours pas pourquoi je suis revenu, à cette époque. Pourquoi maintenant ? Quel est mon rôle ? Je me suis demandé à quoi je pouvais bien servir. Et le fait de devenir Auror a donné un peu de sens à ma vie, même si je ne sais pas encore ce que je souhaite faire au fond. Mes amis sont tous morts, je ne peux rien y faire. Tu ne pouvais rien y faire non plus et ç'aurait été stupide de ma part de t'en vouloir. Je sais que tu n'as pas eu le choix. Et cette colère que j'ai pu ressentir un temps... je ne la ressens plus aujourd'hui. Je ne suis pas encore apaisé et je suis loin de pouvoir dire que je suis heureux mais je vais mieux. »
Hermione se détendit. Elle était heureuse que Sirius se soit ainsi confié. Mais elle eut néanmoins un petit pincement au cœur. Malgré ce qu'il lui disait, ses yeux restaient profondément tristes. Elle avait une forte envie de le prendre dans ses bras mais savait qu'elle ne le devait pas. Elle avait enterré ses sentiments et ceux-ci ne devaient pas ressortir. Elle souffla pour chasser la tension qui était montée en elle.
« Merci de m'avouer tout ça, Sirius ! dit-elle en le regardant dans les yeux.
— Je t'en prie. Et toi ? Que t'arrive-t-il ? La Hermione de mes souvenirs n'aurait jamais paniqué ainsi. Que se passe-t-il ? »
Il lui lança un sourire engageant. Elle décida d'être honnête avec lui comme il l'avait été avec elle. Elle réfléchit quelques instants afin de remettre ses idées en place. Elle tenta de s'apaiser, sentant son ventre noué, ses épaules raides et son cœur battant. Finalement, depuis combien de temps ressentait-elle cette frustration ? Elle soupira profondément, puis, se confia.
« Cela fait des mois que je suis sous tension. J'ai pensé à tort que c'était dû à ton retour mais finalement, je me sens ainsi depuis que je suis devenue Ministre de la Magie. J'ai de la chance, beaucoup de chances. Ron me soutient, il s'occupe de tout à la maison, ce qui me permet de me focaliser sur mon travail. Néanmoins, ce n'est pas assez. J'ai l'impression que malgré tous mes efforts, je ne suis pas douée ou bonne pour être Ministre. Parfois, j'ai l'impression que je suis une imposteure. Je mens à la presse et à mes électeurs car malheureusement, je ne peux pas tout leur révéler, je ne peux pas faire tout ce que je veux, le conseil des Ministres me met constamment des bâtons dans les roues et les journaux sont toujours sur mon dos. De façon idyllique, j'avais pensé que j'arriverais à faire changer les mentalités mais le Ministère de la Magie reste ancré dans un tel immobilisme.
— Pourtant, Harry m'a dit que tu avais réussi à transformer le département de la Justice ! Tu as fait bouger les choses.
— Oui, en effet, mais ce n'était qu'un département ! Là, le travail est colossal ! C'est de tout le Ministère dont on parle. Kingsley a tenté de faire bouger les choses mais cela a mis tellement de temps... J'ai peur de m'essouffler avant. Cela ne fait que neuf mois que je suis Ministre et je suis déjà fatiguée. C'est bien risible !
— Tu n'as pas à te mettre autant la pression ! la rassura-t-il. Tu l'as dit toi-même, tu n'es à ce poste que depuis peu, tu ne peux pas tout changer en si peu de temps. Tu savais en t'engageant dans cette voie que ce serait un chemin long et ardu.
— Je sais bien ! Pourtant, je me sens parfois dépassée.
— Alors, délègue un peu !
— C'est ce que je fais !
— J'imagine pas assez. Ron m'a dit que tu passais tes soirées et tes weekends à travailler. Tu ne peux pas continuer comme ça, Hermione. Il faut que tu prennes un peu de temps pour toi.
— Les sorciers et les créatures magiques n'attendent pas !
— Mais cela ne sert à rien de t'user la santé non plus ! Tu dois aussi penser à toi ! »
Elle soupira. Sirius n'avait pas tort. Elle l'observa. Une autre chose la titillait également mais elle ne savait pas si elle pouvait lui en parler. Il releva la tête et la regarda dans les yeux. Le cœur d'Hermione palpita un peu plus fort dans sa poitrine. Malgré ses résolutions, il lui faisait toujours un tel effet...
« Et... avec ton retour... hésita-t-elle. C'était déjà bien compliqué avant mais là... ça l'est encore plus !
— Pourquoi ?
— Car cela m'a bien perturbée. Je ne sais plus vraiment où j'en suis. Je pense être sûre de moi... la plupart du temps... mais parfois, je ne sais plus.
— De quoi parles-tu, Hermione ? »
La jeune femme se mordilla la lèvre inférieure. Elle ne devait pas dire les mots qui trottaient dans sa tête depuis quelques temps et encore plus depuis qu'elle l'avait vu en compagnie d'Amanda. Elle savait que Sirius devait reconstruire sa vie, avancer pour trouver sa place dans ce monde sorcier, entouré d'inconnus pour la plupart. Mais finalement, voulait-elle le voir évoluer ainsi ? Être heureux aux côtés d'une autre personne ? Pas avec elle ? Avec égoïsme, elle ne voulait tout simplement pas le voir avec quelqu'un d'autre.
« C'est sérieux entre Amanda et toi ? » lui demanda-t-elle d'une petite voix.
Sirius ne s'attendait pas à cette question. Il se redressa et lui lança un regard ennuyé.
« Je t'ai déjà dit qu'il n'y avait rien entre nous ! »
Mais elle sentit immédiatement l'hésitation dans sa voix. De nouveau ce pressentiment. Bien sûr. Ce n'était pas sérieux mais il y avait eu quelque chose... il y avait peut-être encore quelque chose entre eux, même s'il disait le contraire. Son cœur se noua et elle ne put empêcher le sentiment de jalousie qui la submergea subitement. En même temps, elle se trouvait injuste envers lui. Il avait bien le droit de sortir avec qui il voulait. Il lui avait déclaré ses sentiments mais elle les avait refusés car elle était avec Ron. Néanmoins, elle devait savoir...
« J'ai l'impression que tu ne me dis pas tout ! »
Hermione le regarda droit dans les yeux. Sirius devint encore plus gêné.
« Nous... euh... avons couché une fois ensemble mais il n'y a rien entre nous... euh... Il y a bien eu un ou deux baisers ensuite et quelques caresses par-ci, par-là...
— Epargne-moi les détails ! dit-elle d'une voix presque cinglante.
— Mais je te promets, Hermione, il n'y a rien entre nous ! »
Il lui lança un regard éperdu.
« Tu n'as rien à me promettre, » souffla-t-elle en détournant le regard.
Elle avait honte d'elle-même. Pourquoi Sirius devait-il lui promettre une chose pareille ? Alors qu'elle-même était toujours avec son mari. Sirius s'approcha d'elle. Il posa une main hésitante sur la sienne. Elle ne se dégagea pas même si elle savait qu'elle le devait. Mais son cœur avait commencé à s'affoler. Elle n'entendait plus sa raison qui lui soufflait de ne pas succomber à la tentation. Son corps, pourtant, lui criait le contraire. Elle releva la tête vers lui. Les yeux gris de Sirius l'observaient d'un éclat inhabituel. Elle en eut le souffle coupé car elle le trouva extrêmement attirant à cet instant précis. Son souffle devint court.
« Je sais, Hermione ! » dit-il simplement.
Il s'approcha d'elle tout en maintenant son regard dans le sien. La jeune femme bloqua sa respiration. Elle devait l'arrêter. Maintenant. Elle ne pouvait pas... Mais elle n'arrivait plus à penser correctement.
Quand ses lèvres ne furent qu'à quelques centimètres de son visage, son corps réagit pour elle. Elle combla l'espace vide entre eux et l'embrassa.
