Chapitre 18
Quelques minutes avant que Sirius et Hermione ne s'embrassent
Sirius lança un regard surpris à Hermione quand elle lui avoua que son retour avait rendu sa situation difficile. Il savait qu'elle s'était tourmentée mais elle avait été claire avec lui. Ils ne seraient jamais ensemble. Pourtant, un fol espoir l'envahit.
Il inspira profondément et répondit à ses questions de manière laconique.
Oui, il avait couché avec Amanda et n'en était pas vraiment fier. Certes, la sorcière avait été une bonne amante mais là n'était pas la question. Il avait succombé à la tentation alors qu'il avait voulu se préserver au cas où... Il savait que Hermione ne pouvait pas être avec lui. Pourtant, il avait toujours espéré au fond de lui. De plus, il avait peur que ses maigres chances avec elle soient totalement anéanties à cause de cette erreur. Alors, il n'avait pas recommencé.
Bien sûr, il avait failli recoucher avec la fille de Kingsley, il l'avait embrassée deux ou trois fois mais il s'était retenu à temps et l'avait repoussée. Amanda en avait été particulièrement irritée et lui en avait voulu pendant des jours. Elle avait même retenté de le séduire mais il avait refusé à chaque fois. Il avait été clair avec elle : il ne voulait pas de relation sérieuse, la fois où il avait couché avec elle n'avait été qu'une erreur. Mais la jeune femme avait été tenace, cela se voyait qu'elle rencontrait rarement des refus. Harry l'avait prévenu qu'elle n'était pas le genre de personnes à s'attacher aux hommes et à les quitter rapidement. Sirius ne s'était donc pas inquiété, pensant qu'elle le laisserait tranquille au bout d'un moment. Pourtant, elle avait continué à le harceler. Elle l'avait même menacé mais il n'avait pas voulu jouer à son petit jeu. Le brun n'avait rien à se reprocher. Il ne lui avait rien promis.
Finalement, quand elle avait vu qu'elle n'arriverait pas à ses fins, elle avait abandonné par dépit, au grand plaisir de Sirius.
Au début, lorsqu'il avait su que Harry les envoyait Amanda et lui en France, il avait eu peur qu'elle ne le lâche pas mais en fin de compte, la jeune femme avait été très professionnelle et n'avait pas mentionné une seule fois leur ancienne idylle. Il lui en était reconnaissant car il ne voulait pas que cette histoire ressorte pendant la protection de Hermione. Il prenait son travail d'Auror avec sérieux depuis qu'il avait commencé. Il avait enchaîné mission sur mission avec Nick et s'était senti grisé par les succès qu'il avait rencontrés.
Il s'était même surpris à apprécier son travail. Il avait vécu la plupart de sa vie sous la menace de Voldemort. Depuis tout jeune, il avait su qu'il ne pouvait pas devenir un simple sorcier car il devrait se battre pour gagner sa liberté. Alors, ce retour à la vie était une bénédiction pour lui. Enfin, il prenait goût à une vie ordinaire.
Et malgré toutes ses peines, ses pertes et ses regrets, il commençait enfin à être heureux. Certes, il aurait préféré que ses meilleurs amis soient auprès de lui. Par Merlin qu'ils lui manquaient ! A chaque fois qu'il sortait avec Harry, Kingsley ou même Nick, ce n'était pas pareil. Boire un verre de whisky pur feu avec son filleul, cela n'avait rien à voir avec son ami James. Certes, le père et le fils se ressemblaient mais ils étaient différents. Pourtant, malgré cette mélancolie qui l'envahissait parfois, il se rendait bien compte qu'il avait une chance inouïe d'être encore vivant.
Même quand Amanda l'avait séduit et qu'ils avaient terminé dans son lit, il en avait été exalté. Il avait aimé se sentir enfin comme un homme normal, pas un Maraudeur, un membre de l'Ordre du Phénix ou un fugitif. Il avait adoré être Sirius Black, tout simplement.
Néanmoins, même s'il se sentait mieux, bien plus à sa place dans ce monde sorcier, il ressentait toujours un manque. Et ce manque, bien qu'il ait tenté de l'effacer, se trouvait en face de lui.
Alors quand la carapace de Hermione s'était un peu fissurée et qu'elle lui avait posé toutes ces questions sur Amanda, un espoir fou l'avait envahi. Elle était jalouse, cela se sentait. Et cette jalousie ne signifiait qu'une seule chose : elle avait encore des sentiments pour lui. Depuis qu'il était revenu, il avait attendu ce moment avec impatience. Elle avait refusé ses avances mais il avait toujours su qu'elle réprimait ce qu'elle ressentait réellement. Il avait peut-être stupide de penser ainsi mais il avait continué à espérer. Et finalement, cela n'avait pas été vain.
Il se rapprocha d'elle car il avait envie de la sentir sous ses doigts. Il posa sa main sur la sienne. Elle ne le rejeta pas. Une excitation nouvelle l'envahit. Elle le voulait, cela se voyait, cela se sentait.
Il s'enhardit encore plus et approcha son visage d'elle. Elle ne le repoussa toujours pas. Il s'arrêta à quelques centimètres de son visage car il ne voulait pas être celui qui ferait le premier pas. Non, cela devait être elle, pas lui ! Pendant une demi-seconde, il eut peur qu'elle le rejette définitivement mais elle ne le fit pas. Elle franchit l'espace qui les séparait pour l'embrasser.
Son cœur en fut ébranlé.
Sirius rendit son baiser à Hermione et se rapprocha d'elle pour la prendre dans ses bras. Ses lèvres étaient particulièrement douces et il se laissa aller à la sensation, oubliant ses doutes. Pourtant, ce n'était pas le moment de penser à leur couple. Ils auraient plutôt dû réfléchir à un moyen de sortir de cette chambre, de chercher qui pouvait les avoir enfermés ainsi. Mais à cet instant, il n'y avait qu'eux à leurs yeux.
Leur étreinte dura un certain temps. Sirius posa une main sur la joue de la jeune femme, une autre sur sa hanche et il approfondit leur baiser. Sa langue cherchait la sienne avec avidité. Une excitation nouvelle l'envahit. Il avait envie d'elle. Même s'il voulait y aller doucement, il ne pouvait pas empêcher la violence de ses sentiments.
Brusquement, elle interrompit son baiser et le repoussa. Il se sentit sonné par une telle violence, que se passait-il ?
« Quelqu'un arrive ! » lui lança-t-elle soudain.
En effet, sa surprise et sa frustration passées, il entendit des bruits de pas. Ils se levèrent du lit et se rapprochèrent de la porte, voulant être prêts quand leur geôlier se montrerait. Il chercha une arme quelconque des yeux. Il savait qu'il était vain de se battre comme un moldu dans un monde de sorciers, néanmoins, il avait besoin d'agir. Malheureusement, il ne trouva aucun objet pointu à portée de main. Il décida alors de se cacher derrière la porte.
Il mima un chut à Hermione qui avait entrouvert la bouche et attendit.
La porte s'ouvrit dans un clic mais personne n'entra. Un plateau vola à l'intérieur de la pièce, se posa sur le sol et la porte se referma aussitôt. Étonné, Sirius n'eut même pas la sagesse de caler l'ouverture et de tenter de s'enfuir. Il ne s'était pas attendu à cette entrée. La jeune femme en face de lui était aussi interloquée que lui.
« Tu as vu quelque chose ? lui demanda-t-il.
— Non, il semblait n'y avoir personne. Le plateau est simplement arrivé. »
Ils se regardèrent toujours abasourdis. Leurs kidnappeurs ne voulaient certainement pas se montrer. Pourtant, les sorciers avaient dix-mille façons de cacher leur identité. Pourquoi faisaient-ils autant de mystères ?
Sirius soupira et se détendit. Il avait été particulièrement tendu pendant quelques minutes mais désormais, la tension était retombée.
Soudain, il repensa à ce qu'ils étaient en train de faire avant que le plateau de nourriture n'arrive. Il s'assombrit, dépité. Hermione allait certainement regretter leur baiser et il allait peut-être perdre son unique chance d'être avec elle.
Il regarda sans rien dire la jeune femme qui déposa le plateau sur la table. Oui, il en était certain, elle allait le rejeter à nouveau.
La Ministre se retourna vers lui.
« Sirius ? » demanda-t-elle, surprise par son regard inquiet.
Il tenta de se recomposer un visage et lui sourit.
« Tu as faim ? » s'exclama-t-il d'un air faussement réjoui.
Elle écarquilla les yeux, étonnée et s'approcha de lui. Il ne fit pas mine de bouger.
« Que se passe-t-il ? » l'interrogea-t-elle.
Il l'observa les yeux perdus. Il n'avait pas envie d'être rejeté une nouvelle fois. Cela bien trop douloureux. Il voulut esquiver sa main sur son bras mais elle fut plus rapide.
« Je... » balbutia-t-il.
Hermione comprit immédiatement son désarroi et se positionna en face de lui. Elle se mit sur la pointe des pieds et sans attendre son assentiment, l'embrassa sur les lèvres. Sirius en fut stupéfié. Il ne s'était pas attendu à cette réaction de sa part.
« Mais que... ? tenta-t-il alors qu'elle lâchait ses lèvres pour se positionner en face de lui.
— Tu croyais que je regrettais, n'est-ce pas ?
— Euh... oui... »
Elle inspira profondément et lui prit les deux mains en le regardant droit dans les yeux.
« Je ne sais toujours pas ce dont j'ai envie, lui dit-elle. J'aime Ron, c'est vrai, mais je ne peux plus nier les sentiments que j'ai pour toi. Pendant des mois, j'ai essayé de lutter... mais en vain ! Je t'aime, Sirius ! La situation est compliquée pour nous deux. Je ne sais pas si je serai capable de quitter Ron. Nous sommes ensemble depuis si longtemps, j'ai deux enfants, je suis Ministre... pourtant, je ne peux plus faire semblant. Ce que je ressens pour toi est bien trop fort ! »
Le cœur de Sirius s'allégea brusquement. Hermione lui avouait enfin ses sentiments. Une joie immense telle qu'il n'en avait pas connu depuis très longtemps l'envahit subitement et il la prit brutalement dans ses bras. Il savait qu'il lui faisait certainement mal en la serrant ainsi mais il avait envie de la sentir tout contre lui.
« Je t'aime, Hermione ! s'exclama-t-il à son tour. Je suis si heureux, tu ne peux pas savoir ! Je savais qu'il y avait une chance entre nous ! J'en étais sûr ! »
Il embrassa le haut de sa tête et lui caressa les cheveux. Elle referma ses bras autour de lui et releva son visage vers lui. Il se baissa pour lui donner un baiser. Elle entrouvrit les lèvres et les deux amants reprirent leur étreinte passionnée.
Son excitation remonta en flèche, il sentit son cœur battre à tout rompre et son corps réagit immédiatement. Ses pensées ne furent remplies que de Hermione et de son amour pour la jeune femme.
Plus de kidnapping, ni de visites diplomatiques, d'Auror ou de Ministre. Ron et sa famille n'existaient même plus à cet instant. De toute façon, il n'y avait rien à faire face à leur situation. Ils étaient enfermés dans cette chambre par ils ne savaient qui. Ils n'étaient pas en danger de façon immédiate et n'avaient plus qu'à attendre. Cela ne servait à rien de réfléchir. Et peu importait leur situation. Tout ceci n'avait plus d'importance. A cet instant, il ne voyait plus que la femme. Il l'avait profondément aimée un temps, à l'aube de sa vie d'adulte. Il l'avait oubliée car il y avait été contraint. Pourtant, depuis que ses souvenirs étaient revenus, il s'était rendu compte qu'elle lui avait manqué terriblement. Comment avait-il pu l'oublier ?
Il la serra encore plus dans ses bras et elle se colla un peu plus contre lui. Il la relâcha finalement pour la regarder dans les yeux. Il voulait être certain de ce qu'elle comptait faire.
« Hermione, j'ai... commença-t-il.
— Moi aussi, Sirius ! chuchota-t-elle à son oreille en le coupant. Moi aussi, j'ai envie de toi !
— En es-tu sûr ? lui demanda-t-il, indécis. Tu sais qu'il n'y aura pas de retour en arrière si nous continuons ? Je ne te lâcherai plus jamais, sois-en sûre ! »
Hermione resta silencieuse pendant quelques instants. Mais elle releva la tête et plongea à nouveau son regard dans le sien. Elle lui sourit.
« Je t'aime, Sirius ! réaffirma-t-elle d'une voix ferme. Je sais que ce que nous nous apprêtons à faire est mal mais je te veux ! Je me retiens depuis des semaines et je ne peux plus attendre ! Nous avons été si longtemps séparés ! Je ne regretterai rien ! Je te le promets ! »
Sirius se détendit enfin. Il avait eu la confirmation qu'il voulait. Hermione était sûre d'elle et il n'avait donc plus à hésiter. Il lui lança un sourire et l'embrassa à nouveau.
Puis, doucement, il l'attira vers le lit.
