Bonjour,
Comme promis, voici un nouveau chapitre !
Très bonne lecture et à bientôt !
MinnieMey
Chapitre 23 - Adultère
De retour en Grande-Bretagne, Sirius reprit avec peine sa vie et son travail.
Lorsqu'il était revenu de France, il avait subi un interrogatoire plutôt éprouvant en compagnie de Hermione. En effet, certains sorciers avaient commencé à émettre des réserves sur ses capacités d'Auror : il n'occupait cette fonction que depuis deux mois, l'envoyer en France n'avait peut-être pas été une bonne décision. La preuve, la femme n°1 du monde sorcier britannique avait été kidnappée, et lui aussi par la même occasion. Il avait tenté de se justifier mais certaines personnes du Ministère remettait en cause sa position. Fort heureusement, la Ministre et Harry avaient pris sa défense. Et finalement, l'interrogatoire s'était mieux terminé car il n'avait reçu aucune sanction, juste un blâme, ce qui était peu par rapport à ce qui s'était passé.
Il s'était ensuite enfermé dans un bureau et avait rédigé un énième rapport sur sa mission. Il en avait assez de toute cette paperasse mais cela lui avait permis de ne pas penser à Hermione. Ces quelques jours après leur libération avaient été une torture pour lui. Tout d'abord, il avait été agacé par la présence de Ron à leur libération. Quand la journée s'était étirée, il était passé d'irrité à jaloux pour terminer en colère et furieux. Alors qu'il partageait normalement une chambre avec Nick et Jack, les deux autres Aurors l'avaient laissé seul pour qu'il se remette de sa mésaventure. Sirius les en avait remerciés intérieurement car il fulminait tellement qu'il n'aurait pu faire semblant d'aller bien.
Amanda était venue s'enquérir de sa santé mais il l'avait congédiée sans ménagement. Celle-ci avait insisté pour lui tenir compagnie mais il avait refusé, certes, poliment mais fermement. La seule personne qu'il avait eu envie d'avoir à ses côtés n'était pas disponible. Même alors que Ron était reparti en Grande-Bretagne, Hermione avait été occupée et n'avait pu trouver un moment pour lui. Pourtant, ils avaient besoin de s'expliquer. Quelle suite donner à ce qui s'était passé entre eux pendant ces quelques jours d'enfermement ?
Mais son travail d'Auror avait primé. Même si la Ministre était saine et sauve, son rôle ne s'arrêtait pas et il avait dû, avec ses trois autres collègues, s'occuper de sa sécurité. Harry les avait laissés gérer la fin de la visite diplomatique.
Maintenant qu'ils étaient revenus, Sirius ne savait toujours pas où il en était. En fait, il ne savait pas où en était Hermione. Il ne devait pas la presser : elle était mariée, avait des enfants et surtout des responsabilités en tant que Ministre. Elle avait bien plus à perdre que lui dans cette histoire.
Mais le soir de leur retour, elle l'avait embrassé fougueusement et il avait repris espoir. Il pensait qu'elle s'était enfin décidée pour lui. Ils risquaient d'être surpris par des employés du Ministère, malgré l'heure tardive. Pourtant, elle avait été prête à agir ainsi pour lui. A cet instant, il avait pu mesurer la puissance de ses sentiments.
En tout cas, il était heureux qu'elle l'ait choisi, lui, l'ancien Maraudeur. Il avait un nom connu dans le monde sorcier mais n'en avait jamais été fier. Il était synonyme de décadence, déshonneur et honte. Aujourd'hui, il avait quelques possessions : la maison de ses ancêtres avait été léguée à la famille de Harry mais il lui restait la maison de son défunt oncle, Alphard, dans les Mumbles et il avait encore une fortune importante. Et il travaillait en tant qu'Auror.
Hermione était Ministre de la Magie. Avec son intelligence, sa pugnacité et sa seule force de caractère, elle avait réussi à faire plier une institution désuète. Elle l'avait modernisée, lui avait lancée un nouveau souffle et continuerait tout en respectant les valeurs de tous les sorciers et créatures magiques. Elle était aimée, respectée, voire adulée. Rares étaient ceux qui décriaient ses actions. Elle avait bien sûr quelques détracteurs mais très peu finalement. Tous s'accordaient pour dire qu'elle était l'une des meilleures Ministres de la Magie que le monde magique n'ait connue.
Sirius ne se sentait pas à la hauteur de cette femme.
Pendant les quelques jours qui suivit leur retour, il avait été rassuré. Mais cela ne dura pas.
Quand il la revit, son attitude fut plus réservée. Il avait eu cette impression qu'elle l'évitait et ceci se répéta : quand il tentait de la voir dans son bureau, tard dans la soirée, quand il n'y avait plus personne, elle avait tendance à expédier leurs rendez-vous intimes. Elle l'embrassait mais il n'avait plus ressenti la même fougue.
De plus, physiquement, il voyait bien qu'elle se dépérissait. Elle avait perdu du poids, ses cheveux étaient ternes et ses yeux cernés par la fatigue. Il avait tenté de lui en parler mais elle l'avait esquivé en lui maintenant qu'elle allait bien, ce qui était faux, il le voyait bien.
Un soir, dix jours après leurs mésaventures françaises, il décida d'avoir une discussion sérieuse avec elle. Il n'en pouvait plus de cette situation. Etaient-ils ensemble ? Oui ? Non ?
« Hermione, as-tu un moment à m'accorder, s'il te plait ? » lui demanda-t-il alors qu'il venait la voir dans son bureau, un soir où tous les membres de son cabinet et sa secrétaire étaient partis.
La jeune femme releva la tête et s'assombrit quand elle reconnut Sirius. Oui, elle l'évitait et la colère l'envahit. Malgré tout ce qu'elle lui avait dit quand ils avaient été seuls en France, malgré ce qu'elle lui avait déclaré ensuite, elle le fuyait.
A quel jeu jouait-elle ? Ne pouvait-elle pas être claire une bonne fois pour toutes ?
Sa patience avait des limites. Désormais, il voulait savoir ce qu'elle voulait exactement et si elle décidait de le fuir à nouveau, il abandonnerait.
Sirius referma la porte derrière lui et lancer des sorts de silence et de répulsion. Même s'il savait qu'ils avaient peu de chance de se faire surprendre, il restait prudent. De plus, ils devaient discuter sérieusement.
Hermione le regarda s'asseoir en face d'elle, un air affolé dans le regard. Cependant, elle semblait trop fatiguée pour refuser ou pour trouver une excuse.
« Cela fait un moment que nous devons discuter, déclara-t-il quand il fut installé. Je sens que tu me fuis depuis des jours. Pourtant, je croyais que c'était clair entre nous. »
Elle ouvrit la bouche pour répliquer mais il l'arrêta d'un geste de la main. Il était hors de question qu'elle l'interrompe avant qu'il ait dit ce qu'il ressentait au fond de lui.
« Tu m'évites ! continua-t-il d'une voix brusque. N'essaie pas de dire le contraire, je le sais. Tu m'as embrassé quelques fois mais nous ne sommes pas réellement retrouvés tous les deux depuis deux semaines au moins. Je sais que le retour a été compliqué à gérer pour toi : tes responsabilités au Ministère, la presse et l'opposition qui ne sont pas tendres depuis que tu es revenue. En plus de cela, tu as ta famille, tes enfants, ton mari... Cependant... Je suis là aussi ! »
Il la regarda dans les yeux. Les siens semblèrent tristes subitement. Il fronça les sourcils. Malheureusement, il en avait plus qu'assez de toute cette mascarade.
« J'ai été clair avec toi pendant notre captivité et je pensais que tu l'avais été aussi. Je t'aime, j'ai envie d'être avec toi. Je sais que c'est difficile mais ce que tu me donnes aujourd'hui... ce n'est pas assez.
— Mais tu sais que c'est compliqué pour moi, répondit enfin Hermione.
— Je le sais parfaitement, répliqua-t-il, irrité. Tu ne crois pas que cela me tue de te voir revenir vers ton mari tous les soirs depuis ce qui s'est passé ?
— Avec Ron, nous n'avons pas... marmonna-t-elle.
— Je me moque de ce que vous faites. Enfin, si... cela me met hors de moi rien que d'y penser mais je comprends, tu es mariée, tu es sa femme, c'est normal. Je sais qu'il te faut encore du temps pour lui dire, mais je veux savoir ce que nous sommes réellement. Je ne suis pas ton jouet !
— Tu n'es pas mon jouet, Sirius...
— Alors, pourquoi joues-tu ainsi avec mes sentiments ? Pourquoi ne me dis-tu pas clairement ce que tu veux ? Mais sache une chose : si ce qui s'est passé en France n'était qu'une passade car tu avais besoin de ressentir quelque chose de différent, parce que tu avais envie d'un peu d'excitation dans ton couple pour raviver la flamme, sache que j'y mettrai un terme immédiatement car ce n'est pas ce que je recherche. J'ai toujours été sérieux avec toi, depuis le début ! Je t'ai montré la force de mes sentiments. Donc, sois honnête aussi avec moi ! Que sommes-nous ? »
Il la regarda avec fermeté. Il avait pris sa décision. Si elle le rejetait une nouvelle fois, ce serait terminé entre eux une bonne fois pour toute. Hermione lui lança un regard éperdu. Son cœur se noua. Non, il devait être ferme, ne pas craquer. Elle lui devait la vérité.
Subitement, elle éclata en sanglots. Sirius la regarda surpris. Il l'avait finalement poussée à bout. Il se radoucit.
« Hermione, je... je suis désolé ! » se rétracta-t-il.
Il n'avait jamais su comment réagir face aux larmes des autres. Ses parents l'avaient toujours forcé à réprimer ses sentiments. Pleurer était l'apanage des faibles. Mais ce n'était pas de la faiblesse que lui montrait aujourd'hui la femme qu'il aimait. Il se leva, contourna le bureau et s'agenouilla en face d'elle. La jeune femme continuait à sangloter, la tête dans les mains, cachant son visage.
Il posa une main sur son épaule.
« Je suis désolé ! Je ne voulais pas te faire pleurer, répéta-t-il tout aussi perturbé qu'elle.
— C'est moi qui suis désolée, Sirius ! répondit-elle entre deux sanglots. C'est moi qui ne sais pas ce que je veux. Je ne sais pas quoi faire. Je t'aime mais j'aime aussi Ron, j'aime ma famille ! Je ne sais pas si je serai capable de les quitter. Mais je ne sais pas non plus si je pourrai un jour faire une croix sur toi ! »
Sirius la força à se tourner vers elle et la prit dans ses bras. Elle s'agrippa à lui et ses larmes redoublèrent d'intensité. Il lui caressa les cheveux tentant de l'apaiser mais ne dit plus rien. Elle avait besoin de se calmer et de toute façon, il avait dit ce qu'il avait sur le cœur. C'était à elle désormais de prendre une décision.
Ils restèrent ainsi pendant plusieurs longues minutes. Finalement, les larmes de Hermione se tarirent peu à peu. Elle hoqueta plusieurs fois mais reprit contenance. Sa respiration devint moins saccadée, plus lente, plus apaisée. Sirius continuait à la caresser pour la rassurer.
Elle releva enfin la tête et le regarda. Ses yeux étaient rougis, tout comme son visage, ses joues bouffies et ses lèvres gonflés et écarlates. Sirius essuya avec sa main les derniers résidus de larmes. Il lui sourit et l'embrassa doucement. Hermione entrouvrit les lèvres et accepta son baiser comme s'il lui était salvateur. Elle s'accrocha à son cou et approfondit son étreinte.
Ils basculèrent finalement sur le tapis et roulèrent l'un sur l'autre sans se lâcher. Hermione était sur lui et continuait à l'embrasser avec avidité. Ils se retrouvèrent rapidement sans vêtements.
Au bout d'un temps qu'ils ne purent estimer, tellement ils n'avaient pensé qu'à l'un et l'autre, ils se séparèrent, épuisés mais contentés. Toujours allongés sur le sol, Hermione enfouit son visage dans le cou de Sirius. Celui-ci la serra plus fort contre lui.
« J'ai envie d'être avec toi, Sirius, affirma-t-elle enfin. Je m'en rends compte désormais. C'est toi que je veux et personne d'autre ! »
Elle releva la tête et le regarda, rapprochant son visage du sien.
« Pour l'instant, je ne peux pas encore quitter ma famille car j'ai besoin de temps, de savoir comment je vais leur apprendre. Mais je ne t'éviterai plus.
— Alors, que sommes-nous ? demanda-t-il d'une voix rauque, légèrement attristé.
— Des... amants ? Nous devrons nous voir en cachette, pour l'instant, le temps que je prépare le terrain. Mais je te le promets, je quitterai Ron. Il faudra certainement t'armer de patience mais je te jure que nous serons ensemble ! »
Elle lui sourit et Sirius sentit son cœur s'apaiser un peu. Il n'était pas entièrement satisfait mais savait que ce sentiment était égoïste. Hermione devait encore réfléchir à la façon dont elle parlerait à Ron mais elle le ferait... un jour ou l'autre... Il avait confiance en elle.
Au moins, il était sûr d'une chose : cette femme était prête à tout quitter pour lui. Et il devait admettre qu'il n'en revenait pas. Au fond de lui, il l'avait espéré pendant de longs mois mais n'avait pensé qu'à un doux rêve. Pourtant, elle était bien là, dans ses bras. Alors, certes, il ne la verrait qu'en cachette mais il savait où ils en étaient.
« D'accord, déclara-t-il. Je t'attendrai ! »
Ils se regardèrent longuement, plusieurs sentiments intenses les traversant et s'embrassèrent.
