Bonjour à tous !
La fin approche à grands pas ! J'espère que vous apprécierez ce chapitre !
Très bonne lecture !
MinnieMey
Chapitre 24 - Inconscience
Depuis que Sirius et Hermione avaient enfin fait le point sur leur relation, les deux amants se voyaient en cachette, de façon aléatoire : parfois, à l'heure du déjeuner quand Demelza voulait bien octroyer un peu de repos à sa Ministre, ou le soir, après le travail dans un hôtel moldu. Ils ne se rencontraient que pour une heure, voire deux, et seulement une ou deux fois par semaine pour ne pas éveiller les soupçons. Dans ces moments, ils parlaient peu. Sirius n'avait pas envie de presser Hermione. Il savait que cela ne servait à rien. Elle prendrait la décision à son rythme. Et pour l'instant, il se satisfaisait bien de cette situation.
Cependant, tout ne se passait pas dans le meilleur des mondes. En fait, une seule personne lui posait problème : Amanda - comme toujours, finalement.
Depuis qu'il avait été libéré, la jeune femme était sur son dos. Tout d'abord, en France, elle avait cherché sa compagnie, puis, en Grande-Bretagne, à tenter de trouver des missions qui la rapprocherait de lui. Heureusement, Harry changeait rarement les équipes d'Auror et Sirius gardait pour coéquipier son collègue et maintenant, ami, Nick Walters. Néanmoins, dès que la fille de Kingsley était au Ministère, elle prenait toujours un moment pour venir le voir dans son bureau quand il était présent.
Cela faisait désormais un mois qu'ils étaient rentrés et Sirius avait une énième fois refusé de sortir déjeuner ou dîner avec Amanda. Celle-ci commençait à s'impatienter et ne comprenait pas son attitude. Il pensait avoir été clair avant leur voyage en France mais son kidnapping avait, semble-t-il, ravivé sa flamme.
Finalement, Sirius dut lui parler en tête à tête, un soir, alors qu'ils n'étaient plus que tous les deux dans le bureau des Aurors.
« Il faut vraiment que tu arrêtes de me proposer ces sorties, Amanda, » lui dit Sirius entre quatre yeux.
Ils étaient dans le bureau où il s'était installé et dès que la jeune femme s'était assise sur le rebord de la table, Sirius s'était levé pour s'asseoir quelques mètres plus loin. Amanda avait regardé son manège d'un air railleur.
« Comment ça ? se révolta-t-elle.
— Tu sais très bien qu'il n'y a rien entre nous, nous en avons déjà discuté.
— Oui, mais il y a eu un moment où cela ne te dérangeait pas qu'on aille manger quelque part, simplement entre collègues !
— Certes ! Mais ce n'est plus le cas. Je suis très occupé, je n'ai pas le temps de sortir !
— Pourquoi ? »
La jeune femme avait plissé les yeux et le regarda en haussant les sourcils. Puis, finalement, son visage s'illumina de certitude.
« Tu as rencontré quelqu'un, c'est ça ? s'écria-t-elle.
— Hum... non... je ne vois pas ce que tu veux dire... balbutia-t-il.
— Pourquoi autant de cachotteries ? C'est certain, tu as rencontré quelqu'un, cela expliquerait tout !
— Quoi ?
— Ton air heureux, bien sûr ! Tu n'es pas comme avant ! Depuis qu'on est rentrés de France, tu n'agis plus de la même façon. On dirait que tu as appris une grande nouvelle et depuis, ton attitude a changé !
— Je ne vois pas du tout de quoi tu parles ! »
Amanda lui lança un regard suspicieux, elle ne le croyait pas et même si elle ne connaissait pas très bien Sirius, ce dernier était un très mauvais menteur. Elle voyait bien qu'il esquivait ses questions et ses remarques.
« Dis ce que tu veux ! Je sais ce que je vois ! Enfin... après tout, c'est ta vie privée ! »
Elle lui avait dit ces mots d'un ton légèrement aigre. Sirius se tourna vers ses dossiers et l'ignora, mettant ainsi un terme à leur conversation. Un bruissement de jupe lui avertit qu'Amanda était finalement sortie de son bureau.
Il s'adossa contre son fauteuil et soupira. La jeune femme était bien trop curieuse et il n'aimait pas qu'elle fouine ainsi dans ses affaires. Mais il avait été prévenu. Amanda était ce genre de personne : elle avait besoin de tout savoir. Et quand elle avait quelqu'un dans son viseur, elle ne le lâchait plus. Malheureusement, il était hors de question qu'elle soit au courant de sa relation avec Hermione. Lui ne risquait rien, il était célibataire. Certes, il était connu et n'avait pas besoin que les gens connaissent sa vie privée mais ce n'était pas le cas de Hermione. Elle était une figure publique : Ministre de la Magie et mariée. Le couple vivait une relation adultère et même si le monde magique n'avait pas à s'immiscer dans leur sphère privée, il n'était pas sûr qu'il accepte cette histoire. Les sorciers n'étaient pas connus pour être tolérants.
Il prit la décision de prendre plus de précautions lorsqu'il retrouverait son amante. Il ne pouvait pas mettre en danger son poste et sa relation.
Les jours passèrent sans qu'Amanda ne revienne le voir. Même quand elle se trouvait dans les bureaux des Aurors, elle ne passait plus le voir, ce qui l'arrangea grandement. Il n'avait pas envie de subir un nouvel interrogatoire ou encore de donner des explications. La fille de Kingsley semblait le laisser tranquille et il comptait bien en profiter.
Peu à peu, Sirius devint un peu moins précautionneux. Hermione et lui avaient finalement trouvé leurs habitudes dans un petit hôtel moldu en banlieue de Londres. Ils transplanaient dans une ruelle peu fréquentée, y entraient séparément pour ne pas éveiller les soupçons et en ressortaient également à des moments différents. Cela lui convenait même si parfois, sa jalousie le tenaillait de temps en temps quand elle retrouvait son mari le soir.
Leur relation fut mise à rude épreuve lors d'une réunion de famille qu'organisèrent les Potter au 12 Square Grimmaurd pour les anniversaires combinés de Harry et de Ginny. Ils invitèrent tous les Weasley ainsi que leurs plus proches amis.
Quand Sirius avait vu Hermione arriver par la poudre de cheminette, au début, il avait été ravi de la voir et lui avait lancé un grand sourire mais dès qu'elle fut suivie par Ron, sa fille et son fils, il s'était assombri. D'un commun accord, ils avaient décidé de ne pas se parler de toute la soirée, ou en tout cas, le moins possible. De toute façon, pour l'instant, personne ne se doutait de leur idylle secrète. Sirius n'en avait pas honte. Bien sûr, il appréciait Ron, le roux était agréable, drôle et toujours serviable. Mais finalement, il avait peu d'affinités avec lui. Il ne le connaissait que parce qu'il était le meilleur ami de son filleul.
En tout cas, voir la femme qu'il aimait entourée de ses enfants et de son mari l'avait particulièrement blessé. C'était une partie de sa vie qu'il tentait d'occulter la plupart du temps car il savait que ce serait trop douloureux. Que pouvaient-ils faire quand ils étaient seuls tous les deux ? Ron l'embrassait-il ? La caressait-il ? Faisaient-ils... ? Sirius n'osait pas lui poser ces questions, d'ailleurs, il savait qu'elle ne lui répondrait pas car c'était rentré sur un terrain glissant et cela attiserait sa jalouserie plutôt que le rassurerait. Finalement, il ne préférait pas savoir, c'était mieux pour lui. Pourtant, quand il les avait vus ensemble, des images qu'il ne voulait pas imaginer n'arrêtaient pas de tournoyer dans sa tête.
Mais quand il avait rencontré Hermione après cette fête, la brune l'avait rassuré par ses baisers, ses caresses, ses étreintes. Il était certain que Ron ne vivait pas ce qu'il vivait.
Parfois, il ressentait un peu de culpabilité, mais ce sentiment ne durait jamais très longtemps. Son amour pour la jeune femme était bien plus fort que ses propres remords. Et il se contrefichait du « politiquement correct » de leur attitude.
« Sirius, tu vas au Ministère aujourd'hui ? lui demanda Ginny, quelques jours après la fête d'anniversaire.
— Oui.
— Peux-tu ramener ce sac à Hermione ? Elle l'a oubliée lors de la dernière fête et Harry n'a pas pensé à le lui rendre hier et maintenant, il est parti en mission en Irlande. Tu veux bien le lui donner, s'il te plait ?
— Bien sûr ! Mais ne serait-ce pas plus simple de lui envoyer par hibou ?
— Non, Hermione ne préfère pas. Si elle avait eu le temps, elle serait passée le chercher mais elle est totalement débordée en ce moment.
— D'accord, je vais le lui ramener, ne t'inquiète pas ! »
Le brun fit un grand sourire à la rousse, prit le sac avec lui quand il passa par la cheminée pour se rendre à son lieu de travail et se dirigea à son bureau. Il n'avait pas compté voir Hermione ce jour car, comme l'avait bien dit Ginny, elle était surchargée par le travail. Néanmoins, il prit plaisir à aller la surprendre dans son bureau en fin de journée.
Il attendit que ses collègues soient partis avant de descendre son étage. Demelza était partie depuis longtemps et le couloir était désert.
Sirius toqua à sa porte et entra. Cette dernière releva la tête de son dossier. Il remarqua les cernes sous ses yeux et son chignon légèrement décoiffé. Néanmoins, il la trouva resplendissante derrière ce bureau, dans son élément. Il lui fit un grand sourire.
« Que fais-tu là, Sirius ? » lui demanda-t-elle, surprise.
Ils avaient décidé de ne plus se voir dans son bureau et elle fut légèrement irritée qu'il ait pu prendre ce risque. Cependant, l'ancien Maraudeur ne se démonta pas et s'approcha, toujours le visage radieux.
« Ginny m'a demandé de te ramener ton sac ! » s'exclama-t-il en le lui montrant. Il vint le déposer sur son bureau et sans aucune hésitation, contourna la table et l'embrassa.
Hermione aurait pu le rejeter. Ils étaient dans son bureau. N'importe qui pouvait rentrer. De plus, ils n'avaient pas ensorcelé la pièce pour repousser des éventuels voyeurs. Quand elle tenta de prendre sa baguette, Sirius arrêta son geste.
« Il n'y a plus personne, lui souffla-t-il. On ne risque rien ! »
Il continua à l'embrasser. La jeune femme vaincue accepta le baiser et ne pensa plus à rien.
« Maintenant, va-t'en, Sirius ! » lui lança-t-elle après cette étreinte langoureuse.
Il lui sourit et s'en alla.
« On se revoit comme prévu, n'est-ce pas ?
— Bien sûr ! »
Hermione avait déjà replongé la tête dans ses dossiers. Sirius ne s'en offusqua pas. Quand la jeune femme travaillait, il était difficile de la distraire. Il referma la porte derrière lui et entendit un bruissement de robe. Il releva la tête et vit une personne tourner au bout du couloir. Il plissa les yeux. Cette cape, il l'avait vue dans la journée. Son ventre commença à se nouer, il décida de rattraper la personne. Il courut presque pour arriver devant l'ascenseur. Comme il s'en était douté, il se trouva face à une femme aux longs cheveux noirs et à la peau dorée.
« Que fais-tu là, Amanda ? » lui demanda-t-il d'un air qui se voulait nonchalant malgré les battements accélérés de son cœur.
La jeune femme les avait-elle surpris ? Oubliant tout danger, il n'avait pas lancé un sort de silence et de répulsion.
« Je passais par ici par hasard, » répondit-elle sans le regarder.
Il plissa les yeux. Elle évitait son regard.
« On ne passe jamais à l'étage de la Ministre et de son cabinet par hasard ! s'agaça-t-il.
— Et toi, que faisais-tu là ? ironisa-t-elle en se tournant carrément vers lui.
— Je devais ramener un sac à la Ministre. »
Il la regarda sans se démonter mais fut déstabilisé quand elle éclata brusquement de rire. Il ne s'attendait pas à cette réaction. L'ascenseur arriva et Amanda y entra. Le jeune homme la suivit. Il était hors de question de la laisser. Il était maintenant certain qu'elle les avait surpris, Hermione et lui. Il fut sur le point de sortir sa baguette. Il devait effacer sa mémoire au plus vite. Malheureusement, la jeune femme fut plus rapide que lui. Elle avait déjà pointé sa baguette sur lui.
« Tu crois peut-être qu'avec un sort d'oubliette, je vais oublier ce que j'ai vu, Sirius, il n'en est pas question, clama-t-elle d'un air furieux. Toi et la Ministre ? Je n'y crois pas ! Tu aurais pu avoir toutes les femmes que tu voulais mais non, il a fallu que tu choisisses Hermione Granger-Weasley ! Tu es complètement stupide ! »
Même s'ils se trouvaient dans une pièce très exiguë, Sirius n'hésita pas à lui lancer un Stupefix en sort informulé mais Amanda le dévia et le sort toucha le mur et fit trembler l'ascenseur. Néanmoins, malgré leur déséquilibre, les deux sorciers ne se lâchèrent pas du regard, leurs baguettes toujours levées. Quand la porte s'ouvrit, ils sortirent doucement, s'observant. Aucun des deux ne se retourna ni ne montra son dos. Ils étaient arrivés dans l'atrium qui était vidé de ses employés, vu l'heure tardive.
« Qu'allons-nous faire, maintenant ? demanda Sirius tout en avançant au même pas qu'Amanda, son arme pointée vers elle.
— Rien du tout, bien sûr !
— Comment ça ?
— Tu ne vas pas me lancer de sort de stupefixion, ni d'oubli, ni quoi que ce soit d'autre et tu vas me laisser partir.
— Tu rêves ? Je ne peux pas !
— Malheureusement, c'est ce qui va se passer Sirius. Si tu veux que je garde ton secret, tu n'as pas le droit faire quoi que ce soit contre moi !
— Tu vas réellement garder mon secret, je n'y crois pas une seule seconde !
— Tu me crois aussi perfide ?
— Oh, ça, tu n'imagines même pas ! »
Amanda eut l'air blessé mais ne s'appesantit pas longtemps sur sa douleur. Elle avançait vers les cheminées. Sirius savait qu'elle allait fuir mais il devait l'en empêcher. Malheureusement, la jeune femme était sur le qui-vive. De plus, il ne pouvait pas s'attaquer à elle ainsi, elle répliquerait. S'ils se battaient, ils feraient du bruit. Les quelques sorciers qui étaient encore dans leur bureau les entendraient et viendraient voir ce qu'il se passait. Quelles explications pourraient-ils donner ?
Mais il ne pouvait pas faire confiance à Amanda non plus. Il tenta alors le tout pour tout. De façon désespérée, il lança un sortilège d'entrave mais la jeune femme le bloqua et disparut de sa vision. Elle s'était déllusionnée en un rien de temps. Les sortilèges étaient sa spécialité et il en avait la preuve ce soir. Il tenta de la chercher du regard mais son sort était parfait. Il n'entendit même pas ses bruits de pas sur le carrelage. Une demi-seconde trop tard, il arriva devant les cheminées de transplanage derrière elle et Amanda disparut du Ministère dans un pop.
