Titre : Elicia
Genre : Drame, Romance
Rating : K+
Résumé : Après son père, Elicia perd sa maman dans un accident de voiture et Roy se retrouve à devoir s'occuper de la petite fille. Heureusement et comme d'habitude, il ne sera pas tout seul dans cette nouvelle aventure. Royai !
Disclamer : FMA ne m'appartient pas T.T
Spoiler : Tous possiblement.
Notes : Bon là, sachez que je prie littéralement pour qu'il n'y ait pas de soucis comme avec le premier chapitre et que vous puissiez voir cette partie (et que je puisse lire les reviews aussi...). Je poste l'épilogue tout de suite car il est vraiment court. J'espère que cela vous plaira et sur ce, bonne lecture !
Partie 2 : Trouver son rythme
Roy se réveilla en premier avec un Hayate en forme à ses pieds.
« Tu veux aller te promener, n'est-ce pas ?», fit-il en baillant.
Il faisait beau dehors et Roy se dit que ce serait l'occasion de courir. Il n'avait pas fait beaucoup de sport cette semaine.
« Je vais passer un survêtement et j'arrive », dit-il en caressant le petit chien.
Roy entra silencieusement dans sa chambre et attrapa quelques affaires. Il ne put s'empêcher de les observer et sourit en voyant Elicia endormie tout contre Riza. Celle-ci paraissait sereine. Il sourit et ressortit.
Cinq minutes plus tard, ils courraient dans les rues encore vides de Central. Le soleil le réchauffa assez rapidement et Black Hayate tenait le rythme, la truffe en l'air. Au bout d'une demi-heure, Roy prit le chemin du retour et, s'arrêtant devant une boulangerie, acheta des viennoiseries pour le petit-déjeuner.
En rentrant, il lança la machine à café et se rendit dans la salle de bain pour se doucher. Il ressortit cinq minutes plus tard, une serviette autour de la taille. Bien sûr, il n'avait pas pris de vêtements de rechange. Discrètement, il retourna dans sa chambre et attrapa un pantalon, une chemise et un caleçon propre. Il fila s'habiller dans la salle de bain et Riza soupira. Elle n'avait rien loupé de son passage et sentait ses joues la brûler. Comment pouvait-il être aussi musclé avec le peu d'heures de sport qu'il faisait ?
Bien réveillée, elle se leva et sourit en sentant l'odeur du café. Elle se rendit dans le salon et se servit une tasse. Puis, elle réalisa que son supérieur ne s'était pas servi non plus et lui sortit une tasse.
« Bonjour, salua Roy en entrant, habillé et souriant.
- Bonjour », répondit-elle.
Elle était encore en pyjama : un short et un tee-shirt trop grands, et il se retint de trop y penser. La situation lui semblait tellement bizarre parfois. Cela faisait presque une semaine qu'ils vivaient ensemble plus ou moins.
Elle donna ses croquettes à Hayate et s'étonna de le voir aussi calme.
« Vous l'avez sorti ? questionna-t-elle en constatant la présence de viennoiseries sur la table.
- Oui, répondit Roy. On est allé courir.
- Oh ! Merci. »
Il lui sourit en retour et elle revint sur sa pensée précédente. Peut-être que Roy faisait un peu de sport tout de même.
Elle s'assit à table avec son café et la porte du couloir s'ouvrit.
« Coucou Elicia », salua la jolie blonde.
Elle ne répondit pas et vint plutôt s'asseoir sur ses genoux, pas très réveillée. Riza pouffa et caressa ses cheveux doucement tout en buvant son café.
« Tu as vu, Tonton Roy a ramené des viennoiseries pour le petit-déjeuner.
- Est-ce que tu veux que je prépare un chocolat chaud ? » questionna ledit Tonton Roy en s'agenouillant près d'elle.
Elicia opina contre la poitrine de Riza, les faisant sourire. Elle prenait toujours un peu de temps pour se réveiller le matin et ils savaient en plus qu'elle ne dormait pas très bien.
Ils déjeunèrent tranquillement et ce fut Roy qui aida Elicia à s'habiller. Elle le faisait toute seule mais peinait surtout à fermer les petits boutons ou à faire ses couettes.
« On pourrait aller au parc ? » proposa Riza en les rejoignant.
Elicia nia et Roy recommença sa coiffure. Il essayait de faire ses couettes à même hauteur mais c'était compliqué.
« Je pense que Black Hayate a très envie d'aller au parc mais ce ne sera pas drôle sans toi. »
Et Black Hayate gémit en trottinant jusqu'à Elicia.
Elle regarda le petit chien et posa une main sur sa tête.
« D'accord », approuva-t-elle alors.
Hayate se redressa aussitôt et lui donna un coup de langue, la faisant rire. Roy était bon pour recommencer sa coiffure mais ne se découragea pas.
« Je vais m'habiller alors », déclara Riza en ressortant.
Elle remit les mêmes vêtements que la veille et sourit en voyant Elicia arriver avec des couettes de hauteurs différentes. Roy rougit sous son regard.
« J'ai fait de mon mieux, fit-il, embarrassé.
- Je n'en doute pas, sourit Riza. C'est bien. »
Elle prit la main d'Elicia et ils sortirent pour aller se balader au parc. Elicia ne le connaissait pas et ils le visitèrent entièrement. Puis, Riza lâcha Hayate et donna une balle à la petite fille.
Aussitôt, elle la lança au loin et Hayate se précipita. Il la lui rapporta en un temps record et cela sembla beaucoup plaire à Elicia.
Ils jouèrent un moment avant que Roy ne décrète qu'il avait faim.
Ils reprirent le chemin de l'appartement et le reste de leur journée fut calme. Elicia fit une sieste dans l'après-midi, leur permettant de continuer le tri dans les documents de Hugues.
Le soir, après le repas, Riza coucha Elicia et récupéra ses affaires.
« J'imagine que je n'ai pas le droit de vous demander de rester, émit Roy avec un regard tendre.
- En effet, rétorqua Riza. On se retrouve demain au QG. Vous savez comment me joindre en cas de besoin. »
Il opina et l'observa partir, Black Hayate sur les talons. La porte se referma. Ça y est, il était seul de cet appartement. Il aimait sa présence, l'assurance qu'elle dégageait. Elle savait quoi dire à Elicia pour la rassurer. Elle savait quoi lui dire pour le rassurer. Que ferait-il sans elle ? Des pleurs se firent entendre et il inspira. Elicia comptait sur lui.
Le lundi matin, lorsque Roy arriva au QG, il avait des cernes noirs sous les yeux.
Riza fronça les sourcils.
« Elicia a passé une nuit compliquée, informa-t-il. Et moi aussi.
- C'est de ma faute, fit Riza. Je l'ai habituée à dormir avec moi... »
Il nia.
« Non, ne vous inquiétez pas Lieutenant. Nous y arriverons petit à petit. »
Il sourit et gagna son bureau. La journée fut longue et comme dénuée de sens. Roy se demanda ce qu'il faisait là. Pourquoi il devait remplir tous ces dossiers ? Pourquoi tant de paperasse ? Heureusement, une réunion sur les droits des Ishbals était prévue le lendemain et ils passèrent un moment à la préparer, leur rappelant pourquoi ils faisaient tout cela.
À quatre heures, Riza sortit pour récupérer Elicia à l'école, comme prévu. Ils auraient pu la laisser aller chez la nourrice mais ils avaient préféré la récupérer pour ce premier jour.
Elle se sentit étrange devant l'école en tenue de militaire. Roy l'avait déposée ce matin. Il s'était présenté à la maîtresse et Riza fit de même, lui expliquant la situation.
« Ah oui, le Général Mustang m'en a parlé ce matin. Il n'y a pas de problème.
- Et tout s'est bien passé aujourd'hui avec Elicia ?
- Elle a beaucoup moins participé qu'habituellement mais c'est normal. Elle a été bien entourée en récréation. Ça va prendre un peu de temps. »
Riza approuva et appela Elicia qui discutait avec deux autres petites filles un peu plus loin. Elicia leur fit un signe de main et vint vers elle. Elle lui prit la main et elles se sourirent.
« Merci Julie.
- Je vous en prie Lieutenant Hawkeye. À demain Elicia.
- À demain Maîtresse. »
Riza s'arrêta devant une boulangerie pour acheter un goûter à Elicia et elles revinrent au QG ensuite.
En grande section de maternelle, elle n'avait pas de devoirs à faire bien sûr et elle mangea son pain aux raisins. Puis, elle sortit ses crayons de couleurs et Riza lui donna des feuilles.
À dix-huit heures, les gars partirent, leur souhaitant une bonne soirée, et Riza se leva.
« Est-ce que tu vas partir aussi ce soir ? » questionna Elicia, inquiète.
Riza hésita et caressa sa joue doucement.
« Non, je vais rester avec vous. »
Roy, sur le seuil, sourit et sonna le départ.
« Merci », fit-il avant de démarrer la voiture.
Elle sourit.
« Quand vous en aurez marre de me prêter votre lit, taquina-t-elle.
- Oh, mais il est assez grand pour deux, rétorqua-t-il.
- Mais nous sommes déjà deux, protesta Riza, coulant un regard vers Elicia à l'arrière.
- Ah, battu sur ce coup-là », capitula Roy, amusé.
Il ne leur fallut qu'une dizaine de minutes pour arriver devant la porte de l'appartement de Roy.
« Je vais faire un tour avec Hayate, fit Riza. Ça me permettra de récupérer des affaires chez moi.
- Tu vas à ton chez toi ? questionna Elicia. Je peux venir aussi ?
- Tu veux voir mon appartement. Oui, bien sûr, mais c'est plus petit qu'ici. »
Elicia haussa les épaules et Roy sourit en les voyant sortir, main dans la main. Cela lui laissa le temps de faire un peu de ménage ici.
Lorsqu'elles revirent une bonne demi-heure plus tard, Elicia décréta qu'elle avait faim.
« Alors ? fit Roy en mettant la table.
- Elle préfère votre appartement. Ma baignoire est apparemment trop petite », répondit Riza, les faisant rire.
Elicia revint alors avec la carafe d'eau. Ils la laissèrent faire, conscients qu'elle voulait aider. Ils mangèrent et interrogèrent Elicia sur sa journée. Elle ne fut pas très bavarde mais tout de même plus que les premiers jours. Puis, Riza doucha Elicia et ce fut Roy qui vint la coucher.
« Et Tata Riza ? questionna-t-elle alors, comme pour s'assurer qu'elle était bien toujours là.
- Elle va venir te dire bonne nuit », assura Roy.
Il ressortit et rejoignit Riza dans le salon.
« Elicia vous a adopté, il semblerait. »
Riza haussa les sourcils.
« Je lui ai dit que vous alliez venir lui dire bonne nuit », s'amusa Roy.
Riza opina et sourit, lâchant son torchon.
« J'y vais alors. »
Elle la borda et lorsqu'elle revint, Roy était assis dans le canapé. Elle le rejoignit et ils se sourirent.
« Je trouve qu'on s'en sort pas trop mal, émit-il en frottant ses cheveux.
- En effet, ça pourrait être pire, j'imagine. Vous avez un autre matelas de disponible, ce sera plus confortable que le canapé. »
Roy opina.
« J'imagine que la chambre est au moins assez grande pour trois », ajouta la jeune femme.
Il sourit cette fois et ils ramenèrent le matelas libre à côté de son lit. C'était tout de même plus pratique que d'avoir toujours un matelas dans le salon ou de dormir sur le canapé.
« Vous voulez peut-être que je vous laisse votre lit ? interrogea Riza.
- Non, prenez le grand. C'est plus simple avec Elicia. »
Elle opina et des pleurs retentirent au même moment. Riza y alla tout de suite et il ne lui fallut que quelques secondes pour la calmer.
Ils reprirent un peu le tri des papiers des Hugues, mais le sommeil les rattrapa et Riza voyait Roy s'endormir sur la table. Elle lui secoua l'épaule doucement.
« Allons-nous coucher, fit-elle.
- Oui, vous avez raison. »
Ils se retrouvèrent tous les deux dans sa chambre et Riza entendit Roy s'endormir presque aussitôt. Elle ne tarda pas à le rejoindre au pays des rêves.
Elle se retrouva aux portes d'un désert et reconnut tout de suite l'endroit où elle était. Un frisson la parcourut et elle avança. Elle ne contrôlait pas ses mouvements. Elle arriva aux abords d'un village et se rendit au bâtiment le plus haut. Là, elle monta jusqu'au toit, sortit méthodiquement son fusil et se prépara. Tout son être hurlait intérieurement et elle sentait la nausée monter. Il y a eut d'autres coups de feu et elle vit une masse sortir d'un bâtiment. Alors, elle arma son fusil et visa. Un, deux, trois... onze... seize... vingt-deux. Il lui en manquait un. Elle reprit son fusil sur son épaule et redescendit. Là, elle attrapa son pistolet et commença la traque. Son malaise s'amplifia et bientôt, elle se retrouva devant un enfant affolé. Elle leva son arme, le visage neutre, et tira. Elle vit devant ses yeux les traits de l'enfant se déformer et l'espace d'une seconde, Elicia fut devant elle. Puis, elle tomba à ses pieds, morte. Alors quelque chose se brisa dans son esprit. Elle hurla et porta ses mains à son visage avec horreur. Qu'avait-elle fait ?!
« Riza ! Riza ! »
À bout de souffle, elle ouvrit les yeux et tomba sur le regard noir de Roy.
« Elicia ? Elicia ?! »
Elle se dégagea de sa prise, bondit du lit et se précipita vers la chambre d'Elicia. Elle était là. Elle dormait tranquillement. Pleurant à chaudes larmes, Riza se laissa tomber sur le seuil. Elle sentit une main se poser sur son épaule et releva la tête vers Roy. Avec ses larmes, tout était flou. Il s'agenouilla près d'elle et la prit dans ses bras.
« Tout va bien, souffla-t-il à son oreille. Elicia va bien. »
Elle opina sans pouvoir s'arrêter.
« Accrochez-vous. »
Surprise, elle passa ses bras autour de son cou en se sentant quitter le sol. Cela eut le mérite d'interrompre sa crise de larmes. Il ne portait pas de tee-shirt encore et elle n'osa plus bouger, ni même respirer.
Il la ramena dans sa chambre et la déposa sur son lit défait. La lumière de la table de chevet était allumée, aussi, elle le voyait très bien, beaucoup trop bien.
« Ça va ? » questionna-t-il, essuyant ses joues de ses pouces.
Elle opina, incapable de parler. Il lui sourit et elle se sentit fondre. Elle sentait son corps se réveiller et poussa un profond soupir. Comment pouvait-on passer de désespoir au désir en l'espace d'une minute ? Il l'interrogea du regard et elle détourna la tête.
« Vous empiétez sur mon espace vital », souffla-t-elle alors que ses joues rougissaient.
Il parut étonné et un sourire mutin se dessina bientôt sur son visage. Cela ne lui disait rien qui vaille.
« Ah oui ?», taquina-t-il en se rapprochant.
Elle mit ses mains devant elle, en protection, et se recula. Elle sentait la tête de lit dans son dos et vit Roy s'avancer vers elle. Elle pouvait sentir son odeur et se retrouva plongée dans son regard hypnotique.
« Roy », reprocha-t-elle, mais ça sonnait plus comme un doux murmure à ses oreilles.
Il sourit un peu plus et replaça une mèche de cheveux blonds derrière son oreille. Il était beaucoup trop près. Des pleurs les sortirent de cette situation et Riza en profita pour filer. Elle revint avec Elicia et la garda dans son lit. Il fronça les sourcils et retint son rire.
« C'est bas, Lieutenant. »
Elle haussa les épaules, sans répondre, et éteignit la lumière. Il n'avait pas bougé du lit.
« Ce lit est peut-être assez grand pour trois, émit-il dans un murmure suave.
- Roy ! » protesta-t-elle.
Il pouffa et elle le sentit descendre du lit. Elle soupira et se rallongea près d'Élicia qui s'était rendormie presque aussitôt.
Riza ferma les yeux et prit quelques minutes pour se calmer. Elle sentit son esprit s'évader et la nausée lui revint. Le cauchemar qu'elle avait oublié se rappelant brutalement à elle. Cette fois-ci, elle voyait Maes, baignant dans une mare de sang, puis Gracia, renversée par une voiture, et Elicia. Elle gisait au sol, sans vie, sur le sable souillé du désert. Son front était transpercé d'un trou rougeâtre et elle fut incapable de respirer. Elle voulait se précipiter vers elle et la prendre dans ses bras, mais son corps refusait de bouger. Elle était prisonnière de cette vision d'horreur, incapable de crier.
« Riza ! »
C'était une voix chaude, une voix rassurante. Elle rouvrit les yeux et croisa son regard noir. Encore, se dit-elle...
« Elle est là, fit-il en montrant Elicia, bien réveillée près d'eux.
- Elicia », souffla Riza en tendant une main vers elle.
Elle la prit dans ses bras et la serra contre elle. Réveillée, la petite fille n'osa pas bouger.
« Je suis désolée... sanglota-t-elle. Tellement désolée ma chérie... »
Roy ne tint pas longtemps et vint les enlacer toutes les deux. Finalement, ce fut Riza qui s'endormit la première, entre eux deux.
« Ça va Elicia ? questionna Roy qui se retrouvait avec Riza blottie contre lui.
- Oui... est-ce que Tata Riza va bien ?
- Ça ira mieux, assura-t-il. Je vais la garder dans mes bras. Tu peux te rendormir petite princesse. Nous sommes là. »
Elle opina dans le noir et rassurée, il ne tarda pas à l'entendre sombrer dans le sommeil.
Il sentait Riza respirer, le chatouillant, et sa poitrine s'appuyer contre son torse. Il prit un long moment pour se rendormir.
« Debout », fit Élicia en le secouant quelques heures plus tard.
Il lui fallut quelques secondes pour réaliser où il était et surtout pourquoi Riza était toujours endormie contre lui. Elle gémit et se lova un peu plus dans ses bras. C'était pas bon ça. Il sentait son corps réagir et ce n'était pas vraiment le moment.
Il se libéra délicatement et s'extirpa du lit.
« Allons préparer le petit-déjeuner Elicia. »
Lorsque Riza les rejoignit, elle avait les joues rougies et il ne put s'empêcher de sourire en la voyant.
Il ne put la taquiner cependant. Ses cauchemars, ils les connaissaient trop pour savoir qu'ils pouvaient les rendre fou.
« Du café ? proposa-t-il en lui tendant une tasse.
- Merci, fit-elle en la prenant. Et merci pour cette nuit.
- Ce n'est rien », répondit-il.
Elicia passa devant eux avec son bol de céréales et leva la tête dans leur direction.
« Vous êtes des amoureux alors ? »
Ils manquèrent tous deux de s'étouffer dans leur café.
« Quoi ?! Comment ça ?... bégaya Roy.
- Bah vous vous faites des câlins et vous dormez ensemble.
- Il n'y a pas que les amoureux qui se font des câlins, déclara Riza. Les amis aussi. »
Elle jeta un regard à Roy. Le considérait-elle comme un ami ? Cela lui semblait étrange.
« Et tu as dormi aussi avec nous Elicia, ajouta Roy.
- C'est à cause de tes cauchemars ? »
Riza opina.
« Pourquoi tu fais des cauchemars ? Toi aussi tu as perdu ta Maman ? »
Riza eut un sourire tendre.
« Oui, mais il y a d'autres raisons... Bon, nous allons être en retard », éluda-t-elle brusquement.
Ils s'activèrent et la déposèrent juste à temps à l'école. Cela faisait bizarre. Un couple de militaires déposant une petite fille à l'école.
Ils arrivèrent juste à l'heure au QG et la journée se déroula normalement.
Le soir venu, Riza passa chercher Elicia à l'école comme la veille. Il était prévu que la nourrice s'en occuperait le mercredi midi et après-midi. La petite fille était calme donc ce n'était pas un problème qu'elle soit au QG le soir.
« Tata Riza, est-ce que tu restes encore chez Tonton Roy ce soir ? » demanda innocemment Elicia alors que l'équipe se préparait à partir.
Ils furent tous très intéressés par la situation. Ainsi, Riza passait ses soirées avec eux ?
« Hum... je vais voir, éluda Riza en sentant les regards sur elles. Range tes affaires, nous allons y aller aussi. »
Elicia opina et Riza rejoignit Roy dans son bureau. Il finissait de rassembler ses affaires.
« Qu'est-ce qu'il y a ? questionna-t-il en devinant à son air que quelque chose l'embêtait.
- Je vous le dis plus tard, souffla-t-elle.
- Vous êtes prête ? Vous restez avec nous ce soir ?
- Je vais voir », éluda-t-elle une nouvelle fois.
Il opina et ils sortirent. Les gars les attendaient avec des sourires complices. Roy décela le début du problème et soupira intérieurement.
Il récupéra le cartable d'Élicia et prit sa main.
« Allez petite princesse. Direction la maison. »
Elicia opina, la laisse d'Hayate à la main. Riza les suivit avec un sourire attendri. Elicia semblait adorer Black Hayate et c'était réciproque.
Les gars les observèrent partir et Riza et Roy surent que ça allait jaser.
« Voilà ce qui m'embêtait, souffla Riza une fois dans la voiture.
- Ce ne serait pas la première fois. »
Elle lui jeta un regard entendu. Cette fois, tout était différent. Normalement, ils ne dormaient pas dans les bras l'un de l'autre, mais l'arrivée d'Elicia dans leur vie semblait tout bouleverser.
Leur soirée fut semblable aux précédentes et tout cela commençait à prendre des allures de quotidien. Ce fut la réflexion que se fit Riza une semaine plus tard. Elle était chez elle pour récupérer quelques affaires et ne parvenait pas à mettre la main sur sa pince. Elle pensait en avoir laissé une ici, mais elle était introuvable. À tous les coups, elle était chez Roy, comme sa brosse à dents qu'elle avait oublié là-bas, son pyjama sous l'oreiller, sa serviette de toilette et beaucoup trop d'autres choses. Riza devait dormir chez elle ce soir-là, mais elle réalisa qu'il lui manquait trop d'affaires et qu'en plus, ses placards étaient vides.
Elle soupira et décrocha le combiné.
« Roy ? Je crois avoir oublié la moitié de mes affaires chez vous... »
Elle entendit presque son sourire au téléphone.
« Et j'ai dû faire beaucoup trop à manger pour deux, ajouta-t-il, l'air de rien. Nous vous attendons, Riza. »
Elle sourit et raccrocha. Il fallait dire aussi que son appartement lui semblait soudainement bien trop grand pour elle toute seule. Manger sans personne ne lui donnait plus envie. Tout perdait de sa saveur. Elle fit son sac rapidement, siffla Hayate et quitta l'appartement.
Roy l'accueillit avec un grand sourire.
« Quel plaisir de vous revoir Riza.
- N'en faites pas trop, grommela-t-elle, retenant son sourire.
- Tata Riza ! » s'écria Elicia en venant vers elle.
Riza ne retint par son sourire cette fois et la prit dans ses bras.
« Coucou ma chérie ! »
Elle l'embrassa et entra, laissant Roy refermer la porte derrière elle.
Le repas fut chaleureux et Riza se dit qu'elle avait bien fait de revenir. Le soir venu, elle borda Elicia et fila dans la salle de bain se brosser les dents. Roy avait eu la même idée et Riza eut un sourire en retrouvant sa pince sur le bord du lavabo.
« Ah ! » fit-elle, satisfaite.
Il pouffa et ils se dévisagèrent par miroir interposé.
« On a une vie un peu décousu », sourit Riza avant de commencer à se brosser les dents.
Il se rinça la bouche et approuva.
« En effet, je vous proposerai bien de venir habiter ici mais il faudrait partager mon lit tous les soirs. Quoique, cela n'a pas semblé vous déranger la dernière fois. »
Elle manqua de s'étouffer et piqua un fard.
« Roy ! protesta-t-elle après s'être rincée la bouche. C'est déloyal. J'avais fait un cauchemar... »
Il arrêta de rire et s'approcha.
« Oui, je suis désolé pour ça. Mais si vous dormiez dans mes bras, vous n'en feriez peut-être plus ? On devrait essayer. »
Elle leva les yeux au ciel et le contourna pour sortir de la salle de bain. Elle sentit une main encercler son poignet et la retenir.
« Je suis sérieux, vous savez, reprit-il.
- C'est bien ce qui me fait peur », répondit Riza.
Il la relâcha et opina.
« Oui, avoua Roy. J'abuse de votre gentillesse. »
Elle pouffa, amusée.
« N'en faites pas trop. »
Il répondit à son sourire et la suivit. Riza s'allongea sur le grand lit. C'est vrai que sans Elicia ni Roy, il faisait vide. Heureusement la fillette faisait de moins en moins de cauchemars donc finissait moins souvent la nuit dans la chambre de Roy.
Riza se mit sur le dos, les yeux grands ouverts sur le plafond. Dire qu'il était là, à juste quelques mètres d'elle. Il suffisait qu'elle le lui demande et elle le savait, il n'attendait qu'un mot d'elle. Mais ce serait franchir une limite.
Elle se tortura de longues minutes, se tournant et se retournant, se maudissant de se poser tellement de questions.
« Riza ? appela une voix à moitié endormie. Qu'y-a-t-il ? Vous ne parvenez pas à dormir ? »
Elle soupira.
« Non... »
Elle attendait sa remarque taquine mais celle-ci ne vint pas. À la place, elle l'entendit se redresser. Elle savait qu'il était assez fatigué en ce moment et se retint de bouger. Le lit s'affaissa et elle écarquilla les yeux alors qu'il la rejoignait. Naturellement, il l'enlaça, la calant contre lui.
« Dormez maintenant. »
Elle entendait son cœur battre calmement dans sa poitrine. Cela contrastait avec le sien, complètement affolé. Sans un mot, elle posa sa tête contre son torse et se laissa bercer par son odeur. Elle le sentit se rendormir et soupira de bien-être. Voilà, elle voulait juste ça. Quelques minutes plus tard, elle sombrait à son tour.
Le lendemain matin, Elicia les trouva tous les deux lovés l'un contre l'autre. Elle fronça les sourcils et grimpa sur le lit. Elle secoua Riza qui grommela.
« Debout », fit la petite fille alors que Roy rapprochait Riza de lui.
Celle-ci rougit instantanément en sentant son corps contre le sien. Elle se redressa et s'extirpa de ses bras. Puis, son regard se posa sur le réveil. Il était bientôt huit heures, autrement dit, ils étaient en retard.
« Mince ! s'écria-t-elle. Habille-toi Elicia. On va être en retard. »
Elle se tourna vers Roy et le secoua.
« Debout, il est presque huit heures.
- Quoi ? » marmonna Roy en ouvrant les yeux.
Aussitôt, une agitation sans nom régna dans l'appartement. Ils déposèrent Elicia juste à temps à l'école et foncèrent au QG. Les gars les virent arriver ensemble et Riza soupira intérieurement. Comme si ils avaient besoin de cela en plus...
Le printemps progressa et bientôt, les températures augmentèrent. Elicia préparait activement le spectacle de fin d'année. Elle répétait presque tous les soirs, faisant rire Roy et Riza. À présent, Riza passait le plus clair de ses soirées et de ses nuits chez Roy. Lui, en semblait plus que ravi et Elicia et Black Hayate aussi. Puis, Riza devait bien avouer qu'elle préférait de plus en plus être chez Roy que chez elle. Son appartement lui paraissait froid et la plupart de ses affaires siégeaient maintenant sur la commode de Roy. Elle n'aurait jamais cru cela capable, mais elle semblait avoir déménagé sans le savoir.
Le pire, c'était le soir. Oh bien sûr, le matelas de Roy était toujours à côté du lit mais une fois sur deux, il la rejoignait. Quand elle faisait un cauchemar ce qui arrivait de temps en temps, alors ils avaient une excuse mais parfois, elle se réveillait juste dans ses bras sans trop savoir pourquoi. C'était loin de la déranger, surtout que la loi interdisant les relations entre militaires avait été assouplie depuis que Grumman était passé Généralissime. À présent, passés cinq ans d'ancienneté dans l'armée, elle n'était plus effective. Pourtant, cette situation floue lui semblait inconfortable. Pris dans leur routine, ils ne prenaient pas le temps d'en discuter et elle comptait remédier à cela.
Ce jour-là, elle était décidée à aborder le sujet. La journée fut semblable aux autres, si ce n'est que leur enquête, assez complexe de prime abord, tourna court quand un suspect potentiel tenta de s'échapper. Ils se retrouvèrent dans une course poursuite non prévue et réalisèrent bien vite qu'il était armé.
Il y eut plusieurs échanges de coups de feu au détour d'une ruelle et Riza sentit la brulure d'une balle sur sa cuisse gauche. Elle grimaça et s'immobilisa, transférant le poids de son corps de l'autre côté pour maintenir son équilibre. Elle ne pouvait plus le poursuivre et devait arrêter les frais tout de suite. Elle attendit d'avoir un angle clair et tira. L'homme s'écroula, touché au genou.
Havoc et Falman se précipitèrent pour le cueillir et Riza tenta de rejoindre le mur le plus proche. Elle retint un cri de douleur, espérant que la balle soit ressortie de l'autre côté. À priori, elle n'avait pas touché l'artère donc cela devrait aller. Il lui suffirait de quelques jours pour s'en remettre. Elle entendit des bruits de course et se retrouva soudainement dans les bras de Roy.
« Tout va bien ? questionna-t-il, inquiet.
- Oui, il m'a certainement frôlé. Rien de très grave. »
Il opina mais paraissait angoissé tout de même.
« Je me retiens de déchirer votre pantalon pour vérifier là, signala Roy, très sérieux. C'est ça ou je vous emmène à l'hôpital.
- Alors emmenez-moi », décréta Riza, passant son bras par-dessus son épaule pour pouvoir avancer.
Il passa le sien autour de sa taille et ils se dirigèrent vers les voitures.
« Lieutenant ! appela Fuery.
- Ça va, répondit-elle. La balle m'a juste frôlée.
- Je l'emmène à l'hôpital, fit Roy. Informe Havoc qu'il prend la suite des opérations. Cela ne devrait pas être trop compliqué. »
Fuery opina, leur assurant qu'il s'en chargeait, et Roy la conduisit à l'hôpital. Un médecin les reçut assez rapidement.
« Quelques centimètres de plus à gauche et ça aurait pu être bien plus grave, nota-t-il après les soins. Heureusement, aucune artère n'est touchée, la balle est ressortie de l'autre côté et avec les points que nous vous avons fait, vous devriez vous remettre rapidement. Je vous garde tout de même pour cette nuit Lieutenant. »
Ils le remercièrent et Riza se tourna vers Roy sitôt seuls.
« Il faut récupérer Elicia. Elle va être inquiète si elle ne nous voit pas.
- J'y vais », assura Roy en s'avançant vers elle.
Il déposa un baiser sur son front, restant un peu plus longtemps. Elle rougit et le regarda partir.
Une demi-heure plus tard, Elicia entrait comme une furie dans la chambre.
« Tata Riza !
- Je vais bien, rassura ladite Tata. Je vais très bien. »
Elicia grimpa sur le lit et se blottit contre elle. Riza lui caressa les cheveux doucement, attendant qu'elle se calme. Roy entra alors, s'excusant du regard.
« Est-ce que vous aussi vous allez partir ? questionna alors Elicia, faisant référence à ses parents.
- Non, assura Riza.
- Maman aussi elle avait dit ça ! » protesta Elicia alors que ses yeux se remplissaient de larmes.
Riza la serra fort contre elle, ne sachant quoi répondre. Roy les rejoignit et s'assit au bord du lit. Leur regard se croisèrent, douloureux et impuissants.
Riza lui remit le rapport qu'elle avait pris le temps de rédiger avant qu'ils ne partent. Il leva les yeux au ciel en le récupérant et lui déposa un sac avec quelques affaires. Cette attention la fit rougir. Roy finit par les laisser toutes les deux pour gérer la suite des opérations au QG.
Il ressortit de l'hôpital avec l'impression d'étouffer. Cet endroit lui rappelait des mauvais souvenirs. Une longue nuit d'attente il y avait maintenant deux mois. Oui, cela faisait deux mois qu'Elicia vivait avec lui et Riza en partie également. Deux mois ou presque qu'il dormait dans la même pièce qu'elle quand ce n'était pas avec elle.
Il inspira profondément une fois dans la voiture et prit la direction du QG. Ils avaient inquiété Elicia ce soir. Être sur le terrain rajoutait des risques c'était sûr...
Sombre, il entra dans son bureau et s'enquit auprès d'Havoc des événements en cours. En soi, la situation était sous contrôle.
Il se fit la réflexion qu'Havoc était décidément un très bon élément. Il aimait le terrain, plus que la paperasse bien sûr, mais s'y habituait de plus en plus et les rapports pré-rédigés l'attendaient sur son bureau.
À l'hôpital, Riza avait réussi à changer les idées d'Elicia. Breda lui avait récemment appris à jouer à la bataille, aussi, elles avaient organisé un tournoi de batailles. Riza n'était pas très fan de ce jeu mais voir le sourire et la concentration sur le visage d'Elicia lui suffisait. La petite fille ne croyait pas au hasard du jeu et posait ses cartes avec prudence comme si cela pouvait changer la donne. Cela amusait beaucoup Riza qui d'ailleurs, perdait.
Lorsque Roy arriva, Riza n'avait plus aucun espoir. Elle aussi allait commencer à encourager ses cartes comme Elicia.
« Tonton Roy ! Je gagne ! s'écria Elicia en levant les bras.
- Super ! fit Roy, amusé.
- Et je perds... » soupira Riza.
Il lui sourit et s'assit au bout du lit.
« Les visites finissent dans une heure », informa-t-il.
Riza opina.
« Alors, à quoi jouons-nous ? » questionna Roy en se tournant vers Elicia.
La petite fille parut ravie et quand ils sortirent, une heure plus tard, Riza trouva que tout était beaucoup trop calme soudainement. Elle remercia intérieurement une nouvelle fois Roy pour lui avoir ramené son livre. Elle se plongea dedans et le temps défila. On lui servit son repas un peu plus tard. Elle mangea sans trop y penser. Finalement, une soirée de tranquillité, ce n'était pas trop mal.
Au moment où elle formulait cette pensée, le téléphone sonna.
« Riza ?
- Roy ? répondit-elle sur le même ton. Que se passe-t-il ?
- Qu'est-ce que je fais si Elicia me demande de partager son bain ? questionna-t-il de manière rhétorique.
- Oh ! fit Riza avec un sourire. Que lui avez-vous répondu ?
- J'ai dit que vous en prendriez un avec elle dès que le médecin l'autorisera. »
Riza retint son rire face à son ton bougon.
« Très bien, je tiendrai cette promesse Roy, s'amusa-t-elle. Désolée, je lui fais prendre de mauvaises habitudes...
- Vous êtes présente pour elle... et pour moi. C'est le plus important.
- Vous ou elle ? »
Elle l'entendit rire et il ne put s'empêcher de continuer son jeu. Leur conversation dura un long moment. Assise dans son lit d'hôpital, Riza souriait.
Lorsqu'ils raccrochèrent, il était bientôt vingt-trois heures. Riza posa son livre sur la table de chevet et éteignit la lumière.
Le lendemain matin, elle eut l'autorisation de sortir et remplit les formulaires. L'hôpital lui prêta des béquilles pour une semaine. Elle boitilla jusqu'à la sortie de l'hôpital et ne fut même pas surprise de voir Roy l'attendre à quelques pas de là.
« Général, salua-t-elle. J'en ai pour une semaine... » maugréa-t-elle.
Il lui sourit et récupéra son sac.
« Bonjour Lieutenant. Eh bien, on fera avec. L'essentiel c'est que vous alliez bien. »
Elle ne répondit pas. C'est vrai qu'ils n'avaient plus d'urgence actuellement. Elle monta en voiture et fut surprise d'être accueillie par Black Hayate. Roy lui avait dit qu'il s'en occupait mais ça lui était sorti de la tête.
« Coucou mon tout beau, fit-elle en embrassant son crâne. Doucement », grimaça-t-elle alors qu'il appuyait sur sa cuisse.
Elle le repoussa gentiment et le fit asseoir à ses pieds.
Roy la ramena chez elle pour qu'elle puisse se doucher et se changer. Il patienta dans le salon, jouant avec Hayate pendant ce temps. Riza revint dix minutes plus tard, prête.
« Merci, Roy, sourit-elle. Allez viens Hayate », appela la jeune femme en prenant la laisse du petit chien.
Black Hayate trottina jusqu'à elle et ils ressortirent.
L'équipe fut contente de la revoir et le travail reprit. Ce fut Roy qui alla chercher Elicia à quatre heures. Lorsqu'il revint, elle se précipita vers Riza.
« Coucou Tata !
- Coucou ma chérie ! Alors cette journée ?
- C'était trop bien ! Avec Marion, on a joué pendant toute la récré avec les CP et ensuite... »
Le moulin à paroles Elicia était lancé. Elle leur raconta sa journée du début à la fin et Riza décréta même qu'elle faisait une pause pour laisser les gars avancer un peu.
Ce fut Elicia qui ramena le café de son mieux sur un plateau.
« Oh merci, Elicia », fit Havoc, en récupérant le plateau.
Le café fut distribué et Elicia reprit ses dessins. Chacun commençait à avoir une collection sur son bureau.
Le soir venu, Roy les conduisit directement chez lui. Leur soirée fut similaire aux précédentes, à l'exception près qu'Elicia se mit en tête d'aider Roy au maximum étant donné que Riza ne pouvait rien porter. Cela donna lieu à quelques frayeurs. Ils retrouvèrent en effet Elicia debout sur une chaise devant le placard.
« Attends, je vais le faire Elicia. C'est dangereux de monter comme ça sur une chaise. »
La petite abdiqua mais ils redoublèrent de vigilance.
Riza se coucha la première, exténuée de se trimbaler partout avec des béquilles. Elle entendit Roy entrer et sentit un poids sur le lit. Une seconde plus tard, il se calait derrière elle, l'encerclant d'un bras. À moitié endormie, elle ne réagit pas et sombra. Il sourit en percevant sa respiration apaisée et la rapprocha de lui.
Il finit par s'endormir et leur nuit fut calme.
Une semaine plus tard, Riza ramenait les béquilles à l'hôpital et on lui retira les fils. Malgré une légère claudication, elle marchait sans trop de mal. Sa cuisse cicatrisait bien.
En train de préparer le repas du soir, elle réalisa qu'elle n'avait toujours pas pris le temps de parler avec Roy. Il était parti courir avec Hayate. Elle constata le cliché de la situation et poussa un soupir.
« Qu'est-ce qu'il y a Tata ? demanda Elicia en la rejoignant.
- Rien ma chérie. Tu m'aides ? »
Elle opina aussitôt avec un sourire.
Lorsque Roy revint, le repas était prêt et la table était mise.
« Riza ? appela Roy en entrant.
- Dans la salle de bain », répondit-elle.
Elle trouva son Lieutenant passablement trempée dans la pièce d'eau et Elicia qui riait à ses côtés, enveloppée dans une serviette.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé ici ? s'étonna Roy.
- Un accident de parcours, fit Riza. J'ai un peu glissé...
- Non ! rétorqua Elicia. Tu es tombée dans la douche avec moi et tous tes vêtements. »
Son enthousiasme les fit rire et Riza opina.
« Oui, c'est vrai. »
Elle baissa la tête sur ses vêtements. Sa chemise blanche pourtant épaisse laissait voir son soutien-gorge noir à présent.
« Je suis bonne pour me doucher aussi. »
Elle croisa le regard de Roy et il détourna la tête. Elle attrapa une serviette et la passa autour de son cou.
« Vous voulez vous doucher Roy ? questionna-t-elle, sachant qu'il venait de courir.
- Vous aussi, je crois. Alors ? »
Il avait un regard malicieux et elle savait qu'il ne lui dévoilait pas sa pensée juste parce qu'Elicia était là.
« Papa et Maman ils se douchaient ensemble parfois, déclara alors Elicia avec innocence. Vous pouvez vous doucher ensemble aussi. »
Riza vira au rouge vif alors que Roy éclatait de rire.
« Mais oui, bonne idée Elicia. Nous devrions faire ça », taquina-t-il avec un clin d'œil.
Riza poussa un profond soupir.
« Allez, fit-elle, vous gagnez Roy mais dépêchez-vous, ordonna-t-elle en sortant.
- Nous irions plus vite à deux », répondit-il.
Elle attendit qu'Elicia soit un peu plus loin pour lui répondre.
« Je n'en suis pas si sûre », dit-elle en lui lançant un regard suggestif qui le laissa sans voix.
Puis, elle suivit Elicia dans le salon. Roy prit quelques secondes à s'en remettre et entra dans la salle de bain, des images plein la tête.
Cette nuit-là, il ignora le matelas et s'allongea sur le lit. Riza le rejoignit cinq minutes plus tard et haussa un sourcil.
« Je peux prendre le matelas si vous voulez », taquina-t-elle en faisant mine d'y aller.
Il se redressa et l'attrapa brusquement.
« Oh non ! »
Riza pouffa et déséquilibrée, lui tomba à moitié dessus. Elle s'appuya sur son torse pour se redresser et croisa son regard noir.
« Il y a quelque chose dont on doit parler », souffla-t-elle en faisant un aller-retour entre ses lèvres et ses yeux.
Il opina et s'avança vers elle. Elle sentit son souffle sur ses lèvres et frémit.
« Roy ? souffla-t-elle, consciente qu'il ne l'écoutait pas.
- Mmm ? »
Mais il paraissait à des années lumière de là. Il l'enlaçait étroitement et elle sentit ses lèvres cueillir les siennes. Ce fut léger, doux, comme s'il guettait sa réaction. Elle se sentit rougir et retint un soupir de frustration lorsqu'il s'éloigna pour l'observer. Elle secoua la tête et s'appuya contre lui, fondant sur ses lèvres. Il répondit aussitôt à son baiser et elle se retrouva allongée sur le dos, Roy au-dessus d'elle.
Riza oublia le sujet qu'elle voulait initialement aborder et d'ailleurs, elle oublia tout le reste. Elle n'avait plus en tête que les mains de Roy, son odeur et son corps contre le sien.
C'était trop bon. Elle se perdit dans les méandres du plaisir et il l'accompagna à chaque fois.
Leur nuit fut ponctuée de réveils tendres et passionnés, si bien qu'ils eurent un mal fou à revenir à la réalité. Là, ils devaient se lever et aller travailler, mais cela semblait tellement loin d'eux. Ils s'embrassaient encore quand une série de bruits les interrompit. Alors, ils se souvinrent qu'Elicia avait école aussi et qu'elle détestait être en retard, donc sa prochaine destination serait certainement...
Elicia entra dans la chambre et Roy se redressa. Il était toujours torse nu pour dormir été comme hiver, aussi cela ne l'étonna pas.
« On arrive Elicia, informa-t-il. Peux-tu aller réveiller Black Hayate ? »
La petite fille eut un temps d'arrêt puis elle opina et ressortit. Roy entendit Riza pouffer derrière elle.
« Quoi ? fit-il en lui jetant un regard.
- Réveiller Black Hayate ? »
Elle était torse nu également, les cheveux emmêlés entre les draps. Il se sentit fondre.
« Riza... murmura-t-il en revenant vers elle.
- Roy ! » protesta-t-elle avant qu'il ne l'embrasse.
Il n'en tint pas compte et lorsqu'ils se séparèrent, elle rougissait adorablement.
« Ouah, taquina-t-il. On a pourtant fait pire, non ?
- Roy... maugréa-t-elle, remontant les draps sur sa poitrine. Tu es insupportable. »
Il rit et ils entendirent Elicia revenir. Ce fut le branle-bas de combat. En quelques secondes, Riza avait disparu dans la salle de bain tandis que Roy avait enfilé un pantalon. Il fila ensuite lancer la cafetière. Ils en auraient besoin au vu des cernes sous leurs yeux. Pourtant, ils avaient tous les deux l'air comblés. Puis, Roy se doucha également et ils déjeunèrent. Elicia s'habilla seule et ils furent amusés par ses associations de vêtements. Il n'y avait rien de trop choquant, aussi, ils approuvèrent et partirent pour l'école.
En remontant en voiture, Riza se tourna vers Roy. Son regard descendit sur son cou et il haussa un sourcil.
« Qu'y-a-t-il ? »
Elle soupira et attrapa son sac. Elle en sortit un petit tube couleur crème.
« Je... j'ai été un peu trop démonstrative et ton col ne va pas le cacher alors... »
Elle lui appliqua un peu de correcteur et s'estima satisfaite. Il l'observa, amusé.
« Tu as fait pareil ? devina-t-il. Moi qui me disais que je n'avais pas assez insisté.
- Roy ! reprocha-t-elle les joues rosies.
- Quoi ? » fit-il en riant.
Elle fit la moue et il déposa un baiser sur sa joue. Elle ne put retenir son sourire.
« Nous allons être en retard, rappela-t-elle.
- Oui, oui, Lieutenant Hawkeye. »
Il démarra la voiture et ils rejoignirent le QG. Ils arrivèrent juste avant l'équipe. Riza s'asseyait à son bureau quand les gars entrèrent.
« Bonjour Lieutenant ! saluèrent-ils joyeusement.
- Bonjour à vous, répondit-elle avec un sourire amusé par leur entrain.
- Oh, fit Havoc face à ses cernes. Elicia fait encore des cauchemars ?
- Non, non, rassura Riza. Elle dort beaucoup mieux en ce moment. »
Elle éluda volontairement la question sous-jacente et se mit au travail.
Les gars se lancèrent un regard mais ne dirent rien. Ils eurent un autre coup d'œil entendu lorsque Roy les salua. Ok, ils avaient tous les deux l'air beaucoup trop heureux. Ils savaient bien que Riza passait beaucoup de temps chez Roy en ce moment. Ils mirent à profit leur pause pour discuter et élaborer des hypothèses plus ou moins tangibles.
Riza et Roy furent bien contents d'être tranquilles pour leur pause. Elle le rejoignit avec un café comme bien souvent. Il était assis sur son canapé, un sourire sur le visage et un air étrange qu'elle ne lui connaissait que peu. Il paraissait tellement serein.
« Tout va bien ? demanda-t-elle en s'asseyant en face de lui.
- Oui, et toi ? Ta cuisse ? Je n'ai pas vraiment été... »
Elle sourit et haussa les épaules.
« Oh, je l'aurais dit si j'avais ressenti de la douleur. »
Ils se sourirent, complices, et Roy se pencha soudainement vers elle. Il passa un doigt sous son menton et se leva pour l'embrasser.
Elle glissa une main dans ses cheveux, soupirant d'aise.
« Je suis désolé, reprit-il. Tu voulais qu'on discute hier soir. Je vais appeler Amélie pour lui demander si elle peut nous garder Elicia une soirée. Je t'inviterai bien au restaurant mais je doute que notre conversation s'y prête. »
Elle fit la moue, le faisant rire.
« D'accord », dit-elle, neutre.
Puis, son sourire s'agrandit et elle eut l'air enchantée. Il fut totalement charmé et ils entendirent les gars revenir.
« Fin de la pause », murmura-t-elle avec un clin d'œil.
Une enquête compliquée leur tomba dessus et leur fallut deux semaines pour s'organiser entre le travail et les disponibilités d'Amélie.
C'était un vendredi soir. Il était à peine dix-huit heures quand Riza commença à ranger son bureau. Elle n'était jamais, jamais, la première à partir, aussi les gars furent étonnés. Que lui arrivait-il ?
« Un problème Lieutenant ? osa Havoc, surpris.
- Aucun, Sous-Lieutenant. J'ai des choses de prévues ce soir et puis, on a bien travaillé ces deux dernières semaines donc je compte profiter de mon week-end. »
Il opina, se demandant s'il s'agissait vraiment du Lieutenant Hawkeye.
Ses affaires à la main, elle fila dans le bureau de leur supérieur.
« Général ? J'y vais, informa-t-elle.
- Oui, faites Lieutenant, faites. »
Et elle partit. L'équipe ne savait plus ce qui les surprenait le plus. Le fait que Riza soit la première à partir ou alors le non étonnement de Roy.
Ce dernier ne tarda pas à les rejoindre d'ailleurs.
« Eh bien, fit-il en haussant un sourcil. Il vous reste tellement de travail ? »
Ils nièrent alors et se levèrent pour ranger les affaires à leur tour. Ils partirent tous ensemble et observèrent leur Général. Il était apparemment ravi.
Ils se séparèrent au portail et ils se lancèrent des regards suspicieux. Il se passait quelque chose, encore ! Ils venaient de passer deux semaines à faire attention à chacun de leurs faits et gestes, essayant de déceler un changement dans leur attitude. Pourtant, leurs supérieurs restaient aussi professionnels qu'habituellement. Ils étaient de très bonne humeur mais ça s'arrêtaient là. Bref, ils n'avaient rien.
« Nous reprenons l'enquête lundi », informa alors Havoc avec un sérieux à toutes épreuves.
Les autres opinèrent gravement.
Roy, lui, arriva chez lui rapidement, retenant son rire face aux expressions de l'équipe. Ils étaient adorables parfois. Lorsqu'ils pensaient les observer discrètement. C'était touchant, vraiment.
À son arrivée, il entendit l'eau de la douche et un sourire malicieux se dessina sur ses lèvres. Après tout, ils avaient la soirée, non ?
Finalement, ils ne consentirent à manger qu'aux alentours de vingt-trois heures, quand leurs ventres criaient famines. Heureusement qu'ils avaient des restes.
« Bon », fit Roy adossé au canapé, une assiette entamée posée sur la table basse.
Elle se coula contre lui et posa son assiette à côté de la sienne. Apaisée et heureuse, elle appuya sa tête sur son épaule en fermant les yeux. Il eut un sourire tendre et attrapa sa main dans la sienne.
« Riza, mon amour, tu t'endors », nota-t-il, attendri.
Elle sourit et rouvrit les yeux.
« Désolée... et c'est moi qui voulais cette discussion... »
Elle vit le visage de Roy se faire plus sérieux tout d'un coup. Cela l'intrigua et elle se redressa.
« Je ne crois pas non... ça fait douze ans que j'attends cette discussion. »
Elle haussa un sourcil, faisant un rapide calcul.
« Tu rentrais juste dans l'armée non ? Je n'étais même militaire...
- Exact », répondit-il avec un sourire amusé.
Il mit une main dans sa poche et en sortit sa montre d'alchimiste.
« Qu'est-ce que... fit-elle lorsqu'il la lui donna.
- C'est ma première paye », informa-t-il avec sérieux.
Elle fronça les sourcils. Les alchimistes ne payaient pas leur montre sauf en cas de perte et de dommage donc elle ne comprit pas ce qu'il voulait dire. Puis, Roy joignit ses mains sur les siennes et il eut des étincelles bleues. La montre jusque là scellée, s'ouvrit alors et elle vit une bague apparaître à l'intérieur. Elle était simple, élégante et elle l'adorait. Plusieurs liens se firent dans sa tête et elle sentit ses yeux se remplir de larmes.
« Donc, souffla-t-elle, si je n'avais pas rejoint l'armée... nous... »
Il la coupa tendrement.
« Non, Riza. Nous serions deux personnes différentes alors. Nous ne serions certainement pas aussi proches. Tout aurait été... radicalement différent. »
Elle opina et il se redressa quelque peu. À genoux devant elle, il récupéra la bague et lui sourit.
« Riza Hawkeye, épouse-moi. »
Elle sourit à sa formulation et essuya ses joues humides.
« Fais de moi le plus heureux des hommes, Riza et accepte de partager ta vie avec moi...
- Roy, souffla-t-elle. Cette promesse je te l'ai déjà faite il y a 10 ans, en intégrant ton équipe. Tu as déjà tout ce que tu peux avoir. »
Ému, il opina et posa son front sur le sien.
« Mais j'accepte bien sûr », murmura-t-elle.
Il eut un sourire ravi et l'embrassa. Il lui passa la bague au doigt et déposa un baiser sur son front.
« Merci... alors tu vas venir habiter ici tout le temps maintenant ? » questionna-t-il.
Riza pouffa. Ça faisait plus de deux mois qu'il faisait tout ce qu'il pouvait pour la faire rester chez lui tous les soirs.
« Roy... mon appartement est à moitié vide et le document de résiliation du bail attend sur ma table. »
Il eut l'air le plus heureux du monde et fondit sur ses lèvres. Elle rit face à son enthousiasme et soupira d'aise alors qu'il l'allongeait sur le tapis.
Leur soirée fut douce, pleine de déclarations impromptues et de murmures comblés.
Cependant, ils étaient tous les deux impatients de retrouver Elicia. Ils étaient tellement habitués à vivre avec la petite fille à présent que cela leur semblait bizarre de ne plus être avec elle.
« Tata ! Tonton ! » s'écria-t-elle en courant vers eux.
Roy la réceptionna en riant et la fit tourner dans ses bras.
« Coucou petite princesse ! Alors cette soirée chez Amélie ?
- C'était trop bien ! » s'écria Elicia avant de tout leur raconter.
Riza remercia Amélie et celle-ci leur fit un clin d'œil amusé.
« Pas de soucis. N'hésitez pas si vous voulez un peu de temps... tous les deux... »
Ils se jetèrent un regard et sourirent.
« Nous n'hésiterons pas », assura Roy.
Puis, ils retournèrent chez Roy. Ce ne fut pas long cependant car dès l'après-midi, Roy décréta qu'ils avaient un déménagement à faire. Le connaissant bien, Riza ne fut pas surprise. Elicia, en revanche, fronça les sourcils.
« Qui va déménager ?
- Tata Riza », déclara Roy.
Elicia eut l'air paniqué et se précipita vers la jolie blonde.
« Mais je ne veux pas que tu déménages moi ! s'écria-t-elle.
- Ne t'inquiète pas Elicia. Je déménage ici. »
La fillette fronça les sourcils, perdue.
« Mais t'habites déjà ici ? »
Roy et Riza rirent et Roy caressa ses cheveux, attendri.
« Nous allons ramener le reste de ses affaires et rendre son appartement. »
Cette fois-ci, Elicia parut plus que ravie de cette idée. Elle approuva et fut aussi impatiente que Roy. Black Hayate, sentant l'excitation du moment, vint sautiller entre leurs jambes.
« Bon, fit Riza. Allons-y, allons-y », concéda-t-elle.
Finalement, leur week-end fut bien occupé et ils n'eurent pas le temps de souffler.
Le lundi matin, après avoir déposé Elicia à l'école, ils postèrent sa résiliation de bail. Ils arrivèrent au QG, ravis, attirant les suspicions de tous. Le matin, Roy avait une réunion avec les têtes de l'armée, autrement dit Grumman. Il le garda après la réunion.
« Général Mustang. Est-ce qu'il y a quelque chose dont je devrais être au courant ? » questionna-t-il, retenant un sourire.
Ledit Général eut un sourire malicieux et nia.
« Je ne vois pas Généralissime, assura-t-il avec aplomb.
- Bien », céda le vieil homme.
Roy sortit et Grumman sourit. Ok, ils étaient trop adorables tous les deux et il avait bien fait de modifier cette loi.
Le temps fila et enfin, le grand jour arriva. Elicia était la plus excitée de tous. Elle fut debout à six heures, les faisant grommeler.
« Debout ! Debout ! fit-elle. C'est aujourd'hui ! Aujourd'hui c'est mon spectacle !
- Elicia, maugréa Roy, enlaçant un peu plus Riza pour se rendormir.
- Mais debout ! »
Ils durent renoncer à la fin de leur nuit et Riza s'extirpa des bras de Roy.
« On arrive, on arrive », assura-t-elle, caressant les cheveux de Roy.
La petite fille parut ravie et fila dans la cuisine.
« Allez, sourit Riza, amusée. Ça fait des mois qu'elle répète.
- Je sais », répondit Roy en se redressant.
Il posa son front sur son épaule et l'enlaça. Elle glissa une main dans ses cheveux, les décoiffant un peu plus.
« Roy ? Tu te rendors, souffla-t-elle alors qu'il fermait les yeux.
- Non ! » s'écria une petite voix.
Elicia échoua sur leur lit et ils abdiquèrent. Elle fut intenable jusqu'à l'arrivée devant l'école. C'était un samedi et à huit heures tapantes, ils attendaient l'ouverture.
Elicia trépignait devant, un sac avec son costume à la main. Enfin, elle leur fit des signes de la main et rejoignit les autres lorsque les grilles s'ouvraient. Ils l'observèrent, attendris.
« Bon, fit Roy, nous avons jusqu'à 15 heures, nota-t-il en s'approchant d'elle, séducteur.
- Oh ! sourit Riza. Et que comptais-tu faire ?
- Mmm... fit-il, pensif. Te garder égoïstement pour moi tout seul. »
Elle osa un sourcil.
« Serais-tu jaloux d'Elicia ? »
Cela le fit rire et il l'embrassa. Ils étaient toujours devant l'école, en civil, et perdus au milieu de la foule de parents et d'enfants. Soudain, une petite voix les ramena à la réalité.
« Oh ! s'écria Elicia, juste devant eux. Vous faites des bisous comme des amoureux ! »
Elle paraissait ravie et Roy et Riza se jetèrent un regard avant de rire. Roy lui fit signe d'approcher et la prit dans ses bras.
« C'est parce qu'on est des amoureux, déclara-t-il.
- Alors vous allez vous marier ? » demanda aussitôt Elicia par voie de conséquence.
Ils rirent et Riza opina.
« Oui », fit-elle en montrant le collier qu'elle portait autour du cou.
Sa bague pendait au bout de sa chaîne et Elicia eut un grand sourire.
« C'est trop bien ! Alors ce sera comme si j'avais des vrais parents ! »
Ils furent émus par son enthousiasme et Riza s'approcha d'eux, les enlaçant.
« Elicia, tu peux nous considérer comme tes parents si tu veux.
- Tu es notre petite princesse », affirma Roy en les serrant toutes les deux.
Elle opina, sans rien dire, et répondit à leur étreinte.
« Au fait, fit Roy après un moment. Pourquoi es-tu revenue ? Tu as oublié quelque chose ?
- Non, la maîtresse elle dit qu'elle veut vous voir. »
Ils s'entreregardèrent et Roy redéposa Elicia sur le sol.
« Bon, allons voir ce qu'elle veut. »
Il sentit la main de Riza se glisser dans la sienne et ne put retenir son sourire. Il eut l'air aussi excitée que les enfants autour d'eux à cet instant.
Julie paraissait au bord de la crise de nerf, un téléphone en main.
« Ah ! Général Mustang, Lieutenant Hawkeye », fit-elle en se tournant vers eux.
Son regard dériva sur leurs mains jointes et elle eut un sourire rapide. Puis, elle revint à l'urgence du moment.
« J'ai des désistements de certains parents et j'aurai besoin d'aide si vous êtes disponibles bien sûr. »
Ils se jetèrent un regard quelques secondes et Riza opina.
« Oui, bien sûr. Que pouvons-nous faire ? »
Et à partir de ce moment-là, c'en fut fini de leur temps libre. Ils coururent jusqu'à l'heure du spectacle. L'ambiance était bonne cependant et ils mangèrent avec d'autres parents à midi, discutant avec animation. Finalement, ils étaient peut-être aussi impatients qu'Elicia lorsqu'enfin les spectateurs arrivèrent. Riza était dans les coulisses en train d'aider les filles à s'habiller quand Roy put enfin souffler. Tout était prêt. Il se rendit à l'entrée de l'école pour accueillir les spectateurs. C'est ainsi qu'il vit toute son équipe arriver.
« Général ! salua Havoc de bonne humeur. Je ne savais pas que vous étiez bénévole.
- Moi non plus avant ce matin, s'amusa-t-il.
- Dommage, s'amusa le blond.
- Oh non, c'était en fait assez sympa, rétorqua le brun. Je vous laisse vous installer. Nous avons des places tout devant à gauche si vous voulez vous mettre pas loin. »
Ils suivirent ses conseils et une demi-heure plus tard, la cour était bondée. Toutes les chaises étaient prises, sauf celle de Riza près de Roy. Elle était toujours dans les vestiaires et il se demanda si elle allait arriver à temps. Regardant la foule, Roy crut halluciner en voyant le Généralissime non loin. Elicia avait dut l'inviter un week-end où ils avaient mangé ensemble. Il sourit malgré lui. Puis, il la vit. Riza sortit discrètement des coulisses et descendit sur le côté de la scène, essoufflée. Il la trouva magnifique. Elle avait les joues rougies de sa course et avec sa robe crème épousant parfaitement les formes de son corps et ses petits talons, elle était sublime.
« Ouf, j'ai cru que je ne sortirai jamais des vestiaires, sourit-elle en s'asseyant à ses côtés.
- Moi non plus. Hum... l'équipe est arrivée et il y a ton grand-père aussi.
- Mon grand-père ? » s'étonna-t-elle en se tournant vers la foule.
Elle le repéra et vit également l'équipe, quelques rangs derrière.
Une voix dans le micro dirigea leur attention sur la scène. Enfin, le spectacle commençait.
Ce fut adorable, oui c'était le mot. Elicia était vraiment trop mignonne et ils n'eurent d'yeux que pour elle. Roy avait amené l'appareil photo de Maes qu'il avait gardé et la mitrailla du début à la fin, amusant Riza. Puis, à la fin du spectacle, Elicia se précipita vers eux en courant.
« Alors ?! s'exclama-t-elle tandis que Riza la soulevait dans ses bras.
- C'était incroyable », déclara Roy aussi emballé qu'elle.
L'équipe arriva, ainsi que Grumman.
« Vous avez aimé mon spectacle ? demanda Elicia avec un grand sourire.
- Oh oui, répondit le vieil homme. C'était très divertissant et tu as très bien dansé, Elicia. »
Elle fut ravie du compliment et l'équipe la félicita également. Ils avaient peut-être trouvé cela un peu long mais se gardèrent bien de lui dire.
Par contre, ils remarquèrent très bien le collier de Riza que l'échancrure de sa robe laissée voir, ainsi que leur air complice.
« Riza ? appela Julie en arrivant derrière eux. Désolée de vous couper, nous allons avoir besoin d'aide en coulisse. »
Riza opina et fit descendre Elicia.
« Est-ce que je peux aider également ? questionna Roy.
- Non, c'est gentil, merci... »
Puis, elle croisa le regard du Généralissime et rougit.
« Euh... Généralissime », salua-t-elle avant de disparaître suivie de Riza et Elicia.
Un gouter avait été prévu après ça et Roy croisa le regard des autres. Il sentait l'interrogatoire arriver.
Lorsque Riza les retrouva, une heure plus tard, Roy la prévint silencieusement. Elle comprit la situation et se sentit rougir en devenant le point de mire de l'attention.
« Alors... commença le Généralissime, comme ça, vous allez vous...
- Vous allez vous marier ! s'écria Fuery aux combles de la joie. Félicitations Lieutenant !
- Oh ! Euh... merci Fuery. »
Elle sourit et les félicitations fusèrent. Puis, elle croisa le regard larmoyant du vieil homme.
« Oh grand-père », fit-elle en le serrant dans ses bras.
Ému, il l'enlaça.
Ce fut un moment de joie comme ils y en avaient peu. Ils discutèrent un long moment puis aidèrent à ranger et alors que les choses se calmaient un peu. Roy retint discrètement Riza dans un des couloirs de l'école.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-elle, mutine.
Il sourit et l'embrassa.
« En fait, je me demandais. Nous pourrions inviter les gars ce soir et ton grand-père peut-être... Qu'en penses-tu ? »
Elle ouvrit de grands yeux et eut un léger sourire.
« Oui, pourquoi pas. Toi, tu as une idée de plat en tête. »
Son sourire s'agrandit et elle passa ses bras autour de son cou, pressant son corps contre le sien.
« Qu'est-ce que tu veux faire ? murmura-t-elle contre ses lèvres.
- Aha ! fit-il avant de l'embrasser, gardant la surprise.
- Mais ! » s'écria alors une petite voix,
Ils se séparèrent et retinrent leur sourire face à Elicia, mains sur les hanches.
« Vous vous faites tout le temps des bisous ! »
Ils rirent cette fois et Riza s'agenouilla devant elle. Elle embrassa sa joue et lui prit la main en se relevant.
« On t'en fait aussi, s'amusa-t-elle en prenant le chemin de la cour. Les rangements sont bientôt finis ? »
Elicia opina.
« Oui, Maitresse veut vous voir.
- Allons la trouver alors. »
Ils la repèrent dans la cour et Julie leur fit un grand sourire.
« Général, Lieutenant, merci pour tout ce que vous avez fait aujourd'hui. Vous nous avez été d'une grande aide.
- C'était avec plaisir, Julie, sourit Riza alors que Roy approuvait.
- N'hésitez pas si vous avez besoin à l'avenir », ajouta-t-il.
Julie leur promit et les remercia une nouvelle fois. Ensuite, ils rejoignirent l'équipe et Grumman et Roy les invita à dîner. Ils hésitèrent quelques secondes et finalement ce fut Riza qui les décida.
« Ce sera comme un repas de famille, dit-elle avec un clin d'œil alors qu'Elicia trépignait à ses côtés.
- Ok, céda Breda. Mais alors Black Hayate reste dans la cuisine.
- Ça marche », approuva Roy tandis que Riza retenait son rire.
Elle savait bien sûr que la cuisine était ouverte sur le salon.
Il fut conclu qu'ils se retrouveraient chez eux à dix-neuf heures trente, ce qui leur laissait deux heures pour préparer.
Roy cuisina la recette qui faisait généralement l'unanimité : un curry. C'était un curry végétarien qu'il accompagna de riz de manière classique. Il fit un plat à part avec beaucoup moins d'épices pour ceux qui n'aimeraient pas et se lançait dans la préparation des naans quand les premiers invités sonnèrent.
« J'y vais », fit Riza en sortant du couloir menant aux chambres.
Il l'observa passer et ne put s'empêcher de la détailler. Elle portait un pantalon crème taille haute et maintenu par une ceinture de même couleur. En haut, elle portait un débardeur noir avec un col roulé et près du corps. En chaussures, elle avait mis de petits talons et ses cheveux étaient tout simplement lâchés sur ses épaules.
« Bonsoir ! fit-elle en ouvrant à son grand-père.
- Oh Riza, tu es magnifique ma chérie.
- Merci grand-père. »
Elle le fit entrer et même pas cinq minutes plus tard, le reste de l'équipe arrivait. Elicia qui était en train de montrer ses dessins à Grumman les accueillit aussitôt. Breda grimaça en apercevant Hayate, assis juste devant ce qui pouvait être considéré comme l'entrée de la cuisine. Il grommela mais ne dit rien étant donné que le chien restait bien sagement à sa place.
La soirée fut une franche réussite et tous s'amusèrent. Ils discutèrent et jouèrent aux cartes jusque très tard. Elicia dormait dans les bras de Riza quand Grumman se leva.
« Je pense que je vais y aller. Je me fais vieux maintenant », fit-il d'un air las.
Sa petite-fille leva les yeux au ciel et confia Elicia à Roy. La petite marmonna mais resta endormie. Riza raccompagna Grumman et l'embrassa en lui souhaitant une bonne route.
« Merci Riza. Et merci pour ce soir. Je suis vraiment content pour vous deux. Profitez-en tant que je tiens les rênes », souffla-t-il avec un clin d'œil.
Riza opina, amusée, et referma la porte derrière lui. Roy qui en avait profité pour aller coucher Elicia, revint à cet instant.
« Tu ne sais pas si ce qu'il vient de me dire, fit-elle sur un ton bas pour que les gars n'entendent pas.
- Non », sourit-il en se rapprochant, l'enlaçant étroitement.
Elle passa ses bras autour de son cou et souffla à son oreille les dernières paroles de son grand-père. Roy pouffa et secoua la tête.
« Franchement, ton grand-père a toujours le mot qu'il faut.
- Eh oui. Il a raison, tu ne crois ? fit-elle en se hissant sur la pointe de pieds.
- Oui, ça se pourrait bien en effet. Tu es prête à devenir première dame d'Amestris ? »
Elle rit et nia farouchement.
« Pas du tout.
- Très bien, alors suivons exactement le conseil de ton grand-père. »
Elle opina cette fois-ci et ils s'embrassèrent. Des « oooohhh » excités se firent entendre et ils se séparèrent avec un sourire.
« Mais décidément, fit Roy, on ne peut jamais être tranquille. »
Cela fit rire tout le monde et Breda déclara que la partie reprenait. C'est qu'il était en train de gagner. Roy et Riza les rejoignirent et la soirée se poursuivit dans une ambiance chaleureuse.
Je poste l'épilogue tout de suite car il est vraiment court mais j'avais tout de même envie de l'écrire ;)
