Petit mot de l'auteure : ce texte a été écrit pour la 131e nuit du Fof sur le thème "désir". Bien sûr, j'ai pensé à la fameuse phrase de Lucifer, donc je comptais écrire un truc dessus. Oui. Mais.

Mais Nanthana m'a lancé sur le discord de l'enfer de Dante (venez c'est cool), un défi : cap ou pas cap de faire débarquer Lucifer à Westeros ? Du coup voilà.

Je sais pas s'il faut attendre grand chose de ce crossover. Il a été écrit en 40 minutes à minuit trente, donc bon... mais c'est quand même sympa, non ?


Être le diable n'était pas toujours de tout repos. Bien sûr, on était tout puissant, immortel, on possédait une prestance naturelle, tout ça était plutôt agréable. Mais tout de même, parfois, Lucifer avait l'impression de tourner en rond. L'enfer, c'était sympathique, avoir des milliards d'âmes sur qui passer ses nerfs était somme toute commode, mais au bout de quelques centaines de millions d'années, cela devenait assez barbant.

Qu'à cela ne tienne ! Lucifer avait besoin de changement, quelque chose d'un peu plus existant que deux ou trois tortures de-ci delà, alors il allait suivre ses désirs. Après tout, il était le diable, il pouvait bien faire ce qu'il voulait.

Bien. Prendre cette résolution était une chose, l'appliquer en était une autre. Où pouvait-il aller ?

C'est après un cours instant de réflexion que la destination lui apparue comme évidente : Port-Réal.

La capitale des Sept Couronnes était réellement un lieu de perdition. Tout là bas résumait bien la quintessence des travers de l'humanité : les innombrables complots politiques qui y prenaient naissance, les bordels à n'en plus finir, l'hypocrisie ambiante de l'élite... oui, Lucifer devrait pouvoir s'y amuser comme un petit fou.

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Lucifer ne s'amusait pas.

Pas du tout, même.

Pourtant, sa vie terrestre aurait dû être palpitante. Il avait appris tout élu domicile dans un charmant immeuble très bien situé et y avait ouvert un bordel qui fonctionnait du tonnerre – bon, ok, le sexe était une des activités préférées des humains (ce dont il ne pouvait absolument pas les blâmer), il ne se faisait donc guère de soucis pour faire fructifier son affaire, mais était tout de même fier de l'ensemble qu'il avait imaginé. Très sophistiqué, l'établissement se voulait un lieu de perdition classe et discret. En somme, le moyen idéal pour allier ses plus grands plaisirs : l'alcool, dont il raffolait décidément bien plus que de raison, le sexe, dont il pouvait dire la même chose, et faire admettre aux mortels leurs plus profonds désirs.

Certes, il n'était peut-être pas censé utiliser son pouvoir comme un passe-temps, mais c'était son pouvoir à lui merci bien, alors il estimait pouvoir en faire ce qu'il voulait.

Au début, cela avait été plutôt amusant, en effet. Voir ces humains admettre leurs plus grands fantasme – sexuels ou non – était souvent cocasse. Mais, alors que rien ne laissait le présager, la tendance s'était vite fait déprimante.

Tout avait commencé avec un nain.

Rien n'avait présagé que la situation serait différente avec ce client. Celui-ci était devenu à force un habitué, et Lucifer avait décidé de laisser parler son pouvoir, s'amusant déjà de ce que pourrait avouer comme fantasme le nain – peut-être répondrait-il quelque chose de prévisible comme « être grand », mais bon, c'était un risque à prendre.

Mais lorsqu'il demanda au petit homme son habituel « quel est ton désir le plus profond ? » celui-ci sortit quelque chose à laquelle Lucifer n'avait pas pensé un instant :

- Je voudrais que mon père et ma sœur m'aiment.

C'était... surprenant. Bon, pas inhabituel, le manque de reconnaissance familiale n'était après tout pas exceptionnel (et non, aucune petite voix n'était en train de lui dire qu'il était tout aussi concerné par ce besoin d'amour paternel). Mais la manière dont le nain enchaîna un monologue de 30 minutes sur son enfance et adolescence difficile, remplis de haines de la part de ses proches, et ce depuis qu'il avait tué sa mère à la naissance, et même que son père avait voulu le tuer et c'était ravisé au dernier moment, et comment sa sœur se moquait de lui et que personne ne le respectait à par son frère et...

Et Lucifer était le diable, il n'allait pas de laisser apitoyer par une histoire un peu triste.

Si il avait offert un verre de whisky au pauvre être en face de lui, c'était juste pour récompenser un client fidèle, c'est tout.

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La deuxième fois, il n'avait pas cette excuse.

Lorsqu'il avait vu cette grande femme blonde franchir les portes de son établissement, Lucifer en avait marqué un temps d'arrêt – il s'agissait là d'une très belle créature et, à en juger par le regard appréciateur qu'avait posé Maze sur elle, il n'était pas le seul à émettre ce jugement. La magnifique femme s'était alors approchée hautainement de lui, et avait demandé d'une voix teintée de mépris s'ils n'avaient pas vus son frère, un répugnant nain qui trainait souvent par là. Lucifer n'avait pu que faire le rapprochement avec son Tyrion (et non, il n'avait pas retenu son prénom parce qu'il avait pris l'habitude de parler avec lui autour d'un bon verre alcoolisé, mais parce que c'était un bon client, voilà tout). L'évidence surgit alors dans son esprit : il devait s'agit de Cersei, la reine de Westeros et surtout ce monstre sans cœur décrit par son am... client.

Il était le diable, il n'avait pas d'amis, excepté Maze.

Ce n'est ainsi pas du tout en ami qu'il se sentit pousser une once de colère envers la femme. Il ne la connaissait pas, mais n'avait pour ainsi dire pas du tout envie de la connaître avec ce que Tyrion lui en avait dit. Ainsi, lorsque Maze les quitta – non sans un dernier regard lourds de sens vers la blonde – Lucifer ne put résister à lui poser la fameuse question : quel est votre plus grand désir ?

Lorsque Tyrion descendit, cinq minutes après, il tomba sur sa sœur en train de pleurer sur un verre d'alcool.

Et non, Lucifer n'avait pas eu pitié d'elle et ne lui avait pas offert ce dit verre lorsqu'elle lui avait avoué qu'elle désirait plus que tout qu'on arrête de la regarder que pour ses cuisses et son ventre – ce qui avait commencé avec son père qui n'avait vu en elle qu'une machine à perpétuer la lignée et n'avait jamais pris en considération ses idées, ou bien son mari qui ne la considérait même pas comme une personne mais comme un exutoire dont il pouvait se servir à sa guise.

Alors certes, cette aventure avait eu pour conséquence bienheureuse de réunir maladroitement les deux frères et sœurs, mais quand même.

Lucifer était venu pour se détendre, pas pour prendre son aile démoniaque deux petits lionceaux abusés par la vie !

Et pourtant, il se trouvait là, le cœur alourdit par les confidences des deux blonds, et l'envie furieuse de les protéger envers et encore tout.

Et encore, il n'avait pas rencontré le troisième...


Est-ce que je shippe le Maze x Cersei et le Jaime x Lucifer maintenant ? Oui. Est-ce que je veux lire dessus ? Oui.

Je me fatigue moi-même. (mais mon anniv arrive dans un mois et deux jours... si vous avez besoin d'idées de cadeaux... *petit smiley aussi innocent que Lucifer*)