Au feu les pompiers.
Un rire hystérique vrille les oreilles de Stiles alors que sous ses yeux incrédules sa maison brûle.
Comme du bois dans une cheminée, dégageant des nuages de fumée dans des éclats de couleurs rougeoyantes.
Sa vie, ses meubles, ses cours, ses souvenirs rongé, dévorée par les flammes.
Au loin, une sirène accompagne le rire de psychopathe qui les entourent, des curieux ont ouvert leur porte avec une fascination morbide pour son malheur.
Son cœur menace de s'arrêter, alors que des larmes s'accumulent au coin de ses yeux, un poids d'une lourdeur incommensurable, la fatalité, s'écrase sur ses épaules. Une main se pose sur son bras, lui arrachant un glapissement de surprise et le rire horripilant s'éteint enfin.
Oh.
Oooh.
C'était donc lui qui riait comme un cinglé, putain de karma de merde !
- Est-ce que vous étiez à l'intérieur ?
- Hein ?
Les yeux de Stiles suit la hauteur des flammes, incapable de voir autre chose que cette destruction horrible de son chez lui.
- Est-ce que vous étiez à l'intérieur ?
- …
Incapable de répondre, de même comprendre la question tant son esprit reste focalisé sur la situation effrayante. Stiles n'arrive qu'à haussé les épaules.
La main sur son bras se raffermit, presque douloureuse et d'un mouvement sec, il se fait retourner comme un crêpe, faisant face à l'homme qui lui parle. Génial, il délire devant son voisin sexy alors que sa baraque brûle.
Ca faisait des mois qu'il cherchait le courage de se présenter à lui.
Karma. De. Merde.
- Hey… Est-ce que tu étais à l'intérieur ?
- Quoi ? Non… non… je viens de rentrer. J'étais chez mon père, qu'est-ce qui vient de se passer ? Qu'est-ce que je vais faire ? Oh merde, mes fringues, mes éditions limités, mes cours… qu'est-ce que je vais faire ? Mais comment est-ce qu'un feu a pu partir ? J'ai rien laissé sur la plaque, je le sais bordel ! Je vais faire comment, hein ?
L'homme regarde son voisin parler, vomir ses angoisses alors que le feu ravage son foyer, c'est comme si, il n'arrivait pas à croire ce qui lui arrivait. Comme si, son esprit ne voulait pas traiter cette information. Il pouvait comprendre cette impression, après que son ex folle à lier, ai tenté de brûler vive toute sa famille, il avait ressenti cette impression de ne plus être Maître de son destin. D'avoir l'impression que le monde avançait à une vitesse différente de la sienne, d'être englué dans un marasme visqueux, empoisonné et tétanisé.
Les pompiers s'activent autour d'eux alors qu'il offre son épaule à son voisin catatonique qui continue à déverser une litanie de mots sans queue ni tête. Une couverture se pose sur leurs épaules et d'un hochement de tête discret, il remercie le soldat du feu.
- Hey… j'ai besoin de ton téléphone… Stilinski, hey !
Il réessaie.
Encore. Et encore.
Rien.
Aucune réaction.
Juste des paroles faibles, étouffées par son épaule.
Au grand maux, les grands remèdes, d'une main, il palpe les poches de son voisin, après deux tentatives, il trouve enfin le smartphone avec une coque Batman, il grimace, lui qui est un fervent adepte des Marvels.
- Faite qu'il soit déverrouillé…
Une question apparaît quand il fait glisser son pouce sur l'écran tactile, "Quel est le sens de la vie ?". Avec un petit rire amusé, malgré la situation, il répond "0042". Il clique sur un contact en prenant une grande inspiration.
- Stiles, tu viens à peine de me quitter, qu'est-ce qui se passe encore ? Un problème avec ton voisin si sexy ? Il fait encore des tractions devant sa fenêtre, ce qui te distrait beaucoup trop ? Appelle Scott pour ce genre de chose et s'il n'est pas joignable dans ce cas, attend qu'il le soit !
- Heu… Monsieur Stilinski ?
- Qui êtes-vous ? Vous n'êtes pas mon fils !
- En effet, je suis Derek Hale, son voisin. Je précise, votre fils va bien, physiquement en tout cas… il est un peu en état de choc, c'est pourquoi j'appelle à sa place, il y a eu un soucis.
- D'accord… qu'est-ce qui se passe ?
- Sa maison a pris feu.
- Merde. J'arrive tout de suite.
Derek parvient à entendre le bruit des clefs à travers le téléphone ainsi que la porte qui claque fortement, pris dans la tornade d'inquiétude du père de Stiles.
- Monsieur Stilinski.
- Oui ?
- Ne roulez pas trop vite, Monsieur. On vous attends tranquillement et les pompiers sont en train de maîtriser le feu. Je m'occupe de Stiles en vous attendant, d'accord ?
- Bien. Je vous le confie, Monsieur Hale.
- Avec plaisir.
Le shérif raccroche avec l'impression d'avoir accordé la main de son fils. En haussant les épaules, parce qu'il a d'autre sujet d'inquiétude en tête, John démarre et s'insère dans la circulation, en direction de la maison de son fils.
Derek verrouille son téléphone et reporte son attention sur son adorable voisin qui continue de bégayer sur tout et n'importe quoi.
- Stiles ? Ton père arrive, je l'ai appelé…
Au vue de la conversation, il pense qu'il a le droit de l'appeler par son prénom. Apparement, faire des tractions à moitié nu pour attirer l'attention de son voisin sensuel fonctionne, quoi qu'en pense ses soeurs.
- Hein ?
Donc la mention "son père arrive", réussi à attirer l'attention du jeune homme malgré la panique. Bon à savoir.
- Ton père arrive. Je lui ai dit de faire attention sur la route et que tu étais entre de bonne main.
Stiles hôche la tête, incapable de soutenir le regard de son voisin. Des mois qu'il souhaitait trouver le courage de parler à son voisin si sexy et maintenant… maintenant, il était là pathétique, les épaules voûtées avec une très forte envie de pleurer toutes les larmes de son corps.
- Merci beaucoup. Je suis désolé de t'accaparer ainsi, tu as sans doute mieux à faire. Je suis désolé.
Et voilà.
Les larmes coulent, sans qu'il puisse les retenir.
Stiles sanglote en tentant de faire le moins de bruit possible, les mains contre sa bouche.
- Stiles… c'est bon. Je suis là parce que je le veux, d'accord ? Parce que tu as besoin de soutien, parce que ce qui se passe, ce n'est pas rien. Je reste à tes côtés jusqu'à ce que tu en ais marre de moi.
Derek manipule Stiles d'une traction habile, comme s'il ne pesait rien et il se retrouve avec son voisin dans les bras, ses genoux de part et d'autre de ses hanche, par terre. Il les enroule tout le deux dans la couverture chauffante alors que le fils du shérif sanglote contre son cou.
- Ça va aller. Pleure, on trouvera une solution d'accord ? Ton père va arriver, ça ne sera pas parfait, loin de là mais, tu seras indemnisé, l'assurance te relogera ou alors on cohabitera, on trouvera une solution ensemble… tu vas t'en remettre. Je suis là avec toi, on trouvera des solutions ensemble…
Derek continu de parler, de rassurer et de faire des promesses qui attise l'espoir de Stiles, qui se calme contre lui.
Qu'importe l'avenir, ils seront deux à l'affronter.
