Lara

Pour la première fois depuis qu'il sortait avec Derek, Stiles se retrouvait seul avec la fille de son petit ami, Lara . Une adorable fillette de 5 ans, aux cheveux noirs bouclés, de grand yeux d'un vert presque surnaturel qui ne semblait pas très heureuse de sa présence.

Qu'on soit clair, il adorait les enfants et ces derniers le lui rendaient bien, mais c'était Lara, la fille et la prunelle des yeux de l'homme de sa vie. Stiles voulait faire bonne impression auprès de l'enfant, elle semblait sur la défensive, un peu défiante et timide. Comme si, elle s'attendait au pire venant de sa part, alors qu'il l'adorait littéralement. Quand son homme avait jugé qu'il était temps qu'ils se rencontrent, Stiles avait eu le coup de foudre. Elle ressemblait en tout point à son père et pas seulement, du haut de cinq années, elle se déplaçait avec grâce avec des manières assez élégantes, même quand elle mangeait avec les doigts et s'en mettait partout. Il pouvait regarder Lara pendant des heures, tant elle était adorable. Vive, intelligente, curieuse, adorablement polie et quand elle est avec son père, Lara rayonnait littéralement. Dans ces moments, quand Derek et Lara sont ensembles, souriants, jouant, Stiles sentait l'évidence prendre place en son coeur. C'est là qu'était sa place, avec ces deux êtres extraordinaires.

Ce matin, un peu dans le brouillard, il était entré dans le salon, alors que la petite regardait les dessins animés à la télévision emmitouflée dans le plaid du canapé. Ses doigts s'étaient instinctivement glissé dans les boucles noires alors qu'il lui embrassait le front. Le petit corps qui se tendit, brisant légèrement le coeur de Stiles, qui souffla de dépit.

- Bonjour Princesse. Est-ce que tu as mangé quelque chose ?

L'enfant secoue négativement la tête.

- Okay. Est-ce que des pancakes t'iraient ?

- Oui s'il te plaît.

- Tu veux les faire avec moi ?

Les deux orbes vertes pleines d'innocence et d'envie se tournent vers lui.

- Je peux ?

- Bien sûr Princesse, si je le propose. Allez viens…

Lara saute du canapé, ses petits pieds sur le carrelage froid donne des frissons à Stiles qui grimace.

- Lara, tes chaussons, tu vas attraper froid et ton père va me tuer.

La petite s'arrête de marcher, le corps légèrement tremblant et Stiles accourt auprès d'elle, s'accroupit la mine inquiète.

- Ma puce ? Qu'est-ce qui se passe ? Dis-moi.

D'une main légère, il écarte les cheveux des yeux de Lara mais cette dernière refuse obstinément de le regarder dans les yeux.

- Princesse ?

- Est-ce que si je suis gentille, tu ne me mettra pas… en… pas chez papa ?

Le jeune homme fronce les sourcils, qu'est-ce que ça veut dire ?

- Quoi ?

- L'autre amoureuse de papa, elle…

- Lara ma douce, je t'arrête tout de suite, je ne suis pas cette femme, d'accord ?

La petite hôche la tête doucement, le regard toujours baissé.

- Ecoute, je vais te dire un secret, est-ce que tu aimerais l'entendre ?

La tête de Lara se relève, les yeux curieux avec un petit sourire. Parler de secret a un enfant, et il se retrouve presque tout le temps intéressé. Cette petite était vraiment adorable.

- Je t'aime Princesse. La première fois que je t'ai vue, je t'ai aimé, d'accord ? Et jamais, jamais je t'éloignerais de ton père. Et j'espère qu'un jour, tu me verras comme l'un de tes parents.

- A la place de Maman ?

- Non, Princesse. Le coeur, c'est un organe magique, tu sais. Il y a tellement de place à l'intérieur, j'espère que tu m'y fera un peu de place. Je ne remplacerais jamais ta maman… Je t'aiderais même à la connaître quand tu en auras envie, d'accord ?

La petite contemple Stiles avec espoir et chaleur, cette réaction lui donne envie de pleurer de bonheur.

- Stiles, t'aime...

- Je te promet de toujours être là pour toi, ma Lara.

La petite se jette dans ses bras pour un énorme câlin, le premier d'une longue lignée et Stiles est le plus heureux des hommes.

- Stiles… j'ai faim.

C'est en riant qu'ils partent à l'assaut de la cuisine.

Quand Derek rentre de son footing, un sac de viennoiserie dans les mains pour offrir un petit déjeuner au lit à son homme, il le trouve sur le canapé avec sa fille contre lui. Ils sont tous les deux allongés, enroulés dans la couverture, dormant paisiblement.

Derek pose son offrande sur la table basse et sort son téléphone pour immortaliser le tableau le plus mignon qu'il n'ait jamais vue.

La boîte à bijoux dans sa poche de jogging se fait plus lourde et se rappelle à lui. Comme si, elle était pressée de se retrouver autour du doigt de Stiles.