Bal des pompiers.

Tirant sur les manches de sa veste, Stiles regarde la foule qui ondule sur la piste de danse, tous porte un masque pour le bal des Pompiers de Beacon Hills.

En temps que fils du Shérif, on pourrait penser qu'il y avait assisté tous les ans, qu'il était rôdé par tout ce monde, toute cette agitation, seulement, il n'avait jamais osé y assister.

Au début, dans ses jeunes années, il n'était pas intéressé, jusqu'à l'intervention au collège, lorsqu'il avait treize, quatorze ans. Il s'est découvert un embarrassant secret. L'uniforme. Et au passage, son homosexualité avait pointé le bout de son nez.

Surprise.

Cette année était différente, il avait besoin de décompresser, une semaine que son derniers partiel était fini, ne restait que le stress dans l'attente des résultats.

Il avait à peine eu la force de conduire jusqu'à chez lui, ses affaires dans le coffre de sa jeep et il s'était écroulé dans son lit d'adolescent. Jusqu'à ce soir, il avait hiberné dans sa chambre, grognant, baillant et avec une hygiène sommaire, ce qui avait profondément irrité et dégoûté son père.

Son paternel l'avait poussé sous la douche puis traîné dans un magasin pour une tenue décente pour le bal des Pompiers, parce que pour une fois, il n'allait pas y aller seul et puisqu'il était là, autant qu'il serve à autre chose qu'à ressembler à une larve gémissante.

Le voilà donc à la caserne des pompiers, avec un jean noir ceintré qui flatte ses fesses à la perfection, une chemise rouge tirant sur le bordeau sur les épaule, les deux boutons du haut ouvert sur la naissance de la clavicule et les manches retroussées juste au-dessus des coudes. Une cravate noir, lâche, savamment négligé autour du cou, soulignant ses grains de beauté et un masque couvre son idendité dans un flamboyant dégradé d'orange jusqu'au rouge bordeau, mettant en valeur ses orbes whisky.

- Allez fiston, va danser !

Stiles grimace alors qu'il contemple son père dans un smoking noir et gris, magnifiquement élégant. Son père est vraiment sublime, son masque est simple, sobre, et met ses incroyable yeux en valeur.

Depuis quand son paternel a ce genre de fringue dans son armoire ?

- Depuis quand tu as ce genre de fringue dans ta penderie Pa' ?

- Ne change pas de sujet, fils.

- De nous deux, c'est toi qui change de sujet Papa ! Alors, depuis quand as-tu besoin d'un smoking ?

- Je…

Oh.

Oh oh !

Son père bafouille d'embarras et Stiles sourit, tel un chasseur ayant repéré une proie.

- Papa… dis-tout à ton fils préféré.

- Je n'ai pas souvenance d'avoir d'autres enfants.

- Détail Papa ! Détail ! Alors dis-moi tout !

Stiles regarde son père prendre une gorgée de sa boisson dans l'espoir vain de gagner un peu de temps ou alors d'avoir un peu de courage.

Le Shérif se racle la gorge.

- Il se pourrait que je vois quelqu'un.

- Pourrait ?

- On a déjà eu quelques rendez-vous, mais, rien… hum.. d'excitant ?

- Attends… qu'est-ce que tu entends par "rien d'excitant" ? Vous mangez, parlez et c'est tout ?

John Stilinski rougit et Stiles se mord fermement la lèvre pour combattre l'envie de le prendre en photo, on ne fait pas de dossier sur son père. Même si, c'est très tentant.

- Non… non… On s'est embrassé, quelques fois, enfin beaucoup de fois mais rien de plus… élaborer, tu vois ? Et pourquoi est-ce que je te parle de ma vie sexuelle ? C'est moi le père ici.

- Mais oui… mais oui. Vous voyez depuis combien de temps ? Pourquoi est-ce que tu me le dis que maintenant ?

- Quelques mois, Stiles. Et je ne t'en ai pas parlé parce que… j'ai un peu de mal à m'y faire, à m'y habituer.

Stiles prend le temps d'analyser la phrase de son père, essayant de comprendre ce qu'il ne dit pas.

- Parce que ce n'est pas Maman ou parce que… cela fait un moment ?

Son père rougit et ça vaut vraiment le coup d'oeil.

- Je… parce que ça fait un moment. Ta mère, je…

- Tu l'aimes toujours mais tu as tourné la page ?

- Oui. Est-ce que tu es d'accord avec ça ?

Stiles sourit tendrement à son père, heureux qu'il trouve quelqu'un qui puisse prendre soin de lui quand il prendra son indépendance et avancera dans la vie.

- Papa, je t'aime, je veux ton bonheur. Quand me la présentes-tu ?

- Hey bien…

- Bonsoir John.

La voix suave fait rougir le Shérif alors que Stiles détaille le nouvel arrivant. L'homme est grand, longiligne avec clairement des muscles finement définis et des épaules solides, un maintien droit, presque rigide, voir arrogant. Un costume de créateur, d'un gris presque noir flatte la silhouette avantageuse.

Un sourire suffisant aux lèvres, l'une de grandes mains du nouvel arrivant glisse lentement le long de la hanche, s'échoue au bas des reins du Shérif, possessif. Stiles hausse un sourcil sous son masque.

- Comment as-tu su que c'était moi ?

- Je reconnaîtrait tes fesses n'importe où John. Est-ce que cet Ephèbe t'ennui ?

Stiles remarque la façon dont l'arrivant savoure le prénom de son père, c'est chaud et affectueux. Et ça compense clairement la remarque sur le fessier de son paternel, il avait des limites.

John soupire de dépit.

- Dans la mesure où ce jeune homme est mon fils, Peter, il ne me dérange pas.

Peter regarde Stiles attentivement alors qu'une grimace contrite tord sa bouche.

- J'ai mis les pieds dans le plat, hein ? Je suis désolé. Peter Hale, je suis ravi de te rencontrer enfin Stiles, même si…

- Tu aurais préféré ne pas faire de commentaire sur les fesses de mon père devant moi ?

- Par exemple.

Stiles serre la main de Peter en souriant. La poigne est sûre, la mains douce et le sourire sincère.

- Par contre, je prend le compliment avec plaisir, c'est la première fois qu'on me qualifie d'Ephèbe.

- Je t'en prie. Les chats ne font clairement pas des chiens… ton père devait être sac...

- STOP

- STOP

Les deux hurlement font rire Peter et retourner quelques têtes vers le trio.

- J'ai rien dit. J'ai rien dit.

- Bon, je vais faire peur aux danseurs en m'incrustant sur la piste, profitez de la soirée tous les deux.

- Tu peux rester Stiles, tu ne nous dérange pas.

- Hors de question de tenir la chandelle. Je vous laisse…

- Stiles, tu…

- Papa, tout va très bien, profite d'accord ? On apprendra à se connaître autour d'un dîné en famille.

Son père l'enlace doucement en frottant son dos.

- D'accord, je t'aime fiston.

- Je t'aime aussi Papa.

Stiles s'éloigne du couple en sifflotant, son père avance, rencontre du monde, refait sa vie. Et c'est un poids en moins sur ses épaules, parce qu'il aura quelqu'un quand il rentrera tard le soir après une journée difficile. Un homme qui veillera à ce qu'il mange sainement.

Heureux pour son père, Stiles prend place au milieu de la foule, ondulant des hanches, les bras au-dessus de la tête, sans trop les bouger pour éviter de faire des blessés.

Les yeux fermés, inconscients des autres, il relâche la pression, bougeant à son rythme sur celui de la musique qui pulse par les baffles. C'est différent des autres, plus nerveux, saccadés mais Stiles s'en fiche, personne ne sait qui se cache derrière son masque.

Il profite simplement du moment.

Deux mains larges, clairement masculine se pose sur ses hanches fines, alors qu'un torse musclé se coule contre son dos, pour lui faire prendre un rythme plus lent, sensuel. Une voix grave et basse quémande une autorisation dans son oreille, son souffle offre une onde frissonnante à sa peau, soudainement surchauffée.

- Puis-je ?

Oh putain.

Sexy.

Stiles déglutit difficilement en hochant la tête, incapable de répondre verbalement.

Le torse de l'homme tressaute contre son dos, ce qui lui arrache un froncement de sourcil.

- Merci.

- Hein ?

Incroyablement intelligent Stiles.

- Tu as dit que c'était sexy.

- Merde. J'ai pensé à voix haute ? La honte…

Stiles tourne légèrement la tête pour rencontré une mâchoire carré avec une magnifique barbe de trois jours, une lèvres inférieur légèrement plus charnue que celle du dessus, qui donne envie à Stiles de la mordiller jusqu'à ce qu'elle soit rouge, gonflé et humide.

- C'est mignon.

- Je suis tout sauf mignon, Bear-man !

Les lèvres s'allongent pour créer un sourire qui dévoile d'adorable dents de lapin. Trop mignon.

- Tu l'es, crois-moi.

- Ne nous engueulons pas Bear-man et dansons l'un contre l'autre.

L'homme sourit, ses yeux à la couleur indéfinissable parcourent son visage masqué avant de plonger son nez dans le cou de l'universitaire, il frissonne de plaisir. Son sang bouillonne sous le souffle chaud contre sa jugulaire.

Leurs corps ondulent l'un contre l'autre, sans être trop indécents. Ils créent leur propre rythme, mélopée alors qu'une musique électro fait délirer la foule autour d'eux. L'illustre inconnu colle son bassin contre le fessier rebondi de Stiles qui gémit silencieusement. La chaleur entre eux devient incandescente, leur souffle s'accélèrent.

Le jeune homme a toujours rêvé d'avoir ce genre de danse, où le monde disparaît, où rien d'autre ne compterait que leurs corps imbriqués l'un contre l'autre comme unique île. Une sensualité et une grâce qui rendrait jaloux les spectateurs. Et c'était ce que son cavalier lui offrait.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin et Stiles est d'une curiosité maladive. Il se retourne dans les bras de son partenaire, ses mains glissent lentement en bas du dos de l'homme maintenant en face de lui. Un sourire immense fleuri sur ses lèvres alors qu'il contemple, le torse musclé et les épaules larges étirer sensuellement un pull Henley gris perle lumineux. Séduisant.

Sexy.

Jackpot.

C'était quoi ce corps d'Apollon ? Ses yeux plongent dans les orbes aux couleurs changeantes, un sourire mi-incrédule et mi-ravi aux lèvres.

- Bonsoir.

Un sourire prend place sur le visage de son inconnu, dévoilant une minuscule fossette sur sa joue droite et Stiles fond complètement de l'intérieur.

- Bonsoir.

- Puisse-je savoir ce qui t'a décidé à danser avec moi ?

- Parce que j'en avais envie ?

Stiles lève les yeux au ciel mais un sourire amusé étire ses lèvres.

- Oh, s'il te plaît. Ce que je demande, c'est pourquoi, parmis toute la foule présente, homme et femme confondus, c'est le type louche qui danse comme un débile que tu choisis.

Stiles maudit le port du masque un instant,puisqu'il lui est impossible de lire la réaction de son cavalier.

- Tu es bien mieux que tout ceux qui sont là. Tu dansais seul, dans ton univers, tellement sexy… Je n'ai pas pu résister à ton appel.

Stiles rougit furieusement sous le compliment, sexy n'est pas vraiment le terme qu'on utilise pour le désigner habituellement.

- Sexy ? On ne m'a jamais décrit ainsi, drôle, adorable, chiant, envahissant,

curieux, bizarre, nerd… oui, mais, sexy ? Tu es le premier.

Premier "Sexy", premier "Éphèbe". Ca remonte l'égo de Stiles, c'est une excellente soirée.

L'homme séduisant hausse les épaules en souriant doucement.

- Des idiots. Je préfère me faire ma propre opinion.

- Je ne suis pas bon danseur, non plus. Les autres ne risquent pas de te marcher sur les pieds.

- Ne t'inquiète pas pour mes orteils, bien que tu sembles aussi léger qu'une brise, j'ai des chaussures de sécurité.

- Des chaussures de…

L'étudiant s'écarte légèrement de son cavalier afin de regarder les pieds de ce dernier. Des bottes montantes noires, ignifugée sur un pantalon de même couleur avec des bandes réfléchissantes grises sur le côté, remontant jusqu'au hanches.

Stiles relève rapidement la tête, sa nuque craque douloureusement sous la sollicitation trop vive.

- Tu es pompier.

- On est dans une caserne.

- Fais ton malin, Sherlock !

Le-dit Sherlock glousse. C'est un son tellement mignon pour un gabarit comme ça, que Stiles commence presque à faire des projets d'avenir a deux.

Il vient de trouver un homme visiblement très sexy, ouvertement gay -peut-être bi, à la rigueur-. Un homme qui ne s'est pas enfui quand il l'a vue danser, il est même aller vers lui et il est pompier.

Pourquoi n'est-il pas allez à ce bal plus tôt ?

- Est-ce que ça pose un problème ?

- Non… non aucun.

- Vraiment ?

- C'est assez embarrassant pour que je n'en parle pas tout de suite avec un homme que je viens tout juste de rencontrer. Je suis hyperactif, c'est déjà un point assez effrayant, pas besoin de parler de mes autres travers tout de suite… Et comme, tu peux l'entendre et le voir, je parle beaucoup mais genre tout le temps, même quand je dors d'après mon père et Scotty-boy, Allison à dit un truc dessus quand j'ai squatté son canapé lors de son anniversaire et bizarrement, j'ai un trou de mémoire, je me suis réveillé habillé mais mon caleçon s'est fait la malle, mon préféré en plus, une édition limité de Batman, est-ce que tu te rends com…

Un éclat de rire arrête sa diatribe enflammée et ses mouvements de mains alors qu'il contemple son cavalier rire, la tête rejetée en arrière et ses mains toujours agrippée à ses hanches. Stiles fait la moue, pas sûr d'être ravie d'être le centre de l'hilarité de l'Apollon même s'il est extrêmement sexy.

- Ravi de te faire rire !

- Pardon. Mais tu es tellement adorable à babiller ainsi…

- Si tu le dis…

L'étudiant s'éloigne rapidement de la piste, suivie par son cavalier qui continue de gloussé peu discrètement.

- Est-ce tu veux boire quelque chose Monsieur le Pompier ?

- Un coca, Mystérieux Jeune Homme, je suis d'astreinte.

- Oh ! Toujours prêt !

- Quelque chose comme ça…

Stiles attire l'attention du barman d'un mouvement de main en souriant doucement alors que le Pompier respire contre son oreille. Son corps frissonne de plaisir.

- Bonsoir. Deux verres de coca-cola s'il vous plaît.

- Tout de suite.

- DEREK ! Tu t'amuses bien apparemment ! Qui est la charmante petite chose avec toi ?

Un grognement s'échoue contre sa peau avant que la chaleur de son cavalier, Derek, s'éloigne pour faire face au nouveau venu.

- Je m'amusais jusqu'à ce que tu interviennes, Shawn.

- Allez mec, pour une fois que tu souris depuis l'autre… j'ai le droit de faire un commentaire.

Stiles se retourne, les deux verres en mains et contemple le nouvel arrivant. Un homme grand, plus que Derek d'une tête, le tronc et les bras large, presque trop pour être naturel et des jambes fines moulées dans un pantalon de pompier. C'était une combinaison étrange, et le faite qu'il l'ai réduit à une petite chose fragile lui restait en travers de la gorge.

- Maintenant que tu l'as fait, retourne danser.

- Les Hale. Vous n'êtes vraiment pas drôle ! Pour info, ton oncle est là avec son petit-ami le Shérif… Si un jour, on m'avais dit que Peter Hale tomberais amoureux. C'est la meilleur de l'année.

Stiles se tourne vers Derek, les yeux ronds alors que Shawn disparaît, avalé par la foule, sa tête bougeant de droite à gauche d'incrédulité.

- Tu es le neveu de Peter Hale ?

Stiles retire son masque après que Derek lui ai pris son verre des mains, y trempant ses lèvres en ne le lâchant pas du regard.

- Tu connais mon oncle ?

- Nous nous sommes croisés brièvement. Je connais son copain, c'est mon père.

- Tu es Stiles… j'ai beaucoup entendu parler de toi !

L'hyperactif grimace, gêné. Son père a de nombreuse chose a dire à son sujet, toutes pas très flatteuses.

- Je n'ai plus aucune chance, pour t'impressionner, n'est-ce pas ? C'était déjà étonnant d'avoir attiré ton attention mais là… avec mon père, je n'imagine même pas le nombre de chose embarrassantes qu'il a p…

- Stiles…

- Oui ?

- Au contraire, tu me plais encore plus.

Stiles reste bouche bée un cours instant, le temps que l'information soit traitée, assimilée et totalement comprise. Une chanson triomphante prend vie dans son cerveau hyperactif, parcourant ses membres, ses muscles, ses organes et pour finalement faire vibrer son coeur. Un sourire éblouissant fait pétiller ses yeux.

- Parfait. Parce que tu me plais aussi, Sexy ! J'ai des choses a rattraper, vue tout ce que mon père a pu te raconter, mais, ce sera pendant notre premier rendez-vous, ce soir, c'est pelotage en règle alors si nous trouvions un endroit obscure pour éviter l'arrestation pour attentat à la pudeur ?

Un sourire plus petit répond à Stiles alors que les pupilles noires mangent la couleur des yeux de Derek.

- Suis-moi, je connais l'endroit idéal !

Stiles explose littéralement de joie avec un rire tonitruant alors qu'il se fait entraîner, main dans la main, par un pompier incandescent.