Chapitre 1

Quand elle était petite, sa maman lui disait souvent que les monstres n'existaient pas. Mais il y en a.

Ses parents se sont rencontré à Paris, à l'université. Son père, Pierre Riveers était un brillant étudiant en droit, tout comme son père et grand père avant lui, il voulait devenir détective, sa mère quand à elle, Isabella Nicoles, était une passionnée d'histoire et souhaitait enseigner dans cette matière. Ils étaient fait pour être ensemble. Lui, avec sa silhouette athlétique, ses yeux verts, riant de malice et ses cheveux ébènes désordonnés avait tout de suite séduit sa mère, qui elle, petite, cheveux roux, yeux noisettes, un sourire qui débordait de joie, tous deux formaient un magnifique couple.

Le parfait couple d'étudiant modèle.

Ils se sont marié juste après l'obtention de leur diplôme et on commencé une vie tranquille.

Quand Jessica est arrivée, sa mère à abandonnée son travail pour s'occuper d'elle. Elle est née à Chambéry, plus précisément, en Savoie, ou elle eut une enfance des plus heureuse. Jessica avait très peu d'amis et préférait de loin discuter avec les animaux de fermes qu'elle s'occupait tous les matins avant d'aller à l'école.

Si son père avait était déçu de ne pas avoir eut de fils, il se consola très vite en découvrant ses talents. Sa mère avait tout de suite remarqué qu'elle était plus intelligente et vive que les autres enfants et en fut très fière. Jessica était la fierté de ses parents, le petit bijoux de la famille.

Jessica avait une telle facilité à l'école, elle apprit très vite à lire et a écrire. En plus d'être intelligente, elle possédait une gentillesse et douceur sans borne, bien qu'elle se faisait tout le temps rejetée des autres, la trouvant trop " différente "

Jessica n'avait qu'une seule et vraie amie. Agatha, une fille, qui comme elle, subissait les rejets et moqueries des autres. elles se sont connues a l'age de 10 ans et ce fut Jessica qui alla à sa rencontre lorsqu'elle se cachait dans les toilettes pour pleurer.

Depuis, elles ne se sont jamais plus quittées, supportant ensemble la méchanceté des autres.

Un soir, un terrible soir, alors qu'elle regardait l'extérieur, observant la neige qui tombait lentement, couvrant au passage tous les toits des maisons, elle entendit des bruits qui provenaient du salon, elle reconnu ceux de sa tante et quitta la fenêtre pour aller voir ce qu'il lui prenait.

Cette dernière la pris brusquement dans les bras, elle pleurait à chaudes l'armes. Pourquoi pleurait-elle ? Se demanda-t-elle. C'est alors qu'elle apprit, dans la plus grande surprise et tristesse, que ses parents ne reviendront jamais. Jessica avait tout juste 8 ans.

Il n'y avait rien de pire pour une enfant d'apprendre la mort de ses parents. Jessica fut inconsolable pendant des semaines voir des mois, réclamant sans cesse leur présence. Mais jamais plus ils ne reviendront, et elle le savait. Elle fut élevée par sa tante et vers ses 15 ans, elle fut contrainte de se debrouiller seule, lorsque cette dernière fut à son tour tuée. Jessica n'avait plus aucun membres de famille. Tous tués. Elle était seule.

Les monstres existaient vraiment.

5 ans plus tard.

- Allez, dépêche-toi, où on va être en retard ! S'exclama Agatha qui attacha sa magnifique chevulure blonde en un beau chignon avant de se regarder une dernière fois devant le miroir.

De son côté, Jessica terminait d'enfiler ses chaussures et reajusta sa jupe haute de couleur noir et sa chemise rose saumon.

Ce soir, elles sortaient fêter leur diplôme, elle en tant que détective et sa meilleure amie, dans la médecine. La soirée était bien arrosée, le champagne coulait à flot, Jessica, n'ayant pas l'habitude de boire, était complètement ivre, ce qui faisait beaucoup rire sa meilleure amie qui tenait plus facilement l'alcool.

Depuis qu'elle vivait à Paris, en colocation avec Agatha, sa vie n'était que mouvementé, une vie bien différente que ce qu'elle avait connue lorsqu'elle vivait en campagne avec son troupeau. Par moment, la Savoie lui manquait terriblement, mais elle savait qu'elle ne pouvait pas revenir. Cela lui rappelerait trop de souvenirs, aussi bons que douloureux...

- Dis-moi, Agatha, souffla Jessica, tournant d'un geste souple et gracieux la page de son livre. Que dirais-tu de vivre aux USA ?

Cette dernière manqua de peu de s'étouffer avec les chips qu'elle grignotait, puis rigola.

-Pourquoi cette question ?!

Jessica remit ses cheveux rouges en place, et de ses yeux émeraude, elle regarda son amie avec un petit sourire.

- Je ne sais pas, quelque chose me dit d'y aller.

La blonde rigola une nouvelle fois, et s'installa près d'elle, sur le lit.

- Tu es folle tu le sais ça au moins ?

Cette dernière approuva et s'installa devant son écran ou quelque chose attira son attention. Elle plissa légèrement les yeux et ouvrit doucement la bouche. Ses mains pianotant son clavier, elle ne quittait pas l'écran des yeux.

Elle clignota des yeux et s'enfonça un peu plus sur sa chaise.

- Que se passe-t-il ? Demanda sa meilleure amie.

Jessica mit un long moment avant de répondre.

- On a retrouvé deux femmes mortes non loin de chez nous. Cela date de ce matin.

Sa voix se voulait presque tremblante.

- Oui, j'en ai entendu parler, apparemment elles se sont faites dévorer par une bête. Sûrement la même bête qui a tué les trois mecs dans la gare.

- Une bête ? Souffla la seconde, pensive. Une bête...

Elle quitta son écran et rejoignit son amie qui grignotait toujours.

- Je ne suis pas sûre qu'il s'agisse d'une simple bête, mais plutôt... Elle ferma brièvement les yeux et soupira.

Elle devait garder les pieds sur terre.

- Mais plutôt ?!

-Non, laisse tomber. Je suis épuisée, bonne nuit Agahta.

Son amie l'observa un long moment avant de fermer à son tour les yeux.

Alors qu'elles dormaient paisiblement, la fenêtre de leur chambre s'ouvrit lentement, laissant entrer un courant d'air frai qui soulevait légèrement la chemisette de Jessica. La soie noire qui caressait sa peau semblable à celle d'une porcelaine faisait sourire l'observateur, et d'un geste des plus délicat, effleura sa joue du bout de ses doigts. Elle ouvrit brusquement les yeux, ses magnifiques émeraudes ornés de long cils bien noirs, et poussa un petit soufflement qui se voulait presque inquiet.

Il n'y avait personne. Hormis sa meilleure amie, il n'y avait personne. Elle avait sûrement rêvée.

Elle se rendormit presque aussitôt.

A suivre !