Coucou tout le monde ! Merci beaucoup pour vos commentaires encourageants et vraiment sympathiques ^^ ! J'ai eu mille misères pour vous poster le chapitre 2, j'espère que le 3 aura plus de chance… Bonne lecture :)
Harry rouvrit les yeux, le cœur au bord des lèvres. Il avait la désagréable sensation que son estomac venait de faire un tour de manège express. Il porta la main à son ventre et lâcha sa valise.
— Prenez une seconde, murmura Rogue.
Harry inspira profondément à plusieurs reprises et la sensation disparut presque aussi vite qu'elle n'était apparue. Il releva les yeux vers son professeur dont les iris noires le scrutaient.
— Transplaner pour la première fois sans vomir, bel effort, Potter.
Harry ne put cacher sa surprise face à cette remarque, mais il demeura muet.
— Suivez-moi, ajouta-t-il en se mettant en marche.
Le jeune sorcier se soucia enfin du lieu où il avait atterri. Il se trouvait dans un grand salon. Une immense cheminée habillait la pièce. Devant elle, un canapé vert foncé et une table en verre. Les fenêtres, hautes, mais peu larges, étaient cachées par d'épais et lourds rideaux sombres. La porte d'entrée était à l'opposé de la cheminée. Un escalier se fondait dans l'ombre d'une bibliothèque vertigineuse. Harry repéra deux portes closes et Severus Rogue se tenait devant l'une d'elle, les mains jointes, le regard sévère.
— Si me faire attendre est une idée d'habitude qui vous traverse l'esprit, je vous conseille de la chasser.
Harry ne put retenir un regard noir, mais il saisit la hanse de sa valise pour rejoindre son professeur.
— Laissez ça là pour le moment. Nous allons faire le tour du propriétaire.
Harry acquiesça et abandonna donc sa valise, tout en gardant son sac à dos à l'épaule. Rogue poussa la première porte, celle qui se situait tout au fond du salon.
Lorsque le Survivant passa son palier, il crut un instant être de retour à Poudlard, dans les cachots.
— Un laboratoire de Potions ? ne put-il s'empêcher de s'étonner.
— Excellent sens de la déduction.
La voix monocorde de Rogue le poussa à détourner les yeux des chaudrons et étagères d'ingrédients.
— Ici, vous l'aurez deviné, c'est mon bureau. C'est le lieu où je passe le plus de temps dans le manoir. Là où vous me trouverez le plus souvent en conséquence. Au cas où vous en douteriez, vous n'êtes pas autorisé à vous servir, que ce soit en ingrédients comme en potions.
Harry acquiesça avant de reporter son attention sur l'espace devant lui.
— Une réponse lorsque je vous parle serait trop espérer ?
Pris au dépourvu, Harry releva les yeux vers Rogue qui semblait le condamner de la pire des fautes. Harry haussa légèrement les épaules.
— J'ai acquiescé, se défendit-il aimablement.
— Et cela vous semble être la meilleure réponse qu'un disciple puisse donner à son maître ?
Le jeune sorcier détourna quelques secondes les yeux, mal à l'aise. Puis il se força à encrer de nouveau son regard dans celui de son professeur.
— Sans doute, murmura-t-il.
À sa grande surprise, Rogue soupira bruyamment avant de replacer ses mains dans son dos.
— Avec vous je savais que nous partions de loin, mais à ce point ? Suivez-moi.
Il fit dès lors volte-face, sans laisser le temps à son élève de lui rétorquer quoi que ce fut. Harry suivit, bouillant un peu de l'intérieur, mais contenant ses sentiments autant que possible. Il ne tenait pas à être celui qui déclencherait les hostilités moins de dix minutes après qu'ils aient été seuls.
De retour dans le salon, Rogue se dirigea vers l'escalier, et s'arrêta à la seconde porte close de la pièce. Elle se situait à quelques mètres de la première marche. Il poussa la porte battante et Harry suivit.
— Ici, c'est la cuisine.
Harry fut surpris de trouver une pièce plutôt claire et agréable. Un grand plan de travail en bois clair, une grande table centrale, des luminaires en acier glacé... cela ne ressemblait pas beaucoup au professeur Rogue.
— Pas de grignotage entre les repas. Le frigo n'est pas en libre accès, bien entendu.
— Bien entendu, acquiesça Harry à demi-mot.
Rogue haussa un sourcil dans sa direction avant de quitter les lieux.
Au premier étage, deux ailes se distinguaient. Celle de gauche ne fut pas visitée et qualifiée d'interdite. Il s'agissait de l'aile privée du maître de maison. De l'autre côté, une salle de bain simple mais agréable dont Harry, s'il avait tout saisi, en aurait la jouissance seul. Une chambre d'ami poussiéreuse, qui n'avait probablement jamais accueilli d'ami. Une chambre qui semblait avoir été remise à neuf, dans laquelle Harry séjournerait désormais. Elle était simple et plutôt lumineuse comparativement à l'intérieur du manoir. Un lit, une armoire, un bureau et une grande fenêtre donnant sur un jardin un peu défraîchi, mais vaste.
— Essayez de vous y sentir bien, commenta Rogue. Dans la limite du raisonnable, bien entendu.
— Bien entendu, oui, répéta Harry dans un murmure, le regard perdu sur le jardin.
C'était une plus belle chambre que celle que les Dursley lui avait donné, incomparable avec le placard dans lequel il avait passé les onze premières années de sa vie. Pourtant, rien ne lui paraissait plus déprimant en cet instant.
— Poursuivons.
Avec difficulté, Harry s'arracha à la fenêtre.
Une dernière porte apparaissait au bout du palier. Rogue pénétra dans la pièce et Harry découvrit un espace étrange. Les murs étaient marron foncé, il n'y avait aucune fenêtre, aucun meuble en dehors d'un bureau et d'une chaise. Au-dessus du bureau planait une petite flamme qui apportait le minimum de lumière. De toute sa vie, il n'avait jamais vu de salle qui donnait autant la chair de poule.
— Qu'est-ce que c'est que cette… pièce, professeur ?
Un cabinet de pénitence.
Harry fronça légèrement les sourcils.
— Un cabinet de… pénitence ? Cela vous sert à quoi ?
Rogue avança vers la sortie, poussant Harry qui était resté sur le palier à reculer.
— Vous le saurez bien assez tôt, lui offrit-il pour unique réponse.
Harry demeura immobile, aux prises de ses pensées et de son imagination. Quelque chose lui disait qu'il passerait beaucoup de temps dans cette pièce, à un moment ou un autre, et cette perspective n'avait rien de réjouissant. Et pourquoi donc une telle pièce existait dans cette maison glaciale ?
Un frisson remonta le long de sa colonne vertébrale.
— Je dois terminer quelque chose dans mon laboratoire. Je vous invite à récupérer votre valise au salon et à commencer à vous installer. Je vous retrouve dans peu de temps. Restez dans votre chambre, je ne tiens pas à vous courir après.
D'un mouvement de cape souple, Rogue se dirigea vers l'escalier.
— On ne visite pas l'étage supérieur, professeur ? le héla Harry.
— Il vous est formellement interdit, répliqua Rogue sans même se retourner.
Harry en profita pour lever les yeux au ciel. Voilà une réponse qui l'étonnait fort peu… La curiosité piquée au vif, il s'approcha de l'escalier montant et se mit sur la pointe des pieds, espérant apercevoir quelque chose.
— Je ne vous entends pas descendre !
Le sursaut qu'il fit manqua de le faire défaillir. Harry descendit en vitesse et Rogue n'était déjà plus dans les parages. Le Survivant profita de ces quelques secondes pour souffler un bon coup et pour regarder plus attentivement son nouvel environnement. Alors voilà à quoi allait ressembler sa maison maintenant…
Dans un soupir, il tira sa lourde valise jusqu'au premier étage. Hedwige lui manquait. Elle était restée auprès de Ron pour le moment, à la demande de Rogue. Harry n'avait pas protesté sur le coup, en signe de bonne volonté et pensant qu'il la retrouverait rapidement, mais maintenant qu'il commençait à entrevoir le décor autour de lui, il comprenait qu'il ne serait sans doute pas autorisé à écrire à ses amis.
Dans quoi tu t'es embarqué, songea-t-il, amer.
Il traîna sa valise dans les escaliers puis jusqu'à sa chambre, mais il n'entreprit pas de la défaire. Il se laissa tomber sur le lit, le cœur lourd et l'âme en peine. Il se tourna sur le côté, soudain accablé par la fatigue accumulée ces deux derniers jours. Il ferma alors les yeux quelques secondes et s'endormit.
OoOoO
Un raclement de gorge le fit sursauter. Il rajusta maladroitement ses lunettes et aperçut Severus Rogue devant lui.
— Désolé, marmonna-t-il pour la forme tout en se relevant.
Rogue ne sembla pas réceptif à ses brèves excuses.
— Est-ce que j'ai toute votre attention ? demanda-t-il.
Harry hocha de la tête avant de se reprendre :
— Oui, vous l'avez.
— Bien, acquiesça l'enseignant. Il est temps de sceller une bonne fois pour toute les choses entre nous.
Le cœur d'Harry manqua un battement. Peut-être même deux. Il ignorait tout de ce que Rogue sous-entendait.
— Voulez-vous que je vous développer ce qui va suivre, dans un but purement éducatif, ou l'élément de surprise vous semble préférable ?
Harry écarquilla les yeux sans trop savoir quoi répondre. Il n'était pas certain de comprendre vraiment la question.
— Profitez-en, c'est la dernière fois que je vous laisse le choix si librement.
L'angoisse monta au creux de son estomac.
— Vous cherchez à me faire peur ? grogna-t-il.
— Je ne fais que vous présenter la vérité, Potter, rétorqua-t-il d'un ton glacial.
— Alors je veux bien des explications, enchaîna-t-il avec humeur.
Un silence suivit alors que Rogue semblait tout autant bouillir que lui.
— Si vous voulez faire marche arrière, c'est maintenant ou jamais.
— Quoi ? s'étonna Harry. Non, je… non.
Il ne sut quoi dire de plus.
— Alors changez de ton lorsque vous vous adressez à moi, rétorqua-t-il sèchement. Croyez-moi d'ici quelques minutes, il faudrait mieux que cette insolence insupportable et inqualifiable disparaisse à jamais.
Son ton avait claqué comme un fouet. Harry ne détourna pas le regard pour autant, mais à l'intérieur, il était au bord de la crise de nerf. Rogue haussa les sourcils, signe qu'il attendait quelque chose, et Harry dut mettre tout en œuvre pour ravaler les paroles qu'il aurait réellement aimé lui dire.
— J'aimerais que vous m'expliquiez les étapes, s'il vous plaît, se reprit-il.
Rogue écarquilla davantage les yeux, comme s'il venait de se faire insulter.
— Monsieur, ajouta Harry. J'aimerais que vous m'expliquiez les étapes, s'il vous plaît, monsieur.
Dans un soupir, Rogue sembla se détendre un peu.
— Ça passera pour cette fois. Être apprenti ce n'est pas seulement le dire à haute voix, mais se lier magiquement à un maître. En l'occurrence, moi.
Harry acquiesça, espérant que Rogue ne lui hurle pas de s'exprimer à haute voix. Il avait la gorge beaucoup trop serrée.
— Vous allez vous agenouiller. Je vais apposer le bout de ma baguette sur votre tête et prononcer l'incantation. Vous allez sentir une chaleur sur une partie de votre corps, j'ignore laquelle, et c'est là que la marque apparaîtra. Si je meurs ou si je vous libère de votre statut, la marque sera scellée, mais elle ne disparaîtra jamais.
— Je vais être… marqué ? s'étrangla-t-il presque.
— C'est ce que je viens de vous dire, il me semble, le réprimanda Rogue. La marque des apprentis est assez discrète. Ce sont deux anneaux noirs qui se croisent. Le plus gros et le plus épais représente le maître. Le second, plus petit, plus fin, représente l'apprenti. C'est clair pour vous jusque-là ?
Horrifié, Harry hésita à se sauver par la fenêtre en vitesse. Severus parut capter quelque chose de la panique de son futur disciple.
— Comparativement à ce que je vous réserve pour la suite, croyez-moi, vous vous y ferez. De plus, elle apparaît toujours sur un endroit de votre peau plutôt discret.
— Mais… on est obligé de faire ça ? grimaça-t-il.
— Gardez vos questions stupides pour vous, Potter, aboya-t-il. Bien entendu que l'on doit passer par là. C'est le principe du maître et du disciple. Cette marque est spéciale. Elle a des propriétés uniques.
Harry écouta avec attention.
— Je peux vous faire savoir que je veux vous voir à travers elle et, lorsque je vous appelle, vous saurez précisément où me trouver. Je peux également vous punir par elle.
Harry blanchit.
— C'est-à-dire ? murmura-t-il.
— Vous verrez bien en temps et en heure. Vu le travail éducatif qui m'attend avec vous, je ne doute pas que vous expérimenterez cela tôt ou tard. D'autres questions ?
Harry se fit violence pour ne pas trembler. Trembler ou envoyer Severus Rogue sur les roses proprement. Il secoua simplement la tête, ayant l'impression de commettre un véritable suicide.
— Parfait, lança le sorcier en sortant sa baguette.
Harry resta statique, comme paralysé. Un simple coup d'œil au maître des Potions lui signifia que son quota de patience était dépassé. Au prix d'un effort surhumain, les joues un peu rosies, Harry s'agenouilla. Il ne fut pas capable de maintenir le regard vers son professeur, trop gêné.
Le bout de la baguette de Rogue effleura le dessus de son crâne et il prononça des mots latins qu'Harry n'aurait pas pu retenir. Il y avait des rimes et une certaine mélodie. Il ferma les yeux, songeant à Cédric et à son désir de ne plus laisser Voldemort tuer les siens pour se gorger de courage.
Soudain, le bas de sa nuque le brûla et il y porta la main en retenant tout juste un hoquet de douleur. Rogue cessa de parler et un silence envahit l'espace, uniquement troublé par la respiration saccadée du Survivant endolorit.
— Relève-toi.
Sur l'instant, Harry se demanda s'il s'adressait bien à lui. Le tutoiement était brutal, troublant, mais évident venant d'un maître à son disciple.
Il obéit, la main toujours sur sa nuque. Rogue lui fit signe de se tourner, ce qu'il fit sans discuter. Le sorcier abaissa le col de chemise de son élève quelques secondes avant de le relâcher.
— Parfait, annonça-t-il.
Harry se tourna lentement vers lui, le corps parcourut d'adrénaline. Il mit un temps interminable avant de regarder son désormais mentor.
— À compter de cet instant, je suis ton maître et tu es mon disciple.
Un éclair de satisfaction passa sur son visage et Harry acquiesça avec entendement. Après tout, c'était le deal de départ.
— Lorsque je m'adresse à toi, je veux que tu me répondes avec des phrases et avec, cela va sans dire, politesse. Je veux être certain que tu aies compris ce que je te dis. Est-ce que c'est clair ?
L'autorité du sorcier n'avait jamais semblée si écrasante. Harry acquiesça avant de se reprendre précipitamment.
— Oui, c'est très clair, professeur.
— Maître, le corrigea-t-il.
Harry lui lança presque un regard de supplication.
— Vous allez vraiment m'obligez à…
Soudain, la marque qu'il n'avait pas vue mais qu'il savait dans son cou chauffa fortement. Harry plaqua sa main sur sa nuque, sans pouvoir retenir un gémissement. Si la minute précédente, la chaleur n'avait pas été agréable, là, elle était acide.
Il releva un visage grimaçant vers son professeur et fut frappé par la dureté de son regard. Il le fixait sans un mot, les mains jointes sur son bas ventre. La douleur s'intensifia et Harry compris que Rogue était à l'origine de cette sensation. Refusant de le nommer « maître », Harry serra les dents sans un mot, mais la douleur augmenta insidieusement, le forçant à mettre un genou à terre.
— Maître, lâcha-t-il d'une voix douloureuse. C'est très clair, maître.
La brûlure cessa instantanément. Harry inspira profondément et ravala les larmes qui noyaient ses yeux. Il s'empressa de se redresser.
— Je t'avais dit que tu l'expérimenterais bien assez vite. Regarde-moi quand je te parle.
Le cœur battant, le corps tremblant encore de la souffrance qu'il venait d'endurer, Harry se força à obéir.
— La douleur de la marque, si tu ne te soumets pas à mes ordres, peut atteindre un équivalent au Doloris. Cette précision est à titre informatif.
Harry frotta machinalement l'arrière de son cou sous le regard sévère de Rogue.
— En tant que maître j'attends à ce que tu ne discutes aucun de mes ordres. C'est entendu ?
— Oui… maître, lâcha-t-il dans un souffle.
— Bien. Il est tard, nous allons dîner puis tu iras au lit.
— Mais…, commença Harry.
Rogue, qui venait d'entamer un demi-tour, se tourna brusquement vers lui. Harry se tut et serra les dents, s'attendant à ressentir une nouvelle brûlure, mais rien ne se produisit.
Ils descendirent en silence jusqu'à la cuisine et, lorsqu'ils entrèrent, la table était mise et un poulet fumant trônait au milieu de celle-ci, accompagné de haricots verts et de pomme de terre.
Rogue alla au coin opposé de la table par rapport à la porte d'entrée, il tira la chaise et s'assit. Harry s'approcha de la seule autre chaise, à l'autre bout de la table et la tira.
— Tu t'assois quand je t'y invite, le devança le maître de maison.
Harry allait lui demander pourquoi, mais il ravala sa question. La perspective de nommer son exécrable professeur « maître » une fois de plus ce soir lui donnait la nausée. Il se plaça donc derrière sa chaise, les mains dans le dos. Severus déplia sa serviette.
— Lucy, appela-t-il.
Sans être totalement surpris, Harry vit apparaître une elfe de maison. Elle se dandina jusqu'à Rogue et s'inclina.
— Maître, qu'est-ce que Lucy peut faire pour vous ?
— Sers-nous.
Elle s'exécuta sans un mot supplémentaire. Les deux assiettes furent copieusement remplies et l'elfe disparue après s'être inclinée devant son propriétaire. Elle n'avait pas calculé Harry une seule seconde. Severus attendit d'avoir pris une première bouchée de son dîner pour inviter son disciple à s'asseoir.
Harry se laissa choir sur sa chaise, se sentant rabaissé. Il ne mangea pas beaucoup, ce soir-là, et le dîner se déroula dans le silence le plus morbide.
Lorsqu'ils quittèrent la table, Severus retourna dans le salon, son disciple sur les talons. Il était à peine vingt-et-une heures.
— Maintenant, tu vas au lit. Demain debout à six heures précises. C'est entendu ?
Harry soupira et rongea son frein autant que possible.
— Oui, c'est entendu, monsieur.
Il se dirigea vers l'escalier, mais Severus l'attrapa par le bras. Surpris, Harry tenta de se dégager mais la poigne du sorcier se serra.
— Répète ce que tu viens de me dire ? Tu m'as appelé comment ?
Décontenancé, Harry sentit ses moyens lui échapper.
— Vous ne trouvez pas ça respectueux de vous appeler « monsieur » ?
Rogue lâcha le bras de son disciple avec tant de sècheresse qu'il manqua de basculer en avant.
— Pour la dernière fois, je suis ton maître et pas un vulgaire sorcier que tu croiserais et à qui tu accorderais un semblant de politesse ! cracha-t-il avec colère. Donne-moi encore du monsieur et tu verras ce qu'il t'en coûtera !
Harry, offensé, ne put retenir un regard noir. La seconde d'après, il plaquait sa main sur sa joue. Ce n'était pas première gifle de sa vie qu'il se prenait. Vernon Dursley et ses cent kilos lui en avait administrées quelques-unes qu'il avait pu sentir passer. Alors pour le coup, il ne se voyait pas impressionné par cette rebuffade.
Comme si Rogue avait lu dans ses pensées, il abattit sa main une seconde fois sur la joue du Survivant, qui eut du mal ce coup-ci à encaisser sans broncher.
— Va te coucher, ordonna Rogue.
Harry ne se fit pas prier. Sans acquiescer à haute et intelligible voix, il se réfugia en courant dans sa chambre.
