Hello ! Voici la suite de Rose Noire ! :)
J'espère que vous êtes pressés de la lire !
Réponses à vos commentaires :
- Merci notamment à Krissa Paon ! J'aimerais beaucoup connaître ta théorie sur Zoey et Dren... quelque soit sa nature héhéhé ! Peut-être es-tu plus proche de la vérité que tu ne le crois :p ! Dans cette histoire, le personnage d'Estelle sera beaucoup plus développé car j'ai des plans pour elle... ;)
- Merci aussi à Saorie Yuki ! Avec qui Zoey va-t-elle finir ? Très bonne question :p ! Tu verras bien... En tout cas je compte bien satisfaire les deux team (Team Dren / Team Elliot)
- Enfin, merci aussi à la (les?) Guest : Merci pour votre enthousiasme et encouragements ! Ça me moutive !
Bonne lecture !
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La pluie dense tombait sur eux, créant un voile humide entre leurs deux corps. Zoey respirait lourdement, encore haletante suite à sa course.
Maintenue debout par les deux mains pressant intensément sur ses bras, elle posa sur lui un regard emprunt de désarroi.
Il venait de s'adresser à elle. Son timbre de voix pénétrant résonnait dans sa tête, s'entrechoquant avec le bruit martelant de la pluie.
Elle lui faisait maintenant pleinement face, parfaitement immobile sous sa poigne. Sous le poids de l'eau, sa chemise blanche s'écrasait sur elle. Sa vision était gênée par l'averse. Le menton levé, elle le fixa longuement sans oser prononcer le moindre mot. Il lui rendit son regard.
Il était totalement imprégné d'eau.
Elle rutilait le long de sa peau, parcourant chacun de ses traits ciselés. Les gouttes traversaient ses sourcils légèrement froncés, effleuraient ses lèvres dessinées et entrouvertes, puis perlaient lentement sur son cou masculin avant de se perdre définitivement dans le fin t-shirt noir plaqué contre son torse.
Ce dernier s'élevait et s'abaissait de manière vive, trahissant le rythme soutenu qui animait ses pas lorsqu'il l'avait heurtée quelques secondes plus tôt.
— Qu'est-ce que... Elle secoua légèrement la tête avant d'avaler sa salive. Mais qu'est-ce que tu fais ici ? fit-elle en essayant tant bien que mal d'articuler quelque chose de censé.
Elliot lui lâcha un bras. Il passa le dos de sa main sur son propre visage pour tenter d'essuyer l'eau qui le recouvrait. Sans grand succès.
Il pleuvait avec force et l'eau fouettait sans cesse son corps ferme. Il posa de nouveau sur elle son regard azur et froid sans prendre la peine de lui répondre.
Il se contenta de soupirer avant de passer brièvement les doigts dans ses cheveux blonds, libérant ainsi une nouvelle coulée d'eau.
Zoey sentit une pointe d'angoisse se former dans son ventre. Il ne semblait pas ravi de la voir. Elle le vit jeter un coup d'oeil plus loin derrière elle puis faire un pas pour la dépasser. Il avança, en prenant soin de l'entrainer derrière lui avec force.
Zoey eut un hoquet de surprise mais se laissa faire. Elle lui emboita le pas comme elle le pouvait, en courant presque pour le suivre. Il marchait avec une telle de détermination qu'elle ne se risqua pas à tenter de résister.
Quelques mètres à peine plus loin, il l'attira subitement sous un abribus avant de la pousser doucement mais fermement contre son mur en métal. Il appuya la main contre la surface froide, lui faisant de nouveau face.
— C'est plutôt à moi de te poser la question, lui lâcha-t-il, cinglant. Il arqua un sourcil. Le Café n'est clairement pas dans la direction que tu prenais.
Zoey s'enfonça un peu plus contre le mur, davantage gênée par cette proximité impromptue que par ses mots.
Maintenant que l'averse ne pouvait plus les toucher, le rideau de pluie entre eux - la seule barrière la séparant encore d'une confrontation avec lui - s'était également évanouie.
Lorsqu'elle était encore loin d'ici, elle n'avait eut qu'à ignorer, rester dans l'ombre, silencieuse. Là, tout de suite, aucun mur ne la séparait plus de tout cela. Elle ne pouvait plus fuir.
Bien que l'abris-bus assombrisse faiblement son visage, elle voyait nettement son expression intraitable et le regard intimidant qu'il lui assenait. Et elle savait qu'il pouvait voir le sien, gêné et indécis, complètement à nu.
Il ne la touchait même pas, pourtant cette situation était déstabilisante. Il s'était rarement tenu si proche d'elle. Le fait qu'ils soient tous les deux trempés et seuls dans ce petit espace n'aidait en rien.
Zoey sentit le sang lui monter aux joues. Elle remercia alors gracieusement le ciel que son visage mouillé le dissimule.
Non sans difficulté, elle maintint ses yeux levés vers lui.
— Je sais, murmura-t-elle faiblement. Je n'y allais pas.
Elliot resta silencieux un moment. Il ne la lâchait pas des yeux. Son visage, si captivant, était impassible. Qu'était-il entrain de penser d'elle ? Il devait probablement la juger. Ou bien, essayer de refouler l'envie de déverser toute sa colère sur elle. Après tout, il était l'initiateur du projet. Il était son boss et à tout moment, il pouvait lui hurler dessus et exiger qu'elle lui rende des comptes. Il avait toujours compté sur elle. Était-ce encore le cas ?
Zoey baissa les yeux, inquiète. Il fronça légèrement les sourcils.
— Pourtant, tu restes. N'est-ce pas ? demanda-t-il.
Zoey n'osa pas le regarder tout de suite. Le ton de sa voix lui avait semblé presque craintif. Elle réprima un cri de désespoir. S'il posait cette question, c'est qu'il devait vraiment la penser lâche. A tel point qu'il l'imaginait sans problème disparaître, une nouvelle fois.
— Je ne compte pas m'en aller ! s'écria-t-elle finalement d'une voix retentissante avant de le dévisager à nouveau.
Elliot la jaugea un instant.
— Tant mieux, lâcha-t-il, sans émotion.
Malgré elle, Zoey fut un peu vexée par son ton distant.
Elle fixa son visage, attentive au moindre signe de joie. Elle n'en vit aucun. Un sentiment de déception l'envahit.
— Zoey, lui dit-il après quelques secondes.
Elle eu un frisson. Cela faisait si longtemps qu'elle ne l'avait pas entendu prononcer son nom. Son timbre de voix à la fois calme et profond l'avait toujours intimidée. Elliot parlait toujours d'une voix maîtrisée, quelque soit son ton. Il était toujours plein d'assurance, comme s'il était imperméable à toutes les situations qui troubleraient le commun des mortels.
— C'est juste que... dit-t-il, si tu partais de nouveau, cela serait insupportable.
Zoey posa sur lui un regard intrigué.
Hin ?
— J'entends par là, ajouta-t-il fermement, pour les filles.
À quoi tu pensais, idiote ? Elliot n'est pas du genre sentimental.
Zoey se mordit la lèvre supérieure, mal à l'aise. Elle ne partirait pas. Mais il risquait de ne pas apprécier ce qu'elle allait lui dire.
— Tu dois savoir que je ne souhaite pas réintégrer le projet, déclara-t-elle après un silence. Je ne le veux pas. Je ne le peux p...
Elliot émit un râle d'énervement, coupant court à son discours. Il força un peu plus avec sa main sur la paroi en métal et inspira longuement en baissant la tête. Zoey pu voir des gouttes d'eau s'échapper de ses mèches blondes et tomber devant elle.
— Tu ne sais pas ce que tu dis, lâcha-t-il, la mâchoire serrée.
Zoey prit une courte inspiration.
Quoi qu'il dise, elle ne reculerai pas.
— Si je le sais, dit-elle avec aplomb. J'ai pris ma décision.
Il releva la tête pour la dévisager.
— Ta décision est basée sur la peur, elle n'est pas réfléchie, insista Elliot en intensifiant son regard.
— Mais qu'est-ce que tu en sais ! s'énerva Zoey. Tu crois vraiment que je n'ai pas eu le temps de murir cette idée en un an ?
— Je crois surtout que tu ne te pardonnes pas ce qui est arrivé à Marc, dit-il fermement.
Zoey eut un haut-le-cœur à l'évocation de cet événement.
Elle vit clairement qu'Elliot était à l'affut de sa réaction, ce qui l'agaça d'autant plus.
— Ça ne te regarde pas ! lui dit-elle durement.
— Ça me regarde à partir du moment où cela met en péril le projet ! argua-t-il d'un ton dur.
— C'est vraiment tout ce qui t'intéresse ?! rugit-elle aussitôt.
Quelque soit le sentiment qui traversa ses pensées à cet instant, elle vit dans son regard qu'il faisait preuve d'un énorme self-control pour le contenir. Il retira sa main du mur et prit une voix plus grave.
— Je comprends que...
— Mais non justement ! explosa-t-elle dans un cri accusateur. Tu ne comprends pas ! Crois-tu qu'il suffise de dire quelques mots réconfortants, comme vous l'avez fait un an plus tôt, pour que les choses aillent mieux ? Ses mains s'agitaient frénétiquement. Vous ne savez pas ce qui s'est passé ! Vous ne savez r...
— Alors que s'est-il passé ?! tonna-t-il d'une voix agressive en écartant brusquement les bras.
Zoey s'immobilisa, interdite. Sa respiration était tumultueuse.
Hors de question. Elle ne pouvait pas le lui dire. Cela n'était pas envisageable. Il la détesterait.
Elliot fit claquer sa langue.
— Très bien, dit-il en croisant les bras. Tu refuses toujours d'en parler. Et que comptes tu faire ?hargna-t-il. Tu crois que te morfondre sur ton propre sort te le ramènera ? cracha-t-il d'un ton aigre.
Zoey baissa les yeux, à la fois furieuse et mal à l'aise.
Il la revoyait pour la première fois après tant de mois. Pourquoi fallait-il qu'il soit déjà si dur ? Elle ne se laisserait pas malmener ainsi. Plus maintenant. Elle serra les dents et planta son regard dans le sien.
— Va te faire foutre, Elliot.
Ce dernier pencha imperceptiblement la tête, l'air satisfait, presque hautain. Un rapide souffle chaud vint caresser le visage de Zoey avant qu'il ne parle.
— Et tu es toujours aussi susceptible.
C'est ça, prends-moi de haut pendant que tu y es ! rugit-elle intérieurement.
Piquée à vif, Zoey sentit une nouvelle vague de colère monter en elle.
— Et toi tu es toujours aussi... ! commença-t-elle avec virulence.
— Quoi ? rétorqua-t-il en la coupant sèchement. Il rapprocha son visage du sien, l'air défiant. Dis-le. Je suis quoi ?
Il posa sur elle un regard attentif, terriblement perturbant.
— Rien, finit-elle par répondre d'un ton maussade, décontenancée.
Elle se sentit alors étrangement honteuse. Pouvait-elle vraiment se permettre de lui reprocher quoi que ce soit ? C'était elle qui était partie. C'était elle qui avait gardé le silence. C'était elle qui...
Putain.
Il avait toutes les raisons de lui en vouloir. Elle n'avait rien à dire.
Elliot continua à la regarder fixement quelques secondes, qui pour Zoey semblèrent une éternité. Déstabilisée, elle détourna les yeux puis s'éloigna de lui en avançant de quelques pas vers le bord du trottoir.
Elle observa la route animée par les voitures, roulant bruyamment. Elle n'avait même pas remarqué que la pluie s'était calmée. Quelques rares gouttes tombaient ici et là.
Ses cheveux bordeaux alourdis par l'eau lui collaient à la peau. Elle en écarta une mèche de son front du bout des doigts puis serra les bras autour d'elle pour se réchauffer.
Une longue minute s'écoula avant qu'elle ne finisse par prendre la parole. Il lui démangeait de dire cela...
— Tu pourrais au moins faire semblant d'être heureux de me voir, fit-elle d'une voix défaite trahissant sa frustration.
Zoey ne le voyait plus, mais son absence de réaction termina de la démoraliser.
Un court instant plus tard, la voix rauque mais radoucie d'Elliot parvint cependant à ses oreilles.
— Tu trembles, dit-il calmement. Viens, je te ramène au Café.
C'est vrai, elle était complétement frigorifiée, mais l'idée de se retrouver de nouveau seule avec lui donnait davantage froid dans le dos. Elle redoutait de devoir subir la colère et la rancune qu'il devait ressentir actuellement.
— Je vais plutôt rentrer chez moi, bredouilla-t-elle.
— Non. Tu ne rentres pas chez toi, trancha Elliot, la voix pleine d'autorité.
Ha, ok.
— Il te faudra au moins une demi-heure de marche et à moins que tu ne tiennes à choper la crève, c'est loin d'être une idée brillante. Le café est à cinq minutes, conclut-il d'un ton définitif.
N'attendant pas sa réponse, il fit un pas vers elle et passa son bras autour de son épaule, attirant Zoey auprès de lui. Elle lâcha un hoquet de surprise. Prise dans son étreinte, elle se crispa un instant mais n'essaya pas de s'en dégager. Elliot parut sentir sa retenue. Il resserra sa main sur son épaule, anéantissant définitivement l'espace les séparant et coupant court à toute forme de protestation.
Puis il lui intima d'avancer d'une légère pression de la main.
Elle n'essaya pas de lui parler. Et heureusement, lui non plus. Elle n'était pas sûre d'en être capable. Jamais elle ne s'était tenue si proche de lui. Et même si cette sensation lui était agréable, elle l'intimidait tout autant.
Tout le trajet se fit en silence.
Elle agrippa timidement son t-shirt du bout des doigts, de l'autre coté de sa taille. Malgré leurs vêtements mouillés, elle sentait la chaleur de son corps ferme calmer petit à petit sa sensation de froid.
Zoey pensa au fait qu'elle se dirigeait vers l'endroit qu'elle avait fui quelques minutes plus tôt. Mais étrangement, ce contact nouveau et inhabituel la rassurait, la mettait en confiance. Egal à lui-même, Elliot n'avait pas été des plus tendres, mais il était là et elle n'était plus seule.
À destination, il poussa d'un coup sec la porte d'entrée et libéra Zoey. Celle-ci pénétra d'un pas hésitant dans la grande salle.
La chaleur qui y régnait embauma son corps humide, l'apaisant totalement.
Le Café était fermé et il ne semblait y avoir personne aux alentours, pourtant elle découvrit les lieux avec émerveillement alors qu'elle avançait au centre de la pièce.
La salle lumineuse était entièrement rose et décorée dans un esprit kawaï. Une vingtaine de petites tables blanches étaient reparties ici et là, entourées de chaises toutes aussi coquettes. Les fenêtres étaient en forme de coeur. Une odeur légère de crème pâtissière flottait dans l'air. Au fond, un comptoir donnait sur la cuisine. Zoey, nostalgique, pensa alors à toutes les fois où elle y avait récupéré les succulentes patisseries de Wesley avant de les servir aux clients.
— Si tu voyais ta tête, lui lança Elliot d'une voix visiblement moqueuse.
Elle se tourna vers lui, prête à lui fermer son clapet. Mais ses mots se perdirent dans sa gorge.
La lumière vive de la pièce lui offrit un spectacle des plus captivants, lui révélant ainsi des détails qu'elle n'avait pu remarquer, ni sous la pluie battante, ni même dans l'ombre de l'abri-bus.
Les yeux maintenant baissés, il souriait du coin des lèvres tandis qu'il relevait le bas de son t-shirt pour le presser fermement du poing. De l'eau coulait doucement du tissu noir et mouillait le sol. Mais Zoey ne voyait pas cela. Ses yeux ne pouvaient plus se détacher de ce qu'il venait de lui révéler.
Son ventre plat, encore humide, était totalement nu. Il exposait sans détour ses courbes solides et musclées. Sa posture, légèrement penchée vers l'avant, faisait ressortir les contours de ses abdominaux. A la base de son ventre, dont la forme sculptait un V parfait, un fin et viril duvet blond s'hérissait, suivant une ligne droite légèrement évasée.
Zoey ouvrit faiblement la bouche.
Ne pouvant s'en empêcher, elle laissa son regard s'égarer vers le haut de son corps, détaillant sa musculature développée.
Ses épaules larges bougeaient imperceptiblement suivant les mouvements de ses bras. Son t-shirt noir était plaqué sur le haut de son torse et soulignait avantageusement ses pectoraux. Il secoua vivement la tête, dispersant de l'eau de part et d'autre de la pièce.
Zoey baissa précipitamment les yeux, mal à l'aise face au sentiment qui s'emparait d'elle. Une sensation qu'elle connaissait bien et qu'elle avait déjà expérimentée avec d'autres. Elles sentit des picotements sur sa nuque et sa bouche s'assécher tandis qu'elle prenait conscience de ce qu'il était en train de se passer.
Il la troublait.
Mais ce n'était pas ce trouble habituel, celui qu'Elliot lui avait mainte et mainte fois fait ressentir. Ce trouble engendré par une remarque acide qui la faisait bêtement rougir ou lui donnait l'envie de rentrer six pieds sous terre.
Elle se refusa à mettre un mot la dessus. Cela ne se pouvait. Pourtant, elle voulait encore regarder.
Elle leva les yeux en sachant que cela était complètement insensé.
Mais cette fois-ci, elle se heurta à un nouveau spectacle.
Son sourire avait disparu, son t-shirt froissé couvrait de nouveau son ventre. Il avait relevé les yeux et il était en train de la regarder.
Depuis combien de temps au juste ? Avait-il compris à son expression l'effet qu'il provoquait sur elle ?
Elle n'aurait su le dire. Son regard ne trahissait aucune de ses pensées. Il la regardait simplement, bougeant les yeux ici et là sur elle.
Malgré la honte et le sentiment énervant qu'elle devait actuellement ressembler à un épouvantail mouillé, elle ne détourna pas les yeux.
La lumière lui révélait maintenant le bleu à la fois vif et si subtil de ses iris, qui reflétait si bien sa personnalité solitaire. Ses cheveux s'éparpillaient sur son visage de façon désordonnée et aléatoire, accentuant toujours plus son air rebelle.
Il était... Il était...
— Sexy.
— Quoi ? demanda Elliot qui affichait maintenant une expression perplexe. Qu'est-ce que tu as dit ?
Aaaaaargh ! Venait-elle de penser à haute voix ?! Merde ! Quelleconnequelleconnequelleconne !
— Hin ? simula-t-elle. Je n'ai absolument rien dit.
C'était totalement impossible. Il ne pouvait pas faire naitre de telle pensées dans son esprit. Pas lui.
Si ?
Il était son patron. Elle l'avait côtoyé presque tous les jours depuis des années. Avait-il toujours dégagé cet aura séduisante ? Comment avait-elle pu ne pas le remarquer ? Elle essaya de se remémorer le passé. Mais elle ne voyait que Marc, uniquement son visage doux et son corps svelte. Son monde n'avait toujours tourné qu'autour de lui.
Elliot la coupa dans ses pensées.
— Je vais aller te chercher une serviette, dit-il en détournant finalement les yeux.
— Merci, balbutia-t-elle.
— Et Zoey, ajouta-t-il, une expression indéchiffrable sur le visage. Bien-sûr que si. Je suis heureux que tu sois là.
Zoey se sentit déboussolée.
Avant même qu'elle ne puisse penser à répondre quelque chose, la porte arrière du Café s'ouvrit avec violence. La poignée se fracassa presque contre le mur.
Une femme qu'elle ne connaissait pas pénétra dans la pièce, visiblement furieuse.
Zoey jeta un oeil vers Elliot, cherchant des réponses. Elle vit à son expression qu'il était aussi surpris qu'elle. Mais également horrifié.
— TOI ! hurla la jeune femme telle une furie tandis qu'elle venait se planter devant lui. Ses yeux foncés lançaient des éclairs.
Malgré son attitude agressive, Zoey remarqua immédiatement la beauté singulière de la jeune japonaise. Perchée sur de hauts talons, vêtue d'un cardigan rouge et d'une courte jupe blanche, elle était très élégante. Ses cheveux lisses d'un noirs de jais bougeaient doucement sous les mouvements de sa tête.
— Enfin ! Tu es là ! ajouta-t-elle sur le même ton. Et elle, c'est qui ? Elle fusilla Zoey du regard.
Cette dernière fit silence, ne sachant pas comment elle devait réagir.
Elliot croisa les bras. La surprise qui illuminait son visage précédemment avait laissé place à un désintérêt profond, doublé d'un ennui total évident.
C'est à ce moment-ci que la voix fluette et paniquée de Bridget retentirent à leurs oreilles. Elle accourra dans la pièce, l'air totalement confuse. À sa vue, le coeur de Zoey se gonfla de bonheur.
— Pardon Elliot, gémit-elle, en s'abaissant brièvement. Je n'ai pas pu l'empêcher de... !
— Oh, toi la frustrée binoclarde, boucle-la ! lui dit brusquement la jeune fille en la pointant du doigt.
Folle de rage, elle posa de nouveau ses yeux sur Elliot.
— Tu crois que tu peux me jeter comme ça après avoir profité de moi ?! cria-t-elle en tapotant son buste du bout du doigt avec acharnement.
Elliot, plus calme que le néant, ne montrait pas une once de gêne.
— Oui.
Zoey jura avoir vu passer une envie meurtrière dans le regard de la furie en talons. Celle-ci éleva la main avec l'objectif clair et précis de l'abattre sur la joue d'Elliot. Mais il saisit instantanément son poignet et posa sur elle un regard des plus dissuasifs. Elle écarquilla exagérément les yeux.
— Je croyais pourtant avoir été clair ce matin, dit-il tandis qu'il la fixait sans ciller. Tu devrais t'en aller, Ayumi.
— Je m'appelle Ayuna, crétin !
— Ah, fit-il, l'air franchement embêté. Eh, bien. Au revoir, Ayuna.
Ayuna ouvrit la bouche, ébahie. Elle retira son bras d'un geste brusque.
— Tu n'es vraiment qu'un sale connard ! lui cracha-t-elle au visage avant de s'éloigner avec la même hargneuse démarche qu'à son arrivée.
Quand la grande porte du Café claqua derrière elle, Elliot poussa un soupir de soulagement. Il se tourna vers Bridget qui le regardait toujours d'un air embarrassé.
— Je suis vraiment désolé que tu aies eu à subir cela, dit-il de sa voix rauque. J'espère que tu m'en veux pas.
Il semblait vraiment sincère et mal à l'aise.
— Non, pas du tout, le rassura-t-elle en souriant maladroitement.
Elliot lui sourit faiblement et la jeune femme vira brusquement au rouge.
Il tourna alors la tête vers Zoey, détaillant quelques secondes ses vêtements trempés avant de relever subitement le menton.
— S'il te plait, donne lui de quoi se changer, fit-il à l'intention de Bridget.
Il se détourna et se dirigea vers l'arrière boutique d'un pas rapide.
— Sa chemise est transparente... marmonna-t-il avant de quitter la pièce.
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Fin du chapitre 6 !
J'espère qu'il vous a plu !
J'ai adoré l'écrire ! Haha
Aloooooors, votre verdict ?
Que pensez-vous de cette version d'Elliot ? Son caractère vous plait ?
Pensez-vous que Zoey a vu juste, le concernant ?
Mais que se passe-t-il dans la tête du blondinet ?
Une petite précision pour les enquêtrices et enquêteurs :
La bataille à laquelle Zoey fait référence dans le chapitre précédent n'est pas la même que la bataille finale de l'animé.
Celle dont Zoey parle maintenant s'est produite quelques années plus tard ! A vous de déterminer les circonstances et consésuences de cet événement au fur et à mesure de l'histoire...
N'oubliez pas de laisser vos impressions et de vous abonner, ou d'ajouter Rose Noire dans vos favoris ! C'est vous qui me donnez l'envie d'écrire à chaque fois. Merci.
Love.
IDareToWrite.
