Bonjour à tous !

Je vous présente une fiction qui concerne un de mes persos favoris en écriture comme dans l'histoire de Harry Potter, à savoir son parrain, le ténébreux et mystérieux Sirius Black. Ici l'histoire parle de sa vie après Poudlard. Il me semble que c'est un pan qu'on ne voit pas souvent et j'avais envie d'essayer de la mettre en lumière. Les trois premiers chapitres sont assez légers, ils marquent la transition entre la fin de la scolarité à Poudlard et le début de la vie d'adulte des Maraudeurs et de Lily. Les suivants traitent plus de l'Ordre du Phénix, de la guerre et de ce qu'elle implique dans la vie de Sirius et de ses amis. Même si c'est évident, je précise que je ne prétends pas avoir les talents de JKR, ni même d'essayer de copier son style. Je me suis juste approprié certains de ses personnages et son univers, en espérant que ma version des faits vous plaira.

Un petit mot sur le titre, pas forcément très clair voire assez énigmatique, qui fait référence à Sirius lui-même à la première personne (contrairement à la fic qui est écrite à la troisième personne même si c'est bien selon son point de vue) et que je vous expliquerai plus en détails à la fin de la fiction.

Si vous souhaitez discuter de ma fic ou donner votre avis (par MP ou par review), n'hésitez pas, c'est toujours intéressant d'avoir des retours. Bonne lecture !

Ludiae

PS : Me revoici après quelque temps avec un prologue modifié. Il s'agissait du tout premier chapitre que j'avais écrit de la fic, et il me semblait qu'il lui fallait une mise à jour. Il correspond mieux à la suite de la fic. Les prochains chapitres arrivent bientôt.


- Vous pouvez embrasser la mariée.

Devant la petite assemblée, le couple s'embrassa. Les yeux débordant d'amour et de promesses silencieuses, ils se sourirent un moment avant de se tourner vers leurs invités qui les applaudirent avec ferveur. Rien ne pouvait entacher leur bonheur en ce jour si particulier, pas même la guerre qui faisait rage au-dehors.

19 août 1978

L'événement fut immortalisé sur une photographie de médiocre qualité, faite avec les moyens du bord. Ils ne seraient de toute façon qu'une douzaine sur le cliché, alors à quoi bon engager un photographe professionnel ? Tout en simplicité, dans la confidence, et avec une grande prudence, c'est ainsi que les Potter avaient souhaité le déroulement de leur mariage. Qu'il y eût la guerre ne changeait pas grand-chose à cela, même si elle avait tout de même amputé de quelques noms la liste des convives. Seuls leurs parents et cinq de leurs amis étaient présents, pas un de plus. Sans ce climat de tensions, ils auraient volontiers invité quelques personnes supplémentaires comme les Londubat, mais plus il y avait d'invités, plus il y avait de danger… et d'invités en danger.

Alors qu'ils célébraient leur union dans ces conditions toutes particulières, ni les Potter ni leurs hôtes n'oubliaient ce qui les attendait à l'extérieur de cette parenthèse hors du temps. Avec leurs amis, ils étaient sortis de Poudlard avec leur diplôme en poche et la tête pleine d'idées et d'idéaux, prêts à en découdre face à ce mage noir qui sévissait depuis quelque temps et qui semblait brasser de plus en plus d'adeptes, acquérir de plus en plus de pouvoir, faire de plus en plus de victimes.

A Poudlard, tout le monde avait entendu parler de Lord Voldemort et de ses Mangemorts. Sur les bancs du collège, certains avaient délibérément fait la sourde oreille chaque fois que le sujet avait été évoqué, mais d'autres avaient manifesté leur envie sincère et profonde de se battre contre le Seigneur des Ténèbres, tandis que d'autres encore avaient souhaité tout simplement le rejoindre. Ceux qui avaient voulu en découdre avaient trouvé une oreille attentive en la personne d'Albus Dumbledore, le bien-aimé directeur de l'école de sorcellerie. Lily Evans, désormais Potter, son mari James Potter, Sirius Black, Remus Lupin et Peter Pettigrow faisaient partie de ces anciens élèves qui s'étaient montrés prêts à se jeter dans le grand bain dès la fin de leurs études. Diplôme en poche, ils s'étaient donc ralliés au directeur de Poudlard dans une organisation secrète appelée l'Ordre du Phénix.

Cela ne faisait même pas deux mois depuis le début de cette aventure, bien sûr, ils étaient encore tout nouveaux, mais cela ne les empêchait pas d'être aux aguets. Ils avaient appris à se défendre et à combattre durant toute leur scolarité à Poudlard, et dès qu'ils avaient rencontré les membres de l'Ordre nouvellement créé, ils avaient tout de suite acquis de nouvelles aptitudes, qu'ils n'auraient jamais apprises à l'école. Ils ne parlaient plus désormais de devoirs, de plumes et de parchemins, mais bel et bien de missions, de surveillance, de Mangemorts, de témoins et de preuves. Si certains d'entre eux s'apprêtaient à poursuivre leurs études autant qu'ils le pourraient dès la prochaine rentrée, d'autres, ceux qui le pouvaient, avaient décidé de se consacrer pleinement à la lutte dans laquelle ils s'étaient engagés.

Fraîchement sortis de l'école de sorcellerie qui les avait formés et protégés du monde extérieur pendant toutes ces années, les cinq amis et certaines autres de leurs connaissances avaient choisi un chemin dont ils savaient d'ores et déjà qu'il allait bouleverser leurs existences.

C'était en partie pour cela que James et Lily Potter avaient décidé de se marier le plus rapidement possible. Ils ne savaient pas de quoi le lendemain serait fait, et ils n'avaient plus une minute à perdre, eux qui avaient passé leur temps à se battre l'un contre l'autre des années durant, avant de tomber amoureux et de s'aimer passionnément. Comme si leur amour coulait de source, ils avaient eu le soutien de tous, famille et amis, d'abord lorsqu'ils s'étaient mis en couple puis lorsqu'ils avaient décidé de se marier même pas un an après.

Oui, les conditions étaient particulières. Ils devaient faire attention, ne pas oublier qu'à l'extérieur de ces murs la guerre les menaçait, que la raison pour laquelle ils avaient décidé de se marier vite n'était pas tellement leur amour que leur peur de ne plus avoir l'occasion de s'unir plus tard, et que tout événement heureux qu'il fût, leur mariage ne les protégeait en rien d'une quelconque attaque inopinée et somme toute malvenue.

Pourtant, toute la prudence du monde et les mauvais côtés que cette guerre imposait à leur mariage ne les empêchaient pas en cette belle journée d'août d'être tous pleins d'allégresse et de respirer le bonheur. Comme si la célébration de leur union était une immunité, un cocon, une sorte de trêve avec la dure réalité qui les attendait dehors. Qu'importe. Aujourd'hui James et Lily Potter étaient mariés et comblés.

- Alors les amoureux, comment vous vous sentez ?

Le jeune témoin vint se glisser entre eux en les prenant chacun par un bras. Sirius Black semblait aussi émerveillé que le couple, et le sourire solaire qu'il arborait témoignait bien de l'allégresse qui l'avait envahi et qui semblait ne plus vouloir le quitter.

- Mariés, répondirent les concernés d'une même voix, avant de se mettre à rire.

Un rire franc, qui montrait lui aussi que le bonheur voulait en cette occasion se faire voir et sortir de cette cage dans laquelle les événements l'avaient plongé. Le jeune témoin s'esclaffa à son tour en secouant la tête. Lily Potter n'aurait sans doute pas donné cette réponse avant de se mettre en couple avec James Potter. Elle avait toujours eu de l'humour, Sirius en était certain, mais elle l'avait gardé pour elle et pour ses amis proches pendant bien longtemps, avant de s'ouvrir peu à peu à son nouvel amoureux et de les laisser découvrir d'autres facettes de sa personnalité. Si leurs caractères avaient semblé incompatibles pendant longtemps, ce n'était plus le cas à présent. L'humour de Lily Evans avait peu à peu changé, car celui de James Potter avait déteint sur le sien, et ce n'était pas pour déplaire au meilleur ami de celui-ci, qui se sentait depuis un an chaque jour un peu plus proche de cette nouvelle venue au sein du groupe fermé et ô combien soudé des Maraudeurs. De son côté, elle avait aussi apporté des choses à son désormais mari. Elle l'avait calmé, apaisé. Elle l'avait fait grandir, mûrir. Mais James Potter restait et resterait toujours le même aux yeux de son témoin et meilleur ami, Sirius Black.

A dire vrai, celui-ci était bel et bien conscient des changements dans les personnalités de celui qu'il considérait comme son frère et de celle qui serait donc désormais plus ou moins officiellement sa belle-sœur, mais il savait qu'il n'était plus tout à fait le même lui non plus et il trouvait même cela plutôt bien. Après tout, ils entraient dans la vie adulte et tant qu'ils évolueraient ensemble, aucun changement ne pourrait les séparer. Sauf la mort. Mais il mettait un point d'honneur à éviter de se laisser aller à de si funestes pensées et, en ce jour, cela ne lui avait même pas traversé l'esprit.

Sirius Black lâcha le bras des deux mariés et leur lança :

- Vous êtes bons, tous les deux !

Il leur adressa un clin d'œil puis se détourna d'eux pour aller grignoter quelque chose au buffet. La salle n'était pas très grande, une vingtaine de mètres carrés tout au plus, et la douzaine de personnes présentes l'emplissait totalement. Exactement comme s'il y avait eu une grande salle avec une centaine d'invités. Dans cette situation, la disposition de la salle et le nombre d'invités renforçait ce sentiment de proximité, d'intimité entre chacun. Les convives se mouvaient au gré de leurs envies entre buffet, chaises et conversations en groupe, puis se déplaçaient une fois encore quand la discussion ne leur plaisait plus ou qu'ils étaient curieux de savoir ce qu'il se disait ailleurs.

Debout à côté de la quantité astronomique de victuailles prévues pour l'occasion, Sirius Black observait pensivement tous ces gens, tout en grignotant des amuse-bouche sans trop y prêter attention. Il y avait Remus Lupin et Peter Pettigrow qui parlaient avec les parents du marié, tandis que le couple à l'honneur se déplaçait d'invités en invités pour vérifier que tout se passait bien pour chacun et pour prendre part à un petit bout de conversation par-ci par-là. A chaque fois, ils recevaient des félicitations chaleureuses et répondaient d'un sourire radieux et communicatif. Non loin du petit groupe dont faisaient partie pour l'heure Remus Lupin et Peter Pettigrow, il y avait le professeur Dumbledore qui bavardait avec les parents de la mariée. Ils étaient accompagnés de la meilleure amie de celle-ci, une sorcière qui était dans leur promotion à Gryffondor durant leurs années à Poudlard. Et c'était tout. Il n'y avait pas plus de monde que cela mais c'était amplement suffisant. Evidemment, Lily Potter aurait certainement aimé la présence de sa sœur Pétunia, mais elle et son mari avaient décliné l'invitation, et personne ne les avait mentionnés de la journée. Leur indélicatesse méritait qu'on ne leur accordât aucune attention.

Ce qui était sûr, c'était que ce mariage était une totale réussite. Debout à côté du buffet, grignotant les amuse-bouche tout en observant pensivement tous les invités, Sirius Black eut envie d'immortaliser ces moments de bonheur, et se saisit de l'appareil photo qu'il avait vu posé dans un coin du meuble. La photo de groupe qu'ils avaient faite, ce n'était pas assez. Il fallait garder des traces de cette journée. Ils pourraient se la remémorer avec joie et peut-être un peu de mélancolie plus tard, lorsque la lutte contre Lord Voldemort s'intensifierait et qu'ils auraient besoin de chercher du réconfort chez les uns et chez les autres, dans tout ce qu'ils pourraient trouver. Si la guerre qui se profilait s'avérait si terrible que ce qu'elle laissait pour l'instant paraître, ils auraient besoin de se raccrocher à tout ce en quoi ils croyaient, à tout ce pour quoi ils avaient décidé de se battre. Immortaliser ces moments de bonheur était plus qu'une simple bonne idée, c'était nécessaire, peut-être même vital. Au moment où il s'était saisi de l'appareil photo, Sirius Black n'en avait peut-être pas eu tout à fait conscience. C'était une petite voix dans sa tête, celle qui s'était mise en veilleuse le temps du mariage mais qui restait en alerte, qui la lui avait soufflée. Il fallait garder des traces de cette journée. Une photo de groupe, ce n'était pas assez.

Un cliché, puis un autre. Des sourires, des regards, des gestes, des petits bouts de vie qui se répèteraient sans cesse sur des photos magiques. Des souvenirs.