Voici un nouveau chapitre, qui arrive avec un temps d'attente un peu plus long que les précédents (désolée), mais tous les chapitres précédents ont été édités, ça y est (bon les derniers n'ont pas été beaucoup modifiés). J'espère qu'il vous plaira !
6 avril 1979
Des flammes vertes s'allumèrent dans la cheminée des Potter et Sirius apparut, le visage complètement défait. Il n'essaya même pas de faire semblant, de se montrer rassurant. Il chercha ses amis du regard et les trouva dans le canapé. Ils le regardaient d'un air inquiet. Ils se levèrent et s'approchèrent de lui, tandis que Sirius faisait un pas en avant puis restait immobile devant la cheminée. Il les regarda tour à tour, puis dit simplement « elle est morte ». Il n'ajouta rien de plus et se dirigea mécaniquement vers le canapé, dans lequel il s'assit en prenant sa tête entre ses mains. James et Lily le rejoignirent sans dire un mot et il sentit une main se poser dans son dos pour le réconforter, tandis qu'une autre lui caressait les cheveux. Ces gestes l'apaisèrent.
- On est allés chez elle, dit-il d'une voix éteinte, la tête toujours calée entre ses mains. Il y avait la marque des ténèbres au-dessus de sa maison, un tas de personnes qui regardaient et à l'intérieur, tout était en bordel et puis dans sa chambre elle était là, dans une position indigne. C'était déjà insupportable, mais je crois que le pire ça a été après. Il y avait une armoire à disparaitre et on est allés dedans, ça nous a menés chez sa sœur… Vous le saviez, vous, qu'elle avait une sœur ? Là y avait ses enfants, sa sœur, son mari ensuite… c'était vraiment dur. On a laissé son mari avec elle et quelques aurors qui devaient veiller sur eux. Dumbledore m'a dit qu'on pourrait en discuter mais j'en avais pas la force et je voulais venir vous voir. Je crois qu'il l'a compris, il m'a dit de ne pas rester seul et qu'on en parlerait mieux demain. Bref me voilà, et je suis vraiment content de vous voir, de sentir que vous êtes là, que vous me soutenez. Vous êtes formidables !
Il releva la tête vers James puis vers Lily et croisa leur regard à la fois triste et compatissant. Ils s'efforçaient de lui sourire pour lui montrer qu'ils étaient là pour lui, qu'il pouvait se laisser aller s'il en avait besoin et qu'ils pourraient encaisser. En venant chez eux, Sirius avait cherché du soutien, il avait ressenti la nécessité de leur raconter tout ce qu'il avait vécu, et ses amis avaient été parfaitement à la hauteur de ses attentes. Ils l'avaient écouté, soutenu, apaisé. Comme toujours. Leur amitié était précieuse pour lui, indispensable même. Que se passerait-il s'il venait à les découvrir eux, plutôt que Jane, étendus, inertes ? Comment pourrait-il survivre alors qu'ils étaient bien plus que ses amis, qu'ils étaient sa famille ? Avaient-ils conscience qu'ils étaient essentiels à son bonheur, à son équilibre ? Il n'avait plus de contact avec sa famille de sang, il n'avait pas de petite-amie, il n'avait par conséquent pas d'enfant, ses amis étaient donc tout ce qu'il avait et tout ce qui lui permettait de ne pas sombrer, surtout lors des soirs comme celui-là où son moral était au plus bas. Une fois de plus, la réalité de la guerre les frappait de plein fouet et faisait remonter des tas d'idées noires dans son esprit. Ce qu'ils vivaient, tous, n'était pas facile, mais ils savaient qu'ils pouvaient compter les uns sur les autres. C'était aussi la force de l'Ordre du Phénix, de savoir qu'ils n'étaient pas seuls dans leur combat contre les forces du mal. Mais James et Lily, tout comme Remus et Peter, comptaient bien plus pour Sirius que le reste des membres de l'Ordre. Ils comptaient bien plus que quiconque et il ne supporterait pas de les perdre.
- On sera toujours là pour toi Sirius, tu le sais ? lui dit enfin Lily, en continuant de lui caresser la tête.
- A la vie, à la mort, comme toi tu seras toujours là pour nous. On est liés à jamais, mon pote, ajouta James avant de donner une tape amicale sur l'épaule de son ami et de l'attirer vers lui pour poser son front contre le sien, comme pour lier le geste à la parole.
Sirius sourit puis laissa échapper quelques larmes.
- Bien sûr que je le sais, leur dit-il en s'essuyant les yeux avec sa manche. J'espère aussi que vous savez à quel point je vous aime et à quel point vous êtes précieux pour moi. Et comme vous l'avez dit, je serai bien sûr toujours là pour vous, quoi qu'il arrive. J'ai pas l'habitude d'être sérieux comme ça et de m'épancher, mais dans les moments comme ça je me dis que c'est important qu'on se dise les choses, que vous sachiez tout ça. C'est bien qu'on se les soit dites.
- Bien sûr mon Sirius, approuva James. Je suis d'accord et toi aussi tu es précieux pour nous et on t'aime.
- Evidemment, renchérit Lily.
- Et j'ajouterai, poursuivit James, que je trouve que tu as été très courageux aujourd'hui, un digne Gryffondor. Même si tu es courageux en général, bien sûr, s'empressa-t-il d'ajouter.
Lily approuva une nouvelle fois. Il fut convenu que Sirius ne rentrerait pas chez lui cette nuit-là. Le couple n'aurait pas voulu qu'il parte et lui-même n'en avait pas l'intention. Il n'avait pas la moindre envie de rester seul et même si d'habitude il finissait toujours par s'éclipser pour les laisser à deux, il n'y avait même pas songé cette fois. De leur côté, James et Lily souhaitaient garder un œil sur leur ami et être aux petits soins pour lui au moins jusqu'au lendemain.
7 avril 1979
La nuit fut courte mais tout de même paisible car Sirius avait consenti à prendre une potion de sommeil. Lorsqu'il se réveilla, ses amis étaient déjà debout, s'affairant dans la cuisine à préparer un petit-déjeuner digne de ce nom. L'appétit n'était pas au rendez-vous pour le jeune homme, mais il se força tout de même à avaler quelque chose pour faire honneur à ses hôtes.
- Tu as bien dormi, Sirius ? s'enquit Lily, pendant que James le regardait, soucieux.
- Très bien merci. Et vous ?
- On ne peut mieux, répondit-elle. On s'est couchés juste après toi, la potion a fait effet assez rapidement. Comment tu te sens ce matin ?
- Un peu vaseux, mais ça va aller. Merci encore d'avoir été là tous les deux, vous êtes vraiment exceptionnels !
- On a les amis qu'on mérite mon petit Patmol, à personne exceptionnelle, amis exceptionnels ! répondit James mi-amusé, mi-sérieux. On a reçu un hibou de Dumbledore ce matin. Il veut que nous venions au QG en début d'après-midi, je pense qu'il va annoncer la mort de Jane à tout le monde. Bien sûr je lui ai dit qu'on serait là, je me suis permis de répondre pour toi aussi, je ne voulais pas te réveiller.
- Merci, t'as bien fait. Mais il est quelle heure là ?
- Pas loin de dix heures, il n'est pas si tard que ça, ne t'inquiète pas.
Sirius sourit puis se leva pour aller se préparer. Le midi, l'appétit lui revint un peu et ils mangèrent tous les trois avant de partir ensemble pour le QG de l'Ordre, où ils retrouvèrent Remus, Peter et Mary, auxquels ils racontèrent brièvement ce qu'il s'était passé la veille. A son arrivée, Albus Dumbledore prit Sirius à part pour vérifier qu'il allait bien et discuter de ce qu'ils avaient vécu. Leur entrevue ne dura pas longtemps car le jeune homme allait déjà mieux que la veille et le vieux sorcier le comprit rapidement. Il lui sourit puis le laissa rejoindre ses amis. Lorsque la plupart des membres furent arrivés, le fondateur de l'Ordre prit la parole pour leur annoncer qu'effectivement, Jane Stun était décédée et que sa famille avait prévu son enterrement le lendemain dans l'après-midi. Le mari et la sœur de Jane espéraient que les amis de la sorcière, qui s'avéraient être presque tous des membres de l'Ordre, y assisteraient afin de lui rendre hommage. De nombreuses personnes montrèrent leur intention de s'y rendre et cela fit plaisir à Sirius. Même si Jane avait dû quitter l'Ordre précipitamment et dans des conditions loin d'être idéales, les membres de l'organisation secrète ne l'avaient pas oubliée et ne l'avaient pas non plus reniée. Peter ferait partie de ces personnes qui se rendraient à l'enterrement. Malgré les circonstances qui avaient mené à la mort de Betty, il avait semblé affecté en apprenant la mort de Jane, qu'il n'avait jamais considérée responsable étant donné qu'elle avait été mise sous Imperium.
Peter n'était pas le seul à être touché, cette nouvelle mort au sein de l'Ordre fragilisait une fois de plus le groupe. Mais comme pour la mort de Betty, elle entraina un regain de hargne, une volonté de se débarrasser des Mangemorts et de Voldemort le plus vite possible, pour que tout cela cesse enfin. Malheureusement, cette guerre semblait partie pour durer.
8 avril 1979
L'enterrement eut lieu le lendemain, sous la surveillance discrète de quelques aurors et de celle, incognito, des membres de l'Ordre. Ceux-ci, venus rendre hommage à Jane, ne pouvaient s'empêcher de rester sur leurs gardes et de vérifier que rien ne viendrait perturber ce moment de recueillement.
- Merci d'être venus, vous êtes si nombreux, dit Meredith Lindson à Sirius lorsqu'il vint présenter ses condoléances à la fin de la cérémonie. Je ne sais pas si toutes ces personnes font partie de ce groupe auquel ma sœur appartenait, mais j'imagine que je n'aurai pas de réponse de toute façon… il vaut mieux que certaines informations restent secrètes. Vous savez, je n'ai pas le courage de ma sœur, mais pour lui rendre hommage j'ai songé à m'engager dans ce qu'elle faisait. J'en ai discuté avec Charles, lui aussi était partant mais il ne peut pas, vis-à-vis des enfants, vous comprenez ? Je ne suis pas sûre d'avoir les talents de ma sœur, mais si je peux vous aider en quoi que ce soit, j'en serai honorée.
- C'est très gentil de votre part, je suis sûr que Jane aurait apprécié, répondit Sirius. Et en même temps, je crois qu'elle vous aurait déconseillé de le faire parce qu'elle savait que c'était risqué. Je ne peux pas vous donner d'informations supplémentaires pour le moment, vous en savez déjà beaucoup, mais je note votre proposition dans un coin de ma tête, merci.
- Bien sûr, je comprends. Vous savez, Jane ne nous disait que peu de choses. Elle voulait nous protéger, mais je crois que c'était aussi pour protéger son groupe. Après tout, je ne connais que vous et monsieur Dumbledore, parmi les personnes qu'elle a côtoyées. Et à vrai dire, je ne connais même pas votre nom. Mais je ne vous le demanderai pas, ne vous inquiétez pas. Je suis assez admirative de ce que vous faites, vous savez… Enfin, pour revenir à ce dont je vous parlais, vous savez où j'habite, vous connaissez mon nom, n'hésitez pas à me contacter s'il le faut.
- Je saurai m'en souvenir, merci. Vous êtes quelqu'un de bien, Meredith, conclut-il en prenant sa main et en la serrant entre les siennes.
Elle lui sourit puis se tourna vers la personne suivante qui souhaitait lui faire part de sa compassion dans ce moment difficile. Sirius avança vers Charles Stun, le mari de Jane, pour réitérer ses condoléances. L'homme lui sourit tristement.
- J'ai entendu ce que vous a dit Meredith, lui dit-il. Je suis d'accord avec elle. Je vous l'ai déjà dit lorsque l'on s'est rencontrés la première fois, j'étais très fier de ce qu'elle faisait, et je le suis toujours, même si je ne sais pas vraiment ce que cela impliquait. En tout cas, vous avez toute ma sympathie et mon soutien, croyez-le.
Sirius le remercia, lui souhaita d'être fort et courageux pour ses enfants et pour Jane en lui serrant la main à lui aussi, puis il s'éloigna. Il rejoignit Albus Dumbledore pour lui faire part des intentions de Meredith Lindson. Celui-ci sourit et lui indiqua qu'il s'entretiendrait avec elle personnellement, sans en dire plus.
Assister à l'enterrement, revoir la famille de Jane avait été bénéfique pour Sirius, qui rentra chez lui plus serein. Plus serein, mais pas totalement apaisé. La mort de Jane par la main des partisans de Voldemort lui fit penser à sa propre famille, celle dont il n'avait plus aucune nouvelle parce qu'ils avaient des idéaux totalement différents. Cette famille qui avait toujours soutenu Voldemort et ce qu'il défendait. Il pensait souvent à eux ces derniers temps et c'était à chaque fois douloureux et désagréable. Il repensa à son frère, qui était très certainement du côté de ceux qu'il combattait. Que se passerait-il s'il devait l'affronter un jour ? Il espérait de tout son cœur que cela n'arrive pas. Il laissa ses doutes et ses peurs de côté en prenant pour la deuxième fois une potion de sommeil et s'endormit rapidement.
15 mai 1979
Les semaines suivantes furent plus tranquilles pour Sirius qui n'eut pas de nouvelle mission. Albus Dumbledore avait jugé nécessaire de le laisser se reposer, malgré les protestations du jeune homme, afin qu'il soit d'attaque lorsque l'Ordre aurait à nouveau besoin de lui. Finalement, ces quelques semaines de repos forcé lui furent bénéfiques, même s'il ne l'avouerait pas car il lui faudrait mettre sa fierté de côté.
Le matin du 15 mai, jour ordinaire qui s'annonçait commun aux autres depuis qu'il était en arrêt, il fut réveillé par des petits coups secs et répétés, tapés contre la vitre de la fenêtre de sa chambre. Un hibou moyen-duc qu'il ne connaissait pas en était l'auteur et lorsqu'il vit le jeune homme ouvrir l'œil, il se figea un instant puis recommença à taper de plus belle contre la vitre, impatient que celui-ci vienne lui ouvrir. Sirius consentit à se lever, agacé. Il ne devait pas être plus de six heures, le soleil se levait à peine et il n'avait pas prévu de commencer sa journée de si bonne heure, lui qui était censé se reposer. Il ouvrit la fenêtre, et l'oiseau s'engouffra à l'intérieur de la pièce. Il se percha sur le bord du lit et tendit la patte droite pour que Sirius prenne la lettre qui y était accrochée. C'était en réalité plus proche d'un brouillon que d'une lettre. Intrigué, il l'ouvrit.
« Sirius,
Ce message n'est que le premier que tu recevras. Je dois te parler, mais je dois m'assurer que tu es seul. J'espère que tu feras en sorte de l'être quand tu recevras le deuxième message. Je te recontacte bientôt.
E. »
