Bonjour à tous ! Voici un nouveau chapitre qui arrive peu de temps après le précédent par rapport à d'habitude. En ce moment c'est le NaNo (National Novel Writing Month - un défi d'écriture sur un mois), donc j'en profite pour me concentrer un peu plus sur ma fic, surtout un peu plus régulièrement puisque j'essaie d'écrire chaque jour. Comme toujours, j'espère qu'il vous plaira. Dans ce chapitre, je fais référence à un écrit de JKR à propos d'une frasque de James et Sirius après Poudlard. Je ne l'ai pas détaillée parce que je ne l'aurais pas écrite aussi bien qu'elle-même, je l'ai juste rappelée rapidement pour qu'on comprenne le déroulé de l'action. Si vous avez l'occasion de (re)lire son texte, n'hésitez pas, surtout si vous aimez les Maraudeurs ou plus précisément James et Sirius. Vous pouvez le trouver en français sur le site de la Gazette du Sorcier en tapant "préquelle harry potter" ou en anglais sur d'autres sites.


18 mai 1979

- Wow, c'était génial !

James et Sirius descendirent tour à tour de la moto du dernier, essoufflés et hilares. Ils se dirigèrent vers la maison des Potter où Lily les attendait. Elle se tenait debout dans l'embrasure de la porte, les bras croisés, avec un faux air réprobateur que trahissait son sourire à peine dissimulé. Ils s'arrêtèrent devant elle et la regardèrent un bref instant sans dire un mot. Ils avaient l'air ainsi de deux enfants pris en faute, attendant sagement une punition méritée, ne pouvant pour autant pas s'empêcher d'arborer une mine réjouie en repensant à ce qu'ils avaient fait. Puis leurs regards se croisèrent à nouveau et ils repartirent d'un éclat de rire sonore et incontrôlable. James entra dans la maison après avoir embrassé Lily et Sirius lui emboita le pas, non sans avoir adressé un sourire charmeur et angélique à la jeune femme. Cette dernière ferma la porte et les suivit à son tour pour aller s'asseoir à côté de son mari dans le canapé du salon.

- Promis, on a rien fait de bête et méchant comme ça a pu nous arriver à Poudlard, jura James, la main en l'air en signe de sa bonne foi.

Ils avaient volé jusqu'à Pré-au-Lard où ils s'étaient assis un moment aux Trois-Balais, comme cela ne leur était pas arrivé depuis quelque temps.

- Il y avait beaucoup moins de monde qu'avant, si tu veux mon avis, précisa Sirius. Je pense que les gens sont un peu plus frileux, ils n'osent pas s'aventurer trop tard le soir hors de chez eux, même dans les coins sympas comme chez Madame Rosmerta.

- On ne peut pas leur en vouloir, la situation est un peu compliquée, répliqua Lily d'une voix douce. Et vous n'avez fait que ça de la soirée ? Il est presque deux heures.

- Eh bien… il se pourrait qu'on ait croisé quelques Mangemorts sur le chemin du retour, avoua James à la fois amusé et inquiet de sa réaction.

Lily le fusilla du regard et se redressa brusquement sur le canapé.

- Et ça vous fait rire ? s'emporta-t-elle d'un coup. Je croyais que vous aviez grandi ! Comment vous avez fait pour vous en sortir ?

- Lily, c'est pas nous qui sommes allés les chercher, lui fit remarquer Sirius gentiment, afin de la calmer. Ils nous sont tombés dessus, on ne sait même pas d'où ils sont arrivés. D'ailleurs ils n'en avaient sûrement pas après nous au début, ils voulaient sûrement juste faire de nouvelles victimes. Ou peut-être qu'ils nous ont reconnus, je sais pas, on ne les a pas bien vus à vrai dire.

La jeune femme s'adoucit à nouveau et se cala contre le dossier du canapé et contre son mari, reprenant la position dans laquelle elle était avant de s'énerver.

- Excusez-moi, dit-elle, c'est juste qu'on est un peu tranquilles en ce moment et j'ai l'impression que vous attirez toujours les ennuis. J'ai même l'impression que parfois vous cherchez à les attirer. Mais je veux bien croire que cette fois ce n'était pas de votre fait, concéda-t-elle. Alors, qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Alors qu'ils volaient dans la nuit, à une hauteur raisonnable pour ne pas être vus par les Moldus, James et Sirius avaient été rejoints par trois sorciers volant sur des balais. Au regard du climat actuel, les deux amis avaient pris l'habitude d'être vigilants en toutes circonstances et James, qui surveillait leurs arrières de temps à autres, les avait donc aperçus de loin. Tous deux s'étaient méfiés, par réflexe, mais ce n'était que lorsque James avait vu l'un des trois prendre sa baguette qu'ils s'étaient réellement tenus en alerte et qu'ils avaient cherché à les semer. Sirius avait accéléré et dévié sa trajectoire, juste à temps pour éviter un éclair rouge qui avait fusé près d'eux et s'était évanoui au loin.

- Pourvu qu'il n'ait touché personne, ce sort, commenta Lily, inquiète.

Ils étaient alors redescendus sur la terre ferme et avaient roulé à toute vitesse sur les routes moldues. Ils pensaient avoir semé les Mangemorts, qui allaient bien plus doucement sur leurs balais, mais c'était ensuite des policiers moldus qui avaient pris le relai pour essayer de les coincer parce qu'ils roulaient trop vite, d'après les dires de l'un d'entre eux.

- On a sympathisé avec eux, précisa James d'un air un peu trop innocent.

- Vraiment ? demanda Lily, suspicieuse.

- En tout cas on les a trouvés sympathiques, n'est-ce pas Sirius ?

- Oui tout à fait, approuva-t-il bien trop sérieusement pour que cela rassure la jeune femme. On a discuté un peu mais les Mangemorts ont retrouvé notre trace alors on a dû couper court à la conversation.

- Si tu avais vu comme on a géré notre affaire ma douce, s'exclama James d'une voix forte, excité par ce souvenir encore vivace. Les Mangemorts se sont retrouvés écrasés contre la voiture de police !

La jeune femme poussa un cri de stupeur. Elle ne dit rien.

- Je crois que les policiers ont eu un peu peur aussi, reprit Sirius, songeur. Il faut dire qu'ils ont vu des gens arriver sur des balais volants, leur voiture s'est soulevée… et nous après, comme le mal était déjà fait, continua-t-il nonchalamment, on est repartis à moto en volant, ça ne servait plus à rien de faire semblant.

- On a quand même prévenu les aurors discrètement, c'est leur affaire maintenant, ajouta James en acquiesçant de la tête. Je suis certain que les policiers ne se souviendront de rien, tout va bien.

- Et vous, vous allez bien ? demanda Lily, nerveuse.

- On ne peut mieux, lui répondit son mari d'une voix enjouée avant de l'embrasser sur la tempe.

- A merveille, renchérit gaiement le troisième.

Lily soupira puis se mit finalement à sourire devant leurs airs émerveillés. Cette excursion leur avait fait beaucoup de bien à l'un comme à l'autre, même si la course-poursuite avec les Mangemorts n'était pas sans leur rappeler leurs missions de l'Ordre alors même qu'ils avaient souhaité s'en échapper un instant. L'important, c'était que Sirius avait oublié sa colère envers son frère et le reste de sa famille et qu'il allait mieux à présent.

25 mai 1979

- Tu as parlé à Peter, Sirius ?

Le jeune homme leva les yeux vers son interlocuteur et lui fit signe que non. Cela faisait un peu plus d'une semaine qu'il avait revu Elliot, mais il ne pouvait se résoudre à en parler à Peter car il redoutait sa réaction. Et puis, il n'avait de toute façon pas eu réellement d'occasion de le lui annoncer. Leur ami était revenu dans l'Ordre du Phénix depuis peu mais il passait beaucoup de temps chez lui, ou plutôt chez ses parents, et leurs contacts se faisaient plus rares qu'avant. Albus Dumbledore évitait de lui donner des missions et leur ami se contentait d'assister aux réunions lorsqu'il y en avait. Il apportait son soutien aux autres Maraudeurs ainsi qu'à Lily mais il ne s'était pas montré vraiment prêt à reprendre du service pour de bon. De son côté, avec la mort de Jane et le retour d'Elliot, Sirius avait été assez occupé et n'avait pas pris le temps de prendre de ses nouvelles ni de s'occuper de lui personnellement. Il se sentait un peu coupable de ne pas être réellement présent pour son ami comme pouvaient l'être les autres ou comme lui-même aurait dû l'être, mais il essayait de se rassurer en se disant que Peter avait l'air d'aller bien chaque fois qu'il l'avait vu ces dernières semaines.

Remus, qui était venu lui rendre visite dans sa maison de Loutry Sainte Chapoule, le toisa un moment en silence. Il semblait inquiet.

- Il va falloir qu'on lui parle, tu le sais, dit-il enfin de sa voix posée.

Sirius soupira. Oui, il fallait qu'il lui parle. Elliot comptait aider l'Ordre du Phénix, et même si Dumbledore ne lui avait pas fait part de ses intentions à son sujet, il était fort probable qu'il lui laisse une chance, parce que le vieil homme aimait en laisser aux personnes qui le méritaient selon lui, et Elliot remplissait tout à fait ce critère. Le seul obstacle à sa venue, c'était bien évidemment les membres de l'Ordre, Peter en première place, qui ne comprendraient probablement pas que l'on fasse entrer un Mangemort au sein de l'organisation secrète, qu'il soit repenti ou non. Et si Elliot entrait dans l'Ordre, Peter serait forcément au courant, alors il fallait lui en parler avant. Mais cela n'en restait pas moins délicat, pour toutes les raisons qu'il ne cessait de ressasser.

- Je ne pense pas qu'il réagira mal, Sirius, continua son ami devant son silence.

- Sûrement pas, il n'osera pas protester. Mais s'il est triste et qu'on ne s'en rend pas compte, ce sera encore pire, avoua l'intéressé, peiné. Je veux pas qu'il croie que parce qu'on pardonne à Elliot, on se détourne de lui ou je ne sais quoi !

- Eh bien il suffira de le lui dire, tout simplement, le rassura Remus. Tu sais, je crois que notre amitié est assez solide pour survivre à ça. Après tout, ça n'est pas comme si on lui annonçait qu'on devenait copains avec Voldemort, ajouta-t-il en souriant. Tu l'as dit toi-même et on le sait tous, Elliot n'a pas eu le choix, et Peter peut très bien le comprendre.

- Oui, t'as raison, concéda-t-il enfin. Je lui en parlerai quand nous nous verrons tous ensemble, la prochaine fois.

Les deux amis échangèrent un sourire. Remus acquiesça.

- Bon et sinon, qu'est-ce que tu racontes, toi ? demanda Sirius, à nouveau plein d'entrain. Comment elle va, Mary ?

Remus rit puis baissa les yeux.

- Qu'est-ce qu'il y a ? le questionna son ami.

- Non, rien, dit-il d'abord. C'est juste que je t'ai senti venir à des kilomètres…

- Très drôle Lunard, la blague de l'odorat, il faudra la refaire ! répliqua Sirius, moqueur.

Remus fit une pause puis sembla comprendre l'allusion. Il rit à nouveau.

- Non, vraiment, dès le moment où j'ai décidé de venir chez toi, je savais qu'on aborderait la question. A croire que c'est elle qui t'intéresse et pas moi… le charria-t-il.

- Ah mais pas du tout mon Lunard, tu sais bien qu'il n'y a que toi dans ma vie, répliqua Sirius, loin d'être décontenancé par la remarque de son ami. Tu ne m'auras pas comme ça, et puis, peut-être que c'est d'elle dont je suis jaloux après tout.

Remus lui lança un regard blasé puis leva les yeux au ciel.

- Arrête de raconter n'importe quoi, tu veux ? Si tu me laisses parler, j'aurai bien une ou deux choses à te dire.

- D'accord, je t'écoute, répondit Sirius, plus sérieux.

- Bon. Mary est adorable, elle se donne beaucoup de mal pour que ça marche, elle est belle, elle me fait rire…

- Oui, c'est plutôt des bons points tout ça !

- Oui, bien sûr, répondit Remus, mal à l'aise. Mais je crois que je me suis un peu emballé, qu'on s'est tous un peu emballés.

- C'est-à-dire ?

- C'est-à-dire que dès qu'elle est revenue, j'ai eu un pincement au cœur, de la nostalgie, et puis vous étiez là à m'encourager, et vraiment je l'adore, on était bien ensemble, elle est géniale, mais ça s'arrête là. Je crois que je ne l'aime plus. Je crois que je ne l'aime plus et que j'ai tellement voulu y croire que j'ai mis un moment à me l'avouer. C'est une amie formidable, vraiment, mais voilà, je ne veux plus rien de plus que ça avec elle.

Il s'arrêta après avoir tout dévoilé d'un coup et guetta la réaction de Sirius, qui ne répondit pas tout de suite.

- Alors là, dit-il enfin, si on m'avait dit que tu m'annoncerais ça un jour, je crois que je ne l'aurais pas cru. Tu me fais pas une blague, hein ?

- Non, pas du tout. Je suis très sérieux. Ça fait quelques jours que ça me trotte dans la tête et il fallait que je t'en parle, je ne peux pas continuer comme ça. Ça ne me plait pas, et ça n'est pas respectueux envers elle que de lui faire espérer quelque chose alors qu'il n'y a plus rien, avoua Remus, gêné.

Sirius le dévisagea. Bien sûr qu'il était sérieux ! Ce n'était de toute façon pas dans ses habitudes de plaisanter sur ce genre de sujet.

- Tu as raison, approuva-t-il alors, ça ne sert à rien de rester avec elle si tu n'as plus les mêmes sentiments qu'avant. C'est vrai qu'on s'est tous emballés, dès qu'elle est arrivée dans l'Ordre, on vous a vus et tout de suite on vous a revus comme à Poudlard, vous étiez beaux, mais tout ça, peut-être que ça appartient au passé finalement. C'était peut-être bien de la nostalgie, c'est peut-être pour ça qu'on a voulu y croire.

- Moi le premier, confirma Remus. Tu sais Sirius, c'est pas pour rien que je suis venu t'en parler à toi personnellement, continua-t-il avec détermination. J'ai besoin de ton aide. Il faut que je lui parle, mais je n'ai absolument aucune idée de ce que je dois lui dire pour qu'elle souffre le moins possible.

- Ah ça… s'exclama Sirius en soupirant. Malheureusement, je crois qu'elle va souffrir de toute façon, tu sais.

Remus baissa les yeux et se tritura les mains. « Je sais », dit-il dans un souffle, d'une voix presque imperceptible. Sirius lui donna une tape dans le dos pour le réconforter.

- Mon loup, t'as pris la bonne décision, le rassura-t-il. C'est un mauvais moment à passer, mais il vaut mieux ça que de rester avec elle pour ne pas la faire souffrir et de t'en vouloir un peu plus chaque jour jusqu'à être malheureux de ton côté. Dis-lui tout ce que tu as sur le cœur, tout ce que tu m'as dit, c'est la meilleure des façons.

- Oui, je vais faire ça. C'est drôle, elle risque de penser que je la quitte pour me venger.

- Je crois qu'on a tous dépassé ce stade, répliqua Sirius, elle aussi en est consciente. Allez, de toute façon peu importe la réaction qu'elle aura, il ne faut pas que ça t'empêche d'aller au bout !

- C'est vrai, admit Remus. Tu sais, ce que tu dis, c'est aussi valable pour Peter. Finalement, on a tous les deux quelque chose de difficile à annoncer à une personne qui nous est chère, on est dans le même bateau.

Sirius soupira une fois de plus.

- Oh oui, dit-il. Je sens que les prochaines conversations vont être pimentées… les prochains jours promettent d'être agréables…