Voici le nouveau chapitre. Il fait suite à la révélation d'Elliot sur sa Marque qui le brûle, ce qui ne semble rien augurer de bon. Comme toujours, j'espère qu'il vous plaira !


23 juillet 1979

- Vous nous aviez dit que votre Marque vous brûlait lorsque Voldemort vous appelait, n'est-ce pas ?

- Oui, monsieur.

Albus Dumbledore fixa l'avant-bras d'Elliot un moment, pensif. Sirius l'observa sans dire un mot. Il attendait la conclusion du vieil homme. De celle-ci, il tirerait les siennes. Fallait-il s'inquiéter de la situation, comme le pressentait Elliot, ou cela était-il normal étant donné qu'ils étaient en guerre et que les actions de Voldemort et de ses Mangemorts s'étaient multipliées ces dernières années ? En même temps, ils n'avaient pas eu beaucoup à faire ces dernières semaines, c'était donc peut-être bel et bien un mauvais présage. Les dernières missions des membres de l'Ordre avaient consisté à chercher des renseignements afin notamment de démasquer certains Mangemorts. Ils avaient trouvé quelques informations, quelques noms, mais sans preuve, ils n'avaient pu obtenir aucun résultat probant. Le Ministère, de son côté, n'avait pas été plus efficace. La période de calme était peut-être terminée.

- Est-il possible, reprit le vieux sorcier, que Voldemort n'appelle que certains de ses Mangemorts ? Qu'il vous appelle personnellement ?

- Je ne saurais vous dire. Je n'ai jamais été appelé seul. Comme je vous l'avais dit, je n'étais pas très important au sein du groupe. J'imagine qu'il doit pouvoir le faire, parce que c'est un sorcier très puissant comme vous le savez. Mais je n'en ai aucune idée en réalité. Vous pensez qu'il pourrait avoir eu vent du leurre et du fait que je ne sois pas réellement à Azkaban ?

- Je ne sais pas. Il ne faut écarter aucune hypothèse, mais il n'y a rien qui aurait pu lui permettre de le découvrir. Soyez prudent Elliot, mais ne vous affolez pas pour autant. Merci pour l'information, nous essaierons d'en savoir plus et nous vous tiendrons au courant. A présent, il vaut mieux que nous rentrions. N'oubliez pas que vous pouvez communiquer avec nous quand bon vous semble avec cette montre. Vous êtes le seul qui puissiez la faire fonctionner autrement que dans son utilité première, mais ne la perdez pas, on ne sait jamais.

- Absolument, monsieur. Merci pour tout ce que vous faites pour moi. Au revoir. Au revoir, Sirius.

- Au revoir Elliot, à bientôt !

Il leur sourit puis transplana. Sirius attendit un instant que le fondateur de l'Ordre dise quelque chose, mais comme il ne semblait pas décidé à parler, il rompit le silence.

- Vous pensez que c'est inquiétant ?

- Je ne sais pas, Sirius. Toujours est-il que nous devons redoubler de vigilance, au cas où. Toutes ces recherches que nous avons faites et que nous continuons de faire ne sont pas vaines, mais comme nous ne sommes pas dans la tête de Voldemort, nous ne pouvons pas tout savoir ni tout prévoir. Seul le futur nous dira ce qu'il adviendra.

- Bien sûr. Et en ce qui concerne Elliot, vous avez une idée de ce que vous allez lui demander en premier ?

Albus Dumbledore sourit mais ne répondit pas tout de suite.

- J'ai bien une idée, oui. Mais je crois que lui-même fera sûrement l'objet d'une enquête de certains membres de l'Ordre ayant besoin d'être rassurés dans un premier temps. Et puis, en plus de les rassurer, cela nous permettra de garder un œil sur lui, si jamais Voldemort cherche vraiment à le retrouver, lui seul.

- J'imagine que vous pensez à Alastor et Mary ? suggéra Sirius.

- Exact. Il n'y a plus qu'à les en informer.

Les deux hommes transplanèrent à leur tour au QG de l'Ordre. Ils y trouvèrent certains membres dont ceux qu'ils cherchaient. Albus Dumbledore leur exposa brièvement les faits exposés par Elliot un peu plus tôt dans la journée, leur expliqua ce qu'il attendait d'eux et ils transplanèrent à leur tour après avoir approuvé la mission qui leur était confiée.

5 août 1979

- J'ai réussi à surprendre une conversation entre deux Mangemorts qui pensaient être seuls, raconta Elliot.

Quelques jours plus tôt, Albus Dumbledore lui avait confié sa première mission. Puisqu'il pensait que sa Marque ne le brûlait pas sans raison, il fallait qu'il découvre pourquoi. Le fondateur de l'Ordre avait informé l'ancien Poufsouffle que deux membres de l'organisation secrète devaient l'aider dans cette tâche, sans qu'il ne soit au courant ni de leur identité, ni de leurs agissements. Mary Lodge et Alastor Maugrey cherchaient en effet des renseignements utiles sur Voldemort et ses projets, en s'intéressant de près à Elliot et à ses propres recherches. Ainsi, ils pouvaient le surveiller tout en le protégeant si besoin.

En réalité, le jeune homme s'était montré discret et avait pris toutes les précautions nécessaires pour éviter d'être reconnu. Depuis qu'il était en fuite, il avait pris des habitudes et développé des réflexes assez efficaces. Il modifiait systématiquement son apparence, comme lors de ses entrevues avec Dumbledore et Sirius, et il était presque devenu un expert en sortilèges de Désillusion, qu'il parvenait à maîtriser de plus en plus. Il transformait son physique par prudence, et c'était même devenu une formalité, mais les sortilèges de Désillusion lui permettaient de s'aventurer dans des endroits plus ou moins dangereux sans être vu. La seule limite était le temps qu'il avait avant d'apparaître à nouveau et, pour l'heure, c'était assez aléatoire. Plus il pratiquait, plus il parvenait à rester camouflé longtemps. La veille, il avait réussi à suivre deux Mangemorts dans l'Allée des Embrumes et à écouter en partie leur conversation. Lorsqu'il avait eu assez d'informations, il s'était éloigné avant de risquer de se mettre en danger.

- C'est une très bonne idée, approuva Dumbledore. J'admire votre courage, Elliot.

Sirius suivait l'échange sans dire un mot. Adossé derrière le vieux sorcier, il écoutait avec attention et sérieux, se permettant parfois de sourire à son ancien ami pour l'encourager à poursuivre.

En réalité, les membres de l'Ordre étaient plusieurs à agir ainsi lorsqu'ils cherchaient des renseignements. Ceux qui parvenaient à lancer les sorts suffisamment puissants pouvaient se le permettre, mais d'autres n'arrivaient pas à se cacher assez longtemps, voire ne réussissaient pas à disparaître totalement, même pour un temps court. Ils continuaient de s'entrainer en espérant pouvoir un jour être à la hauteur de leurs camarades. Peter faisait partie de ces personnes qui n'arrivaient pas bien à lancer ce sort. D'une façon générale, il avait toujours eu plus de mal à apprendre et à exercer sa magie que le reste des Maraudeurs.

Elliot avait cette chance, si l'on pouvait parler ainsi, de connaître un tas de Mangemorts inconnus des membres de l'Ordre ou du Ministère. Il avait cité quelques noms mais il avait en mémoire beaucoup d'autres visages qu'il avait vus lors des différentes rencontres entre Mangemorts, sans pour autant savoir quoi que ce fut les concernant, à l'exception de leur appartenance à ce même groupe de détraqués. En l'occurrence, il ne connaissait pas le nom de ceux-ci, mais il les avait suivis en espérant récolter une information quelconque, à la fois pour prouver sa bonne foi, pour réussir sa mission et pour savoir pourquoi sa Marque le brûlait.

- Qu'ont-ils dit ? questionna Dumbledore poliment.

- De ce que j'ai compris, monsieur, il se prépare quelque chose, une attaque. Je crois qu'ils veulent s'en prendre à la famille du Ministre. Ils ont parlé de la banlieue de Londres, mais je suis parti avant d'avoir l'adresse, si jamais ils l'ont dite.

Le fondateur de l'Ordre remercia le jeune homme et le congédia avec bienveillance. Lorsqu'il fut parti, il se tourna vers Sirius.

- Alastor et Mary attendent pour nous livrer leur version des faits. Je pense qu'ils seront capables de nous en apprendre plus. J'espère que tout cela leur aura permis d'ouvrir les yeux sur notre ami.

Sirius acquiesça. Albus Dumbledore ouvrit la porte et les deux membres qui attendaient entrèrent.

- C'était une mission très instructive, Albus, admit Alastor Maugrey.

Ils échangèrent longuement sur ce qu'ils avaient vu et entendu. Le binôme semblait à présent un peu plus enclin à croire en l'innocence et la bonne volonté de l'ancien Mangemort mais ils n'avaient pas l'air encore tout à fait prêts à lui faire pleinement confiance. Sirius sourit. Cela arriverait bien assez tôt.

7 août 1979

Le Ministre de la Magie, Harold Minchum, fut mis au courant de l'attaque qui avait été prévue à son encontre et celle de sa famille. Le soin avait été laissé aux aurors de s'occuper de sa sécurité, et l'Ordre du Phénix devait à présent se concentrer sur une autre mission tout autant périlleuse. Alastor Maugrey et Mary Lodge avaient entendu parler d'un attentat prévu dans le nord de l'Angleterre, et il était prévu que plusieurs membres de l'Ordre s'y rendent pour essayer de débusquer le camp adverse et empêcher cet attentat pour lequel ils n'avaient aucune information mis à part le lieu probable et assez approximatif, à savoir la ville de Leeds ou ses environs.

Chacun s'était préparé à partir pour quelques jours. C'était plus facile pour les membres qui ne laissaient aucune famille derrière eux, comme Sirius et ses amis. Ils seraient en tout une dizaine, les autres membres prêts à les rejoindre si nécessaire. Lors des actions comme celle-ci, il était difficile de prévoir quoi que ce fut, ni la durée du voyage, ni la dangerosité de la mission, ni même qui ou quoi surveiller ou affronter. La dernière fois, ils avaient dû combattre contre un nombre assez important de Mangemorts, et Betty était morte.

Sirius jeta un œil en direction de Peter. Les Maraudeurs, ainsi que Lily, feraient tous partie du voyage. Ils s'étaient tous réunis chez les Potter pour partir ensemble. Seul Remus, qui était parti voir ses parents en urgence, devait les rejoindre après.

- Ca va aller, Pete ? lui demanda-t-il.

Peter sourit timidement.

- Oui, je pense. Ça me fait du bien de me dire que je vais à nouveau être vraiment parmi vous, je n'ai pas fait grand-chose depuis que je suis revenu. Je suis sûr que je vous ai manqué.

- Evidemment, approuva Sirius.

Il ouvrit la bouche pour amorcer une phrase au sujet de Betty mais la referma.

- Il est dix-sept heures, Remus ne devrait pas tarder, dit-il en jetant un œil à l'horloge. Il a dit qu'il nous rejoindrait dans l'après-midi, et l'après-midi commence à être déjà bien avancée.

- C'est vrai, acquiesça Peter.

Il n'ajouta rien de plus.

Finalement, Lily et James, qui finissaient de préparer leurs affaires, les rejoignirent à temps pour voir s'allumer la cheminée. Remus entra dans la pièce. En le voyant, ils surent tout de suite que quelque chose n'allait pas.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? s'inquiéta Lily.

Remus vint s'asseoir auprès d'eux et soupira.

- Je ne viendrai pas avec vous pour la mission, avoua-t-il. Je vais rester auprès de mes parents quelque temps. Ma mère est malade, je crois que c'est assez grave.

Ses amis vinrent l'entourer pour lui montrer leur soutien.

- Est-ce qu'il y a quoi que ce soit qu'on puisse faire ? demanda Sirius.

- Non, revenez juste en bonne santé, j'ai assez de souci à me faire comme ça, plaisanta Remus. Je suis désolé de vous faire faux-bond…

- Tu rigoles ? N'importe qui, enfin, à part moi bien sûr puisque je ne m'occuperais jamais de mes parents malades, ferait la même chose que toi. On se bat pour une cause juste mais on a le droit d'avoir des problèmes personnels à gérer aussi. On te gardera une place pour la prochaine mission, t'inquiète pas !

Ils échangèrent un sourire puis se firent une accolade, avant d'être rejoints par les autres. Remus se dirigea à nouveau vers la cheminée, leur souhaita bon courage d'une voix qui laissait transparaitre une pointe d'anxiété, et disparut dans les flammes.

- Allez les amis, c'est l'heure ! s'exclama James. Ça faisait longtemps qu'on avait pas fait une mission presque tous ensemble, il faut qu'on la vive à fond pour la raconter à Remus. Ça lui mettra un peu de baume au cœur !

- T'as raison ! approuva Sirius. On va leur montrer de quoi on est capables à ces losers.

Ils rirent, puis transplanèrent vers le lieu de rendez-vous. Sur place, ils n'eurent pas besoin de chercher longtemps leurs collègues. La mission avait déjà commencé, des Mangemorts se trouvaient déjà là, prêts à attaquer.