Bonjour à tous ! J'espère que vous avez eu le temps de lire les deux chapitres précédents, en voici un nouveau. ;) J'écris pas mal en ce moment donc j'ai bien avancé. Comme d'habitude, j'espère qu'il vous plaira !
20 août 1979
- … et puisqu'il a réussi à prouver à chacun qu'il était digne de confiance, annonça Albus Dumbledore, nous pouvons accueillir chaleureusement Elliot Cattlebird, cet ancien Mangemort repenti qui nous a aidés ces dernières semaines. Je sais que certains d'entre vous étaient réticents à l'idée de le laisser faire partie de notre groupe, il le sait lui aussi, et je suis d'autant plus heureux de voir que vous avez réussi à mettre votre rancœur de côté pour lui laisser une deuxième chance. C'est aussi cela, l'Ordre du Phénix, tel le phénix qui renait de ses cendres, nous pouvons octroyer une deuxième chance, une nouvelle vie à quelqu'un qui la mérite. Bravo à toi et bienvenue, Elliot !
Chacun applaudit le nouveau membre avec plus ou moins d'enthousiasme. Il leur sourit timidement puis se râcla la gorge pour prendre la parole à son tour.
- Vous savez, j'ai proposé à Monsieur Dumbledore… à Albus, se corrigea-t-il en croisant le regard amusé du vieux sorcier, de faire un Serment Inviolable pour faire partie de votre organisation secrète, afin que vous puissiez me faire confiance. Avec Sirius, qui a été mon deuxième interlocuteur, ils ne m'ont pas laissé la possibilité de le faire. Selon eux, votre confiance, je devais la gagner, et non pas m'imposer par ce biais. Je n'avais pas vu les choses sous cet angle mais bien sûr, ils avaient raison. Je me doute que certains d'entre vous sont encore un peu méfiants, et j'espère pouvoir vous prouver par mes actions que je suis digne de cette totale confiance que vous allez, je l'espère, un jour m'accorder. En tout cas, merci beaucoup à tous de m'accorder cette seconde chance, vous n'imaginez pas ce que cela représente pour moi.
- Précisons tout de même qu'Elliot n'a pas échappé au Veritaserum et aux divers tests qui sont d'usage pour les nouvelles recrues, bien sûr, ajouta le fondateur de l'Ordre.
L'assemblée applaudit à nouveau sous le regard ému d'Elliot qui se tourna vers Sirius. Il alla rapidement le rejoindre.
- Je suis super content pour toi, mon pote, lança l'ex-Gryffondor en lui donnant une tape sur l'épaule. Tu reviens de loin !
- C'est clair, approuva l'ex-Poufsouffle. Si on m'avait dit il y a un an que je te parlerais à nouveau et qu'on s'entendrait bien, je n'y aurais pas cru. J'avais vraiment une autre vie, heureusement que vous m'avez capturé ! Sincèrement, je ne vous remercierai jamais assez.
- Arrête de nous remercier, je te l'ai déjà dit !
Sirius croisa le regard de James et alla le rejoindre, laissant Elliot discuter avec d'autres membres de l'Ordre. Il souriait.
- Et voilà, l'aboutissement de ta mission la plus longue mon Patmol, tu es heureux ?
- Assez fier de moi, oui, lui confia-t-il en souriant à son tour. J'espère simplement qu'on ne va pas se rendre compte qu'en fait Elliot est un Mangemort infiltré, j'aurais l'air fin sinon ! Heureusement qu'on lui a posé la question sous Veritaserum.
- Tu avais toujours un petit doute, hein ?
- J'aurais bien aimé te dire que non mais bon, on ne sait jamais… Rappelle-toi quand il y avait eu l'histoire avec Jane, tout le monde s'était méfié de tout le monde. Enfin, presque tout le monde, hein ? C'est cette guerre qui nous rend tous un peu paranos, mais je ne suis pas sûr que ce soit une si mauvaise chose…
- Non, tu as raison, la prudence et la méfiance sont nos meilleures alliées.
A côté d'eux, Remus et Peter discutaient tranquillement. Peter ne cessait de jeter des regards en direction d'Elliot.
- Tu vas bien, Pete ? demanda Sirius.
- Oui, tout va bien, répondit-il d'un ton évasif.
Sirius regarda Remus et il comprit qu'ils partageaient tous deux la même inquiétude. Peter s'était à nouveau renfermé depuis la bataille contre Voldemort et se montrait depuis lors souvent effacé. Cela faisait près de deux semaines à présent et même s'il semblait se détendre un peu plus, il y avait toujours des moments comme celui-ci où il donnait cette impression étrange de n'être pas réellement avec eux.
- Pete, qu'est-ce que tu regardes comme ça ?
- Rien, rien, répondit-il sur le même ton que précédemment. Tu ne crois pas qu'Elliot est un traitre, n'est-ce pas ?
- Pete, il me semble qu'on a déjà eu cette conversation, non ? rétorqua Sirius patiemment. Je croyais que tu n'avais rien contre son admission au sein de l'Ordre ? On peut aller en parler à Dumbledore, si tu veux. Mais on lui a fait passer des tests, on lui a posé des questions sous Veritaserum, je t'assure qu'il est honnête.
- Très bien, je te crois alors.
Peter sourit distraitement puis alla se chercher à boire.
- C'est un jour sans, n'est-ce pas ? demanda Sirius à Remus.
- J'en ai bien l'impression. Je crois que malgré ce qu'il veut bien nous dire, l'arrivée d'Elliot lui rappelle la mort de Betty, d'autant plus que ça fera bientôt un an qu'elle est morte.
- C'est vrai… Il faudra qu'on soit très prudents à cette période, il aura besoin de nous.
- Comme toujours, soupira Remus. Parfois je me sens démuni, je ne sais pas comment l'aider.
- Si tu savais comme je te comprends… On fait comme on peut, du mieux qu'on peut, c'est le principal je pense. Et toi, comment tu vas ? Comment va ta maman ?
- C'est de pire en pire, Sirius, confia Remus avec tristesse. Je crois qu'elle n'en a plus pour très longtemps. Elle n'arrive pas à manger… elle a drôlement maigri, tu sais… Ils essaient un tas de trucs mais je crois que son corps ne veut pas être soigné.
- Je suis tellement désolé pour toi, Lunard… tu me dis s'il y a quoi que ce soit que je puisse faire pour t'aider, je suis là !
- Je le sais, Patmol, je le sais. A vrai dire, depuis que j'ai appris qu'elle était malade, je me fais peu à peu à l'idée qu'elle va bientôt nous quitter. C'est dur, c'est très dur, et c'est d'autant plus terrible de ne rien pouvoir faire. Elle ne souffre pas, mon père fait en sorte qu'elle se sente bien. Mais comme elle n'arrive plus à manger, je crois qu'elle n'arrivera plus à se battre longtemps. C'est très dur pour lui aussi. Je ne pourrai pas affronter ça et être présent pour Peter, je n'en aurai pas la force, soupira-t-il à nouveau.
Sirius le prit dans ses bras.
- Et personne ne t'en voudra Remus. Tu fais déjà tout ce que tu peux, il faut aussi te préserver. Peter est un grand garçon, il finira par aller mieux. Toi aussi, tu as besoin de soutien, et on est là pour te le donner.
- Merci. Et toi aussi, Sirius. Je sais que tu penses encore souvent à ton frère, ne le nie pas.
- C'est vrai, avoua-t-il avec un pincement au cœur.
Il avait souvent pleuré en repensant à Regulus au cours des derniers jours. A n'importe quel moment, un souvenir heureux lui revenait en mémoire et lui infligeait un coup de couteau supplémentaire dans cette plaie déjà béante qui s'était ouverte lorsqu'il avait appris sa mort. Il savait que cette peine finirait par s'estomper, mais pour l'instant, elle était encore bien vive. Et chaque fois, il regrettait de n'avoir rien fait pour remettre son frère dans le droit chemin, pour garder un contact bienveillant, fraternel avec lui. Il s'en voulait chaque fois un peu plus parce que plus il y pensait, plus il se disait qu'il aurait pu changer les choses, empêcher tout cela. Peut-être qu'il avait tort, mais rien ne pourrait le prouver. Il n'en parlait pas à ses amis, mais ceux-ci le connaissaient trop bien pour ne pas deviner ce qu'il ressentait.
- C'est une période difficile, ajouta-t-il autant pour son ami que pour lui-même, mais on en a connu d'autres. Ça ira, je t'assure.
- Il faudra bien, Patmol, souffla Remus.
25 août 1979
« C'est fini. Elle était paisible et je pense qu'elle s'en est allée sans souffrir. J'aurais voulu vous le dire de vive voix, mais mon père a besoin de moi. Je vous embrasse. Lunard »
Le message était court, mais clair. Il ne mentionnait pas la mère de Remus, mais il était certain qu'il parlait d'elle. Sirius se sentit triste tout à coup. Il ne l'avait pas connue, mais Remus l'aimait beaucoup et l'imaginer traverser cette épreuve supplémentaire, lui qui avait déjà tant souffert depuis qu'il était jeune, l'emplissait de chagrin.
« Si tu n'y vois pas d'inconvénient, nous vous rejoindrons demain. Nous ne souhaitons pas vous laisser seuls dans cette épreuve. Tout le monde se joint à moi pour vous embrasser, on est de tout cœur avec vous. Sirius »
5 septembre 1979
Les Maraudeurs et Lily s'étaient réunis à nouveau pour un dernier adieu à Espérance Lupin, trois jours après sa mort. Remus était depuis resté auprès de son père, recevant chaque jour ses amis pendant quelques minutes au moins, le temps pour eux de s'assurer que les deux hommes allaient aussi bien qu'ils le pouvaient.
Peter de son côté semblait aller un peu mieux, offrant de plus nombreux sourires, s'intéressant à nouveau aux diverses conversations. Il avait même tenté de consoler Remus la veille, ce qui avait fait sourire ce dernier.
- C'est pas joyeux en ce moment, tout ce qui arrive, marmonna Sirius.
- C'est vrai, répondit Peter d'un ton étonnamment neutre. Mais comme tu m'as dit, il ne faut pas se laisser abattre, si tout va mal, ça ne peut qu'aller mieux ! Tu sais ce qu'on dit, après la pluie vient le beau temps…
Sirius le regarda, surpris.
- Je n'ai jamais dit exactement ça, mais t'as raison Pete. Tu as l'air en forme, c'est bien !
- Oui, je vais mieux. Et puis, c'est au tour de Remus d'avoir besoin de soutien, alors je ne veux pas m'apitoyer sur mon sort. Qu'est-ce que j'ai eu, moi, si ce n'est la peur de ma vie ? Vous avez été là pour moi quand j'ai perdu Betty, alors je suis là pour vous maintenant.
- C'est vraiment génial de t'entendre dire ça, Pete ! avoua Sirius avec ravissement. C'est super que tu aies la pêche, comme ça. Je suis heureux pour toi !
S'il avait voulu être honnête, Sirius aurait tout de même précisé qu'il était déconcerté par cette attitude qu'il n'avait pas vue chez son ami depuis très longtemps. Mais cela l'aurait probablement peiné, et il était hors de question de mettre à mal cette bonne humeur presque contagieuse. Si Peter allait bien, tant mieux.
Ils se trouvaient comme souvent au QG de l'Ordre lorsqu'avait eu lieu cet échange. Depuis qu'ils avaient réussi à déjouer l'attentat dans la ville de Leeds et l'attaque contre le Ministre de la Magie, les Mangemorts semblaient faire profil bas, mais ils savaient que cela ne durerait pas. Certains membres de l'Ordre, essentiellement ceux qui n'avaient pas combattu récemment, poursuivaient des missions d'espionnage, de contrôle, mais ils n'avaient pour l'instant rien de concret à se mettre sous la dent.
15 septembre 1979
- Vous avez des nouvelles de Remus ? demanda Sturgis Podmore au détour d'un couloir.
- Oui, bien sûr. On essaie d'aller le voir tous les jours, jusqu'à présent on a plutôt bien réussi. Il commence à aller un peu mieux, même s'il lui faudra évidemment du temps pour se remettre. Je crois qu'il a l'intention de revenir bientôt parmi nous.
- C'est une bonne chose, approuva Sturgis. Je l'aime bien tu sais… c'est un brave type, Remus. C'est toujours difficile quand il arrive quelque chose à l'un d'entre nous.
- C'est vrai. C'est gentil de te préoccuper de lui en tout cas, je lui transmettrai ton amitié.
- Merci, j'espère que ça lui fera plaisir.
- Bien sûr ! N'hésite pas à passer le voir si tu veux, je suis sûr que ça aussi, ça lui fera plaisir.
- Très bonne idée, je n'y manquerai pas. Tes autres amis vont bien aussi ? Pettigrow… Peter avait l'air un peu chamboulé, non ?
- Oui assez, admit Sirius. Mais il va mieux, c'est gentil de demander.
- Pas de problème. Je dois filer, à plus tard Sirius !
- Euh, à plus tard, bien sûr !
Sturgis avait déjà filé.
20 septembre 1979
- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Sirius.
Il y avait un attroupement de membres de l'Ordre autour de l'un des fauteuils sur lesquels il s'asseyait parfois.
- C'est Sturgis, lui chuchota Alice Londubat. On l'a trouvé ici tout à l'heure, complètement sonné. Il bredouille quelques petites phrases mais d'après Albus, il a subi un sortilège d'amnésie assez puissant. On ne sait pas qui lui a lancé, mais c'était certainement quelqu'un qui ne lui voulait pas du bien.
En s'approchant, Sirius vit effectivement Sturgis Podmore, qui avait l'air totalement perdu, étourdi. Il n'avait pas l'air de savoir ce qu'il faisait là ni même de reconnaître ceux qui se trouvaient autour de lui.
- Il vous a dit quelque chose qui pourrait aider à savoir ce qui lui est arrivé ?
- Non pas encore. Mais si tu veux mon avis, ajouta Alice, il a découvert quelque chose de dérangeant sur quelqu'un et ce quelqu'un a voulu le faire taire. Pourvu que ce ne soit pas un membre de l'Ordre, je n'ai vraiment pas envie que ça recommence comme avec Jane !
- Moi non plus Alice, je t'assure, souffla Sirius.
