Bonjour ! Voici le nouveau chapitre, avec un délai un peu plus long que précédemment (la rentrée y est pour quelque chose...). Malgré cette attente (qui fait écho au nom du chapitre d'ailleurs), j'espère que ça vous plaira, comme d'habitude.


2 octobre 1979

- J'y ai pensé aussi, Sirius, approuva Albus Dumbledore.

Le jeune homme était venu le trouver pour lui faire part des hypothèses qu'il avait émises quelques jours auparavant à propos d'un éventuel second espion au sein de l'organisation secrète. Evidemment, c'était quelque chose qui avait traversé la tête de nombreux membres ils étaient plusieurs à en avoir fait part au fondateur de l'Ordre et il ne doutait pas que d'autres viendraient lui en parler à leur tour aussi. D'après lui, il était encore trop tôt pour envisager une telle chose, mais il fallait bien sûr rester vigilant.

La conversation terminée, Sirius s'en alla trouver Elliot. Il était assis à côté d'une membre à laquelle Sirius n'avait jamais beaucoup parlé, Dorcas Meadowes. Ils semblaient s'entendre plutôt bien, ce qui le fit sourire. Lorsque son regard croisa celui d'Elliot, celui-ci lui adressa un signe de main discret, dit quelques mots à la jeune femme et se leva pour le rejoindre.

- Je vois que tu t'intègres bien, lui glissa Sirius d'un air entendu.

- Tu n'y es pas du tout, répliqua Elliot après avoir rougi et souri timidement. Il est vrai que j'essaie de m'intégrer le mieux possible, peut-être auprès de personnes que tu ne côtoies pas forcément pour éviter de rester trop souvent avec Peter Pettigrow qui ne doit pas vraiment m'apprécier, pour éviter aussi d'imposer ma présence à Mary Lodge qui ne semble vraiment pas m'apprécier, mais je ne cherche pas à draguer Dorcas…

- Si tu veux mon avis, tu te justifies un peu trop pour être honnête, renchérit Sirius avec malice. C'est toi qui parles de la draguer en plus, je n'ai rien supposé de tel.

Elliot lui lança un regard faussement outré puis se mit à rire.

- Très bien, je ne dis plus rien.

- Plus sérieusement, je suis content de voir que tu arrives à te faire une place au sein du groupe et que tout le monde ne te fait pas des scènes comme Mary la dernière fois. Est-ce que tu as une mission de prévue bientôt ?

- Je ne peux pas te répondre, tu vas croire que je cherche à séduire la belle demoiselle qui est assise à la table que tu vois là-bas…

Sirius rit à son tour.

- J'en étais sûr !

- Mais je n'ai rien dit, cher ami, poursuivit Elliot avec la même espièglerie.

- Donc ta mission implique Dorcas Meadowes ?

- Exact. Et c'est précisément de cela que nous discutions elle et moi. Je t'assure que c'est la vérité ! Nous allons la faire ensemble, cette mission.

Sirius lui lança un regard suspicieux.

- Bon, admettons. Et donc ?

- Donc on va se rendre sur le chemin de Traverse, il faut qu'on observe les allées et venues à Gringotts de Mangemorts que je connais et éventuellement d'autres personnes qui nous paraissent louches.

- Du renseignement alors, hein ?

- Voilà, c'est ça. Tout le monde a besoin d'aller à Gringotts au moins de temps en temps, on devrait réussir à repérer et à filer certaines personnes en partant de là.

- Oui, c'est une bonne idée ! C'est toi qui l'as eue ?

- Pas vraiment, disons que je discutais avec Albus de ce que je pourrais faire ensuite pour l'Ordre et Dorcas est arrivée pour lui demander s'il pouvait lui trouver un binôme. C'est là que je suis entré en scène, tout à fait innocemment.

- Je vois, répondit Sirius en souriant. Bon courage, je suis sûr que ta mission sera un succès !

19 octobre 1979

- Elliot et Dorcas ont réussi à démasquer quelques Mangemorts supplémentaires et à identifier d'autres personnes qui leur sont affiliées. Comme elle est auror, elle en a parlé à ses supérieurs au Ministère, j'imagine qu'ils prendront le relais maintenant.

- C'est drôle Sirius, tu as l'air fier comme un père quand tu parles de lui, se moqua Remus gentiment après lui avoir lancé un regard en coin.

Sirius sourit.

- Comme je suis fier de vous et de moi-même quand on accomplit quelque chose de cool, le corrigea-t-il.

- Bien sûr, je plaisantais, précisa Remus.

- Je l'aime bien, je suis content qu'il soit revenu du bon côté…

Les mots suivants se perdirent dans sa bouche : pas comme Regulus. Elliot avait beau avoir le même âge qu'eux, Sirius se sentait le devoir de le guider, de lui éviter de sombrer à nouveau, même s'il n'en avait apparemment aucunement l'intention. Son intégration se passait bien et même Mary semblait désormais se montrer un peu plus bienveillante à son égard. Tout allait bien.

31 octobre 1979

- Ca fait un petit moment qu'on n'a pas eu de nouvelle mission, Sirius, tu ne trouves pas ? demanda James.

Effectivement. Cela faisait plus de deux mois, depuis la bataille, qu'ils n'avaient rien fait à part trainer au QG en espérant avoir quelques informations, et profiter de la vie autrement. Sirius pensait qu'il fallait saisir chaque opportunité de jouir de ces moments de bonheur et de légèreté qui semblaient pouvoir disparaitre à tout instant. Plus le temps passait, plus les victimes de la guerre se faisaient nombreuses. Et plus le temps passait, plus nombreuses étaient les victimes de la guerre auxquelles il pouvait donner un nom : Betty, Jane, Regulus… Il espérait ne pas en voir d'autres allonger cette liste, tout comme il espérait ne pas faire partie de ceux qui viendraient s'y ajouter tôt ou tard. Et puis, même sans mission, ils avaient tout de même eu des moments difficiles : la mort de Regulus, la mort de la mère de Remus notamment. Certes, cela ne touchait pas James, Lily ou Peter directement, mais peut-être que c'étaient des raisons pour lesquelles ils s'étaient retrouvés à l'écart. Ou peut-être que leur présence n'était pas nécessaire pour l'instant. Il y avait un tas d'explications, mais même s'il souhaitait plus que tout avoir une vie tranquille, lui aussi commençait à trouver le temps long. Malgré lui, comme James sûrement, il avait peur de passer à côté de quelque chose en ne faisant rien. Il soupira.

- J'imagine qu'en ce moment l'Ordre n'a pas besoin de nous, répondit-il. Quoi qu'on fasse, on est toujours vigilants, tous autant que nous sommes. S'il y avait quoi que ce soit, on serait prêts à agir. Mais il y a suffisamment de monde pour observer ce qu'i observer, que veux-tu qu'on fasse de plus ?

- Je sais pas, Sirius… Je pense quand même que plus on est nombreux à agir, plus on est sur tous les fronts. Il y a sûrement d'autres personnes à surveiller que celles qui le sont déjà, non ?

- Oui, sûrement. En même temps est-ce qu'on va surveiller des personnes au hasard dans l'espoir qu'elles aient peut-être un lien avec Voldemort ? C'est pas le boulot des aurors ça ?

- Si bien sûr, confirma James. En même temps, est-ce qu'on ne fait pas aussi un peu le boulot des aurors ? Je trouve que la frontière est assez mince. Regarde, il y a même des aurors au sein de l'Ordre. Et puis, on ne sait toujours pas qui a attaqué Sturgis…

Chacun avait finalement un peu oublié l'histoire autour de l'amnésie de Sturgis et de son auteur inconnu. La paranoïa n'avait pas réussi à s'immiscer au sein du groupe cette fois-ci. D'autant plus que rien n'était venu corroborer cette idée d'un potentiel espion dans l'Ordre après cela.

- Peut-être qu'on pourrait essayer d'en savoir plus, oui. On pourra en parler à Dumbledore si tu veux.

- Non, c'était une idée comme ça, reprit James en haussant les épaules. C'est juste que j'aimerais bien faire quelque chose, on va finir par tourner en rond !

Sirius lui sourit.

- Tu sais ce qu'on peut faire mon James, si on tourne en rond ? La moto n'attend que nous dans le garage…

- Ne me tente pas, Sirius… Ce ne serait pas raisonnable !

Leurs sourires s'élargirent. Sans plus attendre, ils allèrent chercher la moto volante et décollèrent.

Au cours de leur voyage, ils ne rencontrèrent aucun Mangemort en chemin, ni aucun policier moldu. Ils ne croisèrent personne en réalité. Cela aurait pu être décevant mais, même si ce n'était pas la plus trépidante des aventures, cette petite virée leur fit du bien, comme toujours. A Poudlard, ils avaient le Quidditch pour se retrouver seuls dans les airs à présent ils avaient la moto. Sirius l'utilisait parfois seul, mais il ne s'en servait autrement qu'avec James. A vrai dire, ses autres amis n'en avaient pas montré l'envie, ou peut-être ne l'avait-il tout simplement pas remarqué… Il faudrait qu'il leur en parle plus tard.

- Ca va bientôt faire un an que vous me l'avez offerte, James. C'est fou comme le temps passe vite !

- Est-ce une façon détournée de me dire que c'est bientôt ton anniversaire ? le taquina gentiment James. Parce que je le savais déjà mon petit, j'ai déjà tout prévu, rassure-toi !

Sirius rit. Non, il n'avait pas pensé à cela. Simplement au temps qui défilait et qui le rendait parfois mélancolique comme à cet instant. Il avait du mal à se sortir ces pensées de la tête en cette journée pourtant assez banale. Verraient-ils un jour la fin de cette guerre ? Elle commençait à durer. Qui pouvait dire ce qu'il adviendrait ensuite ? Tous ces silences, tous ces instants en apparence paisibles, que pouvaient-ils présager ? Rien de bon, assurément. C'était précisément pour cela qu'ils devaient chérir les moments de calme apparent, parce qu'ils ne dureraient pas indéfiniment. Ils ne pouvaient pas compter sur Voldemort et les Mangemorts pour devenir raisonnables et cesser leurs activités d'eux-mêmes. Il se tramait forcément quelque chose, mais ils n'avaient aucun moyen de savoir quoi.

- Tu crois que l'un d'entre nous pourrait tenter de s'infiltrer chez les Mangemorts ? demanda-t-il sérieusement.

Après tout, il y avait eu une espionne au sein de l'Ordre, pourquoi ne pourraient-ils pas faire la même chose de l'autre côté ?

- Je pense que ce serait techniquement possible, mais personne ne le voudrait, répondit James solennellement. Peut-être qu'il y aurait des volontaires, sûrement même, mais personne ne voudrait laisser quelqu'un d'autre le faire. C'est beaucoup trop dangereux.

Le regard qu'il lança à Sirius en disant cela lui laissa entendre qu'il lui interdisait formellement de réfléchir à l'idée de se porter volontaire pour mettre à exécution ce plan potentiellement intéressant. Il n'en avait pas l'intention. Il ne serait de toute façon pas crédible une seule seconde en Mangemort, sa cousine ne lui laisserait aucune chance de prouver sa valeur.

- Mais en soi, s'infiltrer chez les Mangemorts, est-ce que ce serait vraiment plus dangereux que ce que nous vivons ? Si ça se trouve on va passer la porte et se faire descendre… aujourd'hui, demain, dans dix ans…

- Peut-être. Mais est-ce que ça nous a déjà empêchés de vivre ? Ca fait un moment qu'on vit dans le danger après tout !

Sirius sourit. Non, bien sûr que non ! Ces doutes, ces peurs qui l'atteignaient parfois n'avaient pour l'instant jamais eu raison de sa bonne humeur et de sa volonté d'en découdre avec Voldemort et ceux qui se mettraient en travers de leur chemin, et ce n'était pas près d'arriver.

- J'ai eu peur un instant, reprit James. Tu sais, parfois je me dis exactement la même chose que toi. Enfin, sur ce sujet précis, je veux dire. Je suis content que tu m'aies parlé de tout ça. Je pense que c'est normal qu'on y songe, je pense que c'est normal que ça nous inquiète, mais toi et moi on sait très bien qu'on aime trop la vie pour se laisser abattre par la peur de la mort. On est en vie, profitons-en !

- Bien sûr Cornedrue ! répondit Sirius en enlaçant son meilleur ami. Je me doutais bien que tu y pensais parfois aussi, je me demande à quoi ressemble la vie de jeunes adultes de dix-neuf ans qui ne sont pas engagés dans la guerre contre Voldemort… ça doit être d'un ennui affreux !

- Ca l'est forcément, puisqu'ils ne nous connaissent pas…

- Effectivement ! Je ne sais pas comment les gens font pour vivre sans nous…

- Je me demande la même chose tous les jours, mon petit Patmol. Heureusement qu'on en a sauvé quelques-uns en leur faisant grâce de notre radieuse présence !

- Mais tu as tout à fait raison, mon petit Cornedrue. Et nous avons de plus l'élégance de ne pas le leur rappeler sans cesse. Personne d'autre que nous ne pourrait vivre avec le poids de notre perfection, mon cher ami !

James acquiesça et ils se mirent à rire tous les deux. Puis Sirius redevint sérieux.

- Juste une chose…

- Oui ?

- Pour mon anniversaire, j'espère que tu n'as pas vu les choses trop en grand. J'en serais ravi, vraiment, et je sais que j'aimerai tout ce que tu feras mais…

- Mais… ?

- Ce sera le premier anniversaire de la mort de Betty, alors soit on fête l'anniversaire sans Peter, soit il vaut mieux faire quelque chose de sobre. Tu ne crois pas ?

- Bien sûr Sirius, on a pensé à tout, ne t'inquiète pas !

- Je n'en doute pas ! En fait, je voulais juste essayer de savoir ce que vous aviez préparé, mais tu n'es pas tombé dans le piège... tu es vraiment parfait à tout point de vue !

- Venant de quelqu'un de parfait également, je suis touché par ce compliment. Plus sérieusement, ce sera sobre, mais pas trop quand même… on a pas vingt ans tous les jours, mon vieux !

Vingt ans. Déjà. Après tout, peu importait ce qu'il adviendrait d'eux par la suite, il aurait au moins eu la chance de vivre jusqu'à ses vingt ans. Enfin, s'il ne mourait pas d'ici-là.