Bonjour à tous ! Voici le 30e chapitre de ma fic. Il en reste quelques-uns avant la fin, mais on s'en approche doucement. Comme d'habitude, j'espère qu'il vous plaira. Comme les vacances sont de retour, il y aura quelques chapitres supplémentaires ces prochaines semaines. Bonne lecture !


3 novembre 1979

- A ta santé Sirius ! Joyeux anniversaire !

Les verres se levèrent en l'honneur du jeune homme qui sourit avec retenue et leur adressa un signe de tête discret pour les remercier. Il était heureux de fêter un anniversaire de plus, d'être entouré de ses amis, mais il ne savait pas réellement comment se comporter en ce jour particulier, surtout vis-à-vis de Peter.

C'était son anniversaire, et en d'autres circonstances il n'aurait pas eu de mal à montrer son bonheur de le célébrer, d'être au centre des attentions pour un temps… mais voilà, Betty était morte l'an dernier à cette date, et ce n'était plus pareil. Ce ne serait jamais plus pareil. S'il n'avait pas été si proche de Peter, il aurait probablement eu moins de mal à faire la part des choses, mais il ne serait pas correct de s'épancher sans avoir un mot ou une pensée pour Betty. Il ne faisait même pas semblant de se restreindre. Il ne pourrait pas s'amuser réellement tant qu'il n'aurait pas évoqué son nom.

Chacun but une gorgée puis attendit patiemment qu'il daigne prononcer un ou deux mots. James avait souhaité commencer la soirée par un toast en l'honneur de Sirius, et visiblement chacun désirait entendre une parole de sa part avant de s'autoriser à fêter gaiement le jour de sa naissance. Ce silence inhabituel dans lequel ils patientaient montrait évidemment qu'eux aussi pensaient à leur défunte amie et ils attendaient peut-être que son nom soit prononcé pour pouvoir ensuite se laisser aller sans culpabiliser. Penser à elle, se recueillir un instant pour honorer la mémoire des disparus, puis célébrer les vivants.

Sirius se redressa, prit le temps de les regarder tous, se râcla la gorge puis se résolut enfin à parler.

- Bon. J'imagine que vous attendez que je fasse un discours pour expliquer à quel point avoir vingt ans est merveilleux, sauf évidemment ceux qui sont déjà passés par là et qui du coup connaissent la supercherie… En réalité, je ne me sens pas vraiment différent d'hier, donc avoir vingt ans est sûrement merveilleux, mais vous aurez peut-être vingt ans à votre tour avant que je ne m'en rende pleinement compte.

Quelques rires discrets parcoururent la petite assemblée.

- Je voulais surtout vous remercier. Merci à tous d'être là pour moi aujourd'hui, d'être là pour moi les autres jours… merci de vous battre à mes côtés, merci d'être vous, d'être courageux, drôles, attentionnés… vous avez tellement de qualités, je crois que je ne serais pas capable de toutes les énumérer ! Merci James en particulier pour avoir tout organisé, merci à Lily, Remus et Peter qui l'ont aidé. Je ne le dis pas souvent et je pense que vous le savez, mais merci d'être dans ma vie… et je vous aime.

Un silence bref, à la fois gêné et ému, suivit les remerciements de Sirius. Il hésita un instant, puis regarda Peter.

- Bon le but c'est pas de vous faire pleurer non plus, mais j'ai autre chose à dire. Je crois qu'on ne pourra pas vraiment profiter de la soirée si on ne lève pas tous notre verre pour honorer la mémoire de Betty, et des autres personnes que l'on a connues et qui ont été des victimes malheureuses de la guerre. A Betty !

- A Betty !

Chacun but une nouvelle gorgée.

- Et comme je sais que Betty n'aurait pas voulu qu'on s'attarde trop sur elle, je vous propose qu'on découvre ensemble tout ce que James et mes autres fabuleux amis ont préparé pour nous, pour moi. Amusez-vous bien !

Il leva son verre à nouveau, suivi par ses invités, qui s'éparpillèrent ensuite vers le buffet, vers les chaises, formant plusieurs petits groupes dans la salle de réunion du QG de l'Ordre, transformée en l'occasion en salle de réception.

- Nous on aussi on t'aime Patmol ! lui dit James avant de le serrer dans ses bras, rejoint ensuite par Remus, puis Lily, et enfin Peter.

Il semblait à Sirius que Peter avait hésité un instant avant de se joindre à leur étreinte. Il avait les yeux humides de quelqu'un qui semblait sur le point de pleurer, mais aucune larme n'avait coulé sur ses joues. Ou bien Sirius ne les avait pas vues. Il le regarda avec beaucoup de compassion et d'amitié, essayant de lui faire comprendre silencieusement qu'il était là pour lui, qu'il ne lui en voudrait pas s'il se laissait aller. Mais Peter ne répondit rien. Il ferma les yeux et les serra un peu plus fort de ses bras.

Ce fut un peu plus tard dans la soirée que Sirius le vit en proie à une grande tristesse. Il était recroquevillé dans un coin, dans la pénombre, le visage mouillé par toutes les larmes qui avaient fini par s'échapper de ses yeux. Sirius posa la main délicatement sur l'épaule de son ami.

- Tu ne devrais pas t'occuper de moi Sirius, je suis un boulet, je suis une merde… lui souffla Peter, sans vraiment le regarder.

- Pete, on en a déjà parlé, je ne veux pas que tu te dévalorises comme ça ! Tu sais que tu as plein de qualités, ne les oublie pas. Si tu fais encore référence à ce qu'il s'est passé lorsque nous avons affronté Voldemort, il ne faut plus que tu y penses. On aura bientôt l'occasion de prendre une revanche sur ce type, lui et ses Mangemorts ne pourront pas toujours nous filer entre les doigts ou faire les morts comme ils le font en ce moment.

Peter se mit à pleurer de plus belle.

- Tu ne comprends pas Sirius, je t'assure… Je ne la méritais pas ! Je ne vous mérite pas non plus, je…

- Eh, arrête maintenant ! Ce serait dommage de me gâcher mon anniversaire en racontant n'importe quoi. Et en ce qui concerne Betty, il me semble qu'elle t'avait choisi comme une grande, tu n'as pas ton mot à dire là-dessus non plus. Peter, je comprends que tu sois triste et aujourd'hui c'est tout à fait normal, mais il y a une différence entre être triste et se faire du mal pour rien. Si tu veux pleurer Betty, je ne t'en empêcherai pas, au contraire, mais je ne veux pas te voir pleurer parce que tu penses que tu ne vaux rien. Compris ?

Peter ouvrit la bouche pour protester, mais il finit par murmurer un simple « compris » sans conviction.

- Allez, sèche tes larmes, on va aller te changer les idées.

16 novembre 1979

- Ca a l'air d'aller mieux Peter, non ?

- Oui, je pense que la période fin octobre-début novembre est compliquée pour lui, maintenant que c'est passé il va pouvoir remonter la pente. C'est gentil de t'intéresser à lui, Elliot, merci.

- Je lui parlerais bien directement si je n'avais pas peur que ça le rende encore plus malheureux, ou en colère.

- Et toi, ça va ? demanda Sirius.

- Oui, cette période n'est pas si compliquée pour moi, pour être honnête. Ça fait un an que vous m'avez capturé, et depuis je revis, surtout depuis que je suis sorti d'Azkaban et que j'ai repris contact avec vous. Tout va bien. Et toi ?

- Je vais bien aussi, merci. Avec James, on a une nouvelle mission en préparation. Il y a eu du remue-ménage du côté de Londres lundi dernier, je pense que tu en as entendu parler. On va essayer de savoir ce qui se trame. Ça faisait longtemps qu'on avait pas réellement fait quelque chose, on est excités comme des gamins, je crois qu'on avait besoin d'un peu d'action !

Elliot sourit et acquiesça en silence.

Un peu plus tard dans la journée, lorsque James et Sirius arrivèrent au Chaudron Baveur où avait eu lieu l'altercation, ils trouvèrent le bar étonnamment calme. Il n'y avait que quelques habitués qui buvaient leur verre au comptoir sans trop chercher à discuter. Les deux amis n'étaient pas familiers de l'établissement. Il était connu comme un lieu de passage entre le monde moldu et le monde sorcier à Londres, mais ils ne s'y étaient jamais réellement attardés.

L'histoire dont ils avaient eu vent par les aurors membres de l'Ordre n'avait en apparence rien d'exceptionnel. Il y avait eu une altercation entre deux ivrognes, une bagarre qui avait failli dégénérer. Le patron avait alors fait appel aux aurors, qui étaient venus dans le bar rapidement. Malgré leur réactivité, l'une des deux personnes avait pu transplaner avant leur arrivée. Après avoir questionné celle des deux qui était restée, Alistair Ellis, un employé du Ministère, ils avaient appris que celle qui avait transplané était Fenrir Greyback. Ce fut à ce moment que la curiosité des membres de l'Ordre présents fut piquée. Fenrir Greyback était connu pour être proche de Voldemort, ou du moins des Mangemorts.

Sirius et James devaient chercher à comprendre pourquoi il avait rendez-vous avec Alistair Ellis et quel était le sujet de cette altercation. Les aurors faisaient bien sûr leurs enquêtes de leur côté pour des affaires comme celle-là, mais le Ministère mettait parfois des freins à certaines enquêtes dès lors qu'elles leur semblaient peu intéressantes et sans rapport avec Voldemort. L'Ordre se chargeait donc d'en savoir plus lorsqu'ils l'estimaient nécessaire, discrètement, clandestinement, comme toujours. En l'occurrence, ce qui les inquiétait, c'était qu'Alistair Ellis était secrétaire du Bureau des Aurors justement et qu'à ce titre, il possédait sûrement des informations qu'il était préférable de ne pas ébruiter. Mais le Ministère avait jugé qu'Alistair Ellis s'était simplement un peu trop laissé allé un soir de semaine et que cela l'avait conduit à se battre devant témoins, le mettant dans une situation peu honorable et dévalorisant par là-même sa fonction et son employeur. Ils l'avaient donc mis à pied quelques jours, sans lui laisser une chance de justifier son comportement. Il n'en serait pas de même pour Sirius et James qui voulaient justement avoir tous les détails des explications qu'il pourrait leur fournir.

- On va vous prendre deux Whisky Pur Feu Tom, s'il vous plait.

- Bien sûr, tout de suite chers amis, répondit le barman en souriant poliment.

Il s'éloigna vers son bar, puis leur apporta les boissons demandées et s'éclipsa de nouveau.

- On pourrait déjà commencer par lui demander des infos à lui, tu ne crois pas ? demanda Sirius à James.

- T'as raison, je m'en charge. Surveille si tu vois arriver notre homme, je reviens.

- D'accord, à tout de suite !

James se leva et s'approcha du comptoir. Lorsqu'il revint, il raconta à Sirius ce qu'il avait appris. Alistair Ellis était un habitué, mais le patron ne l'avait jamais vu s'emporter contre qui que ce soit, ni se soûler. C'était un homme raisonnable qui passait simplement boire un verre le mercredi et le vendredi après le travail. S'il était venu ce lundi, c'était pour fêter son anniversaire avec sa femme. Ils devaient se retrouver là avant d'aller manger dans un restaurant du Chemin de Traverse. Sa femme n'était pas venue et à la place un homme s'était assis face à lui et la discussion, au départ cordiale, avait fini par tourner au vinaigre et Tom avait fait appel aux aurors dès lors qu'il les avait vus baguettes en main, prêts à se jeter des sorts. Ils avaient eu le temps de s'en lancer quelques-uns avant que les aurors n'arrivent et que Fenrir Greyback ne s'échappe. Depuis, Alistair Ellis avait été mis à pied jusqu'à la fin de la semaine. Il était quand même revenu le mercredi boire son verre à la même heure. Il avait semblé un peu plus sur ses gardes, mais n'avait pas souhaité déroger à ses habitudes, parce qu'il aimait le lieu et qu'il n'était pas en tort selon lui, ce dont était également convaincu le barman. Il y avait donc de grandes chances pour qu'il pointe le bout de son nez ce jour aussi. Fenrir Greyback n'avait quant à lui pas encore refait surface.

- Bravo James, il ne t'a pas fallu longtemps pour lui faire dire tout ça ! s'enthousiasma Sirius.

- Oui, mais je n'ai pas beaucoup de mérite, je pense qu'il avait besoin ou envie d'en parler de toute façon. Je n'ai pas trop eu besoin de le titiller sur le sujet pour qu'il dévoile tout. Je lui ai dit que j'avais entendu parler de cette histoire, et que je voulais lui apporter mon soutien parce que ça n'avait pas dû être facile à vivre, et c'était réglé. Comme je lui ai dit, on ne vient pas souvent, mais le Chaudron Baveur est un établissement culte, on n'aime pas apprendre qu'il s'y passe des choses désagréables. Il m'a dit que ce n'était pas la première et que ce ne serait pas la dernière bagarre qu'il verrait ici, mais qu'il appréciait qu'on ne lui en tienne pas rigueur. Il a l'air sympathique tu sais, je me le dis chaque fois que je passe ici. Il doit voir un tas de choses derrière son comptoir.

- C'est sûr ! En tout cas, maintenant que tu as géré comme un chef, il ne nous reste plus qu'à attendre notre cher Alistair.

- Exactement mon cher Patmol.

Ils n'attendirent pas beaucoup plus longtemps. L'homme, dont ils avaient pu obtenir une photographie, entra dans le bar, jeta un coup d'œil méfiant à l'ensemble de la salle puis se détendit et alla s'accouder au comptoir pour commander à son tour un Whisky Pur Feu.

James et Sirius entendirent le patron lui dire que quelqu'un semblait s'intéresser de près à son histoire en désignant James d'un léger mouvement de tête. Ils levèrent leurs verres vers lui en lui souriant lorsqu'il se tourna pour les regarder. Le premier contact était établi.