Bonjour (ou bonsoir) ! Voici le nouveau chapitre. J'attendais de l'écrire en partie depuis longtemps (comme le suivant d'ailleurs). Comme d'habitude, j'espère qu'il vous plaira.


16 novembre 1979

Sirius regarda Peter, inquiet. Sa réflexion faisait sens, peut-être que Greyback voulait la liste des personnes ayant été libérées d'Azkaban précisément par rapport à Elliot. Si c'était le cas, son ami était en danger.

- Sirius, je ne pense pas que c'est ce que Peter voulait dire, le rassura Remus. Je ne crois pas que Greyback ait cherché à obtenir des informations sur Elliot en particulier. Si je ne me trompe pas, il suggère juste que certains Mangemorts ont peut-être essayé de s'échapper, parce qu'ils ne voulaient plus être Mangemorts, et Voldemort cherche à savoir si ceux pour lesquels il a des soupçons sont enfermés à Azkaban ou se sont fait la malle.

Peter acquiesça.

- Dans tous les cas, ça peut le mener à Elliot quand même, rétorqua Sirius.

- Mais Elliot a eu un procès, et je suis sûre que Voldemort pense qu'il est à Azkaban, s'il s'en soucie, fit remarquer Lily. S'il fait effectivement des recherches, ce serait plus pour des personnes pour lesquelles il ne sait pas où elles sont. Il y en a certainement qui ont eu la même réaction qu'Elliot et qui ont cherché à fuir. Ils n'ont pas tous eu la chance d'obtenir un arrangement avec le Ministère.

- Et puis, comme tu sais, Elliot n'a jamais fait partie du cercle proche de Tu-Sais-Qui, je ne vois pas pourquoi il chercherait à le retrouver lui spécialement, ajouta Peter. Je disais simplement que si lui a pu se soustraire à l'emprise de Tu-Sais-Qui, il n'est sûrement pas le seul qui a voulu le faire. Il est peut-être le seul qui a réussi cela dit, pour l'instant.

- On peut tout de même lui en parler si ça te rassure, conclut James. Il est déjà sur ses gardes donc je ne pense pas que ça changera grand-chose, mais au moins on ne le garde pas pour nous.

Ces quelques paroles suffirent à rassurer Sirius. Il n'y avait certainement pas lieu de s'inquiéter en effet. Et puis, comme le lui avait dit Albus Dumbledore quelque temps auparavant, Elliot était de toute façon constamment en danger depuis qu'il était entré chez les Mangemorts. Il lui en parlerait, bien sûr, mais il n'y avait pas de quoi s'affoler.

20 novembre 1979

- Alors comme ça tu as presque trouvé un nouveau membre pour l'Ordre, Sirius ? s'enquit Elliot.

Ils se trouvaient ensemble au QG de l'Ordre, où l'ex-Poufsouffle venait de rentrer de l'une de ses missions. Il continuait de chercher des renseignements sur certains Mangemorts présumés, en compagnie de Dorcas Meadowes.

- C'est Dumbledore qui t'en a parlé ?

- Non, c'est Dorcas, répondit Elliot. Elle en a discuté avec ton amie Lily hier. C'est toi qui vas te charger de te renseigner sur lui ?

- Pas que je sache, en tout cas pas tout de suite, répondit Sirius avec nonchalance. On n'a pas encore eu de retour de Dumbledore, je crois qu'il a d'autres affaires à régler pour le moment. Et toi, comment ça se passe ?

- Plutôt bien, mais on est un peu en train de stagner pour être honnête. Je me demande si on ne devrait pas se trouver un autre point de surveillance que le Chemin de Traverse. Peut-être qu'on aura plus de réussite ailleurs, peut-être que quelqu'un a compris que le Chemin de Traverse était surveillé…

- Peut-être. A propos de Mangemorts, il faut que je te parle de quelque chose, Elliot. Rien d'affolant rassure-toi, mais ça me paraît important que tu sois au courant quand même.

Elliot fronça légèrement les sourcils. Sirius l'informa de ce qu'il avait appris au sujet des recherches de Fenrir Greyback. Il chercha à le rassurer de la même manière que ses propres amis l'avaient fait avec lui, et cela sembla avoir l'effet escompté. Elliot avait eu un moment d'hésitation, pendant lequel il s'était posé presque les mêmes questions que son ami, à savoir si ces recherches avaient un lien direct avec lui ou non, mais il s'était rapidement ressaisi. Il finit par sourire à Sirius et le remercia.

- Je ne sais pas si ça a un rapport avec moi ou non, et peu importe en réalité, annonça-t-il sobrement. Je fais attention à tout, je ne pourrais pas en faire plus de toute façon… A moins de rester cloîtré quelque part, mais ça ne m'avancerait à rien du tout. Je préfère me battre et mourir en faisant avancer les choses que d'attendre que la vie passe sans que je ne fasse rien.

Sirius comprenait tout à fait cela. C'était l'une des raisons qui l'avaient poussé à entrer dans l'Ordre du Phénix lorsqu'il était sorti de Poudlard.

- Bien sûr ! Ne fais rien d'irréfléchi tout de même. On vient de se retrouver, je n'ai pas envie de te perdre.

- Ça me touche beaucoup que tu me dises ça, tu sais ? Merci.

Ils se sourirent et se firent une accolade, qui fut suivie d'un bref silence gêné.

23 novembre 1979

- Comment tu vas, Lunard ?

Les deux amis s'étaient donné rendez-vous aux Trois Balais, comme ils s'étaient promis de continuer à le faire après leur sortie de Poudlard. James, Lily et Peter devaient les rejoindre un peu plus tard.

Sirius observa son ami en attendant sa réponse. Remus semblait aller de mieux en mieux depuis qu'il avait perdu sa mère l'été passé. Contrairement à Peter, il semblait pouvoir tout supporter, lui qui avait déjà traversé tant d'épreuves depuis son enfance. Il se montrait toujours digne et fort face aux épreuves. D'un autre côté, il pouvait parfois se montrer très secret, comme si ses malheurs ne valaient pas la peine d'être partagés, comme si lui-même ne méritait pas la compassion ou l'amitié de ses proches. C'était une chose contre laquelle ses amis s'étaient battus durant toute leur scolarité, et Remus avait fini par s'ouvrir à eux, de plus en plus. Il pouvait cependant lui arriver de se fermer à nouveau de temps à autres.

Remus savait qu'il pouvait compter sur ses amis, ils en avaient parlé maintes fois et les choses étaient claires pour tout le monde, mais il n'était pas rare qu'ils doivent lui demander de parler de lui, parce qu'il ne le faisait pas forcément aisément de lui-même. D'ailleurs, Sirius et Remus se ressemblaient un peu sur ce point. Sirius ne voulait pas qu'on voie ses failles. Les rares fois où il s'était autorisé à craquer, seuls ses amis proches et Albus Dumbledore en avaient été témoins. Autrement, il avait tendance à tout intérioriser, et il savait très bien que ce n'était pas forcément la meilleure des stratégies. Quel que fut le fardeau, il était nécessairement plus léger s'il était porté à plusieurs. Il n'était par conséquent pas rare que ses amis, dont Remus, usent du même stratagème à son égard pour l'inciter à extérioriser ses sentiments.

Ce dernier but une gorgée de bièraubeurre dans le verre que Mme Rosmerta venait de lui apporter. Sirius fit de même.

- Je vais bien, merci Patmol. J'ai l'impression que mon père va mieux aussi, autant que possible en tout cas. Je vais rester encore chez lui quelque temps et je partirai ensuite. Je crois qu'il a besoin de se reconstruire sans que je sois tout le temps dans les parages.

Il leva les yeux vers Sirius pour guetter sa réaction. Celui-ci approuva silencieusement. C'était une bonne décision. Il fallait qu'ils réapprennent à vivre l'un sans l'autre, sans pour autant s'oublier, bien sûr.

- J'ai demandé à Dumbledore s'il pouvait me confier une mission prochainement, je commence à me tourner un peu les pouces, poursuivit Remus. Comme tu n'en as pas non plus, peut-être qu'on en fera une ensemble ? Je crois que ça n'est jamais arrivé encore…

- Oui tu as raison. J'en ai fait quelques-unes avec James, mais je n'en ai encore jamais fait ni avec toi, ni avec Peter. J'imagine que ça dépendra de ce qu'i faire.

- Je pense qu'il nous enverra faire des recherches sur Alistair Ellis, tu as dit toi-même qu'il avait été intéressé par votre proposition.

- Effectivement, mais j'ai compris aussi que ça n'était pas du tout sa priorité, nuança Sirius. Enfin, on verra bien ce qu'il adviendra.

Remus acquiesça.

- Et toi, comment tu vas ? lui lança-t-il. Tu ne penses quand même pas qu'on ne va parler que de moi ?

Sirius rit. C'était en effet à son tour de parler de lui. A dire vrai, tout allait relativement bien dans sa vie à ce moment. La douleur liée à la perte de son frère s'était atténuée, il était heureux et se sentait bien. Il n'y avait plus lieu de s'inquiéter comme lors des semaines passées, Remus allait mieux, Peter allait mieux, Elliot allait bien, James et Lily filaient le parfait amour, sa dernière mission avait été un succès. C'était une bonne période, assurément.

Leurs trois autres amis finirent par les rejoindre. Se retrouver ainsi entre amis à Pré-au-Lard leur rappela un peu leur scolarité à Poudlard.

5 décembre 1979

- C'est les frères Prewett qui vont se charger de traquer Greyback, annonça James, qui revenait d'un rendez-vous avec le fondateur de l'Ordre. Enfin, disons que s'il refait surface, ils l'empêcheront de faire du mal à quelqu'un, mais Dumbledore pense que l'Ordre n'a pas d'intérêt dans sa capture potentielle, on va laisser ça au Ministère et aux aurors s'ils décident de s'en charger.

- Ça me paraît sage comme décision effectivement, approuva Remus.

Sirius acquiesça à son tour. Il était toujours intéressant de savoir ce qu'il se passait à la suite de leurs missions, même lorsqu'ils n'étaient plus directement impliqués.

- Est-ce que vous avez parlé d'Alistair Ellis ?

- Son nom a été cité dans la conversation oui, mais je crois que Dumbledore veut t'en parler à toi plus spécifiquement. En vrai, je vais sûrement devoir me détacher un peu de tout ça pour quelque temps, répondit James sur le ton de la conversation.

Sirius et Remus lui lancèrent un regard interrogateur. Qu'entendait-il par « se détacher de tout ça » ? Mais James ne leur donna pas l'explication qu'ils espéraient. Il se contenta de leur sourire et de jeter toutes les deux secondes environ des coups d'œil à la porte par laquelle il était arrivé.

- Qu'est-ce que tu nous caches, James ?

Le sourire de leur ami s'élargit mais il ne répondit pas plus à cette question qu'à leur interrogation silencieuse. Désormais, son regard oscillait entre la porte et ses deux amis, singulièrement intrigués par ce mutisme aussi soudain qu'inhabituel.

A en juger par son attitude, James préparait quelque chose. Ses regards, son sourire, son calme apparent trahi par son incapacité à rester immobile, tout en lui révélait son stress et son excitation. Mais pour quoi ? Pour qui ? Il y avait fort à parier qu'il attendait quelqu'un et que ce quelqu'un serait l'une des clés pour comprendre ce qui se tramait.

- Très bien, lança Sirius. Si tu ne veux pas nous dire, on le découvrira par nous-mêmes.

James lui jeta un nouveau coup d'œil, laissa échapper un rire bref puis se concentra à nouveau sur la porte.

Quelques instants plus tard, Peter arriva et James alla à sa rencontre, sans lui laisser le temps d'arriver jusqu'à eux. La confusion évidente de Peter montrait cependant qu'il ne serait pas la clé que Sirius et Remus attendaient.

- Qu'est-ce que tu fais, Pete ? s'enquit Sirius.

- James m'a demandé de venir au QG, il avait besoin de me voir d'après ce qu'il m'a dit. A ce que je vois, vous aussi, mais je me doutais bien que vous seriez là.

- En fait on était déjà là, c'est lui qui est venu nous trouver, répondit Remus. Je l'ai rarement vu comme ça !

- Oui, il a l'air d'un gosse là ! renchérit Sirius. Je me demande vraiment ce qu'il attend… Mais, attendez…

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Peter.

- Lily n'est pas là. S'il est encore en train d'attendre quelqu'un alors qu'on est tous les trois là, c'est forcément elle ! Peut-être qu'elle fait partie de la surprise ?

- Ça fait sens ce que tu dis Sirius, effectivement, approuva Remus. Enfin, ça ne sert à rien de lui demander, il ne nous dira rien le bougre !

James rit de nouveau. Il était évident qu'il écoutait tout ce qu'ils racontaient à son sujet. Son rire fit sourire Sirius. Il était rare que James lui cache des choses, même lorsqu'il lui arrivait d'en cacher à Remus et Peter. Pour une fois, il se sentait aussi perdu qu'eux, mais cela n'avait rien de négatif, au contraire. Il commençait à être aussi excité que son meilleur ami, à l'idée, pour sa part, de découvrir ce que son meilleur ami cherchait à lui cacher avec autant de volonté. Le fait qu'il n'ait plus prononcé un mot depuis au moins une bonne dizaine de minutes était un signe qui ne trompait pas. Peu importait ce qu'il allait leur dire, leur montrer ou leur faire, c'était forcément quelque chose qui lui tenait particulièrement à cœur. Et cela mettait Sirius en joie, même sans savoir ce que c'était.

- Snargalouf ! lui lança-t-il avant de se mettre à rire à nouveau, accompagné de l'intéressé et de ses deux autres amis.

Lorsque Lily arriva enfin, puisque c'était bien elle qu'il attendait, le sourire de James s'élargit encore – Sirius ne pensait pas que ce fut possible – et il lui susurra quelques mots avant de l'embrasser puis de se tourner vers ses amis, leur montrant ainsi son large sourire et ses yeux pétillant de bonheur. Lily était radieuse elle aussi, la même joie se lisait sur son visage. Celle-ci se communiqua au reste du groupe qui arbora une mine similaire, sans même savoir pourquoi.

- On a quelque chose à vous dire, commença James, avec un léger tremblement dans la voix.

Il regarda Lily avec amour, puis ils eurent tous deux un petit rire gêné.

- Je te laisse leur dire, ma douce, reprit-il avec une incroyable douceur.

Lily acquiesça en silence, jeta un nouveau coup d'œil à son mari puis inspira profondément comme pour se donner du courage.

- Voilà, dit-elle avec ce même trémolo dans la voix. J'ai demandé à Albus de m'éloigner quelque temps du terrain, même si je continuerai d'agir pour l'Ordre bien évidemment.

Quelque temps. Elle aussi devait « s'éloigner quelque temps ». James avait dit qu'il devrait « se détacher de tout ça pour quelque temps ». Les deux formules étaient très similaires, et Sirius pensait commencer à deviner ce qu'ils s'apprêtaient à apprendre, même si cette nouvelle serait absolument folle. Formidable, bien sûr, mais complètement folle ! Il se concentra sur Lily qui s'était arrêtée de parler un instant, probablement pour leur laisser le temps d'assimiler ce qu'elle avait annoncé. Il la vit serrer la main de James, le regarder encore, lui sourire.

- Je suis enceinte, annonça-t-elle enfin. James et moi, nous allons avoir un bébé !