UN VAMPIRE ÉLÉGANT

One-shot sur « Sherlock »

Disclaimer : rien n'est à moi

Rating : K+

Genre : humour

Pairing : Johnlock (John Watson / Sherlock Holmes), Sherlolly (Molly Hooper / Sherlock Holmes)

Résumé : quand arrive Halloween et que Sherlock joue au vampire…

« Vampire ! Je te vois bien en vampire ! »

Sherlock, tranquillement assis sur son fauteuil, les genoux repliés contre lui et pianotant sur son BlackBerry, leva les yeux vers John qui venait d'un seul coup de s'écrier cette phrase bizarre. Plissant ses yeux comme il avait l'habitude de le faire quand il cherchait à comprendre quelque chose, il fixa son colocataire.

« Pardon ? »

John avait l'air soudainement très enjoué par son idée alors qu'il se levait rapidement de son propre fauteuil, laissant là le journal qu'il lisait.

« Mais oui, Sherlock, je pense que tu ferais un très bon vampire ! »

Sherlock était dans l'incompréhension. Ça lui arrivait souvent, avec John. Il réfléchit à toutes vitesses, ne comprenant pas pourquoi son ami pensait qu'il serait un bon vampire. Ça ne voulait absolument rien dire. Puis, haussant les sourcils, il lui sembla qu'une explication surgissait dans son esprit génial.

« Oh… Je vois… John, même si j'ai l'habitude d'aller à la morgue et de faire des expériences, je n'ai jamais bu de s…

Non, non, n'en dis pas plus Sherlock de toutes façons je ne veux pas savoir… »

Le coupa brutalement John en fermant les yeux alors que Sherlock presque vexé lui répondait aussitôt :

« Sérieusement, John, je n'ai VRAIMENT jamais fait ça, je ne suis pas un psychopathe tu te rappelles, seulement un…

Sociopathe de haut niveau, oui. Mais ce n'est pas du tout pour ça que je disais ça de toutes façons…

Sherlock n'y comprenait rien. Pour quelles autres raisons John pouvait-il le prendre pour un vampire ?

« Quoi, c'est parce que je ne dors pas beaucoup ? »

John soupira, comme toujours avec Sherlock, partagé entre l'envie de rire et d'abandonner. Son colocataire, ami, meilleur ami et collègue, avait beau être le plus grand génie d'Angleterre, il pouvait être vraiment stupide parfois.

« Non, c'est à cause de ton… De ton physique. Enfin, de ton apparence. »

Rectifia John en regrettant déjà ce qu'il avait dit.

Sherlock haussa les sourcils au maximum de ce qu'il pouvait faire. Il sembla réfléchir une éternité, complètement dépassé par ce qu'il venait d'entendre. Au bout d'un moment, John décida qu'il valait mieux expliquer avant que le génie fou n'imagine encore une explication scientifique étrange à quelque chose d'en fait très simple.

« Ce que je veux dire Sherlock, c'est que tu serais parfait déguisé en vampire, parce que tu as une grande silhouette mince, une peau très pâle, des cheveux très noirs et des yeux perçants. Avec ton long Belstaff qui claque autour de toi quand tu marches, tu as tout à fait le profil pour ce déguisement ! »

Sherlock sembla de nouveau presque vexé.

« Je ne suis pas si pâle ! Et je ne suis pas grand, c'est un effet d'optique dû à des vêtements longs et une personne de petite taille à mes côtés ! »

John souffla en essayant d'ignorer la remarque de son insupportable ami.

« Tu fais 1m83, Sherlock !

Et pourquoi tu veux que je me déguise en vampire ?

Mais… Sais-tu au moins quel jour on est ?

31 octobre. Je ne vois pas le rapport.

Bon sang, Sherlock ! C'est Halloween !

Ah…

Subitement désintéressé par la situation, Sherlock partit s'allonger sur le canapé comme il avait l'habitude de le faire pour ne plus être dérangé. John pestait entre ses dents, il avait la plupart du temps l'impression de vivre avec un enfant capricieux. À ceci près que les enfants adoraient Halloween.

« Tu peux faire un effort Sherlock, il y a des soirées halloween dans plusieurs pubs de la ville, on pourrait aller y faire un tour, ça fait des jours qu'on ne bouge pas d'ici…

C'est la faute de Lestrade. Il ne me trouve pas d'affaire. Je veux une affaire ! Je m'ennuie ! »

Eh bien si tu t'ennuies viens avec moi, ça ne coûte rien, on va s'amuser et tu ne t'ennuieras plus…

Non ! Je m'ennuie, c'est une affaire qu'il me faut ! Un crime, un tueur en série, quelque chose de spectaculaire ! »

Sherlock sauta sur ses pieds pour reprendre son BlackBerry à la recherche d'un éventuel message de Lestrade. John secoua la tête, désespéré de ne jamais réussir à convaincre son colocataire excentrique de ne jamais prendre part à quelconque divertissement de nature amusante ou sociale. Haussant les épaules alors que Sherlock, n'ayant toujours reçu aucun message, s'était rallongé en boudant et en marmonnant « ennuyé… » pour la millième fois de la journée, John décida d'aller tout seul à l'extérieur.

Il avait déjà un déguisement de l'année passée, si on pouvait appeler ça un déguisement, d'ailleurs, un pull représentant une citrouille et une veste avec une chauve-souris dans le dos. Si Sherlock avait bien voulu se déguiser avec lui, il aurait pris plaisir à chercher un véritable déguisement, mais il serait probablement tout seul et rentrerait tôt, donc il prenait uniquement ce qui lui tombait sous la main, juste de quoi avoir le droit de rentrer à l'intérieur des pubs lors de cette soirée où le déguisement était obligatoire. Mais au moins, ça le sortirait.

Finalement, John s'amusait plutôt bien. Il avait croisé par hasard Molly qui, déguisée en sorcière avec toute la panoplie nécessaire, s'était rendue elle aussi à la fête après sa journée de travail. Ils avaient alors discuté et pris un verre avec Stamford qui lui aussi, était là. L'ambiance était bonne et ça le sortait au moins des excentricités de Sherlock pendant au moins quelques heures. Il n'avait d'ailleurs même pas vérifié son téléphone, persuadé que son colocataire lui enverrait certainement des SMS stupides du style « Je m'ennuie » ou « Il n'y a plus de lait dans le frigo ».

Au bout d'un moment, le pub était rempli. Des personnages de toutes sortes dansaient, trinquaient ou tentaient d'effrayer d'autres personnages. Sorcières, citrouilles, zombies et autres monstres se mélangeaient joyeusement. John se disait que finalement il aurait pu faire un effort de déguisement, il se sentait un peu ridicule avec son costume qui avait d'ailleurs bien amusé Stamford.

Puis, alors que la fête battait son plein, un nouveau personnage fit une apparition remarquée. Plusieurs personnages féminins sifflèrent d'admiration devant ce qui était probablement un des meilleurs déguisements de la soirée. Un très élégant vampire venait de faire son apparition, silhouette élancée, démarche fluide et assurée, une longue cape noire fouettant le sol à chacun de ses pas. Un costume noir très cher, complétait la tenue de l'élégant personnage. Son teint très blanc contrastait terriblement avec ses boucles sombres et son regard bleu acier, alors que deux canines blanches presque brillantes ornaient son sourire qui paraissait sûr de lui. Il avait vraiment fière allure ainsi, et John se retourna vivement en voyant Molly presque s'étrangler avec sa mystérieuse et peu engageante boisson orange en regardant le nouvel arrivant. Avant qu'il n'ait eu le temps de comprendre, le vampire s'était assis à côté de lui, devant une Molly toujours bouche bée.

« John, je t'ai envoyé 23 SMS… »

John fixa son ami en clignant des yeux. C'était tellement improbable que Sherlock arrive à cette fête avec précisément le costume qu'il lui avait suggéré de porter, qu'il se demandait s'il n'avait pas trop bu et qu'il s'agissait en fait d'une hallucination.

Mais ça ne devait pas être le cas, si on en croyait Molly qui s'exclamait maladroitement avec un regard trahissant son admiration :

« Oh… C'est… Sherlock… C'est impressionnant… Vous êtes très… C'est très réussi…

Molly, si vous pouviez éviter de m'appeler par mon nom, je suis en mission d'infiltration… »

Répondit le détective sans prêter attention à la gêne de Molly qui le dévorait des yeux, comme souvent.

John réalisa que c'était vrai et s'empressa de vérifier son téléphone. Après vingt SMS tous plus excentriques les uns que les autres du style :

« Il n'y a plus de lait », « Je ne bois pas de thé sans lait », « Le grille pain a explosé », « Pourquoi les gens sont-ils si stupides ? », « Je m'ennuie », « Où est mon crâne ? », « Le grille pain remarche », « Il n'y a toujours pas de lait, John » … Après tous ces étranges messages figuraient trois SMS intéressants :

« Lestrade a besoin de moi. À l'angle de la rue où tu es en train de boire avec Molly et Stamford. Agression.

SH »

« Je m'arrête à un magasin. J'arrive.

SH »

« L'agresseur est dans le pub, John. J'arrive.

SH»

John se redressa en regardant son ami. Ce n'était pas vraiment le genre de cas qui intéressait Sherlock d'ordinaire, il devait vraiment s'ennuyer alors. Mais, John n'en était pas mécontent. Il avait envie de sourire en voyant le grand détective avec son costume de vampire. Il n'aurait jamais cru que ça fonctionnerait, qu'il pourrait réellement voir ce spectacle. Et la réalité était que Sherlock était réellement très doué dans les déguisements, et John était très doué pour trouver ce qui lui irait bien. Car le déguisement était mieux que tout ce qu'il aurait pu imaginer, Sherlock était vraiment un parfait vampire. Certes, encore plus blanc que d'ordinaire avec son maquillage, mais ça lui allait très bien. Ça faisait même ressortir davantage ses yeux bleus déjà si intenses d'ordinaire. Non, vraiment, c'était parfait et John se félicitait d'avoir influencé Sherlock sur son choix de déguisement.

« John, je suis flatté mais nous avons un agresseur à trouver… »

John se sentir presque rougir en étant sorti de ses pensées que bien sûr le vampire génie avait deviné, comme il le faisait toujours (presque toujours). Molly elle-même avait rougi, espérant que son détective préféré ne puisse pas deviner combien elle était en train de l'admirer elle aussi et bien plus encore. Elle espérait que son maquillage de sorcière cacherait un minimum ses expressions, mais elle failli de nouveau s'étrangler quand Sherlock lui proposa soudainement :

« Molly, j'ai besoin de vous. Il vous faut simplement continuer de montrer de l'intérêt. »

John fronça les sourcils alors que Sherlock continuait :

Quant à toi John, tu vas devoir t'éloigner un moment, tu n'as qu'à faire semblant d'aller aux toilettes. Restes y exactement 4 min 30. Quand tu reviendras, essaies d'avoir l'air très jaloux et frappes moi au visage. Ça nous permettra de trouver notre agresseur et de pouvoir enfin rentrer chez nous et enlever ces déguisements stupides. »

John ouvrit la bouche pour protester, il ne pouvait pas croire que Sherlock lui demande de faire croire qu'il était en couple avec lui, déjà que tout le monde le croyait, alors que ce n'était évidemment pas vrai. Évidemment ! Quelle idée ridicule… Qui pourrait être en couple avec un énergumène pareil, déjà… Et il n'était même pas gay… il eut envie de dire que ça ne fonctionnerait pas, il n'y aurait aucune crédibilité, un vampire avec une citrouille chauve-souris, personne n'y croirait ! Puis devant le regard de Sherlock, il se résigna et se leva pour s'éloigner du petit groupe, regardant sa montre pour pouvoir revenir dans 4min30.

Mais il ne pouvait pas s'empêcher d'observer ce qui allait se passer. Se dissimulant au fond de la pièce derrière la porte menant aux toilettes, il surveillait tout.

Sherlock faisait des sourires à Molly et lui parlait, sans qu'il ne puisse bien sûr entendre ce qu'il disait. Quoi qu'il en soit, Molly avait l'air d'avoir du mal à rester concentrée sur son rôle, pourtant simple quand on sait comment elle était RÉELLEMENT sous le charme de Sherlock. Mais c'était peut-être pour ça qu'elle avait du mal à le jouer, et même si John n'avait pas le même esprit génial que son collègue détective, il pouvait voir cela. Et ça le fit presque se sentir mal à l'aise. Après tout, Sherlock se servait des sentiments de Molly et ce n'était pas très sympa. Si tant est que Sherlock sache ce que c'était que d'être sympa (pas forcément qu'il ne voulait pas l'être par moment, mais ça ne marchait pas beaucoup tellement il ne comprenait rien à la nature humaine et aux sentiments).

Mais il fallait reconnaître qu'il savait s'y prendre pour jouer de ses charmes quand il s'agissait de résoudre une affaire. Sans savoir pourquoi, John se sentit presque énervé. Au bout de 4 min, Sherlock prit la main de Molly qui devint littéralement cramoisie, n'osant absolument pas lui rendre son geste malgré qu'elle n'ait envie que de ça, mais pas dans ces circonstances là, évidemment.

Au bout de 4min15, Sherlock fit mine de s'approcher de Molly comme s'il allait l'embrasser, alors que la jolie sorcière n'arrivait plus à dissimuler son trouble et le regardait presque douloureusement, ses lèvres tremblantes car elle savait qu'il ne le ferait pas, mais ça lui faisait mal…

John se sentit vraiment très en colère. Cet idiot de détective consultant ne voyait même pas que Molly l'aimait, et que jouer cette comédie ne faisait que lui rappeler qu'elle avait le malheur d'être amoureuse d'un sociopathe qui ne se souciait de personne. C'était vraiment navrant. Et puis, non, il n'allait pas VRAIMENT embrasser Molly, n'est-ce pas ? John ne voudrait jamais assister à une telle chose. Sherlock débloquait complètement ! Il fallait empêcher ce non sens !

À 4min 30, ce n'est même pas en jouant la comédie que John arriva en trombe, très énervé, ne se souciant plus s'il avait l'air ridicule dans son costume et en étant en colère comme ça, et s'avança droit vers le faux couple alors que Sherlock faisait son sourire narquois.

« À quoi tu joues ? Tu peux me dire à quoi tu joues ? Sérieusement… Tu allais l'embrasser ! »

Le grand jeune homme se leva faisant mine de s'excuser et John, comme il devait le faire selon le scénario, lui envoya son poing à la figure, faisant attention à ne pas lui faire trop mal mais juste assez pour que quelques gouttes de sang s'écoulent de la lèvre du beau vampire, le rouge contrastant avec la blancheur extrême de sa peau d'albâtre. Plus que jamais, il ressemblait à un vampire, et Molly qui avait soupiré de soulagement en voyant John arriver enfin, puis qui avait sursauté en le voyant le frapper, le regardait de nouveau avec un mélange de trouble, de gêne, de fascination et l'envie très claire de partir loin de ce stupide pub.

Ensuite, tout alla très vite. Un homme déguisé en zombie arriva et insulta Sherlock et John copieusement avant de tenter de frapper le plus proche, c'est à dire John. Aussitôt, Lestrade et Sally Donovan arrivèrent sur un signe de Sherlock, et l'interpellation fût menée. L'homme hurla qu'il n'avait rien fait, face à un Sherlock plus effrayant que jamais qui lui répliqua de sa voix la plus grave, la plus rapide et la plus cinglante :

« Vous venez d'agresser un jeune homme à l'angle de la rue, il y a une heure. C'est une attaque homophobe et vous ne pouvez pas la nier vous êtes tombé dans le piège comme l'idiot sans cervelle que vous êtes lorsque mon ami a fait une crise de jalousie… Vous l'avez agressé parce qu'il est gay et infidèle, vous avez assisté à une dispute entre lui et son petit ami et vous avez attendu qu'il soit seul pour l'attaquer, ce que vous n'avez pas fait avec moi et John parce que vous étiez échauffé par l'alcool et la fête ce qui de toutes évidences vous rend davantage violent et davantage stupide… »

La soirée s'était terminée aussi étrangement qu'elle avait commencé. L'homme avait été arrêté, puis Stamford qui avait l'air de beaucoup s'amuser de la situation, avait insisté pour que tout le monde reste et qu'ils boivent un dernier verre tous ensemble. John avait accepté volontiers, encore un peu étourdi par tout ce qui s'était passé. Molly avait essayé de reprendre une contenance, bien décidée à ne pas se laisser dominer par sa gêne, elle était plus forte que ça, et parce qu'elle avait bien besoin de boire un verre, ne serait-ce que pour détourner son regard des gouttes de sang de la lèvre de l'envoutant vampire qui, elle ne comprenait pas pourquoi, l'attirait encore plus que d'habitude ( les journées passées à la morgue et parfois avec lui devaient lui taper sur la tête, elle devrait penser à prendre des vacances ).

Sherlock lui, ne voulait pas rester mais il était resté quand même, maugréant comme à son habitude.

Ils avaient finalement tous réussis à passer un bon moment et à plaisanter.

Puis ils étaient sortis, et après s'être tous salués, les deux colocataires se dirigèrent vers le 221b. Baker Street. Après un moment de silence, John finit par le briser.

« Pourquoi tu étais obligé de faire ça avec Molly ?

Faire quoi ?

Enfin Sherlock, ne me dis pas que tu es complètement aveugle sur ce que Molly peut ressentir pour toi !

Je ne suis pas aveugle John. Et non, je n'allais pas l'embrasser et elle le savait très bien. Il fallait juste une mise en scène pour que l'agresseur repère un couple gay et infidèle et vu combien il déteste les deux, il était impossible qu'il se retienne. Je savais qu'il allait venir nous insulter. Évident et trop prévisible. Les idiots dans son genre sont trop prévisibles. Vraiment. Ennuyeux. »

John fronça les sourcils. Quelque chose lui échappait. Pourquoi Molly était nécessaire dans le plan s'il suffisait de faire croire à l'agresseur que lui et Sherlock étaient un couple ? Et pourquoi le détective était-il venu et avait subi ce déguisement qu'il avait l'air de détester, pour un cas qui ne l'intéressait même pas ? En temps normal, le cas aurait été un niveau 3 tout au plus, et Sherlock n'aurait jamais accepté cette affaire. Alors… pourquoi ?

Sherlock sembla comme souvent entendre ses pensées, et répondit par son sourire le plus moqueur.

Tu es jaloux, John, j'avais raison… »

Le médecin s'arrêta au milieu de la rue.

« Quoi ?

J'ai dit, tu es jaloux comme je l'avais deviné il y a quelques temps, je devais le vérifier. C'était assez drôle à voir, je dois dire. »

John resta bouche bée, cherchant quelque chose à dire, et surtout cherchant à comprendre.

Lui, jaloux ? Quelle blague ! Il n'était pas du tout jaloux.

Quoi que…

Tout à coup, il réalisa que si Sherlock avait utilisé Molly de cette manière, c'était pour vérifier s'il serait jaloux ! Et lui il avait marché dans le piège comme un idiot ! En agissant comme il l'avait fait, Sherlock croyait qu'il était jaloux !

Cramoisi, il regardait son ami avec méfiance.

« D'accord, bien… C'est tout ce que tu as comme idée quand tu t'ennuies... Je ne suis pas jaloux, d'accord… Je n'étais pas assez ridicule comme ça avec mon déguisement, il fallait en plus que je m'humilie en jouant cette scène ridicule… Et pourquoi tu as accepté cette affaire d'abord ? C'est même pas un niveau 3 ! »

Sherlock sembla parfaitement satisfait par la question et fit son sourire le plus diabolique, c'était presque effrayant avec ses deux canines pointues et le sang toujours présent sur sa lèvre. Pour un peu, John aurait presque pu croire qu'il allait l'attaquer et le dévorer. Vraiment, il faisait un vampire parfait.

« Je m'ennuyais… Tu ne répondais pas à mes SMS. »

Répondit il avec dans sa voix une pointe de quelque chose que John ne put définir. Ils continuèrent le trajet en silence, Sherlock s'amusant à faire un sourire carnassier à tous les passants qu'ils rencontraient, finalement ravi de ne pas être obligé de paraître sympathique grâce à ce costume qu'il commençait presque à bien aimer.

Un peu avant de franchir la porte de Baker Street, John eut une révélation. Sherlock s'ennuyait et John n'avait pas répondu à ses SMS, alors il avait profité de l'occasion d'avoir une affaire non loin du lieu où il se trouvait, pour rejoindre John. Et en plus, il avait choisi le déguisement que ce dernier aurait voulu qu'il porte. Abasourdi, John réalisa qu'en fait, Sherlock s'ennuyait sans lui, et avait été suffisamment jaloux de savoir que John avait mieux à faire que de lui répondre, alors, il avait voulu lui rendre la pareille, le rendre jaloux, et en même temps, lui montrer qu'il pouvait très bien lui aussi venir à cette fête et se déguiser comme John voulait, afin qu'il lui remontre de l'intérêt. C'était juste… C'était juste fait à la manière Sherlock. Sous couvert d'une enquête et de plaisanterie. Mais c'était un fait. Un fait incroyable, un fait à peine pensable : c'était en fait Sherlock qui était jaloux que John puisse s'amuser sans lui!

John cru qu'il allait s'étouffer en éclatant de rire d'un coup. C'était la chose la plus drôle et la plus mignonne qu'il ait jamais vu. Vraiment. Son colocataire ne pouvait pas se passer de lui en fait, et il était jaloux chaque fois qu'il sortait et ne répondait pas à ses messages. Cela dit, il s'ennuyait aussi quand John était là, mais tout de même. Le médecin militaire sourit avec joie. Sherlock Holmes avait vraiment une étrange manière de montrer son attachement, mais il avait beau s'auto proclamer sociopathe de haut niveau, il pouvait être vraiment adorable. Énervant, mais adorable. Parfois. Rarement. De temps en temps.

Après avoir regardé d'un air interrogateur son ami, le vampire d'un soir se mit à rire lui aussi, complice.

« Tu aurais vu ta tête John, quand je suis arrivé dans le pub… Rien que pour ça, ça valait le coup de mettre ce déguisement stupide ! »

John sourit franchement. Le déguisement n'était pas stupide, c'était même plutôt très élégant et assez fascinant porté par le détective. Mais ça, il valait mieux ne pas lui dire.

Il ne faudrait pas qu'il le garde sur les enquêtes juste pour taquiner John ou pour mordre le premier qui l'énerverait… Et puis, il n'y avait que Molly qui pouvait être fascinée par un vampire sociopathe, n'est-ce pas ?