27 février 1980
Sirius et Albus Dumbledore regagnèrent le QG de l'Ordre où ils retrouvèrent Elliot, qui était à présent accompagné de James et de Lily. Lorsqu'ils arrivèrent, ceux-ci leur jetèrent un regard inquiet.
- Tout va bien, rassurez-vous, expliqua Albus Dumbledore. Même si les peurs d'Elliot étaient compréhensibles, elles ne reposaient sur rien de réel. La dame était une femme moldue tout à fait respectable, qui a accepté de nous parler et qui a aussi accepté qu'on lui enlève ses souvenirs sur le sujet. L'incident est clos, tout va bien.
Elliot souffla de soulagement et Sirius sentit que James et Lily se détendaient eux aussi.
- Je suis désolé Sirius, dit le premier. Je me suis emporté, je n'aurais pas dû.
- Il n'y a pas de mal, répondit l'intéressé en souriant. Tu n'avais pas totalement tort quand tu as dit que nous aurions dû en parler, et d'ailleurs James l'avait suggéré. Nous y réfléchirons à deux fois le prochain coup, n'est-ce pas ?
Le couple acquiesça.
- Alors c'était une piste qui ne menait à rien ? demanda Lily.
- Eh bien, je reprends les mots de notre cher mentor à tous, dit Sirius en inclinant la tête en direction d'Albus Dumbledore, cela nous a permis de savoir qu'il ne fallait pas chercher Severus Rogue à cet endroit. Ce qui n'est pas rien.
- On va continuer à observer le Chemin de Traverse ?
- A moins qu'on trouve une autre idée… dont on vous parlera bien sûr, précisa Sirius à Elliot et audit mentor qui lui sourirent en signe d'approbation. Et vous, de votre côté ?
Elliot soupira.
- Rien d'intéressant à Pré-au-Lard. A croire que tout le monde a déserté les lieux publics chez les Mangemorts. Pourtant, quand j'y étais, on se retrouvait souvent par deux ou trois dans des pubs, sans se soucier du monde autour. Les plus grosses réunions se faisaient dans des endroits plus secrets et mieux gardés, bien sûr, mais cela ne nous empêchait pas de nous voir ailleurs. Je ne sais pas si ça a changé ou si c'est moi qui ne repère plus rien…
Albus Dumbledore essaya de le rassurer. Si la tâche avait été facile, cela ferait longtemps qu'il n'y aurait plus eu de Mangemorts et que Voldemort aurait été arrêté. Mais il était confiant, l'Ordre, le Ministère, tous ceux qui se battaient contre le Seigneur des Ténèbres finiraient par en venir à bout. Il ne fallait pas en douter.
Elliot sourit. Ils décidèrent ensemble qu'ils ne changeraient rien à leur façon de procéder pour l'instant. Ils continueraient à observer les endroits ciblés. D'autres membres de l'Ordre avaient d'autres missions en cours, ce n'était pas grave si eux ne trouvaient rien. Ils s'assureraient au moins que rien ne vienne troubler l'ordre public en ces lieux. Et peut-être qu'ils finiraient par tomber sur un Mangemort. Peut-être même sur Severus Rogue ou Antonin Dolohov. Les missions de l'Ordre ne pouvaient pas toujours impliquer des réussites époustouflantes et fulgurantes. Les missions de surveillance, bien que moins glorieuses, étaient tout aussi utiles que les autres. Il fallait qu'ils s'y plient quelquefois eux aussi. On ne pouvait pas se battre contre Voldemort et ses Mangemorts tous les quatre matins. Chacun rit à cette remarque. C'était vrai, on ne pouvait pas se battre contre Voldemort et ses Mangemorts tous les quatre matins. Ni récupérer un Mangemort dans son camp, ex-Poufsouffle de surcroît.
10 mars 1980
- Joyeux anniversaire mon Remus ! s'exclama Sirius en serrant son ami dans ses bras d'une force légèrement exagérée.
- Sirius, tu vas m'étouffer ! pouffa l'intéressé. Bien que j'aime ton parfum et tes cheveux qui me rentrent dans le nez, les yeux et la bouche, je veux bien que tu me lâches un peu. Merci beaucoup mon Patmol !
Les deux amis se mirent à rire, accompagnés du reste du groupe. Sirius, James, Lily et Peter venaient d'offrir à Remus tout un tas de livres moldus pour son vingtième anniversaire. Sirius les avait dénichés au moment où les Maraudeurs avaient fait les courses pour aménager la chambre de futur James Potter junior. Lily l'avait conseillé sur les ouvrages qu'il pourrait acheter et qui pourraient plaire à Remus et il en avait pris d'autres au hasard, soit parce qu'il aimait la couverture, soit parce que le résumé lui semblait captivant. Le cadeau était finalement devenu un cadeau commun à tout le groupe quand ils avaient décidé ensemble de lui offrir pas moins de vingt livres pour ses vingt ans. James et Peter en avaient donc ajouté quelques-uns à la longue liste, et Sirius avait gardé la grande pile chez lui.
A l'aide d'un sortilège, il avait transformé cette pile de livres en une simple réplique de la Gazette du Sorcier à la date du jour, qui titrait « Joyeux anniversaire Lunard ». Lorsque Remus avait essayé de l'ouvrir pour regarder ce qu'il y avait à l'intérieur, le journal s'était déchiré en vingt morceaux et la pile de livres s'était reformée sous ses yeux. Sirius l'avait alors pris dans ses bras et il fut rapidement rejoint par le reste du groupe.
- Bienvenue à toi dans le club très fermé des gens qui ont vingt ans ! lança-t-il.
- Bienvenue ! s'exclama Lily à son tour.
James et Peter se regardèrent puis levèrent tous deux les yeux au ciel.
- Notre club des gens qui ont dix-neuf ans se restreint, mon petit père, annonça le premier d'un ton faussement las.
Peter rit sans pour autant lui répondre.
- Mais vous ne tarderez pas à nous rejoindre vous aussi, s'exclama Sirius tout guilleret en les prenant chacun par une épaule. On sera le club très fermé des gens de vingt ans les plus merveilleux du monde, vous verrez. Prenez le temps de mûrir encore un peu, quelques jours, dit-il en regardant James, ou quelques mois… poursuivit-il en se tournant vers Peter. On vous attend !
27 mars 1980
L'anniversaire de James ne tarda pas à arriver. Remus et lui n'étaient nés qu'à quelques semaines d'écart. Comme pour Remus, ainsi que pour Lily et Sirius avant lui, les cinq amis avaient tenu à fêter cet anniversaire en petit comité avant de partager les festivités avec le reste des membres de l'Ordre. Ils étaient réunis, comme souvent, chez le couple Potter.
- Devine ce qu'on t'a acheté ! s'exclama Sirius.
- Vingt magnifiques livres que tu aurais ensorcelés pour les faire ressembler à un journal ? tenta James en faisant un clin d'œil à Remus.
- Eeeeh… non ! Mais bien essayé. Mais non. Je te laisse ouvrir ton cadeau mon James ! Enfin, je dis « ton » cadeau, mais peut-être que… enfin, j'ai rien dit. Ouvre.
James lui lança un regard intrigué puis se tourna vers ses autres amis qui ne dirent rien de plus. Il regarda enfin en direction de sa dulcinée, qui hocha la tête négativement.
- Je n'ai rien à voir avec ce cadeau mon cœur, déclara-t-elle. J'ai voulu en faire un rien qu'à moi et à notre bébé.
Le sourire de James s'élargit après cette déclaration, puis il se tourna à nouveau vers ses trois amis.
- Donnez-moi un indice au moins !
- Tes parents ont participé à ce cadeau, avoua Sirius. Il n'y a donc rien de moralement répréhensible. Un cadeau tout ce qu'il y a de plus correct. Un cadeau qui te fera, je pense, plus que plaisir, même si nous avons beaucoup moins de temps pour ces choses-là à présent. Et maintenant j'en ai trop dit, alors, devine…
James regarda Remus et Peter, dans l'espoir qu'ils lui donnent une indication supplémentaire, mais ceux-ci restèrent muets.
- Mes parents ont participé au cadeau, tu dis ? Alors c'est pour ça qu'ils étaient si énigmatiques l'autre jour… Je suis passé les voir, je leur ai demandé s'ils voulaient qu'on se voie pour mon anniversaire et ils m'ont dit que je ferais mieux de passer te voir avant d'aller chez eux. Tu viendras, d'ailleurs ?
- Bien sûr James, c'est déjà prévu, acquiesça Sirius. Bon, finie la parlotte, je réponds à tes questions par oui ou par non si tu veux, mais tu n'auras pas ton cadeau tant que tu n'auras pas trouvé ce que c'est.
- Et tu le connais, ça peut durer longtemps comme ça ! insista Remus.
- Non mais ! protesta Sirius en riant.
- Oh je sais bien Lunard, approuva James. C'est pour ça que j'attendais votre soutien et que vous m'aidiez un peu plus…
- Sirius t'a déjà bien assez aidé, contesta Remus. Et c'est le plus vieux, je ne voudrais pas le contrarier !
- Mais dis donc Lunard, c'est ma fête ou celle de James ? s'offusqua Sirius, provoquant le rire de ses amis.
- Bon, reprit James, quelque chose qu'on a plus le temps de faire…
Il réfléchit un instant puis se mit à sourire.
- Du Quidditch ! s'exclama-t-il.
- C'est une question, ou une affirmation ? demanda Sirius d'un ton faussement détaché.
- Une affirmation. Je suis sûr que c'est en rapport avec le Quidditch !
Il marqua une pause.
- Oh mais ce serait pas… non ?!
- James, je ne suis pas legilimens et je pense que personne dans cette pièce ne l'est, fit remarquer Sirius.
Il se délectait des réflexions et des mines arborées par son meilleur ami, dont il savait qu'il avait très certainement trouvé ce qui l'attendait.
- Est-ce que c'est un balai ? demanda James, des étoiles plein les yeux.
Les trois autres Maraudeurs, ainsi que Lily, affichèrent un sourire éclatant.
- Oui c'est ça ! lâcha Sirius, surexcité. Et pas n'importe lequel James, c'est un Comète 220, le dernier de la gamme, ils l'ont sorti seulement début janvier mais on était trop occupés pour se rendre compte que la meilleure compagnie de balais du monde avait sorti un nouveau modèle ! Tu te rends compte ?! Et on t'a aussi acheté une nouvelle malle pour qu'on puisse reprendre ensemble les parties dans ton jardin. Ou dans le mien, bien sûr, on peut aussi faire du Quidditch dans mon jardin, c'est comme vous voulez. Mais bref, vas-y, regarde !
Sirius fit apparaître la malle et le balai que James s'empressa de déballer.
- Tes parents m'ont dit que tu avais obligation de te rendre chez eux en volant. On te rejoint à pied étant donné qu'on est pas très loin mais ils veulent voir leur fils chéri arriver avec son nouveau balai flambant neuf. On peut laisser la malle ici, ils l'ont déjà vue, ils n'en ont pas besoin !
- Mais vous êtes fous ! s'exclama James avant de tous les prendre dans ses bras.
- On n'a pas vingt ans tous les jours, lança Remus, tout sourire.
- Joyeux anniversaire Cornedrue, dit Peter.
James s'approcha ensuite de Lily pour l'embrasser.
- Voilà ton cadeau, de la part de bébé et de la mienne, lui dit-elle.
James prit la boîte qu'elle lui tendait, beaucoup plus petite que le balai ou la malle de Quidditch. Lorsqu'il l'ouvrit, il découvrit une chaîne en argent au bout de laquelle se trouvait un pendentif représentant trois anneaux imbriqués les uns dans les autres. Deux d'entre eux étaient un peu plus grands que le troisième et portaient les noms de James et de Lily ainsi que leurs dates de naissance respectives. Le troisième était vide.
- On y ajoutera le prénom et la date de naissance de notre fils, quand on aura ces informations bien sûr, précisa Lily.
James releva les yeux vers elle et lui offrit un sourire radieux. Il lui murmura un « merci » ému avant de l'embrasser à nouveau.
Le petit groupe se rendit ensuite chez les parents de James, comme c'était prévu, puis ils filèrent vers le QG de l'Ordre pour continuer la fête avec le reste de leurs collègues et amis. Comme toujours, lors des moments heureux comme ceux-ci, il leur semblait que rien ne pouvait atteindre leur bonheur, malgré la guerre, malgré leurs recherches qui ne menaient pour l'instant à rien, malgré cette possibilité trop rapidement oubliée qu'il pourrait y avoir un traitre parmi eux.
