L'inspiration divine a parlé. Peut-être y'aura-t-il un second chapitre ? Qui sait !
Bonne lecture.
Characters: Vanitas, Riku
From: Kingdom Hearts, Square Enix & Disney
Dernière nuit dans l'appart, tout est vide.
Vanitas est allongé sur son matelas, les bras et les jambes écartés à la manière d'une étoile.
Il regarde le plafond blanc, presque crème, pigmenté de quelques traces de sang. Probablement des moustiques qui ont tragiquement vu leur vie se terminer sous une godasse, un soir d'été.
Les armoires sont grandes ouvertes, il n'y a plus rien dedans. Seulement de la poussière, et de vieux cintres, bringuebalants.
C'est comme si l'âme de l'appart était partie avec ses meubles.
Vanitas roule sur le côté et d'un mouvement du pouce, allume la petite lampe qui est posée près du matelas. On dirait un mini-lampadaire, sauf qu'elle fait pas franchement le même travail, qu'il pense.
Il passe une main sur son visage et agrippe une mèche de ses cheveux noir, qu'il toise. Ils sont si brillants qu'on croirait qu'ils sont propres.
— Bullshit.
Le brun détend ses doigts, lâche les filaments de jais et porte son attention sur autre chose.
À sa droite…
Ouais, c'est le carton que tu veux pas ouvrir.
Ouais, il est là depuis probablement des siècles. Bien sûr qu'il te regarde à force d'être planté là.
Il a même sûrement développé une âme et une conscience, un truc qui relève du surnaturel.
Le carton là-bas, c'est celui que Riku a laissé quand il est parti.
Dedans, il y a trop de choses qui font mal.
Des photos, des post-it nuls, d'autres bricoles. Un code pénal de 2009 qui se déchire en milliers de feuilles jaunes et crades. Des peluches gagnées à la fête foraine pleines de tâches de café.
Puis des vêtements, beaucoup de vêtements.
Des sous-vêtements, surtout.
Vanitas sourit. La plupart sont sales, il les as utilisé quand il avait plus rien à mettre. Il doit y avoir des bouteilles de bières aussi, parce qu'il les collectionnait quand Riku était là. Ça le faisait bien marrer d'ailleurs, parce-que Van se prenait toujours la même marque.
— Tu sais que ça sert à rien ce que tu fais ?
— Mais y'a un moment unique associé à chaque bouteille, c'est ça que tu comprends pas, il avait dit.
Il avait adoré rétorquer ça. Il se souvient de l'expression piquée de Riku, de sa bouche pincée et de ses sourcils arqués dans une moue pas franchement intelligente pour changer, comme s'il avait balancé la plus grosse connerie du siècle. Ça avait été son petit moment de victoire, un vrai bonheur.
Un soupir s'échappe d'entre ses lèvres alors qu'il retombe sur le ventre.
Foutu matelas, foutu carton, foutu bordel, foutu appart. Foutue, sa vie.
Ça faisait combien de temps qu'il n'avait pas dormi? Il peinait à fermer les yeux, et quand il y arrivait enfin, c'était pour sentir les deux petites calottes de verre qui lui servaient de mirettes rouler dans ses orbites, tant et si bien qu'il se sentait incapable de les garder closes plus longtemps. Il pouvait presque les sentir quémander ne serait-ce qu'une demi-heure de sommeil, pour le bien de son organisme.
Fallait se rendre à l'évidence, elles grincaient autant que la porte de la salle à manger, maintenant.
Le temps filait à toute allure, et Vanitas n'avait toujours pas bougé. D'après la mince lueur qui s'échappait de la fenêtre, il devait être sept heures du soir, à tout claquer. Mais peut-être que la lumière de la lampe faussait le constat.
La tête enfoncée dans l'oreiller, le brun n'ose même plus regarder dehors. Il s'est dit que le noir du tissu allait bien éponger le flux d'émotions qu'il sentait s'échapper lentement du coin de ses yeux. Puis aussi, qu'il allait pouvoir se focaliser dessus et oublier le reste, pour un instant.
Sauf que ça marche pas. Tout ce qu'il voit, c'est du gris. Et il le voit vachement bien.
