Et voilà le chapitre 44, qui est un peu (beaucoup) plus long que la moyenne des chapitres de la fic. J'espère qu'il vous plaira !


16 avril 1980

Sturgis Podmore leur avait demandé de transplaner directement dans la maison de la famille moldue qu'ils avaient secourue quelques jours auparavant. Ils s'étaient établis là, le temps de mener à bien leur mission.

Lorsqu'ils arrivèrent sur place, les six sorciers déjà présents avaient l'air préoccupés.

- Merci d'être venus si vite, leur dit Sturgis.

Derrière lui, Sirius aperçut Remus et Peter qui les regardaient tous deux d'un air sombre. Ils étaient de toute évidence tourmentés par quelque chose, mais quoi ? Sirius pensa brièvement à Mary, mais ce n'était clairement pas le moment d'évoquer son tristesort. Il valait mieux se concentrer sur la tâche qui les attendait, même s'il n'avait aucune idée de ce qu'elle pouvait être.

- Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda James.

- Regarde dehors, lui répondit Fabian Prewett sans donner plus d'explications.

James et le reste des nouveaux arrivants se dirigèrent vers la fenêtre pour observer l'extérieur. La maison dans laquelle ils se trouvaient et les habitations voisines étaient regroupées en cercle autour d'une petite place pavée au centre de laquelle trônait une belle fontaine entourée de massifs fleuris. Mais ce n'était pas ce qu'il fallait observer. Face à eux, deux autres maisons étaient surplombées de la Marque des Ténèbres, cette Marque qui signifiait que des Mangemorts étaient passés par là, et qu'il y avait probablement des morts. C'était cette Marque que Sirius avait vue flotter au-dessus de la maison de Jane, quelques mois plus tôt.

Il ferma les yeux et soupira, tandis qu'il sentait à côté de lui Elliot atterré par ce qu'ils voyaient tous deux à cet instant. L'ex-Poufsouffle la connaissait bien, cette Marque. C'était la même qui lui brûlait l'avant-bras, qui lui rappelait sans cesse son passé de Mangemort. Ils échangèrent un regard tristement complice.

Sirius regarda le reste de ses compagnons de l'Ordre et sentit que chacun était éprouvé par cette vision qui s'imposait à eux. Peter semblait en proie à une panique certaine et Remus le tenait par l'épaule, probablement pour le rassurer, mais peut-être aussi pour se rassurer lui. Après ce qu'il venait de voir, Sirius le comprenait tout à fait, car lui-même était sous le choc. Il n'avait cependant pas l'intention de céder à la panique. Ils en avaient vu d'autres après tout ! Il savait qu'il saurait faire face, il n'en était désormais plus à son coup d'essai, peu importe ce qu'ils devraient affronter ensuite. Mais pourrait-on en dire autant de Peter, qui avait déjà failli flancher à un moment critique ? Il lui jeta un coup d'œil inquiet malgré lui, puis se reprit. Il ne voulait pas que Peter perçoive ce regard qui aurait pu lui insuffler des angoisses supplémentaires, voire le décourager. Il chercha à capter son attention et lui sourit, ainsi qu'à Remus. Il vit toutefois dans les yeux de ce dernier qu'ils partageaient les mêmes interrogations au sujet de leur ami. Ils devraient pourtant lui faire confiance, car ils ne pourraient pas se permettre de le surveiller et de lui tenir la main si les événements venaient à prendre une tournure tragique.

- Elles sont apparues quand, ces Marques ? demanda-t-il à qui pouvait lui répondre.

- Je dirais qu'elles n'étaient pas là il y a une demi-heure, c'est très, très récent, répondit Sturgis. Je pense que les Mangemorts qui les ont lancées sont encore là. Trois Marques, trois attaques, dans le même village, en si peu de temps qui plus est, c'est on ne peut plus inquiétant…

- Je pense que nous allons devoir nous séparer, prévint Gideon Prewett. Il faut que nous allions voir ce qui est arrivé là-bas et comme l'a dit Sturgis, nous ne serons peut-être pas seuls…

- Est-ce qu'on ne ferait pas mieux d'appeler d'autres renforts ? suggéra Dorcas Meadowes.

Les frères Prewett se tournèrent vers leurs collègues aurors et les interrogèrent du regard.

- Eh bien nous sommes plus d'une dizaine, on devrait réussir à les maitriser, non ? tenta de les rassurer Benjy Fenwick. Toutefois, nous ne souhaitons pas vous obliger à quoi que ce soit. Nous sommes aurors, c'est notre travail, ce genre de choses. Ce n'est pas le cas de la plupart d'entre vous. Si vous souhaitez rester en retrait ou aller prévenir le Ministère ou Albus, faites-le, et surtout n'en ayez pas honte.

- Non, répondit Elliot. Pas moi, en tout cas. Vous avez besoin d'aide maintenant, pas dans dix ans… mais je ne jugerai personne non plus, ajouta-t-il dans le but évident de ne brusquer personne.

- Je souhaite rester aussi, assura son acolyte. Je vous rappelle que je suis auror moi aussi. Je suis plus jeune, mais quand même ! Je pense simplement que nous devrions avertir le reste de l'Ordre, au moins Albus, de ce que nous nous apprêtons à faire.

- Tu as sûrement raison, Dorcas, convint Gideon Prewett.

Il échangea un regard avec son frère, comme s'ils essayaient de communiquer silencieusement.

- Ben… je p… peux peut-être… y aller, si vous voulez, bredouilla alors Peter.

Sirius et Remus échangèrent à leur tour un nouveau coup d'œil. C'était peut-être une bonne idée.

- Nous ne pourrons pas prévenir Albus, les prévint Fabian Prewett. Il n'est pas disponible et sera donc très difficile à joindre. D'après ce que j'ai compris, il a des choses importantes à régler à Poudlard mais je vais tout de même lui envoyer mon patronus et lui expliquer la situation. Peter, tu peux peut-être te rendre au QG et essayer de ramener du monde si tu en trouves ?

- D… D'accord, mais… tout seul ?

Ses yeux se posèrent sur Lily. Il pensait certainement qu'elle rentrerait avec lui. Elle lui sourit mais lui fit comprendre que ce ne serait pas le cas. Elle avait pris sa décision et c'était peine perdue d'essayer de lui faire changer d'avis. James le premier ne s'y était pas risqué, surtout après la discussion qu'ils avaient eue la veille. Ils savaient les risques qu'ils encouraient, mais il lui faisait entièrement confiance et avait choisi de la soutenir dans ses choix plutôt que d'essayer de la convaincre de prendre une autre décision qui n'aurait convenu à personne. Bien sûr, Peter n'était pas au courant des échanges qu'ils avaient eus plus tôt, et il fut un peu déçu lorsqu'elle l'encouragea à partir seul.

- Tout va bien Peter, le rassura-t-elle. Nous n'avons pas besoin d'être deux. Et puis, il y a besoin de plus de monde ici que là-bas. Tu as bien fait de te proposer, je pense qu'il aurait de toute façon fallu que quelqu'un se dévoue pour le faire. Tout ira bien !

- Je… p… pensais que tu ne voudrais pas rester là, admit-il, penaud. Mais je peux tout à fait y aller seul, bien sûr, je… je vous rejoindrai ensuite !

- Bien sûr, approuva Lily. Si tu as envie de revenir, un aller-retour sera très rapide et tu seras là en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire !

Elle s'approcha de lui et ajouta quelque chose à voix basse.

- Et si tu veux rester en retrait, tu en as le droit, Peter. Ne te sens pas coupable, tu as entendu Benjy, personne ne t'en voudra !

Peter esquissa un sourire timide et acquiesça. Sirius sourit aussi, malgré lui. Lily savait trouver les mots justes et la manière de les dire pour ne mettre personne dans l'embarras. Il se trouvait près d'eux et avait pu entendre sa dernière remarque, mais elle avait fait en sorte que tout le monde ne l'entende pas pour ne pas mettre Peter en porte-à-faux. Bien sûr, Sirius était persuadé que chacun avait connaissance de ce qu'avait dit Lily, et tout le monde l'approuvait silencieusement. Il était évident que personne n'en voudrait à leur ami de rester en retrait, il avait traversé plusieurs épreuves particulièrement difficiles, il fallait le ménager.

Le regard du jeune homme croisa celui de son ami. Peter avait l'air démuni. Il se sentait peut-être honteux de partir alors que tout le monde restait et il avait peut-être envie de revenir sur sa décision, mais maintenant que celle-ci avait un but, il ne pouvait plus reculer. On avait besoin de lui pour aller chercher de l'aide s'il était possible d'en trouver.

Sirius lui fit un signe de tête pour l'encourager et confirmer ce que Lily venait de dire.

- Merci Pete, lui dit-il simplement.

Peter lui sourit puis transplana, non sans lui jeter un dernier regard auquel il répondit lui aussi par un sourire. Il lui fit également un clin d'œil pour l'encourager, avant que Peter ne disparaisse. Personne ne commenta son départ.

- Comment allons-nous procéder ? demanda Elliot.

- Regardez ! s'exclama Dorcas Meadowes, sans tenir compte de la question du jeune homme.

Par la fenêtre, ils aperçurent une troisième Marque qui venait d'apparaître au-dessus d'une autre maison du village.

- Eh bien j'imagine qu'on ne sera pas trop finalement avec le renfort que Peter nous amènera, soupira Benjy Fenwick. Pour répondre à ta question Elliot, comme nous le disions, il vaut mieux qu'on se sépare en quatre groupes.

- Quatre ? s'étonna James.

- Oui, confirma Benjy Fenwick. Trois groupes qui iront voir du côté des maisons ce qu'il s'y passe, et un groupe qui restera derrière pour surveiller leurs arrières et accueillir les éventuels arrivants supplémentaires.

- Je vois, acquiesça James.

- Est-ce que cela vous convient ? demanda l'auror au reste du groupe.

Tous acceptèrent sa proposition et ils se répartirent dans ces quatre groupes. Sirius serait avec Sturgis Podmore et Elliot, Remus avec Dorcas Meadowes et Benjy Fenwick, les frères Prewett formeraient un autre groupe et James et Lily resteraient à l'intérieur pour assurer leurs arrières, comme convenu.

Alors qu'ils s'apprêtaient à sortir, ils furent rejoints par Marlene McKinnon et les Londubat, ainsi que Peter, qui était de retour.

- Tu as fait super vite, Pete ! s'exclama Sirius, à la fois surpris et ravi par ce retour qu'il n'attendait pas vraiment.

- J'ai eu de la chance, avoua Peter qui semblait avoir retrouvé un peu de contenance. Dès que je suis arrivé, je suis tombé sur eux !

- On s'apprêtait à se rendre à Pré-au-Lard, précisa Marlene McKinnon. Mais apparemment, il y a plus à faire ici que là-bas.

Accompagnée des Londubat, elle dit bonjour très rapidement à ses compagnons puis Sturgis leur expliqua brièvement ce qui était prévu. Marlene McKinnon se greffa sur le groupe de Remus, tandis que Frank Londubat et James, qui avait laissé sa place dans la maison à Alice Londubat, se joignaient au groupe formé par les frères Prewett. Peter resterait à l'arrière avec Lily et Alice.

Cette fois, c'était le moment de sortir. Baguettes prêtes, ils s'avancèrent hors de la maison qui leur avait en quelque sorte servi de refuge, d'autant plus qu'elle avait été protégée par de nombreux sortilèges depuis qu'ils s'y étaient établis pour mener leur enquête.

Si la Marque des Ténèbres venait d'apparaître au-dessus de cette troisième maison, cela signifiait qu'ils avaient la confirmation qu'ils n'étaient pas seuls. A moins que les personnes présentes ne soient parties très rapidement après avoir lancé leur sort, elles étaient encore certainement dans les parages. Les trois habitations étaient voisines, et il ne faisait presque aucun doute qu'elles avaient toutes un lien avec celle dont ils venaient de sortir. Les Mangemorts cherchaient sûrement quelque chose. Mais quoi ? Les frères Prewett avaient-ils raison, les Mangemorts cherchaient-ils la famille de Richard Robards ? Puisque leur maison était protégée, ils ne pouvaient pas la trouver. Cherchaient-ils à les faire sortir de chez eux en s'en prenant à tout leur voisinage ? Il y avait fort à parier que oui. Ce village était habité à la fois par des familles moldues et des familles de sorciers, un peu comme Godric's Hollow. Les premières n'avaient bien sûr aucune idée de ce qui était en train de se passer, mais les familles sorcières, dont celle de Richard Robards, avaient très certainement déjà entendu parler des Mangemorts, qui commençaient à avoir leur réputation. Comment étaient-elles censées réagir ? Elles pourraient bien sortir et se mettre en danger. C'était sûrement ce que les Mangemorts attendaient, et c'était ce qu'elles ne devaient surtout pas faire.

Sirius scruta les alentours. Où pouvait bien habiter la famille de Richard Robards ? Parmi toutes ces jolies demeures, combien abritaient des familles sorcières ? Des familles moldues ? Et combien dissimulaient de potentiels Mangemorts ?

Sur la place, les maisons étaient collées les unes aux autres, mais il y avait ça et là des petites ruelles qui serpentaient entre deux habitations. Il s'agissait de boyaux étroits qui permettaient largement de s'y tenir caché en attendant de passer à l'attaque. Il y en avait justement un entre deux des trois demeures qui étaient surplombées de la Marque.

Ils n'avaient entendu aucun bruit, aucun cri. Que s'était-il passé dans ces foyers? De cette troisième maison qui venait de s'ajouter aux autres ? Personne n'en sortait. Cela signifiait-il qu'il y avait des morts ? Dans chacune de ces habitations ? Sirius frissonna. Il jeta un coup d'œil en arrière, puis regarda ses compagnons d'armes. Elliot et Sturgis Podmore étaient tout proches de lui, tandis que les autres membres de l'Ordre commençaient à s'éloigner un peu. Ils regardaient tous dans tous les sens, observant tous les endroits de cette place ronde, entièrement vide et silencieuse. Rien. Pas le moindre Mangemort. Ce silence et cette absence de monde, dans cet endroit qui était sûrement si vivant d'ordinaire, ne les rassuraient pas. Ils étaient certainement en train de foncer tout droit dans un piège. Et si rien n'était arrivé dans ces trois foyers ? Si les Mangemorts avaient simplement cherché à les faire sortir de leur trou ? Et s'ils ne cherchaient pas à provoquer la famille de Richard Robards, mais eux, aurors et membres de l'Ordre ? S'ils savaient qu'ils se trouvaient là ? Et si quelqu'un les avait prévenus ? Mais alors, c'était forcément quelqu'un qui se trouvait parmi eux ! Qui ? Qui aurait pu faire cela ? Elliot avait-il raison ? Y avait-il un agent double ?

Sirius inspira profondément, secoua la tête pour en chasser toutes ces interrogations pernicieuses et soupira. Ce n'était pas le moment de céder à la panique ou au doute. Après tout, il n'y avait pas besoin d'avoir affaire à un agent double pour se douter que des aurors se trouveraient dans les parages, à mener l'enquête sur l'attaque qui avait eu lieu sur cette famille de moldus. Il n'y avait pas besoin de faire appel à un agent double pour mettre en place un piège pour faire sortir ces aurors de leur tanière et leur tomber dessus sans crier gare. Mais alors, s'attendaient-ils à ce qu'ils soient aussi nombreux ? Etait-ce pour cela que personne ne sortait pour les attaquer ? Peut-être que les Mangemorts avaient réellement voulu tendre un piège, mais qu'en voyant le nombre de sorciers qui se présentaient sur cette place circulaire, ils avaient abandonné leur idée…

Ils avaient à présent dépassé la fontaine et se trouvaient à quelques mètres des trois maisons voisines, teintées de vert. La Marque était plus impressionnante, vue de si près. Elle était gigantesque ! Comme lorsqu'elle flottait au-dessus de la maison de Jane, sauf que cette fois, Sirius voyait triple. Il fut parcouru d'un nouveau frisson.

Il continuait de regarder fréquemment tout autour de lui, surveillant alentour pour ne pas se faire surprendre, veillant à ce que personne ne les attaque par surprise. Mais rien ne se passait. Toujours rien. Pas de cris, pas de Mangemorts. Juste le silence… Insoutenable, angoissant. Il fut frappé de constater à quel point cette Marque, flottant ainsi dans les airs au-dessus de chacune de ces trois maisons, pouvait avoir un tel pouvoir de nuisance sur lui. Si elle n'avait pas été là, ce silence n'aurait pas été aussi effrayant. Peut-être n'aurait-il même pas remarqué à quel point cette place était silencieuse… Il prit une profonde inspiration pour se donner du courage.

- Protego !

Sirius se tourna et vit un éclair rouge fuser dans sa direction puis se heurter à un bouclier magique qui venait de se former devant lui. Elliot venait de le protéger alors qu'il tournait la tête de l'autre côté. Malgré toute sa vigilance, il n'avait pas vu cette attaque qui avait manqué de l'atteindre. Il s'en était fallu de peu ! Il remercia Elliot d'un signe de tête et se tint prêt pour la suite. C'était bien un piège. Il vit s'avancer une dizaine de Mangemorts, la mine réjouie, l'air conquérant. Parmi eux, il y avait sa cousine. Bellatrix Lestrange. Encore elle.

Alors que les membres de l'Ordre se plaçaient dos à dos pour faire face aux Mangemorts qui les encerclaient, Sirius put entendre le rire strident et ô combien désagréable de cette femme qui lui était malheureusement apparentée. « Pourvu que Lily, Peter et Alice restent à l'intérieur », pensa-t-il très fort. Ils étaient suffisamment nombreux pour faire face, leurs trois amis n'avaient pas besoin de se mettre en danger. Il se risqua à jeter un coup d'œil très rapide vers Remus et James qui se trouvaient côte à côte. Ceux-ci, qui avaient eu la même idée le concernant, croisèrent tour à tour son regard. Ils se sourirent puis se concentrèrent à nouveau sur ceux qu'ils s'apprêtaient à combattre.

- Tu peux remercier ton ami, cousin, s'exclama Bellatrix Lestrange.

- C'est déjà fait, mais merci de ta sollicitude, la railla-t-il. Qu'est-ce que tu fais là, encore ? Je t'ai manqué ?

Elle cracha au sol.

- Ce n'est pas toi qui m'intéresse, morveux. Vous êtes nombreux, constata-t-elle. Vous avez vu, nous aussi !

Elle rit à nouveau. Près d'elle, un homme barbu, les cheveux bruns, le regard mauvais, s'avança pour se mettre à sa hauteur. Il leur sourit d'un air malsain.

Fabian Prewett regarda son frère puis sourit au Mangemort qui se tenait face à eux.

- Dolohov, le salua-t-il poliment, comme s'ils entretenaient des rapports amicaux.

- Lequel d'entre vous a eu la bonne idée de coller un garde du corps à Robards ? siffla Antonin Dolohov entre ses dents.

Cette fois, les doutes des frères Prewett étaient confirmés. Richard Robards était bien une cible pour les Mangemorts.

- Pour être honnête, nous sommes deux, Antonin, répondit Fabian Prewett. Mon frère Gideon – celui-ci le salua de la main – et moi-même. A mon tour de poser une question, si vous le voulez bien. Que s'est-il passé dans ces maisons ?

Antonin Dolohov et Bellatrix Lestrange se lancèrent un regard amusé. Il semblait à Sirius, à les voir ainsi agir et réagir, qu'ils étaient aussi fous l'un que l'autre. Travailler pour Voldemort n'était de toute évidence pas bon pour la santé…

- Est-ce que tu serais pas en train d'essayer de gagner du temps, l'auror ? lança Dolohov. Si tu veux le savoir, va voir par toi-même !

Fabian Prewett jeta un nouveau coup d'œil à son frère. Personne d'autre ne bougeait. Sirius, comme ses voisins certainement, se tenait prêt à agir, mais il était dans l'attente. Il ne prendrait pas la décision d'engager le combat. Il savait que les aurors en prendraient la responsabilité, si les Mangemorts ne le faisaient pas avant. Ceux-ci semblaient sûrs de leur avantage. Ils n'étaient pourtant pas plus nombreux, huit en tout. L'Ordre avait de plus grandes chances de remporter cette bataille, Sirius en était presque certain. Son esprit vagabonda vers la maison qu'ils avaient quittée quelques instants auparavant. Même s'il voulait qu'elles y restent cloîtrées, il savait que Lily et Alice ne tarderaient pas à sortir pour les rejoindre. Elles attendaient sûrement le moment où le combat serait lancé pour venir prêter main forte à leurs amis, en arrivant par surprise pour semer le désordre au sein du groupe des Mangemorts qui se trouveraient vite débordés. Peter aussi viendrait sûrement en renfort, puisqu'il était revenu alors qu'il n'y était pas obligé... Il ne voudrait certainement pas rester seul derrière.

Cette nouvelle confrontation et l'idée d'être rejoint par Peter rappelait de façon très désagréable à Sirius la précédente bataille, lorsqu'il avait vu son ami se figer sans pour autant vouloir rentrer se mettre à l'abri. Il valait mieux que cela n'arrive pas une deuxième fois. Et si Voldemort était de nouveau de la partie ? Il savait cependant que Peter avait tiré des leçons du dernier conflit qui les avait opposés aux Mangemorts et au Seigneur des Ténèbres, et Sirius décida à nouveau de lui faire confiance pour prendre la bonne décision le moment venu, si l'occasion se présentait. Il se reconcentra sur la conversation entre les Mangemorts et les frères Prewett.

- Et j'imagine que tu vas me laisser gentiment y aller et qu'on recommencera à discuter ensuite ? demandait Fabian Prewett.

Bellatrix Lestrange rit de nouveau, de son rire à la limite de la démence.

- Où est-il, Richard Robards ? lui demanda-t-elle. Nous n'avons pas besoin de nous battre, après tout ! Si vous nous répondez, il n'y aura pas plus de morts… bien que cela me désole de vous laisser en vie alors que vous ne le méritez pas…

Ce fut au tour de Sturgis Podmore de laisser échapper un rire dédaigneux qui servit de réponse pour l'ensemble du groupe. Bellatrix Lestrange lui jeta un regard noir puis s'adressa à nouveau à tous les membres de l'Ordre.

- On savait que vous viendriez, vous savez ? leur lança-t-elle en riant à nouveau. On vous attendait avec impatience…