Lali-oh~ Alors, nous voici à la fin de Wish we never met. A la base, je m'en inspirais de la chanson du même nom, et du groupe WhoHurtYou. Elle n'est même pas dans ma liste musicale d'inspiration, elle est trop énergétique pour la globalité de la fanfiction, les enfants. Mais elle vaut le coup, largement. C'est très UshiOi. En ce moment, je n'arrête pas d'en parler avec ma moitié, du UshiOi, et, diable que je les aime ces ouistitis. Cependant, le IwaOi reste OTP. Enfin, pas OTP, on en n'est pas au KurooTsukki, mais quand même. Dans la chronologie, premier chapitre, première année. Second chapitre, seconde année. Troisième chapitre… enfin, vous avez saisi. Assez de blabla, je me laisse écrire, et je vous laisse lire tout ça ! Des bisous !
Les bras tendus, dans le vide, picotant au niveau des avant-bras, il regardait derrière lui cette balle qui semblait lui adresser un sourire immense. Un sourire qui lui disait qu'il avait perdu, qu'il ne ferait pas les nationales. Pour sa dernière année à Aoba Johsai. C'était désormais terminé. L'année prochaine, il irait à l'université, puis il ne jouerait plus dans les écoles, seulement dans des équipes, dans des clubs, avec l'espoir de se faire repérer, de devenir quelqu'un de plus grand.
Mais à cet instant précis, il n'y avait plus rien autour de lui, que les échos de cette balle affreuse. Les cris de joie de l'équipe adverse, qui, elle, devrait se battre contre Shiratorizawa pour les nationales.
Il ne savait pas quelle équipe il voulait voir vaincre.
Pour le moment, il ne voyait que cette balle. Il sentait cette vieille rancœur se répandre en lui comme un poison trop violent, ses oreilles bourdonnaient et sa tête semblait tourner. Au point ou sa vision se troublait, devenait noire pour ne voir plus que cette balle. Et sentir de coup dans son dos pour le ramener brutalement à la réalité. Puisqu'il n'y avait plus que ça qui le faisait se ressaisir.
Merde, il n'avait même pas la force de s'effondrer plus encore et de pleurer les larmes de son corps. Il était amer, et étrangement docile. En plus de ça, Iwaizumi semblait prendre la responsabilité de cette défaite sur ses épaules, et ce n'était pas de sa faute. Oikawa pouvait l'affirmer, c'était uniquement lui, qui s'était affaibli, qui avait laissé le temps et le reste, le rendre moins fort, moins endurant. Sans compter…
-Comment va ton genou ? S'inquiéta le champion, dans les vestiaires. T'as pas l'air dans ton assiette.
-J'ai un peu forcé et ma pirouette de ninja ne m'a pas aidé à la fin de match.
-J'ai une bombe de froid, si tu veux.
-C'est fini, Iwa-chan.
C'était fini, désormais. L'autre ne répondit plus, pas plus que les politesses générales. Tooru ne parla pas plus. Il lui tardait de rentrer chez lui, et ne plus penser à rien. Quand, exactement, s'était-il perdu ? Seul, il avait enfin cédé. Il n'y avait plus un membre de l'équipe, juste cette défaite écrasante, et l'espoir, avec elle, de démonter Shiratorizawa, de démontrer à Ushijima qu'il ne valait plus rien. Et il avait perdu avant même de pouvoir l'affronter.
Il frappa de rage dans le banc, dans son sac et tant pis pour son téléphone. Dans quelques portes encore ouvertes des casiers. Il avait hurlé et avait, à la fin, passé sa tête sous l'eau froide pendant de longues secondes afin de se calmer. Ca lui avait fait du bien, de péter un petit plomb. Les yeux encore rouges, il était sorti.
-Oh.
Merde.
Il releva les yeux et tomba nez à nez avec cet imbécile de premier ordre. C'était vraiment injuste. Son estomac semblait vouloir se soulever. A chaque fois qu'il le voyait, maintenant, c'était ainsi. Il avait l'apparence d'un animal blessé, avec son visage pâle, ses yeux encore gonflés de larmes, les lèvres mordues à outrance, son nez aussi rouge que ses mains.
-Désolé de ta défaite.
-Tu ne le penses pas. Vicieux comme tu l'es dans ta petite tête, tu as dû te dire que, même face à moi, la victoire t'était assurée.
-Oui. Parce qu'on gagne chaque année. Tu aurais dû venir à Shiratorizawa. Tu t'es privé toi-même de nationales à cause de ta fierté mal placée. Parce que je joue dans l'équipe.
-T'es intelligent, tu te réponds à toi-même. Et puisque tu n'as pas besoin de quelqu'un pour faire la discussion, je me tire.
-J'ai l'habitude.
Le coup était parti tout seul. De toute façon, même s'il risquait sa place dans l'équipe de volley du lycée, il n'en avait plus rien à faire. Il n'était plus capitaine. Même plus membre du tout. Et ça n'avait rien à voir avec les quelques claques que Wakatoshi avait pu recevoir de sa part. Le coup de poing avait été violent, au point de le faire reculer de plusieurs pas. Les larmes au bord des yeux, il l'observa avec une violence rare dans le regard.
-Ne m'approche plus jamais, tu m'entends ?! Tu en as assez fait comme ça pour en rajouter encore ! Je ne veux plus te voir, ni t'entendre, ou quoi que ce soit d'autre. Tu… je n'en peux plus, Wakatoshi… laisse-moi tranquille, s'il-te-plaît.
-Je suis désolé. Qu'on ne se comprenne pas. Car, moi, je t'aime désespérément.
Les mots avaient été si clairs, comme de l'eau de roche, qu'il ne demanda pas à répéter pour être certain d'avoir bien entendu. Il n'y avait pas de doute possible, et cet imbécile, avec son franc parler habituel, ne pouvait pas mentir. Ce n'était ni dans ses gênes, ni dans son esprit. C'était une chose qu'il ne savait pas faire. Tooru semblait encore plus enragé quand il assimila l'information, s'approchant de lui pour le prendre par son col, le poing à nouveau levé.
Il sentit, avant que ce dernier ne tombe, une poigne l'attraper avec une fermeté sans pareille. Il sentait l'aura de son ami d'enfance dans son dos et se mordit les lèvres. Tiens, Hajime serait sans doute heureux de constater qu'au moins, aujourd'hui, ils ne baisaient pas…
-Ca n'en vaut pas la peine, Tooru.
Oikawa frissonna, en public, il était rare que son ami ne l'appelle par son prénom, simple et nu. Son bras perdit de sa force, son corps de son énergie.
-Tu comptes risquer ta place pour ça ?
-Ma place, et la tienne, nous ne l'avons plus désormais. Fous-moi la paix, toi aussi.
Après ça, après le dernier match et le fait que Shiratorizawa perde -ce qui ne l'avait cependant pas soulagé-, Tooru n'avait plus mit le nez dehors. Enfin, pas en journée. Il avait passé son temps à réviser ses cours, pour son entrée à l'université. Il s'était inscrit dans un vrai club maintenant qu'il le pouvait.
Et le soir, il n'y avait plus rien. Quand son esprit n'était pas occupé par les études pour le volley, il ne restait de lui que cette coquille vide qui s'était définitivement effondrée en poussière avec cette déclaration inattendue et maladroitement honnête. Il ne l'aimait pas, ça faisait longtemps qu'il n'aimait plus de toute façon. S'il avait su surmonter la peur et la haine du volley-ball qu'il avait commencé à ressentir, afin de ne plus l'assimiler à cet idiot, le reste semblait ne reposer que sur l'idiot en question.
Il lui avait enlevé tout ce qu'il possédait, ses sentiments, ses mots, ses cris et sa force. Son esprit. Son âme. Tout. Tooru se sentait vidé par la force. Il passait le plus clair de son temps à prendre l'air, en se disant que ce dernier renfermait sans doute, dans ses courants d'air, un secret bien gardé qui pourrait le remettre sur pied.
Mais il n'y avait plus rien.
Lui qui pensait avoir découvert l'enfer, il se rendait compte qu'il y mettait à peine les pieds. C'était sans doute le plus dur dans l'histoire, donner cette impression de force, d'être un clown, un dragueur, pour que personne ne se rende compte d'à quel point c'était faux, tout ça. Ses sourires, ses petits signes, ses discussions animées, ses clin d'œil, ses rires amusés… il n'était qu'une coquille vide avec une belle enveloppe. Une œuvre-d 'art peinte sans envie, sans âme, qui ne reflète rien. Magnifiquement creuse. Sans sens.
Tooru Oikawa n'avait plus qu'une certitude dans l'esprit : il n'était plus rien.
Il y avait une certaine amertume dans son cœur. Au plus profond de son être en fait. Une culpabilité marquante, dérangeante, mélangée à cette rage. Hajime était plus qu'en colère, contre la terre entière. Contre Tooru, contre Ushijima, et pire encore, contre lui-même. D'avoir toujours autant donné, de toutes ses forces, de rester debout, fort, fier. De donner ses sentiments, son âme et tout son cœur pour une personne qui avait déchiré le sien petit à petit, au travers des trois années précédentes, et plus encore.
Il ne pouvait pas affirmer avec certitude qu'il souffrait bien plus que son ami. Mais c'était indéniable, un morceau de lui était partie avec cet Oikawa qu'il avait toujours été avant Wakatoshi. Il ne se faisait plus de fausses idées désormais, il ne pourrait jamais obtenir ce que l'autre avait eu entre les mains avant de le briser aussi profondément qu'il avait pu le faire.
Iwaizumi avait passé son temps, ses années, à veiller sur ce débile, à en prendre soin, et faire taire et saigner son cœur pour le soulager, ne serait-ce qu'un peu, de cette douleur qui le poignardait à chaque fois. Il avait vu mourir cet enfant insouciant, stupide, avide de victoires, fier et manipulateur. Beau, et désirable. Au fond de lui, il n'était pas sûr de savoir faire le deuil de cet ami, de cette personne qui ne pourrait plus être comme avant. Pas sans ces fêlures et séquelles.
Il aurait dû être moins doux. Le secouer brutalement, le frapper dans ces moments-là, le retenir, lui avouer ce combat quotidien, qu'il ressentait au fond de ses tripes, dans l'espoir de le sauver, même juste un peu. Garder jalousement, égoïstement, cet Oikawa qu'il avait été le seul à connaître. Et aujourd'hui, il n'y avait plus rien que ces regrets.
Ces amers regrets et la certitude que cet enfant dont il était amoureux autrefois, et plus encore aujourd'hui, ne ferait plus jamais surface.
Il baissa les bras, signa son entrée dans une université différente, brisant ainsi la promesse d'enfants de ne jamais se séparer.
Les bras croisés derrière la tête, allongé sur son lit à regarder les lattes de celui au-dessus, il pensait à ce qu'il s'était passé. Pour la première fois, son esprit était parfaitement clair : Tooru ne reviendrait plus, plus jamais. Parce que… parce qu'il ne savait pas. La sociabilité, la communication saine, les conventions sociales, tout ça, ça lui échappait. Il ne savait rien y faire, pas faire autrement, pas retenir les gens, ou de la pire des façons.
Ushijima se sentait terriblement coupable et victime dans cette affaire. Indéniablement anéanti. Parce qu'il était difficile pour lui d'aimer, correctement, de dire qu'il aime, de savoir comment le faire. Tous ces ratés, ces occasions foirées, ces moments passés sous silence. A se taire plutôt que de s'affirmer, de peur de le voir partir, alors qu'à chaque rencontre, il était de moins en moins présent… ça lui tenait la tête dans l'eau.
Il avait le cœur lourd, l'estomac creux, et plein d'envie de rien. Une touffasse rouge passa sur le côté pour l'observer.
-T'as l'air de déprimer, Wakatoshi-kun. C'est rare de te voir dans cet état.
-Ca se voit ?
L'autre rit et finit par descendre, venant s'asseoir sur le lit de son ami. Il posa une main sur sa cuisse et le secoua quelque peu. Au moins, il pouvait s'estimer heureux d'avoir Satori auprès de lui dans ce genre de moment. Pourtant… il avait la nette impression de se sentir désespérément seul, aujourd'hui. C'était une certitude, il ne verrait plus Tooru, comme s'il avait cessé d'exister.
-Je vois tout de toi. Si ton corps et ton regard parlent peu, tes paroles sont franches. Tu n'as pas de filtres et ça permet à qui le veut réellement de te connaître sur le bout des doigts.
-Alors, dis-moi, ce qui ne va pas chez moi.
Le garçon réfléchit un moment, se grattant la tempe du bout de l'index.
-Comme tout le monde, tu as des choses qui dysfonctionnent. Parfois tu blesses les gens, sans t'en rendre compte. Car tu ne comprends pas les conventions sociales. Mais, en dehors de ça, tu as le don de dire franchement ce que tu penses sans paraître pour quelqu'un de trop sûr de toi, qui veut se la péter, frimer. Sans être profondément méchant, ou vulgaire. Tu es juste un être humain difficile à cerner car personne d'autre n'agit comme toi. Et je suis dans le même genre, alors, si tu te sens un peu seul dans ta galère, tu peux toujours être seul avec moi.
-D'accord. Merci. Je vais dormir maintenant, je pense.
Satori eut un léger sourire, un peu surpris, mais il rejoint son lit également et le plus grand éteignit la lumière sans tarder, crevé de sa journée de match.
Wakatoshi ne trouva pas le sommeil tout de suite, ce que disait Satori faisait sens une fois sur deux. Aujourd'hui, il comprenait que ce n'était pas la quantité de temps avec Oikawa qui aurait pu le faire rester, mais la qualité.
Il lui avait déjà dit une fois, de souvenir, qu'il n'avait jamais prit la peine de lui apprendre, de lui dire ce qu'il pouvait dire et non, de lui apprendre à communiquer avec. Dans le fond, il aurait sans doute changé pour quelqu'un, alors que Tendou semblait le comprendre sans faire d'efforts.
Ils n'étaient peut-être pas compatibles. Et cette idée lui donnait des frissons violents. De froid, mais à l'intérieur de lui-même. Ses os tremblaient d'effroi à l'idée d'aimer désespérément quelqu'un de perdu à tout jamais. De quelqu'un pour qui il ne ressentait pas le besoin de faire des efforts quand les autres étaient capables de comprendre.
Tooru n'était pas quelqu'un de bien, pas quelqu'un pour lui, et ça le détruisait à chaque seconde où il s'en rendait compte, car chaque battement de son cœur fissuré, de plus en plus lourd, lui hurlait irréparablement qu'il ne pourrait pas aimer qui que ce soit d'autre, peu importe le moment de sa vie. S'il passait pour un yakuza, tant pis, mais c'était certain qu'il n'était l'homme que d'un seul homme.
Et que, mutuellement, ils s'étaient menés à la folie, à la haine, à la mort. Il n'existait d'eux, à présent, qu'un amas de poussières qui résiderait, et tourbillonnerait dans les courants d'air des cœurs brisés.
Il se mit sur le ventre, croisa les bras sous son oreiller.
Ushijima avait l'impression de vivre une seconde rupture, plus profonde, intense, douloureuse. Il avait perdu, définitivement.
Et quand son cœur meurtri lui permit enfin de pleurer, il n'y avait plus aucune main sur son épaule. Il se sentait seul, et ne pouvait se sentir seul à ce point avec personne d'autre.
Bah. Fin. Voilà. Je ne sais pas quoi dire de plus -et généralement je raconte ma vie. Eh bien… leçon n°3 de : Comment briser des personnages qu'on aime – guide de survie malgré les douleurs. Honnêtement… non, je ne vais pas ramer des heures, je ne sais pas quoi dire. Je suis triste pour eux. J'ai limite envie de faire un OS où tout va bien, haha ! Mais pas de séquelles. Oikawa ne pourra plus se réparer, Iwaizumi et lui ont des routes séparées. Ushijima va suivre sa propre voie. Vous voulez je vous dise quoi de plus.. ? Parfois, les histoires, elles se finissent mal, même si on s'investi jusqu'au bout de son âme, et ça reste une épreuve.
Pour ceux qui la vivent, courage. Tenez bon. Bisous.
