Voilà mon troisième chapitre. Comme vous le remarquerez, il commence des années après les deux premiers chapitres et Jane et Lizzie sont devenues des adultes. Elles vont bientôt rencontrer Mr Bingley. Ensuite, mystère ! Bonne lecture ! J'espère avoir des commentaires de mes lecteurs. Cela m'aidera beaucoup à améliorer mon texte.
Chapitre 3 Une recommandation bienvenue
Londres,
12 mars 1810
Mr Charles Bingley était un charmant jeune homme de vingt-quatre ans. Originaire du Yorkshire, et plus précisément de Scarborough, il avait eu la chance d'avoir un père déterminé à assurer le bien-être et l'avenir de ses trois enfants. Il avait légué cent mille livres à son fils et vingt mille livres à chacune de ses deux filles qui, de plus, avait passé plusieurs années dans l'un des pensionnats les plus convoités de Londres.
L'aînée de ses sœurs, Louisa, avait fait un mariage convenable, en épousant un gentleman qui avait plus de relations que de fortune. Mais elle semblait pouvoir s'en contenter. La seconde fille, Caroline, était beaucoup plus ambitieuse et avait jeté son dévolu sur un ami intime de Bingley, Mr Darcy, fils et héritier de Mr Georges Darcy, maître de Pemberley, dans le Derbyshire. En dépit de toutes ses tentatives pour convaincre le gentleman qu'elle serait une épouse parfaite pour lui, elle n'avait jamais obtenu autre chose qu'une indifférence polie. Mais elle n'avait pas l'intention de renoncer pour autant. Elle avait, sur ses nombreuses rivales, l'avantage de passer beaucoup de temps dans l'intimité de l'homme, grâce à son amitié avec son frère.
Charles Bingley savait que sa sœur se faisait des illusions, mais il n'ignorait pas non plus que le lui dire serait une perte de temps. Il l'avait déjà fait à plusieurs reprises sans le moindre résultat. Caroline était persuadée de sa capacité à obtenir ce qu'elle voulait. Et elle ne s'imaginait pas du tout échouer dans ce domaine.
Elle finirait par tomber très brutalement de son piédestal. Ce qui lui permettrait de découvrir sa totale insignifiance. Elle serait probablement folle de rage, mais ne pourrait pas prétendre qu'elle n'était pas prévenue.
Bingley avait l'intention de réaliser le rêve de son père qui souhaitait le voir devenir un propriétaire terrien. Lui-même était mort avant d'avoir pu atteindre ce but. C'était donc à son fils qu'il revenait de le réaliser et il avait l'intention de faire tout son possible pour le réaliser. Mais il se rendait compte que l'acquisition d'un domaine était loin d'être aussi facile qu'il l'avait cru de prime abord. Cependant, il n'avait pas l'intention de renoncer à son projet jusqu'à ce qu'il l'ait réalisé. Il se rendit donc dans le bureau de son homme d'affaires dans l'espoir que celui-ci serait en mesure de lui donner de bonnes nouvelles.
?
Confortablement assis dans un fauteuil en face de son homme d'affaires, Mr Bingley demanda :
- Mr Brown, comment se passent vos recherches ? Auriez-vous trouvé un manoir respectable ? Je sais que ce n'est pas une tâche facile, mais je peux peut-être espérer que vous avez découvert quelque chose de valable.
C'était une question qu'il avait posée à plusieurs reprises au cours de l'année qui venait de s'écouler.
Mr Brown déplaça quelques papiers sur son bureau, poussa un profond soupir et secoua la tête négativement.
- Je crains que ce ne soit pas le cas, Mr Bingley, répondit-il d'un air désolé. J'ai fait des recherches supplémentaires, bien entendu, mais j'ai reçu peu de réponses positives.
- C'est très décevant, vraiment. Mes sœurs et moi avons tous anticipé ce projet depuis que la recherche a commencé. Je n'avais aucune idée que le fait de trouver une maison serait si long.
- Il est regrettable qu'aucune des maisons que je vous aie proposées ne vous ait convenue.
- Oui, mes sœurs ont des exigences très particulières en ce qui concerne ma future maison. Ce qui, je le conçois, ne rends pas les choses faciles.
Mr Brown jugea qu'il pouvait se permettre d'offrir quelques conseils virils à son jeune client.
- Mr Bingley, si je puis m'exprimer ainsi, je vous conseille de prendre la prochaine propriété qui répond à vos besoins. Le fait de demander l'avis de vos sœurs est admirable, mais je crains, très futile également. L'achat d'une propriété peut s'avérer assez difficile, surtout s'il faut compter avec les critères de femmes qui ne savent pas ce qu'elles veulent. De plus, elles ne sont sans doute pas destinées à vivre dans cette maison. Vous devriez la choisir en fonction de vos goûts, pas de ceux d'autrui, quels que soient vos liens avec ces personnes.
Bingley n'avait jamais considéré que ses sœurs étaient des femmes qui ne savaient pas ce qu'elles voulaient. Bien au contraire. Elles avaient des opinions très précises sur ce qu'elles voulaient. Cependant, il ne jugea pas utile de le mentionner. Et il savait que Mr Brown avait raison. Ce serait sa maison. Certes, sa sœur cadette, Caroline, y vivrait jusqu'à son mariage et il devait s'attendre à ce que les Hurst y viennent à leur gré. A moins qu'il ne leur fasse comprendre qu'il entendait avoir la paix dans sa propre maison. Il faudrait qu'il prenne des mesures concernant ses sœurs. Il était plus que temps qu'elles découvrent qu'elles n'étaient pas aussi importantes qu'elles le croyaient.
- Êtes-vous sûr que vous voulez vraiment acheter une propriété ? demanda Mr Brown.
- Mon père a toujours eu l'intention d'acheter une propriété, mais n'a pas vécu assez longtemps pour le faire. J'ai décidé donc d'acheter une propriété dès que cela pourra se faire. En partie pour satisfaire les souhaits de mon père, mais aussi pour mon propre plaisir. Vous m'informerez lorsqu'une propriété souhaitable arrive sur le marché, n'est-ce pas ? ajouta Bingley alors qu'il se levait pour prendre congé.
- En effet, je le ferais, monsieur. Je suis vraiment désolé de ne pas pouvoir vous rendre plus de services.
Il serra la main de Bingley.
- J'avais l'espoir, plus tôt cette semaine, que j'avais enfin trouvé l'endroit idéal. J'ai reçu une lettre d'un collègue qui connaissait un endroit qui était tout ce que vous pourriez avoir souhaité, mais hélas, le propriétaire voulait louer la maison, pas la vendre.
Bingley hésita.
- Tout ce qui pourrait être souhaitable pour moi, dites-vous? Je n'avais pas pensé à une location. Votre associé vous a-t-il fourni tous les détails concernant la propriété ?
- En effet, il l'a fait. Netherfield Park est situé à une demi-journée de voyage de Londres. La propriété comprend le manoir, un parc, plusieurs fermes et une forêt idéale pour la chasse. Le village de Meryton est situé à moins de 3 miles du manoir. Mr Morris m'assure que la maison est en bon état et prête à accueillir toute une famille pour y emménager Le propriétaire doit partir pour les Indes et n'a pas l'intention de retourner en Angleterre dans un avenir prévisible.
- Cela semble certainement très prometteur. Comme la propriété est si proche de Londres, je crois que je vais aller moi-même la visiter. Pensez-vous que la maison sera disponible pour consultation dans trois jours ? demanda Bingley.
- Je vais faire en sorte que ce soit le cas, promit Mr Brown tandis qu'il raccompagnait son client à la porte.
?
Pemberley,
18 mars 1810
Depuis qu'il était entré dans la salle à manger pour y prendre son petit-déjeuner en compagnie de sa jeune sœur, Fitzwilliam Darcy, fils et héritier du maître de Pemberley, semblait plongé dans ses pensées. Et, à en juger par l'expression de son visage, il semblait d'humeur très morose.
Sa sœur, Georgiana, le regarda avec une certaine inquiétude. Chaque année, à l'approche de Pâques, il arborait la même expression. Et elle en connaissait parfaitement la raison.
- Est-ce la perspective de devoir vous rendre à Rosings Park qui vous met de si mauvaise humeur, mon frère ? demanda-t-elle avec douceur.
Darcy sursauta et leva les yeux. Il vit le regard empreint de compassion de sa sœur. Elle savait à quel point il détestait ces visites. Mais il n'avait pas d'autre choix que de s'y soumettre. Mais il appréhendait toujours ces moments. Non sans raison.
- Vous savez que ses exigences empirent à chaque visite, dit-il. Elle devient de plus en plus déterminée à obtenir ce qu'elle veut et à croire qu'elle peut faire de moi sa marionnette. Qu'elle ait échoué jusqu'à présent la rend folle de rage.
- Je plains la pauvre Anne de devoir vivre en permanence avec elle. Je suis sûre que si elle pouvait passer une année loin d'elle, elle serait en mesure de se remettre des soins inadéquats offerts par un médecin qui s'est enrichi à ses dépends sans que ses remèdes aient le moindre effet. Comme si elle voulait qu'Anne reste affaiblie pour mieux la garder en son pouvoir.
- Anne a toujours été faible et malade, vous le savez bien, Georgiana.
- C'était une enfant chétive et maladive à sa naissance, c'est vrai. Mais elle aurait pu devenir une petite fille forte et en bonne santé si sa mère ne l'avait pas traitée sans le moindre discernement. Elle la couvrait de vêtements en prétendant la protéger du froid et lui interdisant de sortir dehors plus d'un quart d'heure. En agissant ainsi, elle n'a fait que l'affaiblir. On peut se demander si elle ne l'a pas fait exprès !
- Exprès ? Pourquoi aurait-elle fait cela ?
- Cela lui donne une bonne raison de ne pas lui offrir de saison à Londres. Et d'essayer de vous convaincre de l'épouser. Je crois que vous devriez essayer de découvrir ce que contient le testament de sir Lewis, William. Je ne serais pas du tout surprise d'apprendre qu'elle ne l'a pas respecté.
- Vous avez raison, Georgiana. J'en parlerai à notre oncle. Il serait plus que temps que notre cousine soit traitée de façon plus correcte. Notre tante la voit seulement comme un moyen d'obtenir ce qu'elle convoite. Mais elle a tort si elle croit que je vais m'abaisser devant elle.
- Je sais bien que vous ne le ferez jamais. Elle se fait des illusions. Papa et Maman sont là pour vous protéger de ses mensonges.
- Je ne pense pas que cela change grand-chose. Elle les harcèlent, eux aussi, pour obtenir ce qu'elle veut. Et elle est persuadée qu'ils finiront par céder à ses exigences.
- On voit bien qu'elle ne connaît pas Papa. Il est furieux qu'elle pense avoir le droit de décider de votre avenir à sa place. Il n'a pas l'intention de le lui permettre. Je crois qu'il l'a informée que lorsque vous serez marié, il faudra qu'elle trouve quelqu'un d'autre pour s'occuper de la gestion de son domaine, parce que vous aurez autre chose à faire que de perdre votre temps à réparer les dégâts qu'elle fait en permanence par sa mauvaise gestion.
- Parler à haute voix de son incapacité l'a certainement rendue folle de rage.
- Vous savez bien qu'elle ne supporte pas qu'on parle de ses défauts. Elle refuse de reconnaître qu'elle en a un seul. Elle est si prétentieuse qu'elle se croit parfaite. Pauvre Anne ! Ce n'est pas un cadeau d'avoir une mère pareille. Je doute fort qu'elle lui ait demandé une seule fois ce qu'elle souhaitait. Elle parle toujours de ses propres désirs comme s'il s'agissait des siens. Il y a longtemps que mon oncle aurait dû l'éloigner d'elle. Il s'est montré bien négligent envers sa nièce.
Darcy devait reconnaître que c'était vrai. Il ne s'était jamais soucié de se demander ce qu'elle ressentait en sachant qu'il refusait de l'épouser. Elle était sûrement suffisamment intelligente pour accepter le fait qu'ils n'avaient jamais été promis l'un à l'autre, qu'il ne s'agissait que d'une invention de sa mère pour lui forcer la main et lui permettre d'obtenir ce qu'elle voulait. Même s'il se demandait comment elle comptait s'y prendre puisque ses parents étaient toujours en vie.
- Ne vous inquiétez pas, Georgiana, dit-il. Notre tante est condamnée à être déçue. Elle n'a pas le moindre pouvoir sur nous et elle le sait. Il n'y a rien qu'elle puisse faire pour nous forcer à lui obéir. Elle perd donc son temps. Il est inutile de perdre notre temps à nous préoccuper d'elle.
Georgiana hocha la tête, sachant que son frère avait raison. Le jeune homme avait baisser les yeux sur son assiette afin de terminer son repas.
- Frère, allons-nous rester en ville pour la saison ? demanda-t-elle.
Darcy leva de nouveau les yeux et s'apprêtait à lui répondre lorsqu'on frappa à la porte.
- Entrez, répondit Darcy.
C'était Mme Reynolds, la gouvernante en chef qui avait servi la famille Darcy depuis que Mr Darcy était un petit garçon.
- Je vous demande pardon de vous déranger, Monsieur. Un express de Mr Bingley vient d'arriver.
Elle remit la lettre, posée sur un plateau d'argent à son maître.
- Merci Mme Reynolds.
Elle s'inclina et se dirigea vers une autre partie de la salle à manger en attendant que son maître fasse appel à elle. Darcy rompit le cachet de la lettre, la déplia et lut :
Mon cher Darcy,
Je pense avoir trouvé un domaine dans le Hertfordshire qui semble idéal. Il est bien situé, de sorte que je pourrais aller à Londres si l'envie m'en prend, ou rendre visite à ma famille dans le Nord.
En outre, il n'est pas trop loin de Pemberley, ce qui me permettra de venir vous voir facilement. Mon homme de confiance me le recommande chaudement, mais étant novice en la matière, je serais heureux d'avoir votre avis. Accepteriez-vous de m'y rejoindre ?
Si tout va bien, j'espère que vous accepterez d'y passer quelque temps avec moi. Votre sœur, Georgiana, y est également la bienvenue. Mes sœurs et mon beau-frère viendront sans doute avec moi.
Votre ami,
Bingley
- Il semble que Charles pense avoir trouver une propriété à louer dans le Hertfordshire, dit Darcy. Il me demande d'aller la voir avec lui pour avoir mon avis. Et il nous invite à lui rendre visite à sa nouvelle maison si cela se fait. Voulez-vous venir avec moi ?
- Qui d'autre serait présent à part nous ? demanda Georgiana.
- Il dit qu'il compte accueillir ses sœurs, Miss Caroline Bingley et Mme Hurst ainsi que Mr Hurst
Georgiana fit la grimace pour montrer sa réticence et dit :
- Je préfère ne pas y aller, frère. Vous savez comment Miss Bingley se comporte toujours avec moi, comme si nous étions des amies intimes alors que ce n'est absolument pas le cas. Et je n'aime pas être témoin de votre malaise lorsque vous êtes en sa compagnie et qu'elle cherche à attirer votre attention sur elle. Vous êtes toujours mal à l'aise quand elle cherche à parader devant vous.
Mr Darcy hocha la tête d'un air compréhensif. En effet, la sœur de Charles ne cachait pas ses desseins sur lui mais la façon dont il se comportait avec elle était à la limite de la civilité.
- Très bien alors. Dans ce cas, vous pourrez séjourner dans notre maison de ville avec nos parents et Mme Annesley et rendre visite à notre tante et notre oncle Fitzwilliam pendant toute la durée de mon absence. Miss Bingley et sa sœur n'oseront pas vous importuner avec leurs insinuations ridicules en présence de notre mère. Je vous rejoindrais avant Noël.
- Vous savez que miss Bingley s'est mis en tête de me marier à son frère ?
- Oui. Elle n'a jamais caché ses projets. Elle n'a pas encore compris qu'elle perdait son temps.
- Avez-vous remarqué son comportement hypocrite avec Maman ? Elle cherche à se faire bien voir d'elle pour la convaincre qu'elle serait une épouse parfaite pour vous. Je me souviens, qu'une fois, j'étais présente lors de l'une de ces conversations. Maman a laissé entendre que vous n'aviez pas encore rencontré la femme que vous voudriez épouser et qu'il était peu probable que vous la trouviez dans la bonne société où il n'y avait que des hypocrites parmi les jeunes dames de la noblesse et de la gentry1. Et elle a mentionné les parvenues prétentieuses qui se pavanaient dans les salons de Londres, persuadées de leur importance et qui se permettaient d'insulter leurs supérieurs. Elle a dit que ces femmes-là ne méritaient même pas une pensée et qu'en aucune circonstance vous ne songeriez à en épouser une. En disant ces mots, Maman a regardé miss Bingley d'un air parfaitement explicite. Elle est devenue toute rouge, Fitz. Je pense qu'elle a parfaitement compris ce qu'elle voulait dire. Pourtant, elle n'a pas renoncé pour autant.
- Elle est trop persuadée de son importance pour le faire. Mais elle tombera un jour de son piédestal. Ce jour-là, elle ne trouvera personne pour l'aider à se relever. Ne vous inquiétez pas, Georgiana. Je peux vous jurer sur mon honneur que cette mégère ne deviendra jamais votre sœur. Cette idée me fait frémir de dégoût. Vous n'avez rien à craindre.
- Je suis heureuse de l'apprendre. Peut-être que, si vous allez dans le Hertfordshire, vous rencontrerez une femme qui fera comprendre à miss Bingley à quel point elle est insignifiante.
- Nous verrons bien. Pour le moment, j'ai accepté d'aller visiter le domaine avec Bingley. S'il le prend, tant mieux. Je pense qu'il peut se passer des conseils de ses sœurs étant donné qu'elles ne connaissent rien dans ce domaine. Ensuite, je verrais bien. Je suis soulagé de savoir que nous reviendrons ici pour l'été.
- Allez-vous inviter Mr Bingley et ses sœurs ?
- Non. Je ne vais pas infliger ces femmes mesquines et insupportables à nos parents. Je pense qu'elles devront aller voir leur tante dans le Yorkshire.
- Miss Bingley sera folle de rage.
- Je me soucie fort peu de son opinion. Ce n'est pas à elle de décider qui nous pouvons ou non inviter chez nous. Il faudrait qu'elle soit encore plus présomptueuse que je le crois pour le penser. Ne vous inquiétez pas, Georgiana. Vous n'aurez pas à subir sa présence.
Elle acquiesça, puis jugeant qu'il valait mieux mettre un terme à la conversation, elle s'excusa pour se rendre à la salle de musique tandis que Darcy se dirigeait vers son étude afin d'écrire une réponse à l'invitation de Bingley.
?
Dans les deux jours qui suivirent, ils firent leurs malles et partirent en direction de Londres. Ils firent un agréable voyage avec du beau temps et arrivèrent à la maison de Grosvenor Square un peu plus tôt que prévu. Ils se rendirent dans leurs chambres respectives pour se rafraîchir avant l'heure du dîner. Darcy trouva une lettre qui l'attendait à son étude. C'est de nouveau de Charles.
Darcy,
J'ai écrit à votre maison à Londres en sachant que vous êtes arrivé aujourd'hui. Caroline m'a harcelé afin que je vous invite Georgiana et vous, pour dîner ensemble afin que vous puissiez rester avec nous et que nous partions demain pour le Hertfordshire pour visiter Netherfield. Comme vous le savez, ma chère sœur raffole de Georgiana et de vous aussi, comme elle me le disait. Je ne sais pas pourquoi elle insiste sur ce point alors même que j'ai vu votre réaction à ses attentions non désirées.
Eh bien, je comprendrai si vous ne pouvez pas venir et que vous préférez me rencontrer le matin à la place. Elle n'arrêtait pas de parler jusqu'à ce que j'écrive pour vous inviter. Je vous rejoindrais demain à dix heures.
Votre ami,
Charles Bingley
Darcy rit de la situation de son ami et écrivit une réponse indiquant qu'il pensait plutôt le rencontrer le lendemain matin, comme il devait assister à certaines activités. Il fit envoyer ce message par un valet et descendit souper avec sa sœur.
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1 La landed gentry est le nom donné en Angleterre à la noblesse non titrée.
