Voici le dernier chapitre. Je suis désolé de vous avoir fait attendre si longtemps. La chaleur ne donne pas vraiment envie de travailler. Mais je vais essayer de me rattraper. J'espère recevoir beaucoup de commentaires. Je sais qu'il ne se passe pas grand chose, mais le prochain sera différent. Et merci à tous ceux qui m'ont donné leur avis. Dites-moi ce que vous pensez de ce nouveau chapitre.

Chapitre 5 Signature de contrat

Une heure plus tard, Bingley rencontra Darcy au pub local après une rencontre avec l'avocat, Mr Philips. Darcy était plongé dans la lecture d'un exemplaire du Times de Londres, mais il leva les yeux lorsque son ami s'approcha. Pour l'observateur occasionnel, il semblerait que Bingley était un peu découragé.

- Bon sang, Bingley ! Quelle est le problème ? Vous avez juste accompli la volonté de votre père et loué un domaine. Vous devriez être heureux, pas mélancolique.

- C'est justement le problème. Je n'étais pas en mesure d'acheter Netherfield. J'ai seulement un bail à court terme sur la place, avec la possibilité de l'étendre. Le propriétaire est mineur et ne pourra pas en hériter avant plusieurs années. Apparemment, c'est le second fils. L'aîné doit hériter un autre domaine qui est tout près d'ici.

- Je suis vraiment désolé, Bingley, répondit Darcy, avec sincérité. Eh bien, il y a d'autres comtés où vous pourriez trouver un domaine. Que pensez-vous du Derbyshire ?

- Je suppose que vous avez raison. Mais comme je suis installé ici maintenant, je pourrais aussi bien en profiter. Je prends possession du domaine à la Saint-Michel. J'enverrai les domestiques au manoir juste avant pour préparer et viendrait afin de tout superviser moi-même. J'espère que je peux vous envisager comme l'un de mes premiers invités, Darcy.

- Bien sûr. A quoi servent les amis ? Est-ce que les Hurst et miss Bingley ont prévu de venir aussi ? demanda innocemment Darcy, en essayant de ne pas montrer qu'il préférerait de beaucoup que Caroline Bingley se rende quelque part qui soit le plus loin possible du Hertfordshire.

Bingley pourrait dire quelque chose en voyant la détresse de son ami aux attentions manifestes et indésirables de Caroline et savait que sa réponse ne pourrait pas le soulager, mais en fait augmenter la douleur de Darcy. Mais Bingley savait Darcy était un gentleman et aurait supporté stoïquement les nouvelles.

- Caroline doit être la maîtresse de la maison pour moi. Eh bien, comme j'ai tout terminé ici et si vous avez fini la lecture du journal, allons-nous nous mettre en route pour retourner à Londres afin que nous puissions arriver avant la nuit ?

Cette invitation était la bienvenue – même si la compagnie de miss Bingley, Mr et Mme Hurst pour un séjour à la campagne n'étaient pas de celles qu'il appréciait le plus, serait un soulagement pour le sentiment de solitude qui n'était jamais loin de son cœur.

- Merci. J'accepte votre invitation.

- Alors qu'en pensez-vous ? demanda Bingley.

- De quoi ?

- De mes futurs voisins. Mr Morris nous a tout dit sur les familles prééminentes dans la région, vous ne vous rappelez pas ?

- Rappelez-le moi, un à la fois.

- Il y a deux familles principales, les Lucas et les Bennet. Les Lucas résident à Lucas Lodge. Le chef de la famille a été fait chevalier par le roi et y vit avec sa femme et ses cinq enfants. L'aînée est une fille prénommée Charlotte. Elle a vingt-quatre ans, plutôt simple mais pratique et intelligente. Il y a une autre fille, Maria, jolie mais la tête vide, selon Mr Morris. Il y a plusieurs autres enfants dont il n'a pas parlé. Sans doute parce qu'ils sont très jeunes.

- Et les parents ?

- Sir William Lucas est un gentleman qui voit toujours le meilleur en chacun et somptueux dans ses louanges. Lady Lucas, a déclaré Mr Morris, n'est pas une femme très intelligente, mais je crois qu'elle sera aussi sympathique que son mari.

« J'en doute fort », pensa Darcy avec un certain cynisme, mais ne voulant pas retourner à la mélancolie de son esprit, il décida de continuer sur le sujet. Et la famille Bennet ?

- Mr Morris ne pouvait pas se taire au sujet de cette famille. Les informations qu'il a données à leur sujet sont assez vastes.

- Et qu'est-ce qui est si extraordinaire à leur sujet ?

- Les Bennet vivent à Longbourn, qui est à environ trois miles de Netherfield. C'est la plus grande propriété de la région après Netherfield. Mr Bennet est un homme intelligent et plein d'esprit qui à un goût particuliers pour les bons livres. Mme Bennet est une femme très agréable. C'est une excellente maîtresse de maison et une excellente mère. Elle est très aimée dans le voisinage.

- Et les enfants ? Combien de fils et filles ?

- Il y a un entail sur le domaine de Longbourn qui doit obligatoirement revenir à un parent de sexe masculin. Il y a deux filles et deux garçons. Les jeunes filles sont réputées pour être les joyaux du Hertfordshire car elles sont toutes les deux très belles.

- Une exagération de plus, sans aucun doute.

- Allons, mon ami, il doit bien y avoir quelque chose de vrai, là-dedans. Après tout, vous ne les avez encore jamais vues. Elisabeth, la seconde, est la plus accomplie car elle lit des livres, joue du piano et chante.

- Accomplie selon les normes de la campagne, sans aucun doute.

- Elisabeth, donc, est âgée de vingt ans, poursuivit Bingley, ignorant la remarque de son ami. Elle est la deuxième plus belle fille de la famille, avec des cheveux noirs et des yeux sombres. Elle a une disposition taquine et animée et c'est une très bonne interlocutrice, mais elle peut être assez taciturne quand elle est profondément plongée dans ses pensées. Plutôt comme vous, ajouta Bingley, en regardant son compagnon.

Darcy ignora la remarque.

- Elle a également un goût particulier pour les chiens. Elle a l'habitude de faire une grande promenade, tous les matins en compagnie de ses trois chiens. Ce sont des animaux fidèles et dévoués qui lui vouent une adoration sans bornes.

- Et qu'en est-il de l'aînée des demoiselles Bennet ?

- Miss Jane Bennet est la beauté de la famille, dans l'apparence et le caractère. Elle a apparemment un caractère doux et serein et ne voit que le bien dans tout le monde.

- Tout comme vous, Bingley.

- Oui, comme moi, dit Bingley, en souriant.

- Et les garçons ?

- Des jumeaux, Thomas et Henry. Ils ont une quinzaine d'années et sont à Eton actuellement. Ils se ressemblent comme deux gouttes d'eau et s'amusent beaucoup à s'habiller exactement de la même façon pour tromper les gens. Mais miss Elisabeth n'est jamais dupe. Elle sait toujours lequel est Thomas et lequel est Henry. Ce qui les dépitent beaucoup.

- Il doit donc y avoir une différence, entre eux, qui est invisible, sauf pour un bon observateur.

- C'est probable, oui. Ils sont déçus, bien sûr, mais ils adorent leurs sœurs et se montrent très protecteurs à leur égard. C'est une chance qu'ils soient à l'école.

- Je vois que vous avez peur de deux enfants.

- Les enfants peuvent être terribles, Darcy, quand ils le décident, vous le savez très bien.

- Oui, eh bien, assurez-vous qu'ils n'aient pas besoin de vous menacer, dit Darcy en riant de bon cœur.

Il se tut avant de poursuivre.

- Bingley, je sais que vous détestez les conflits et les discussions sérieuses, mais il va falloir que vous agissiez en ce qui concerne votre sœur. Je ne vais pas tolérer ses manigances plus longtemps. Ma patience a ses limites et elle en est très proche. Il serait plus que temps que vous lui fassiez comprendre qu'elle perd son temps à attendre de moi quelque chose qu'elle n'obtiendra jamais et qu'elle tourne ses attentions ailleurs. A moins de vouloir finir comme une vieille fille. Ce qu'elle sera bientôt.

Bingley poussa un soupir.

- Que voulez-vous que je fasse, Darcy ? Je lui ai dit des dizaines de fois que vous n'éprouviez aucun intérêt pour elle. Mais elle refuse de me croire. Je pense que le seul moyen de la convaincre serait de vous fiancer avec une autre femme. Elle comprendra à ce moment-là l'inanité de ses espoirs.

- Peut-être. Mais je ne vais pas me fiancer uniquement pour me débarrasser d'elle. Il serait temps qu'elle comprenne où est sa place. J'aimerais bien savoir d'où lui est venue l'idée absurde qu'elle seule était digne de moi. Elle ne possède absolument aucun des critères que j'attends d'une épouse. Vous savez que mes parents ne l'apprécient pas, surtout ma mère. Si elle ne veut pas comprendre qu'elle perd son temps, elle va ruiner sa vie. Mais au moins, elle ne pourra pas prétendre qu'elle n'était pas prévenue.

Il vit que son ami arborait un air malheureux.

- Je crois que vous devriez dire à Mme Hurst de faire une liste de prétendants potentiels pour elle et de veiller à ce qu'elle les rencontre. Elle sera bientôt considérée comme une vieille fille. Avec son caractère déplaisant, il ne sera pas facile de la marier. En dépit de sa dot, elle n'a jamais reçu de demande en mariage. Peut-être devriez-vous le lui rappeler. Une fois qu'elle aura vingt-cinq ans, vous pourrez lui suggérer de monter sa propre maison et d'engager une dame de compagnie.

- Elle sera horrifiée par une telle idée. Je doute qu'elle accepte.

- Charles, j'espère que, si vous êtes marié, vous n'envisagez pas de vous encombrer d'elle. Sinon, vous risquez d'avoir des problèmes. Elle ne se contentera jamais du second rôle, vous le savez très bien.

- Elle m'a déjà présentée certaines de ses amies dans l'espoir d'éveiller mon intérêt pour elles.

- Cela n'a pas marché ?

- Non. Elles sont trop semblables à Caroline. Et je n'éprouve rien à leur égard. Seulement de l'indifférence.

- Cela ne m'étonne pas. Elle a décidé de choisir à votre place et elle le fera en fonction de ses ambitions personnelles sans tenir compte de vos sentiments. N'accordez jamais crédit à ce qu'elle pourra dire sur une dame si votre intérêt est sérieux. Elle cherchera à vous contrer si cela peut l'arranger.

- Je me souviendrais de votre mise en garde, Darcy.

- J'en suis heureux. Votre sœur a grand besoin d'être remise à sa place. Sinon, elle n'arrêtera jamais d'essayer d'agir en fonction de ses propres désirs.

- Peut-être devriez-vous lui présenter lady Catherine ? Vous m'avez dit que ma sœur lui ressemblait par le comportement.

- C'est une idée intéressante. Je crains, cependant, que votre sœur ne soit terriblement humiliée. Ma tante n'a pas l'habitude de mâcher ses mots lorsqu'elle veut asséner à quelqu'un ses quatre vérités.

- Peut-être alors comprendra-t-elle enfin qu'elle ferait mieux de changer sa façon de se comporter !

- Je l'espère pour elle.

- Dites-moi, Darcy, votre sœur viendra-t-elle aussi ? demanda Bingley, désireux de changer de sujet.

Darcy fit la grimace.

- Je ne crois pas. Je ne veux pas la soumettre à la compagnie de votre sœur. Elle ne l'apprécie pas plus que moi. Je pense que ma sœur préfèrera qu'elle reste auprès d'elle. Et cela vaudra mieux. Peut-être devriez-vous inviter votre tante. Sa présence obligerait votre sœur à se conduire convenablement.

- Je crains que ma tante n'ait du mal à supporter mes sœurs très longtemps, tout comme vous. Si vous voulez, vous pouvez inviter votre cousin, le colonel Fitzwilliam. Il est le bienvenu.

- Je lui transmettrai l'invitation.

- Très bien. Pouvons-nous partir, maintenant ?

?

Ils quittèrent Netherfield et le Hertfordshire le soir-même pour retourner à Londres, afin d'informer les sœurs et le beau-frère de Bingley de leur succès. Ils avaient déjeunés à l'auberge et Bingley partit en sachant qu'il était le maître de Netherfield. Et toute la ville de Meryton le savait aussi,

Bingley semblait très heureux, et ne parlait que de ses espoirs d'avoir de bons voisins, de faire des connaissances agréables et généralement, de son bonheur concernant le séjour qu'il comptait faire à Netherfield.

Darcy prit tout cela plutôt bien. Ses pensées étaient dirigées sur un sujet très différent, cependant. Il n'était pas pressé de retourner à Netherfield à l'automne. Peu importait à quel point il était beau et le fait que la compagnie de sa sœur était des plus agréable, il se sentait encore un peu seul. Après la tentative de Wickham de s'en prendre à sa sœur avec la complicité de Mme Younge, Darcy avait pris conscience que, lorsque Georgiana serait mariée et l'aurait laissé, il serait vraiment tout seul. Même s'il y avait ses parents, ce n'était pas la même chose.

Darcy savait que quelque chose manquait dans sa vie, mais il ne savait pas ce que c'était. Et y penser le déprimait. Il valait mieux diriger ses pensées ailleurs.

Beaucoup trop tôt à leur goût, les deux hommes arrivèrent à Londres. Bingley avait l'intention de revenir dans le Hertfordshire dans quelques jours pour superviser les préparatifs pour ses invités, et puis retourner à Londres pour escorter la partie à Netherfield.

Alors que Darcy et Bingley remettaient leurs chapeaux, manteaux et gants au majordome, Miss Bingley vint en hâte les accueillir.

Cette dame était grande, très belle, - pour ceux qui aimaient son genre de beauté, ce qui n'était absolument pas le cas de Darcy ! - et bien accomplie. Sa sœur et elle étaient désireuses d'oublier autant que possible que leur fortune avait été acquise dans le commerce. Et dans le but d'agrandir encore plus leur position dans l'échelle sociale et de brûler tous les ponts entre elle et son passé, miss Caroline Bingley essayait de gagner l'affection de Darcy et de devenir sa femme. Jusqu'à présent, elle n'avait pas eu le moindre succès. Mais elle n'avait pas l'intention de renoncer pour autant.

Darcy soupira intérieurement quand elle entra dans le salon, avança d'une démarche qu'elle jugeait gracieuse. Elle n'était rien de plus pour lui que la sœur de son meilleur ami, et il n'avait pas l'intention d'aller plus loin dans la relation. Mais peu importait comment habilement ou poliment, il détournait toutes ses tentatives pour s'assurer ses attentions, elle n'avait jamais eu le soupçon de son indifférence ou refusait de l'admettre.

Darcy savait très bien qu'elle n'était pas la femme qui lui conviendrait. Il n'avait aucune idée de son identité, mais il savait sans le moindre doute que ce n'était pas Caroline Bingley. C'est à peine s'il pouvait supporter sa compagnie. L'idée d'être marié à une telle femme le faisait frissonner d'horreur.

- Et comment avez-vous trouvé Netherfield, mon frère ? commença miss Bingley d'un ton qu'elle essayait de garder calme.

- Je l'ai trouvé au-delà de mes attentes. En fait, j'étais tellement satisfait avec lui, que j'ai accepté de le louer pendant une année et j'espère que vous allez tous y rester avec moi pendant un certain temps, déclara Bingley avec enthousiasme, les yeux brillants de plaisir.

Les yeux de Miss Bingley se rétrécirent.

- Mr Darcy, combien de temps a-t-il fallu pour que ce domaine capture l'esprit de Charles ?

Darcy était un homme honnête et s'il voulait épargner à son ami l'une des conférences de sa sœur, il ne pouvait pas mentir à ce sujet non plus.

- Je crois que c'était une demi-heure.

- Une demi-heure ? Frère, vous rappelez-vous ce que je vous ai dit à propos des décisions hâtives ?

Toujours pris dans son plaisir d'avoir trouvé une maison aussi agréable, Bingley répondit :

- Oui, ma sœur chérie, je me souviens. Mais je pense que Netherfield est magnifique, et je sais que vous allez l'adorer.

- Magnifique ? répéta miss Bingley alors qu'ils marchaient en direction du salon. Mr Darcy, comment Betherfield est-il par rapport à Pemberley ? Je doute que Neverfield surpasse la beauté de cet endroit.

- Netherfield, miss Bingley, répondit Darcy avec indifférence. Et si il n'a rien de Pemberley, j'avoue que c'est un endroit très agréable.

- Eh bien, dit miss Bingley avec un sourire d'autosatisfaction, Si c'est comme vous le dites, Mr Darcy, alors je crois que Netherfield doit en être ainsi.

Darcy ne répondit pas. Les stratagèmes de Miss Bingley, le fait d'être toujours d'accord avec lui, sa façon de feindre de partager ses intérêts étaient trop transparents.

- Cependant, je ne suis pas très satisfaite, poursuivit miss Bingley. Vous n'auriez pas dû vous contenter de louer une propriété, mais en acheter une pour en être le propriétaire.

- C'était ce que je souhaitais. Mais aucune des trois propriétés que nous avons visitées n'était à votre goût.

- Oui, approuva Louisa. Mais nous avions de bonnes raisons pour vous décourager d'acheter ces propriétés. Pensez-vous réellement que ce Betherfield est la réponse ?

- Netherfield, Louisa. Netherfield Hall. Oui, je crois qu'il conviendra parfaitement. J'ai déjà fait des plans pour une bonne partie de chasse. Avec Darcy et quelques autres, peut-être.

Miss Bingley se sentit heureuse à cette idée.

- Je suis tout à fait disposée à vous servir de maîtresse de maison en présidant votre table, Charles.

Bingley sourit d'un air ravi :

- Je savais que je pouvais compter sur vous, Caroline. Louisa, Hurst et vous êtes également les bienvenus pour venir séjourner dans ma nouvelle maison.

Mme Hurst, qui avait épousé un gentleman plus à la mode que fortuné, était tout à fait disposée à considérer la maison de son frère comme la sienne lorsque cela lui convenait.

- Bien entendu, nous allons venir, dit-elle. Pour rien au monde, nous ne voudrions manquer cela.

- Bon, très bien. J'y retournerai, une semaine avant la Saint-Michel, afin de m'assurer que tout est prêt pour votre arrivée. Ensuite, je reviendrais ici pour vous escorter jusqu'à Netherfield Hall. En attendant, vous pouvez vous adonner à vos activités habituelles.

Darcy prit congé avant que Caroline n'ait eut la possibilité de l'inviter à dîner, à son grand dépit. Lorsque Bingley quitta le salon pour accompagner son ami, Caroline se tourna vers sa sœur :

- Maintenant qu'il dispose d'une bonne maison, il est fort probable qu'il va passer le reste de ses jours à Netherfield et ne jamais acheter son propre domaine.

- Je suis d'accord qu'être propriétaire d'un domaine est beaucoup mieux qu'être un simple locataire. Cependant, les mois de cet été ont été horribles. L'air de la campagne est très agréable. Et si Netherfield correspond réellement à la description de notre frère, je suis sûr que nous pourrons y passer de bons moments.

- Et si ce n'est pas le cas, nous pourrons revenir facilement à Londres, répondit Caroline. Vous connaissez Charles. Il sera disposé de trouver des agréments là où il n'y en a pas vraiment.

- Mais voyez tout ce qui est positif pour vous, Caroline. Mr Darcy sera en mesure de constater que vous êtes une excellente maîtresse de maison.

- Rien que pour cela, je suis prête à aller partout où notre frère le souhaite, même dans la campagne sauvage du Hertfordshire.

?

Darcy rentra chez lui et fut soulagé de découvrir que ses parents étaient revenus. Ils l'interrogèrent sur ses activités.

- Que pensez-vous de ce domaine, Fitz ? demanda Mr Darcy. Est-il vraiment intéressant ?

- Tout à fait. Il fait à peu près la moitié de Pemberley et est très bien géré. Malheureusement, Bingley ne peut pas l'acheter car il est réservé à un second fils. Mais c'est un endroit très agréable.

- Vous allez donc y séjourner avec Bingley ?

- Oui, Père. Je lui apprendrais les bases pour gérer un domaine. Je pense qu'il devrait être capable de se débrouiller rapidement.

- A condition de ne pas se laisser manipuler par les autres, dit lady Anne. Je suppose que la « Vipère » sera présente, elle aussi ?

Darcy fit une grimace. Il savait que c'était le surnom que sa mère avait donné à Caroline Bingley et il devait avouer qu'il lui allait comme un gant. Il n'était pas heureux de sa présence, mais tâcherait de la tolérer.

- Elle servira d'hôtesse à son frère.

- Il vous faudra la supporter, alors.

Darcy haussa les épaules.

- Comme je l'ai toujours fait. Il faudra bien qu'elle finisse par comprendre. Sinon, tant pis pour elle. Elle sera la seule responsable de son sort. Je n'éprouve pas la moindre compassion pour elle.

- Moi non plus. Je suppose qu'elle s'attend à séjourner à Pemberley pour l'été ?

- Je n'ai pas invité Bingley. Il sait que je ne peux pas le faire sans votre accord et il n'ignore pas que vous ne supportez pas ses sœurs. S'il peut se débarrasser d'elles, il pourra venir, mais je crains toujours qu'il ne fasse une gaffe. De toute façon, pour le moment, la seule chose qui me préoccupe, c'est mon voyage à Rosings Park.

Je suis désolé, mon garçon, dit Mr Darcy. Je sais à quel point votre tante est difficile à supporter. Mais une fois que vous serez marié, vous n'aurez plus aucune raison d'aller lui rendre visite. Il est probable qu'elle ne voudra pas vous voir, de toute façon.

- Je ne pense pas que je me marierai de sitôt. Et je ne peux pas oublier ce qu'elle a fait.

- William, dit doucement lady Anne. Nous ne pouvons pas l'accuser sans preuve.

- Mais tous les membres de la famille sont d'accord sur le fait qu'elle a un lien avec ce qui s'est passé. Son indifférence totale au sujet de l'événement me paraît une preuve suffisante.

- Je crains que cela ne le soit pas devant un juge.

- Dois-je comprendre que mon oncle la traînera devant un juge s'il découvre des preuves de sa culpabilité ?

- Je pense qu'il préfèrera la faire expédier à Bedlham. Ce sera bien pire pour elle de perdre sa liberté.

- Mais cela ne nous rendra pas Lilibeth.

Mr Darcy posa une main sur l'épaule de son fils.

- Il faut vous résigner, Fils. Lilibeth est morte. Il n'y a aucune chance de la retrouver en vie. Tout ce qui a été possible de faire pour la retrouver a été fait. Tout cela en vain. Il n'y a plus aucun espoir.

- Je le sais très bien, Père. Et pourtant ! Je ne peux pas m'empêcher, au plus profond de moi, de croire qu'elle pourrait être encore vivante. Même si je sais que c'est impossible. Suis-je fou d'espérer ?

- Non, William. Vous êtes un romantique et vous voudriez que les choses se finissent bien. Mais je crains que vous ne soyez déçu à ce sujet. Je ne pense pas qu'il y a le moindre doute.

- Nous avons longtemps espéré, dit lady Anne, mais si elle a survécu, alors Dieu seul sait ce qu'il est advenu d'elle. Elle pourrait se trouver n'importe où même dans les pires lieux de Londres. Peut-être vaut-il mieux qu'elle soit morte.

- En ce qui concerne votre voyage à Rosings Park, William, contentez-vous d'ignorer les discours de votre tante et rappelez-lui que nous refusons de faire ce qu'elle veut. Elle sait très bien qu'en dépit de ses prétentions, elle n'a aucun pouvoir sur nous. Prétendre le contraire ne lui servira à rien.

- Très bien, Mère. Je suivrais votre suggestion. J'espère que Richard pourra m'accompagner. Il est très doué pour servir de tampon entre lady Catherine et moi.

- Cela ne durera que deux semaines et ensuite vous serez libre.

- Je l'espère. Je ne comprends comment elle peut s'abaisser à continuer à proférer des mensonges en sachant que vous êtes là pour les démentir.

- Ma sœur est très obstinée, dit lady Anne. Elle est persuadée, Dieu sait pourquoi, d'être supérieure à toute autre personne. Elle n'est pas réputée pour son intelligence. Je pense que l'ignorer est la meilleure solution. Elle ne peut rien faire pour vous imposer ses désirs. Elle n'aura pas d'autre choix que d'y renoncer un jour. Elle le sait et c'est ce qui doit la rendre furieuse. Mais méfiez-vous quand même. Il vaut mieux que vous restiez sur vos gardes. On ne sait jamais ce qu'elle peut inventer.

- Je suis toujours sur mes gardes. Je la sais assez sournoise pour essayer de me piéger.

- Contentez-vous de faire votre travail et ignorez le reste. Le temps passera vite.

- Espérons-le.