Bonjour. Je suis désolée de vous avoir fait attendre si longtemps. J'ai bien peur d'avoir souffert d'une certaine paresse. De plus, j'ai été très occupée ces derniers mois. J'espère que ce chapitre vous plaira. Bonne lecture. J'attends vos commentaires avec impatience.
Chapitre 12 Voyage dans le Hertfordshire
Charles Bingley s'était rendu à Netherfield une semaine avant la Saint-Michel afin de préparer la maison pour son arrivée. Il s'occupa aussi d'embaucher de nouveaux serviteurs : un majordome, une gouvernante, une cuisinière, du personnel de cuisine, des valets de pied et tout ce qui était nécessaire pour s'occuper de la maison.
Il avait arrangé ses affaires à Londres, salué amis et connaissances et acheté tout ce qui pouvait être nécessaire pour le voyage. Les bagages et tout ce qui serait nécessaire devaient être prêts, ce qui manquait serait acheté et les domestiques qui les accompagneraient devaient être prêts à partir.
Bingley s'était occupé de tout, en espérant qu'il n'avait rien oublié. Il aurait bien voulu obtenir l'aide de Darcy, mais il se rendit compte qu'il devait apprendre à se débrouiller seul. Il estimait qu'il s'en était très bien sorti sans son aide.
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Dès que le manoir fut prêt et Bingley intégré dans son rôle en tant que membre de la gentry, les pères de famille du voisinage commencèrent à venir lui rendre visite Le premier visiteur fut Sir William Lucas, un membre de la noblesse locale, qui était passé du commerce à la chevalerie. Sir William était un homme très distingué mais qui, malheureusement, n'était pas très intelligent.
- Sir William Lucas, de Lucas Lodge, Monsieur, annonça Fosset, le majordome de Netherfield, tandis que sir William entrait dans le salon.
Les deux hommes s'inclinèrent l'un envers l'autre.
- Merci, Fosset. Veuillez apporter du thé, je vous prie. Bienvenue à Netherfield, Sir William. Je vous en prie, asseyez-vous, dit Bingley en lui désignant un fauteuil.
Il s'assit en face de lui. Dès que Fosset eut servi le thé, sir William s'empressa de souhaiter la bienvenue à Mr Bingley au nom de tous ses concitoyens et de lui offrir tous ses vœux pour qu'il fasse un agréable séjour à Netherfield.
- Je suis certain que je vais beaucoup apprécier mon séjour à Netherfield, assura Mr Bingley.
- Permettez-moi de vous donner quelques informations sur vos voisins les plus proches, de sorte que vous serez prêt lorsque vous les rencontrerez, dit sir William.
Bingley pensa que ce n'était guère convenable, mais avant qu'il puisse exprimer son opinion, Sir William commença à parler.
- Le plus proche voisin de Netherfield est Longbourn, qui se trouve à seulement trois miles de distance. Longbourn est la propriété de Mr Thomas Bennet qui y vit avec sa famille. Mr et Mme Bennet deux charmantes filles, très jolies et très accomplies, et deux fils, des jumeaux qui étudient à Eton. Lucas Lodge est la prochaine résidence la plus proche. Ensuite, il y a Mme Long et ses deux nièces à Westhall n'est pas trop loin. Enfin, parmi le plus proche groupe de voisins, il y a les Goulding de Haye Park. Mr et Mme Goulding ont deux beaux jeunes fils et deux filles aussi. Mais aucun n'est en âge de sortir.
Mr Bingley le remercia très poliment :
- Je vous remercie, sir William, de m'en informer. J'ai vraiment hâte de tous les rencontrer.
- Je crains de devoir partir, maintenant. Lady risque de me chercher. J'espère que nous vous verrons à l'Assemblée qui doit avoir lieu à l'auberge de Meryton dans une quinzaine de jours, dit sir William, alors qu'il se levait pour partir.
- Je vais certainement y assister. J'aime danser. J'espère que ce ne sera pas une imposition de ma part si j'emmène avec moi des invités, répondit Bingley.
- Pas du tout. Plus on est de fous, plus on rit. Épatant ! Épatant ! s'exclama sir William.
- Très bien. Je suis ravi de l'entendre.
Il raccompagna le visiteur et attendit l'arrivée du suivant.
Les visiteurs se succédèrent au cours des prochains jours. Puis il commença à recevoir des invitations. Il fut contraint de les refuser car il devait retourner à Londres afin de ramener ses invités.
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- Nous ne vous attendions pas si vite, Charles. Tout va bien ? demanda Louisa Hurst, lorsque Bingley revint à Grosvenor Street.
- Bien sûr. La seule chose qui manque à Netherfield, ce sont des invités et c'est pourquoi je suis revenu afin de vous accompagner dans le Hertfordshire. J'espère que tout le monde sera prêt à partir dans trois jours ? demanda Bingley.
Mme Clarke n'était pas la plus heureuse de se rendre dans le Hertfordshire, mais elle savait qu'elle n'avait pas le choix. Lors des rares réceptions où elle avait été invitée, elle avait eu à subir des chuchotements et des sourires moqueurs. Elle préférait donc s'éloigner pendant un certain temps.
Mr Clarke était encore moins heureux de leur destination. Il n'avait révélé à personne qu'il s'y était déjà rendu et avait été gravement humilié par une jeune femme qui s'était moqué de lui et l'avait repoussé de la manière la plus choquante. Mais c'était une chose dont il ne pouvait pas parler. Il savait qu'il devait se préparer à subir le sourire moqueur de miss Elisabeth. Elle serait encore plus disposée à se moquer de lui en apprenant les circonstances de son mariage. Il lui faudrait se préparer à subir de terribles humiliations. A moins qu'il ne soit tout simplement ignoré, ce qui serait sans doute pire. La voix de son épouse interrompit ses pensées.
- Devons-nous vraiment nous dépêcher de partir, Charles ? Tous les gens que nous connaissons seront bientôt à Londres. Cela nous permettrait de passer de bons moments.
- Je doute que ce soit une bonne idée, Caroline. Mais si vous préférez rester, libre à vous. Je ne suis plus responsable de vous. Ce que vous choisissez de faire n'est donc pas mon problème.
Caroline se renfrogna. Elle espérait convaincre son frère de rester à Londres, mais elle comprit que celui-ci ne tiendrait aucun compte de ses désirs, à l'avenir. Du moins, c'était ce qu'il croyait. Mais elle veillerait à ce qu'il comprenne où était son intérêt. Elle ne lui permettrait pas de gâcher les projets qu'elle avait fait pour lui. C'était hors de question !
- Je pense que le sujet est clos, Caroline. Préparez-vous à partir ou restez, à vous de décider. Ce n'est pas mon problème.
- Très bien, accepta-telle à contrecœur. Je suppose que je vais trouver quelque chose pour m'occuper à la campagne. Peut-être redécorer Netherfield ?
- Bon. Je pense que nous partirons à la fin de la semaine. Soyez sûr de ne pas oublier votre fusil, Hurst, car j'ai été informé que la chasse était excellente dans le Hertfordshire, conseilla Bingley à l'attention de son beau-frère qui murmura son assentiment. Je m'attends à faire de bonnes parties de chasse avec Darcy pendant que nous y serons.
Caroline fit de son mieux pour dissimuler sa satisfaction en entendant mentionner le nom de Darcy. Elle était certaine qu'il serait bientôt là avec sa sœur et qu'elle pourrait mettre au point tous ses plans.
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En dépit des nombreuses malles qui devaient être emballées, car les deux dames avaient besoin de leur garde-robe dans son entier, afin de pouvoir impressionner les rustres de la campagne, comme Mme Clarke l'avait mentionné, la famille put partir pour Netherfield seulement un jour après la date où Bingley espérait partir. Lui-même ferait le voyage à cheval tandis que les dames et leurs maris feraient le trajet dans la voiture des Hurst. La majorité des bagages était partie devant dans la voiture de Bingley avec les valets et les femmes de chambre des dames et des messieurs.
Mme Clarke était encore contrariée par l'absence de Mr Darcy et de sa sœur, tandis qu'il entraient dans le village de Meryton. Elle n'était pas décidée à renoncer à sa conviction que leur absence était sans doute due à des motifs égoïstes et exigeants de la part de leurs parents. Le fait d'arriver à Netherfield Park sans Mr Darcy n'était pas du tout la façon dont elle avait prévu sa première visite dans le voisinage. Elle avait pour but de montrer aux serviteurs qu'elle n'ignorait rien des ragots sur leurs supérieurs. Leur connaissance préalable de la compréhension existante rendrait tout événement subséquent plus crédible.
- Ce doit être Netherfield Park, juste devant nous, déclara Mme Hurst avec enthousiasme. Elle semble posséder une perspective très agréable.
- Darcy et moi en sommes venus à cette conclusion lors de notre première visite dans le domaine, déclara Mr Bingley en réponse à l'observation de sa sœur. Je pense que nous serons très heureux ici.
- Il est regrettable que Mr Darcy n'ait pas pu venir plus tôt car je suis tout à fait sûre qu'il aurait accepté le fait que vous auriez pu trouver quelque chose de plus grandiose.
- Darcy m'a accompagné ici lorsque je suis venu visiter le domaine et il n'a fait aucun commentaire de ce genre, Caroline. De plus, je n'ai pas acheté Netherfield, mais il est d'une taille suffisante pour me permettre d'apprendre ce qui est attendu du maître d'une propriété lorsque je deviendrais propriétaire. Darcy est pratiquement né pour s'occuper de la gestion d'un domaine comme Pemberley et pourtant, il lui a fallu plusieurs années pour être en mesure de tout connaître. Netherfield est exactement ce qu'il me faut pour pouvoir débuter.
Mme Clarke n'était pas convaincue. Elle aurait préféré quelque chose qui soit au moins deux fois plus grand avec un revenu plus proche de celui que Pemberley avait la réputation de rapporter. Il n'avait pas l'air assez impressionnant pour qu'elle puisse envisager d'y inviter ses amies. A en juger par les maisons du voisinage, elle ne pouvait pas supposer qu'il y aurait des membres remarquables avec lesquels elle pourrait se mêler. Elle pensait, cependant, qu'elle pourrait en profiter pour manipuler miss Darcy en s'occupant beaucoup d'elle pour éviter qu'elle ne fraie avec les jeunes femmes vivant dans la région, de sorte qu'elle obtiendrait sa reconnaissance et pourrait mettre au point ses plans pour atteindre son but.
Donc après la Saint-Michel, Bingley conduisit ses invités composés de sa tante, de ses deux sœurs et de leurs maris jusqu'à Netherfield. Comme le manoir était déjà meublé, seul un petit nombre de meubles furent emportés depuis Londres. Cependant, il avait été nécessaire de faire un peu de nettoyage car la maison n'avait pas été occupée depuis un certain temps. Heureusement, Bingley avait envoyé les domestiques une semaine plus tôt pour s'en occuper. Il avait tenu à les accompagner, afin de tout superviser. Tout était prêt, désormais , pour les accueillir. Il était impatient d'arriver.
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Caroline Clarke regarda le passage de la campagne par la fenêtre de la voiture, son esprit errant. Son frère avait loué une propriété dans Hertfordshire pour une année. Louisa et elle l'avait encouragé à acheter une maison de campagne, mais elles avaient espéré qu'il en trouverait une dans le nord près de Pemberley, la propriété de Mr Darcy.
Mr Darcy était l'héritier du plus beau manoir du pays en Angleterre dans l'estimation de Caroline et dans l'esprit de la plupart des gens de sa connaissance.
Fitzwilliam Darcy, si riche, si beau, était tout ce qu'une femme peut désirer et Caroline le voulait plus que tout. L'incident à Londres avait ruiné tous ses projets. Elle ne pouvait plus rien y changer, hélas. L'indifférence manifesté par Mr Darcy à sa situation montrait clairement son total désintérêt à son égard. Mais elle refusait d'accepter cette vérité ou de l'avouer clairement. Elle se convainquit sans peine qu'il était seulement jaloux et déçu et qu'il regrettait son mariage. Ce serait un jeu, pour elle, de le garder en son pouvoir. Elle veillerait à ce qu'aucune femme n'occupe la place qui aurait dû être la sienne
Au début, elle avait protesté à l'idée de se retrouver dans la campagne du Hertfordshire avec son frère, mais elle avait fini par se résigner car elle savait qu'il valait mieux qu'elle s'éloigne de Londres jusqu'à ce que le scandale soit oublié. Elle avait aussi compris qu'elle n'avait pas le choix lorsqu'elle s'était rendue compte qu'elle était l'objet des commérages.
Nombreuses étaient les dames qui se réjouissaient de son sort, en particulier celles qu'elle avait insultée en les toisant de haut. Celles-là ne l'avait jamais invitée chez elles et il était peu probable qu'elles le ferait à l'avenir. Caroline continuerait à être considérée comme une pestiférée, comme elle l'était par beaucoup de dames. Ses rêves d'occuper une position sociale parmi la noblesse était ruinée par un événement déplaisant. Et même si elle n'avait aucune responsabilité dedans, elle n'en devait pas moins en assumer les conséquences.
De plus, elle savait que Mr Darcy devait venir avec sa sœur. Si elle ne pouvait plus rien espérer du premier, elle ne comptait pas renoncer à son projet concernant la seconde. Caroline se lécha les lèvres comme un chat le ferait avec un pot de crème. Pendant près d'un mois, elle pourrait manipuler subtilement miss Darcy pour la convaincre que son frère serait un époux parfait pour elle. Elle ne doutait pas de réussir. De plus, elle pourrait montrer à Mr Darcy ce qu'il avait perdu en tardant à ce point de lui demander sa main. Oui, elle ferait en sorte de réaliser ses projets.
Elle ne s'inquiétait pas vraiment des rustres du Hertfordshire car elle était certaine qu'il n'y avait aucune femme, parmi elles qui serait en mesure rivaliser avec elle et de détourner l'attention de Mr Darcy d'elle-même et elle n'aurait pas non plus à subir la compétition des femmes prédatrices qui avaient toujours essayé de courtiser sa bonne opinion là dans la ville. Elle doutait fort qu'il y ait une seule femme qui puisse être placer au-dessus d'elle. Non, elle ne craignait pas la moindre rivalité.
Elle avait entendu dire que les femmes du voisinage étaient très belles, mais elle était certaine que personne n'était en mesure de rivaliser avec elle-même pour ce qui était de l'élégance, la beauté et les bonnes manières.
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Alors qu'elle descendait de la voiture, Caroline vit avec un certain plaisir qu'il s'agissait effectivement d'un beau domaine, mais elle devait encourager Charles de ne pas devenir trop attaché à cette propriété et de regarder dans le nord avant d'acheter.
Le jour de leur arrivée fut un jour typique d'automne en Angleterre. Le ciel était gris et nuageux, et un vent frais et humide faisait voler les feuilles mortes autour de la voiture. Les arbres étaient partiellement dénudés et les jardins avaient commencé à voir leurs fleurs se faner. Dans le monde de Bingley, cependant, le ciel était bleu, le soleil brillait, les oiseaux chantaient, et les jardins étaient remplis avec des fleurs d'un rouge lumineux, jaune, vert et violet. Tel était son humeur.
- Charles, je ne comprends toujours pas pourquoi vous ne pourriez pas choisir un domaine près du Derbyshire, se plaignit Caroline.
- Je ne vais pas discuter de nouveau à ce sujet avec vous, Caroline. C'est fait. répondit Charles. Je suis très bien ici. De plus, il n'y a aucun domaine à vendre dans le Derbyshire. Et comme il s'agit de ma maison et non de la vôtre, je l'achèterais où bon me semble. Vous n'avez pas votre mot à dire à ce sujet.
Il n'avait aucunement l'intention de laisser qui que ce soit gâcher sa bonne humeur, pas même sa sœur. Il vit celle-ci se renfrogner avant de poursuivre :
- Je sais, je sais. Si vous vouliez un domaine près de Londres cependant, vous auriez pu en trouver un dans le Kent. reprit Caroline. Au moins, il y a des gens respectables avec des propriétés importantes dans cette région.
Charles ignora sa sœur. Il savait que, par des gens respectables, Caroline signifiait lady Catherine de Bourgh, la tante de Darcy. Il ne voulait pas avoir à nouveau cette discussion, pas aujourd'hui au moins. Sa sœur refuserait d'admettre que lady Catherine la traiterait avec mépris parce qu'elle n'était que la fille d'un commerçant. Elle se croyait capable de manipuler tous ceux qu'elle rencontrait. Elle n'avait pas fini de se faire des illusions.
- Le voilà ! s'écria Charles alors qu'ils approchaient de la route de Netherfield. Il regarda ses compagnons et fuit un peu déçu de leur indifférence. Il les renvoya avec un sourire, et regarda le bâtiment en pierre beige avec un sentiment de fierté. Foyer. Le mot prenait un sens nouveau, à ses yeux.
Depuis la mort de ses parents, il n'y avait aucun endroit qu'il pouvait considérer comme son foyer, pas même la maison qu'il possédait à Londres. Caroline l'avait prise en charge. Elle avait refait la décoration de toutes les pièces au point où il ne reconnaissait les chambres qu'en fonction de leur emplacement. Le décor était ostentatoire et clairement conçu pour montrer la richesse de son propriétaire, le parfait reflet de sa sœur. En conséquence, pour Bingley, la maison n'était pas tant une maison qu'un endroit où il dormait et mangeait lorsqu'il n'avait rien de mieux à faire.
Netherfield serait différent, il l'avait clairement décidé. Il ne permettrait pas Caroline faire la même chose ici. Ce devait être sa maison et il jouerait un rôle actif dans tous les aspects, y compris le décor de cet endroit, un peu comme les Darcy l'avaient fait avec leur maison. Mieux encore, il trouverait une jolie jeune fille qui pourrait la décorer pour lui. Comme Caroline ne serait qu'une invitée et non la maîtresse de maison, elle n'aurait rien à dire à ce sujet. Elle n'aurait qu'à s'occuper de sa propre maison et ne plus se mêler de ses affaires.
Netherfield. Sa maison de campagne. Il aimait le son de cette phrase. C'était une nouvelle maison pour un nouveau départ. Il laissa échapper un soupir nostalgique inaudible en contemplant les nombreux changements que Netherfield allait lui apporter. Il ne serait plus obliger de porter le stigmate du fils d'un commerçant. Il ne serait plus obligé d'accepter des invitations venant de personnes qui n'auraient rien à lui offrir en retour, mis à part leur compagnie. Et les discussions concernant les domaines ne seraient plus quelque chose de mystérieux pour lui. Désormais, il serait en mesure de discuter de ces sujets en connaissance de cause. Il avait désormais un endroit où il pourrait accueillir ses invités, aller à la chasse et à la pêche lorsque cela lui conviendrait. Il était devenu un membre de l'aristocratie terrienne, et il n'aurait pas pu en être plus fier.
En plus de cela, la location de cette propriété ne ferait qu'agrandir l'amitié qui le liait à Darcy.
La voiture s'arrêta enfin devant la maison. Malgré la température assez fraîche, debout à l'extérieur, se trouvaient Mme Harris, la femme de charge et Fosset, le majordome. A côté d'eux, sur deux lignes s'étendaient tous les serviteurs. Bingley aida sa tante à descendre, laissant ses beaux-frères se charger de ses sœurs.
- Bienvenue à Netherfield, Mr Bingley, dit Mme Harris en faisant une révérence.
- Je vous remercie, Mme Harris.
Il entreprit de présenter sa tante, puis ses sœurs et ses beaux-frères. Si Mme Harris reconnut Mr Clarke, elle n'en montra rien.
- Je voudrais me retirer dans ma chambre tout de suite, dit dédaigneusement Caroline, reconnaissant à peine les saules. Voir que mes malles sont portées à ma chambre, et être prudent avec eux.
Mr Bingley adressa un sourire d'excuses à Mme Harris, même si, au fond de lui-même, il était furieux contre sa sœur et se promit de la réprimander durement. Il espéra qu'il ne serait pas obligé de chercher une nouvelle femme de charge. Il regarda Caroline marcher vers l'entrée de la maison, et il savait qu'il devrait accompagner ses sœurs à l'intérieur, mais il ne voulait pas entendre leurs premières impressions de la maison. Ce n'était pas Pemberley, et il était donc certain, rien ne serait assez bon.
- Très bien, Caroline. Je tiens à jeter un coup d'œil sur les jardins. Je serai de retour dans peu de temps.
Alors qu'il regardait ses beaux-frères entrer dans la maison avec Louisa dans son sillage, il sourit à lui-même.
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- Eh bien, que pensez-vous de Netherfield ? demanda Bingley, après avoir fait visiter la maison à ses invités, dès que le petit groupe s'était retiré dans le salon après le dîner.
Mme Hurst et Mme Clarke s'exclamèrent toutes les deux que c'était une maison très élégante et que les jardins qui l'entouraient étaient charmants. Mr Hurst ne dit pas un mot, se contentant de grogner et de se servir du meilleur scotch de Bingley avant de demander si quelqu'un voulait jouer aux cartes. Mr Clarke se contenta de hausser les épaules, montrant clairement son indifférence sur le sujet. Il s'inquiétait plus de ce qui se passerait lorsqu'il rencontrerait les habitants et surtout une certaine famille. Mais il n'en parlerait à personne, ne tenant pas à être humilié à l'avance.
Mme Clarke fit remarquer à son frère que leur père serait fier de lui concernant le choix de son domaine. Bingley parut un peu mal à l'aise avant de répondre :
- Comme je vous l'ai déjà dit, Caroline, je ne pouvais pas acheter Netherfield Park, seulement le louer. Il est destiné à un fils cadet qui est encore un jeune garçon. J'ai donc dû me contenter de le louer.
- Eh bien, je suis certaine que Netherfield conviendra très bien pour le moment, dit Mme Hurst pour le consoler.
Bingley se contenta de hocher la tête. Il devait penser à ce qui allait se passer la semaine suivante. Il valait mieux qu'il en informe ses compagnons.
- Sir William Lucas m'a annoncé qu'il y aurait une assemblée la semaine prochaine, annonça-t-il.
- Charles, comment avez-vous pu prendre un tel engagement ? Faut-il vraiment y aller ? protesta Caroline.
- J'ai déjà accepté l'invitation, Caroline. Vous ne voudriez pas que je recule maintenant, n'est-ce pas ? Ce serait très impoli de ma part. De plus, vous aurez l'occasion de rencontrer tous nos voisins. Sans compter que Darcy devrait arriver demain ou après-demain. Et je pense qu'il nous accompagnera.
Et, pour mettre fin à toutes les discussions sur le sujet, Bingley s'excusa avant de se retirer dans ses appartements.
