Bonjour. Me revoilà ! Je suis désolée de vous avoir fait attendre aussi longtemps. J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira. J'attends avec impatience tous vos commentaires. Bonne lecture !
Chapitre 13 Mr Bennet visite son voisin
À Longbourn, les membres de la famille Bennet essayaient d'en savoir plus sur Mr Bingley. Elisabeth était curieuse d'en apprendre plus sur le gentleman et son compagnon. Mr Bennet avait promis qu'il irait rendre visite au nouveau locataire, mais il n'avait pas dit quand. Il préférait leur faire la surprise. Ce serait beaucoup plus amusant pour lui. Même s'il savait que sa chère Lizzie ne serait probablement pas dupe.
Bien sûr, il savait qu'il le ferait, mais il ne voulait pas se presser. Le pauvre Mr Bingley allait recevoir de nombreuses visites au point d'être incapable de se rappeler des visiteurs. Il attendrait un peu, de sorte qu'il aurait toutes les chances de se rappeler de lui.
Il s'inquiétait un peu au sujet de Lizzie. Ces étrangers allaient forcément entendre parler de son passé. Et il ne savait pas comment ils allaient réagir. Il espérait qu'aucun d'entre eux ne s'aviserait de l'offenser. Sinon, il aurait affaire à lui.
Un matin, Mr Bennet fit seller son étalon favori et se dirigea en direction de Netherfield. Il ne doutait pas un seul instant que le nouveau locataire soit un homme respectable. Il s'inquiétait beaucoup plus de la milice qui devait venir passer l'hiver à Meryton. La nouvelle avait provoqué beaucoup d'excitation parmi la population locale, mais surtout parmi les jeunes filles.
Mr Bennet avait pris sur lui de recommander aux commerçants de limiter le crédit accordé aux officiers et de bien surveiller leurs filles s'ils ne voulaient pas avoir de mauvaises surprises. Il était impossible de garantir la respectabilité de ces hommes et certains pouvaient n'avoir aucun scrupule à profiter de l'admiration des demoiselles pour l'uniforme pour s'amuser avec elles sans en subir les conséquences.
Il avait également mis en garde les autres propriétaires terriens. Leurs filles aussi pourraient être considérées comme des proies par certains de ces messieurs.
Les commerçants avaient promis qu'ils tiendraient compte de son avertissement, sachant qu'il disait la vérité. Les jeunes filles elles-mêmes furent mises en garde. Les plus sages seraient chargées de surveiller les plus naïves et de s'assurer qu'elles ne risqueraient pas de se retrouver seules avec l'un ou l'autre des officiers.
Il en était soulagé car il savait que certains de ces hommes faisaient des dégâts partout où ils allaient. Il valait donc mieux prendre des mesures avant leur arrivée.
Il atteignit le perron de Netherfield Park au moment même où sir William sortait de la maison. Il ne put réprimer un soupir. Il serait dans l'impossibilité d'échapper à l'enthousiasme de l'homme concernant le nouveau voisin. Même s'il s'amusait souvent de l'absurdité de l'homme, il n'était pas d'humeur à l'écouter. Surtout qu'il avait tendance à répéter constamment le même mot dans chaque phrase qu'il prononçait. Cela pouvait être amusant, mais à la longue, cela devenait agaçant.
Mr Bennet salua poliment son voisin, mais il fut très vite évident que cela ne suffirait pas à satisfaire son voisin qui ne put s'empêcher de lui répéter toute sa conversation avec Mr Bingley avant d'accepter de monter dans sa voiture qui partit aussitôt.
Il remit sa carte au majordome qui le conduisit jusqu'à un petit salon avant de le prier de patienter. Il hocha la tête avec un sourire. Le majordome le laissa pour annoncer sa présence aux membres de la maisonnée.
Peu de temps après, le majordome vint le chercher en le priant de le suivre. Il se dirigea vers une pièce que Mr Bennet n'eut aucune peine à reconnaître. Il s'agissait de la bibliothèque.
- Monsieur Bennet, de Longbourn, annonça le serviteur.
Bingley se leva de son fauteuil placé derrière le bureau dans un coin de la pièce et se dirigea vers le visiteur en arborant un grand sourire. Il avait beaucoup entendu parler du gentleman et de Longbourn. Même si, en apparence, il ne semblait pas appartenir à une famille riche, elle était bien considérée dans le voisinage et Mr Bennet était très respecté.
- Monsieur Bennet, c'est vraiment un plaisir de faire votre connaissance !
Lorsqu'il fut annoncé et entra dans la pièce, son attention, bien entendu, fut tout de suite attirée, bien sûr, par les livres. Et, après un simple coup d'œil rapide, il ne manqua pas de remarquer que, de toute évidence, Mr Bingley, comme on l'appelait, n'était pas un lecteur assidu.
Il sourit et songea qu'il perdrait l'occasion de se faire bien voir de Lizzie car il savait que sa fille préférée prenait plaisir à lire autant que lui-même.
« Eh bien, ce sera sa perte et je ne risque pas de la perdre maintenant. Cependant, il pourrait avoir ses chances avec Jane ».
Il tourna ensuite son attention vers le gentleman. Il avait des cheveux roux. Il était visiblement très jeune. Vingt-trois ou vingt-quatre ans, peut-être. Son visage trahissait un bonheur et un contentement pour la vie qui rivalisaient avec ceux de Jane. Mr Bingley se dirigea vers le visiteur en tendant sa main et en arborant un large sourire. Il vit un homme de taille moyenne et peut-être d'une cinquantaine d'années, avec des yeux sombres et vifs qui brillent d'intelligence sous des sourcils gris et épais.
- Mr Bennet, c'est un plaisir de faire votre connaissance, répéta-t-il. Je suis Charles Bingley.
Il parla avec tant d'enthousiasme et de chaleur, et lui serra la main avec tant d'ardeur qu'il était évident pour Mr Bennet, que la réputation de sa famille, ou plutôt celles de ses filles, l'avait précédé.
« Il était aussi, pensait Bennet tristement, assez beau pour provoquer chez ses filles une grande admiration. Eh bien, peut-être que le garçon aimerait Jane. Elisabeth aurait certainement vu l'humour dans son comportement de chiot,».
Mr Bennet examina le jeune homme qui se tenait devant lui. Il lui faisait penser à un chiot setter rouge : tous les poils et les grandes pattes. Bingley était un homme amical, grand et maigre, avec de belles boucles rousses et un sourire éclatant. Son visage trahissait un bonheur et un contentement avec le monde qui rivalisait avec Jane.
Il lui adressa un sourire entendu empreint d'ironie.
- Le plaisir est le mien, monsieur Bingley, répondit Mr Bennet avec un sourire chaleureux, serrant la main du jeune homme et acceptant le siège offert. Puis-je dire qu'il est très bon de voir Netherfield occupé à nouveau?
Mr Bingley le remercia.
- C'est une maison charmante, n'est-ce pas ? Et je suis très impatient de rencontrer mes voisins. Sir William Lucas m'a dit qu'il devait y avoir une assemblée mercredi-prochain, et je prévois certainement y participer et danser toutes les danses. Sir William m'a dit, monsieur, que vos filles sont les bijoux de Hertfordshire, et j'espère que je peux vous imposer des présentations !
Bennet ne put que rire.
- Mais bien sûr, monsieur Bingley, vous êtes invités à être présentés à mes deux filles et à danser avec elles.
- Bien, deux filles ? Cependant, comment les gardez-vous toutes ?
Il sourit d'un air désarmant et Mr Bennet sourit.
- C'est assez simple : permettez-moi de peindre un portrait de chacune d'entre elles avec des mots, et nous verrons avec quelle précision je les ai décrites, si vous êtes en mesure d'identifier correctement chacun à l'assemblée sans qu'on leur dise leurs noms.
- Épatant, un excellent jeu !
Bingley battit des mains et écouta attentivement. Mr Bennet sourit :
- Je vais commencer par la plus âgée, je pense.
Elle est grande et blonde avec de beaux yeux bleus. Elle a un caractère très doux, un cœur d'or et n'a jamais dit du mal de qui que ce soit. Elle est de ce fait, très naïve et il serait facile de la tromper. Et bien que je le dise moi-même, elle est comme l'a décrite Sir William : un véritable bijou dans le comté. Je ne doute pas que vous identifierez Jane à première vue à l'Assemblée, monsieur. Elle sera très clairement la plus belle jeune fille présente dans la salle de bal. Heureusement pour elle, il y a Elisabeth. De deux ans sa cadette, elle est très intelligente. Plus petite en taille avec de belles boucles noirs et des yeux d'un vert émeraude très sombre. Elle aime les grandes promenades dans la campagne avec ses chiens. Elle aime aussi monter à cheval, même si elle préfère la marche. Et bien sûr, elle est douée pour les échecs, ce dont je me réjouis car je ne trouve pas souvent d'adversaires à ma hauteur.
Mr Bennet sourit au prénom, et Mr Bingley soupçonnait que c'était sa fille préférée.
- Elisabeth ? l'invita-t-il à poursuivre.
- Nombreuses sont les heures que nous passons dans ma bibliothèque en débattant des livres. Son esprit est très mordant et elle trouve un grand humour dans les faiblesses de l'humanité - autant que je le fais moi-même, je l'avoue.
Mr Bennet se tut pendant quelques instants, souriant légèrement, se secoua et regarda Bingley.
- Mais vous aurez l'occasion de les rencontrer à l'Assemblée. Je ne doute pas que vous saurez les reconnaître. Là où se trouve l'aînée, vous êtes sûr de trouver sa sœur. Et si vous aimez la danse, je pense qu'elles pourraient volontiers vous obliger.
Mr Bingley sourit.
- Je suis impatient de faire connaissance avec toutes vos filles, monsieur ! Et je crois que je le ferais !
- Dites-moi, Mr Bingley, à ce que j'ai entendu dire, vous n'étiez pas seul lorsque vous êtes venu visiter Netherfield. Votre compagnon ne vous a donc pas accompagné ?
- Oui. Il s'agit de mon ami, Darcy. Il va bientôt me rejoindre. Il a des affaires à régler avec sa famille. Il a promis de m'apprendre tout ce qui est nécessaire pour gérer un domaine.
- Darcy ? demanda Mr Bennet en fronçant les sourcils. S'agit-il d'un Darcy de Pemberley, dans le Derbyshire ?
- Oui. Mon ami est le fils du maître du domaine. Vous le connaissez ?
- Nous avons fait nos études à Cambridge. Je l'ai bien connu, en effet, même si j'étais plus lié avec un autre ami, Robert Fitzwilliam, le comte de Matlock.
- C'est l'oncle de Darcy ! s'écria Bingley d'un ton ravi.
- Je sais. J'ai assisté à son mariage. J'ai pu être témoin de ce qui se passe lorsque la foudre tombe sur la tête d'un pauvre homme.
- Vraiment ?
- Oui. J'ai été témoin de la rencontre entre lady Anne Fitzwilliam et Georges Darcy. Une scène mémorable.
- Je suis sûr que Darcy voudra entendre l'histoire !
- Et je me ferais un plaisir de la lui raconter. Dites-moi, Mr Bingley, jouez-vous aux échecs ?
- Un peu, mais je ne suis pas très doué, répondit Bingley avec une grimace. Je ne suis pas assez patient pour ce jeu. Mais Darcy, lui, est doué.
- Alors, je l'inviterais certainement à jouer avec moi.
Mr Bennet jugea qu'il était temps de prendre congé. Un certain Mr Goulding fut annoncé, et Bennet l'accueillit avec un sourire et une poignée de main amicale en partant. Bingley avança pour saluer le nouveau venu, son sourire prêt à être offert au visiteur.
